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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Variations sur l’assistanat sexuel

Variations sur l’assistanat sexuel

Dans la lutte contre le chômage, toutes les idées sont bonnes. La majorité présidentielle tente de nous convaincre qu’il reste des boulots à inventer. Mais elle prend aussi à coeur l’achèvement de la société de services : l’Etat PMU s’intéresse au bien-être de chacun. Au confluent de ces deux objectifs : les handicapés. Et voilà que Jean-François Chossy, député de la Loire et président du Groupe d’études « Intégration des personnes fragilisées et handicapées » de Assemblée nationale, sort de son chapeau un nouveau métier possible : assistant sexuel. Ce métier du futur (et du présent en Allemagne ou aux Pays-Bas) nous donne du grain à moudre. Au moins a t-il le mérite de nous divertir des autres débats sociétaux classiques qui commencent tous à nous ennuyer (euthanasie, cannabis, téléchargement).

Quelles sont les autres solutions ?

Il existe peut-être des solutions techniques (vibromasseurs, masturbateurs) pour ceux qui sont privés de leurs mains notamment. Mais cela ne remplace pas le contact avec autrui. Avant tout, il faudrait une vraie enquête sur les pratiques sexuelles des handicapés pour s'assurer que la non-vie sexuelle des handicapés est une norme. Est-on bien sûr que, notamment dans les structures spécialisées, les handicapés n'ont pas de relations sexuelles entre eux ? Et si les échanges avec l'extérieur étaient plus répandu (à l'université, au travail, dans des associations sportives et culturelles), n'auraient-ils pas plus de chance de trouver des expériences éphémères ou durables ?

Il est presque sûr que les valides tombent -hélas- peu souvent en amour des handicapés. Alors, pourquoi ne pas créer des lieux de rencontre amoureuse pour handicapés ? Cela existe bien pour les cadres sup'.

A partir de quand est-on handicapé ?

Un cadre sup', c'est assez facile à définir, mais qu'est-ce qu'un handicapé ? Un handicap, c'est ce « ce qui défavorise, met en position d'infériorité » me dit un vieux dictionnaire Hachette. La notion d'infériorité pose le thème de l'égalité. Si on considère tout handicap comme une injustice, alors il faut œuvrer -pourquoi pas collectivement- à réparer cette injustice. Or, tout handicap est relatif à un but donné. Pour l'aider à être le plus mobile possible, la sécurité sociale finance le fauteuil roulant de celui qui a perdu l'usage de ses jambes, les bâtiments publics se dotent d'ascenseurs, etc. La société a plus de mal à aider les handicapés mentaux, néanmoins elle essaie de développer leur intégration à travers des formes variées (par le travail, les arts, le théâtre et d'autres activités).

Qu'il vivent dans leur famille ou dans une institution spécialisée, les handicapés sont néanmoins très souvent frappés par une forme d'exclusion : l'exclusion sexuelle. Sont-ils les seuls ? L'exclusion sexuelle n'a t-elle pas toujours comme origine première un certain handicap ?

Chasteté et prostitution

Il est bien connu que faire l'amour allonge la vie. Forniquer est donc souhaitable a tous ceux qui ne choisissent pas sciemment la chasteté. D'un autre côté, ce débat ne risque t-il pas de stigmatiser la chasteté. Une vie sans sexe, est-ce une tare ? Une déviance ?

En créant une profession spécialisée, on stigmatise d'autant plus les handicapés. Un handicapé physique deviendrait avec cette loi un handicapé physique et sexuel ; un handicapé mental deviendrait un handicapé mental et sexuel. Ont-ils besoin de cela ? Les prostituées « classiques » ne pourraient-elles pas faire le boulot ? D'ailleurs, ne pas réussir à se procurer des rapports sexuels, est-ce propre aux handicapés ? De toute façon, la chasteté forcée est en soi une injustice, quasiment une torture ? Cette injustice est toujours provoquée par un handicap (au sens large) : timidité maladive, laideur, traumatisme quelconque, etc. Alors, si l'on veut résoudre collectivement toutes les injustices sexuelles, dont un handicap (ou une tare) est toujours à l'origine, il faut simplement légaliser la prostitution.

Où trouver ces nouveaux praticiens ?

Peut-être que ce nouveau métier saura attirer des vocations. Mais, étant donné la précarisation de la prostitution en France depuis des années, peut-être que certain-e-s prostitué-e-s seront intéressé-e-s pour continuer leur profession auprès des handicapé-e-s, afin de connaître de meilleurs conditions de travail.

Mais le but est de créer de nouveaux emplois, perçus comme appartenant au domaine médical. Qui voudra ? Les candidats viendront-ils de tous les milieux ? Le risque est qu'il attire des personnes pauvres de France et d'ailleurs, exactement comme la vulgaire prostitution.

