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Trop sages

Sages comme des images. Nous sommes des citoyens modèles. Nous ne contestons pas, acceptant de consommer comme on nous le susurre, fascinés par les images que l’on met sous notre regard, ne discutant qu’à peine des décisions avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Où est passé le Français braillard et révolutionnaire ? L’intellectuel pointilleux, le gauchiste ulcéré, l’extrémiste furieux ? Pas de geôle pour les contestataires. Sinon une prison bien plus pernicieuse, car indétectable : la prison intérieure.

N’êtes-vous pas, comme moi, étonnés de la placidité de nos contemporains ? Qui acceptent des décisions importantes et déterminantes pour l’avenir, sans (presque) mot dire, et ceci alors qu’ils ne les appellent pourtant pas de leurs vœux ?

Je ne veux pas faire ici un catalogue de toutes les causes d’insatisfaction de notre population. D’autres s’en chargent, ou devraient s’en charger : ce n’est pas mon propos de faire l’inventaire d’un malaise social dont on ne voit aucun signe. A part dans les cabinets des psychiatres, des généralistes et des médecins du travail. Dans les services d’urgence et à la morgue, aussi. Mais fort peu dans la rue ou dans les journaux. Nous sommes sages, très sages...

Je fais l’hypothèse que cette attitude, qui ne concerne pas seulement notre beau pays, mais aussi l’ensemble des pays industrialisés, n’est pas le fruit du seul hasard. C’est une question vaste, dont la compréhension peut avoir des conséquences sur l’avenir de notre société. Je me bornerai à lancer ici quelques pistes, en effleurant des thèmes qui mériteraient des études approfondies, faites parfois ailleurs.

Comment, au siècle dernier, éduquait-on les enfants de la bourgeoisie ? Une cuillère en argent dans la bouche et des loisirs de luxe ? Non. Pour être certain que leur progéniture ne ruerait pas dans les brancards au moment de reprendre le flambeau et les valeurs familiales, les bourgeois élevaient leurs jeunes à la dure : écoles strictes et exigeantes, peu de contacts affectifs avec les parents, éducation religieuse "empêchante" centrée sur la notion de faute. Je caricature, mais à peine.

Les enfants des couches sociales considérées comme inférieures étaient, disait-on « mal élevés », car laissés beaucoup plus libres, et moins soumis à cette culpabilisation forcenée. Ceux-ci, devenus adultes, avaient accès à la possibilité psychique de contester, à part qu’étant écrasés de travail ils n’en avaient plus l’énergie. Sauf à certaines périodes qui ont fait notre histoire et qui prouvent que, quand même, quand la coupe est pleine, elle déborde.

De leur côté, les fils de bourgeois « bien élevés » étaient le plus souvent dans une reproduction sociale que même leur intelligence ne parvenait à renverser. Et aux prises avec un sentiment de culpabilité entraînant nombre d’inhibitions. Là je pense à François Mauriac, et à tant d’autres, et, a contrario, comme échec de la position contestataire, à Camille Claudel.

L’efficacité de cette éducation « à la dure » se retrouve dans les principes des « maisons de redressement », qui ont fait le lit de la force créatrice de maints auteurs, ayant passé par ce tamis pour cause de trop grande liberté de pensée. D’autres se sont tus.

Pourquoi est-ce que j’en passe par ces souvenirs, que nos éducations où il est quasiment « interdit d’interdire » rendent presque inimaginables maintenant, quand une gifle donnée à un jeune désobéissant peut conduire au tribunal ? Parce que le point commun de ces situations, c’est la culpabilisation. Et le résultat, c’est l’obéissance.

Quant au ressort affectif sous-jacent, c’est la peur.

Avant de poursuivre ma démonstration des mécanismes, il vaut mieux que j’explique en quoi, de mon point de vue, nous sommes sous un régime de culpabilisation.

La première fois que cela m’est apparu, c’est quand il a été question des délocalisations. Que la guerre économique justifie le déplacement d’usines dans des zones où la main-d’œuvre ou les matières premières sont moins chères, c’est déplorable pour la qualité de vie des salariés, mais c’est un fait. Que des chefs d’entreprise n’aient pas à cœur de n’utiliser cette solution qu’en toute dernière extrémité, c’est fâcheux. Mais le message diffusé à l’époque à longueur d’interviews, au point que cela devenait normal pour tout le monde, était que refuser le principe des délocalisations c’était être passéiste et s’opposer à la modernité. Là, je me suis dit qu’il y avait un problème. Qui a vécu de près ce que peut représenter pour quelqu’un la perte des amis, de l’emploi du conjoint, le déracinement des enfants, et tout ça pour un emploi incertain qu’on va peut-être perdre lui-même deux ans plus tard, ne peut pas décemment croire que s’opposer aux délocalisations c’est refuser le progrès.

Et pourtant, je l’ai entendu. Sous forme de messages reprenant telles quelles les formules des médias. Les personnes concernées étaient conscientes qu’on leur en demandait beaucoup, mais, en même temps, se sentaient nulles de mal vivre l’imminence de ces changements, et se reprochaient de ne pas savoir s’adapter.

