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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Ségolas Sarkolène : l’opium des médias ?

Ségolas Sarkolène : l’opium des médias ?

Plus les semaines passent et plus j’ai la sensation que les grands médias continuent à nous imposer une bipolarisation de la campagne qui atteint en ce moment son paroxysme. Pour le commun des mortels, c’est quasiment une certitude : le deuxième tour se jouera entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Il ne nous reste plus qu’à choisir le meilleur ou le moins pire... Mais est-ce vraiment une situation inéluctable ? En regardant ce qui se passe sur les blogs et les médias citoyens comme AgoraVox, il est impossible de ne pas remarquer le décalage qui existe entre les souhaits réels des citoyens et le choix que les médias semblent vouloir leur imposer. Les jeux sont-ils vraiment faits ?

Quand je discute de la présidentielle avec des amis qui n’utilisent que rarement Internet pour se renseigner, j’e constate un fatalisme exaspérant. La plupart d’entre eux se sont résignés depuis longtemps à un deuxième tour entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Pourtant, ils sont bien conscients que finalement rien ne changera vraiment, puisque nous assistons depuis plus de vingt ans à l’alternance régulière de ces deux mouvements politiques sans avoir jamais vu de véritable rupture. Alors ce n’est même pas une question de résignation, à leurs yeux, il ne reste que deux candidats possibles...

En revanche, quand je regarde ce qui se passe sur Internet ou quand je discute avec des blogueurs, j’observe un décalage très significatif avec les personnes qui ne s’informent qu’avec la télévision. L’incertitude est beaucoup plus grande, les résultats des sondages ne sont pas les mêmes, et la bipolarisation n’est qu’une possibilité parmi beaucoup d’autres.

Est-il vraiment possible que la télévision aveugle les individus à ce point ? Pour avoir passé les dix dernières années au moins une heure par jour devant la TV (surtout pour voir des chaînes d’info), je peux désormais affirmer que oui. A force d’écouter en boucle, et souvent de manière passive, les mêmes informations, il est clair qu’inconsciemment, on les absorbe jusqu’à ce qu’elles deviennent des certitudes. Pour bien comprendre de quoi je parle, il suffit de visionner cette excellente sélection de journaux télévisés realisée par l’émission de France 5, Arrêt sur Images.

Sur Internet, la démarche est exactement inverse, il n’y aucune certitude préétablie, et pour forger ses convictions, il faut adopter une démarche active et volontaire afin de se documenter, d’aller chercher son information, de la sélectionner, de la trier, et enfin de faire ses choix.

Ainsi, il n’est pas étonnant que pour 77% d’entre nous, l’hypothèse d’un deuxième tour "Ségo-Sarko" soit surtout déterminée par l’influence des médias traditionnels. C’est aussi pour cette raison, je pense, que 71% des sondés envisagent au premier tour des présidentielles de voter autre chose que le candidat de l’UMP ou du PS... Etonnant, non ?

Certains pensent que les médias dominants ont transformé notre démocratie en une sorte de démocrature et en appellent à l’émergence d’un nouveau cinquième pouvoir, capable de contrebalancer les quatre autres. La démocrature serait une dictature camouflée sous l’apparence d’une démocratie, autrement dit, de manière plus soft, une caricature de démocratie... En effet, à ce stade, le scénario d’un deuxième tour « Ségo-Sarko » questionnerait la bonne santé de notre démocratie et nous ne pourrions manquer de nous demander quel rôle ont joué certains médias : auraient-ils pu réussir le tour de force de confisquer le débat politique et la réflexion citoyenne ?

La notion de cinquième pouvoir suscite des réactions différentes, et n’évoque pas la même chose pour tout le monde. Pour simplifier, et pour éviter toute polémique sémantique inutile, disons que le cinquième pouvoir n’est rien d’autre que le pouvoir potentiel dont nous disposons collectivement en tant que citoyens.

L’un de nos objectifs est de chercher si ce cinquième pouvoir existe vraiment et s’il influence réellement la vie politique. Est-ce que ce cinquième pouvoir va stimuler le politique pour qu’il se concentre sur le débat de fond, que tout le monde réclame de ses vœux ? Est-ce que ce cinquième pouvoir va nous empêcher, par exemple, d’assister à un deuxième tour décidé d’office ?

Pour cette raison, je pense qu’il serait utile de publier très vite un ouvrage à partir des contributions de certains rédacteurs d’AgoraVox autour de la présidentielle (un petit éditeur a déjà accepté le défi de le publier en quelques semaines).

La problématique du livre serait d’analyser - à partir de quelques-uns de nos articles - comment certains médias traditionnels ont "confisqué" la présidentielle en imposant deux candidats aux Français. Ensuite, le but serait de comprendre si cette stratégie va ou non fonctionner, en analysant le rôle d’Internet, du journalisme citoyen et de ceux que certains appellent, à tort ou à raison, le cinquième pouvoir.

L’idée n’est en aucun cas d’attaquer individuellement Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal ni leurs programmes. Il ne s’agit pas non plus de soutenir ou de privilégier un candidat, mais de dénoncer et d’analyser l’absurde mécanisme politico-médiatique qu’impose cette bipolarisation.

Voilà un plan potentiel pour cet ouvrage, qui pourrait paraître en mars :

  • Concentration médiatique et connivences médiatico-politiques
  • L’utilisation du marketing de la peur
  • Contrôle de l’information : Internet menacé ?
  • La démocrature médiatique tente d’imposer Ségolas Sarkolène
  • Sondages, un outil à double tranchant pour un duel Ségo/Sarko inéluctable
  • Les médias et les petites phrases qui font trop de grands discours
  • Face aux médias, l’Internet en écho pour le pluralisme : un troisième homme, un quatrième, un...
  • Le journalisme citoyen : un regard tourné vers le cinquième pouvoir

Si vous avez lu ou écrit un article sur AgoraVox qui traite de ces problématiques, vous pouvez nous le signaler dans les commentaires afin qu’on puisse l’évaluer au plus vite. Par ailleurs, les thématiques présentes dans ce livre seront débattues le 24 mars lors de notre journée sur le cinquième pouvoir et le journalisme citoyen.

De plus en plus de personnes pensent :

  • que ce n’est ni aux chaînes télévisées, ni aux organes de presse de décider quels candidats doivent être mis en avant ou imposés
  • que la bipolarisation de la société est une option que seuls les institutions et les électeurs doivent décider
  • que la collusion entre pouvoir politique et pouvoir médiatique est un fléau pour la démocratie
  • que toutes les forces politiques ont le droit d’être représentées en proportion de leur poids électoral.

Pour illustrer le contraste entre ce qui se passe sur Internet et ce qui se passe dans les médias traditionnels, je conclurai en reprenant ce qu’on disait avec Joël de Rosnay il y a plus d’un an dans l’introduction de La Révolte du Pronétariat (désormais téléchargeable gratuitement) :

« Les citoyens du monde sont en train d’inventer une nouvelle démocratie. Non pas une ‘E-Démocratie’ caractérisée par le vote à distance via Internet, mais une vraie démocratie de la communication. Cette nouvelle démocratie qui s’appuie sur les "médias des masses", émerge spontanément, dynamisée par les dernières technologies de l’information et de la communication auxquelles sont associés de nouveaux modèles économiques. Ni les médias traditionnels, ni les politiques n’en comprennent véritablement les enjeux. Les médias des masses, seuls véritables médias démocratiques, vont radicalement modifier la relation entre le politique et le citoyen et, par voie de conséquences, avoir des impacts considérables dans les champs culturel, social et politique. Les internautes commencent seulement à réaliser à quel point le Net du futur va leur permettre d’exercer leur pouvoir, si tant est qu’ils parviennent à se montrer solidaires et organisés.

Le modèle industriel traditionnel a conféré le pouvoir à des dynasties ou à des grandes familles propriétaires du capital financier et de production. Ces élites, riches et puissantes ont par la suite cherché à transposer ce modèle à la société de l’information. Or les règles du jeu ont changé. (...)

J’appelle « infocapitalistes  » les détenteurs des moyens de création, de production et de diffusion de contenus informationnels dits «  propriétaires » (sous copyrights, droits de licence...), généralement sous forme numérique. Ils forcent les utilisateurs et acheteurs à passer par les vecteurs de diffusion ou de distribution qu’ils contrôlent en organisant intentionnellement la rareté autour de ces vecteurs. Ce sont les grandes chaînes de télévision, les grands éditeurs, les majors de la musique... Ils font partie de ce qu’on appelle généralement les mass média.

J’appelle « pronétaires  » ou « pronétariat » une nouvelle classe d’usagers des réseaux numériques capables de produire, diffuser, vendre des contenus numériques non propriétaires, en s’appuyant sur les principes de la « nouvelle nouvelle économie ». (...) Il s’agit d’usagers, d’internautes, de «  blogueurs », de citoyens comme les autres, mais qui entrent de plus en plus en compétition avec les infocapitalistes traditionnels, auxquels ils ne font plus confiance, pour s’informer, écouter de la musique, voir des vidéos, lire des livres ou communiquer par téléphone. (...) »

Il est évident (et la campagne présidentielle est là pour nous le démontrer) que l’on assiste aujourd’hui à une nouvelle forme de lutte des classes entre « infocapitalistes » et « pronétaires », entre « mass media » et « médias des masses »... Voilà un exemple parmi d’autres pour illustrer ce que je viens de dire... (à tous ceux qui n’arrêtent pas me le démander : non ce droit de réponse de Dominique Ambiel n’est pas un canular).

PS - Si vous souhaitez reprendre l’image de Sarkolène pour votre site ou blog, il suffit de recopier le code html suivant :

<a href="http://www.agoravox.fr/article.php3&#63 ;id_article=19307&#34 ; target="_blank"><img src="http://www.agoravox.fr/IMG/non-segolas-sarkolene-g.jpg&#34 ; border="0"></a>



<a href="http://www.agoravox.fr/article.php3&#63 ;id_article=19307&#34 ; target="_blank"><img src="http://www.agoravox.fr/IMG/non-segolas-sarkolene-p.jpg&#34 ; border="0"></a>

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178 réactions à cet article    


  • Marsupilami Marsupilami 15 février 2007 12:02

    @ Carlo

    Excellent papier. Je suis assez sceptique quant à l’efficacité du cinquième pouvoir, mais si Bayrou est au 2e tour de la présidentielle, je commencerai peut-être à croire qu’il n’y aura pas été pour rien...


    • Ork (---.---.193.224) 15 février 2007 13:25

      Bof, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous M. Revelli, on peut être blogueur farouchement favorable au 5ème pouvoir, et soutenir l’un des deux candidat des partis de gouvernement.

      http://forum-scpo.com/forum-scpo/viewtopic.php?id=4811

      Ce que vous omettez, Monsieur revelli, c’est que si on a pas un second tour sego sarko, ça veut dire qu’on aura nécessairement, par la combinaison des candidatures nombreuses, et du système majoriaire de la présidentielle Vè République, un second tour sarko/Le pen.

      Donc désolé mais, ce n’est pas faire partie d’un grand complot que d’appeller et de favoriser le vote utile au premier tour. C’est simplement vouloir un second tour droite gauche, et non pas un second tour droite ump/droite udf, voire droite/extrême droite.


    • Carlo Revelli Carlo Revelli 15 février 2007 14:03

      Vous dites :

      « on peut être blogueur farouchement favorable au 5ème pouvoir, et soutenir l’un des deux candidat des partis de gouvernement. »

      Je ne pense pas avoir dit le contraire. En revanche, je pense qu’un scénario de deuxième tour « sego-sarko » est le pire scénario possible pour la démocratie.

      Désolé mais ce n’est ni à vous, ni à TF1, ni à F2 de nous expliquer ce qu’est un vote utile...


    • Ork (---.---.193.224) 15 février 2007 14:28

      Dois-je comprendre qu’un second tout sarkozy/le pen constituerait un bon scénario pour la démocratie ? car c’est cela vers quoi nous nous orientons effectivement, si les voix se dispersent.


    • Adegh (---.---.133.185) 15 février 2007 16:23

      Poussons ton raisonement au maximum et inscrivons dans la constitution que seul les candidats soutenus par le PS et le RPR (désolé UMP) n’ont le droit de se présenter. Arrétons avec cette supercherie du vote utile. Vous devriez vous réjouire que Bayrou soit devant Lepen dans la majorité des sondages.


    • noireb (---.---.12.45) 15 février 2007 20:48

      Okr, je comprends ta crainte, mais je préfère 100 fois un second tour avec des candidats que j’abhorre (Sarkozy, Lepen, Bové...) plutot que voter contre ma conviction profonde.

      Aux dernieres présidentielles, je n’ai pas voté (f)utile, et j’en suis fier. Lepen au second tour, ça voulait dire « hommes politiques, reprenez-vous en mains, vous n’etes plus convaincants », si j’avais voté Jospin, il aurait compris « continue comme ca, tu fais du bon travail, ta campagne était bonne ».

      Je préfère nettement le premier message, même s’il est resté lettre morte. Y a un moment où l’Homme doit faire les choses parce qu’il y croit, relisez vos Diderot, Voltaire, Rousseau...


    • LE CHAT LE CHAT 15 février 2007 12:06

      c’est certain qu’à nous les imposer du soir au matin et du matin au soir , on va créer un phénomène de rejet !

      je suis d’accord avec O.G , il manque le balai pour faire speakrine d’halloween smiley


      • gem gem 15 février 2007 12:20

        Analyser, ça me semble une bonne et même excellent idée. Dénoncer, je ne peux pas : l’élimination des « petits candidats » me parait plutôt saine, malgré la sympathie que je peux éprouver pour certains (j’aurai volontiers voté pour un de ceux qui n’auront probablement pas leurs 500 signatures, et qui n’est pas invité dans les médias). Le premier tour de la présidentielle n’est pas et ne doit pas être un substitut de scrutin proportionnel ni une tribune publicitaire politique.


        • Jean-Charles DUBOC (---.---.102.41) 15 février 2007 12:24

          Ségolas Sarkolène : l’opium des médias ?

          C’est vraiment une très bonne question, car tout une partie de l’électorat semble avoir disparue, et en particulier les femmes !!!...

          Car personne n’aborde sérieusement un problème aussi grave que la SOUS-REPRÉSENTATIVITÉ DES FEMMES à l’Assemblée Nationale, alors que c’est réellement un problème majeur.

          En effet, à l’heure actuelle, l’Assemblée compte 10,9% de femmes sur ses bancs, ce qui nous place au 86èm rang du classement mondial, entre le Niger et la Slovénie...

          Notre pays est le pays des Droits de l’homme, mais pour les Droits de la femme, c’est moins sûr !!!...

          Je viens d’ailleurs de mettre une note intitulée « Les femmes à la barre !... » sur mon Blog.

          Disponible sur : http://euroclippers.typepad.fr/

          Bonne lecture et bonne découverte.

          Jean-Charles DUBOC


          • Bob (---.---.34.107) 15 février 2007 13:20

            La « représentativité des femmes en politique » c’est encore un truc de médias ça, tout comme leurs histoires de « discrimination positive ». Moi j’appelle ça faire diversion.

            J’imagine bien que le monde politique soit assez macho à la base et que ce soit dur pour des femmes de s’imposer, mais il ne faudrait pas à l’opposé imposer des femmes simplement pour en mettre, car cette notion serait pour moi très sexiste vous en déplaise.

            On ne vote pas pour un homme, une femme, un black, un gay... on vote plus pour des compétences et un programme (enfin en théorie, c’est justement le sujet abordé apr l’article).

            D’autre part simple remarque : regardez dans la liste des candidats / candidats potentiels : Royal, Laguiller, Lepage, Voynet, Buffet... ça fait pas mal de femmes à ce niveau non ?


          • Milla 15 février 2007 23:43

            @ BOb,

            La « représentativité des femmes en politique » c’est encore un truc de médias ça, tout comme leurs histoires de « discrimination positive ». Moi j’appelle ça faire diversion.

            Pas complètement Bob, les femmes ont très peu de place bien qu’il y en ait eu bien entendu smiley à une certaine époque, mais je suis bien d’accord que Ségo soit en surface pour une diversion, , mais...c’est la représentativité qui importe, la politique ne doit pas avoir de « sexe »...

            Milla smiley


          • Bob : (---.---.34.107) 16 février 2007 08:01

             :) Je suis tout à fait d’accord


          • ohnil ohnil 15 février 2007 12:34

            Un article que j’ai trouvé intéressant sur le sujet :

            Présidentielles : comment choisir ?