Questions pratiques

L'handicapé homme ou femme, comme tout le monde, doit être attiré par son partenaire pour pouvoir faire l'amour et prendre du plaisir. En conséquence, il faudra procéder à une élimination des candidats peu susceptibles de trouver des clients. Qui procèdera à cette discrimination ?

Tournant utopique : vers un communisme sexuel ?

Il serait plus beau, n'est-ce pas, pour éviter la discrimination des corps hérétiques, défiants les normes fabriquées, de s'émanciper de cette société standardisée. Il faut casser le couple et la fidélité, relativiser la hiérarchisation des corps. Tout du moins, il est indispensable que nous disposions tous d'un droit de jambage sur chacun. On pourrait aussi imaginer un monde où l'Etat distribue des droits à la consommation sexuelle, des chèques sexe comme il existe des chèques déjeuners. Cela abolirait la frustration de ceux qui n'arrivent pas, au quotidien, à séduire. La demande serait assurée sans problème. On pourrait créer l'offre en inventant un service sexuel obligatoire qui pourrait durer un an, par exemple. La prostitution, ainsi, disparaitra, avec l'adultère et l'injustice, ce serait le communisme sexuel.

Mais qu'en pense Mélenchon ?

 

Emmanuel Glais


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33 réactions à cet article    


  • Talion Talion 18 janvier 2011 13:32

    « Mademoiselle, nous vous proposons de devenir une pute... »

    « Pardon ?!!!... »

    « Si vous refusez, nous vous supprimerons vos allocations... »

    Bienvenu dans l’idéal républicain de Sarko et DSK !


  • slipenfer 18 janvier 2011 13:59

    perd ses puces

    Imagine le handicapé qui ouvre sa port a un blakos d’1,90m
    et qui lui, tourne toi c’est de la par de popole emploi !


  • xbrossard 19 janvier 2011 11:44

    @Talion


    c’est déjà une réalité en allemagne...

  • zelectron zelectron 23 janvier 2011 09:24

    Sous d’autres régimes, c’était (c’est) : vous avez (tu as) été désignée d’office
    Sous d’autres encore, dans des banlieues (favellas) sordides, il n’y a pas d’avis qui tiennent
    ...et quant aux allocations, elles n’existent pas.

    nb le prétexte Sarko & Cie à toutes les sauces (c’est le cas de le dire) dessert la cause au lieu de la soutenir


  • LE CHAT LE CHAT 18 janvier 2011 13:30

    Lors des prochaines négociations salariales , je vais demander les chèques turlutte à mon taulier ! smiley la nouvelle carotte ?


    • kéké02360 18 janvier 2011 16:19

      avec ou sans inflation smiley

      p’t’être qu’il va t’accorder l’RTT  smiley


    • Papybom Papybom 18 janvier 2011 13:36

      Bonjour Monsieur Glais,

      Pour avoir déjà abordé ce problème dans «  Accompagnement sexuel ou prostitution ? » attendez-vous à de Drols de commentaires. Mais c’est la loi ici. Ne repliez jamais, c’est leurs faire trop d’honneur.

      Cordialement.


      • Julius Julius 18 janvier 2011 14:50

        > Reste qu’en Allemagne, une chômeuse s’est vu proposer par son agence pour l’emploi , un job dans un Eros Center...

        Vous avez une référence pour cela ? Je pense que ce n’est pas vrai.


      • patroc 18 janvier 2011 13:44

        Quitte à devenir pute, autant le faire sans se déclarer !.. Ou alors, en auto-entrepreneur seulement !..


        • Julius Julius 18 janvier 2011 13:48
          En Allemagne, il ya déjà les services sexuels pour les personnes handicapés et âgées. Vous n’avez pas besoin de communisme pour cela, juste une libéralisation de la prostitution. Mais il faut être moins hypocrite que en France, la prostitution est de facto illégale, mais la pornographie existe même dans la télévision terrestre.

          Pour ceux qui savent lire en allemand :

          http://www.tagesspiegel.de/wirtschaft/sexarbeit-wird-anderen-berufen-schrittweise-aehnlicher/3695472.html


          • slipenfer 18 janvier 2011 13:57

            le problème affectif n’est pas clairement discuté dans cette problématique,
            et si le handicapé tombe amoureux de sa partenaire,le voyant avec d’autre
            ne risque t’il pas de déprimer, par exemple ?