Ensuite, prêtant l’oreille à ce mécanisme que je connais bien, puisqu’il conduit à la dépression, j’ai constaté que c’était partout que se déployait l’idée qu’ il faut savoir s’adapter, et que celui qui n’y arrive pas est un loser qui n’a que ce qu’il mérite.

Avec cette façon d’aborder ces questions, il s’avérait que la question de la responsabilité était TOUJOURS du côté de celui qui subissait l’action, et pas de celui qui la faisait. Subtil, non ? Et pervers. Mais une perversion douce, cachée sous le manteau doucereux d’un management souriant centré sur la participation.

Actuellement, l’entreprise est le lieu d’élection de ce transfert de responsabilité : on n’annonce pas de nouvelles décisions, on fait des réunions où chacun s’exprime, amenant le groupe à se décider pour accepter une décision qui a été prise en amont et que personne ne va pouvoir contester. Mais ce mode d’échange va faire que chacun se sent responsable de la réussite d’une motion avec laquelle il est parfois en désaccord, ou dont il sait qu’il ne pourra l’appliquer qu’en travaillant chez lui bénévolement le week-end. S’il échoue après s’être engagé comme les copains devant le groupe, il va se trouver non seulement coupable, mais minable. C’est une attaque narcissique, une attaque du moi, de l’image de soi, et c’est pour cela que nous, médecins, voyons de plus en plus de souffrance liée au travail. Pouvoir en vouloir à un chef qui abuse, c’est désagréable, mais cela ne rend pas malade. Se sentir humilié de ne pas remplir des objectifs irréalisables, cela déprime, et peut même, à la longue, conduire au suicide. Parce que c’est à soi qu’on en veut. C’est l’auto-accusation, un des signes majeurs de la forme la plus grave de dépression, la dépression mélancolique.

Qu’est-ce qui est mis en place, en fait, par ce nouveau management ? Un processus qui est aussi vieux que le monde est monde, mais qui depuis quelques années a pris une extension impressionnante : c’est le transfert de culpabilité.

Que fait un chef qui s’arrange pour que ses employés croient décider de leur avenir ? Il leur fait porter le chapeau.

Pour démonter un peu ces mécanismes, je vais aborder ici des champs différents.

Un pédophile, un violeur, va dire, lorsqu’il est pris (et même avant, à sa victime) « C’est lui (c’est elle) qui m’a provoqué ». L’enfant abusé va le croire et se taire, écrasé d’une culpabilité qui n’est pas la sienne. Au point que son salut passera souvent par un procès identifiant clairement le coupable. Et le délivrant d’une faute qu’il a portée pendant des années.

L’enfant abusé culpabilisé se tait, l’adulte harcelé aussi.

La culpabilisation indue conduit au silence.

D’autant plus qu’existe la peur.

Là, c’est le parcours des femmes battues que je vais convoquer pour illustrer ma thèse. Marie-France Hirigoyen, dans Femmes sous emprise, les ressorts de la violence dans le couple a remarquablement décrit le mécanisme d’aliénation de la femme battue qui, loin d’être une masochiste souhaitant son malheur, est une victime inconsciente de mécanismes qui l’emprisonnent. Plusieurs de ces mécanismes concourent pour empêcher la femme de réagir, mais, en simplifiant, et en reprenant ce que décrit cet auteur, je citerai :

  • la culpabilisation : l’homme violent fait toujours porter la faute à sa victime. Elle-même finit par le croire ;

  • l’identification à l’agresseur, proche du syndrome de Stockholm. Ou comment sortir de l’insupportable de la position de victime, en se mettant du côté de l’agresseur ;

  • la peur. Avoir reçu la première gifle laisse une trace : celle de savoir qu’il y a danger. Et donc qu’il vaut mieux se mettre du côté de l’agresseur que rester dans l’opposition ;

Je considère que nos sociétés fonctionnent de plus en plus selon ce modèle de déresponsabilisation des chefs, et de responsabilisation de ceux qui n’ont aucune marge de manœuvre. Je pense aussi que le climat d’insécurité entretenu (licenciements sans préavis, sur-représentation des comptes-rendus d’agressions dans les médias, etc.) maintient la population dans un climat d’anxiété, légère, mais certaine, ce que confirme la quantité énorme de tranquillisants consommés en France.

Et il me semble que la superbe avec laquelle nos « élites », très souvent, assument cette position (cf. les « parachutes dorés ») ne nous aide pas à déboulonner les idoles : elle assoit au contraire leur influence. De la même façon, les hommes violents ont d’autant plus de pouvoir sur leurs épouses qu’ils abusent de celui-ci.

J’ajouterais que, heureusement, ce genre de tyrannie ne fonctionne que jusqu’au point où les esprits libres retrouvent des solidarités mettant à mal le système. Des questions fondamentales doivent être posées : de quoi ai-je peur ? Est-ce que je suis le seul à ressentir cela ? Celui qui m’accuse, n’est-il pas motivé par la nécessité de cacher sa propre faute ?

