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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Sur le terrain de vrais changements dans l’éducation

Sur le terrain de vrais changements dans l’éducation

Nous le voyons sur le terrain, un véritable mouvement de fond se produit en ce moment dans la société française et c'est une éducation toute différente qui émerge et réussie à s'épanouir de bien des façons. Et aujourd'hui, très intéressant, ce monde à peine visible est en train de s'organiser.

Nous étions une grosse vingtaine d’enseignant(e)s, pédagogues ou éducateur(rice)s de toutes origines réunis aux Amanins les 14,15 et 16 novembre par le Printemps de l'éducation. Des organisations bien connues étaient présentes et d’autres moins connues (Montessori, Steiner-Waldorf, communication non violente, enseignement agricole, Récit, OCCE, Graine d'école, Unipaz, Ecole du troisième type, CARDIE éducation nationale, Ecologie de l’éducation, Ashoka et le Réseau Ecole et Nature), il y avait aussi plusieurs fondatrices ou cofondatrices d'écoles différentes ( Ecole le Colibri, Living School, Ecole Caminando, Ecole croisée des chemins, Ecole à la ferme.

 « Être ensemble, c’est une danse »

Il n’y avait pas d’intentions de la part des organisateurs en dehors de : « voir ce qui nous réunit », donc pas de programme. En revanche nous avions un modérateur ou coach, comme on voudra et ça c’était très utile, il était accompagné d’une assistante en apprentissage. Il dira au tout début des travaux : « la seule intention : se rencontrer » et il a parlé de l’attention, bien accueillir les nouveaux et penser que si l’on parle trop c’est du temps que nous prenons aux autres. Il ajoute : « être ensemble, c’est une danse ». Le tour de table de présentation a été rapide, chacun(e) devait exposer son parcours en trois minutes. Tout de suite un élément clé de ce week-end studieux et heureux est ressorti : « on sent que ça s’ouvre que ça bouge » a dit une participante, d’autre confirmeront cette impression, nous serions bien dans une période favorable pour la transformation de l’éducation. Autre affirmation remarquable : « Monter une école hors contrat, c’est d’une facilité redoutable ». Idée qui reviendra aussi à plusieurs reprises, c’est la nécessité d’être en paix avec soi-même, avec les autres et avec son environnement pour faire un bon travail pédagogique. On enseignera ce qu’on est plus que ce qu’on sait. On entendra parler aussi d’« intelligence collective » à plusieurs reprises. L’engagement des participant(e)s est remarquable : « les limites c’est nous qui nous les mettons ». Autre idée qui viendra aussi plusieurs fois : nos enfants nous apprennent. Les Amanins se sont révélés une nouvelle fois, un lieu où il fait bon vivre. Une vingtaine de personnes travaillent ici et 90% de ce qu’on mange vient de la ferme qui fait 55 hectares dont 20 cultivables. Deux vaches, deux veaux, trente-cinq brebis, des cochons et aussi des poules, phytoépuration, toilettes sèches, salle de réunion superbe, elle sent bon le bois et la brique de terre crue, oui on y est bien.

Ce qui nous réunit

Ce sont les post-it qui nous ont permis de bien démarrer les travaux, nous devions les coller sur quatre tableaux différents en haut desquels étaient écrit :

1 nos besoins,

2 nos envies,

3 qu’est-ce qui pourrait nous réunir,

4 qu’est-ce qui pourrait nous séparer.

Ça s’est révélé très opérationnel, en dix minutes nous avions vingt ou trente post-it posés par tableau. Nous avons alors fait un groupe par tableau pour classer et synthétiser. Ce qui pourrait nous séparer : incapacité à s’écouter et à s’exprimer, non-respect des règles, trahison et malentendus, nos égos, jugement, fermeture, cloisonnement. Ce qui pourrait nous réunir : joie, authenticité, être vrai, espoir, humilité, une dynamique de réseau, envie de bouger les lignes à l’Education nationale, insuffler une action, une vision commune, travailler avec l’Education nationale, construire des outils de la transition, agir ensemble. Nos envies : partager des pratiques, échanger, créer un collectif, définir notre vision commune, action dirigée vers l’Education nationale, un guide des bonnes pratiques, faire de la recherche, la gouvernance, plaisir de trouver des gens qui ont les même valeurs…Nos besoins : mettre le mot « accompagnement » à la place d’ « éducation », (on est plusieurs à ne plus se reconnaitre dans le mot « éducation »), vivre avec une diversité de points de vue…

Le changement est incarné dans beaucoup d’endroits 

De ce tour d’horizon nous retenons que quatre pôles apparaissent :

1. Vision, perspective, identité, valeurs…

2. Echanges de pratiques.

3. Action après cette rencontre, les suites.

4. l’Education nationale.

Le coach dira : « « Education nationale » c’est le mot qui fait monter le plus d’adrénaline dans le groupe. ». Après ce travail nous avons dit comment nous nous sentions. Nous sommes en cercle et il n’y a que du positif qui ressort : « bienveillance, qualité d’écoute, confiance, richesse… ». Le lendemain samedi nous reprendrons aussi par un tour de parole. Ivan notre coach expose qu’il y a deux « énergies » présentes, on a envie de faire des choses ensemble et envie de partager nos expériences. Il précise « on est à votre service, plus vous vous autorégulé mieux c’est ». Il ajoute : « c’est une danse ». Une participante prononcera le mot « conviction » mot qui fera sens pour tous. « Conviction sur laquelle on s’appuie pour avancer. Ça me réjouit beaucoup de voir que le changement est incarné dans beaucoup d’endroits ». Une autre demandera : « Est-ce que rire est essentiel pour l’école de demain ? » c’est vrai qu’on a eu pas mal d’occasion d’éclater de rire. On a tous envie de trouver les fondamentaux qui nous unissent. Le coach dira : « le graal c’est l’unité qui réussit à magnifier la diversité ». Il s’en est suivi un travail où l’on a échangé sur nos convictions, par un nouveau tour de parole, on ne s’en lasse pas ! Ça a foisonné.

Travailler avec la nature

Justice, intelligence, vérité, sens de la vie, beauté, nature, art, créativité…Le changement vient à travers moi, il ne peut pas venir de l’extérieur, nous sommes dans un monde de paradoxe, c’est l’un et l’autre et non l’un ou l’autre. Gratuité de la nature, être en paix avec son environnement, importance de la nourriture. Sens profond des mots, reliance, liens, être en lien avec moi-même, besoin de cohérence, inventer une façon d’être ensemble, acte politique. Agir au niveau des institutions, ce qui est important c’est ce que je cherche, l’appropriation, pédagogie de projet, il y a des étapes de transformation, l’amour des différences plus que la tolérance, travailler avec la nature. Education démocratique, apprentissage auto déterminé et processus de décision collective, chaque personne a droit à une voix. Chaque personne a un potentiel comme une graine d’arbre. L’être humain a besoin d’empathie, de congruence et de respect, considération inconditionnelle. Une école qui permet aux enfants de conserver leurs qualités. L’ici et le maintenant. Tout le monde est expert, même simplement expert de sa propre vie. L’éducation est une aide à la vie, l’enfant est un être unique. Permettre à l’enfant de vivre ses expériences dans le milieu, confiance en soi, estime de soi.

« Toute éducation qui n’épanouit pas abruti ».

