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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Touche pas à mon identité

Touche pas à mon identité

« Qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui », me demande le Ministre de l’Identité Nationale. « Qu’est une Nation, (…) le sentiment national, qui fait que des individus s’identifient corps et âme à d’autres individus qu’ils ne connaissent pourtant pas », précise le site Internet mis en ligne par ledit Ministre. Après plusieurs semaines de pseudo-débats virant à la polémique stérile, et comme je m’identifie moi-même comme un Français, je me suis décidé à essayer de répondre à la question, avec l’application d’un Lycéen devant son sujet de Philosophie.

 
1. Qu’est ce que l’ ’’identité nationale’’ ?
 
Comme on nous l’apprend en classe de philosophie, commençons par définir les termes de la question.
 
Premièrement, qu’est-ce que l’ ’’identité’’ ? 
 
Le Dictionnaire de la Langue française m’apprend que l’ ’’identité" se définit comme (1) caractère de ce qui est identique, (2) ce qui détermine une personne ou un groupe, (3) données qui déterminent chaque personne et qui permettent de la différencier des autres.
 
On peut distinguer 3 niveaux d’identité, étroitement interdépendants : l’identité ’’personnelle’’, qui correspond à la conscience et à la représentation de soi, l’identité ’’sociale’’ qui me rattache selon des critères objectifs à un groupe de la société auquel je m’identifie (sexe, âge, nationalité, profession...), et l’identité ’’culturelle’’ qui englobe l’ensemble des règles, codes, valeurs, représentations de la communauté à laquelle on s’identifie (idéologie, religion...), et qui se rattache à la problématique plus large du ’’sens".
 
Il ressort de cette définition les éléments clefs suivants : premièrement, l’identité se définit ’’positivement’’ (ce qui me fait ressembler aux autres membres de mon groupe identitaire) et ’’négativement’’ (ce qui me fait différer de ceux qui ne sont pas dans mon groupe identitaire) ; deuxièmement, l’identité d’un groupe se construit autant sur des ’’repères identitaires’’ subjectifs ou symboliques, par exemple le mythe d’une origine commune, qu’objectifs (par exemple une réelle parenté généalogique) ; en matière d’identité, nous sommes avant tout dans le domaine de la représentation.
 
Deuxièmement, qu’est-ce que la ’’nation’’ ?
 
Etymologiquement, le mot latin ’’nascio’’ signifie ’’naître’’ ; par extension, il désigne les petits d’une même porté puis un groupe humain partageant une même origine. Si en droit international le mot ne possède pas de définition juridique, depuis le début du XXieme siècle et la naissance de la Société des Nations le sens usuel est celui de « peuple doté d’une organisation politique ». Pour le Petit Robert, c’est ainsi un « groupe humain constituant une communauté politique, établie sur un territoire défini » ; mais pour le Dictionnaire de la langue française, c’est un « ensemble de personnes vivant sur un territoire commun, conscient de son unité (historique, culturelle, etc.) et constituant une entité politique », tandis que pour le Larousse c’est l’ « ensemble des êtres humains vivant dans un même territoire, ayant une communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant une communauté politique ».
 
On voit que ces définitions forment une gradation entre une conception purement « politique » de la Nation et une conception « généalogique » d’individus partageant la même origine, avec entre les deux une conception que l’on pourrait qualifier d’ « ethnique » d’individus partageant, et ayant conscience, d’une unité culturelle et historique. On touche là du doigt, déjà, le cœur de la polémique autour de l’identité nationale : la formation d’une nation implique-t-elle une origine commune, ou a minimal une culture et une histoire commune ? Cette « fracture » existait déjà à l’époque des Romains, qui distinguaient les « peuples par hérédité » (comme les Gaulois, les Goths et les Vandales) des « peuples par constitution » (citoyens de la Rome Antique ou les membres agrégés à l’Empire hunnique).
 