            • Jiache 18 janvier 2011 15:42

              L’affectif des handicapés est un sujet tabou. Je ne parle pas seulement de sexe. Quand un éducateur a accompagné un individu pendant 5 voir 10 ans et que ce même éducateur est muté ou change de travail, croyez vous que l’affect n’entre pas en ligne de compte pour l’un et pour l’autre ?
              Que ce soit d’ordre sexuel ou non, nul ne peut nier l’attachement qui se crée entre accompagnant et accompagné.


            • Orwell 18 janvier 2011 14:39

              Merci de traiter ce sujet avec ironie..
              La législation lorsque qu’elle ne peut plus légiférer sur les aspects essentiels et vitaux (Economie, Commerce, Monnaie) est elle-même frustrée et commence à s’immiscer insidieusement dans la vie privée des gens.

              Comme le dit l’auteur, la sexualité est un droit, je peut coucher avec qui je veux si il/elle veut, mais ça n’est pas un devoir ! On est pas obligés de coucher pour être heureux, l’affection de ses parents, de ses amis ou de ses enfants peut suffire à reprendre confiance en soi, car c’est de ça qu’il s’agit en réalité.
              Et quand on a confiance en soi, il devient beaucoup plus facile de séduire.
              Et l’état a encore moins le droit d’aménager des structures d’aide à la sexualité pour les handicapés, ça commencera en version soft par eux, puis on se dira « Mais biensûr ! Pourquoi ne pas obliger les gens à avoir une vie sexuelle normée ? »
              Vous reprendrez bien un peu de soma ?

              Tous les handicapés pourvus qu’ils aient quelqu’un de confiance peuvent se procurer un service sexuel, cela étant c’est tellement morbide que ça n’est pas sûr que eux-

              Si la loi commence elle même à être un divertissement par son ridicule.


              • Jiache 18 janvier 2011 14:40

                Votre article a le mérite de poser une bonne question. Cependant, je ne comprends pas bien le terme d’injustice. Il n’y a pas de notion morale (juste/pas juste, bien/pas bien) dans le handicap.

                >> Si on considère tout handicap comme une injustice, alors il faut œuvrer -pourquoi pas collectivement- à réparer cette injustice.

                Le handicap est une déficience (motrice, intellectuelle ...) mais le handicap n’est ni juste ni injuste, il est ... handicap, c’est pour cela que l’on utilise ce mot ! Ce n’est pas du pinaillage, ceci me semble très important si l’on veut parler de la place qu’on laisse aux handicapés dans notre société.

                >> les handicapés sont néanmoins très souvent frappés par une forme d’exclusion : l’exclusion sexuelle

                Si ce n’était que ça ! Beaucoup de handicapés ne sont pas exclus mais reclus le plus loin possible des centres ville, la ou ils sont bien cachés, la ou personne peut les voir. J’ai choisi le mot réclusion volontairement. On pourrait à ce titre parler de réclusion sexuelle.


                • kiouty 18 janvier 2011 16:24

                  Il est bien connu que faire l’amour allonge la vie. Forniquer est donc souhaitable a tous ceux qui ne choisissent pas sciemment la chasteté.

                  Oui, enfin, ça c’est valable quand on choppe pas une MST grave en passant.

                  Sinon, je suis globalement d’accord : OK, les handicapés ont droit a une vie sexuelle. Mais les moches repoussants aussi. Et pourtant, c’est moins facile pour les moches repoussant(e)s que pour les beaux et belles attirant(e)s.
                  C’est injuste mais c’est comme ça. Si il y a une idée à intégrer, c’est que si je suis moche et si repoussant que je n’arrive pas à avoir de vie sexuelle satisfaisante au même titre que si je suis handicapé et que je n’arrive pas à avoir de vie sexuelle satisfaisante, de même que si je suis un fétichiste qui a du mal à trouver un partenaire qui accepte de satisfaire mon fétichisme par son caractère repoussant, et bien dans tous ces cas là, je devrais recourrir aux services d’un ou d’une professionelle, point barre. Et ca se trouve facilement de nos jours sur internet. C’est tout. C’est injuste mais c’est comme ça. C’est la loterie génétique et les destins tragiques. C’est la vie.

                  Un handicapé, si il veut du sexe et si il n’arrive pas à en avoir « naturellement », il devra recourrir à un(e) professionnel(le). Qu’on appelle ça « prostitution » ou « assistanat sexuel », peu importe, on parle de prostitution dans les deux cas. Et le débat n’est absolument pas nouveau, il est au contraire récurrent, comme celui du cannabis, de l’euthanasie etc etc...


