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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Vers un vote obligatoire ?

Vers un vote obligatoire ?

Peut-on être le citoyen d’une République et ne pas se déplacer lors des scrutins ?

A l’heure où le taux d’abstention crève tous les plafonds, un bref rappel des faits en quelques chiffres. En septembre 2000, le référendum qui interrogeait les français sur l’adoption d’un quinquennat présidentiel atteignait un taux record d’abstention : 69,8% des électeurs ne s’étaient pas déplacés. Elections européennes de 2004 : taux d’abstention de 57,2%. Et la liste continue : 40% pour les législatives 2007, 30,6% pour le traité constitutionnel européen, 34% pour les municipales 2008. Mais il faut bien une exception qui confirme la règle. Lors des présidentielles de 2007 qui avaient vues la victoire de Nicolas Sarkozy, le taux d’abstention avait été mesuré à seulement… 16% des inscrits. On peut donc en déduire que les français, lorsqu’ils se sentent impliqués, sont en mesure de se déplacer : ce n’est donc pas une question de handicap physique qui empêcherait les inscrits de sortir de chez eux, ou de rétention par la police de la morale ; ou de crise sanitaire majeure déclenchant une vague d’allergie chronique chaque dimanche d’élection, ou encore d’une mauvaise signalisation des bureaux de votes. Nous sommes donc rassurés : les français savent voter.


Mais pourquoi ne se déplacent-ils que lorsqu’il s’agit de désigner le nouveau président de la République ? Vague résurgence d’un esprit monarchiste qui incite les sujets à choisir leur nouveau roi, peut-être, mais sans doute plutôt une véritable envie de s’impliquer dans la politique directe : celle qui influence directement les orientations d’un pays pour les cinq années à venir. Les français, quand il ne fait pas trop beau dehors et que le lundi n’est pas férié, trouvent le chemin des urnes. Ils connaissent le chemin.

En France, le vote n’est pas une obligation. Il est un devoir de citoyen, une sorte de sollicitation morale de participation à la vie du pays. Toute l’idéologie du vote est induite dans son expression propre : le « droit de vote ». Nous avons le droit de voter, en ce sens que nous avons le droit de sortir de chez nous, de nous inscrire sur les listes et d’aller déposer le papier sacré dans l’urne transparente. Nous avons le droit de refuser en soupirant lorsque le préposé à la manette nous demande si nous souhaitons aider pour le dépouillement des bulletins le soir venu, et nous avons le droit de prétexter une voiture mal garée ou une grand-mère malade pour échapper à la corvée (si, si, nous l’avons tous fait au moins une fois). Nous avons le droit de voter. Nous avons donc, a contrario, le droit de ne pas le faire. Nous ne sommes pas contraints. Expression d’une liberté ultime, celle de choisir de ne pas s’impliquer, d’être simple spectateur ? Ou faiblesse d’une démocratie en perte de vitesse dirigée par des politiciens de métier, effrayés à l’idée de provoquer la colère des électeurs en instituant des obligations morales, voire légales ?

Car si en France le vote est un droit, il est obligatoire dans certains états.

En Belgique, le vote est obligatoire depuis 1894. A l’origine de cette disposition, un constat simple : les patrons pouvaient contraindre leurs employés à travailler les jours de scrutin, et donc créer un rapport de force inégal lors des élections. Une victoire pour la lutte des classes ! Le gouvernement proposa donc le vote obligatoire pour tous les citoyens belges. Ainsi, l’article 62 de la constitution belge indique : « Le vote est obligatoire et secret ». Simple, sobre, discret et efficace. Les amendes en cas de défection s’élèvent à environ 40 euros. Récidivez, et l’addition grimpe à 125 euros. Et si, dans le pire des cas, vous vous abstenez de voter quatre fois en quinze ans, vous êtes rayé des listes électorales pour dix ans. Inutile de préciser que lorsque vous travaillez de près ou de loin pour un service public, vous pouvez clairement oublier toute velléité de promotion pendant ces dix années en question. 