            • toto1701 (---.---.130.52) 15 février 2007 12:34

              y a comme un principe de vase communicant dans les sondages entre la candidate ps et le candidat de l’ump, un point de perdu par l’un se retrouve automatiquement dans l’escarcelle de l’autre : ainsi vogue le titanic mediatique,mais qu’en sera t’il a l’heure de la collision avec l’iceberg de la victoire du reel sur le virtuel !!!!


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 15 février 2007 12:35

                Carlo, le principe d’un livre sur les présidentielles est intéressant mais je le verrais construit différemment. Aucun a priori ni plan préconçu d’avance.

                Suggestion : sélectionner les articles les plus pertinents et originaux sur la présidentielle, spécialement ceux qui se démarquent de la presse

                Les classer par thème

                analyse des programmes jugement des images critiques des médias coup de gueule etc...

                Et puis intituler le livre « La campagne de 2007 vue par une autre presse »


                • Vilain petit canard Vilain petit canard 15 février 2007 13:05

                  Je soutiens la proposition de Bernard : Elections, un autre regard. Je n’aurais pas le temps aujourd’hui de trier des articles, désolé.


                • aquad69 (---.---.33.228) 15 février 2007 12:37

                  Bonjour Carlo Revelli,

                  excellente idée, votre démarche, en tant que test.

                  Mais attention : le cinquième pouvoir, combien de divisions ?

                  Il n’est pas encore un pouvoir, loin s’en faut. Et même si vous obteniez une audience beaucoup plus importante -passer de un million d’internautes à dix ou vingt, par ex, ce dont vous êtes encore loin-, même si ces internautes représentaient une majorité, on ne prendrait leurs choix en compte que s’ils étaient « raisonnables », cad conformes à, et dans la fourchette des choix politiques « politically correct » actuels, et qu’ils ne remettent pas trop en question les « intérêts » dominants.

                  Soyons prudents ; à partir du moment où internet ne sera plus un jeu, s’il s’agit de convoiter un enjeu réel, nous entrons dans « la cour des grands ».

                  Et là, on ne plaisante plus du tout, il n’est plus question de démocratie, d’intérets des particuliers et autres citoyens, mais de pouvoirs, politiques et économiques.

                  Ces pouvoirs s’appuient sur des fondements réels, économiques, judiciaires et militaires, et non sur des opinions, même majoritaires.

                  Vouloir avancer trop vite, sans structure politique, sans place admise dans l’« establishment » gouvernemental, pour un projet trop nouveau, risque de se retourner contre vous, et de provoquer de la part des « autorités » un processus de contrôles et de limitation de ces réseaux, cad de se retourner contre nous.

                  Cordialement Thierry


                  • benevole 15 février 2007 14:02

                    Bonjour Thierry,

                    Ton commentaire me fait froid dans le dos !

                    Mais il confirme le terme « démocrature » utilisé dans l’article.

                    Penses-tu réellement qu’on ne puisse jamais rétablir une vraie démocratie ? Que le politiquement correct soit figé ?

                    Cordialement Jean-Marc


                  • aquad69 (---.---.33.228) 15 février 2007 17:56

                    Bonjour Bénévole,

                    bon, il ne faut quand même pas s’en empêcher de dormir...

                    Mais ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un gouvernement élu a des pouvoirs limités ; avant même de satisfaire ses électeurs, il a des conditions à remplir, des comptes à rendre aux multiples intervenants de la vie politique non publique, des pouvoirs économiques, sociaux, de tous ordres, à nos partenaires européens, et aussi à notre cher et puissant voisin d’outre-Atlantique, par exemple. Il faut aussi que tout ce qui soit fait rentre dans nos possibilités économiques. Comme n’importe quel grand patron d’entreprise, il n’a que le pouvoir de faire ce que l’on attend de lui.

                    La marge de manoeuvre est très, très mince.

                    La première de ces conditions étant de toujours prendre des décisions « raisonnables » et « responsables », cad qui gênent le moins possible les divers intérêts puissants et l’ordre établi.

                    Qu’apparaisse un embryon de pouvoir trop indépendant, trop idéaliste, et qui donnerait l’impression de ne pas être « raisonnable » mais plutôt dangereux, celà pourrait très vite provoquer des réactions très vives...

                    Quand on est jeune et nouveau, il ne suffit pas d’avoir raison, il faut beaucoup de diplomatie et de prudence pour se faire accepter par ses pairs.

