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Accueil du site > Actualités > Economie > 0% de croissance au troisième trimestre

0% de croissance au troisième trimestre

L’emploi crée la croissance. Le contraire n’existe pas...

Nos hommes politiques relayés par les médias assènent tous comme une vérité établie que « sans croissance, il n’y a pas de création d’emploi », et tout le monde semble considérer le phénomène comme une sorte d’effet météorologique : pas de soleil, pas bon vin !

La contraposée de cette assertion est partiellement juste : si la planète connaît une croissance économique forte (ce qui est le cas depuis de nombreuses années), la demande sur le marché mondial est forte, et nos entreprises exportatrices (EADS, LVMH, LOREAL...) bénéficient de cette demande pour augmenter leur chiffre d’affaires, créer des emplois dont certains (pas forcément beaucoup) seront localisés en France.

Mais l’affirmation est majoritairement fausse puisque la France connaît une croissance faible (nulle au troisième trimestre 2006 !) dans un contexte mondial très porteur. Notre économie intérieure est donc récessive et détruit tous les effets positifs d’une croissance mondiale qui ne se dément pas. Il faut simplement dire que nos hommes politiques, soit par mensonge, soit par ignorance, font devant nous, depuis de nombreuses années, un raisonnement par contraposée qui est faux.

La croissance qui crée des emplois, ça n’existe pas ou peu.
Le travail qui génère de la croissance, oui, cela existe !

Le produit intérieur brut (PIB en français, GDP en anglais) correspond à la simple multiplication suivante :

nombre de travailleurs x valeur ajoutée économique moyenne/travailleur

Pour générer de la croissance, il faut donc agir sur le nombre de travailleurs ou sur la valeur ajoutée de chaque travailleur, et préférentiellement sur les deux.

Deux exemples simples illustrent le phénomène :

  • si un boulanger embauche un salarié supplémentaire qui lui permet d’ouvrir le lundi (alors que, la boulangerie étant auparavant fermée, certains habitants du quartier avaient pris l’habitude de ne pas manger de pain le lundi) et que les ventes du lundi financent ce nouveau salarié, on a augmenté le nombre de travailleurs : même si ce dernier a une valeur ajoutée modeste, le PIB a augmenté.
  • si un fabricant d’aspirateur invente l’aspirateur sans sac (je sais que ça existe déjà mais ceci est un exemple) qui ne coûte pas plus cher à fabriquer mais qui peut se vendre plus cher car la ménagère y trouve un vrai bénéfice : on a augmenté la valeur ajoutée des employés de ce fabriquant, le PIB a augmenté.

Sans revenir sur l’aberration des 35 heures (cf. 35 heures...), qui a eu comme effet mécanique de baisser la valeur ajoutée par travailleur et, par effet mécanique inverse heureux, de nous conférer l’une des plus grandes productivités « horaires » mondiales (heureusement que le PIB n’a pas baissé de 10% - !- et que beaucoup de gens ont compensé la baisse de leur temps de travail « officiel » par une plus grande productivité individuelle...), un pays qui ne compte que 17 millions de salariés dans le secteur privé pour 60 millions d’habitants a beaucoup de mal à générer de la croissance quand bien même ces 17 millions se décarcasseraient pour, chacun, augmenter leur valeur ajoutée individuelle...

En fait, pour reconstituer le PIB, il faut ajouter à la valeur ajoutée collective de ces 17 millions de salariés du secteur privé (qui sont 24 millions en Grande-Bretagne, cf. pétition que je vous recommande de lire si ce n’est de signer : L’enjeu 2007), la contribution d’un sous-ensemble difficile à quantifier de nos services publics (énergie, transports... voire santé et éducation), que nous avons voulu collectifs et subventionnés, et qui, bien évidemment, participent à la génération de valeur ajoutée. La grande question les concernant est plutôt : comment faire augmenter la valeur ajoutée per capita en les privatisant ou en les mettant en concurrence (sachant que l’on ne peut pas - hors phénomène des départs à la retraite - véritablement réduire les effectifs, ni geler les coûts, ni augmenter leur temps de travail sans que leurs syndicats ne bloquent le pays) ?

