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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Un réveil citoyen nécessaire

Un réveil citoyen nécessaire

Il est nécessaire d’évoluer avec son temps. Pour autant, il est nécessaire de préserver du libéralisme ambiant certaines valeurs humanistes, motrices à l’échelle nationale, régionale, continentale et nécessaires au vivre-ensemble, à une identité. Cet article vise une prise de conscience citoyenne, un réveil citoyen, nécessaires à une démocratie vivante et forte.

 
Un réveil citoyen, humaniste est nécessaire face à la Mondialisation-Globalisation mortifère car trop centrée sur l’argent et non sur l’Homme. Faisons stopper les violences d’origine économiques et financières. La Déclaration universelle des Droits de l’Homme a repris les idées de la déclaration révolutionnaire française du même nom, mais a oublié le Citoyen. Même tendance pour l’Union Européenne du Traité de Rome et de Lisbonne : oubli des citoyens. Pourtant, dans une démocratie, un citoyen doit prendre part activement à la politique et pas seulement dans l’isoloir, au moment des élections. Par une vigilance constante, par des manifestations légales et non-violentes, par un boycott de certains produits (utile dans une économie de Marché faite d’offre et de demande), par une objection de conscience, si nécessaire par une désobéissance civique à la manière de Gandhi (cf les 2000 enseignants du primaires qui désobéissent, Marianne 2 du 21 mars 2009)… par un réveil citoyen, semblable à celui de Justice décrit par Zola dans le final de Germinal. La violence ne se règle pas par la violence, vient-elle du Pouvoir politique ou économique. Ne confondons pas violence et force et travaillons à la prévention des violences en faisant des choix judicieux. L’interdépendance de la Mondialisation n’est pas la solidarité mais peut le devenir.
 
En France, au-delà des belles images d’un Sarkozy tout-puissant et dérangeant, la situation sociale est inquiétante, comme ailleurs. L’ex-Premier-Ministre de Villepin, la Ligue des Droits de l’Homme (France) le disent. J’écris d’ailleurs sur le Net, pas encore touché par la censure et les téléchargements illégaux, tant il existe en France un climat de peur dans les autres médias français vis-à-vis du pouvoir qui a pour conséquence l’auto-censure ou la censure sur les sujets qui devrait faire débat sur la politique menée. Publier sur la Toile est symbolique aussi d’une lettre que je souhaite universelle. Le bruit médiatique français est fermé sur lui-même et ne rend plus compte de la réalité : comme jadis le nuage toxique de Tchernobyl, en 1986, qui s’était arrêté à nos frontières gauloises selon la propagande Chiraco-Mitterrandienne ; comme aujourd’hui avec les actions toxiques « illiquides » dont on veut faire oublier l’existence alors que celles-ci ont été la cause de la Crise financière majeure d’octobre 2008. Comme aussi la préparation de l’Union Transatlantique UE-US pour 2015 encouragée par les députés du Parlement européen (ignorée des citoyens), comme le « découplage » imposé entre producteurs et transporteurs d’énergie, voté le 22 avril 2009 par le Parlement Européen : « libre » concurrence (imposée), disent-ils. Pas d’Unité nationale derrière ces élites courtisanes de l’Argent-Roi de court terme qui méprisent l’Homme, mais d’abord derrière la promotion durable de l’Homme.
 
La République Française a pour valeurs la Liberté, l’Egalité, la Fraternité. Gravées sur nos Francs, elles ne sont plus marquées sur les pièces d’Euros françaises. Voyant la République en danger, Sarkozy et son Parti « Populaire » ont proposé un programme présidentiel équivoque de « réformes » et de « modernisations ». Les socialistes étant tout aussi opportunistes et populistes mais désunis et sans réel programme ni alternative, les Français ont cru faire un bon choix. Mais les réformes et modernisations nécessaires proposées allaient-elles dans le bon sens ? Derrière un Bluff d’Etat permanent et communautariste qui divise pour mieux régner, qui supprime les corps intermédiaires politiques, judiciaires, syndicaux, médiatiques, se révèle une action pragmatique néo-conservatrice et néolibérale anglo-saxonne qui menace les valeurs de la France.
 
Sous prétexte de modernisation et de réformes, la France devient le pays des Lumières oubliées, la patrie des Droits de l’Homme ignorés (cf la déclaration Française du 1er avril 2009, veille du G20, qui ne parlera plus d’indépendance du Tibet pour plaire à la Chine). La France devient le pays de la Liberté surveillée avec cette culture technologique sécuritaire de Judas qui permet, comme l’œillet d’une porte, de surveiller et de voir sans être vu : messagerie Google, Facebook, vidéo-surveillance généralisée appelée vidéo-protection (cf discours de la SNCF), puces RFID pour les Pass dans les trains. Politique de Judas aussi, quand le nouveau Ministre Français de l’Immigration, parmi d’inquiétantes mesures, signe une circulaire (5 février 2009) qui conditionne un éventuel accès à une carte de séjour pour les clandestins qui dénonceraient leurs passeurs, fait de la solidarité et de l’assistance à personne en danger un délit, propose dans un cadre légal extrêmement flou de bientôt « mesurer la diversité », statistiques qui seraient contraires à la Constitution.
 
Ensuite, la France devient le pays de l’Egalité démantelée, puisque l’Egalité s’oppose au libéralisme, au Marché. Alors, pour cacher sa politique libérale inégalitaire (car concurrentielle) Sarkozy, aidé d’un Commissaire – Sabeg, un patron qui a proposé en 2004 une Charte de la diversité pour les entreprises – , parle d’Egalité des chances et de diversité, qui valident la situation actuelle sans chercher d’Egalité régalienne des Droits. La recherche de statistiques ethniques par ce même Sabeg peut servir aussi à deux choses : un contrôle accru des populations souhaitée par la future Union Transatlantique, mais aussi aider à gouverner non plus une nation, mais un pays devenu addition de communautés, le communautarisme étant une manière de diviser pour mieux régner. Mais, Sarkozy fait aussi l’erreur de diriger un pays, une Union Européenne, comme une entreprise : avec une culture du résultat. Ainsi il fixe des objectifs quantitatifs chiffrés à ses ministres pour la Police, la Justice, l’Immigration, etc. Des quotas comme la Politique Agricole Commune de l’Union Européenne qui va être révisée et pourtant passée sous silence. L’aspect qualitatif, pourtant essentiel dans un pays où les communautés et les individus doivent vivre ensemble, est mis de côté.
 
Jacques Delors a bien précisé, récemment à la radio, que l’Europe actuelle –qui n’est plus celle du Marché Commun mais celle de l’après Acte Unique Européen (signé en 1986, appliqué en 1987), avait trois piliers : la compétition, la coopération et la solidarité. Mais lequel de ces piliers écrase les deux autres, selon la Constitution Européenne maquillée en Traité de Lisbonne ? Pourquoi les référendum ont-ils échoués (les Irlandais doivent revoter après leur premier « non ») ? Parce que l’Union Européenne est libérale, ignore le protectionnisme – même si elle prétend le contraire – jusqu’à faire tomber les souverainetés nationales et oublier les citoyens devenus simples « consommateurs » à ses yeux. L’Europe est d’abord économique : le sort des européens est secondaire. Ce modèle est intéressant économiquement pour les dirigeants : c’est pourquoi une Union Africaine est née et qu’un jour une Union Américaine pourrait naître (d’où la résistance latino-américaine qui se radicalise), voire une Union Asiatique autour de l’argent et non de la famille humaine divisée, fragilisée (Crises alimentaires), sans cesse recomposée. La démocratie y est si vivante, si active, « mur de papier » face au Marché, que les Partis majoritaires souhaitent une campagne courte et bruyante, donc sans vrais débats, histoire de viser l’abstention et le vote réflexe affectif (un électeur de gauche votera à gauche) plutôt que de risquer un désaveu de la part des citoyens qui aspirent à une Europe humaniste.
 