                    Mais un des aspects de la « démocrature » dont il est question, c’est que, à travers le spectacle électoral, les candidats, ainsi que les médias qui cherchent à exciter les gens pour mieux vendre, voudraient nous faire croire qu’ils ont le pouvoir de tout changer, s’il sont élus. C’est un discours pour enfants, et les Français en ont un peu assez.

                    On aimerait bien sûr un discours plus responsable, moins démagogique ; celui d’un Bayrou, par exemple... Le succès ou non qu’il aura sera peut-être le reflet de notre maturité.

                    Les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent.

                    Cordialement Thierry


                  • CAMBRONNE CAMBRONNE 15 février 2007 12:40

                    CE N’EST PAS VRAI , ce ne sont pas les médias qui font les candidats mais les candidats qui utilisent la presse à leurs fins y compris celui qui les dénonce pour partialité : j’ai cité François BAYROU .

                    Arrétons de nous abreuver de conspirationisme et d’imaginer que le cyber pouvoir serait plus subtil que les autres alors que n’importe qui peut dire n’importe quoi sans même qu’on sache vraiment son identité .Certains en changent comme de chemise .

                    On lit d’excellentes choses sur AGORAVOX mais aussi plein d’anneries et surtout des développements de tracts politiques .

                    Je précise que j’aime bien Agoravox car je peux m’y exprimer mais je ne fais pas d’illusion sur ses capacité à changer la donne .

                    Salut et fraternité .


                    • ZEN zen 15 février 2007 16:49

                      @Cambronne

                      Bonjour. Tout à fait d’accord avec vous sur ceci :« Je précise que j’aime bien Agoravox car je peux m’y exprimer mais je ne fais pas d’illusion sur ses capacité à changer la donne . »

                      Nous avons déjà discuté de cela. Il faut raison garder et ne pas surestimer le prétendu pouvoir du « peuple des connecteurs », qui n’est « peuple » que virtuellement, avec ses tensions et ses contradictions..


                    • CAMBRONNE CAMBRONNE 15 février 2007 17:51

                      ZEN

                      Heureux d’être d’accord avec vous . Vous faites partie des gens que j’aime à rencontrer sur ce site même et surtout si je ne suis pas d’accord avec vous .

                      Cordialement .


                    • seb (---.---.12.18) 15 février 2007 12:42

                      C’est du foutage de gueule car rien qu’aujourd’hui sur AGORAX vox il y a 8 articles sur Madame ROYAL


                      • Carlo Revelli Carlo Revelli 15 février 2007 14:08

                        Oui car nous sommes un média libre. Et parmi ces 8, nous avons des articles pour et d’autres contre. Et puis le lecteur se fait son opinion. Cela dit, je pense qu’il faudra bientôt mettre les articles sur la présidentielle dans une catégorie à part car ils commencent à prendre trop de place...


                      • LE CHAT LE CHAT 15 février 2007 14:22

                        bien vu ,Seb , on a triple dose aujourd’hui ! et dire qu’on m’a refusé des articles pour cause de sujet déjà évoqué ! smiley


                      • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 15 février 2007 22:12

                        Salut Carlo,

                        J’suis d’accord avec toi, .. la place commence à manquer,... surtout que le nombre de rédacteurs augmente sec. ( succès oblige ! ) .. ce qui impose forcément à refuser moult autres articles, .. résultat le nombre de mécontents augmente lui aussi !

                        .. Alors à quand une deuxième page,( demande déjà sollicitée par P@py ) es-ce si compliqué à mettre en oeuvre ?

                        @+ P@py


                      • Voltaire Voltaire 15 février 2007 12:45

                        Excellente initiative !

                        Plusieurs de mes articles peuvent correspondrent à ce sujet (en relisant notamment ma comparaison sur le troisième homme Bayrou-Chevènement, écrit en septembre, je trouve cet article remarquablement prémonitoire), vous êtes libre de les utiliser, pourvu que l’anonymat soit garanti (obligation professionnelle).


                        • Pescaire (---.---.103.40) 15 février 2007 12:52

                          Et lo pichon Bayrou, qui fait en permanence la pêche aux vairons ? Ne fait-il donc pas partie de la politique unique, ce petit bout d’ex-trilatéral de service ? A Strasbourg, ils ont l’air de bien l’aimer.