Hormis donc les salariés du privé et les quelques millions d’employés du secteur public participant à la génération de valeur ajoutée (les actifs à valeur ajoutée, ou AVA), c’est sur le PIB que viennent se déduire sous forme de prélèvements obligatoires (impôts, taxes et cotisations) les dépenses liées à :

  • notre fonctionnement républicano-démocratico-administratif qui est « out of control » depuis trente ans (un policier, un militaire, un inspecteur des impôts, un magistrat, un maire, un député, un conseiller de ministre... constituent des postes de coûts souvent nécessaires mais non créateurs de valeur ajoutée économique alors qu’un coiffeur (*) participe au PIB !)
  • nos retraités qui sont de plus en plus nombreux et qui, pour l’instant, bénéficient d’un système plutôt généreux
  • nos chômeurs et nos exclus qui vivent d’allocations diverses et qui, sans doute pour une très grande part, aimeraient travailler et délivrer de la valeur ajoutée
  • indirectement, nos enfants qui bénéficient de notre système éducatif (le terme « bénéficier » est peut-être ici de plus en plus impropre !), de notre système de santé... bien que nourris et logés par leurs parents.

Le nombre de chômeurs, quand on regarde ces différentes populations, est finalement presque résoluble : si nous avions un million de fonctionnaires et un million de retraités en moins, l’immédiat gain de valeur ajoutée par AVA approcherait 10% d’économie sur les coûts et permettrait à de nombreuses entreprises d’embaucher (alors qu’elles sont simplement à l’équilibre économique, voire juste en dessous) et/ou à de nombreux particuliers de consommer des services à la personne -fortement consommateurs de main-d’oeuvre- qu’ils n’ont pas les moyens de financer aujourd’hui. Un niveau frictionnel de chômage (2-3% environ de personnes entre deux jobs et 1-2% de chômeurs de longue durée) serait théoriquement très vite atteint. Malheureusement, il sera long de se départir d’un million de fonctionnaires et on va voir le nombre de retraités augmenter par tranche d’un demi-million (ou plus) par an dans les quinze-vingt prochaines années...

De même, si un fonctionnaire part à la retraite, un salarié est mis en pré-retraite ou si un chômeur est transformé en exclu, l’équation reste la même, on n’augmente ni le nombre d’AVA, ni la valeur ajoutée ! Pas de croissance, voire une récession, des prélèvements qui augmentent, des déficits publics, une baisse du niveau de vie... bref le cercle infernal dans lequel nous sommes entraînés en spirale.

Enfin, la politique de traitement social du chômage, si elle peut présenter, dans certains cas, l’avantage de réadapter (ou d’adapter) à la vie professionnelle des chômeurs de longue durée (ou des jeunes non qualifiés), présente l’immense inconvénient de faire baisser le « PIB net de prélèvements obligatoires », puisque les aides et subventions de ces emplois correspondent soit à des impôts et cotisations, soit à du déficit public (qu’il faudra rembourser avec la valeur ajoutée future). Il ne peut ici s’agir que de plans provisoires et temporaires mais chez nous, ça dure depuis vingt-cinq ans !

Voici donc dame France « cornerisée » et qui se demande ce qu’elle pourrait bien faire...

Si la réponse était évidente, elle aurait sans doute déjà été apportée, voici modestement quelques éléments de solution :

  1. Ne pas s’acharner à résister aux délocalisations qui s’imposent économiquement. Si le travail est à faible valeur ajoutée et s’il est réalisable offshore, résister c’est simplement perdre l’opportunité de rebondir, de se relancer et de construire l’entreprise de demain (cf. le bon exemple -je le souhaite pour eux- de SEB qui ne maintient en France que la fabrication d’objets innovants et qui se retrouve, de fait, mobilisée sur l’innovation ce qui ne pourra pas lui faire de mal à court et moyen terme). Tous les pays occidentaux font face aux mêmes enjeux, certains tirent très bien leur épingle du jeu, pourquoi pas nous ?