Dans le néolibéralisme, il ne faut pas se contenter de l’offre et de la demande équilibrés, mais diminuer artificiellement l’offre (ce qui est rare est cher) et accentuer artificiellement la demande (Crédits, publicités, nouveaux produits) pour que la demande soit toujours plus importante que l’offre. Du coup, pour un développement durable de la Croissance économique, ces patrons et chefs d’Etats cherchent de nouveaux Marchés : les services publics, la santé, etc. S’il n’y en a pas, il faut provoquer une crise voire une guerre (nous ne sommes pas ici dans la morale mais dans le pragmatisme économique, mécanique). L’argent du contribuable ne revient plus au contribuable (plus de redistribution des richesses ; privatisation des richesses ; socialisation des risques) et il doit payer ces mêmes services « publics » plus chers. Quels progrès (social, humain) peut-on espérer d’un pays qui privatise à l’excès ses richesses ? Le contribuable est fragilisé dans son emploi, dans sa santé, dans son éducation, il est donc plus servile et plus facile à gouverner. Pour éviter les colères et les réactions, ces patrons proches du pouvoir tiennent les médias et la culture : télévision, radio, presse. Pour contrôler Internet, le Gouvernement français prétexte la protection de la Création artistique dans sa diversité et rend illégal le téléchargement sur Internet d’œuvres musicales (Loi Hadopi). Cela rassure les producteurs et diffuseurs et quelques artistes un peu naïfs. En effet, la culture de masse, les Mass médias, avec leurs critères libéraux de rentabilité maximum, font bien plus de dégâts sur la diversité culturelle qu’Internet. Et si la vraie motivation était qu’une fois cette mesure mise en place, l’Etat rendait aussi illégale sur Internet les opinions contraires à la Communication officielle, à la Pensée Unique, à la Culture Unique ?
 
La Fraternité de la France, elle aussi, est « modernisée », « réformée », « valorisée » (au sens libéral du terme). Les Services Publics qui fonctionnaient avec l’argent public, sont mis en panne, démantelés, sous-évalués puis privatisés par les patrons proches du président avant même que les lois qui l’autorisent soient réellement discutées et votées par l’Assemblée. C’est la révision générale des politiques publiques (RGPP), en fait une Thatchérisation Blairiste du modèle Français. Le Gouvernement français parle des privatisations comme d’un avantage sensible pour les consommateurs... pardon, les citoyens. Le peu de fonctionnaires restants fusionnent (Police et Gendarmerie, etc) et sont soumis à la culture impitoyable et arbitraire (car coupée de la réalité) du résultat. Quelques résistances du côté de l’Education Nationale qui devrait être un jour privatisée après le prétexte d’un accès à l’autonomie qui serait une belle « preuve de confiance ». Attention, mensonge d’Etat. L’argent des contribuables ne va plus aux services publics, mais va au privé. La Fraternité est aussi un frein à la croissance libérale, car elle a un coût social et est donc ignorée. Enfin, la Fraternité est sanctionnée par des lois françaises qui sanctionnent toute aide à des clandestins (loi du code des étrangers L 622-1 dénoncée par le film français Welcome) qui sont parqués dans des Centres de Rétention Administratifs avant de les expulser parfois de manière expéditive car sous pression des quotas.
 
Le modèle néolibéral déshumanisant venu des Etats-Unis, cette Globalisation de l’économie qui vante davantage le Progrès technologique et la Croissance économique que le développement durable de toute l’humanité et de la planète (en France les Grenelles de l’environnement sont en panne, comme le prochain sommet 2009 de Copenhague ?), touche les Institutions Européennes et ses pays membres. Les néolibéraux parlent non de travailleurs (ou de salariés), ni de ressource humaine, mais de capital humain, une variable statistique qui obéit aux mêmes règles du libre Marché. Les personnes salariées entrent en concurrence les uns contre les autres, même au sein de l’Europe. Les entreprises qui payent le moins leurs salariés sont celles qui remportent les marchés. A quand des salaires aux enchères inversées ? En s’inspirant du RSA, la France pourrait faire travailler des Français moins chers que le SMIC, par exemple en demandant 700€ à l’employeur, l’Etat se chargeant de compléter avec diverses aides, ce qui manque pour arriver au SMIC. Le salarié français est-il lésé ? Non, croit-on puisqu’il reste légalement au SMIC. Mais oui, si l’on considère que le SMIC est obtenu par une aide de l’Etat, composée de l’argent public, donc du contribuable. Les charges patronales sont transférées aux salariés, comme l’a préconisé l’Institut Montaigne, proche du Pouvoir. La France deviendrait plus attractive mais en socialisant un effort qui ne servira donc pas à autre chose (services publics, Education, Sécurité Sociale, Santé). Quel coût social ! Avec la logique de la concurrence, les entreprises iront là où les salaires sont le moins chers, les paradis sociaux comme l’Inde ou la Roumanie. Au final, les entreprises privées sont les grandes gagnantes : elles privatisent les profits et socialisent les pertes et les contraintes de productions. Elles achètent ou gardent à prix d’or (bonus, parachutes dorés) des patrons et dirigeants qui joueront ce jeu de « chamboule tout ».
 
L’Etat, le Droit, deviennent même un frein à la Croissance dans cette loi de la jungle économique. Alors, l’Etat, le Droit, voire la Démocratie (cf les questions du nucléaire civil, son exportation) s’effacent devant cette main libre du Marché. Faute de pouvoir devenir assez un paradis fiscal (malgré les boucliers fiscaux aux plus riches) et un paradis social (les français sont trop ronchons), alors la France espère devenir un paradis judiciaire : disparition du juge d’instruction indépendant pour un juge de l’instruction sous la tutelle du parquet, donc du ministre de la Justice ; pôle financier de Paris avec quatre fois moins de dossiers en un an pour fraudes (Canard Enchaîné du 8 avril, page 4). Mais les Etats complices peuvent aussi surfer sur les insécurités (terrorisme) et les crises, voire les favoriser (comme aux Etats-Unis), pour limiter les libertés collectives et individuelles et faire voter des lois « nécessaires », « urgentes », qui accélèrent le démantèlement de toutes les barrières, même démocratiques, à la Croissance économique. Ils crient, unanimes : pas de protectionnisme. Refonder le capitalisme ? Il y a des Ministres de la Relance, mais pas de la refondation. Dont acte. Le G20 est une escroquerie (voir quels paradis fiscaux manquent sur la liste) : de nouvelles crises financières sont à attendre, qui ruineront les peuples mais pas leurs élites plus complices que concurrents.
 
Pour se « moderniser », s’adapter, se réformer, il faut aussi être les plus rapides. Alors les pays démocratiques ont un handicap sur les pays non démocratiques et qui ignorent les droits de l’homme et du citoyen. Selon le Canard Enchaîné (8 avril 2009, page 2) Sarkozy aurait dit après le G20 que « pour changer l’Europe, le volontarisme et les actes priment sur les débats institutionnels ». Quand « l’Europe veut l’Europe peut », claironne l’UMP (l’Europe ne veut pas de protectionnisme). Peut-être est-ce pour cela que dans son Parti UMP la campagne des régionales 2010 a commencé avant la campagne européenne ? Les élections européennes servent-elles à quelque chose ? L’Union Européenne est-elle démocratique ? Les possibles paroles de Sarkozy rappelle aussi étrangement le discours, plus engagé et caricaturé, du personnage Herr Garbitch, Ministre de l’Intérieur, Ministre de la Propagande qui parla juste avant le Barbier (Charlie Chaplin) dans le fameux discours final du film « le Dictateur » (1940) qui défend avec vigueur l’homme et la démocratie, réclame un réveil citoyen, une mobilisation forte face aux dictatures. En l’absence d’humanistes et démocrates « audibles » comme Chaplin, les dirigeants font voter des lois qui sont déjà en application et la démocratie n’est plus qu’une référence, une coquille vide devant la dictature de l’argent. Avec cette socialisation des contraintes et des pertes (bancaires et financières) ajoutées à la concurrence, les richesses réelles produites ne servent plus à la communauté mais sont privatisées, dans les mains de quelques privilégiés. Bref, un vaste détournement de l’argent public qui ne servira donc pas au progrès social, à la communauté, au développement humain, mais uniquement à la croissance économique. La croissance de tout l’homme et des tous les hommes devient même un frein à la croissance. « Imaginons la France d’après », disait la pré-campagne de Sarkozy en 2007. On y est, et beaucoup n’en sont pas fiers.
 