Ce qui aliène, et réduit au silence et à la passivité, dans les situations décrites, c’est le sentiment diffus que le salut passe par l’immobilisation. Or, c’est l’inverse qui est vrai. Parler, se parler, libère de beaucoup de choses, mais aussi de la tyrannie, douce ou pas.

Je suis désolée de n’avoir pu, malgré la relative longueur de l’article, qu’effleurer cette question, qui mériterait mieux qu’un texte comme celui-ci, mais je trouvais cependant important d’ouvrir la réflexion.


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158 réactions à cet article    


  • JL JL 21 juillet 2008 10:26

    Je lis : ""Les enfants des couches sociales considérées comme inférieures étaient, disait-on « mal élevés », car laissés beaucoup plus libres, et moins soumis à cette culpabilisation forcenée.""

    Vous êtes sûre de cela ? Je crois que vous avez tort. Mais comme je n’ai pas lu la suite puisque cette analyse me paraît basée sur des idées fausses, je n’argumenterai sur mon opinion que si vous me le demandez.

    Cordialement.


    • LilianeBourdin 21 juillet 2008 11:12

      Bien que ce ne soit pas le thème de mon article (thème qui serait plutôt l’emprise sociale par la culpabilisation), oui, je persiste dans ce que je dis là. Je n’énonce pas que les enfants de la bourgeoisie étaient mieux élevés. Je dis qu’on leur administrait ce que l’on appelait une "bonne éducation", avec des règles strictes, beaucoup de frustrations à surmonter pour obtenir un résultat secondaire et, surtout, le spectre de la faute, tout cela par l’intermédiaire de nurses, de pensionnats, de répétiteurs. Ces principes éducatifs rigides étaient généralisés (cf "C’est pour ton bien" d’Alice Miller) et la violence éducative traversait les couches sociales, mais les adultes de milieux moins aisés n’avaient pas ces instruments à leur portée, l’éducation revenant au groupe, formé d’adultes très pris par leurs activités, activités que partageaient alors leurs enfants.
      En tout cas, si la psychanalyse a mis en évidence le complexe d’oedipe et le sentiment de culpabilité, c’était à partir de la bourgeoisie viennoise dont elle est issue, et qui consultait le Dr Freud essentiellement pour des névroses. Depuis, les tableaux cliniques ont évolué et l’on rencontre beaucoup plus de ce que l’on nomme "états-limites", moins centrés sur le sentiment de culpabilité, et davantage sur une fragilité de la construction de la personnalité.
      Mais, je le répète, ce n’est pas le sujet de l’article, juste une introduction à ma thèse sur le pouvoir que l’on peut avoir sur un groupe en le culpabilisant.


    • sisyphe sisyphe 21 juillet 2008 15:18

      Excellente analyse de la mise en place de la culpabilité, pour empêcher les gens de réagir.
      Vous dites : "il s’avére que la question de la responsabilité est TOUJOURS du côté de celui qui subit l’action, et pas de celui qui la fait." : c’est exactement ça, au présent !

      Processus qui s’ajoute à la fragilisation entretenue par la peur : peur du chomage, peur d’être "repéré", peur de perdre sa place dans la société, peur du "terrorisme", de "la racaille", du conflit, des lois.

      Peur et culpabilité : deux aspects d’un même conditionnement à l’acceptation, la résignation, le silence, la soumission, la servitude.

      C’est ainsi que s’opère, désormais, la façon de gouverner.

      Jusqu’à quand le prozac et les tranquillisants pour étouffer le moindre sentiment de révolte ?
      Jusqu’à quand l’imposition de la loi de la jungle, pour faire se terrer chacun dans son trou ?

      Quand on constate, comme vous le dites, l’absence totale de rebellion, de mouvements, la rupture de tout lien de solidarité pour le triomphe d’un individualisme égoïste, jaloux, craintif, il y a de quoi désespérer d’une saine révolte collective.
      Les peuples ne sont plus qu’un agrégat d’intérêts personnels ou communautaristes : divisés, oui, et pour de bon ; le pouvoir a un boulevard devant lui pour imposer les lois et les mesures les plus injustes, les plus iniques, les plus anti-démocratiques.

      Crier encore dans le désert, se résigner ou finir par des solutions violentes ?
      Finalement, je pense qu’il n’y a guère qu’une explosion pour pouvoir encore sauver la partie : espérons qu’elle ait lieu avant qu’il ne soit trop tard.





    • Rage Rage 21 juillet 2008 17:19

      Bonjour,

      En lisant votre article, je n’ai qu’un commentaire à l’esprit : oui, oui, et encore oui.

      Vous avez parfaitement saisi le jeu psychologique dans lequel on baigne le citoyen à longueur de journée.
      Ce mélange habile de "non-choix" comme le fait d’accepter une décision pré-machée sans jamais piper mot faute de s’attirer les foudres, cette pression indirecte de diverses peurs, craintes et angoisses notamment sur le travail, point de focalisation et d’accomplissement pour un trop grand nombre, ce renversement de la charge de la justification, le provocateur demandant au provoqué de se justifier de son malaise.