                  • kéké02360 18 janvier 2011 16:30

                    P’t’être que les techniciennes péripapéticiennes vont enfin voir leur métier reconnu et cotiser pour la retraite jusque 69 ans ( avec possibilité de départ à 50 sans abattement, en attendant la circulaire Fillon )  smiley


                    • kéké02360 18 janvier 2011 16:36

                      << Mais qu’en pense Mélenchon ? >>


                      Stop joker !!!! déjà qu’on se fait enmencher par l’UMPS depuis que shorty est au pouvoir smiley


                      • uccle44 18 janvier 2011 17:50

                        « Handicapés ». « Tournant utopique : communisme sexuel ». Votre article a du mérite. Il ose parler d’une chose qui était tabou il n’y a guère. Notre civilisation judéo-chrétienne a formaté nos mentalités avec « le sens du péché », alors que l’Antiquité avait ses prostituées sacrées (il y avait aussi, bien sûr, les autres). La glorification du corps humain -fût-il handicapé- est un bien. Et il n’y a pas de mal à se faire du bien...  smiley Charles Fourier, ce « socialiste » utopiste du 19ème siècle, a décrit dans ses ouvrages une certaine forme de communisme sexuel. Son ouvrage « L’ordre subversif » traite de la civilisation répressive et irrationnelle opposée à « l’association régie par l’attraction passionnée ». Il y a aussi l’ouvrage de Wilhelm Reich « La révolution sexuelle », qui traite des névroses dues à notre société patriarcale et monogamique en citant moult exemples.


                        Ce n’est malheureusement pas avec Sarcome, qui a la prétention de retourner avant mai 68, que les choses et les mentalités vont évoluer...  smiley

                        • perlseb 18 janvier 2011 20:13

                          Vive la libération ! Il y a des gens qui n’ont pas de logement, qui n’ont pas d’argent pour manger ou payer leurs factures mais on va s’intéresser aux problèmes de sexe d’une partie de la population (car ceux qui ne sont pas handicapés mais qui sont moches n’auront droit à rien, ils n’ont qu’à s’estropier s’ils veulent être aidés sexuellement, voire être aidé tout court).

                          Essayez de vous mettre dans la peau d’un assistant sexuel (payé par la sécu) qui, en allant au boulot, croise des SDF qui fouillent dans les poubelles. Aura-t-il le sentiment que les priorités de cette société sont bien cohérentes ? Mais pourquoi parler de cohérence quand les gens sont lobotomisés et sont prêts à faire n’importe quel métier pour acheter les futilités que la publicité leur présente ? Finalement, les gens acceptent la prostitution car ils sont tous prostitués dans leur tête.

                          En parlant de sexe, les gens se croient libérés et en se croyant libérés, ils se croient modernes. La société atteint des sommets d’incohérence, et personne ne s’en rend compte : c’est un signe profond de décadence qui ne trompe pas.

                          Les priorités dans l’ordre : à manger, un logement décent, puis, idéalement, pouvoir participer à la création des biens (travail). S’intéresser à d’autres problèmes montre que l’on n’a jamais connu de difficultés sérieuses dans sa vie et je préconise à ces personnes de donner leur démission pour que d’autres puissent travailler à leur place. Au moins, ça les fera évoluer mentalement sur les nécessités fondamentales et ça leur apprendra à être cohérent dans leur tête.


                          • Loatse Loatse 18 janvier 2011 21:13

                            Bonsoir Emmanuel,

                            Je ne pense pas que le mot stigmatiser soit adéquat concernant le libre choix des personnes handicapées à avoir recours ou pas à un assistant sexuel..

                            Je ne crois pas non plus qu’il s’agisse de définir des priorités dans l’échelle des souffrances humaines, Periseb. S’il fallait attendre que la pauvreté dans le monde soit éradiquée pour s’occuper de la détresse des personnes handicapées, rien ne sera jamais fait dans ce domaine.

                            Il est vrai que cela demande une approche différence de la sexualité, un changement des mentalités (et en france nous en sommes encore loin).

                            Cette approche, loin de toutes les idées recues et des préjugés est pourtant possible.

                            http://www.dailymotion.com/video/xdzynl_une-sensualite-pour-tous_shortfilms


                            • perlseb 18 janvier 2011 22:36

                              Si justement, il y a une échelle des souffrances. Ne pas le reconnaitre, c’est ne jamais avoir souffert. Laisser mourrir de froid des gens qui pourraient avoir une vie normale et chercher à s’occuper de la sexualité d’handicapés qui n’auront jamais une vie normale quoiqu’on fasse, c’est parfaitement incohérent.

                              Mais la mode est à l’apitoiement hypocrite. La société crée de toutes pièces des conditions abominables et parfaitement injustes pour certains : là on ferme les yeux, car on est soi-même en partie responsable par son égoïsme et sa lâcheté. Mais pour se disculper de son égoïsme ravageur, on va chercher à aider des handicapés ou des gens qui possèdent une maladie extrêmement rare et très grave, ça donne l’impression d’être un peu humain alors que dans le fond, on n’est qu’un salaud.

                              C’est un peu le riche qui sous-paye tous ses employés et qui donne la piécette à l’indigent : quel beau geste, quel grand cœur !

                              Nous sommes bien dans un monde de brutes épaisses, incapables de se remettre en question dans leur vie dévastatrice de tous les jours. Effectivement, quand on est une brute épaisse, il faut impérativement des gestes concrets pour se dire que l’on est humain.

                              Par exemple, les gens moches qui n’intéressent personne, ça c’est rigolo : ça donne même de l’assurance à ceux qui se croient subitement beaux. Pour les gens moches, on ne fera jamais rien, car ils n’inspirent pas pitié, donc ce n’est pas un bel acte de s’occuper d’eux. On ne peut pas bâtir une société sur la pitié, il faudrait la bâtir sur le respect, mais cette notion est totalement désuète aujourd’hui. Au contraire, l’arnaque et l’entourloupe sont les reines du commerce et du profit.

                              Quelque part, créer des métiers d’assistants sexuels (mots pudiques pour cacher le mot prostitution), c’est ne pas avoir de respect pour ces personnes qui auraient sûrement préférer faire autre chose si elles avaient eu un vrai choix. Où comment l’esclavage un peu plus fort de certains apparaît comme un progrès de société.

                              D’ailleurs les call girls risquent d’être concurrencer par ces assistants sexuels. On cherche peut-être à casser le marché et généraliser la prostitution à bas coût. Quant à l’amour et l’affection, ils ne peuvent pas s’acheter, donc les call girls font amplement l’affaire.


                            • Loatse Loatse 19 janvier 2011 01:17

                              Je crois que vous avez mal interprêté mes propos, periseb... ni regardé la vidéo..

                              Si je prend un exemple. L’état participe au financement de nombreuses associations telles que des clubs du 3ème age qui permettent à nos anciens de rompre leur isolement ...ou des clubs de sport pour les jeunes. Faudrait il supprimer ceci parce qu’on n’a pas encore résolu le problème du logement en France ?

                              J’ai une amie qui a une fille handicapée mentale de 22 ans... pourquoi celle ci n’aurait elle jamais la possibilité de connaitre une vie sexuelle et ce, dans un cadre sécurisant à l’aide d’un personnel qualifié pour s’assurer que, si elle exprime cette demande, celle ci est bien comprise par le malade ?

                              Concernant ce que vous appelez des personnes « laides » ou souffrant de timidité... et que moi j’appelerai plutôt des gens qui souffrent d’une mauvaise image qu’ils ont d’eux même, il leur est possible de bénéficier d’une aide psychologique dans des centres appelés CMP que l’on trouve pratiquement partout en france, je ne crois pas évidemment qu’il faille négliger non plus cette souffrance là.. 


                            • perlseb 19 janvier 2011 19:59

                              Merci pour votre réponse (j’apprécie toujours ceux qui ont un avis très différent du mien et qui font l’effort de répondre).

                              Pour la vidéo, je vous jure que j’ai essayé de la regarder avant de vous répondre mais je n’ai pas pu. D’entrée, le monologue nous explique « Alors que la sexualité et la sensualité sont quelque chose de commun pour tout un chacun, je me rendais compte et prenais conscience que pour une personne en situation de handicap, tel n’était pas le cas ».

                              Pour ce qui est de l’ouverture d’esprit, le moins que l’on puisse dire, c’est que celui qui dit une chose pareille n’en a aucune. Parlez moi de la sexualité et surtout de la sensualité des SDF ou des personnes qui n’ont aucun succès vis-à-vis de l’autre sexe... C’est surtout ça que je reproche à l’assistanat sexuel des handicapés : certains seront prêts à faire ce métier pour des handicapés pensant faire une bonne action (parce que derrière, il y a la pitié que l’on a pour l’autre qui donne une forme de noblesse à cette prostitution) mais on n’a pas assez d’ouverture d’esprit pour réaliser que des gens biens portants se suicident et sont dans des situations de désespoir largement équivalentes à certains handicapés. Pour eux, qui n’inspireront pas pitié, ne se plaindront pas, auront la fierté de ne rien demander aux autres, on les laissera crever la gueule ouverte.

                              Je suis contre l’assistanat tout azimut, mais profondément pour le respect des gens, quels que puissent être leurs problèmes. D’ailleurs si on respectait vraiment les gens, l’assistanat deviendrait presque toujours inutile. La société doit faire un maximum pour que les gens puissent s’épanouir ce qui ne veut pas dire qu’elle doit faire tout et n’importe quoi. En l’occurrence, la sexualité est privée, et devrait être consentie librement par les 2 parties. Pour ce qui est de la prostitution, il faut quand même avouer que si la société permettait aux gens d’être épanoui et d’avoir un minimum (logement décent, travail décent même partiel), le nombre de candidats à la prostitution serait sûrement beaucoup plus faible. Il faut avoir l’ouverture d’esprit minimum pour bien voir cela, car c’est fondamental dans l’assistanat sexuel : on crée des emplois car beaucoup sont au chômage mais quels emplois : est-ce bien décent ? Est-ce que le chômage n’est finalement pas souhaité pour que les gens finissent par accepter tout et n’importe quoi, et à n’importe quel prix ? Demain, on risque de radier tous les chômeurs qui ne voudront pas masturber à l’heure. Car des gens en manque de sensualité, si l’on compte aussi les non handicapés, il y en a de plus en plus (beaucoup plus de gens seuls, déracinés pour aller chercher du travail...).

                              Si on déclare toutefois que la sexualité doit être facilitée par la société, alors il faut s’assurer que les besoins vitaux encore plus primaires sont déjà remplis et que l’on ne fait pas de favoritisme par pitié. Sinon, nous nous enfoncerons dans une société de comédiens parfaits où ceux qui se plaignent le plus (ou qui visuellement, d’extérieur, font automatiquement plus pitié) seront favorisés par rapport à ceux qui ont un minimum de fierté et qui considèrent à juste titre que la société n’est pas là pour répondre à tous leurs ennuis personnels. C’est peut-être un autre signe de décadence : dès que l’on a un problème, quel qu’il soit, on se tourne, comme par réflexe, vers la société, ... jusqu’à son explosion totale.

                              Si la société doit chercher à réduire les injustices et gérer les tensions qui peuvent exister entre groupes, elle devrait éviter d’en créer. C’est pour cela que la société doit obligatoirement travailler par ordre de priorité. Une absence de cohérence par rapport à ces priorités favorisera le rejet de cette société pour ceux, de plus en plus nombreux, qui en feront les frais. En croyant aller plus loin, on ne fera qu’encourager l’explosion sociale. Et si elle arrive, ce sera, à coup sûr, un grand bon en arrière.


                            • Loatse Loatse 20 janvier 2011 02:35

                              Merci à vous Periseb pour votre réponse également.. Je comprend fort bien vos réticiences..le sujet est très complexe et peut donner lieu également à bien des malentendus.

                              Il va de soi que si cette assistance venait à se mettre en place un jour en france, ce serait sur la base d’un volontariat..le contraire serait d’une violence inouie..

                              Sans doute, le climat économique ne s’y prête pas pour l’immédiat. Dés lors que sont de moins en moins remboursés les soins médicaux, qu’effectivement le quotidien pour beaucoup est devenu problématique, cela risque en effet de provoquer de vifs ressentiments si ce n’est plus pour ceux qui vivent l’injustice au quotidien et qui ne peuvent saisir réellement toutes les implications d’une impossibilité de vivre sa sexualité sur le moral et donc par ricochet l’état de santé de la personne handicapée.. ce qui fait qu’en pensant remédier à une injustice, on en provoquerait une autre..

                              (La pitié est un sentiment que je méprise, il met l’autre dans une position d’infériorité, de dépendance.. il en est tout autre de l’empathie.)

                              bien délicat, tout ça....




                            • perlseb 20 janvier 2011 18:33

                              Je suis entièrement d’accord avec vous, le sujet est beaucoup plus délicat qu’il n’y parait. Je pense en effet que les handicapés n’ont pas du tout envie qu’on aie pitié pour eux. Ils veulent, au contraire, dans leur grande majorité, qu’on les respecte et qu’on les traite d’égal à égal, qu’on leur permette de s’en sortir, de circuler librement, d’être autonome le plus possible.

                              Quant à la sexualité, tous les personnes qui sont en détresse sur ce sujet (handicapés ou non) ne cherchent pas forcément la même chose. Je me trompe peut-être mais je pense qu’en général, les gens veulent une relation durable avec un minimum d’amour et de sentiments réciproques. Je ne crois pas qu’on puisse organiser les choses sur ce sujet et toute tentative risque d’être vouée à l’échec pour les 2 parties : les assistants auront un métier dont ils n’ont pas rếver jeune et les handicapés (ou non d’ailleurs) risqueraient d’être déçu d’un simple acte mécanique sans affection.