Cette distinction se retrouve au XVIIIe siècle entre le concept « conventionnel » de l’adhésion volontaire de « citoyens » d’origines indifférentes, et le concept « naturel » d’un peuple partageant la même hérédité ; entre le Contrat social de Rousseau et le Volk de Fichte, entre le « vivre ensemble » d’un Renan et le romantisme nationaliste des Frères Grimm. A la fin du XIXe siècle, les Allemands revendiqueront l’Alsace au nom de la langue et de la « race », les Français au nom de leur volonté d’appartenir à la Patrie française... Entre ceux qui pensent que la France est avant tout le legs historique des « français de souche » et ceux qui chantent le « métissage » de ce « conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble », pour reprendre les mots de notre cher Ministre.
 
Et donc, qu’est-ce que l’ « identité nationale » ?
 
La réunion des deux définitions ci-dessus conduit à définir l’ « identité nationale » comme l’ensemble des « repères identitaires » qui permettent à un ensemble d’individus de se représenter comme faisant partie d’un même peuple et d’un même système politique. Comme on l’a vu ci-dessus, ces « repères identitaires » peuvent être objectifs ou subjectifs ; ils peuvent être des éléments de ressemblance avec nos « compatriotes », ou de différence avec les « étrangers ». 
 
La question qui vient immédiatement à l’esprit, c’est : l’ « identité nationale », c’est « bien » ou c’est « mal » ? Formulé d’une autre façon : à quoi ça sert ?
 
2. A quoi sert l’identité nationale ?
 
Altruisme et fraternité
 
L’homme est un animal social, soumis en permanence à une tension entre son instinct égoïste, qui le pousse à favoriser sa propre personne au dépend des autres, et son instinct grégaire, qui intériorise le besoin de sécurité et de solidarité pour assurer sa survie et celle de ses descendants. L’homme doit donc intégrer dans sa représentation mentale et le comportement qui en découle un certain nombre de règles et de codes qui le conduisent à renoncer aujourd’hui à une partie de sa liberté au bénéfice à la fois d’un groupe et d’un chef, en échange d’une plus grande sécurité demain. L’ « identité nationale » désigne précisément cette représentation mentale qui incite l’individu égoïste à faire passer l’intérêt du groupe avant le sien, en particulier par l’intermédiation d’un « chef » ou pouvoir politique commun.
 
On voit tout de suite que cette cohésion du groupe, cet assentiment au pouvoir politique, n’est possible que si l’individu est certain que les autres membres du groupe seront soumis aux mêmes « lois » que lui, en échange des mêmes « droits », par nécessairement en absolu, du moins en proportionnalité. Il n’est possible, également, que si je me sens concerné par le sort de mon prochain, suffisamment pour renoncer à certains de mes biens à son bénéfice. De même que les sciences naturelles nous enseignent que des comportements « altruistes » ne peuvent exister qu’au sein d’une population dont les individus sont suffisamment proches génétiquement, ou entre des individus d’espèces différentes mais dont les survies respectives sont interdépendantes, l’ethnologie tend à montrer que la solidarité, et par extension l’obéissance à un pouvoir politique organisateur de cette solidarité, seront d’autant plus forts au sein d’un groupe que celui-ci possèdera une unité et une proximité « ethnique » qui fait voir l’autre comme son « frère », c’est-à-dire partageant un même héritage, une même hérédité génétique ou symbolique. La fraternité, ce beau mot inscrit au fronton de nos monuments publics, apparaît en dernier analyse comme la condition nécessaire de la cohésion et de la solidarité nationale : ce lien moral et affectif qui unie dans une même « famille » une fratrie, un village, une région, un peuple, et peut-être, un jour, l’humanité dans son ensemble…
 
Dès lors, la conscience d’un héritage commun, qu’il soit génétique ou historique, objectif ou subjectif, historique ou mythique, est indispensable à l’instauration de cette « fraternité » sans laquelle il n’y a pas de « vivre ensemble » possible. C’est précisément en ce sens que Max Weber attribue à l’ « ethnicité » (qu’il défini comme le sentiment d’un groupe humain de partager une ascendance commune, que ce soit à cause de la langue, des coutumes, de ressemblances physiques ou de l’histoire vécue, objective ou mythologique) une valeur très importante sur le plan social et politique en la voyant comme fondement nécessaire de la notion d’identité, et au delà de projet commun dans le cadre d’une même nation. « Qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir », écrivait Primo Levi. Qui n’a pas de mémoire commune n’a pas d’avenir commun, pourrait-on alors dire : la conscience d’un passé commun est le meilleur, si ce n’est le seul, garant d’un pacte social.
 
On comprend alors l’importance déterminante accordée à l’école par tout ceux qui ont cherché, à un moment ou l’autre de l’histoire, à forger, consolider ou modifier l’identité nationale. « L’Histoire est écrite par les vainqueurs », a-t-on coutume de dire : les nouveaux maîtres d’un pays auront comme premier soucis de créer l’ « histoire officielle » qui légitimera leur accession au pouvoir et diabolisera ceux qui leur ont succédé. 
 
Sang et sacrifice
 
Cette « hérédité » commune de la Nation est symbolisée par le sang : non seulement le sang qui coule dans les veines des membres d’une même famille, mais aussi celui versé au cours de l’histoire par des gens d’origines différentes pour l’édification ou la défense de la Nation, et qui en a fait leur héritage commun : « frères de sang » ou « frères d’armes », tels seraient les deux fondements de l’identité nationale. C’est pour cela que la guerre a toujours été un puissant ferment d’identité nationale (Guerre de 100 ans et Guerre de 70 en France), mais aussi de fraternisation entre peuples combattants ensembles (les barbares dans l’armée romaine, considérés comme des « citoyens » ; les « tirailleurs Sénégalais » ou les Harkis dans l’armée française). C’est aussi pour cela que, en temps de paix, la guerre symbolique qu’est le sport devient aussi essentiel dans l’inconscient collectif pour forger des fraternités nouvelles, comme l’a illustré l’enthousiasme délirant autour de l’équipe de France « black blanc beur » championne du monde 1998...
 
Il découle aussi de cette analyse que l’identité nationale n’est jamais aussi vitale que lorsqu’une menace, réelle ou fantasmée, pèse sur le groupe, et que des sacrifices seront nécessaires. Ces sacrifices, au sens littéral (guerre) ou imagé (« travailler plus », « se serrer la ceinture », « renoncer à ces avantages »…), ne seront possibles que si les individus à qui on les demandent y consentent, c’est-à-dire si ces individus ont une identité nationale suffisamment forte pour accepter de se sacrifier ainsi pour les autres. Ainsi n’exalte-t-on jamais autant l’identité nationale qu’en période de guerre et ainsi, inversement, cette identité nationale n’est-elle jamais aussi forte qu’en cas de menace extérieure ; ainsi, tragiquement, l’identité nationale d’un peuple, ce « patriotisme », ce « nationalisme » autrefois valorisés comme vertu suprême du citoyen, est-elle pour beaucoup aujourd’hui la cause même de tous les problèmes du monde, alors que, par une tragique méprise, elle n’en est que le révélateur sociologique...
 
3. Construction et déconstruction de l’identité française
 
Il n’est pas surprenant de voir que l’histoire de France, au fond, n’est que la lente émergence au fil des siècles d’une « identité nationale » sans laquelle il n’y aurait plus de « France » depuis longtemps. Aussi cette passionnante histoire, tension permanente entre les régionalismes et l’Europe, peut-elle se raconter comme le lent processus qui a permis à ces tribus désunies de Gaulois de former peu à peu le royaume le plus unis, le plus puissant et le plus civilisé du monde, avant de sombrer à nouveau dans la discorde...
 
Il n’est pas question ici de refaire cette passionnante histoire qui a conduit ces « français de souche » de la fin du Néolithique, produit d’un vaste brassage génétique entre descendants de l’Homme de Cro-Magnon, Asianiques du Croisant Fertile et premières vagues d’indo-européens (à qui l’on doit notamment cette mystérieuse « civilisation des Mégalithes »), à ces Gaulois dominés par une aristocratie Celtes ; puis à ces « gallo-romains » pacifiés, civilisés et christianisés par la Pax Romana, unifiés politiquement par une aristocratie cette fois-ci Franque, elle-même romanisé et christianisée, pour atteindre enfin au XII-XIIIe siècle une apogée politique, religieuse et culturelle trop vite menacée par les guerres de religion, la tentation absolutisme et la détestable tendance à l’inconséquence financière et fiscale qui nous caractérise, et qui devait précipiter le régicide sanglant de la Révolution, condamnant l’échec de cette monarchie parlementaire que presque tous, citoyens et philosophes des lumières, appelaient de leurs vœux. A peine avions-nous enfin pour nous souder ce « sentiment national » qui, derrière la figure de Jeanne d’Arc, avait réuni en un seul peuple les différents villages et terroirs du Royaume, que cette belle unité se brisait entre camps irréductiblement opposés : Protestants et Catholiques, puis Croyants et Laïcs ; Nobles francs et Roturiers gaulois, puis Bourgeois et Prolétaires ; Montagnard et Girondins, puis Droite et Gauche. A peine commencions-nous à intérioriser ce beau et valorisant Mythe de l’Origine troyenne des Gaulois et des Francs, au travers de ces Chroniques de France rédigées par les Moines de l’Abbaye de Saint Denis, et qui furent l’un des livres les plus répandus au Moyen-âge et le premier imprimé en Français (tandis que de nombreuses villes françaises s’attribuaient des fondateurs troyens : Toulouse : Tolosanus, Troyes : Troïlus, Reims : Rémus, Tours : Turnus…), au travers de ce personnage de Francion dont Ronsard fit le héros de son épopée nationale, la Franciade, que ce Mythe était brisé par la propagande révolutionnaire qui, voulant couper le peuple de son aristocratie, lui substitua celui de « Nos ancêtres les Gaulois », enracinée dans l’esprit des nouveaux citoyens par l’école républicaine de Jules Ferry, lui-même menacé aujourd’hui par ce nouveau Mythe désintégrateur du « métissage » et de l’immigrationnisme « chance pour la France »…
 
L’identité nationale française est brisée. Nous ne sommes plus « Celtes », nous ne sommes plus « Troyens », nous ne sommes plus même plus « Gaulois », nous ne sommes que de vulgaires racistes colonisateurs responsables de toute la misère du monde. Nous ne sommes plus le pays de l’ « exception culturelle », mais celui du nivellement par le bas et des quotas d’entrée aux Grande Ecoles. Toute trace d’identité, de fierté, d’affect nationale, ne serait plus que manifestation de nationalisme haineux, de xénophobie, au mieux de lamentable franchouillardise : l’ethno-masochisme irrationnel a raison de notre lente et douloureuse ethnogenèse. La solidarité entre classes sociales que permettait le Mythe national a disparu dès lors qu’on lui a substitué le double Mythe du matérialisme marxiste, qui fait à la fois de nous de vulgaires machines biologiques ne recherchant que la jouissance sensuelle et égoïste, et les participants anonymes et impuissants d’une ancestrale et mondiale « lutte des classes », entraînés par des mouvements structuraux qui nous dépassent à nous dresser contre notre prochain ; la solidarité a disparu lorsque certains de nous, au nom d’un Dieu unique, ont fait couler le sang de leurs concitoyens. La fraternité verticale d’une Nation patiemment construite a éclaté lorsqu’on lui a substitué ces pseudo-fraternités horizontales que sont les classes et les religions… Notre passé nous fait honte, notre avenir nous inquiète, notre présent nous déprime ; nos classes laborieuses sont dressées contre nos élites traditionnelles, alors même que la culture populaire de ces mêmes classes laborieuses est l’objet de toute les railleries des nouvelles élites culturelles ; nous sommes devenus des consommateurs individualistes sans aucune valeur citoyenne, sans aucun lien de solidarité avec nos compatriotes ; des citadins coupés d’une nature réduite au rang de « ressource naturelle ».
 
L’identité nationale est brisée lorsque nous perdons tout respect pour l’autorité légitime de l’Etat ; lorsque nous donnons raisons aux voyous contre la police ; lorsque la mort d’un jeune délinquant en fuite cause plus d’émotion que celle d’un policier en exercice. L’identité nationale est brisée lorsque, comme trop d’autres avant eux, une partie de nos concitoyens prétend légitimer le recours à la force et à l’insurrection au seul motif que la voix de la démocratie ne leur convient pas. L’identité nationale est brisée, mille fois brisée, lorsque nous gouvernent des ambitieux prêts à toutes les promesses démagogiques, à tous les clientélismes, à toutes les courtisaneries, à toutes les inconséquences budgétaires et diplomatiques, pour parvenir et s’accrocher au pouvoir. 
 
L’identité nationale est brisée lorsque l’on tolère sans broncher que de nouveaux arrivants, même minoritaires mais oh combien symboliques, nous insultent, salissent notre histoire en nous enjoignant de faire acte de repentance pour nos crimes passés : ce ressentiment hélas soutenu par une partie de nos concitoyens, parce qu’elle réduit à néant la possibilité de se forger une histoire commune positive, annihile toute possibilité de se construire une communauté d’origine et de destin. Lorsque l’on tolère de se faire cracher dessus et mépriser par des gens qui vivent largement de la générosité de notre système social. Lorsqu’on tolère qu’ils sifflent notre hymne national, remplacent notre drapeau par le leur au fronton de nos monuments. Lorsque l’on tolère que ces nouveaux arrivants échappent aux lois de la Cités, ou, pire, que l’on change les lois pour eux, alors même que le fondement d’une Nation est l’égalité devant une loi acceptée. Lorsque au nom de la « discrimination positive » on tente d’intégrer de force des blocs entiers de population que nous n’avons pas su, faute d’y croire encore, assimiler naturellement à notre Nation. L’identité nationale est brisée, et la question de l’immigration, loin des soi-disant « relents nauséabonds » que dénoncent les bien-pensants professionnels, en est le cruel révélateur : il nous renvoie l’image d’un peuple sans fierté, sans cohésion, cédant tout à des arrivants qui ne peuvent bien entendu éprouver aucun respect pour nous.
 
Ainsi est-ce précisément au moment où les inégalités semblent les plus fortes entre les français riches et les français pauvres, ou le ressentiment croissant de la population contre ces « grands patrons » et ces « multinationales » est le plus intense, ou les menaces sur notre « modèle social » sont les plus aigues, ou les tensions communautaires s’exacerbent, ou le risque d’une explosion des frustrations xénophobes, que nous manque, justement, cette cohésion ethnique, ce sens de la fraternité que seul permet la représentation d’une origine et d’un destin commun. Notre seule chance de survivre, aujourd’hui, est de sortir de ce « refoulement identitaire » destructeur et de nous penser à nouveau comme « Français décomplexés » : français, avant d’être patron ou ouvrier, Musulman ou Juif, de droite ou de gauche ; de trouver en nous et dans notre histoire les racines d’une nouvelle identité adaptée aux menaces et défis du monde moderne (environnement, émergence des pays en voie de développement, construction d’une véritable gouvernance et solidarité mondiale, renouveau spirituel échappant à l’intégrisme…) ; de retrouver notre fierté, de nous réconcilier avec notre histoire, notre antiquité, notre Moyen-Âge, notre période coloniale, aussi, en y trouvant, non point l’idéal erroné d’un passé sans tâche, mais un mélange trop humain de grandeur à chanter et de bassesse à pardonner. Demain, cette identité retrouvée doit nous permettre, encore une fois par l’histoire commune, de créer cette nécessaire « fraternité européenne » que nos dirigeants aveugles, en prétendant y intégrer des Turcs que tout oppose, religieusement, culturellement, ethniquement et historiquement, à notre continent…
 
Mais cette identité ne doit pas nous être imposée de l’extérieur, pour satisfaire tel ou tel fantasme idéologique ou appétit électoraliste ; elle doit venir de nous, des citoyens, de la « majorité silencieuse », même si cela déplaît à la minorité bruyante des bien-pensants dont, hélas, notre Ministre vient de rejoindre les rangs échaudés...
 