Alors, la Belgique, pays autocratique ? Le problème, c’est que la Belgique n’est pas un cas isolé. Le Brésil dispose de lois à peu près similaires, tout comme la Grèce, la Bolivie, l’Australie et le Luxembourg. Le montant des amendes varie d’un état à l’autre, ainsi que les sanctions administratives et fiscales. Le Luxembourg offre presque un cas d’école. Toute personne ayant atteint l’âge de 18 ans est inscrit d’office sur les listes électorales. Seuls les citoyens âgés de plus de 70 ans sont dispensés de justificatifs s’ils veulent voter par correspondance. Toutes les personnes inscrites sur les listes sont tenues de voter d’une manière ou d’une autre, procuration ou pas. L’amende en cas de non-présentation au bureau de vote s’élève à 250 euros pour une première absence non-justifiée, jusqu’à 1000 euros en cas de récidive dans les cinq années suivantes. L’Italie, quant à elle, a aboli l’obligation de vote en 1993. Le vote reste néanmoins très ancré dans les mentalités, même si le taux d’abstention a régulièrement augmenté depuis. Les italiens le considèrent encore comme une obligation civile et éthique. Quant à l’Australie, elle a divisé son taux d’abstention par cinq depuis 1923, grâce à des mesures incitatives et répressives.

Le vote obligatoire est presque une philosophie, celle de la « fonction électorale » : selon cette idée, le droit de vote n’est pas seulement un droit, possiblement non exerçable, mais une véritable responsabilité que la nation confie au citoyen. En ce sens, cette mesure a une dimension positive, voire carrément optimiste. Car nous avons tous assisté à ces discussions. Elles ont lieu au café, en salle de pause, à l’arrêt du bus. « Tous pourris, tous corrompus » semble être devenu le nouveau jeu à la mode : une véritable défection pour la politique dans le cœur des citoyens français ? Ou plus simplement une volonté de ne pas s’impliquer dans un processus électoral. Car en rejetant la faute sur ceux qui ont fait l’effort d’aller voter, on se dédouane de sa responsabilité première, celle de ne pas avoir été voter pour exprimer une voix différente. J’ai plusieurs fois été confronté à des gens qui dénigraient la politique du gouvernement actuel. Je n’aurais pas pu les contredire puisque j’étais fermement opposé à Nicolas Sarkozy à l’époque, et que je le suis toujours. Et bien parmi ces personnes fatigués, harassées par la politique actuelle qu’ils estimaient liberticide, vouée à éreinter les couches populaires, certains n’avaient même pas voté. Je ne parle même pas de ceux qui avaient voté Sarkozy à l’époque et qui ont voté à gauche aux dernières régionales, perpétuant la non moins traditionnelle alternance stérile qui pousse les français à passer systématiquement d’un côté à l’autre, et qui pourrait faire l’objet d’un autre article. Comment peut-on prétendre à critiquer la politique si l’on n’exprime pas son avis ? Comment peut-on seulement parler de politique ?

Evidemment, il y a un hic : sinon, les choses seraient trop faciles. En France, le vote dit blanc n’est plus comptabilisé dans les décomptes. C’est une chose très grave, puisqu’elle prive les citoyens qui ont envie d’exprimer leur mécontentement de le faire. En Islande et en Suède, ce vote de contestation est pris en compte, ainsi qu’en Uruguay et en Colombie. Cela est donc possible. Mieux que n’importe quel sondage, le comptage des votes blancs est un baromètre très précis du taux de mécontentement d’une population. Il permet d’identifier la proportion de citoyens ne se retrouvant pas dans les propositions des partis, et indique une direction à suivre. C’est une piste qu’il ne faut pas négliger. En janvier 2003, l’Assemblée nationale française avait adopté en première lecture un texte visant à reconnaître le vote blanc aux élections. Mais ce texte n’avait pas été examiné par le Sénat en seconde lecture, ce qui l’avait conduit directement aux oubliettes. La prise en compte du vote blanc ne constituerait pas forcément une panacée, mais elle serait une réponse à une partie de la désaffection des inscrits. Quant à l’autre partie, celle qui ne vote pas par manque d’intérêt, par fainéantise ou même par bête opposition à un système auquel elle appartient pourtant, les marges de solutions sont plus étroites.

L’institution du vote obligatoire nécessiterait une véritable révolution dans les mentalités. Peut-on réellement parler de démocratie participative lorsque la moitié d’un peuple ne se déplace même pas pour s’exprimer ? Si l’on ajoute à cette moitié les personnes qui ne sont pas en âge de voter, et le pourcentage d’étrangers résidant en France (et qui ont pourtant tout à dire à propos de la politique intérieure, la subissant chaque jour), on atteindrait, si on faisait l’effort d’imagination de le comptabiliser, des chiffres de non-votants, et donc de non-représentés, astronomiques. Evidemment, l’institution du vote obligatoire exigerait la condition sine qua none  de la reconnaissance du vote blanc. On pourrait même, dans le cas d’un certain taux de suffrages blancs, imaginer des mesures restrictives ou contraignantes pour l’administration en place. Nous souffrons d’un manque d’investissement dans la sphère publique. Nous souffrons d’individualisme chronique. Et par-dessus tout, nous souffrons de nos propres contradictions.

