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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Vidéo : la campagne sauvage

Vidéo : la campagne sauvage

Après avoir fait grand bruit dans la campagne américaine, la vidéo en ligne entre dans la pré-campagne de 2007 française. La bonne vieille propagande revient donc en force avec la séquence piratée de Ségolène Royal.

YouTubeElection.fr

Dans une civilisation de l’image, les élections se font à coups de représentation. Les carrières se font et se défont à coups de vidéo. Depuis plusieurs mois, on note la progression de cette tendance que le New York Times a appelée « YouTube election ».

Aux États-Unis, rapporte Francis Pisani, « CNN a fait un pas de plus dans la consécration des blogueurs en réunissant les plus fameux d’entre eux dans un café de New York et en les faisant causer comme les experts auxquels la télé nous a habitués depuis des décennies. » Pourquoi ? Parce que le Web 2 s’est invité dans la sphère politico-médiatique américaine en quelques semaines. George Allen a été pris sur le fait par un vidéaste démocrate le désignant par une insulte raciste (nous en avions parlé ici, voir aussi NetPolitique). En soixante secondes, la carrière politique d’Allen a été brisée en plein élan, alors qu’il se positionnait pour l’investiture républicaine en 2008. Il vient de perdre son siège au Sénat et cela aurait fait basculer la majorité vers les démocrates. Rien que ça !

Jean-Luc Raymond rapporte que « pendant plus de trois mois, les différents candidats se sont affrontés par vidéos interposées, diffusées sur YouTube ». La nouveauté, ce sont ces spots « issus des équipes de campagne des candidats et d’amateurs qui traduisent en mots, en images et en arguments ou simili-preuves des critiques acerbes sur l’adversaire républicain ou démocrate. Les taux de consultation de ces vidéos sont parfois impressionnants. Elles ont servi tour à tour de sources d’informations aux chaînes de télévision locales américaines et ont parfois même été rediffusées sur les chaînes. À côté de cela, on peut trouver des vidéos de la campagne vue de l’intérieur : les bénévoles en action, les galas de dons pour les candidats, les discours au fur et à mesure de la campagne. Partout, la vidéo est présente, omniprésente, intrusive et force de témoignage. »

Le contrôle citoyen peut paraître séduisant avec ces électeurs armés de caméras légères (et de téléphones mobiles) pour dénoncer certaines pratiques, des abus, des irrégularités, rapporter des faits. L’omniprésence de ces caméras citoyennes ouvre la porte également à des perspectives orwelliennes - qu’on pourrait définir comme le côté obscur du « journalisme citoyen » ou des « médias participatifs » - c’est-à-dire aux dénigrements, lynchages et manipulations. Tout ceci peut conduire à l’éclatement de la frontière entre sphères publique et privée, les victimes faisant les frais de leur perte d’intimité ou de dignité. Des vidéos détournées ou piratées peuvent se trouver sur la place publique. Tourner et diffuser une vidéo avec une caméra ou un téléphone est très facile ; en outre, on peut le faire sous couvert d’anonymat via un service de diffusion de vidéo. La diffusion virale peut faire affluer une audience massive sur certaines vidéos.

On notera une certaine forme de suivisme, de la part des médias français notamment, qui courent derrière l’opinion perdue, en la cherchant à travers le prisme du Net qui cumule les bons points : il est un « outil de communication » de plus en plus populaire et il produit de l’« information » gratuite (révélations, photos, vidéos, émanant des amateurs). La société du spectacle telle un ogre se nourrit de populisme. Ces nouvelles situations posent des questions éthiques à tous les niveaux : celui qui réalise les images, celui qui les diffuse, celui qui les reprend et bien sûr... celui qui les regarde.

La bonne vieille propagande revient donc en force. Un clip anti-Sarkozy a été vu autour de 30 000 fois sur DailyMotion et il a fallu attendre un article de Libération paru quelques mois plus tard pour en savoir plus sur ce montage d’images hors contexte.

Le premier cas français d’ampleur vient d’avoir lieu. C’est au tour de Ségolène Royal d’être l’objet d’une attaque, une poignée de jours avant les primaires, au travers d’une vidéo volée, datée de janvier 2006 et diffusée sur DailyMotion depuis quelques jours. Elle a été vue plus de 350 000 fois. La vidéo se propulse dans la campagne des primaires et fait de grands remous au niveau national. Cet extrait d’une réunion interne aurait été diffusé par l’entremise d’un membre du PS (pro-DSK) et les appels à diffuser cette vidéo auraient tourné dans des listes militantes (tous les détails ici et chez nuesblog.com). La candidate qui chamboule les éléphants et certains hommes (quoi qu’ils disent) est prise pour cible. C’est à se demander si une telle chose aurait pu se produire en France contre un autre candidat de premier plan, comme si certains principes de respect pouvaient être enfreints à l’encontre d’une femme, qui doit forcément être dominée. Cette vidéo annonce la couleur : pour gagner, tous les coups sont permis !