 
 
 

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12 réactions à cet article    


  • Soma Soma 4 février 2010 15:45

    Bonjour NICOPOL.

    Article tres interessant ( peut etre un peu trop long mais ce n’est que mon avis =P )

    Etant moi meme actuellement aux USA pour un ans, je suis une annee de « Senior » ( terminale ). Je possede d’hors et deja le bac et j’en suis assez content ..

    mon point n’est pas la.

    Dans ce jolie petit lycee d’Avon Connecticut, tout les matins, nous autres eleves sommes obliges de plaider allegance au drapeau Americain et a la nation, main sur la poitrine et tous en coeur,,

    Je dois avouer que je ne participe pas a cette tradition car je ne suis americain, je me contente de me lever respectueusement...

    Cela fais 5 mois maintenant et j’en apprend plus sur l’identite citoyenne ici et j’admet que parfois nous autres francais devriont retenir certaines lecons..

    Le patriotisme aux USA est beaucoup plus flagrant lorsqu’on la vie, et je dois dire que je l’apprecis. Il est vrai que cette « tradition » n’est pas commune pour moi petit frenchi que je suis, et je ne l’approuve pas forcemment.

    Mais on peu ressentir le respect de la nation et de l’identitee nationale. Les drapeaux etc..

    Ce qui nous manque a nous autres jeunes de France pour la plupart. Je ne parle pas d’une ferveur indeniable et passionee pour la Nation ( il ne s’agit pas de tomber dans un communisme extreme CF Russie il y a certains temps.. ) mais cette meme amour de la nation, plus fort chez les uns ou les autres mais qui pour autant n’entraine aucun manque de respect envers autrui a se sujet..

    Cela favorise l’entente [selon moi] et c’est ce qu’il nous manques ..

    C’est bien dommage mais je suis heureux d’etre temoin d’une autre societe.

    [ biensure il n’y a pas que des bons cotes ici, loin de la. ] Mais moi meme venant d’une petite ville de banlieue, je n’ai vue ici aucun manque de respect en 5 mois alors que j’en aurai deja vue 150 en France pour la meme periode..

    La politique francaise n’arrangeant apparement rien..

    M’enfin tres bon article ! * desole pour ce commentaire pas tres enrichissant xD *

    A bientot =]


    • NICOPOL NICOPOL 4 février 2010 16:38

      Merci à AV d’avoir bien voulu publier cet article au bout de 10 jours.


      • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 février 2010 10:21

        « Merci à AV d’avoir bien voulu publier cet article au bout de 10 jours. »

        Ce n’est pas faute d’avoir voté dans les temps cet excellent article.


      • ddacoudre ddacoudre 5 février 2010 00:12

        bonjour nicopol

        j’avais pulsé ton article il y a un moment mais effectivement il y a un deuxiéme et troisième filtre et beaucoup d’articles. faut parfois être patient et même parfois nos articles ne sortent pas,

        ceci dit je ne suis pas un responsable d’ago mais parfois mes articles ont ce sors.

        ceci dit très bon article, qui pose bien le sujet pédagogiquement, mais le débat sur l’identité ne sert qu’a définir les ennemis de l’intérieur, un peu comme l’on posait l’étoile jaune sur d’autres.

        il était imminenment pernicieux, il n’y a pas de risque islamiste et encore moins d’identité si ce n’est que politiquement ils permet à ses auteur de battre sur le terrain du FN des électeurs.
        je te met deux lien
        http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=68369

        cordialement


        • ddacoudre ddacoudre 5 février 2010 00:16
          Le voile et la « burqa » ne sont pas un danger pour la république
          DATE DE PUBLICATION EN LIGNE : 15 janvier 2010

        • NICOPOL NICOPOL 5 février 2010 10:01

          Bonjour ddacoudre,

          Merci pour votre réponse.