                          C’est plutôt le caractère de mascarade générale de ces élections qui me semble être le problème, avec ou sans « bipolarisation ».


                          • Citoyen qui en a marre (---.---.218.158) 15 février 2007 13:14

                            Bayrou est particulièrement dangereux avec sa politique ultra-européenne, et qu’on ne vienne pas nous dire qu’il ne dispose pas d’appuis haut placés.


                          • (---.---.242.37) 15 février 2007 14:06

                            « Bayrou est particulièrement dangereux avec sa politique ultra-européenne, et qu’on ne vienne pas nous dire qu’il ne dispose pas d’appuis haut placés. »

                            « Particulierement dangereux avec sa politique ultra-europeenne » :
                            - comment peut-on qualifier d« ultra » sa politique europeenne, arguments s’il vous plait
                            - comment peut-on le qualifier de « particulierement dangereux » pour cette politique ? Arguments s’il vous plait.

                            Par ailleurs, et comme a chaque fois, on attend une liste credible d’« appuis haut places ». Je crois qu’on peut attendre longtemps...


                          • (---.---.97.42) 15 février 2007 14:55

                            Il est bien connu que Bayrou provient de la chapelle Méhaignerie - Pflimlin - Veyl, etc... un lobby qui représente directement les intérêts des milieux financiers européens.

                            En soutenant à outrance le Traité Constitutionnel Européen, ce petit ange voulait nous plonger dans un marché de la main d’oeuvre avec des pays où le SMIC n’atteint pas 100 euros. Ce qui, d’ailleurs, se fait à présent par d’autres moyens avec le soutien actif de l’UDF.

                            Bayrou a été d’ailleurs membre de la Trilatérale jusqu’en 2005, en Bourlanges l’est encore.

                            Franchement, un sinistre personnage...


                          • (---.---.242.37) 15 février 2007 15:54

                            Voila le commentaire credible et tres argumente comme je l’attendais... smiley


                          • (---.---.105.71) 16 février 2007 10:28

                            Oui, le commentaire de 49.97.42 est bien argumenté. Bayrou représente un lobby qui, pour avoir son Etat européen, est prêt à nous coller une dépression comme celle des USA avant la deuxième guerre mondiale.


                          • demos demos 15 février 2007 12:52

                            J’ai une rubrique sur mon blog que j’ai titré « dénoncer la complicité des médias de masse ... » http://demos.blogg.org/date-2006-02-28-billet-300056.html


                            • grattounette (---.---.185.38) 15 février 2007 12:54

                               smiley un peu trop long l’article, mais une bonne synthèse. Le montage foto est absolument excellent ! Pour les « petits candidats » ce serait en effet une occasion de vraiment leur donner la parole, chacun a des choses à dire, par contre côté vote il est temps de voter pour un vrai but, donc « utile » dès le 1er tour. Sachant que Le Pen a eu son heure de gloire maximum, que le duo pipole divise plutôt que réunit, et si on parlait sérieusement de Bayrou ? Le seul qui peut contrebalancer ce pouvoir médiatique ridicule, le seul qui peut être élu et légitime. Et grand bien fasse à la France. En +, il est « branché web » et connait le sujet... et est le seul lucide face aux médias.


                              • Sebastien133 15 février 2007 13:08

                                Je suis d’accord avec l’auteur de cet article : cette mise en scène médiatique a assez duré et on prend les électeurs pour des imbéciles.

                                Cependant, je voudrais néanmoins nuancer.

                                Nouvel adhérent PS, j’ai l’impression quand à moi que Mme Royal, bien que cherchant à s’exprimer, ce qui est compréhensible de la part d’un candidat, n’a pas été tant entendu que cela et que, à chaque fois qu’il était question d’elle, on a choisi de critiquer voir de caricaturer ou déformer plutôt que de la laisser s’exprimer vraiment.

                                Je pense notamment aux histoires de gaffes qui n’auraient notamment pas été sujet à polémique si elle avait été un homme, mais il y en a eu d’autres...

                                Concrètement, et sans parti pris, oui je suis d’accord sur le fait qu’il y a manipulation des médias par les milieux d’affaire, oui on devrait laisser plus de temps de parôle aux divers candidats afin d’ouvrir un vrai débat sur les contenus des programmes, et oui rétablir la vérité me semble nécessaire.

