• vendredi 10 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Vélo’vandales en Véliberté
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(48 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Vélo’vandales en Véliberté

Les grands médias se sont récemment enthousiasmés pour le Vélib’ à Paris alors que nous avons déjà largement entamé la troisième saison (mise en libre service le 19 mai 2005) des Vélo’v à Lyon.

Big Lutèce a-t-elle trouvé sa voie pour une décrue des quatre roues ? L’initiative du Tourangeau Jean-Claude Decaux (aujourd’hui de ses deux fils Jean-Charles et Jean-François) devrait réjouir tout être sensé. Ce grand industriel, qui fête ses soixante-dix ans cette année, n’en est pas à sa première grande inspiration : pionnier des Abribus avec placards publicitaires qu’il avait expérimentés avec succès à Lyon, avant d’étendre la recette à plus d’une quarantaine de pays.

Aujourd’hui, sans forcer qui que ce soit, J-C Decaux offre simplement un déplacement doux et rapide, sans encombre et énervement. Offrir est le vocable adéquat à Lyon : cinq euros d’abonnement annuel (contre vingt-neuf à Paris !), voilà le coût du confort urbain. Sans doute quelques défauts émaillent le tableau : ainsi le retour de soirée avec l’impossibilité de dénicher une borne libre pour restituer sa monture chaînée ; idem pour certains départs qui se heurtent à des stations Vélo’v vides (Vélo’vides en abrégé) ou ne proposant plus qu’un vélo hors d’usage.

N’ayant jamais passé mon permis de voiture par choix, je n’ai désormais quasiment plus besoin des transports en commun. Entre marche à pied et vélocipède, chacun de mes déplacements n’émet que quelques millilitres de saine sueur.

Evidemment, J-C Decaux n’est pas un philanthrope désintéressé, mais sa négociation commerciale avec les mairies engagées a finalement facilité une quasi gratuité : encore mieux que les traditionnels services publics de transport pour les habitants valides et un chouia courageux. Au terme d’un contrat signé pour treize ans, le groupe industriel bénéficie de quelques centaines de supports publicitaires en ville, s’engageant en contrepartie à mettre à disposition et à entretenir un parc de vélos. Le capitalisme revêt ici les atours les plus séduisants pour le citoyen. Et pourtant...

Pourtant quelques individus non identifiés trouvent sans doute à y redire et prennent un abject plaisir à la destruction : chambres à air sorties des pneus et découpées, chaînes dégradées ou subtilisées, selles volées, pneus crevés, pièces diverses cassées, et même Vélo’v coupé en deux au niveau du tube central (vu dans le quartier La Guillotière) ! Voilà ce qu’on rencontre quotidiennement aux stations d’arrêt. (Cf. toutes les photos prises en moins d’une heure, au gré des stations croisées, et qui concernent autant de vélos différents comme le confirment les numéros d’identification.) Ne doutons pas un instant que d’autres vandales séviront (ou sévissent déjà) à Paris.

Pas nouveau, bien sûr, comme pratique : la dégradation du mobilier urbain a toujours excité des traîneurs de médiocres existences, mais ne jamais stigmatiser ces actes dégénérés revient à les accepter comme une part nécessaire de la vie en collectivité.

Ne doit-on pas dénoncer de temps en temps, sans en faire non plus un cataclysme, cette minorité agissante pour le mal commun qui conchie en permanence le contrat social et incline, au final, les électeurs à porter du sécuritaire au pouvoir ? Alors oui, pour une fois, le petit bout de la lorgnette doit mobiliser notre indignation. Ces petites crapules du quotidien, incapables d’un début de conscience du fonctionnement serein d’une société, s’adonnent au facile défoulement du « tous-responsables-sauf-moi ».

A la traîne de ces déviances destructrices, tous les comportements anodins à l’unité, mais qui participent à ce pernicieux principe de profiter sans se sentir redevable d’un quelconque respect envers les systèmes et biens communs. Nul besoin d’un catalogue d’exemples, chacun identifiera la foultitude des actes concernés.

Alors comment sanctionner ces vandales urbains ? Les prisons débordent et l’insolvabilité de la plupart des petites frappes rend vaines toutes représailles financières. Ne faudrait-il pas s’en prendre à leur psychologie primaire en leur imposant une humiliation publique ? Un coin des Etats-Unis oblige les petits délinquants à porter un écriteau sur la voie publique qui mentionne leurs méfaits... J’entends déjà sourdre les protestations des pseudo humanistes effarouchés ou des anti-Américains primaires.