          Bien entendu je ne suis pas du tout d’accord avec votre opinion lorsque vous dites

          « le débat sur l’identité ne sert qu’a définir les ennemis de l’intérieur ».

          Comme j’ai essayé de le soutenir dans l’article, ce n’est pas la question identitaire qui « crée » des ennemis, c’est au contraire la perception grandissante parmi une partie de nos concitoyens de l’existence d’une « menace » (intérieure mais aussi extérieure) qui renouvelle un « besoin d’identité » qui tend à se relâcher en période de prospérité.

          Le débat sur l’identité n’est pas la cause des problèmes actuels de notre pays, c’est le contraire, il en est le symptôme, une sorte de « réaction immunitaire » si vous voulez, mais aussi, s’il est bien régulé, l’antidote. Du coup, tout ceux qui diabolisent ce débat en refusant d’en voir la portée et la légitimité donnent l’impression de souhaiter que la situation empire... Encore une manifestation de cet « ethno-masochisme » français ? Permettez-moi de ne pas le partager.

          Maintenant, je ne reste pas bloqué sur l’identité franco-française ; je suis intimement persuadé que le seul salut de notre civilisation est l’émergence d’une véritable « identité européenne » qui nous permette de retrouver une indépendance économique, diplomatique et militaire vis-à-vis des USA et de retrouver un équilibre géopolitique et commercial avec les autres blocs civilisationnels que sont nos cousins Russes et Iranien, et nos plus lointain parents que sont les Chinois, les Arabes, les Turcs, les Indiens....

          « Il n’y a pas de risque islamiste » ??

          Allez dire ça à Salman Rushdie, Robert Redeker, aux victimes des attentats du 11 septembre, de Casablanca, de Paris, Londres, Madrid... Allez dans les mosquées des Cités... On rigole... Tant que l’Islam n’aura pas accompli, comme le Christianisme et le Judaïsme, sa mue, tant qu’il n’aura pas abandonné l’idée d’être un projet politique, universel et totalitaire, l’islamisme sera un danger. Dans le cas contraire, vos propos seront peut-être un jour comparés aux propos des « pacifistes » de 1938 pour qui « il n’y avait pas de risque Nazi »...

          Cordialement,


        • ddacoudre ddacoudre 5 février 2010 13:35

          re nicolson.

          je ne vais pas argumenter sur ma position. merci pour ta réponse

          il n’y a qu’une identité humaine c’est l’espèce, la matrice maternelle, ensuite notre destin se colore au grés de l’environement, pour se nourrir, copuler, se protéger, toutes les constructions cérébrales que nous élaborons pour cela se modifierons, c’est ce que nous apprend l’histoire humaine. les seule culture qui durent sont celles où les hommes sont isolé les uns des autres,alors il pensent que la vérité c’est eux et le semblable qu’il peuvent rencontrer devient seulement une proie. en 1897 en afrique la tribut des Momboutous pensé être les humains et leur plat préféré était la tribu des niam niam.

          je persiste et signe, je ne veux pas que le débat sur l’identité me serve a désigner celui qu’il faut que je mange.

          cordialement.


        • Big Mac 5 février 2010 13:49

          je ne vais pas argumenter sur ma position.

          Au moins c’est clair ddacoudre veut mettre en avant sa position mais surtout pas fournir des arguments pour l’expliquer. Mais pourquoi donc il ne veut pas argumenter ? Parcequ’il n’a pas un seul argument !

          Ils sont beaux nos tolérants à tout crin : ils ne tolèrent même plus le débat démocratique, pas plus que le vote du peuple quand celui-ci ne leur convient pas !