Bien sûr, il est hors de question de penser que cette solution contraignante est la seule qui permette de remettre sur les rails le train de la démocratie participative. Mais quitte à peut-être les contraindre, il faut ré-intéresser les français à la politique. Sans quoi la démocratie est une voie d’impasse vouée à l’essoufflement puis, in fine, à la disparition.


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64 réactions à cet article    


  • Gollum Gollum 12 mai 2010 09:48

    Si on rend le vote obligatoire, j’irai. Je préparerai un bout de p-cul, bien enduit, et le mettrai dans l’enveloppe. Je souhaite bien du courage à celui charger du dépouillement..


     smiley

    • Jean 12 mai 2010 09:55

      Pour le coup, idem !


    • Traroth Traroth 12 mai 2010 12:21

      Très bonne solution !


    • Traroth Traroth 12 mai 2010 14:32

      - gggnnnnnnnAAAAAA !!! *Proutch !*
      -A voté...


    • SysATI 12 mai 2010 21:56

      Pourquoi faire ça ?

      Il y a mieux :)   http://blog.monolecte.fr/public/vote-page1.jpeg :)


    • sleeping-zombie 12 mai 2010 09:50

      Salut...

      Alors pour poser le contexte : je n’ai jamais voté, je ne suis même pas inscrit. Mais je ne me suis jamais plein de mes (vos ?) élus. Je vais pas expliquer les raisons ici, c’est accessoire.

      Mais supposons que le vote devienne obligatoire. Comme ça, juste pour rigoler.

      Le dimanche, je me lèverai, j’irai a la mairie, ferai la queue, arriverai dans la salle où-que-ça-se-passe, prendrait un bulletin de chaque liste.
      Mais je n’irai pas dans l’isoloir.
      Je les retournerai ostensiblement face cachée, les mélangerai, puis en prendrai un au hasard que je glisserai dans l’enveloppe, sans en prendre connaissance.
      Et si quelqu’un me dit quoique ce soit, je dirai :
       « Je vote parce que c’est obligatoire, et tu sais quoi ? ma voix a autant de poids que la tienne »
      (et même si personne ne me fait de remarque, je le sortirai au moment de glisser l’enveloppe dans l’urne, juste par plaisir)

      Révoltant non ? Sans doute pour certains. Mais quelle partie ? le vote aléatoire ou la provocation gratuite qui l’accompagne ? Combien de belges-luxembourgeois (et autres) votent de cette façon ?

      Quelques réflexions PS :
      1. Au fait, pourquoi ne pas rendre aussi obligatoire l’adhésion à un syndicat ?
      2. Je trouve assez contradictoire de se gausser d’une « résurgence d’esprit monarchiste », pour évoquer, quelques lignes plus loin, le caractère « sacré » du vote...
      3. Choisi ton camp auteur, j’ai deviné que tu étais pour que le vote devienne obligatoire, mais tu n’oses pas clairement prendre position...
      4. vous êtes rayé des listes électorales pour dix ans. Inutile de préciser que lorsque vous travaillez de près ou de loin pour un service public, vous pouvez clairement oublier toute velléité de promotion pendant ces dix années en question.
      ... Ce genre de croisement de fichier est légal en Belgique ? quelle horreur.. j’espère juste que tu te trompes.


      • Soulnight 12 mai 2010 10:18

        Peut-on être un pays libre si on contraints ses habitant à aller voter ?


        • Asp Explorer Asp Explorer 12 mai 2010 10:44


          Il faudra m’expliquer plus clairment en quoi le taux d’abstention est néfaste à la validité d’un scrutin. On pourrait arguer à l’inverse que le vote facultatif favorise l’expression des seuls électeurs impliqués par le scrutin, informés et ayant songé aux enjeux. A l’inverse le vote obligatoire génère un bruit de fond confus de quidams venus aux urnes par force de loi, auxquels il ne faut pas demander une once de coopération.