Pour quoi on centre l’école sur les savoirs, ce n’est pas le plus important. Confiance en la jeunesse, faire place aux jeunes, les pousser à agir à être ambitieux. Education source de lumière, il y a autant de vérité dans le monde qu’il y a de personnes. Le vivant, la nature, l’homme est la nature, le don, l’alliance, l’émergence, la coopération. L’émergence c’est l’accueil, peuples racines, comment vivre ensemble. Comment passer une bonne journée, on ne va pas les attacher, ils sont attachés dans les écrans. Les valeurs du travail ne sont pas dites elles sont vécues. Pas de segmentation des savoirs, mais la transversalité, le territoire. Les mots essentiels, l’enfant, y compris en chacun de nous. Dans mon histoire une partie a été nourrie, une autre a manqué. Se reconnecter à la joie, rencontrer les enfants, ils portent la joie, les enfants portent la confiance, l’essentiel c’est ce qu’on est. Tout simplement aimer ceux avec qui je vais travailler et m’aimer moi-même. Nous adultes nous devons être exemplaires. Un monde meilleur ça commence par soi. Le matin on est heureux, les enfants sont heureux. Ecocitoyenneté. Une véritable confiance dans l’être de chacun. Deux valeurs bienveillance et cohérence. Je suis avec, humblement ni en avant, ni en arrière. « Toute éducation qui n’épanouit pas abruti ».

Le projet c’est le contraire c’est vivant

L’enseignement permet la révélation du potentiel qu’il y a en chacun. « Que l’éducation nationale lâche, qu’elle reconnaisse les envies ». « Je suis en construction dans mon parcours d’enseignant, j’ai toujours été à l’intuition, au lâcher prise ». « Apprend à rêver, apprend à être toi-même. ». On vit une société technicienne, il faut se réapproprier notre temps. L’éducation nationale est dans du programme et pas dans du projet. Il y a une ligne de code, le projet c’est le contraire c’est vivant. Maitre mot, le décloisonnement. Il n’y a pas de meilleur outil pour apprendre que le jeu. Notre cerveau se développe là où nous l’utilisons avec enthousiasme. On a des ailes quand on est enthousiaste. « Moins il y a d’espace pour le jeu, plus il y a de pathologie »

Authenticité

J’ai rencontré des écoles privées qui ne sont pas élitistes et c’est bon ! Les travaux en petits groupes sont d’excellents souvenirs, il est bon de se rapprocher. A cette occasion on a pu entendre : « tout est systémique », « tout est en train de s’écrouler », « il y a des forces à l’éducation nationale qui sont des volontés de changer ». « L’institution cloisonne, cadre », « il faut ouvrir l’esprit critique », « il y a un truc qui se passe », « il y a eu tellement de souffrance », « j’ai besoin de soutien », « un enfant aimé, aime, un enfant respecté, respecte ». Nous étions tout ce week-end dans la « légèreté d’une recherche ouverte qui ne s’appuie pas sur des concepts achevés ». Souvent le mot « authenticité » est revenu.

Notre vision, notre texte, un film

André Stern qui n’est jamais allé à l’école, s’est impliqué dans notre travail collectif et nous a présenté un film remarquable « Alphabet  » qui va sortir sous peu. Un groupe dans un temps très bref à fait émergé notre vision commune. Ce n’est certainement pas terminé, mais c’est déjà bien avancé : « Nous, professeurs de l’Éducation nationale, professeurs d'écoles expérimentales ou associatives, parents d'élèves, anciens élèves, éducateurs, citoyens intéressés par les questions d'éducation, avons en commun ….Vous pourrez le découvrir sur le site du printemps de l'éducation. Un vrai bain de jouvence ce WE, ça redonne bien confiance. Le 31 janvier nous nous retrouvons à Paris, je raconterai.

A suivre

RG


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17 réactions à cet article    


  • luxwalker 16 janvier 2015 09:37

    Bonjour

    Vos méthodes d’éducation nouvelles pourraient s’inspirer des écoles de mystères de l’antiquité

    EXTRAIT

    Et si on rêvait un peu  !

    Tous les « spécialistes » de l’éducation sont d’accord que le futur d’un individu se dessine dès les premières années de sa vie.

    D’autres « spécialistes » affirment que d’immenses possibilités dites « supranormales » sont latentes chez l’enfant mais qu’elles s’éteignent ensuite définitivement faute d’avoir été entretenues et développées.