Comme beaucoup, je ne suis pas alter-mondialiste, « contre le capitalisme » pour autant. Le capitalisme ne doit pas être fait pour lui-même mais pour redistribuer/socialiser de manière optimale les richesses produites. Le capitalisme modéré est donc fait pour l’homme et la société et non l’homme et la société pour le capitalisme. Sinon, modèle économique et modèle de société se confondent, l’économie piétinant l’homme : adieu Fraternité universelle et Terre hospitalière. Si rien ne changeait aujourd’hui (le G20 doit encore se réunir à New York en septembre 2009), ce nouvel esclavage économique amènera à des dérives sécuritaires, à la fin de la civilisation capitaliste, déjà imaginée par George Orwell dans son roman 1984. Cette civilisation vit déjà à crédit et hypothèque déjà l’avenir de nos générations futures en renflouant aveuglément des banques qui ont joué au poker de la Mondialisation libérale. Un « nouvel ordre économique » ne peut se fonder sur la ruine de l’humanité et ses désordres ; un « nouveau monde » ne peut être un monde asservi au seul profit économique à court terme d’une génération égoïste qui n’a d’autre vision de la vie, de la transcendance, et de l’au-delà que : no future. Et que dire de la vérité d’une Mondialisation qui exclue (on parle du G20 mais pas du « G179 » : nouveau « mur de la honte »), oppose, et n’est pas assez solidaire ? Qu’elle n’est pas assez humaine… La vision manichéenne des néoconservateurs avec un axe du Bien tout blanc et un Axe du Mal tout noir est un mensonge (il reste d’ailleurs de nombreuses questions sans réponse sur les attentats du 11 septembre 2001), mais sert leur nouvelle Croisade (cf le livre « le choc des civilisations de Samuel P. Hutington) appelée Mondialisation avec, comme bras armé, le libéralisme économique, voire l’OTAN. Faillite du socialisme, du nationalisme, du capitalisme, faiblesse de la foi et des croyances, confusion des images et de la réalité.
 
Une résistance culturelle basée sur l’humanisme est nécessaire. Le Monde est profondément déboussolé. Pour que le Monde retrouve espoir et ne se mutile plus avec ses pulsions de mort, il doit miser sur l’homme, sur un nouvel humanisme qui se repose la question : qu’est-ce qu’être homme à l’échelle géographique et historique de l’humanité ? Cet humanisme lucide et solidaire doit s’appuyer sur des valeurs immuables, naturelles, vraies, et non sur des opinions et de pseudo-philosophies, fausses car trop subjectives et relatives. Une rupture majeure de la philosophie classique a eu lieu avec le « Cogito ergo sum » de Descartes (cf livre « Mémoire et identité », Jean-Paul II, 2005, Flammarion, page 21 et suivantes) porteuse des « idéologies/philosophies/structures du mal » –après la deuxième guerre mondiale, la Société Des Nations a coupé la mauvaise herbe mais pas ses racines qui ont développé cette idéologie, cet intégrisme (terrorisme ?), économique – . Dès lors, le réel dépendant de ma pensée et ne sont plus extérieurs à moi. Ils existent que si j’en ai l’idée, la conscience. Quelles œillères sur l’objectivité d’un monde qui, en fait, nous dépasse, quelle subjectivité inquiétante. L’intelligible platonicien est touché et, avec lui, une certaine transcendance (religieuse ou non). Le manque de considération pour les Sciences Humaines, la marginalisation des « humanités », dans notre société dite « civilisée » est significatif. Tout comme priver la laïcité d’une réflexion sur les religions, c’est lui enlever les clés d’interprétation du monde contemporain. Tout cela amène une absence de conscience, d’éthique et de morale au moment où le progrès et la science se développent à un rythme fou et peuvent menacer l’homme et la planète (la Création) durablement.
 