          Si, pour ma part, je ne vote plus, ce n’est pas par fainéantise ou par oubli du chemin ; c’est depuis ce jour où le Parlement français, prétendument représentatif de la Nation, s’est cru légitimement fondé à bafouer le vote des électeurs clairement exprimé au cours du référrndum de 2005. Depuis ce jour, j’ai résolu de ne plus avaliser par mon vote - fut-il blanc - ce système pourri qui ne vaut pas mieux que la Démocratie Populaire sous feue l’URSS.

          En résumé, la démocratie, c’est une remarquable idée, que l’on devrait essayer chez nous un de ces jours.


          • pingveno 12 mai 2010 16:18

            Il faudra m’expliquer plus clairment en quoi le taux d’abstention est néfaste à la validité d’un scrutin.

            Assez d’accord. Dans certains pays, notamment les « nouvelles » démocratie d’Europe de l’Est, un scrutin peut être invalidé si la participation est en dessous de 50%. Avec pour conséquence l’organisation d’un nouveau vote, en espérant que les politiques soient assez intelligents pour ne pas proposer les mêmes candidats avec les mêmes propositions.

            On pourrait arguer à l’inverse que le vote facultatif favorise l’expression des seuls électeurs impliqués par le scrutin, informés et ayant songé aux enjeux.


            Pas exactement : il favorise l’expression des seuls électeurs réellement convaincus par le discours d’un candidat. Sauf que si on ne reconnaît pas le vote blanc, on donne la fausse impression que 100% des électeurs sont dans ce cas.


          • Hadrien Hadrien 12 mai 2010 10:57

            Les politiciens sont des pantins corrompus, les français le savent c’est pourquoi il y a l’abstention.

            La solution ? Obliger les français à voter pour des pantins corrompus.

            On va aller loin avec ce genre de solution.


            • Traroth Traroth 12 mai 2010 14:25

              C’est casser le thermomètre à défaut de pouvoir ou vouloir soigner la fièvre...


            • jef88 jef88 16 mai 2010 12:42

              la solution : comptabiliser les votes blancs !


            • Blanc bulletin 12 mai 2010 11:17

              Le vote c’est très démocratique

              Ailleurs, en d’autres temps
              Le vote obligatoire s’est associé à l’idée géniale de candidat unique
              Du coup, ça l’était moins, démocratique

              Ici et maintenant, depuis le président Valéry Giscard
              (1978, si ma mémoire est bonne)
              Le bulletin blanc est synonyme de « suffrage non exprimé »
              Au même titre qu’une absention
              Ou une radiation inopinée
              Ou un bulletin nul
              (Abîmé, raturé, taché, commenté, utilisé au préalable à des fins moins nobles...)

              En clair, si aucun des candidats proposés ne vous convienait
              Ce n’est pas (plus) par le biais des urnes que vous exprimeriez cette opinion

              Pour l’anecdote, dès 1981, si les bulletins blancs
              Que l’électeur français avait encore coutume de déposer dans l’urne
              Avaient été pris en compte
              Aucun des deux finalistes n’aurait obtenu la majorité absolue

              Peut-être la sphère politique se serait-elle remise en cause à cette occasion
              Mais ça, nous ne le saurons jamais

              Le bulletin blanc n’ayant plus d’existence
              Plutôt que de le déposer en vain dans l’urne
              L’électeur a massivement choisi de ne plus le déposer du tout

              C’est dommage cette suppression d’une parcelle de démocratie

              Mais pour l’heure, ne pas voter s’est s’exprimer toujours
              Le vote obligatoire serait une nouvelle suppression d’un nouvelle parcelle de démocratie

              Ce n’est pas paradoxal, c’est contextuel


              • Internaute Internaute 12 mai 2010 11:23

                Vous écrivez « Expression d’une liberté ultime, celle de choisir de ne pas s’impliquer... » Là je vous arrête. Celui qui ne va pas voter s’implique. Il vote avec ses pieds tout comme l’émigré qui quitte son pays pour aller vers des terres qu’il croit plus hospitalières. De toute manière pour ce que font les élus avec notre vote, il vaut mieux ne pas leur donner de caution. Au moins leur délits ne nous responsabilise pas. Quel a été l’impact du référendum sur le TCE ? En France la démocratie se rapproche de celle de la Corée du Nord. Ce n’est pas avec cette attitude qu’on remplira les urnes.

                Quand à l’obligation belge, ils ont fait le mauvais choix. Ils pouvaient trés bien décréter jour férié le jour des élections et laisser ainsi la liberté aux citoyens.