                              En tous cas, ceux qui seraient complètement oubliés par le système (pas de logement, aucun travail malgré une formation très sérieuse) risqueraient d’en vouloir à ceux qui bénéficieraient de services sociaux « haut de gamme » : ce serait instaurer une forme de division entre gens en difficulté. Je crois qu’il y a bien mieux à faire quand on regarde comment les inégalités entre riches et pauvres se sont accentuées depuis les années 70.


                            • Emmanuel Glais 18 janvier 2011 21:58

                              Slipenfer : Votre remarque est excellente. Bien sûr, je n’ai pas traité du problème affectif, notamment parce que l’assistanat sexuel ne se propose pas de résoudre ce problème. Le sexe peut être abordé de façon pratique (et donc politique), tout ce qui appartient aux sentiments, à l’affectif, se situe totalement en-dehors du champ politique.

                              Jiache : le Larousse en ligne parle du handicap en terme d’ « infériorité »... Selon moi, le handicap en un certain sens est une injustice, sa cause peut être génétique ou accidentelle. La société doit essayer de réparer ces injustices, dans la mesure du possible. Un des enjeux de l’article était de poser la question : jusqu’où la loi (et donc l’Etat et la société) peut s’immiscer dans la vie des gens au nom de leur mieux-être ?

                              Perlseb : On ne peut qu’être d’accord avec vous. L’activité sexuelle des uns et des autres ne peut pas être une priorité collective. Mais la politique ne doit pas faire que parer au plus urgent (questions de la faim, du logement), elle doit aussi énoncer les principes dans lesquels on veut vivre. En ce sens, la question de la prostitution appartient à l’Etat (alors que la pseudo-libéralisation sexuelle est d’ordre sociétale). 

                              Uccle : merci pour ces références.


                              • Yohan Yohan 18 janvier 2011 23:39

                                Euh, l’idée n’est pas forcément débile, mais est ce bien nécessaire ?
                                J’imagine que cela vise une infime minorité d’handicapés, car la plupart d’entre eux se débrouillent fort bien sans aucune aide. Pour les autres, je me demande si le truc ne va pas se retourner contre les faibles d’esprit, car c’est le genre de job qui va attirer tous les détraqués, escrocs, bargeots, arnaqueurs à la petite semaine et j’en passe. Encore une fausse bonne idée sortie du cerveau de gens payés pour se mêler de tout et de rien sans vous demander l’avis de personne, du moment que ça coûte à la collectivité.


                                • docdory docdory 19 janvier 2011 00:00

                                  @ Emmanuel Glais

                                  Il est intéressant de constater que ni la déclaration des droits de l’homme de 1789 ni sa pâle copie de 1948 ne prévoient de « droit à la sexualité ».
                                  Le texte de référence, celui de 1789, se borne à constater que la liberté consiste à faire ce qui ne nuit pas à autrui. En bonne logique, la liberté sexuelle est donc absolue entre adultes dès l’instant qu’ils sont consentants.
                                  Mais cette liberté qu’ont le citoyen et la citoyenne majeurs de faire l’amour comme bon leur semble,du moins en principe en dehors des lieux publics, n’est aucunement une garantie pour le citoyen ou la citoyenne qu’une ou un partenaire voudra bien coucher avec lui. 
                                  De même que le droit qu’à chaque personne de passer le permis de conduire n’implique nullement que l’examen du permis soit automatiquement donné à ceux qui veulent le passer.
                                  Autrement dit, la liberté , qui est la possibilité légale de faire ce qui ne nuit pas à autrui ne signifie pas que cette possibilité légale se concrétise dans le monde réel, ni que soit légalement garantie la possibilité matérielle de faire ce dont on a la possibilité légale. 
                                  Si personne ne peut légalement m’empêcher d’apprendre à jouer du piano, ce n’est pas à la société de m’acheter un piano, et elle ne saurait non plus être tenue pour responsable du fait que je sois trop mauvais pour en jouer !
                                  Pour en revenir au sujet principal de l’article, je me souviens un jour d’avoir été convié à une immense fête dans laquelle je ne connaissais pas grand monde. Il y avait de nombreuses jolies filles dans cette fête, mais l’une d’entre elle était d’une beauté absolument somptueuse, un regard puissant et lumineux, un sourire un peu énigmatique qui semblait refléter une grande ironie et en même temps un éclat intérieur. Toutes les autres filles de la soirée, bien que pas mal du tout, paraissaient d’une grande banalité auprès d’elle, qui ressortait telle un diamant au milieu d’un amoncellement de perles.
                                  Curieusement, cette fille absolument fascinante (le genre de fille que tout le monde rêve de rencontrer un jour ), était accompagnée d’un infirme moteur cérébral de naissance, cloué sur son fauteuil roulant, affligé de mouvements anormaux des bras, qui avait quelques problèmes pour parler mais dont l’intelligence semblait toutefois intacte. Il était tributaire de la collaboration de sa copine pour aller aux toilettes . Ces deux-là n’arrêtèrent néanmoins pas de s’embrasser à pleine bouche pendant toute la soirée, elle dansait avec lui sans la moindre gêne au milieu de la piste de danse en faisant virevolter le fauteuil roulant de son partenaire.
                                  Alors, des assistants sexuels pour les handicapés ? Pourquoi faire ! Ils se débrouillent très bien tous seuls, ne sous-estimons pas leur capacité de séduction ...

                                  • Causette Causette 19 janvier 2011 04:30

                                    Voilà quelques années déjà l’idée avait germé et, à l’époque, le terme « assistance sexuelle » avait été choisi parce qu’il ne s’agissait pas de « commettre » (j’ai bien mis les guillemets) un acte sexuel mais simplement d’« appliquer » une masturbation à ceux qui ne pouvait le faire eux-mêmes faute de main(s) (je mets un singulier suivi d’un (s) pour les cas ou une seule main ne suffit pas - il faut tout prévoir afin de n’en léser aucun).
                                    Je me permets donc juste la question, êtes-vous bien sûr qu’il s’agirait alors de légiférer sur autre chose qu’une masturbation assistée ?
                                    C’est amusant car je me sens un peu ridicule en écrivant ça, dieu merci je n’ai pas a réfléchir sur la loi et encore moins à la voter.
                                    Cher auteur je vous félicite pour votre ton ambigüe le sujet n’est pas facile et vous nous prouvez que l’ironie reste une arme agréable. Mais suffit-elle à l’efficacité ? La chambre tranchera...


                                    • pigripi pigripi 19 janvier 2011 11:16

                                      Il faudrait d’abord savoir de quels handicaps et de quels handicapés on parle.

                                      Tous les handicapés ne sont pas des hommes et tous les handicapés ne sont pas handicapés moteurs.

                                      Par exemple, quid de la sexualité des débiles mentaux ? Tout dépend du niveau de débilité. On a vu des mongoliens légers avoir des compagnes ou des compagnons.

                                      Les handicapés moteurs sont des gens comme les autres, avec des désirs, des espoirs, des principes, des convictions et, comme il est dit dans l’article, leur imaginer un besoin sexuel impérieux ne pouvant être résolu que par la prostitution est une aberration.

                                      J’ai connu une aveugle qui baisait, de son bon vouloir, avec des chauffeurs de taxi qui la véhiculaient....

                                      Je pense que derrière cette proposition d’assistant sexuel, il y a surtout un profond mépris des handicapés.

                                      • el cortado 19 janvier 2011 13:20


                                        je pensais que c’était le role des AMP, si c’est pas le cas cela le devrait.

                                        Si ce debat est mis sur la table ce n’est pas par bienveillance pour les malades mais pour faire un premier pas vers la légalisation de la prostitution avec la meme technique que pour la mise sur le marché des médicaments d’abbord pour une niche ( handicapés trisomiques debiles profonds, puis on elargit aux vieux puis aux depressifs aux hyper actifs puis on legalise completement), n’oublions pas que l industrie de la turlute rapporte des milliards à nos voisins frontaliers belgique pays bas suisse italie espagne mais pas en France
                                         Une fois la prostitution complétement légaliser , les tenancièr(e)s en quete de petite mains pouront poser leur annonces à l’ANPE qui pourra les proposer aux chomeurs et aux chomoseuses et pourra les radier pour avoir refuser le job proposé, le manque de candidate formée devra nécéssairement créer une filière scolaire technique ou universitaire, qui devra orienter les élèves vers ces filières ? les profs ? les missions locales ?
                                        Autre problème, si cette filière voit le jour comment garantir aux seniors qu ils pouront beneficier de ces nouveaux emploies.
                                        Il faut créer une nouvelle commission parlementaire de 70 experts et élus payer plein pot à réfléchir sur le sujet jusqu’à l’été,je ne vois pas d’autres solutions
                                         En cette période de marasme économique les politiques sont obligés de trouver de nouvelles ressources pour financer leur perpetuelle gabji. Et puis ne serait ce pas dans l’interet de la France pour maintenir son AAA et rester dans les petits papiers du FMI de créer des emplois et de nouvelles recettes, Strauskan s’en leche les babines 



                                        • lebreton 23 janvier 2011 01:57

                                          pour en etre a ce point ,il faut etre les plus miserables politicar que sans doute notre pauvre france ai connu ,macro proxo ,la c’est la panoplie de la france vue de chez sarkoneon ,bravotitude ,ouaf mrd ,envie de gerber 

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Emmanuel Glais


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