En France, le vide juridique est total concernant la vidéo en ligne. Le CSA ne le comptabilisera pas dans les temps de parole. C’est la porte ouverte à toutes les pratiques, à tous les coups bas, et les plus violents ne viennent pas forcément du parti adverse. Sur le Net, le terrain de jeu est glissant, les abus ou les excès de chacun peuvent prendre de réelles proportions.

Qui parle d’où ? À quel moment ? Les informations sont-elles sourcées ? La preuve par l’image ? Qu’est-ce qui est une preuve, un fait, une information ? Telles sont les questions qui se poseront avec force avant de se faire une opinion dans la nouvelle infosphère. La « pipolisation » comporte des risques et tous ceux qui jouent avec le dévoilement de soi-même, et qui laissent faire dans certains cas, auront du mal à crier au voleur si leur image est utilisée malgré eux. On peut se demander si cette tendance ne finira pas par conduire à la disparition même du concept de « droit à l’image ». Un pas de plus est franchi dans le rapprochement entre l’émotionnel et l’informationnel. La démocratie représentative et les médias sont en crise, et la défiance, réelle. Force est de constater que les idées passent au second plan, face à l’événementiel et à l’infotainment. On nage en pleine confusion.

Le journaliste Dan Gillmor (auteur de We the media) écrit dans Quelle éthique pour les blogueurs ? : “Tous les blogueurs ne font pas du journalisme. La plupart n’en font pas. Mais lorsqu’ils en font, ils devraient s’astreindre à respecter quelques principes éthiques. Tous les codes éthiques sont créés pour remplir une fonction essentielle : donner confiance. Si un lecteur (ou un spectateur, ou un auditeur) ne peut avoir confiance dans un article ou un « post », il ne prendra pas la peine d’y consacrer du temps”. Il ajoute “En ce qui me concerne, je considère que l’éthique est quelque chose de simple : c’est une question d’honneur. Ce concept est certes très large. Mais on ne peut pas s’attendre à ce que les gens nous fassent confiance si on n’agit pas avec honneur." Les nouveaux médias doivent chercher à ne pas tomber dans les pièges du système actuel et soutenir plutôt une transformation positive de la société.

Espérons que nos hommes et femmes politiques, les militants et les partis, s’engageront à respecter des principes éthiques dans leur pratique politique. Si ceux qui prétendent au poste suprême ne le font pas, préférant salir la partie adverse pour gagner, la campagne française de 2007 pourrait être trash. Si l’on regarde un peu plus loin, notre démocratie n’a rien à y gagner et cela ne ferait le jeu que des extrémismes... Et comme l’a dit Pierre Mendès France : « L’amour de la démocratie est d’abord un état d’esprit. »

Billet de memoire-vive.org. Voir les liens dans ma.gnolia.


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164 réactions à cet article    


  • Demian West (---.---.157.94) 13 novembre 2006 11:07

    Les articles de Natacha me mettent tous les atomes en rang fixe puis c’est la fission des pyrotechniques !

    Demian West


    • Demian West (---.---.122.196) 13 novembre 2006 15:58

      Elle est si belle karacho et c’est si bon le hors-in-sujet inOut inOut.

      DW


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 16 novembre 2006 11:14

      Les atomes en rang fixe, c’est l’état de l’helium surperfluide

      Demian n’en est qu’à -66, faites un effort, il faut aller à -270.

      En dessous du zéro absolu, -273 les lois de la thermodémianologie étant inconnues, on peur s’attendre à des phénomènes de nature étrange


    • (---.---.228.227) 16 novembre 2006 14:56

      Ils pourront se défouler encore mieux avec le copier-coller qui suit (sans droits d’auteur, puisque c’est Indymédia) :

      http://liege.indymedia.org/news/2006/11/13357.php

      France : Ségolène Royal, l’enseignement scolaire et la campagne présidentielle

      Par Usager-administré (France), Wednesday, Nov. 15, 2006 at 10:59 PM

      ugradm@yahoo.fr

      A l’approche des élections françaises de 2007 et juste avant les « primaires » du Parti Socialiste, il a été instructif d’observer les incroyables décalages entre ce que les « politiques » ont vraiment l’intention de faire une fois élus, et la propagande de circonstance qu’ils sont capables d’adresser aux électeurs. Rien de nouveau ni d’étonnant, mais une vidéo récente mettant en évidence une série de déclarations de Ségolène Royal dans une réunion de travail en janvier 2006, sur les horaires et l’emploi du temps des enseignants du secteur public, dévoile une fois de plus l’incroyable étendue et la gravité du piège électoraliste.

      Une vidéo enregistrée et diffusée dans des conditions que l’environnement de Ségolène Royal conteste sans en nier toutefois le contenu, dévoile des propos pour le moins choquants tenus par l’intéressée à une réunion du Parti Socialiste français en janvier dernier. Des propos, apparemment, destinés aux cadres du parti mais pas au « grand public ».