                Il ne se passe pas une journée sans que quelqu’un arrive avec une nouvelle interdiction ou une nouvelle obligation a imposer aux gens. De grâce, laissez-nous vivre. La 6eme République contiendra un ministère de la suppression des lois dont l’objectif sera de ramener la législation française à un bouquin de 500 pages, code civil, code du travail et code des impôts compris.

                Non aux nouvelles interdictions et non aux nouvelles obligations.

                C’est incroyable le nombre de personnes qui ne rêvent qu’à guider les autres dans les plus petits détails de leur vie courante. Cela va du petit fonctionnaire de la DDE qui se croit génial en mettant des bananes en ciment sur la route pour forcer le passage des autos au centimètre prés, aux maîtres à penser qui veulent légiférer sur nos désirs, le choix de nos relations et même maintenant notre garde-robe.

                Il faut reconquérir nos libertés ce que seuls les nationalistes peuvent faire. L’UMPS nous tue à petit feu.


                • COVADONGA722 COVADONGA722 12 mai 2010 11:31

                  yep
                  1/ parlant de démocratie que penser d’elus
                   s’asseyant sur un vote referendaire NON
                  2/le Droit de vote et d’etre éligible devrait etre lié a l éxecution d’un service civil ou militaire .
                  3/Pour ce qu’il en est de la démocrasouille consanguine UMPS tot ou tard il nous faudras bien décider que le vote n’est pas l’ultime épée.


                  • foufouille foufouille 12 mai 2010 11:54

                    proposons qu’on puisse voter pour qui on veut, inscrit ou pas


                    • Traroth Traroth 12 mai 2010 12:21

                      La démocratie serait donc le « devoir de vote » ?

                      La démocratie, c’est s’informer puis voter. Voter seulement sans comprendre de quoi il retourne est une farce, une insulte à la démocratie !

                      « En France, le vote (...) est un devoir de citoyen » : Ah bon ? Qui dit ça ?

                      Il est facile de comprendre que l’abstention est le signe d’un désarroi des citoyens, et même pour quelqu’un engagé politiquement, il devient de plus en plus difficile de trouver un candidat représentatif de ses opinions. Je parle en connaissance de cause.
                      Rendre le vote obligatoire n’est donc qu’une manière de cacher cette réalité. Encore un coup porté à la démocratie, en réalité.


                      • cathy30 cathy30 12 mai 2010 12:49

                        bonjour l’auteur
                        comme disait Coluche, si les élections faisaient changer les choses, il y aurait longtemps qu’elles seraient supprimées.

                        Malheureux, ne leur donnez pas de mauvaises idées, celles de taxer ceux qui ne voudraient pas voter, ils ne savent plus quoi inventer pour remplir leurs caisses.

                        Ils ont peurs seulement de la révolte, parce que ça c’est pas controlable.


                        • agent orange agent orange 12 mai 2010 13:33

                          A quoi bon voter ?
                          L’annulation du résultat du référendum du TCE l’a bien montré. (idem aux Pays-Bas, Danemark ou en Irlande).
                          Le résultat est validé que si il est conforme aux attentes des élites.
                          Vous avez dit démocratie ?


                          • ZenZoe ZenZoe 12 mai 2010 14:17

                            C’est désolant de voir toutes ces réactions défavorables au vote. Je suis 100% d’accord avec les propos tenus dans l’article personnellement.
                            Bon, OK. J’adorais Coluche bien sûr mais...
                            Imaginons un instant que tout le monde a raison et que le vote ne sert à rien.
                            Plus personne ne va voter alors, on est d’accord ?
                            Du coup, il n’y a plus besoin d’avoir des élus non plus alors, on est d’accord ?
                            Du coup, il n’y a plus besoin d’avoir des partis politiques alors, on est d’accord ?
                            Bien. Pas mal d’économies en perspective. Mais que de questions restent en suspens !
                            Qui dirige le pays ? Comment est-il arrivé là ? Qui décide de nommer ceux qui gouvernent (parce qu’il faut bien quand même prendre des décisions collectives de temps en temps) ?
                            Et si les choses ne sont pas à notre gré ? Qu’est-ce qu’on fait ?
                            On descend dans la rue, on fait grève, on râle dans les bistrots, on casse les préfectures, on séquestre les patrons ? Tout ça en même temps ?
                            Comme réponse, je ne vois que deux alternatives : l’anarchie - ou bien, mais oui mais oui, le retour officiel de la monarchie-dictature, autant aller au bout du raisonnement (d’ailleurs, on a déjà un roi, ou on couronne Mme Royal, ce sera notre dernier choix).
                            Allez, retour sur terre : voter est responsable, s’abstenir est irresponsable. C’est tout. Ne pas se chercher des excuses.


