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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Thérèse Clerc et la maison des Babayagas

Thérèse Clerc et la maison des Babayagas

"Je veux transformer la vie, je veux transformer la société", nous raconte Thérèse Clerc, la créatrice de la Maison des Femmes de Montreuil et de ce projet innovant, désormais soutenu par les politiques, la Maison des Babayagas pour vieillir autrement, dans la solidarité et la citoyenneté.
 
Thérèse Clerc est de ces êtres humains qui nous donnent la foi en un projet humaniste, et aussi des pieds bien ancrés sur terre pour accomplir nos propres idéaux. Elle raconte son parcours et ses combats ici en deux vidéos de cinq minutes :
 
 
La Maison des Babayagas, ce sera une maison citoyenne et écologique, pour accueillir des femmes dans une maison de retraite autogérée jusqu’au terme de leur vie, tout en restant actives et tournées vers l’aide au monde extérieur :  transmission de leurs savoirs de femmes vieillissantes mais toujours tournées vers le partage utile pour la société, ateliers culturels et de réflexion multiples... 
 
Parce que "la Mort est un projet d’avenir", que la vieillesse peut être une "période extraordinaire" de "temps choisi" et de fécondité nouvelle : Thérèse Clerc change notre regard sur la vieillesse, elle en fait un âge béni.

Issue d’une famille bourgeoise de droite, catholique, elle se marie à une époque où elle se voit interdire par son époux de travailler, de posséder son compte en banque et de s’éveiller à la politique. Une association de prêtres ouvriers de gauche sème les premières graines de révolte en elle. Son tempérament autodidacte fait le reste. Après 1968, à 42 ans, "j’ai jeté les tailleurs Chanel par la fenêtre et les escarpins, je suis descendue dans la rue". Elle divorce, travaille, prend en charge ses 4 enfants (qui lui ont donné 14 petits-enfants !), milite pour tous les droits des Femmes, découvre les mille et uns plaisirs d’une "homosexualité politique" et l’amour hétérosexuel libre dont le goût à 83 ans ne lui est pas passé, au point d’avoir tourné dans le film de Jean-Paul Raynaud, L’art de vieillir (Prix 2006 du festival documentaire de Montréal) et d’y décrire avec ferveur la sexualité après la soixantaine.

Sa biographe, Danielle Michel-Chich, la surnomme dans un texte documenté, publié aux éditions des Femmes-Antoinette Fouque : "Antigone aux cheveux blancs" parce qu’elle "veut l’absolu, absolument", et qu’elle en invente sans cesse les moyens pour que ses utopies s’incrivent dans le réel : "c’est le comment dont je m’occupe, pas le pourquoi" nous dit-elle.

Alphabétisation des étrangers immigrés, soutien scolaire aux enfants en difficulté... la Maison des Femmes est déjà à Montreuil ce lieu de transformation des femmes pour leur donner le moyen pragmatique de se positionner dans notre société : "ce que j’aime, c’est que les femmes soient dans le positif" nous déclare Thérèse Clerc. 

De son côté, la Maison des Babayagas, en pleine construction à Montreuil avec une fin de chantier prévue dans 3 ans, en sera un prolongement, et proposera même UNISAVIE (une Université des Savoirs pour les Vieux) pour penser la fin de vie dans les domaines philosophiques, anthropologiques ou scientifiques, et un "spa militant"
ouvert aux amies et aux femmes du quartier, celles qui n’ont pas le droit de se rendre dans les bains publics, et où l’on imagine les discussions vives : contre le port de la Burqa, ou pour le respect de la loi sur l’avortement, de la contraception, sur l’indépendance financière et l’autonomie féminines, autant de sujets essentiels pour Thérèse et les Babayagas !

Venez écouter cette militante de 83 ans nous secouer les méninges, nous faire rires aux larmes, nous émouvoir, et nous placer sans sourciller devant les manques et les dangers civiques de notre réalité sociale. On lui laisse le mot de la fin :
 
"J’ai 83 ans, ça fait soixante ans que je veux changer le monde, je n’ai pas vraiment réussi, mais le voyage a été magnifique."
 
Laureline Amanieux. 
 
 

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4 réactions à cet article    


  • jako jako 1er septembre 2010 09:55

    Merci que du bonheur, ces Gens sont tellement rares


    • Vipère Vipère 1er septembre 2010 12:38

      Bonjour Laureline

      Et l’on comprend que « les affaires de la cité » ne sont pas que l’affaire des politiques, mais d’hommes et de femmes de conviction.


      • voxagora voxagora 1er septembre 2010 14:46

        Formidable. Où l’on voit que l’âge ne fait rien à l’affaire.

        Mais seul(e)s ceux et celles qui ne sont pas empêché(e)s réussissent,
        ne l’oublions pas.

        • eric 1er septembre 2010 18:17

          A première vue, tous cela a l’air bien sympa. Mais pourquoi « baba jaga » ? La très méchante sorcière dévorant les enfants des contes Russes ?????

          Question subsidiaire que disent les féministe d’une maison réservée aux femmes ?

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