      L’élue socialiste, qui fut chargée de mission de François Mitterrand au moment de l’attentat contre le Rainbow Warrior et ministre déléguée de Claude Allègre au moment de sa polémique avec les enseignants qui se solda par la démission de ce ministre début 2000, est revenue à la charge en cercle fermé en janvier dernier, à propos des prétendus privilèges des fonctionnaires qui enseignent dans les établissements scolaires publics. Elle a revendiqué cette fois-ci une obligation de présence totale de ces agents dans leur établissement, sans prendre en considération la nécessaire autonomie liée à la nature même de cette fonction et alors qu’il est connu que l’administration ne dispose pas de moyens permettant d’accueillir de cette façon le personnel enseignant.

      De surcroît, Ségolène Royal accuse les enseignants de pratiques contestables, lorsqu’elle déclare : « Comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d’aller faire du soutien individualisé payant et ils n’ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements scolaires ? » Des propos qui ont été d’autant plus contestés, que seuls les enseignants sont mis en cause, et que les enseignants se plaignent précisément d’une surcharge de travail : heures de cours, copies à corriger, réunions... C’est donc logique que les réactions aient été nombreuses.

      Parmi les articles diffusés sur la Toile, on trouve une analyse du 12 novembre intitulée : « Emploi du temps des enseignants et vrais problèmes des institutions françaises » mettant en évidence qu’en matière de réforme des institutions françaises, l’urgence serait de procéder à d’autres réformes que le monde politique se garde bien d’évoquer. Il paraît utile d’en commenter quelques extraits.

      D’abord, l’auteur écrit notamment :

      « Juge administrative au début de sa carrière à la sortie de l’ENA, Ségolène Royal est bien placée pour savoir qu’en dehors des audiences et des réunions indispensables des formations de jugement, les contraintes de présence imposées aux magistrats ne sont pas sévères. Si un justiciable en litige avec une administration se présente soudain au tribunal et demande à consulter son dossier, il peut se trouver devant un greffier de section ou de chambre qui ne sait pas comment l’aider car « les magistrats ne sont pas là » et « c’est eux qui ont le dossier ». Or, il semble bien qu’au moins une partie de ces absences soit due à l’exercice d’autres fonctions. La plus connue, traditionnellement, est celle de professeur ou maître de conférences associé à une université. La juridiction administrative n’est d’ailleurs pas la seule concernée. »

      (fin du premier extrait)

      Il conviendrait sans doute d’ajouter qu’il paraît étonnant d’apprendre que les magistrats des juridictions ne se consacrent pas à temps plein à leur principale mission statutaire, alors qu’ils se plaignent d’un « encombrement des tribunaux » et que ce prétexte a ouvert la voie à une véritable escalade de mesures rendant le fonctionnement de la justice de plus en plus expéditif et sommaire, et difficile d’accès. Curieusement, Ségolène Royal n’a jamais rien dit de précis sur la question de la réforme de la Justice. On peut lire également dans le même article : « Des juges enseignent également dans des établissements privés qui organisent des préparations à des concours. (...) Avec tout le respect qui leur est dû, pourquoi des magistrats dont la présence à temps plein auprès des tribunaux peut paraître si nécessaire deviennent-ils, entre autres, des enseignants à temps partiel, alors que de nombreux universitaires sont au chômage et finissent par quitter le pays au bénéfice du tissu professionnel des Etats-Unis qui se nourrit de la « fuite des cerveaux » d’autres pays ? (...) Quant à l’indépendance des institutions publiques, elle semble fondre à vue d’œil. La fondation Bettencourt-Schueller, créée par Liliane Bettencourt, principale actionnaire de la multinationale des cosmétiques L’Oréal, devrait financer à compter de janvier 2007 une chaire du Collège de France déjà officiellement annoncée avec l’intitulé : « Chaire d’innovation technologique - Liliane Bettencourt ». Comme par hasard, au moment du débat politique sur la question des autorisations des recherches dans le domaine de la génétique humaine, atteint depuis un an par le scandale de la falsification de résultats sur les cellules souches à l’Université de Séoul. La Fondation Bettencourt - Schueller accorde également, entre autres, des prix à des laboratoires de recherche publics. Cerise sur le gâteau, Dominique Strauss-Kahn, auteur avec Claude Allègre de la Loi sur l’innovation de 1999, a récemment déclaré qu’il trouverait normal le financement par EDF d’une chaire de Physique Nucléaire à l’Université Paris VI... La belle « apparence d’impartialité » pour les experts du XXI siècle ! »

      (fin du deuxième extrait)

      Curieux, par exemple, que Ségolène Royal n’ait pas réagi à l’emprise croissante du secteur privé sur l’enseignement supérieur et la recherche publics. Mais, si Dominique Strauss-Kahn est ouvertement pour... C’est, tout compte fait, le même parti et le même programme.

      Enfin, l’auteur de l’article écrit :

      « Ségolène Royal est plus récemment devenue avocate, comme d’autres membres de la coupole politique. Il serait intéressant qu’elle dise aux militants de son parti et aux électeurs ce qu’elle pense de la double mission d’auxiliaire de justice et de « conseil » d’entités privées (notamment des banques, des multinationales...) que s’attribuent les corporations d’avocats. (...) »

      (fin du troisième extrait)

      Une évolution inquiétante, abordée dans un article de Justiciable du 24 avril ainsi que dans mon article du 30 avril. Encore un silence de Ségolène Royal, pourtant très à même d’évoquer cette question qui la concerne directement sur le plan professionnel.

      A différence du faux problème abordé dans la vidéo de janvier dernier, il s’agit là de véritables problèmes : le fonctionnement de la Justice, ses garanties d’indépendance ; la pluralité de fonctions et de responsabilités ; l’indépendance plus globale de l’Etat, des universités et de la recherche publiques, des experts... ; la déontologie des missions des avocats... Mais Ségolène Royal fait elle-même partie d’un milieu professionnel plus « haut placé » que les fonctionnaires de l’enseignement scolaire. C’est également le cas de l’ensemble de la coupole politique française. Quant à la question des moyens de l’enseignement public pour le plus grand nombre, les préoccupations de la nomenklatura politique française semblent s’en éloigner de plus en plus...

      Rappelons aussi l’implication de Ségolène Royal, dès sa nomination en tant que ministre déléguée à l’enseignement scolaire en 1997, à une prétendue « campagne contre la pédophilie » dans les écoles, au déroulement outrancier et très médiatisé, qui se solda notamment par le suicide d’un enseignant. Encore une opération ayant fait l’objet d’un large consensus politique, déjà en 1996 sous Alain Juppé, et dont la logique arbitraire et artificielle n’a pas été étrangère à une certaine perte de contact avec la réalité qui a fini par conduire au fiasco judiciaire d’Outreau.

      En somme, il semble bien qu’une fois de plus des personnalités politiques « de gauche » et de « droite » cherchent à faire des enseignants le bouc émissaire de problèmes réels de l’Etat français qui ne proviennent pas de cette catégorie de fonctionnaires et qui exigeraient des réformes dans des domaines beaucoup plus protégés. Mais quel est l’objectif réel de ces attaques permanentes contre les enseignants, quels intérêts cherche-t-on à servir ? Des multinationales, des financiers, des fondations de l’oligarchie... ne rêveraient-elles pas de s’emparer, par de nouvelles privatisations, de l’enseignement public français ?

      Usager-administré (France) ugradm@yahoo.fr


    • (---.---.228.227) 16 novembre 2006 15:06

      Précisons qu’Indymédia se réfère à l’article de De ço qui calt ? du 12 novembre à 10h36 :

      http://360.yahoo.com/quicalt

      « Emploi du temps des enseignants et vrais problèmes des institutions françaises »

      qu’apparemment les modérateurs d’Agoravox ont mis trois jours à approuver :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=15545


    • (---.---.165.167) 16 novembre 2006 15:24

      « Demian n’en est qu’à -66, faites un effort, il faut aller à -270. »

      Pour pouvoir brûler vif quelqu’un, il faut un « grand consensus ». Je conseille la lecture de l’ouvrage de Martin del Rio sur les sorcières « Disquisitionum magicarum libri sex ». Il a quelques siècles d’âge, mais bon...


    • (---.---.69.155) 17 novembre 2006 09:59

      Ses attaques contre les enseignants, son silence sur l’emprise croissante du secteur privé sur le domaine public... montrent que Royal roule pour l’oligarchie. La soutien médiatique dont elle a bénéficié le confirme. Quant au PS, les votants à ce scrutin représentent moins de trois pour mille de la population française.

      De toute façon, quel choix avaient les militants entre réac Royal, l’ami des patrons DSK et le trilatéral Fabius ? Ils incarnent tous la même politique. S’ils restent au PS, c’est qu’ils sont eux-mêmes pour le système.

      Et que penser de la manière dont Mme. Royal a été élue alors que Hollande est resté aux commandes du PS ? Hier soir, il y avait cette note sur le blog de De ço...

      http://360.yahoo.com/quicalt

      Parti Socialiste, Royal, Hollande, « primaires » présidentielles et apparence d’impartialité

      Quel que soit le programme affiché par un parti politique à la veille des élections présidentielles, on sait bien qu’après ces élections les promesses n’engagent que ceux qui avaient bien voulu y croire. A fortiori, pour ce que des images médiatiques ont pu laisser entendre. Sans doute, la pratique réelle des politiques est beaucoup plus importante pour juger de ce qu’on peut vraiment en attendre. Par exemple, on ne peut pas valablement espérer d’un parti au gouvernement un comportement plus strict dans le domaine institutionnel que celui dont il a fait preuve dans son fonctionnement organisationnel interne. De ce point de vue, on ne peut que s’inquiéter du maintien de François Hollande dans la fonction de premier secrétaire du Parti Socialiste pendant la campagne interne pour l’investiture présidentielle, où Ségolène Royal a été candidate.

      D’après Wikipédia, Ségolène Royal est la compagne de François Hollande, avec qui elle a eu quatre enfants. Il existe donc d’incontestables intérêts qui lient ces deux dirigeants politiques. Toujours d’après Wikipédia, leur patrimoine commun est « géré dans une Société Cvile Immobilière « de la Sapinière » créée en 1990 au capital de 914 694 euros (6 millions de francs) ».