      Oui, on nous prend pour des imbéciles et on s’attèle méticuleusement à faire de vos alliés "esclaves" de gentils sbires du système tellement dépendant qu’ils sont prêts à se battre pour le protéger (ça vous rappelle quelquechose ?).

      Les Français sont désabusés : tant de mensonges et de grands discours pour si peu.
      Les Français sont ulcérés, mais ils pensent ne plus avoir le choix.
      Les Français n’ont plus de repères : qu’est ce qui est acceptable, qu’est ce qui ne l’est pas ? Comment le faire savoir, comment l’exprimer ?
      Les Français ne sont plus relayés depuis que toute forme de contestation a été cadenacée, le premier osant critiquer ouvertement étant vertement lynché par les cercles de pouvoir.
      Les Français n’osent plus parce qu’ils ne savent plus se projeter dans le "MIEUX".

      Tous ces constats sont tellement édifiants qu’ils sautent aux yeux en allant à l’étranger.
      Là où certains n’ont rien, voient toujours l’aspect positif des choses, le mieux pour l’avenir.
      En France, dès que l’on formule des "idéaux", soit l’on est pris pour un con, soit on s’attèle à vous niveler vers le bas pour vous dire qu’il existe pire ailleurs et qu’il faut donc se contenter de ce que l’on a, quitte à perdre un peu demain...

      Les esprits libres ?

      Ils se taisent. Ils n’ont plus de tribunes, d’échos ou de leaders. Il suffit de voir l’état des pseudos intellectuels français pour comprendre l’état de détresse dans lequel nous naviguons.

      Les jeunes ? Lesquels ?
      Quand on voit un jeune émerger, c’est soit dans le sport, soit à la Star-Ac’ : il n’y a pas de jeunes dans le monde des idées et qui plus est de la politique.

      La génération en place règne sans partage, notamment vis à vis de ceux de sa génération, mais aussi vis à vis de tous les autres dont elle méprise profondément les problèmes.

      Leurs problèmes sont les nôtres, mais les notres ne sont jamais les leurs.

      Que faire ?

      Crier, hurler, manifester, casser, brûler, ... inutile. Ce serait trop facile de vous isoler.

      Les esprits libres doivent se soulever et faire entendre leur voie, en écrivant encore et encore ce qu’ils pensent, comme ils l’ont toujours fait.
      Ils doivent écrire, parler, sortir, assumer et surtout : ne plus avoir peur.

      Nous subissons en silence par peur d’avoir à "sortir du moule".

      Mais s’il s’agit de sortir de ce moule à merde, alors je le dis clairement : il est grand temps que ça pète dans ce pays et que des esprits viennent enfin proposer d’autres voies d’avenir.

      Il ne s’agit pas de tout mettre à plat, mais de tout mettre au clair : cela n’a que trop duré.


    • Rage Rage 21 juillet 2008 17:21

      J’ajoute :

      Peur, menaces, suffisance, auto-satisfaction, profonde incapacité à se remettre en question...

      "France, orgueilleuse et généreuse, tu n’es bonne qu’avec tes ennemis"
      Victor Hugo

      Je la sors à chaque fois, elle me semble parfaitement d’actualité.


    • LilianeBourdin 21 juillet 2008 17:33

      A Sisyphe.
      D’accord avec ce que vous dites. Mon métier me montrant bien la tentation de réagir à de la maltraitance sociale ou professionnelle en se bourrant de psychotropes pour supporter l’insupportable. Mais c’est une autre question. Liée au problème cependant.
      En revanche, je pense qu’entre le laisser-faire et l’explosion, il y a une place pour la prise de conscience. Ces systêmes marchent beaucoup par l’intimidation. Leur force diminue avec la cohésion de ceux qui les subissent., qui sont alors susceptibles d’y réagir d’une façon collective, qui n’aura peut-être pas besoin d’être violente. En tout cas, les systêmes pervers ne peuvent survivre si tout le monde est au courant de leur mode de fonctionnement..


    • LilianeBourdin 21 juillet 2008 17:40

      A Rage.
      Je suis d’accord avec ce que vous dites.
      Je rajoute que certains pensent même que le nivellement scolaire et le sort fait aux enfants doués n’est peut-être pas le fait du hasard. Pas qu’il s’agisse d’une volonté de casser les élites émanant des enseignants, mais y a-t-il réellement souhait de tirer les meilleurs vers le haut ? Un tel projet ne serait-il pas taxé d’élitisme ?


    • Rage Rage 21 juillet 2008 17:54

      Excellent : nous parlons le même langage.

      Les élèves doués ? Mais ils font peur !
      Le nivellement par le bas permet de calmer les vélléités d’une génération sur la précédente.

      Il suffit de voir le profil des filières scolaires pour comprendre : il y a les voies définies pour certains, quant aux autres qu’ils soient bon ou mauvais, s’ils ne sont pas dans les clous...

      Combien de "génies français" à la révolution industrielle, là où il était possible de s’exprimer sur des inventions ou des idées ?
      Combien de nos jours, avec 3 fois plus de population et des moyens sans commune mesure ?

      Un gamin doué n’a d’espoir que s’il est de bonne famille ou avec de bons conseils : s’il est doué dans le sport ou l’art, peut-être a t’il encore une chance, dans d’autres domaines, il est déjà condamné.

      L’égalitarisme de phrase masque l’élitisme de fait : sous couvert de niveler, on préempte déjà les filières dorées pour ceux qui rentreront dans les bonnes cases : le culte des maths, l’élève obéissant et travailleur etc...

      Aujourd’hui on place tous les gamins chez Acadomia, au judo, à la danse, au chant avec des journées de 15h par "peur" d’être moins bien que le voisin et par culpabilité complexée mal voilée.

      Quelle place pour l’imaginaire ? Pour le jeu ou le temps libre ?

      Quelle place pour l’esprit d’équipe, l’inventivité, l’impertinence même si tout est compétition permanente, même là où les jeux sont déjà faits ?

      Tout est à revoir sur le fond en France : on pourra toujours gesticuler, nous avons une révolution intellectuelle à opérer.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 juillet 2008 00:34

      Et une sélection selon un autre critère a lieu constamment... Il faudrait une autre systeme d’éducation

      Pierre JC Allard



    • jako jako 21 juillet 2008 10:26

      « Je suis désolée de n’avoir pu, malgré la relative longueur de l’article, qu’effleurer cette question, qui mériterait mieux qu’un texte comme celui-ci, mais je trouvais cependant important d’ouvrir la réflexion.  » mais non madame ne soyez pas désolée c’est très interessant cette pathologie de nos co-citoyens. Je m’interroge souvent aussi sur ce manque totale de réactions un peu comme ci un filtre rose empéchait de lire la vraie information. Merci de votre article


      • nantor nantor 21 juillet 2008 10:47

        Réflexion intéressante, mais qui, si je puis me permettre, soulève de nombreux sujets..
        Il parait clair que la tendance du moment est plus à la normalisation extrême, plutôt qu’à la créativité ...

        Restez assis, souffrez de monotonie


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 21 juillet 2008 11:04

          Où est passé le Français braillard et révolutionnaire ? L’intellectuel pointilleux, le gauchiste ulcéré, l’extrémiste furieux ?


          Il est là le Français braillard et révolutionnaire , le icelui qui remplit les baignoires de Marasités , public averti suivez mon regard , il est ni à votre droite , il n’ est ni à votre centre , là devant vous à l’ extrème extrémité de la dernière limite , se trouve Sisyphe le qui par lequel un nouveau monde verra poindre une lueur ensoleillée dardant ses rayons 3,1416 lumineux tel un Mao et sa danseuse de charleston pékinois , nous emmenant vers un printemps dont les rouleaux cylindriques déferleront vaguement suite à un mouvement ondulatoire dont Gédéon est l’ inventeur . Voir à Guéméné les Andouilles le monument érigé en son honneur . Gédéon Dulation .

          Vive la France .

          Ses fleuves et ses rivières .

          Rocla ( Haddock )


          • Djanel 21 juillet 2008 11:31

            Toujours aussi c… le haddock déconssetypé


          • Traroth Traroth 21 juillet 2008 14:29

            Oui, d’ailleurs, on l’entend brailler et révolutionner à tour de bras... Ah ben non.


          • sisyphe sisyphe 21 juillet 2008 15:23

            En fait, sous le pseudo usurpé d’Haddock, se cache, en réalité le clone de  Séraphin Lampion : son humour d’almanach Vermot, son esprit beauf 1er degré, et son éternel contentement de lui-même.
            rocla : une caricature de gros boeuf de base... meuuuuuuuuuuhhhhhh....


          • alceste 21 juillet 2008 17:32

            au capitaine Rocla,
            une bête question :
            pourquoi préciser "les rouleaux cylindriques ?


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 21 juillet 2008 17:50

            l’ est bien bucolique , le rouleur de pierre qui roule


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 21 juillet 2008 17:52

            alceste c ’est pour les distinguer des rouleaux carrés ...


          • Traroth Traroth 21 juillet 2008 18:31

            Eh bien, vous commencez à nous les péter, les rouleaux !


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 21 juillet 2008 18:38

            tandis que vous on vous trouve très bien , nous ....


          • Traroth Traroth 21 juillet 2008 19:14

            Merci. Mais ça ne change rien.


          • alceste 25 juillet 2008 13:09

            au capitaine Rocla,
            Capitaine, vous êtes le génie de la cubiture du cylindre !


          • Alpo47 Alpo47 21 juillet 2008 11:22

            L’auteur met fort bien en exergue le moyen de gouvernance privilégié à l’heure actuelle, tant des entreprises que de nos société : la Peur.

            Peur d’être mis à l’index, de manquer, de la maladie, de l’autre qui est différent, d’être marginalisé ...etc... etc..

            Ainsi, ceux qui n’ont presque rien, sinon les minimums sociaux, ont peur de perdre le peu qu’ils ont, dont le RMI, géniale invention de nos gouvernants afin d’ empêcher "les manants" d’aller dans la rue pour y réclamer une société qui ne fasse pas autant la part  belle à ceux qui ont déjà tout,  et le superflu ...

            Maintenu dans la survie et dans la peur de perdre ce peu, l’individu reste dans un état de soumission à l’ordre établi.




            • LilianeBourdin 21 juillet 2008 11:29

              Oui, et peur de ne plus pouvoir payer le crédit de sa maison, surtout pour les personnes à faible revenu que l’on a incité à devenir propriétaires et qui ont un endettement écrasant.


            • Alpo47 Alpo47 21 juillet 2008 11:59

              J’ajoute que vous connaissez, bien entendu, la fascinante expérience de Milgram qui décortique merveilleusement bien cette  ahurissante soumission à l’autorité de la plus grande part d’entre nous.

              Pour ceux qui ne connaissent pas encore :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram


            • LilianeBourdin 21 juillet 2008 13:06

              Oui, cette expérience est reprise dans "Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens" de R-V Joule, et J-L Beauvois, livre que je conseille car facile à lire et clair sur certains aspects de la manipulation.


            • LilianeBourdin 21 juillet 2008 13:11

              Je parle de l’expérience de Milgram, citée plus bas par Alpo47, et qui montre bien la propension à se soumettre à l’autorité. Cette expérience, et de nombreuses autres sont rapportées dans le "Petit traité..."


            • Olga Olga 21 juillet 2008 11:30

              Bien vu Liliane. Nous sommes trop sages devant nos "chefs" déresponsabilisés (voire irresponsables)...

              " nos sociétés fonctionnent de plus en plus selon ce modèle de déresponsabilisation des chefs, et de responsabilisation de ceux qui n’ont aucune marge de manœuvre. "

              Le chef a désormais pour seule responsabilité de faire du fric.
              Il peut effectivement se dédouaner de toute responsabilité, quand des choix difficiles (pour les employés) sont faits : Ce sont les actionnaires qui réclament ceci ou cela ; vous devez accepter ça, c’est le jeu de la mondialisation, etc.

              " Je pense aussi que le climat d’insécurité entretenu (licenciements sans préavis, sur-représentation des comptes-rendus d’agressions dans les médias, etc.) maintient la population dans un climat d’anxiété, légère, mais certaine "

              Le climat d’insécurité et d’anxiété me semble plutôt très lourd pour majorité des français. Seule une minorité de la population peut se permettre de vivre dans un climat d’insouciance et de déresponsabilisation.
              Serait-ce un climat de fin de règne ?
              Il va falloir beaucoup de solidarité et de paroles libératrices pour mettre à mal le système et se libérer de l’aliénation.
              Il faudra aussi prendre ses reponsabilités et bousculer les chefs...
              Oui mais notre éducation nous a formatés, au contraire,  pour que nous restions sages et obéissant(e)s.
              Le résultat est là, implacable. Nous sommes trop sages et trop obéissant(e)s...


              • Lisa SION 2 Lisa SION 21 juillet 2008 11:36

                Bonjour Lilane,

                Votre texte effleure, mais cela le rend d’autant plus agréable et accessible à tous. Merci.


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 juillet 2008 11:44

                  Bonjour,

                  Interessante analyse évoquant une docte servitude du psychisme face aux dominants. Mais je ne sais pas quelle est la part de résignation imputable à la fatigue d’être soi, mal très contemporain. Les deux se conjuguent sans doute et l’arrogance des dominants finit par donner aux dominés une image d’eux-même dévalorisante, du coup les faibles n’osent plus la ramener, sauf dans les forums et l’anonymat du Net.
                  Et si vous veniez en parler au café philo de Talence un mercredi ?


                  • ninou ninou 21 juillet 2008 12:03

                    Bonne ouverture pour la reflexion. Excusez les passages simplificateurs qui ne sont là que pour éviter un commentaire de 10 pages !

                    • Autres situations mettant en oeuvre le sentiment de culpabilité :

                    - L’environnement, l’écologie. Non, personne ne viendra remettre en cause le mode de vie issu du capitalisme industriel : on a besoin de machines, d’objets, de technologies toujours plus intrusives (bio-technologie, nanotechnologie...). Par contre, on peu facilement culpabiliser le citoyen lambda. il doit trier ses déchets, rouler propre, remplacer ses vieux équipements électroménagers par des "classe A", refaire l’isolation de sa maison pour pouvoir s’équiper électrique (ou le nucléaire s’affiche en sauveur face à la pénurie prévue de pétrole !) etc...

                    - Le monde de l’information télévisée. On n’y rencontre guère de sujet dépassant l’étalage chaotique d’informations spectacles. Ici un sujet sur la guerre en Irak, là, un autre sur la fabrication de galettes à l’ancienne... Tout cela aboutit (si ce n’est pas le résultat visé !) à un sentiment de culpabilité : on n’a pas le droit de se plaindre, on vit dans un beau pays, y’a pire ailleurs.
                    • Autres situations utilisant la peur :

                    - Le chômage comme une menace de vie impossible à tenir, comme une déchéance de l’être humain (c’est un devoir de travailler, il ne faut être un "parasite" à aucun moment de sa vie, c’est mal)

                    - La baisse "inéluctable" du pouvoir d’achat. Dans une société où l’on est rien sans argent, on sait que le pouvoir vient de lui. Perdre du pouvoir d’achat, c’est comme perdre du pouvoir sur sa vie. Alors, oui, on va bosser plus, même si, dans le fond, on aimerait mieux passer plus de temps en famille. De toute façon, la mauvaise consience nous dicte de le faire "pour la famille" !

                    - Tout le bel avenir que nous promet la science sans conscience de notre siècle.
                    Oui, on a peur des effets du nucléaire et des OGM. Mais on n’y connaît rien. Et puis c’est l’avenir. On ne veut pas passer pour des réactionnaires. Alors on fait confiance aux "experts" (qui n’y connaissent pas grand chose de plus que nous) et aux états qui vont bien nous faire des lois pour nous protéger des dangers qu’ils ont eux-mêmes appelés de leurs voeux.

                    - La lutte contre le terrorisme. Oui mon prochain peut être un danger pour moi et pour le reste du monde. Je dois me méfier de quiconque ne vit pas "comme il faut". Il me faut, moi, vivre "comme il faut" si je veux n’avoir rien à me reprocher.

                    Des peuples culpabilisés et apeurés sont facilement contrôlables. Ils viendront tous bientôt demander à être "pucés". Le totalitarisme aura gagné.


                    GREVE GENERALE LE 10 NOVEMBRE 2008 POUR REPRENDRE LE CONTROLE DE NOS VIE.

                    • LilianeBourdin 21 juillet 2008 12:42

                      Autre domaine où la culpabilisation sert de cache-misère au crime (j’ose le mot) : la lutte contre le cancer. Culpabilisation de nos comportements : tabagisme, alimentation, etc... Alors que l’augmentation des cancers est proportionnelle à l’industrialisation, et donc à la multiplication d’agents polluants, que nos gouvernements laissent déverser sans scrupules par les grands groupes industriels. La diminution des conduites tabagiques n’empêche pas l’augmentation alarmante, et cachée, de fréquence des cancers. On peut lire sur ce sujet "La société cancérigène" de Geneviève Barbier et Armand Farrachi, Editions de La Martinière. C’est éclairant et glaçant.
                      La culpabilisation individuelle est tellement rentrée dans les moeurs qu’un patient atteint d’un cancer peut parfois dire "Pourtant, je ne le mérite pas, je ne fume pas, je mange sainement...". Parce que ceux qui fument "méritent" leur cancer ?


                    • Eloi Eloi 22 juillet 2008 10:00

                      Oui, le nucléaire et les OGM sont dangereux
                      Cependant dire que les "experts" n’y "connaissent pas plus que nous" est une simplification probablement excessive, qui pourrait presque confiner à l"insulte". Excusez l’éventuelle dureté de ce propos, mais il y a quand même des gens très qualifiés qui travaillent de manière acharnée pour permettre à ces technologies d’être utilisées

                      Alors oui, si l’on pouvait s’en passer, il faudrait s’en passer, ce serait plus sain et moins risqué pour tout le monde.

                      Mais il y a six milliards d’habitants sur cette planète. Et nombreux sont ceux qui auront du mal à se convaincre de changer de mode de vie. Soyons pragmatiques, nous ne pourrons nous en passer que le jour où nous aurons divisé la population par trois, quatre ou plus. Et si possible, sans guerre, épidémies...


                    • dom y loulou dom 22 juillet 2008 12:57

                      vous voulez diviser les populations de la planète par trois ou quatre ???

                      vous vous alignez sur quoi là ? Alors c’est vrais cette histoire de destruction de 80% de l’humanité par les mille fois richissimes qui détruisent d’abord la classe moyenne pour regarder ensuite ce qui reste... 95% de l’humanité comme un "truc en trop" ??? Mais comment vous pouvez accepter une idée pareille ? Et vous traitez tout celà de goy n’est-ce pas ? Ou de cochons ou de vaches ?

                      On m’a gentillement, très gentillement, bien sûr puisque je suis idiot, expliqué que le terme de goy n’est pas péjoratif... mais je vais rappeler ici que n’importe quel terme qui désigne le non-soi établit une ligne de destruction. Les globules blancs dans le corps aussi reconnaissent le soi et le non-soi pour éliminer tout ce qui est non-soi. Hideux et l’heure est plus avancée que ce que nous arrivons à comprendre avec notre bonté naturelle.

                      On avait dit PLUS JAMAIS CA !!! pas seulement contre les juifs, mais PLUS JAMAIS CA contre l’humanité !!!

                      et regardez, c’est sérieux là, les camps de concentration de la FEMA, il y en a plus de 600 qui ont été construits !!! si vous avez des amis americains en visite gardez-les chez vous, qu’ils ne retournent pas au pays... bientôt ce n’est plus un pays mais un espace de tri sous loi martiale !!! Horreur et damnation !!! 

                      http://fr.youtube.com/watch?v=HhAysldBcwk

                      if you hate Bush and Co. get out of USA before it’s too late !!! explore the news ! investigate and save your family !!! The elections won’t happen ! Martial law instead.... ESCAPE !!!


                    • Eloi Eloi 22 juillet 2008 13:15

                      Oulah oulah

                      Non, non, vous n’avez pas compris ce que je voulais dire !!!!

                      Je ne parle pas d’extermination, pas du tout, non, je parle simplement du fait que notre planète ne PEUT pas soutenir notre rythme de vie occidental, et encore moins si toute la population planétaire s’y mettait.

                      On peut développer les technologies que l’on veut, mettre des moyens de folie pour permettre toujours plus de gaspillage, et, comme conséquence immédiate, d’autant plus de danger pour la population, et une société à chaque fois plus fragile et dépendante de ses sources d’approvisionnement : le cauchemar d’un monde surpeuplé

                      Nous sommes dans un monde surpeuplé. La solution la plus simple pour la civilisation, c’est de réduire cette population jusqu’à un seuil supportable pour la planète (un seuil où par exemple les renouvelables suffiraient ?) Pour cela il y a plusieurs moyens que nos sociétés peuvent utiliser :
                      * politique malthusienne
                      * dilater la population sur un plus grand espace (système solaire)
                      Ces moyens supposent d’énormes changement de nos modes de vie, mais ils sont inévitables. Si nous ne le faisons pas de maniète "consciente", l’équilibre naturel se chargera de la tâche avec de si "délicieux outils"
                      * la guerre (dont votre "plus jamais ça")
                      * la maladie
                      * la famine
                      ... ce qui nous pend au nez, d’ailleurs

                      Tout cela vient du fait que nous avons toujours utilisé la technologie comme moyen d’accroître notre puissance, et donc notre population (le "toujours plus", une boule de neige sur la pente des technologies dangereuses) plutôt que les utiliser pour accroître notre bien-être

                      Vous êtes parti un peu vite


                    • Nobody knows me Nobody knows me 22 juillet 2008 13:25

                      vous voulez diviser les populations de la planète par trois ou quatre ? ? ?

                      Regardez ici. 2e ligne du chapitre : on peut nourrir 12 milliards d’êtres humains.


                    • Nobody knows me Nobody knows me 22 juillet 2008 13:27

                      Cependant, vous avez bien raison de dire qu’avec notre rythme frénétique, nous ne tiendrons pas la cadence.


                    • ninou ninou 22 juillet 2008 13:41

                      Eloi,
                      J’avais prévenu dès le début que je faisais des simplifications ayant pour but de ne pas aboutir à un commentaire de dix pages. Puisque vous me titillez sur le point précis des "experts" je vous dirai ceci :
                      Les experts, de même que le commun des mortels, n’a aucune vision à long ou moyen terme des implications de toutes les nouveautés scientifiques qu’ils contribuent à lancer et/ou à protéger, que cela soit en biotechnologie (thérapies géniques, organismes génétiquement modifiés...), en nanotechnologie, en énergie nucléaire. Non seulement, ils n’ont aucune vision à long terme mais ils sont tombés dans une amnésie profonde du passé (proche ou lointain).
                      Où se cache la magnifique supériorité des experts ? Dans la GESTION DU DESASTRE ! Oui, ils savent calculer des statistiques de risques, prévoir quelques-uns des incidents qui pourront survenir et quelles mesures devront être prises. Ils savent déterminer la dose "admissible" (de polluant, de radiation, d’ ondes magnétiques, de pesticides....). Mais qui se rend compte que l’admissibilité dont ils parlent n’est pas celle du corps humain ou de la nature (rebaptisée "environnement" en novlangue, ça fait plus scientifique !) mais c’est l’admissibilité par la population : jusqu’où peut-on aller pour que tout le monde continue à obéir ???
                      Je leur accorde une "supériorité" : celle d’une certaine habileté à faire passer des statistiques et des normes pour de la sagesse scientifique, et ainsi gagner la soumission d’un peuple "ignorant".

                      Mais de sagesse réelle : que nenni ! Aucun recul ! Compromission ! Calcul ! Cynisme ! Aveuglement !
                       A chaque fois que l’on a retiré un peu de son intégrité à l’homme ou à la nature, on en a appellé à des commissions "éthiques", véritables machines à avaliser les mécanismes du progrès par-delà le vivant. Et cela a suffit à rassurer la population, et a permis à une forme d’eugénisme positif généralisé de faire son grand oeuvre. Les scientifiques actuel sont tous des savants fous : ils sont fous d’avoir oublié ce qu’était la science avant l’ère industrio-marchande. La science actuelle ne cherche plus guère à comprendre le vivant. Elle le crée, le manipule, le gère, donc le détruit !

                      Non les experts ne savent rien de ce qu’ils font.

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LilianeBaie


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