                            • Traroth Traroth 12 mai 2010 14:36

                              Le souci, c’est qu’on se le pose déjà, ces questions. Qui dirige le pays ? Comment est-il arrivé là ?

                              Si les élections reposent sur l’ignorance savamment entretenue et sur le mensonge, quelle valeur a le vote ?

                              « voter est responsable, s’abstenir est irresponsable » : Vous vous trompez. S’informer puis voter pour un candidat qui correspond à vos attentes, c’est responsable. Voter pour n’importe qui « parce qu’il faut bien que quelqu’un soit élu », ça ne l’est certainement pas. On peut même difficilement faire plus irresponsable !

                              « Ne pas se chercher des excuses » : Des excuses pour QUOI ?


                            • pingveno 12 mai 2010 16:04

                              Imaginons un instant que tout le monde a raison et que le vote ne sert à rien.
                              Plus personne ne va voter alors, on est d’accord ?

                              Non : ceux qui y croient, de l’homme politique qui est parachuté par son parti au militant de base de ce même parti, au moins eux iront toujours voter.

                              Du coup, il n’y a plus besoin d’avoir des élus non plus alors, on est d’accord ?

                              Voire... en Suisse il y a finalement assez peu d’élus mais bien plus d’élections : on vote pour répondre à des questions, alors que chez nous on vote pour désigner ceux qui répondront à notre place. Vous préférez quoi ?

                              Et si les choses ne sont pas à notre gré ? Qu’est-ce qu’on fait ?

                              J’ai voté au référendum sur le TCE et ils ont fait le contraire de mon choix. Alors, dois-je descendre dans la rue, faire grève, râler dans les bistrots, casser des préfectures ?


                            • Bodhi 12 mai 2010 21:39

                              A ZenZoe.

                              Je vois pas en quoi songer à l’anarchie veut dire ne pas avoir les pieds sur terre. Il n’y a pas plus terre à terre que le fédéralisme libertaire.

                              Le peuple veut avoir droit de décision sur la politique...
                              Il veut gérer l’économie...
                              Il veut s’épanouir socialement et culturellement...
                              Il veut l’égalité sociale et la destruction des classes sociales...
                              Il veut participer à la bonne santé économique son « pays »et de sa famille mais ne veut pas donner sa vie ni même s’aliéner à son travail.

                              Le peuple veut se gérer lui même... fédéralisons. Mais pas un fédéralisme à l’américaine. Un fédéralisme anti-autoritaire.

                              Au moins dans ce cas personne ne pourra se plaindre de sa condition parce qu’il aura toujours la possibilité de rejoindre des personnes plus en accord avec lui et sans contrainte ( monétaire, étatique, professionnelle ... )

                              D’ailleurs faut pas oublier qu’avant la république française il y a eu de plusieurs fédérations de 1789 à 1793, en France. Bien sûr elle était en partie libérale mais au moins c’est le peuple qui décidait.

                              A pluche.

                              « Marcher au gouvernement par l’association, non à l’association par le gouvernement. » P-J.Proudhon.


                            • gimo 13 mai 2010 00:47

                              @ zenzoe


                              c’est bien un raisonnement de  PEQUENO qui a une peur bleuet irrespnsable

                              qui n’est pas capable de voir plus loin que son naz

                              RIEN DANS la tête et grande gueule pett soldat aux ordres  et tête vide

                            • rEvolution 12 mai 2010 14:55

                              Au jour d’aujourd’hui, après chaque élections, les commentaires tournent autour du taux d’abstention, pas celui des votes blanc puisqu’il sont ignorés.

                              Donc si tu veux voter blanc, ne vote pas.

                              Le vote blanc est LE SEUL vote utile. Il démontre clairement que tous nos élus se croient légitime avec 30 % maximum de bulletin déposé par les citoyens de la république ayant le droit de vote. (30% c’est vraiment dans le meilleur des cas)

                              Ça fait longtemps que les citoyens/électeurs sont beaucoup plus lucide que l’on croit. Nos élus aussi...