      Cette situation est parfaitement comparable à celle que prévoit le Code de Procédure Civile, dans son article 341. Un magistrat peut être récusé, notamment, « s’il existe un lien de subordination entre le juge ou son conjoint et l’une des parties ou son conjoint ». Ce qui paraît logique. Mais, si un tel critère est bien connu dans les procédures judiciaires, il devrait a fortiori prévaloir dans des opérations politiques au niveau d’une « pré-campagne » présidentielle, où les enjeux sont beaucoup plus importants que dans la grande majorité des affaires de justice et, par conséquent, les risques de confusion d’intérêts devraient faire l’objet de précautions encore plus sévères.

      En l’occurrence, l’impartialité de la direction du Parti Socialiste a été à plusieurs reprises mise en cause par des candidats potentiels ou réels à l’investiture présidentielle de ce parti. Une solution parfaitement viable aurait été que François Hollande abandonne provisoirement, jusqu’à la fin des « primaires », la fonction de premier secrétaire, avec, au besoin, quelques mesures complémentaires de façon à garantir, au moins, l’apparence d’impartialité de l’exécutif de l’organisation. A la place, François Hollande a continué à contrôler l’appareil et le site du Parti Socialiste renvoie de manière très visible à un entretien de ce dirigeant paru le 6 novembre dans Libération.

      N’étant pas membre du Parti Socialiste, je me suis abstenu d’aborder cette thématique avant le premier tour des « primaires » du PS. Ce dont il s’agissait, pour moi, c’était de voir si le PS était capable de se poser lui-même cette question et de la régler de manière conséquente et vraiment éthique. Il me semble que le constat qui s’impose est décevant.

      Peut-on raisonnablement espérer qu’un parti fonctionnant de la sorte procède, s’il l’emporte en 2007, à une réforme positive des institutions du pays ? On peut sérieusement en douter, d’autant plus que la question de l’apparence d’impartialité de toutes les instances de l’Etat et des autres pouvoirs publics est très certainement essentielle et constitue l’un des défis pour toute transformation ou évolution progressiste sur le plan institutionnel. Un problème qui ne concerne pas seulement le Parti Socialiste ou l’UMP, d’ailleurs, mais qui résulte d’un mode de fonctionnement collectif de l’actuelle « classe politique » française et des « élites » qui gèrent le pays.

      En tout cas, ce qui paraît clair, c’est qu’avec des dirigeants issus des « fournées d’élites » des trois dernières décennies, ce n’est pas le changement qui nous attend mais l’aggravation de ce qu’on subit déjà et dont, en principe, on ne veut plus. Une réalité qui peut ne pas plaire à de nombreux croyants des idoles politiques à la mode, mais qui malheureusement m’apparaît incontournable.


    • Marsupilami (---.---.93.165) 13 novembre 2006 11:17

      A propos de la vidéo de Ségolène sur les 35 heures dans les collèges : l’essentiel est qu’elle est authentique. La candidate de la « transparence » et de la démocratie participative est prise sur le fait et victime de ce qu’elle propose, et c’est tout bénef pour la démocratie.


      • (---.---.119.221) 13 novembre 2006 11:23

        Il était beaucoup plus simple pour Ségolène de fermer les yeux devant l’échec scolaire massif et le blocage syndical.

        Pourquoi va-t-elle chercher des complications ?


      • Sceptique (---.---.27.61) 13 novembre 2006 11:29

        Mais la victimisation, ça se retourne. Ca hurle au complot maintenant. Il suffit de jouer sur la calomnie et l’intrusivité, et de brandir le spectre des méthodes « à l’américaine » que chacun ici doit honnir comme il se doit. Je suis prêt à parier qu’elle va y gagner, ce qui à mon sens ne sera pas forcément « tout bénef » pour la démocratie.


      • (---.---.92.79) 13 novembre 2006 15:18

        @ Sceptique (IP:xxx.x67.27.61) le 13 novembre 2006 à 11H29

        Tout a fait d’accord avec toi. Je reste d’autant sceptique sur ceux qui osent brandir la démocratie devant des tels coups bas. La démocratie ne gagne rien là dedans. C’est désolant !


      • FredSud37 (---.---.249.83) 13 novembre 2006 20:37

        Une excellente analyse de cette petite vidéo est actuellement disponible : ICI.


      • La Taverne des Poètes 13 novembre 2006 23:27

        Marsupilami,

        c’est lamentable de tricher ainsi avec les votes. Vous vous prenez pour le Tibéri d’Agoravox ?


      • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 14 novembre 2006 11:16

        Evidemment que cette vidéo a été mise en ligne pour nuire à Marie-Ségolène. Mais vous me faites rire en hurlant au coup-bas ! Ces propos ont bien été tenus et révèlent qu’elle considère que les profs ne bossent pas assez et se propose de les forcer à faire 35 h au collège. C’est ça, le fond. Le citoyen n’a-t-il pas le droit de le savoir ? Le reste est littérature.


      • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 14 novembre 2006 11:21

        J’ajoute qu’il est fallacieux de présenter Marie-Ségolène Royal d’une part et les éléphants de l’autre. Si ceux que l’on désigne sous ce terme sont des pachydermes, au nom de quoi n’est-elle pas une éléphante ?

        Manifestement, Natacha vote pour la Pimprenelle du Poitou, ce qui est son droit, mais qu’elle m’explique alors pourquoi serait-il préférable sur le plan de la démocratie que sa prise de position reste secrète, comme elle le souhaitait (elle dit « je ne vais pas le crier sur les toits ») ?


      • (---.---.228.227) 16 novembre 2006 14:47

        « Il était beaucoup plus simple pour Ségolène de fermer les yeux devant l’échec scolaire massif et le blocage syndical. Pourquoi va-t-elle chercher des complications ? »

        PARCE QU’ELLE ROULE POUR LES MULTINATIONALES ET LES OLIGARCHIES FINANCIERES.

        Comme d’autres commentaires l’ont fait remarquer, elle n’a rien dit sur la privatisation croissante de l’enseignement supérieur et de la recherche, ni sur le fait que la fondation de Liliane Bettencourt ait été autorisée à financer une chaire du Collège de France, ou sur le fait des que des juges enseignent dans des établissements privés, etc...

        Lire, entre autres :

        http://360.yahoo.com/quicalt « Emploi du temps des enseignants et vrais problèmes des institutions françaises »

        http://liege.indymedia.org/news/2006/11/13357.php « France : Ségolène Royal, l’enseignement scolaire et la campagne présidentielle »


      • LE CHAT (---.---.75.49) 13 novembre 2006 11:18

        D’accord avec l’auteur ,les campagnes de spots calomnieux du genre que l’on peut voir aux US n’apportent rien au débat , surtout si c’est pour attaquer des adversaires sur leur vie privée .puisse la France en être preservée ! on fait déjà ici tout un remue ménage avec les petites phrases sorties de leur contexte !


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 13 novembre 2006 11:37

          Mais il n’y a aucune calomnie, juste de l’authentique, comme l’a souligné Marsu


        • LE CHAT (---.---.75.49) 13 novembre 2006 11:47

          D’accord avec toi , la vidéo avec segolène est autentique, mais toutes le sont-elles ?


        • Demian West (---.---.157.94) 13 novembre 2006 11:49

          On croit rêver : un enregistrement serait vrai et de l’authentique.

          Montage, cadrages, etc.

          De qui se moque-t-on ? du cinéma en tous les cas.

          De Marsu on s’y attendait, mais Dugué est de plus en plus décevant.

          DW


        • Wywy (---.---.102.114) 13 novembre 2006 12:00

          Les propos n’ont strictement rien de condamnable, sauf pour ceux qui ont fait de S.Royal une cible de leur frustration.

          Dès que l’on essaie de discuter avec un anti-sego sur le sujet tout ce qu’il vous répondra en définitive c’est que c’est une cruche et que c’est scandaleux de dire des choses pareil. J’attend toujours que l’on m’explique en quoi.

          Le seul contre argument c’est que c’est une cruche. Ca vole haut au PS.


        • (---.---.113.30) 13 novembre 2006 13:58

          Le carnaval:Pas 11 H 11 mais 11/11/2006 06.00 H www.rfi.fr invite d’observer un Royal-vidéo filmée récemment et en même semaine.


        • patrick patrick 13 novembre 2006 15:51

          @ le chat

          Mais ce n’est pas spot calomnieux ! ce sont les paroles de Madame Royal !

          Ce qui est évident c’est que le « off » est mort et que chacun devra faire attention à ce qu’il dit !

          Cela vaut bien un jury populaire puisque c’est la « parole » de la candidate.

          Je vous signale aussi ;

          http://www.dailymotion.com/video/xmof2_segogo-leurope-et-les-cantines

          pas ininteressant ( surtout de voir la mimique de Melanchon


        • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 13 novembre 2006 17:20

          En quoi le commentaire de Demian West (l’insupportable gnoméningeux bleu comme mon canard) est-il hors sujet ? Qui sont les 23 nazes qui ont clicqué « hors sujet » pour le commentaire ci-dessus ?


        • zz (---.---.200.155) 13 novembre 2006 19:07

          L’habitude de cliquer « hors-sujet » pour Demian West peut-être smiley


        • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 14 novembre 2006 11:27

          Demian, il n’y a pas de montage en l’occurrence. Le seul argument produit pas les ségolistes est que la vidéo est tronquée. De fait, elle ne reproduit pas l’ensemble de la réunion. Mais, sur le sujet précis des 35 h au collège, pas de manipulation, elle l’a bien dit. Sinon le contesterait-elle évidemment ! Or ce n’est pas le cas. La production de la vidéo intégrale (désormais en ligne elle aussi) ne change d’ailleurs rien à l’affaire : elle veut augmenter la charge de travail des profs et préfère que ça ne se sache pas encore. Voilà ce que montre cette vidéo. Et voilà ce qui est incontestable. Après, on peut être d’accord ou pas. Mais n’a-t-on pas le droit de le savoir ?


        • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 14 novembre 2006 11:30

          Un argument alors : elle réclame que les profs effectuent 35 h au collège. Mais la présence effective in situ constitue-t-elle la totalité du travail des profs ? Non : préparation des cours et correction des copies sont à ajouter. Pourquoi alors les profs devraient-ils davantage travailler que les autres ?


        • Job (---.---.131.234) 15 novembre 2006 14:22

          "On croit rêver : un enregistrement serait vrai et de l’authentique.

          Montage, cadrages, etc."

          D’accord avec toi DW, mais nous ne sommes pas dans une dimension esthético-technique.

          Elle s’est faite attrapée à son propre jeu. C’est tout.

          Et puis, elle aussi joue des médias : montage, cadrage, situation, langage, présentation, etc.

          Je pense qu’elle s’est faite avoir avec les armes qu’elle utilise d’habitude contre les autres. D’où la surprise, mauvaise.

          Mais, elle s’est faite avoir une fois. Il n’y en aura probablement pas une deuxième.

          [PS : j’ai voté pour toi].


        • Voltaire Voltaire 13 novembre 2006 11:38

          Surprenant parallèle entre un « clip » anti-Sarkozy résultant d’un montage , et d’un témoignage direct sur les idées exprimées par Mme Royal (qu’elle indique d’ailleurs ne pas vouloir rendre publiques par crainte des syndicats).

          Dans le même paragraphe, on retrouve la même incohérence en suggérant « C’est à se demander si une telle chose avait pu se produire en France contre un autre candidat de premier plan, comme si certains principes de respect pouvaient être enfreints à l’encontre d’une femme, qui doit être forcément être dominée » alors que deux phrases plus haut, on décrit que la vidéo anti-Sarkozy (un homme, de premier plan me semble t-il) est un montage.

          Comme Marsupilami l’indique, cette vidéo de Mme Royal est une information, ce clip sur Sarkozy est un outil de propagande (je dis cela sans soutenir en aucune façon Mr Sarkozy par rapport à Mme Royal).

          Les journalistes en France sont peu habitués à mettre les responsables politiques devant leurs propres contradictions. Même s’il est certain que la diffusion de cette vidéo sur Mme Royal n’est pas sans rapport avec la campagne en cours, il est révélateur que ce type d’information soit relayé par des amateurs plutôt que par des professionnels.

          Rappeler ce qu’un responsable politique a dit il y a quinze ans est de mauvaise foi (il est normal d’évoluer sur la durée), mais pointer des idées émises 6 mois auparavant puis réfutées relève me semble t-il d’un certain travail de vérité qui participe à la lutte contre la démagogie et la langue de bois.


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 13 novembre 2006 12:00

            Cette fois nous sommes d’accord, cher Voltaire, on ne peut pas confondre un document in vivo avec une mise en scène propagandiste. Le faire serait se tirer une balle dans le pied démocratique


          • (---.---.113.30) 13 novembre 2006 23:29

            Je vous recommande de soutenir à côté d’Alain Juppé aussi encore Monsieur Marsupilami avec les épaules nues et une longue jupe satinée noire . Le Carneval est parfait. Un beau jour pour finir de configurer la masquerade « mardi gras » « Dancing with the Queen of New Orleans »(Bon Jovi) : Quod licet Jovi non licet bovi.


          • (---.---.22.136) 14 novembre 2006 07:01

            On voit clairement les méfaits de ce nouveau « journalisme ».

            Des gens à l’esprit faible et paresseux comme Marsu, Bernard Dugué, voltaire, etc. ne se sont pas aperçu de la supercherie : Cette vidéo est tronquée.


          • Job (---.---.131.234) 15 novembre 2006 10:51

            @ Voltaire

            Parfaitement d’accord. Cet extrait n’est pas tronqué. Elle dit ce qu’elle pense. Et effectivement, ce document date de janvier 2006, c’est-à-dire du début de cette année. Autrement dit les idées qu’elle exprime sont encore récentes.

            Et c’est un discours réactionnaire que la droite conservatrice, elle-même, ne tiendrait pas. Tout simplement parce que tous le monde sait une chose : l’Education Nationale est traversée de part en part en permanence par tous les phénomènes de sociétés. La crise économique qui touche au moins les deux tiers des français, sans affectés particulièrement nos élites, se reflète dans l’Institution.

            Les élèves qui ne sont encore que des enfants subissent de plein fouet cette crise. Et çà se mesure tout simplement, le matin à l’ouverture des établissements. On sait ceux qui sont disponibles pour suivre les cours et ceux qui ne le sont pas.

            Et contrairement à ce que pense les adultes : personne ne laisse véritablement ses problèmes personnels au vestiaire. Encore moins les enfants qui ne sont pas encore suffisamment armés pour faire face. Et de toute manière, de « vestiaire », il n’y en a souvent plus sur la plupart des lieux de travail.

            Faire 35H sur place pour garder les élèves ne changera strictement rien au problème étant donné que les professeurs doivent préparer leurs cours dans le calme afin que les dits « cours » soient intéressants et conforment aux programmes. On ne peut pas, et faire de la police (respecter le règlement), et préparer des activités pédagogiques sérieuses en même temps : c’est incompatible. L’état d’esprit n’est pas le même.

