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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Régionales, comment ça marche !

Régionales, comment ça marche !

Sans en avoir l’air, la campagne électorale pour les élections régionales est lancée. Les diverses formations politiques, voire les associations, sont sur le pied de guerre cherchant des solutions pour convaincre le chaland. Je dis bien le « chaland » car la politique spectacle commence à battre son plein.

 En effet, j’ai entendu récemment un journaliste insister lourdement pour connaître la date de la formation d’une liste et surtout les noms, les noms, vite ! On sent toute suite la personnalisation de la politique au détriment du débat d’idées amené par un collectif qui devrait supplanter, dans toute bonne démocratie, la propension forte donnée au culte de la personnalité. Comme ce syndrome est devenue monnaie courante, on en connaît les résultats : un autocrate à la tête de l’Etat Français ; personnage à l’égo surdimen-sionné astiquant son image de marque pour le seul service d’une oligarchie !

 Par contre, le journaliste en question qui ne semble pas connaître ce qu’est la véritable information a complètement oublié de spécifier comment étaient élus les conseillés régionaux et qu’elles étaient les compétences des régions, apparemment cela importe peu, même si beaucoup de gens ignorent souvent comment ça fonctionne !

 A titre indicatif on peut dire qu’il y a un peu plus de 1600 conseillers régionaux élus pour 6ans, pour la seule métropole. Cet « à peu près » vient du fait que le législateur a estimé, par exemple en 2004, qu’il y en aurait un peu moins de candidats dans certains départements que lors de l’élection précédente, d’où des modifications qui ne sont à l’évidence pas pérennes. L’Outre-mer n’échappe pas aux conseils régionaux, en toute logique, Guadeloupe, Guyane Martinique, Réunion ont aussi leurs assemblées respectives.

 Pour ces élections, au premier tour sont constituées des listes départementales avec un nombre différent de candidats par département ; ceci étant déterminé par des critères électoraux dans lesquels la démographie départementale entre en bonne part. Par conséquences, les listes sont régionales mais constituées d’autant de sections qu’il y a de départements dans la région.

-Sans s’attarder sur la concrétisation des résultats au premier tour on peut néanmoins en schématiser le fonctionnement en disant que l’élection est acquise au premier tour de scrutin, si une liste recueille la majorité absolue des suffrages exprimés.

 -Mais le cas le plus courant veut qu’il y ait un second tour, et il est alors attribué à la liste qui a obtenu le plus de voix dans la région un nombre de sièges égal au quart du nombre des sièges à pourvoir, arrondi à l’entier supérieur.

 -En cas d’égalité de suffrages entre les listes arrivées en tête, ces sièges sont attribués à la liste dont les candidats ont la moyenne d’âge la plus élevée.

 -Cette attribution opérée, les autres sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne. Toutefois, les listes qui n’ont pas obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés ne sont pas admises à la répartition des sièges.

 -Les sièges attribués à chaque liste sont répartis entre les sections départementales qui la composent au prorata des voix obtenues par la liste dans chaque département. Cette attribution opérée, les sièges restant à attribuer sont répartis entre les sections départementales selon la règle de la plus forte moyenne, et les sièges seront attribués en fonction de la place sur la liste.

 -En cas de problèmes, décès, etc., le siège est à nouveau pourvu par le candidat venant sur une liste immédiatement après le dernier élu dans la même section départementale.

 Sitôt après les élections tout ce joli monde va désigner le président, les vice-présidents, les commissions, etc. On peut aussi noter que les rétributions mensuels des conseillers vont de 1477,24 euros (-1 million d’habitants) à 2585,17euros (+3 million d’habitants)…

 Mais que vont-ils donc faire une fois élus ? Du moins, quels sont les domaines où s’exercent leurs compétences ?

 On va commencer par le développement économique considéré comme le domaine d’intervention principal des régions. En clair, c’est surtout une aide aux entreprises qui est le point d’achoppement de ce pôle d’intérêt. Ceci étant consigné dans le cahier du schéma régional de développement économique, avec de surcroit le corolaire qui veut que l’accent soit mis sur l’attractivité du territoire en question.

 Ensuite vient l’aménagement du territoire. Appelé développement durable, les besoins d’équipement, d’infrastructures, etc., sont répertoriés dans un nouveau schéma : le SRADT. Parallèlement, le SRIT donne les orientations des transports régionaux (le STIF en Ile-de-France), les options pour la route, le rail, l’eau ou l’air. Vaste programme et particulièrement intéressant car il conditionne en grande partie comment on veut organiser une région.

