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Squat, mode d’emploi

Le collectif Jeudi noir s’est offert un squat de 500 m2 en plein Quartier Latin, coincé entre un grec et une borne velib’. StreetReporters y a rencontré des jeunes structurés dans leur tête qui veulent payer un loyer et ne font qu’une bouchée de tous les stéréotypes du squatter.

Lorsque Simon Cottin-Marx, jeune étudiant de 23-24 ans, m’ouvre la porte du 24 rue de la Harpe, tout m’étonne. Un peu comme dans un épisode de la quatrième dimension où les héros arrivent dans une ville vide de sens, sans le moindre habitant. Un endroit où tout est resté exactement en place après le départ mystérieux de la civilisation. Un endroit où les habitants ont disparu du jour au lendemain sans laisser de traces. Tout est là, de la photo de famille sur le bureau du directeur envolé, à une salle regorgeant d’archives médicales de patients entreposées depuis des décennies. Un peu plus loin, une antiquité a, elle aussi été oubliée par les précédents locataires, un vélo d’appartement datant des années 50 trône dans une salle de rééducation. 


Jeudi noir simon marx.avi
par STREETREPORTERS_NET

Le ton est donné : le lieu est hors normes, en soi. Déjà, mon guide s’appelle Marx mais, à ce moment là, je pouvais pas le savoir… D’un discours nonchalant mais déterminé, il me fait calmement prendre conscience que dans la capitale plus de 136 000 logements sont laissés vacants comme celui-ci. Jeudi noir en est persuadé, ils pourraient, à eux seuls, loger la moitié des étudiants parisiens. D’ailleurs, les locataires de celui-ci ne sont pas là que pour réaliser un coup médiatique mais pour durer. Au moins jusqu’à la fin de l’hiver. Et la philosophie des squatters tient en un mot : le respect des lieux. Une attitude qui va jusqu’à de bons rapports avec la police du quartier qui vient, de temps en temps, les saluer en passant. Ce qui fait plaisir avec Jeudi noir, c’est qu’une alternative cohérente et structurée a vu le jour.

Le collectif Jeudi noir veut se faire entendre et sortir la France de la politique fiction qui gère le logement étudiant depuis des années. Par la même occasion, quatre ou cinq personnes trouvent à se loger. Ceci ne gâche rien. La liste de leur soutien politique est impressionnante : les jeunes de AC le Feu, la Cé, de Fac verte, de la Fage, de la France qui se lève tôt, de Génération-Précaire, des JCR, des jeunes radicaux de gauche, des jeunes verts, de Macaq, du MJCF, des MJS, du MRJC de Prado, de RAIDH de RéSo, de Sud-étudiant, de l’UDB, de l’Unef, et des militants jeunes des Alternatifs, d’Attac, du Modem…

Tom Paperback-writer

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3 réactions à cet article    


  • Leonid Bronstein 6 février 2009 15:13

    Cela s’appelle du vol.... Je sais très bien que c’est une méthode pratiquée par les anar...
    Lesquels sont protégés par le système qui ne veut pas -pour l’instant- avoir de problèmes d’ordre public...
    Mais puisque vous recusez les lois du pays et donc de la Nation, attendez vous à ce que des pratiques adaptées à votre "mental" refassent surface si des troubles apparaissent dans un pays livré à l’abarchie...
    Voyez vous ce que je veux dire ?
    Souvenez-vous de Beyrouth en 1981 ! J’y étais...


    • foufouille foufouille 6 février 2009 18:33

      avec eau et electrixite ca s’appelle du fachisme anti pauvre, sale bourgeois
      j’espere que tu perdra ton CDI et aura autant de mal a louer que les pauvres que tu hait


    • Dudule 7 février 2009 04:11

      C’est quoi l’abarchie ?

      Plus sérieusement, les principes démocratiques reposent sur la souveraineté populaire, considérée comme garante de l’intérêt général.

      Lorsque le respect aveugle de l’inviolabilité de la propriété privée se heurte à l’intérêt général (spéculation immobilière, etc), cela devrait-être l’intérêt général qui prime... comme ce n’est pas le cas, cela occasionne des mouvement d’oppositions plus ou moins légaux, mais légitimé de toute façon par le fait que le pouvoir soit disant démocratique ne tient plus compte de l’intérêt général. Je précise que je ne suis ni "anar", ni bolchévique. Simplement un démocrate qui considère que le débat politique a pour seul objet la défense de l’intérêt général, et que la propriété privée, comme le mentionne notre constitution, est inviolable "tant qu’elle ne nuit pas à l’intérêt commun".

      C’est le coeur même du débat démocratique, que le libéralisme ambiant essaye de masquer par enfumage casuistique : démocratie = marché, main invisible optimalisante (sur quelle planète ?), propriété privée garante des libertés individuelles (on se demande bien pourquoi, puisque l’application rigoureuse de ce principe reviendrait à abolir l’impôt), etc.

      Donc, je défends sur ces principes une République que les "gauchistes" considèrent comme bourgeoise. Et il me semble défendre non pas une opinion marginale d’éxcités gauchistes, mais une opinion nettement majoritaire.

      Dans ce contexte, si Léonid et ses semblables veulent la geuerre sociale (ce qui transparait dans son commentaire), ce n’est pas dit qu’ils la gagnent.

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