    Il suffit de constater les résultats extraordinairement bénéfiques d’une simple séance de relaxation prodiguée à des enfants !

    Mais combien d’écoles élémentaires dispensent des cours de relaxation ?

    Imaginons alors une école qui enseignerait à des enfants le mélange lumière et pensée pour augmenter leur mémoire et développer leurs capacités cérébrales.

    Une école qui leur apprendrait à visualiser correctement leurs objectifs tout en pratiquant des balancements rythmés.

    Une école dans laquelle on pratiquerait l’autohypnose pour se relaxer et où l’on apprendrait l’art de la suggestion pour s’améliorer.

    Une école enfin, où la méditation tiendrait une place prépondérante.

    Une école dans laquelle les enfants se rendraient vite compte de la FORCE de la pensée collective et, qu’ENSEMBLE, ils sont beaucoup plus forts que tout seul !

    Imaginons un seul instant comment ces enfants seraient ainsi « armés » pour continuer leurs études supérieures et affronter tous les défis qu’ils rencontreront sur leur chemin de vie

    OUI rêvons ! Si de telles écoles « photoniques » existaient, nul doute que le monde de demain serait meilleur que celui d’aujourd’hui.

    C’est tiré du livre MAGIC PHOTON de la Photons Academy

     smiley


    • fred.foyn Le p’tit Charles 16 janvier 2015 10:42

      On dirait l’école de Pétain..ou de Hitler...un esprit sain dans un corps sain... !


      • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 16 janvier 2015 11:23

        Apparemment réducteur, comme commentaire, si c’en est un, mais l’auteur vous mérite, vu le niveau.


      • fred.foyn Le p’tit Charles 16 janvier 2015 12:59

        Un expert en pet dans les salons Parisiens...toutes mes excuses.. !


      • redrock redrock 16 janvier 2015 11:13

        tous ces réveurs, sont sortis du système de masse qui est la réalité sauvage, imparfaite, inégale, frustrée, qui est notre société ;

        En pédagogie, ce sont toujours ou souvent ceux qui sont hors système qui viennent dire la Vérité pour le gérer. Le Réel est toujours tellement plus complexe !


        • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 16 janvier 2015 11:14

          Bon. ok.
          Alors commençons par le commencement, svp :
          Les rythmes scolaires... doivent-ils convenir aux enfants ou aux parents/enseignants... ?
           smiley smiley smiley
          Notre école ne sera viable que lorsque les quartiers le seront, vous le savez bien, et lorsque les cités seront admises dans la Cité. C’est à dire démolies, lol. D’ici-là, cher fonctionnaire, vous pouvez toujours vous gargariser et rebâtir l’école sur les fondations d’aujourd’hui, vous pissez dans un violon. A un tel point que c’en est suspect.
          Mais, faites, faites, on verra bien, au bénéfice du doute, cependant, si vous ne faites pas de mieux, au moins essayez de ne pas faire pire, car vous êtes bien mal partis. Répondez d’abord à une question avant de vous demander à quoi sert l’école et ce qu’elle doit être... A quoi sert la vie ? Quand vous aurez répondu, alors vous pourrez discuter de l’école idéale pour y préparer nos petits mutants.
          Je vous a pas appelé fonctionnaire par raport à un statut, n’en profitez pas pour me traiter de réac, ce serait vous le réac, mais par rapport au conformisme à la fonction, une déresponsabilisation qui vous amène à présenter votre vessie corporative comme notre lanterne sociétale.

          J’espère en votre ouverture d’esprit, sinon, j’ai perdu 1/4 d’heure.


          • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 16 janvier 2015 11:21

            Votre titre, je réalise à posteriori, résume tout !

            Avant de changer l’éducation, changeons le terrain. Tout est évidemment là.
            attention, j’ai pas dit que l’école ne devait pas en être partie prenante.
            Mais la changer ne servira à rien, comprenez-le une fois pour toutes ! Vous avez un siècle de retard. C’est affligeant, vraiment, surtout de la part d’enseignants... mais qui d’autre pouvait sortir un tel discours ? Faut-il les changer tous ? Commencez par refusez d’évaluer et on en reparle.


          • mmbbb 16 janvier 2015 21:04

            @ Par Emmanuel Aguéra  j’habite pres de Lyon une ville dont les ecoles privees pullulent etonnant non J’ai une collegue de travail 4 enfants dans l’ecole privee reussite scolaire UNe fille intelligente fille de fonctionnaires ( donc a priori pour l’ecole publique ) a suivi sa scolarite afin d’avoir un doctorat en bilogie al’univertisite catholique de lyon Je connais meme un syndicaliste qui a foutu sa gamine dans une intsitution privee Moi j’aurais aime faire la meme chose ces pedagos depuis des lustres moulinent les memes arguments Le public qui etait deja un foutoir est devenu un bordel il s’agit de savoir ce que l’on veut entre ces grands principes pedagogiques et la relaite il y a un fosse que dis je un abime J’ai passe ma scolarite dans le public lorsque je lis ce genre de commentaire j’ai l’impression d etre un martien tant ce qui est dit ne s’est jamais applique.


          • Giordano Bruno 16 janvier 2015 14:45

            En lisant le début de l’article, je pensais que c’était du second degré, une parodie. Et plus j’ai avancé, plus je me suis rendu compte avec effarement que ce n’était pas le cas. Effrayant !


              • Jean-Marc B 16 janvier 2015 18:13

                Bonjour Roland Gérard.
                Vous êtes encore dans l’enthousiasme de cogitations entre éducateurs accompagnateurs qui s’apprécient. Je connais bien au moins un des mouvements qui était à vos côtés. L’OCCE ,j’en ai fait partie et je suis heureux d’avoir pu envisager l’enseignement au travers de valeurs telles que la coopération.
                Voyez les réactions ci-dessus. Elles sont à coups de haches. Mais tenez en compte.
                Je suis à présent à la retraite. Vous parlez de bonheur à l’école. Je peux vous dire que ce que je retiens de mon expérience c’est aussi cette souffrance des élèves qui avaient mal au ventre en venant à l’école. (Les instits et moi sentions aussi la même chose) Bizarre, hein ? Pourquoi ?
                La pression de la réussite à tout prix, des épreuves, de la sélection . On n’a pas le droit semble-t-il à l’erreur.... Le monde semble fait à l’école pour ceux qui gagnent et écrasent les autres. Comme c’est le cas en dehors de l’école. Je me demande comment font pour tenir sans sombrer définitivement dans la dépression tous ces élèves qui sont en échec des années durant...
                Il y a beaucoup d’élèves qui vivent dans des familles où le bonheur n’est pas quotidien. Chômage, violences conjugales , violences à l’égard des enfants. Divorces, décès de l’un ou l’autre des parents, décès du frère ou de la soeur ....C’est le lot de plusieurs de vos élèves.

                Voilà. Je viens de décrire le tableau noir de la réalité du monde. Du monde qui est aussi celui de l’école. 
                Ceux qui ne le regardent pas en face m’inquiètent beaucoup. Vous m’inquiétez. Vous voulez croire en un monde de « bisounours » entre les murs de l’école. Il est vrai qu’il n’y a plus de tableau noir à l’école. Les tableaux reflètent la virtualité des leçons préparées sur ordinateurs. La virtualité c’est bien beau , c’est le monde des possibles, mais ce n’est pas la réalité.

                Tout semble se passer à l’école comme si nous n’étions pas d’abord très très très fragiles les uns et les autres. Tout se passe comme si la condition humaine ne devait pas être prise en compte.
                Exemple : la frise historique développée et accrochée au mur semble infinie. ...

                Ne devrions-nous pas apprendre aux élèves à être solidaires et .... courageux ?
                Pour être solidaires il faut être en mesure d’apporter aussi aux autres de l’amitié, du réconfort mais pas seulement cela. Il faut aussi apporter un peu de pain, un peu d’eau ..... quelques bien matériels. Pour être utile, il faut apprendre et savoir faire quelque chose de sa tête et de ses 10 doigts. 
                Pour être courageux, il faut savoir encaisser les coups du sort, essayer de protéger les autres et admettre qu’un jour on perd . Ca s’appelle le destin. Il faut savoir faire face à cette réalité avec dignité ... et le plus possible avec le rire et la poésie à fleur de peau.
                Et tout cela s’appelle l’éducation. Cela peut se lire entre les lignes des instructions officielles.
                C’est l’affaire des parents, celle des enseignants, celle des médias, celle de tous les adultes que côtoient les jeunes.

                Alors évidemment après avoir dit cela on peut espérer faire évoluer cet être, l’homme, qui est sujet à changer au fil des siècles .... On peut l’espérer voir respecter tout son environnement.....
                Mais de grâce pensez à l’ici et maintenant plus que vous ne le faîtes.
                L’école et les instituteurs n’ont pas encore réussi à instituer pleinement la démocratie, la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité .
                Continuez aussi en toute modestie l’oeuvre immense entreprise par vos aînés .

                Pourquoi la laïcité n’est-elle pas requise en Alsace et en Moselle ? Pourquoi l’école n’est-elle plus gratuite quand on fait payer parfois les activités qui viennent d’être proposées par le nouveau gouvernement  ? Est-ce l’égalité ?
                Que viennent faire à l’école ces activités de centres aérés sur le temps scolaire ? Pourquoi les enseignants ne les ont-ils pas gérées ?

                Bon courage Monsieur Roland Gérard.
                PS . Reprenez quelques cours d’orthographe, on vous comprendra mieux.


                • Depositaire 16 janvier 2015 18:21

                  Franchement, à lire les commentaires, on se demande si vous avez bien lu l’article !

                  Mais après tout, quoi d’étonnant de la part d’individus qui se sont fait une gloire de parler de choses qu’ils ignorent comme s’ils étaient des spécialistes de la question.

                  Ceci dit, au vu des résultats du système scolaire actuel, on peut légitimement se demander s’il ne faut pas le réformer de fond en comble !

                  Même ceux qui ne sont pas en situation d’échec et qui sortent avec de grands diplômes, qu’il suffise de regarder l’état du monde dirigé par ces super diplômés pour constater de sérieuses lacunes.

                  C’est que ce n’est pas le tout que de bourrer le crâne des enfants et des jeunes de données les plus diverses, encore faut-il avoir le discernement et agir selon le sens humain le plus grand possible. Et ça il faut bien dire que le système scolaire autant qu’universitaire, ne l’apprend pas.

                  Et ce ne sont pas les commentaires injurieux et vulgaires que l’on peut lire à propos de cet article qui démontreront le contraire !

                  Ceci dit, pour importants que soient l’éducation et l’enseignement, ils sont liés à un tout qui est le modèle de société dans lequel nous vivons et qui est profondément mortifère, voire subversif et qu’il faudrait changer de fond en comble. C’est là un chantier qu’il va bien falloir traiter tôt ou tard avant que ce système nous entraine dans une catastrophe mondiale.


                  • Jean-Marc B 16 janvier 2015 19:38

                    Bonjour Depositaire,

                    Ouf. Vous réagissez vraiment à l’article. Je suis bien d’accord avec vous nombre de commentaires précédents n’ont rien à voir avec la réflexion intéressante de l’auteur.
                    Je suis d’accord avec vous sur le constat désolant de l’état du monde actuel. L’école a sa part de responsabilité. Je me sens responsable puisque j’ai été enseignant et même formateur au sein de l’école primaire. Le recul m’aide un peu à penser ce qui a été fait. L’auteur me donne l’occasion de m’exprimer (merci) et je la saisis. Je ne pense pas avoir la solution . Je voudrais simplement dire à l’auteur que la maturité manquait et qu’une certaine prise de conscience n’avait pas été faite. C’est pourquoi j’ai pris longuement la plume pour aider si possible la jeune génération représentée par l’auteur à ne pas commettre les mêmes errements que nous. Je ne voudrais pas casser son enthousiasme et lui souhaiter amicalement une fructueuse réflexion le 31 janvier.

