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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Quelques réflexions à propos de l’enseignement

Quelques réflexions à propos de l’enseignement

Je ne suis pas enseignant. Si je l’affirme d’emblée c’est pour couper court à toute accusation de parti pris. Je ne le suis pas, mais je connais bien le milieu enseignant et je connais bien les enfants. C’est pourquoi j’ai envie de dire que les enseignants rament à contre-courant d’une société qui ne les aide pas. Que le monde du zapping ne prépare pas les jeunes à entendre un enseignement qui veut faire appel à leur attention et à leur réflexion. Que le mal est grave et profond, et que ce ne sont pas des paroles de gribouille, moins de profs et moins d’heures de travail en classe qui y porteront remède.

Il est de bon ton par les temps qui courent de taper sur l’école, sur ses mauvais résultats sur son incapacité supposée ou étalée à enseigner, à permettre aux enfants d’acquérir les bases du savoir et surtout à les adapter aux exigences du monde actuel et en premier lieu de l’entreprise.

On entend dire qu’un tiers des écoliers ne savent pas lire à l’entrée en sixième, ce qui est peut-être exact, mais en tout cas jamais on n’a fourni à ma connaissance les sources de cette statistique. Les critiques s’adressent de façon non moins sévère au collège, au lycée et encore plus à l’université, lieu de tous les échecs...

Vrai ? Faux ? Il serait stupide de nier une part de vérité dans ces affirmations. Mais peut-être faut-il se pencher avec plus d’attention, que les médias et les politiques ne le font, sur ce problème. Sur ses causes et sur les remèdes qui pourraient y être apportés. J’ai bien peur que l’analyse qui en est faite ne parte que de considérations simplistes et d’une volonté idéologique destructrice comme en beaucoup d’autres domaines.

Peut-être que l’importance de la chose mériterait qu’on sorte des affirmations stéréotypées comme : les parents démissionnaires, les enseignants incompétents et paresseux, les enfants réfractaires. Quand on a asséné cela que fait-on ? On supprime les postes d’enseignants ? On diminue les heures scolaires ? On crée des établissements d’élite pour les uns en laissant les autres croupir dans des culs-de-basse-fosse ?

D’abord le problème n’est ni nouveau ni, je pense, limité à la France.

En 1973, après une longue enquête longitudinale qui avait duré des années, la pédo-psychiatre Colette Chiland avait écrit un livre : L’Enfant de 6 ans et son avenir où elle démontrait qu’effectivement à 6 ans le sort des enfants était déjà en grande partie joué. L’école ne semblait pas en mesure de redresser les inégalités qui s’étaient déjà creusées à cet âge-là.

Mais depuis, d’autres problèmes, d’autres causes d’échec se sont rajoutés et n’ont fait qu’aggraver les choses.

On parle souvent du rapport à l’écrit, mais il faudrait commencer par parler du rapport au langage en général. On sait bien depuis longtemps, que l’absence de parole de la mère, ou l’insuffisance du dialogue psycho-affectif mère-enfant durant les premiers moments de la vie, crée, comme l’a démontré dans des recherches déjà anciennes le psychologue autrichien René Spitz , des carences insurmontables. Mais on est frappé aussi de la différence de langage entre les enfants de 3 ans qui débutent leur scolarité en maternelle. Pour certains les seuls mots connus sont les mots qui règlent les gestes ou les besoins élémentaires de la vie quotidienne alors les autres présentent déjà des structures d’expression élaborées. Ce qui manque à beaucoup, ce sont les concepts qui introduisent les relations entre les objets. Juste un exemple : comment réagira un enfant à la consigne « va chercher le journal qui est derrière la porte » s’il ignore le sens du concept derrière ? Ainsi beaucoup de questionnements ou de consignes données à l’école maternelle sont perdues faute de sens. Et évidemment ces différences ne feront que s’accroîtrent au fil du temps, entre des utilisateurs du langage à des niveaux différents.