                              rEvolution


                              • Le Hobbit Reporter Le Hobbit Reporter 12 mai 2010 14:59

                                Tout entier d’accord sur l’article, et notamment sur le vote blanc.

                                Quant à la remarque sur le fait qu’aller voter ne fait que renforcer le score du gagnant même si on vote blanc ou nul, et que dans un contexte d’obligation ça pourrit nos libertés : je répondrais, oui, en effet, ça ne fait que cautionner le vainqueur, mais ça a un rôle EDUCATIF de premier ordre.
                                Ça forme le citoyen à de saines habitudes... smiley

                                Le français est un latin, râleur, macho et indiscipliné, nostalgique - dans son inconscient collectif- de la monarchie (les démocraties qui fonctionnent le mieux en Europe sont des monarchies constitutionnelles ! smiley ) et il préfère confier son avenir à l’Etat providence et ses castes sociétales pudibondes (csp) de Droit Divin.

                                D’ailleurs le fait que l’éducation nationale n’a jamais vraiment généralisé les pédagogies dites nouvelles, c’est que celles-ci sont basées essentiellement sur la prise en charge de l’individu par lui-même, l’autoformation, et des processus démocratiques dans la vie quotidienne de l’école (conseils en rond, pédagogie Freinet).

                                Si l’individu était formé dès son plus jeune âge à des processus de décision et de participation collectifs, les choses changeraient, c’est une certitude.

                                Et c’est sans parler de l’environnement de nos sociétés actuelles dites civilisées qui poussent de par leurs cultures à devenir un CONSOMMATEUR PASSIF, un salarié, un téléspectateur, bref du bétail, un être servile, maintenu dans une soif et une COMPÉTITION permanente, pavlovienne, dédié à la consommation de masse.

                                Et non pas un être libre, fraternel et solidaire.


                                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 mai 2010 15:07

                                  A chaque fois que j’ai voté, c’est pour un perdant, et quand il y avait pas le choix ou gagné d’avance, je votais pas, ce qui fait que rien de ce qui arrive n’est de ma faute.

                                  Par contre, trente six millions de français sont raccordés au net, qu’est ce qu’on attend pour que cet organe génial ne nous raccorde avec le pouvoir. Hein, pourquoi on ne peut pas déjà dire stop au gvnt d’un simple mail ?

                                  La vraie démocratie participative est numérique et fonctionne très bien en matière bancaire, qu’est ce qu’on attend pour leur demander de nous installer le serveur e même qualité, on l’a déjà payé aux banques cet outil, c’est notre tour !

                                  L’essentiel est de participativer...numérichement !


                                  • L'enfoiré L’enfoiré 17 mai 2010 20:17

                                    Lisa,
                                     Il y a bien longtemps, j’écrivais, ceci.
                                     Seriez-vous d’accord ?
                                     Pas de problème pour moi.


                                  • pingveno 12 mai 2010 16:14

                                    Si on rend le vote obligatoire alors il faut comptabiliser les votes blancs. Dans le cas contraire un candidat peut se retrouver légitimé faute d’adversaire véritable, son score ne reflétant pas les soutiens qu’il a réellement.

                                    « Tous pourris, tous corrompus » semble être devenu le nouveau jeu à la mode : une véritable défection pour la politique dans le cœur des citoyens français ?
                                    Parce que vous croyez que les belges ne pensent pas ça de leurs politiques ? Sauf qu’en ne comptant pas les votes blancs ça ne se reflète pas dans les urnes...


                                    • L'enfoiré L’enfoiré 17 mai 2010 20:21

                                      Comptabilisez les votes blancs, d’accord.
                                      Mais après qu’est-ce qu’on en fait ?
                                      On recommence les élections avec d’autres représentés ?
                                      En Belgique, cela prend des mois pour trouver un gouvernement.
                                      Un gouvernement, cela tombe avec le retour des saisons.
                                      On ne ferait plus que voter.
                                      What else ? comment dirait la pub.  smiley


                                    • Takuan Takuan 12 mai 2010 16:17

                                      encore un lobbyiste de la fabrique du consentement qui fait son caca nerveux...pour les anars dans mon genre,le pouvoir ne se délègue pas,ALORS TU SAIS CE QUE TU PEUX EN FAIRE DE TON VOTE OBLIGATOIRE ? classement rectal !