La science et la technologie répondent au « comment », jamais au « pourquoi ». Un certain scientisme a développé une pensée mutilée et mutilante, qui occulte le sens des choses. Faute de sens, l’homme s’étourdit, se divertit (cf divertissement pascalien) pour ne pas prendre peur devant sa condition mortelle devant laquelle, riche ou pauvre, il est nu, oubliant égoïstement sa descendance. Solitude de l’homme moderne qui a froid. Œil malade de l’homme qui ne voit plus l’âme des choses et de ses frères en humanité. Car la société audiovisuelle permet aussi moins à l’homme d’avoir un une intériorité, un raisonnement articulé, responsable, acteur. Son œil et ses affects suivent passivement les écrans (jeux vidéos, télévision internet) court-circuitent la raison, l’isolent de vrais réseaux sociaux. Quel pays, quel continent, quel monde voulons-nous ?
 
Je ne suis ni anarchiste, ni pessimiste, ni fataliste, mais pour une prise de conscience citoyenne qui permette un « mieux-être » démocratique, fort, pacifique. Le monde est la résultante de ce que chacun en fera. Chaque génération de citoyens doit se réapproprier activement le monde réel et le laisser à la génération suivante, en meilleur état économique, moral, social, qu’il l’a reçu. Alors l’Homme grandira, entrera dans l’Histoire (comme disait Sarkozy dans son discours polémique de Dakar en 2007 sur l’homme africain). La France, pays des Droits de l’Homme, pays des Lumières, et les humanistes de bonne volonté sont capables d’un tel chemin. Telle est sa richesse, telle est sa force, sa véritable identité. Ne laissons pas un Président français continuer à massacrer notre héritage commun, universel. Je terminerai en paraphrasant René Cassin (1887-1976), Prix Nobel de la Paix 1968 et principal rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « je tiens de ma patrie un cœur qui la déborde, et plus je suis Français, plus je me sens humain ».
 
 
Yann,
Citoyen du Monde, humaniste au chômage longue durée.

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7 réactions à cet article    


  • FR-ank FR-ank 9 mai 2009 11:48

    tout a fait d’accord. c’est a nous citoyen de faire changer les choses car les nantis, dirigeants, financiers bref les 20% de la population qui en profitent au maximum ne laisserons jamais leur place ou plutot changer le systeme ( ils se gavent litteralement ).
    Ne nous laissons pas asservir ( c’est trop dure, c’est trop complique, on ne peux rien y faire, rien changer )
    le libre choix ( certain diront dieu ) est en chacun de nous, ce choix de dire oui ou non, de faire ou ne pas faire, d’agir ou de laisser-faire...
    7 juin 2009 - votons citoyens, votons NEWROPEANS


    • JONAS JONAS 9 mai 2009 12:11

      @ Yann, Citoyen du Monde, humaniste au chômage longue durée  :

      Vos bonnes intentions sont louables  !

      Vous avez au moins le courage de dire, humaniste au chômage longue durée  !

      Mais humaniste et au chômage de longue durée, sont contradictoires…  !

      Humaniste  ! Si vous êtes sincère, c’est sacrifier aux plus pauvre que soi  ! C’est comme nous, accepter de perdre sa vie pour les autres, c’est l’extrême  !

      Malheureusement le monde n’est pas peuplé de Pompiers et d’humanistes sincères comme vous  ! Les hommes sont des prédateurs, nous le savons depuis longtemps, les vocations existent toujours  !

      Il n’y a pas de chômage pour les personnes qui acceptent de perdre leurs vies  !