Un autre point me semble-t-il est l’absence d’attention, l’instabilité... Dans la société actuelle, celle du zapping, de la rapidité des événements et de l’information, plus rien ne requiert l’attention plus de quelques instants. Le président de la République l’a bien compris qui passe d’un sujet à l’autre sans jamais s’arrêter, posant la question et donnant la réponse en quelques secondes. Les médias qui devraient jouer un rôle d’apport à l’éducatif l’ont depuis longtemps non seulement perdu de vue, mais volontairement abandonné. Au lieu de chercher à maintenir la concentration du public, celle des jeunes en particulier, de favoriser leur jugement, ils s’acharnent au contraire à disperser, à pulvériser l’attention.

Comment, avec quels moyens, les enseignants seraient-ils en mesure de mobiliser ce que l’on détruit sciemment par ailleurs et avec d’autres moyens ?

Enfin la société médiatique a entrepris un travail de sape contre tout ce qui peut nuire à son projet, sous forme d’une dévalorisation systématique de tous ceux qui osent porter une parole autre que « Vas manger chez MacDo » ou « bois ton Coca et tais-toi ». Ce sont tous les vecteurs traditionnels de la parole, les plus formateurs qui sont ainsi évacués de l’éducation des jeunes.

Les pères sont soit absents soit méprisés parce qu’ils luttent contre des difficultés sans nombre, et qu’on explique aux enfants que les méritants se font l’argent qu’ils veulent. A supposer qu’eux-mêmes disposent des mots pour délivrer leur message, comment seraient-ils écoutés ?

Quand les télés nous répètent systématiquement que les retraites coûtent trop cher, que la dette sera un héritage pour les petits-enfants, c’est aux grands-parents, autre support traditionnel de parole qu’ils s’en prennent. Ainsi les politiques et leurs porte-paroles, en excitant les haines entre générations, coupent-ils pour beaucoup de jeunes les moyens éducatifs autres que ceux du système.

Quant aux enseignants, dévalorisés dans leurs actions, dans leurs résultats, coupables de l’échec scolaire, ramant à contre-courant de tout le reste pour maintenir l’attention et la concentration des élèves, ils apparaissent comme des emmerdeurs désuets dans leurs méthodes, incompréhensibles dans leurs mots, pour certains enfermés dans une volonté culturelle honnie au plus haut niveau de l’Etat. Rappelons-nous la sortie : « L’Etat ne pourra pas payer longtemps pour ceux qui veulent faire des lettres classiques »...

Le bilan est attristant. Il n’est pas l’affaire de mesures au jour le jour, brossant certains dans le sens du poil et préparant là comme ailleurs, de façon à peine voilée, l’avènement des copains. Il ne s’agit pas de gesticuler en agitant ses breloques aux marques prestigieuses pour clamer « moins de profs, mieux payés ! » ou « supprimons des heures de cours » pour résoudre le problème. Il n’est même pas utile d’invoquer les dieux de l’Olympe élyséenne, le fric et le mérite pour colmater un déficit que les politiques ont laissé se creuser depuis trente ans et plus.

On peut être pessimiste, tout est à reprendre et il y faudra le temps de générations entières. La prévention consisterait à remettre d’abord les parents au travail, j’entends en leur offrant un travail digne, ensuite à les réinscrire, pour beaucoup dans le processus d’échanges verbaux avec leurs enfants, car eux-mêmes souvent sont des « loupés » des générations précédentes. La prévention voudrait aussi que l’on moralise les médias et les politiques. Qu’on les réinstruise de leur mission sociale, qu’on arrête les slogans populistes à deux sous.

Je sais. Utopie. Tout cela demanderait trop de hardiesse, trop de moyens, trop d’investissements. Aujourd’hui, même l’entreprise n’investit plus pour son avenir préférant se hâter de ramasser les bénéfices du présent. Mais pendant ce temps, nous fabriquons des enfants qui seront les parents de demain. Quels reproches serons-nous en droit de leur faire ?

Un tiers des enfants ne savent pas lire à l’entrée en sixième... Seulement un tiers ?


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15 réactions à cet article    


  • anamo 4 octobre 2007 13:02

    Que de pessimisme, mis à part la dernière expression, mais qui est fautif ?

    Les parents ou les enfants

    Les médias ou l’état

    Les enseignants ou la société entière ?

    Les enseignants vivent dans la SOCIETE, en son partie intégrante, et doivent en tirer collectivement une marche à suivre.

    Le malaise exprimé serait-il due à une réticence à évoluer ?