  2. Donner aux chômeurs l’envie de travailler : suggérée par Croissance Plus, une association de patrons d’entreprises de croissance, la transformation de l’assurance-chômage en assurance-salaire qui consisterait, d’une part, à raccourcir le délai d’indemnisation (par exemple, à un an) et, d’autre part, à compenser pendant une durée (par exemple, deux ans) l’éventuelle différence de salaire entre le salaire avant chômage et le salaire correspondant au nouveau travail dans les secteurs fortement demandeurs (que sont le BTP, l’hôtellerie-restauration-tourisme, les services aux entreprises ou aux personnes...). Ceci n’a jamais été essayé. Il me semble que cela vaudrait vraiment la peine, surtout pour la population de chômeurs pour laquelle un virage professionnel est absolument nécessaire et toujours possible (par exemple, les moins de quarante-cinq ans ? cinquante ans ?).

  3. Enlever aux employeurs la trouille d’embaucher : sujet que je connais assez bien et qui repose dorénavant en France sur une sorte de blocage psychologique qui fait que les employeurs se restreignent d’embaucher car ils savent que la situation économique de leur entreprise peut se dégrader et qu’ils ne peuvent absolument pas anticiper le coût des licenciements qu’ils auraient alors à décider. L’inconnue est de taille, car les transactions (accord entre les parties en général beaucoup plus favorable pour le licencié que les indemnités légales) ou recours aux Prudhommes (aggravé de façon endémique par le problème des 35 heures et du non-respect scrupuleux de la législation sur le temps de travail) sont devenus des sports nationaux. Les récentes décisions prudhommales sur des CNE terminés « abusivement » sont, à ce titre, et ceci, que la décision de justice soit justifiée ou non, une véritable catastrophe en la matière... La solution serait assez simple : s’en tenir aux indemnités légales qui ont été négociées par convention collective, dont le montant est raisonnable et prévisible, et débouter aux Prudhommes (ou plutôt à l’instance qui les remplacerait car cet attelage patronat-syndicat semble avoir fait son temps) tout salarié qui n’aurait pas une « vraie bonne » raison (ex : discrimination raciale, sexuelle...) de considérer son licenciement comme abusif. Certains que le coût éventuel d’un licenciement est prévisible, encadré et raisonnable, la fameuse « trouille d’embaucher » de nos grands et surtout petits patrons devrait disparaître petit à petit...

  4. Allonger la durée de la vie professionnelle : le phénomène démographique est inéluctable et doit être partagé par tous... La retraite à soixante ans ne pourra être maintenue...

Il me semble que ces quatre points sont démontrables, praticables, peut-être inévitables. Je ne les ai pas entendus dans la bouche de nos « favoris des sondages ». Ni « ordre juste », ni « rupture paisible » ? Dommage.

Vous l’avez compris, moi je vote PIB. Vive le PIB !

(*) Je n’ai rien contre les coiffeurs mais il est amusant de dire qu’ils génèrent de la valeur ajoutée en coupant des cheveux...


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103 réactions à cet article    


  • Wells 5 décembre 2006 10:31

    Ouais, ou sinon y a une autre solution. Au lieu de vouloir toujours prendre aux mêmes, on prend l’argent ou il est. A savoir dans tout ces putains de fonds de pension ou dorment des milliards générés par des entreprises ou les gens sont payer au smic. En limitant ce que les actionnaires peuvent gagner par mois dans chaque entreprise. etc...

    En gros en REPARTISSANT LES RICHESSES. La clé elle est la.

    Alors c’est sur on peut aussi choisir de travailler 45h, jusqu’à 75 ans pour 900€ net par mois. Enfin ça c’est la solution si on veut se prendre une révolution dans la gueule...


    • gem gem 5 décembre 2006 11:45

      Mais, gros malin, C’EST DEJA FAIT !!! L’argent des fond de pensions, comme son nom l’indique, c’est l’argent mis en réserve pour payer les retraites. Et ces réserves, en France, on les a déjà bouffer DEUX FOIS, au point de créer un déficit là où il devrait y avoir un gros trésor...

      Quant aux actionnaires, soit tranquille : en 2005 ils ont encaissé 59,4 milliards d’euros en 2005 (et même pas net d’impôts). 3,5% du PIB, ça couvre à peine le déficit public si tu leur pique tout. Et si tu fait ça, faudra pas t’étonner de les voir se tirer avec l’oseille (et l’emploi) dans des pays proches mais moins con. Remarque, c’est bien ce que souhaite l’extrême gauche, très explicitement : foutre un maximum de gens dans la merde la plus noire possible pour nourrir les bataillons de révolutionaires.