      Ne prenez pas cette observation pour un reproche, tout le monde ne pas avoir la vocation ou les qualités physique et intellectuelle pour faire ce métier.

      Mais, soyez objectif  ! Sans être un prédateur, vous avez le droit de défendre votre toit, votre gamelle et de disposer d’un travail  ! Vos ancêtres se sont battus pour cela.

      C’est un minimum vital, si vous ne le défendez pas, d’autres prendront votre place sans scrupule et sans remords.

      La prédation est une loi de la nature, tout ce qui vie est prédation  ! La Faune et la Flore sont assujetties à cette loi  ! Aucune loi humaine ne peut la vaincre  !
      L’homme à l’estomac vide depuis une semaine, ne connais plus aucunes lois, sauf une celle de la faim  ! Et elle abroge toutes les autres.

      Bien à vous.

       


      • gruni gruni 9 mai 2009 18:22

        Yann.

        Vous êtes un extraterrestre ! et c’est un compliment.


        • Croa Croa 10 mai 2009 18:13

          Yann,

          Ton article est long et dense, (trop !) mais je suis tout de même arrivé au bout ! Remarquable et sincère je te mets un plus bien mérité.

          Je le trouve anthropocentré, ce qui t’empêche de voir l’essentiel c’est à dire que notre espèce ou plutôt l’oligarchie qui la domine, avant d’asservir ses semblables, détruit surtout tout autour d’elle... Mais rien n’est parfait ! Par ailleurs le sujet est la démocratie et c’est bien d’y croire encore un peu.

          ALORS QUE FAIRE ?

          À mon avis ne plus entrer dans le jeu où nous entraînent le système qui a été mis en place. Cela ne veut pas dire refuser les élections ! Ce serait en effet pour les oligarques et leurs valets qu’un moindre mal dont ils s’accommoderaient fort bien. D’ailleurs pour les prochaines les sondages vont parait-il dans ce sens et la faible visibilité de la campagne Européenne dans médias ne démontre pas autre chose ! Il y a donc mieux à faire.

          Je vous en prie VOTEZ ! Votez n’importe quoi SAUF pour les partis historiques et leurs alliés complices du système en place. Votez pour d’autres que ceux qui ont soutenu les divers traités scélérats organisant la mise sous tutelle des états et leur endettement, ce même lorsque des peuples ont dit non !

          Le choix ne manque pas, des anti-capitalistes aux anti-sionistes en passant par les décroissants !

          Sans vous obliger,
           je conseille pour ma part les écologiste indépendant ; Voir au besoin cette vidéo avec Francis.

          Mais déjà,
          Par nos votes hétéroclites nous pouvons les désavouer ! Ils ont très peur de cela même si, comme le non à la fausse constitution de Giscard, cela ne générerait pas de révolution !

          Cela ferait du bien tout de même ! smiley


          • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 18:14

            Oui. Je propose dans cette édition de AGORAVOX une approche de Google Street View qui semble comme une réponse à votre appel, l’idée est au fond la même (seule nuance : personnellement je me fous de Monsieur Sarkozy, d’ailleurs ce n’est pas mon sujet, et même, en général, la présidence de la république, quel que soit son titulaire,
            n’est pas l’horizon de mes réflexions).


            Pour le reste : je votre oui à votre texte.

             


            • pas perdus pas perdus 12 mai 2009 14:24

              Intéressant...

              je crois qu’il faut rompre avec un système économique qui ne respecte ni l’homme ni l’environnement...


              • jeanclaude 1er juin 2009 12:22

                Généreux. Mais il faut bien que la France se batte selon les règles en cours. Qu’elle tienne sa place pouir les changer, les adoucir.

                Elle ne peut le faire que dans l’Europe.

                Cette acceptation de la réalité - non la résignation devant ... - devrait guider tous ceux qui débattent sur notre vote européen.

                Dans la pratique, votre argumentation au niveau de la morale et des principes, devrait se compléter par un volet plus technique.

                Avec la difficulté du passage des finalités, des intentions, à un projet faisable.

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