    • eric 4 octobre 2007 19:45

      Effrayant ! Tous va mal, et en gros c’est de la faute et dans l’ordre,de Sarkozy des médias, des entreprises des parents et un peu des professeurs. Donnez nous des moyens dites vous ! le budget par élève scolarisé a doublé en trente ans en monnaie constante. Heureusement, « on » va « réinscrire beaucoup de parent dans un processus verbal avec leur enfants » « On » va moraliser les médias et la politique.

      Heureusement qu’au sein de la débacle générale, quelques avant gardistes sont là pour nous apprendre à vivre et à penser.

      Sous des dehors larmoyants, cet article ne nous apprends rien de nouveau sur notre système éducatif car ce type de discour existait il y a 15 ans, il y a 30 ans et il y a 50 ans. Des moyens des postes, pas de changement possible de l’école sans changement de la société etc... Vous n’êtes pas enseignant mais vous tenez le discour syndicaliste qui a interdit toute réforme sèrieuse de notre école depuis 30 ans. Vous mériteriez de l’être !

      Le sujet méritait mieux


      • yralim yralim 5 octobre 2007 10:00

        Eric Que de mépris dans vos propos ! « je mérite d’être enseignant » quelle honte venant de vous... Qu’importe et même tant mieux !

        A partir de combien de temps selon vous une idée commence t elle à se ringardiser ? 8ans ? 41 ans ? 57 ans ? Mais j’ai bien peur que les votres, ou celles de vos amis, cette ressucée d’un vieux Thatchérisme qui a conduit là ou on sait, lui même repris d’archaïsmes vieux de 150 ans, ne soient pas non, plus du dernier modernisme. Une « modernisation » peut cacher beaucoup de régression.

        Ainsi dans votre esprit que l’on confie les enfants à des profs , en petit nombre mais bien payés, qui enseigneront selon vos désirs et les problèmes seront miraculeusement résolus, sans que l’on ait à tenir compte ni de la société qui les entoure, ni de leurs carences affectives ou sociales, ni de leur environnement médiatique.. Hé bien on peut dire que vous vous préparez de tristes lendemains.

        Mais sans doute ne comptez vous pas « en francs constants » les parachutes dorés de Monsieur Forgeart et consorts, et préférez vous réserver votre calculette à la restriction des crédits qui feront le pays dans l’avenir.

        Au fait, des enseignants, j’en connais d’excellents et dévoués, et conscients de leur tâche (beaucoup), des médiocres (un certain nombre) et des nuls (queqlques uns). Je ne suis pas certain qu’à l’aune du mérite ce soit ces derniers qui s’en sortent le plus mal. Certains d’entre eux savent très bien manier l’esbrouffe. C’est comme dans l’entreprise, finalement.

        Bonne journée


      • eric 6 octobre 2007 08:55

        @ l’auteur

        Vous avez raison de me reprendre, j’aurai du préciser syndicaliste enseignant de l’alter gauche.

        Les idées que vous défendez sont

        Un diagnostic usé : tout est de la faute d’une élite ultralibérale mondialisée.

        Une revendication corporatiste et exclusivement quantitativiste : des postes des moyens,

        Une antienne jamais usée, « responsable mais pas coupable ».

        Une méthode traditionnelle de gauche : notre école est malade ? Soignons la société !

        Une défausse classique : pas question de parler d’une réforme de l’école tant qu’il y aura des parachutes dorés !

        Une grande ingratitude envers Madame Thatcher. C’est parce qu’elle a cassé les monopoles corporatiste syndicaux archaïque et en a débarrassé la gauche anglaise que celle-ci a pu redevenir une gauche politique et revenir au pouvoir.

        Une pulsion totalitaire : Qui demande au politique de s’occuper des carences affectives familiales ? Et qui va s’en occuper ? Ceux qui ne parviennent pas à apprendre à lire à des enfants ?

        Derrière cette idée, il y a une abdication de l’ambition d’aider les enfants à « acquérir des savoirs ». Et la tentation de se réfugier dans des domaines ou l’évaluation des résultats est difficile. On peut évaluer la capacité de lecture d’un élève. Il est difficile de savoir si un préposé a apporté une solution aux carences affectives d’une famille.