            Il faut donner des moyens de Vie Scolaire plus importants pour mieux encadrer les jeunes.


          • hp (---.---.11.147) 13 novembre 2006 11:42

            La vidéo concernée n’est ni un montage, ni un trucage, ni un spot de propagande. Il s’agit d’une vidéo où Ségolène Royal s’exprime librement, sans contrainte et la caméra ne semble pas être une caméra cachée.

            C’est simplement que son vrai visage et ses vraies idées de droite apparaissent lorsqu’il n’y a pas de logo de chaîne de télévision sur la caméra qui la film.

            Si un journaliste avait rapporté simplement par écrits d’anciens propos qu’elle a tenu, évidement ça n’aurait pas eu le même impact, de la même façon que la presse écrite et la télévision n’ont pas le même impact.


            • FredSud37 (---.---.249.83) 13 novembre 2006 20:39

              Afin que chacun puisse se faire sa propre opinion sur ce qu’a publiquement déclaré la candidate officielle de la presse « people » et de la « gauche caviar », ladite vidéo est disponible : ICI.


            • platero (---.---.176.44) 13 novembre 2006 11:44

              très bon papier Natacha, qui aborde les questions de fond sur une utilisation abusive de ces nouveaux outils, utilisation orientée bien sûr et rappelle l’urgente nécessité d’une Charte éthique afin que l’Internet ne devienne pas un espace de non droit où chacun pourrait faire et dire et laisser faire et dire (sur les blogs) n’importe quoi !


              • crou (---.---.58.254) 14 novembre 2006 01:38

                Scandaleux, ces blogs qui ne respectent pas la ligne éditoriale des grands médias, scandaleux ! smiley

                Et si ça continue, on va vouloir nous imposer la liberté de parole et la démocratie...

                Où va la France ?


              • duong (---.---.123.107) 13 novembre 2006 11:45

                La condamnation quasi-unanime de la « vidéo pirate » sur les enseignants montre un manque de recul évident par rapport à cette histoire de cassette. On condamne ce qui a l’air « pirate » en considérant que tout ce qui vient des médias traditionnels est « propre ».

                D’abord, je rappelle que le caractère tronqué des diffusions vidéo est la règle à la télévision. Je me souviens notamment d’une émission « C dans l’air » sur les jurys citoyens où juste après qu’un invité avait dit qu’il ne s’agissait pas de « surveiller les élus », la vidéo du discours originel de Ségolène Royal a été coupée ... juste avant qu’elle dise qu’il s’agissait d’« assurer la surveilance populaire de la façon dont les élus exercent leur mandat ».

                Surtout, cette cassette n’a acquis de l’importance QUE parce que les médias traditionnels avaient, par complaisance, décidé de cacher les propositions de madame Royal qu’elle avait faites à la commission du projet du PS et qui étaient donc parfaitement connues. Mais comme elle n’avait pas fait de conférence de presse sur ce sujet, les médias s’étaient inclinés par simple complaisance. Si les médias en avaient parlé à ce moment-là, cette cassette n’aurait provoqué aucun bruit.

                Alors après quand on parle de « piratage » ... en diffusant des informations contre la volonté des hommes et femems politiques, internet permet la transparence que les médias refusent. Et ça serait un recul démocratique ? Dans la lutte transparence « pirate » contre complaisance « officielle », madame Royal avait préféré la première dans l’affaire du premier-ministre hongrois. Mais quand ça la concerne, l’héroïne de la démocratie participative préfère la complaisance. Ca peut se comprendre.

                Mais le plus grave dans cette affaire, c’est que les médias « traditionnels » s’empressent de crier à la « piraterie », conscients que c’est leur rôle de « référence » qui est en jeu. Et qu’un certain nombre de « blogueurs » drapés dans leur respectabilité ignorent ce qui est en jeu dans cette affaire et que les médias traditionnels ne sont absolument pas une garantie d’information, démontre un manque de recul certain dans cette affaire.

                Je le répète : si les médias traditionnels avaient parlé de cette proposition réellement révolutionnaire (par rapport aux auters débats sans grand enjeu qu’on nous présente) faite très officiellement par madame Royal à la commission du projet du PS, il n’y aurait JAMAIS eu aucune affaire avec cette cassette ... rien de plus que le buzz habituel créé par les cassettes « satiriques ».


                • duong (---.---.194.89) 13 novembre 2006 13:36

                  je signale aussi qu’hier soir, était programmé un documentaire sur France5 « je vote Ségolène ».

                  Heureusement il a été déprogrammé pour un documentaire sur Jean-Jacques Servan-Schreiber, décédé récemment.

                  Mais l’implication des médias traditionnels dans cette campagne n’est plus à démontrer.


                • FredSud37 (---.---.249.83) 13 novembre 2006 20:41

                  La fulgurante ascension de la candidate officielle de la presse « people » et de la « gauche caviar » est clairement analysée : ICI.

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