                    Nos errements cela a été par exemple de lancer les « activités d’éveil » : un fouttoir dans lequel ni l’histoire ni la géographie ni les sciences ne trouvaient leurs places. On ne savait pas ce que l’on faisait. On réfléchissait sur un thème avec les élèves. C’était sympathique mais guère édifiant. Tout en même temps, on nous a mis aux prises avec les « mathématiques modernes » en proposant pour les enseignants de CP 5 lignes à analyser pour décrire leur programme d’étude. Tout en même temps encore la linguistique voulait que la grammaire consiste à analyser la phrase sous forme d’arbres. On reportait directement vers l’élève les contenus des sciences qui s’élaboraient.
                    Je ne parlerai que rapidement de l’informatique qui consistait à apprendre les rudiments de la programmation en « Basic ». (il semblerait qu’on revienne à cette chose-la : gare !).
                    Alors il ne nous restait que bien peu de temps pour méditer sur la portée de l’éducation .


                  • tiptop 16 janvier 2015 18:59

                    Cher Roland lisez donc. cela devrait vous intéresser.

                    http://blogs.mediapart.fr/blog/tiptop/070115/enseigner-vivre-oui-mais-comment

                    Extraits

                     Les enseignants se heurtent souvent à un problème délicat et crucial pour les élèves : donner du sens aux apprentissages. Le dernier ouvrage d’Edgar Morin Apprendre à vivre – au titre un poil ronflant – soulève d’importantes questions et pose quelques pistes intéressantes pour penser l’éducation dans un monde global. Ce qui m’importe ici est d’essayer d’en dégager un certain nombre de conclusions pratiques pour l’enseignant : une nouvelle voie pour articuler le local (savoirs pratiques dans la classe) avec le global (éclaircissement des grands enjeux contemporains dans un monde en mutation rapide et profonde)[1].

                     Edgar Morin est un penseur de la complexité, de l’identité et de la connaissance (d’un point de vue anthropologique). Sur ce dernier point, Apprendre à vivre fait écho, aux Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur publié par l’Unesco. Son constat sur la crise de l’éducation prend le contrepied de beaucoup d’analyses contemporaines. Si presque tout le monde admet qu’il y a bien aujourd’hui une crise de la culture[2], peu s’accordent sur le sens à donner à cette crise. Pour lui, elle s’exprime d’abord par la disjonction entre la culture scientifique et les humanités. La parcellarisation des connaissances en disciplines aggrave l’inculture générale. Si le problème est structurellement saillant à partir du collège, cette disjonction entre prose et poésie se retrouve aussi également dans le primaire, phagocyté par le haut, où pourtant le maitre unique a beaucoup plus de marge de manœuvre. Les injonctions ministérielles depuis plusieurs années, du socle commun des connaissances jusqu’aux programmes 2008, ont entériné cette disjonction, sous la pression vraisemblablement de lobbies disciplinaires et de pseudo analyses à forte teneur idéologique[3].  Pour avoir expérimenté une classe de cycle (CE2, CM1 et CM2), articuler le socle commun avec les programmes était déjà une vraie gageure tant les nombreux items - le savoir découpé en tranches – pouvaient nous faire perdre le fil d’un véritable projet éducatif, pour peu bien entendu que l’on en ait un. Effectivement, « L’esprit de la programmation actuelle casse ainsi les curiosités naturelles qui sont celles de toute conscience qui s’ouvre sur l’humain, la vie, la société, le monde ». Edgar Morin nous rappelle à juste titre que les enfants sont à l’aise avec la complexité : « Je suis convaincu que c’est dès l’école primaire que l’on peut essayer de mettre en place – en activité – la pensée reliante car elle est présente à l’état sauvage, spontané, chez tout enfant ». Et trop souvent l’enseignant confond le complexe avec le difficile, le simple avec le facile.