        Ce que vous proposez c’est la série télévisée « l’instit« . Les enseignants se consacrent moins à l’enseignement qu’ à « la récréation de lien social ».

        Dans le système que nous avons actuellement, ils ne parviennent même pas à composer une communauté éducative entre eux au nom d’une sacro sainte indépendance pédagogique.

        Il y aurait de bon de moyens et de mauvais enseignants ! Belle découverte. C’est comme si je vous disais qu’il existe de bons de moyens et de mauvais patrons avec ou sans stock options. So Wat ! C’est le système qui connaît des disfonctionnements.

        Tous cela est décrit dans le rapport Obin

        http://www.ppkaltenbach.org/news/le-rapport-obin-courageux-mais-peu-lucide

        Je maintient que votre discours est extrêmement réactionnaire et qu’il revient à dire, pendant que notre école s’est transformée en machine à exclure les pauvres ne touchons a rien hors les moyens, pas de réforme de l’école sans réforme de la société.


      • Blé 5 octobre 2007 07:50

        Je suis tout à fait d’accord avec l’analyse de cet article.

        Dans la formation, je m’occupe de personnes de + de 18 ans qui sont en difficulté face à l’écrit. Je récupère ces jeunes qui étaient en situation d’échec face à l’écrit dès leur 7 ou 8 ans.

        La maîtrise du langage oral est essentiel pour aborder le langage écrit mais il y a encore des « spécialistes » qui en doutent. Beaucoup de jeunes utilisent ce que j’appelle des expressions valises. Quand quand ils disent : « j’aime pas »,je leur demande de me donner des précisions la réponse est : « j’aime pas parce que j’aime pas ».

        Or dans notre société d’images, de musiques, de spectacles bons ou mauvais,à l’ère des nouvelles technologies, il reste que tout ce qui est important passe par l’écrit et sa compréhension.

        Se servir d’internet, acheter un billet de train au distributeur, payer un parking demande des compétences que beucoup de gens de milieux défavorisés n’ont pas.Bref,les enjeux de la réussite de l’apprentissage de l’écrit vont bien au delà qu’un simple conflit entre initiés.

        Hier, une personne qui ne savait pas lire pouvait s’en sortir,s’insérer socialement et professionnellement. Aujourd’hui, elle ne peut même plus être agent d’entretien dans certains établissements car toutes les consignes se font par écrit.

        Dans une société où l’avenir d’un individu est autant lié à l’écrit, il me semble que les querelles de chapelles sont secondaires.A notre époque, savoir lire/écrire est aussi nécessaire que de respirer.

        Sommes-nous réduits à n’être que des cerveaux disponibles pour la propagande ou sommes nous encore des citoyen-ne-s à par entière avec un système cognitif capable de critique, de réflexion, d’anticipation au sein de notre société ?

        Certes, il est nécessaire pour que les entreprises d’aide au devoir se développent que l’école limite la transmission des savoirs, mais ces servives ne sont accessibles qu’à ceux qui en ont les moyens.

        Nous sommes passés de l’ère de l’Instruction Public pour tous à l’ère de l’éducation.Cette révolution silencieuse a des conséquences évidentes.Instruire ce n’est pas tout à fait la même chose qu’éduquer.

        On éduque les chats, les chiens et autres mammifères,ce qui ressemble plus à du dressage qu’à de l’instruction. Instruire ce sont des humains qui transmettent à d’autres humains une Culture,une mémoire, des principes et des valeurs mais j’ai l’impression que tout cela ne peut être coté en bourse.

        Blé


        • BlueTemplar BlueTemplar 5 octobre 2007 13:35

          Un autre article sur le sujet : http://slashdot.org/article.pl?sid=07/10/05/002203 Comme quoi, le problème est loin d’être seulement français...


          • Alice Alice 5 octobre 2007 17:22

            Comme vous l’écrivez, la « baisse » du niveau est certes un problème de société et d’évolution . Mais, enseignante moi-même, je reste convaincue que les méthodes prônées par les constructivo-pédagogistes ont aggravé les difficultés.Et je me permets de rappeler que ces tendances, aujourd’hui abandonnées par les Etats-Unis qui en ont été les initiateurs, sont apparues il y a plus de trente ans et n’ont fait que se renforcer. Les gouvernements sont passés, les pédagogistes se sont installés dans les sphères supérieures de la formation à l’Education Nationale. Xavier Darcos a fait partie des accusateurs , maintenant qu’il est dans l’équipe de Nicolas Sarkosy, il est devenu beaucoup plus discret. Alors, qu’en est-il des responsabilités ?


            • yralim yralim 5 octobre 2007 18:41

              Vous avez tout à fait raison, je suppose en effet qu’il y a eu bien des erreurs pédagogiques venues en haut, bien des idéologies voire des modes qui ont sérieusement compliqué les choses. Mon souci cependant était de me placer au niveau de l’élève , pour expliquer que lorsqu’il arrivait face a ses maîtres porteur de toute sa problématique, sociale, personnelle, environnementale il n’était souvent pas prêt a bénéficier du savoir qu’on s’efforçait de lui inculquer... et que les dispositions qu’on lui demandait pour ce faire entraient souvent en concurrence avec les élèments extérieurs à l’école.


            • nalou 5 octobre 2007 21:14

              Ce que je trouve effrayant dans tout ce la c’est la réponse d’Éric, vous pensez réellement que les choses étaient les mêmes il y a 30 ans ou 50 ans ? Nous n’avons pas dû vivre à la même époque, j’ai toujours vu des professeurs respectés, écoutés c’est bien la moindre des choses, ainsi que les parents d’ailleurs. Aujourd’hui il n’y a plus d’écoute de discours, les gamins sont rois, faute à qui ? Certainement un peu tout le monde, mais sachons discuter en bonne intelligence avec les enseignants avec nos enfants. Pensons de temps en temps à offrir un livre plus tôt qu’un jeu vidéo, c’est sûr ça dure moins longtemps !

              S’il y a une chose dont je suis certaine c’est que ce n’est pas en supprimant des professeurs que cela ira mieux au contraire, il faut plus de moyens pour les écoles, tous les enfants ont droit à la même chance ceux des citées comme ceux d’ailleurs !

              J’ai trouvé cet article très intéressant et je suis tout fait d’accord avec l’analyse qui en ai faite. Il m’a fait plonger dans mon enfance réfléchir à la différence entre hier et aujourd’hui et bon sang qu’elle est grande, il certain que la vie de demain n’arrangera en rien les gamins, hé oui Éric tout va mal !

              Je ne voudrais pas être méchante, mais je ne peux m’empêcher de vous conseiller de prendre un bon livre de français et de grammaire par la même occasion cela vous évitera de critiquer bêtement et au moins ce sera utile ! smiley


              • nalou 6 octobre 2007 00:28

                Ça me va bien de rire des autres tiens ! Avec toutes mes excuses, pas pour Èric (pour moi) « l’analyse qui en est faite », tsssssssss à lire des âneries voilà ce qui arrive ! smiley


              • acryline 6 octobre 2007 13:42

                Je suis institutrice, je travaille au minimum 50 heures (pleines et sans pause) par semaine. Ces heures sont réparties ainsi : - 34 heures à l’école - 3 heures de réunion, conseils d’école, conseils de cycle, conseils des maîtres, réunions avec le Rased, avec les parents d’élèves. - préparation de la classe (et c’est du travail ) : cahier journal, préparation de chaque séances, programmation, préparation du matériel, corrections, administratif, évaluations nationales etc. : 3 heures le mercredi, 3 heures le dimanche, 1 heure les autres jours. - Courses pour acheter du matériel (je paie l’essence), et imprévus 3 heures.

                Mon salaire après 20 ans d’ancienneté : à peu prêt 1800 € tout compris.

                Seul avantage : les vacances, mais avec 50 heures par semaine pour ce salaire et ce niveau d’étude je pense que je les mérite.

                Je travaillerai jusqu’à 65 ans pour avoir une retraite inférieure à 75 % de mon salaire.(si rien ne change jusqu’à là).

                J’aimerais encore ajouter que je ne suis pas la seule à travailler ainsi. En fait je n’ai jamais rencontrer d’instituteur « flemmard ». Qui plus est, le seul fait de maintenir une trentaines d’élèves dans un calme relatif en classe pendant 6 heures est déjà une tâche ardue.

                Dans ces conditions, je ne vois pas comment je pourrais en faire plus et je refuse de porter la responsabilté de l’illettrisme en France.


                • acryline 7 octobre 2007 08:00

                  Heures annuelles : 50 * 36 = 1800 Nombre de semaines de 35 heures : 1800/35 = 51,42 semaines.

                  En fait, je rêve de faire 35 heures par semaine à l’école, de rentrer chez moi sans devoir me remettre à travailler et avoir l’esprit libre, de ne plus avoir les vacances qu’on nous reproche d’avoir, (mais d’avoir 5 semaines de vraies vacances pendant lesquelles je ne travaillerais jamais) et de ne plus stocker mon matériel chez moi (un placard).

                  Vous voyez je n’ai même pas mis, je rêve de gagner plus. smiley Bien sûr on peut toujours trouver pire que soi, mais je répète, et c’était là mon message, dans ces conditions je refuse de porter la responsabilité de l’illettrisme en France. Et je vais ajouter ceci, j’aimerais qu’on arrête de stigmatiser le corps enseignant en lui reprochant tout et n’importe quoi même le fait de ne pas vivre au Maroc. Car je pense que votre remarque vaut pour tous les corps de métiers, n’est ce pas, ou pratiquement ? Faisons la même comparaison avec l’allemagne par exemple.

                  Je n’écris pas tout ça pour me plaindre, la plupart d’entre nous pourrait aussi sans doute le faire. J’écris ce commentaire pour décrire la réalité et aller contre tous les stéréotypes attachés au métier d’instituteur. Avant de faire ce métier, je ne le faisais pas (truisme). Je sais ce que j’en pensais alors. smiley

                  Allez bon dimanche, je vais me mettre au travail.


                • Alice Alice 6 octobre 2007 16:36

                  Et pour tous ceux qui souhaite un changement, n’oubliez pas de signer l’appel pour la refondation de l’école. http://www.refondation-ecole.net/index.php


                  • aye 7 octobre 2007 22:06

                    Tristement vrai ce constat et bien exprimé. 27 ans que je vis son expansion. Çà use.