Face à l’impasse de notre panel répressif, il conviendrait peut-être d’expérimenter autre chose. Se contenter de protester en jugeant inconcevable une telle évolution de la sanction revient à un immobilisme de complaisance.

Je ne prétends à aucune vérité révélée, mais je ne m’interdis aucune piste de réflexion lorsqu’une société laisse perdurer ces géniteurs du moins bien, du plus laid, du moindre fonctionnement, du pire en extension.

Documents joints à cet article

Vélo'vandales en Véliberté Vélo'vandales en Véliberté
par Loïc Decrauze (son site) lundi 3 septembre 2007 - 62 réactions
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(48 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Voltaire (xxx.xxx.xxx.14) 3 septembre 2007 11:38
    Voltaire

    A tous les dégradateurs de vélos, une peine unique : l’ascension du mont Ventoux en Veli’v (ou de votre montagne ou colline favorite) suivie de la réparation desdits cycles endommagés...

  • Par Rage (xxx.xxx.xxx.51) 3 septembre 2007 23:18
    Rage

    Tiens, cet article me rappelle le moment où on a lancé le Velo’V à Lyon.

    Quand je dis "on", je le dis car j’étais dans les services du Grand Lyon et j’avais la chance de pouvoir suivre les échanges sur le marché JC Decaux et les applications déplacements...

    Qu’est ce qu’on a pas entendu une fois le contrat signé ! "Marchera pas" "Bande de nuls, Lyon c’est une ville de bagnoles" "Le vélo à Lyon c’est de l’utopie, on peut pas créer de pistes cyclables en plus"

    Bilan : Après 3 ans de mise en service : ça cartonne et tout le monde en veut.

    Alors oui, il y a des dégradations (le marché a été fin sur ce point), oui il n’y a pas assez de pistes cyclables, oui il y a des soucis "d’intendance", mais franchement : Quelle image Lyon a pû tirer du Velo’V ! De la ville du tunnel de Fourvière, elle est devenue la ville pionnière du Velo et des modes doux (avec Rennes et Nantes).

    Orléans, Paris ont vite suivi, bientôt Toulouse et sans doute Strasbourg, Lille et Nantes dans un proche avenir...

    Comment ça a marché ? Une phrase clé balancée à un moment clé : "Si vous voulez que ça marche, il faut atteindre une taille critique dès le départ (2000 Velo’V et + de 100 stations) et ne pas voir "petit". On a eu des élus et des techniciens "couillus" : un excellent exemple d’entente public/privé construit sur un projet concret.

    Combien d’autres projets comme ça existent dans la fonction publique ? Pleins ! Faut-il encore avoir des élus "couillus" et surtout des directeurs qui ne soient pas des larves : et là est tout le problème.

    Bilan : Velo’v, ça assure. Le péage urbain, ça craind.

  • Par Loïc Decrauze (xxx.xxx.xxx.88) 3 septembre 2007 15:29
    Loïc Decrauze

    Je crois qu’effectivement avec vous on n’est même plus à la maternelle : on a régressé au pré-embryonnaire de l’expression écrite.

    Avant de vous enflammer et de réclamer quoi que ce soit aux autres, il vous faudrait, par respect minimum de vous et de vos interlocuteurs, réviser l’orthographe et la grammaire de notre belle langue. Vous truffez vos messages de fautes grossières et vous exigez des autres d’être adulte parce que vous alignez un chiffre et quelques références piquées ça et là sur Internet ? Soyez sérieux un minimum...

    Je suis à Lyon, je vous le rappelle, et je ne parle que de mon expérience à Lyon, c’est entendu ? Le Vélo’v n’est pas plus un jouet que votre automobile : c’est un autre mode de transport. Compris aussi ? Enfin, je n’ai rien à éluder de ce que vous tentez d’aborder puisque ça n’a strictement rien à voir avec le sujet de mon article (troisième fois que je vous l’écris !).

    Si pour vous le délabrement des biens communs (des vélo’v au mobilier urbain en passant par le saccage des trains) n’est pas un sujet sérieux, alors effectivement nos positions sont antinomiques. Restez donc avec vos approximatives - mais chiffrées ! - certitudes.

  • Par Al (xxx.xxx.xxx.131) 3 septembre 2007 12:55

    Ou encore mieux :

    Paris - Roubaix sans la selle !

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox