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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > VillaBar : la réalité parisienne continue d’imiter la liberté (...)

VillaBar : la réalité parisienne continue d’imiter la liberté virtuelle

A l’occasion du lancement de VillaBar, un projet parisien d’art de bar participatif, tour d’horizon de la vie urbaine libre.

Les années 2000 : événementielles et participatives !

La tendance montante des happenings et rassemblements thématiques continue.

Les Parisiens se réapproprient la vie. Ils sortent de leurs immeubles fermés pour se regrouper par affinités pour des événements volatiles, mais chargés de sens.

Ces événements peuvent être de grande envergure ou plus modestes. Ils n’en restent pas moins qu’ils représentent tous cette fureur de l’événement collectif qui se veut authentique, capable de fédérer un certain nombre de gens, mais pas encore « récupéré » par le « système » médiatique officiel, c’est-à-dire commercial ou institutionnel. Certains événements se multiplient et gagnent d’autres villes, d’autres pays. D’autres avortent en quelque sorte. Mais tous participent de cette atmosphère d’action collective libre qui monte depuis le début des années 2000 et l’expansion d’internet.

Le monde virtuel (internet) s’est beaucoup inspiré du monde réel, mais il est allé beaucoup plus loin. De par les facilités d’interaction qui s’offrent sur internet et après l’exemple extraordinaire de l’encyclopédie mondiale Wikipédia, l’internet collectif et participatif s’est développé à toute allure. Maintenant, le monde réel tente de rattraper son retard.

A l’image d’internet et des wikis, auxquels les gens peuvent participer librement, de plus en plus d’événements se créent de façon non pyramidale et se répandent sans appartenir à personne. Paris et la province sont touchés.

Les attraits des événements collectifs urbains

Parmi les événements collectifs il y a les projets encadrés (comme les balades de rollers encadrés par la mairie de Paris) et les projets libres. Ceux dont nous parlons sont libres.

Les avantages que ces événements représentent pour les gens sont variés. Ils remettent au goût du jour la vie populaire, la spontanéité des gens, l’attrait de l’imprévu... C’est en fait une sorte de « déguindisation » du monde dont il s’agit. Les milieux socio-culturels s’effacent pour faire place à un moment partagé où chacun apporte son grain de sel...

Le goût de l’instant est un des moteurs de la mobilisation provoquée par ces événements, qui donnent l’impression que le monde est vivant, que la surprise est encore possible dans une ville moderne et surveillée du XXIe siècle.

De fait, le lancement de ces événements est simple. L’idée d’un rassemblement est conçue, puis se répand par internet et par quelques affiches « papier » ; enfin, le jour du rendez-vous les personnes intéressées se retrouvent dans un lieu public ou un bar. Si c’est un succès, l’événement est reconduit.

Exemples concrets : la République des blogs, le 48Hour Film Project (faire un film en 48 heures)

Le projet de la République des Blogs est né dans l’année qui a précédé la dernière élection présidentielle française. Leur site résume : la République des blogs, c’est « un lieu (un café), une date : un rendez-vous où les blogueurs qui parlent de politique et leurs lecteurs se retrouvent pour discuter, échanger, échafauder des plans, se voir enfin, faire ce que bon leur semble. Tout ça dépend d’eux (...) Tout le monde peut venir. Blogueur, lecteur de blog, ami de blogueur, simple passant... ». Ainsi, au-delà de l’appartenance politique et sociale, les citoyens se réunissent pour créer leur propre événement politique.

Le 48hour Film Project est né aux Etats-Unis et arrivé en France il y a trois ans. C’est un marathon du court métrage (il faut réaliser un court métrage en 48 heures en utilisant un personnage et une réplique obligatoires). Le concept est simple et incroyablement efficace : un ou deux organisateurs décident d’organiser un 48 Hour dans une ville. Il suffit de le notifier aux créateurs américains, qui encadrent de loin. Ensuite, il faut : trouver un lieu de rendez-vous (un bar) ; créer un site basique, voire un blog sur lequel toutes les informations sont données ; lancer le « bouche-à-oreille ». Cette année, « les 48 heures », comme ses participants l’appellent, ont mobilisé à Paris plus de 70 équipes de tournage.

Ces projets auraient été infaisables sans la présence des bars parisiens. Aujourd’hui, en lançant le projet VillaBar, l’association AlmaSoror met le bar au centre même de son projet.

Bars de Paris, faire d’un lieu de vie un lieu de création

Les bars sont les lieux de ces rendez-vous mi-improvisés, mi-organisés. Lieux de toutes les rencontres et symboles mythiques de toutes les créations (l’écrivain mal rasé au fond de son bar, le photographe qui attrape un baiser au comptoir, le peintre qui croque un regard solitaire qui passe), les bars tendent à accepter ce genre de rendez-vous. Ils n’en profitent pas pour augmenter les prix des consommations. Les clients habituels sont plus ou moins « dérangés » et peuvent choisir de participer, d’observer ou d’ignorer l’événement. A mi-chemin entre le happening et l’événement artistique collectif, VillaBar est un concept qui vient d’être créé.

Après l’art de ville, ou art urbain (graffitis, tags, hip hop), le projet VillaBar affirme créer l’art de bar, libre et gratuit. Libre, signifie qu’il n’y a pas de droits d’auteur et de droit à l’image. Gratuit, qu’il n’est pas besoin de payer pour participer ni pour voir l’art. Ce qui dans l’art urbain traditionnel est vagabond et risqué, car interdit, n’est plus là dans l’art de bar puisque et le bar et les participants sont d’accord et que le support n’appartient pas à l’Etat. Quel avenir pour cet art de bar ?

L’art de bar naît. A-t-il un avenir ?

VillaBar aura lieu, si l’on en croit leur site et leurs affiches, le troisième dimanche de chaque mois à 18 h 30. La première édition aura lieu ce dimanche 21 octobre.

En lançant le projet d’art de bar VillaBar, le bar du Piston Pélican et l’association AlmaSoror sont dans la lignée de ces événements libres, participatifs, à la fois désordonnés et cohérents.

Le concept du happening est présent puisque on ne peut prévoir à l’avance ce qui aura lieu et que les artistes-leaders seront tributaires des prestations des Parisiens présents sur les lieux.

Le projet VillaBar se veut promouvoir l’art de bar. Redonner ainsi à un type de petit commerce (les bars) une dimension de partage communautaire forte, tout en mettant la création et l’expression artistique à la portée de tous. Une dimension politico-sociale s’insère puisque les publics sont mélangés et que la frontière entre l’artiste et le public est brouillée (à défaut d’être totalement effacée). Pour autant, ces idéaux émis par l’association AlmaSoror et le bar du Piston Pélican trouveront-ils une matérialisation, une concrétisation qui leur donne raison ?

Il ne reste plus qu’à voir si VillaBar s’imposera comme un événement ou si le concept d’art de bar n’est qu’une étincelle qui s’évanouira avec la fin de VillaBar. Nous le saurons sans doute mieux lors de l’exposition du premier roman photo VillaBar, le 15 novembre 2007.


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3 réactions à cet article    


  • Agnès 17 octobre 2007 12:00

    Merci pour cet article intéressant. Je voudrais signaler un autre évènement du même type :

    Le « Café des Européens » dont la première édition aura lieu mercredi 7 novembre 2007 à partir de 19h au Horse’s Tavern : 16, Carrefour de l’Odeon, 75006 Paris. Métro Odéon. Il s’agit de réunir autour d’un verre les adhérents et sympathisants des associations europhiles à Paris.

    Par ailleurs, le succès de la République des Blogs a permis une déclinaison à Bruxelles, avec un lancement le 30 octobre.


    • tvargentine.com lerma 17 octobre 2007 13:19

      Franchement,un discours complétement déconnecté d’une réalité quotidienne,car à ce jour,le citoyen n’a rien eu à dire pour les modifications que la municipalité PS-VERT à faite et qui à défiguré Paris.

      Cette ville est devenue tres sale,ou il est devenue impossible de se garer pour aller au restos et ou les "vélib’s grillent à tout instant des feux rouges,sans parler des voyoux qui ont pignon sur rue...

      Bref rien à voir avec votre article

      En ce qui concerne les bars ou les bistrots ou les cafés (comme vous voulez),VIVEMENT LA LOI ANTI-TABAC !!!!

      A quoi reconnais t’on une ville morte ??

      A l’heure de l’ouverture du boulanger le matin et à Paris le temps du boulanger ouvert à 4h30 ou 5h00 n’existe plus car il semble que le Maire de paris Plage n’est pas celui des gens qui se lévent tot pour aller travail mais celui des bobos qui se lévent à 9h30.

      Oui,cette municipalité,a pars ce remplir les poches en travaux et études « écolos » et se fermer de gros salaire auront été à l’encontre de toute logique de développement économique et social d’un pays développé

      Vivement le grand Paris !


      • armand armand 17 octobre 2007 23:14

        Une ville morte c’est une ville ou ces engins de mort, de pollution et de bruit sillonnent les rues dans un vacarme infernal, se croyant aux 24 heures du Mans, où les egos surdimensionnés des beaufs nouveau-style se traduisent par des 4x4 à gogo, et la frilosité sécuritaire et l’entre-soi des bourges par des multispaces qui ressemblent de plus en plus à des corbillards à vitres fumées.

        Alors moi, pour ma part, je trouve que la municipalité PS-Vert ne fait pas encore assez et j’appelle de mes voeux le remplacement de la quasi-totalité des engins à moteur à explosion privés par des vélos, voire des attelages ou des chevaux. Ras le bol de ce fléau qui nous empoisonne depuis un siècle déjà. Paris intra-muros n’en a pas besoin.

        Quant à l’article, je ferais remarquer qu’il devrait être des plus simples d’engager la conversation dans les bars, les bistrots, les transports en commun. Pas besoin de regroupement ’par affinités’ qui ne traduit qu’une tribalisation regrettable.

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