        • NICOPOL NICOPOL 5 février 2010 14:42

          Bonjour ddacoudre,

          Je trouve très dommage que vous ne vous donniez pas la peine d’argumenter, surtout en réponse à un article qui, il me semble, s’efforçait au contraire de présenter des arguments. Comme souvent, sur Agoravox ou ailleurs, il n’y a pas de débat possible. Donnez vous la peine d’essayer de raisonner (vous savez, cette capacité intellectuelle qui est sensée nous élever au dessus de la Bête...) et voilà ce qu’on, vous rétorque : "je ne vais pas argumenter, il n’y a qu’une seule identité humaine bla bla bla les seule culture qui durent sont celles où les hommes sont isolé les uns des autres bla bla« .

          Êtes-vous conscient que déclamer ainsi des »vérités« péremptoires de ce type sans se donner la peine d’argumenter ressort du domaine de la foi, à la rigueur de l’idéologie, en aucun cas de la raison ? Êtes-vous conscient que cette »thèse« est totalement infirmée par la réalité qui, au contraire, nous montre que les êtres humains sont attachés à des identités locales, régionales, ethniques, civilisationnelles, et que ces identités peuvent durer dans le temps même au contact prolongé d’autres groupes identitaires ? Mesurez-vous dès lors que votre opinion ne participe plus du débat démocratique mais d’un »projet« consistant à imposer à des gens qui n’ont rien demandé une nouvelle identité, construite de toute pièce, »in vitro« , si je puis dire, bref, à fabriquer un de ces »hommes nouveaux« qui ont nourri les fantasmes sanglants des révolutionnaires de tous bords ?

           »Je persiste et signe, je ne veux pas que le débat sur l’identité me serve a désigner celui qu’il faut que je mange.« 

          Moi non plus, cher ami. Ce n’est pas parce qu’on l’a mal utilisé que ce débat est illégitime. Cela montre plutôt à quel point nous avons perdu cette identité qui faisait notre force, à quel point nous sommes vulnérable pour affronter l’ère de bouleversements qui nous attend, à quel point nous risquons de nous retrouver dans le camp des »loosers« , puis de ne même plus avoir de camp, puis de ne même plus exister...

          N’inversez pas les rôles. Pour l’instant c’est nous, le »peuple français", qui risquons d’être mangés. smiley


        • ddacoudre ddacoudre 5 février 2010 18:36

          re nicolo

          ce n’est pas pour fuir le débat je t’ai copier deux liens ou je m’explique, ni il ne s’agit pas de nier les attachements biologique que tu décris à son environement normatif pour ne pas se diluer et conserver des repères. la seule chose que je veux dire et persiste c’est que si c’est repère sont indispensable pour affirmer ce que l’on est ou l’on pense être dans le regard des autres, ceci ne doit pas être une raison de rejet de l’autres et pour l’autre cela ne doit pas être un moyen d’oppression de ses semblables. c’est un processus de compréhension lent qui touche plus la raison que l’émotion, or nous sommes essentiellement des êtres émotionnels donc pour admettre notre évolution cela devient un « traumatisme » si la raison n’essaie pas de s’y faire une place.

          cordialement.


        • Big Mac 5 février 2010 10:50

          Un excellent article, clair et concis, qui pose avec précision les termes du débat sur l’identité nationale.


          • Philippe D Philippe D 5 février 2010 11:35

            ... Français, avant d’être patron ou ouvrier, Musulman ou Juif, de droite ou de gauche ...

            Et aussi, pour les français d’immigration plus récente, français avant d’être d’origine chinoise, arabe, espagnole..... Même si une part de l’histoire nationale ne correspond pas à son histoire familiale, même si des racines viennent d’ailleurs.
            Etre français et venir d’ailleurs.

            Ce débat est trop « politisé » pour accoucher immédiatement d’une prise de conscience plus claire du sentiment nécessaire de l’appartenance à une nation et à des valeurs, d’un patrimoine commun à faire vivre et à assumer.

            Bon article, trop réfléchi pour attirer grand monde.

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