                                Par contre, pour moi, il n’y a pas de cinquième pouvoir : l’édition sur Internet reste de l’édition et je ne comprend pas vraiment cette notion de cinquième pouvoir...

                                Cordialement,

                                Sébastien133.


                                • Milla 15 février 2007 23:58

                                  @ Seb, Qui parle de rétablir la vérité médiatique, Carlo parle d’opium et c’est une réalité, et « supermédiatisation » vient du fait que, justement avec l’outil qu’est l’Internet, ils savent parfaitement que les citoyens peuvent s’informer autremennt qu’à travers les médias traditionnels, sans quoi les politiques elles mêmes n’auraient pas créee leur site...

                                  Et il faudrait s’enlever l’idée que les gens soient si stupides, au contraire, en lisant quelques commentaires, j’ai cru aussi une espèce de violence parfois mais en fait non c’est un besoin de s’élever et d’élever une certaine vérité.

                                  C’est ce dont parlait Carlo dans sa vidéo, l’information « ascentante et non descendante », pour une fois qu’elle existe...

                                  Milla smiley


                                • arturh (---.---.119.98) 15 février 2007 13:28

                                  Sarkozy et Royal n’ont pas été imposés aux grands médias. Ils se sont imposés aux grands médias.

                                  Ils ne sont pas les produits d’un complot médiatique ou des sages de Sion, mais des mécanismes politiques propres à la Vème République. Si « les grands médias » devaient faire les candidtas, alors ce ne seraient certainement pas Sarkozy ou Royal. Il ne faut pas avoir la mémoire si courte, avec les médias qui nous ont abreuvé pendant longtemps du TSS et que de Villepin allait avoir sa peau. Quant à Royal, n’en parlons même pas, aucun « grand média » n’y croyait.

                                  Le « sondage » cité dans cet article qui met Bayrou en tête n’est pas un sondage. De la part de Carlo Revelli, qui sait parfaitement la signification exacte du mot sondage en matière politique, faire cet abus de langage ici est indigne. Il n’est pas représentatif de la population française en âge de voter. Il est probablement représentatif des gens qui viennent souvent sur Agoravox, média « protestataire ». Il n’est donc pas étonnant que ses intervenants placent majoritairement un vote sur un candidat qui se définit comme protestataire. Carlo Revelli devrait le savoir, puisqu’il est à même de faire la comparaison entre les « vraies gens » qu’il rencontre dans la vraie vie et les gens qui viennent sur Agoravox.

                                  Un « vote-sondage » réalisé à Canal+ dans l’émission « Le Grand Journal » à la veille de la désignation du candidat PS plaçait Dominique Strauss-Kahn largement en tête. Ca ne prouve pas que la désignation de Royal est le produit d’un complot des « grands médias », ça prouve que les gens qui passent à Canal+ sont plus « gauche-caviar » que le majorité des votants du PS.

                                  Que Monsieur Carlo Revelli relance l’intérêt sur son site, c’est de bonne guerre. Qu’il recycle le vieux concept de « lutte des classes » nous dit d’où il vient, même quand il parle d’Agoravox, une entreprise commerciale, comme n’importe quel média. On a des patrons de gauche comme on a des poissons volants.

                                  Mais les vessies ne font toujours pas des lanternes.


                                  • Carlo Revelli Carlo Revelli 15 février 2007 14:17

                                    D’accord sur la remarque sur les sondages Internet. Mais ils donnent des tendances. Celui de MSN fédère chaque semaine plusieurs milliers de vote. Et je doute que les lecteurs d’AgoraVox on les retrouve vraiment chez Microsoft (MSN)...

                                    Le sondages traditionnels interrogent entre 800 et 1.000 personnes qui grâce à la méthode des quotas sont représentatives de la population française. En théorie du moins. La réalité des sondages politiques c’est qu’ils sont aussi fiables que ceux Internet (surtout en ce moment). C’est à dire pas du tout. Je vous rappelle 2002. Par ailleurs, j’ai bossé à l’Ifop et à la Sofres avant de créer ma société.

                                    Merci de laisser de côté la théorie du complot. Ca n’a rien à voir et c’est la méthode qu’on utilise quand on veut clore tout débat. Ca ne marche plus.

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