 Et pour finir, la formation professionnelle et la culture. Compétences importantes pour l’enseignement secondaire puisque la région construit et entretient les Lycées. De surcroit, elle chapeaute les agents territoriaux occupés à l’entretien et la restauration dans les lycées. On peut dire aussi qu’elle a compétence pour le soutient à la recherche et l’enseignement supérieur. Sans oublier les prises de positions régionales pour la formation professionnelle, rentrant dans la même catégorie on peut aussi inclure l’apprentissage.

Pour mémoire, on notera aussi en 2004 une extension des compétences sur demande et à titre expérimental sur 4 ans puisque l’accès à la santé pour tous devrait être l’une des prérogatives des régions, par conséquence accompagné de la gratuité des formations sanitaires et sociales, et n’oublions pas des tentatives pour le logement pourtant particulièrement délaissé !

 Ce tour d’horizon nous permet de constater que les compétences des régions sont importantes et que le choix politique s’avère déterminant pour leurs évolutions. En effet, on peut noter pour ces prérogatives que l’accent est particulièrement mis sur l’aspect économique, économie inféodée aux marchés pour gérer et aménager les régions. Donc, il s’agit bien de la gestion capitaliste avec une aide primordiale aux entreprises et un pôle « d’attractivité » qui met en compétition les territoires régionaux. Un leitmotiv incontournable pour les capitalistes, une sorte de course à la croissance expansionniste pour un prétendu « mieux-être » consumériste au détriment d’un « bien-être » pour lequel seraient privilégiés les liens et le partage.

 L’exemple le plus représentatif, le symbole en quelque sorte de cette obsession de croissance dévastatrice, c’est le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes à proximité de Nantes. Cette entrée bocageuse dans la Bretagne profonde n’est pourtant pas dénuée de charme, et l’on voudrait bétonner 1200 hectares de terres cultivables pour donner à Nantes la soi-disant attractivité d’une métropole européenne. Pour la gloriole d’un président de région socialiste on va faire de cette cité une sorte de pieuvre tentaculaire grignotant l’espace rural, alors que justement, avec une politique sensée on aurait favorisé le logement social afin de repeupler des campagnes se désertifiant. En relocalisant cela aurait aussi l’avantage de pouvoir créer de petites unités de fabrication -dans la mesure du possible autogérées- qui en redonnant de l’emploi local -par conséquence, moins de transport- permettrait de ne plus subir le diktat des grandes multinationales.

 Comme on le voit, il s’agit bien là d’une volonté politique et qui doit se concrétiser par une lutte sans concession contre le capitaliste, ce qui exclut naturellement les Socialistes et Europe écologie qui ont géré les régions exactement comme l’aurait fait l’UMP ou le Modem. Ceux qui veulent s’unir avec ces gens là ou participer à des majorités, pour battre la droite comme c’est souvent dit, font fausse route. Les socialistes qui font une politique de droite n’ont qu’un désir c’est battre Sarkozy, alors que le peuple attend autre chose ; même s’il est détestable, Sarkozy n’est que le valet du capitalisme qui est, lui, le véritable enjeu…

 Contrairement à ce que l’on voudrait souvent nous faire croire, si une lutte ponctuelle contre le chômage n’est pas complètement à écarter, il n’en reste pas moins que la seule solution est une restructuration complète de la société ; une rupture avec le capitalisme et son productivisme ; un changement dans le concept de productivité que l’on appellera plutôt une fabrication responsable car la technologie ira vers l’utile, le recyclable, le réparable et ne sera plus le moteur d’un consumérisme dévastateur.

 Comme ce sont des notions qui font pas parties du programme des socialistes, des Verts, aucune alliance avec ces partis là ne sera profitable, j’irai même jusqu’à dire que cela pourrait même être préjudiciable pour les populations dans la mesure où il n’y aura pas d’opposition forte aux partis capitalistes, les deux susnommés étant inclus dans le lot. En effet, on pourrait avoir quelques replâtrages ici ou là pour calmer la vindicte populaire, mais rien d’efficient sur le fond, si ce n’est que les Socialistes tendront de plus en plus à vouloir le bipartisme à l’américaine, ce qui finalement arrangera bien Sarkozy.

 

Ne cédons pas aux sirènes de l’électoralisme, il faut une vraie opposition anticapitaliste !

 

http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com


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2 réactions à cet article    


  • bonnes idees 17 janvier 2010 17:39

    T’inquiètes pas car pour moi les élections c’est terminé....


    • cire 2 février 2010 06:32

      Félicitations ,belle analyse ,attendons gentiment l’évolution de nos citoyens électeurs .........

      nous ne sommes pas prêt de voir changer les choses .
      En effet ,lors des diverses élections les changements de vie ont été proposés ,expliqués ,mais l’évolution est moribonde .......

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