                    • Arthénice Iceberg Arthénice Iceberg 10 octobre 2007 12:01

                      Je n’ai envie de taper ni sur l’école et encore moins sur les parents et les enfants. Et si on observait autrement. Oui, si au lieu de prendre du recul pour examiner une millième fois un sujet, on prenait de la hauteur. Vous savez, changer de perspective. Education nationale, comme son nom le stipule, c’est l’éducation que la nation, l’état, entend transmettre aux citoyens. Ce n’est pas le savoir, voire la connaissance qu’il cherche à transmettre, sinon une aptitude à traiter l’information qu’il nous injecte et à l’analyser et la prendre pour vérité. Education est un mot qui signifie aussi bien la formation, que l’enseignement, l’initiation, l’apprentissage, que le dressage. Et cette éducation nationale a effectivement réussi à nous dresser les uns contre les autres Ca tombe bien, c’est le principe politique même de toute organisation possédant le pouvoir, que de le conserver et non pas de le distribuer. L’éducation nationale n’est ni plus ni moins qu’un instrument politique. L’accès à la culture, au savoir, à la pensée et donc à la liberté de penser, est un concept politique absolument inacceptable puisque c’est offrir le bâton pour se faire battre. Plus d’individus accèdent au savoir, plus les hommes au pouvoir ont du souci à se faire L’éducation nationale n’est ni plus ni moins qu’un moyen de confisquer le savoir justement. Ah ! L’éducation des masses. On est loin d’une idéologie de partage équitable du savoir. Les chiffres et les lettres pour tous. L’élévation et la grandeur dans toutes les chaumières. Il n’y a pas d’Education Nationale, c’est un leurre, il y a gestion, administration, économie du savoir Nous vivons dans l’organisation et l’ingénierie normatives de l’information et de la formation, jamais du savoir. Ce ne sont pas les parents ni les familles qui ont abandonné leurs responsabilités, le système politique, économique et social les a réduit à néant Qui a intérêt à voir l’émergence d’une population cultivée ? A voir l’émergence de personnalités indépendantes ? Toutes les familles sont atteintes par la pénurie d’argent, de droits quels qu’ils soient, de santé, de fausses cultures, de fausses bienveillances Toutes les familles sont rongées par l’inquiétude, la tristesse, l’absence de liens véritables Parce qu’on ne cesse de leur dire que leur bonheur ne sera enfin atteint qu’avec encore plus d’accès à la consommation. Pourquoi gagner plus d’argent sinon pour acheter plus ? Et la technique au cœur de nos vies, et des produits de moins en moins durables qu’il faut vite remplacer pour bénéficier de prix exceptionnels et de contrats juteux Oui là, né le zapping. Ce n’est pas un rapport à la concentration ou à l’éparpillement de l’esprit, c’est un rapport au renouvellement immédiat et à la satisfaction immédiate de son désir. A ce que je sache nos cerveaux n’ont subit aucune mutation neurobiologique Les familles zappent parce qu’elles sont malades d’indigestion Et, on ne se nourrit que de ce que l’on digère Le système politique, économique et social ne propose aux citoyens que du bien gras, bien salé, bien sucré pour anéantir nos facultés d’être, de penser et d’agir. L’Education Nationale n’est pas un merveilleux organisme pour nous apprendre à penser sinon à dépenser. L’intérêt c’est de mettre sur le marché un produit homme-outil obéissant et pas cher. Du reste, ce n’est pas l’homme qui coute cher, ce sont les charges que l’état impose à l’entreprise Oui, prenons un peu l’image que l’on nous sert autrement Pensons par nous même, au lieu de compiler l’image et le son que l’on nous injecte à longueur de journées. A ce que je sache, les écoles comme les enseignants fonctionnent sur la base de directives Et, ils obéissent aux directives. Les enfants apprennent mal, non pas parce qu’ils sont devenus encore plus nuls, mais, parce que les directives qui agissent sur le programme, le comportement, et l’habillage de l’enseignement condamne tout le monde à une mise en scène du savoir. On ne va pas à l’école pour apprendre mais pour obéir. Exemple de la rentrée en sixième de mon fils Nicolas Un défilé de professeurs qui s’adressent à nous les parents, dans un interminable explicatif de la méthode, du contenu, des obligations et de la sanction Pas un, pas un seul, ne manifestera du plaisir d’apprendre et d’enseigner, pas un n’aura un mot d’humour, pas un, pour entrer en relation avec les parents. Deux mondes étrangers se sont pendant deux heures frôlés sans se toucher. Quand j’ai pris la parole, à la fin de ce défilé pénible, pour aussi faire valoir que ces gamins de 10/11 ans avaient des journées de 7 heures + une heure de devoirs à la maison, ce qui équivalait à l’emploi du temps d’un « travailleur », il parait que j’ai choqué J’ai choqué l’enseignant, mais j’ai choqué le parent !! Parce que le parent, à part demander s’il y a des frittes le jeudi à la cantine, parce qu’il ne sait pas trop s’il a le droit ou non de protester, se cantonne dans des interventions de catégorie 3, et encore en bégayant Je suis désolée, je suis mère de trois enfants (21/14 et 10 ans) et chaque rentrée scolaire me fait l’effet d’une confiscation de mon autorité, de mon propre enseignement intellectuel et social, affectif et spirituel, et d’abandonner mon enfant dans un lieu et un milieu que je ne contrôle absolument pas en terme d’éducation justement, de contenus, et de relations. Oui, les enfants sont soumis à des pressions psychologiques insupportables, à des humiliations et des railleries aussi bien des enseignants que de l’administration Et c’est toujours leur parole contre celle des enfants Oui, je vis l’Education Nationale comme une grande supercherie et surtout une magnifique mécanique pour réduire la pensée libre de l’individu à une pensée uniforme et préprogrammée, à un devoir d’obéissance et de soumission à l’autorité mais surtout à l’autoritarisme, et au sentiment de frustration. Je suis extrêmement vigilante et attentive aux contenus, et invite mes enfants à la même vigilance. C’est vrai, je n’ai pas suivi le parcours de l’Education Nationale. Vivant à l’étranger, j’ai suivi les cours par correspondance et ce sont mes parents qui m’ont appris et qui m’ont montré Je n’ai donc pas subit le devoir d’apprendre dans l’obéissance, et encore moins de devoir apprendre ce que l’état imposait Arthénice Iceberg

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