                     Or Edgar Morin fait le juste constat que « l’hyperspécialisation empêche de voir le global (qu’elle fragmente en parcelles) ainsi que l’essentiel (qu’elle dissout). Or les problèmes essentiels ne sont jamais parcellaires et les problèmes globaux sont de plus en plus essentiels »[4]. Il plaide donc pour une école de la vie, qui pratique dès le primaire un programme interrogatif. Interroger l’homme, découvrir sa triple nature biologique, psychologique (individuelle), sociale.

                     Plusieurs pistes en ébauche me semblent alors intéressantes à suivre dès le primaire. [....]

                    http://blogs.mediapart.fr/blog/tiptop/070115/enseigner-vivre-oui-mais-comment


                    • Jean-Marc B 17 janvier 2015 19:44

                      Edgar Morin est intéressant quand il porte l’attention sur l’enseignement des humanités oubliées au profit des enseignements des sciences « dures ». Penser la complexité permet l’élargissement des sujets d’études .
                      Je ne suis pas certain que la pensée d’Edgar Morin soit toujours aussi éclairante que l’affirment ceux qui veulent suivre ce philosophe.
                      Dans un ouvrage récent , « au péril des idées », Edgar Morin dialogue avec Tareq Ramadan.
                      A de nombreuses reprises Edgar Morin se déclare d’accord avec son interlocuteur. Et voici ce que l’on peut lire page 137. C’est Edgar Morin qui parle :
                      « Pour en revenir au »printemps arabe« , les éléments animateurs et moteurs de ce réveil ont été avant tout une »jeunesse moderne« , appelons la »laïque« car d’abord peu religieuse. »

                      Eh bien il me semble que le terme de « laïque » soit très peu clair dans les idées et l’expression d’Edgar Morin.
                      Quelqu’un pourrait être laïque parce qu’il est peu religieux ?....

                      Il me semble qu’on peut avoir de profondes convictions religieuses mais se comporter dans la sphère citoyenne et politique en en faisant abstraction . C’est à dire en adoptant les principes de la laïcité. Le prosélytisme religieux n’est pas le bienvenu dans l’exercice de la citoyenneté . Par ailleurs chacun a le droit dans l’espace privé ou celui réservé au culte de faire valoir les dogmes et la morale de son appartenance à une religion. De même que chacun a le droit d’être athée et de le signifier hors des espaces dévolus à l’exercice de la citoyenneté.

                      Tout cela pour vous dire que les discours d’Edgar Morin doivent être envisagés avec un regard critique aigu. Ils peuvent être intéressants mais il ne faut pas les prendre à la lettre. D’ailleurs, les conseils d’Edgar Morin ne font pas l’objet d’un dogme pour l’Education Nationale et c’est tant mieux.


                    • Jean-Marc B 17 janvier 2015 13:04

                      Ce cher Roland semble ne pas vouloir se fendre d’une toute petite réponse par rapport à nos observations. Dommage .


                      • Crab2 17 janvier 2015 13:29

                        Le Phénix, toujours renaît de ses cendres

                        Dans les cours d’histoire, en primaire ou au collège, pourquoi mentionner Voltaire sans raconter l’humaniste Jean Meslier ?
                        Pourquoi évoquer la ’’ Terreur ’’ avec Robespierre sans citer la place dans la révolution qu’occupe la vraie républicaine, donc logiquement féministe Olympe de Gouges ?

                        Suites :

                        http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/01/le-phenix-toujours-renait-de-ses-cendres.html

                        ou sur

                        http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2015/01/16/monotheismes-et-laicite-5535118.html

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