                                      • ZenZoe ZenZoe 12 mai 2010 17:11

                                        Sur le vote blanc : il faut le comptabiliser, on est tous d’accord.
                                        Sur le vote en général : je persiste et signe. Le vote est le seul levier valable pour donner notre avis. Sans cette possibilité, ce serait bien pire. Demandez-donc aux Chinois, aux Nord-Coréens ou aux Birmans par exemple.
                                        J’ajoute aussi que, soit on s’intéresse à la vie politique et on vote, soit on ne s’y intéresse pas et on ne vote pas, mais dans ce cas, on ne la commente pas non plus - et on ne se permet certainement pas de commenter les décisions des électeurs. Trop facile.
                                        Quant à l’argument du « classement rectal » évoqué par certains... eh bien... il se passe de commentaires.


                                        • deovox 13 mai 2010 03:16

                                          @ zenzoe

                                          a part les abrutis lobotomises qui « s’informent » a 20h, plus personne ne peut etre receptif a ce type d’argument. je reve d’aller voter mais ma conscience me l’interdit. je considere meme que de nos jours se preter a cette mascarade publicitaire qu’on nomme election est une insulte a la memoire de ceux qui se sont battus pour obtenir le droit de vote. d’ailleurs s’ils avaient eu la moindre idee de ce que la « democratie »serait aujourd’hui je ne pense pas qu’ils se seraient sacrifies comme ils l’ont fait. Mon opinion restera la meme tant que les campagnes electorales seront confiees a des agences de pub et a des instituts de sondage.


                                        • Le péripate Le péripate 12 mai 2010 17:25

                                          La trouille de l’abstention, c’est la trouille de voir les esclaves renoncer à la servitude volontaire, la trouille qu’ils ne jettent à bas leurs chaînes et décident de se gouverner eux-mêmes. C’est comprendre un peu, sans se l’avouer tout à fait qu’il ne reste bientôt plus que la violence aux États qui ont outrepassés leur devoir, que la confiance n’y est plus.

                                          Pétés de trouille de n’être plus qu’une secte néfaste.


                                          • Le péripate Le péripate 12 mai 2010 17:27

                                            De se gouverner eux-mêmes, de se gouverner soi-même.

                                            Liberté.


                                          • sisyphe sisyphe 12 mai 2010 19:03

                                            Ouais, c’est ça....

                                            La liberté du plus fort, du plus riche ; comme dans les « marchés » par exemple, n’est-ce pas Péripate ?

                                            Là ; pas de problème d’élection ; les mafieux se cooptent entre eux, et ne se laissent pas emmerder par l’avis des citoyens...

                                            Ou la royauté ?
                                            Avec rien que des « élus » par le sang.... ou par le nom...

                                            Un bon petit retour à la loi de la jungle ; c’est la conception de la « liberté » des libéraux-libertariens, et autres engeances...

                                            Quand on pense aux milliers de morts qu’il a fallu pour aboutir à des systèmes démocratiques, où les citoyens ont le droit de vote, on reste sidérés devant la propagande des voyous libéraux...


                                          • foufouille foufouille 12 mai 2010 20:38

                                            peripate prefer scier la branche sur laquelle il est assis
                                            liberalisme ........
                                            plus de subventions aux cultos ...........
                                            peripate dans un camp .........
                                            ou peripate veut faire ouvrier agricole en roumanie


                                          • Le péripate Le péripate 13 mai 2010 08:46

                                            Dans tes bredouillis, il y a parfois quelques mots qui font sens, Foufouille.

                                            Ainsi, tu écris « le péripate préfère scier la branche sur laquelle il est assis ».

                                            Voilà qui éclaire d’un jour cru ta conception de la vie. Ainsi je serais en contradiction avec mes propres intérêts, intérêts étant perçu comme une position, une branche, allez, disons le, un privilège.

                                            Tu n’es pas prêt de comprendre quoi que ce soit à la réalité. Mais tu t’occupes très bien de défendre les privilèges. Lénine parlait d’idiots utiles.


                                          • foufouille foufouille 13 mai 2010 08:53

                                            ah ! peripate s’est achete un cerveau !
                                            il comprend une metaphore
                                            eh oui si le liberalisme gagne, tu auras plus de boulot
                                            tu pourras toujours recupere une partie des terres de ton patron pour jardiner
                                             :->


                                          • foufouille foufouille 13 mai 2010 15:17

                                            tu devrais dire a ton patron que tu veut sa ruine
                                            il est chasseur ?
                                             smiley
                                             

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