      Par comparaison, il faut noter qu’en 2005 la rémunération des salariés s’est monter à 899,1 Milliards et les prestations sociales à 336 Milliards. Les 59,4 milliards, toujours dans l’hypothèse idiote où tu pique tout et que ça ne change rien d’autre, donne de quoi augmenter les salaires de 6,5%, ou les prestations sociales de 17,5 %, ou les deux de 4,8%. Si tu crois « changer la vie » avec ça...


    • (---.---.5.58) 5 décembre 2006 12:12

      Avant de *répartir les richesses* il faut commencer par *créer les richesses*.


    • JeretourneMaVesteToujoursDuBonCôté (---.---.133.39) 5 décembre 2006 15:36

      0% de croissance au troisième trimestre : PAS POUR TOUT LE MONDE, rassurez-moi !


    • Joë (---.---.133.39) 5 décembre 2006 15:56

      ERIC HAZAN ANALYSE LES DIKTATS DU DISCOURS DOMINANT Éric Hazan, LQR, La propagande au quotidien, éditions Raisons d’Agir, 2006

      LA FABRIQUE DU BARATIN

      Votre bistrotier vous parle de la croissance qui « devrait tout arranger » ?

      L’oncle Jean-Paul déplore « l’échec de l’intégration à la française » ?

      Le chauffeur de taxi évoque « l’impossiblité de faire des réformes dans ce pays » ?

      Attention, ils sont sans doute contaminés ! Vocabulaire de marché, mots-entonnoir, contre-sens orwelliens, catalogue du prêt-à-penser : dans un petit livre stimulant - LQR, la propagande du quotidien -, l’éditeur Éric Hazan désosse la « Lingua Qutiane Respublicae », cette tyrannie sémantique qui imprègne le langage de chacun.

      EXTRAITS :

      1) Ce langage n’est pas le résultat d’un complot. Il n’y a pas de réunions secrètes où il serait décidé que cette semaine on va lancer « gouvernance » et la semaine prochaine « diversité ».

      La LQR est élaborée et répandue par des milliers de personnes, à des places très variées - membres de cabinets ministériels, juges anti-terroristes, chroniqueurs à France Culture, directeurs de la communication chez les lessiviers, etc. - qui sont sortis des mêmes écoles et qui s’échangent en permanence postes et compétences. Ce groupe est homogène par sa formation et surtout par un intérêt commun à ce que rien ne bouge. Et pour y parvenir, la LQR est une arme essentielle."

      2) « ... Klemperer était professeur de philologie à l’université de Dresde. Comme il était juif, il a été chassé de son poste en 1933 par les nazis. Il a tenu ensuite un journal qui décrivait l’apparition et le développement d’une nouvelle langue, la LTI, « Lingua Tertii Imperii », la langue du Troisième Reich. En intitulant mon livre LQR, « Lingua Quintae Respublicae » - la langue de la Cinquième République - mon intention n’était pas de comparer la république gaullo-chiraquienne au nazisme. Mais la langue de Goebbels et la novlangue actuelle ont ceci de commun qu’elles se sont imposées, comme disait Klemperer, « de façon mécanique et inconsciente », même si les buts et les moyens sont différents. »

      3) " la croissance revient sans cesse dans les discours et les médias. Il y a plusieurs raisons à cela.

      La première est le caractère magique des données chiffrées, qui tient au rôle essentiel que tiennent dans la LQR les économistes et leurs complices, les statisticiens et les sondeurs. Personne ne s’étonne que l’on discute pour savoir si l’an prochain la croissance sera de 1,5 ou de 1,6 %, alors qu’il s’agit d’une notion dont la définition et les variations sont aussi précises que la météorologie !

      À preuve, une phrase de Thierry Breton, ministre des Finances, qui a avoué un jour que « le plancher de sa précédente fourchette de prévisions était devenu le plafond de l’actuelle ». Beau looping ! La deuxième raison, c’est que « la croissance » est la plus importante des « contraintes externes » qui limitent « la marge de manoeuvre » - expressions-clés de la LQR. Si la croissance est trop faible, si la marge de manoeuvre est trop étroite, alors on ne peut rien sur rien et mieux vaut rester chez soi à regarder la télé. C’est ça, le rôle de la croissance dans la LQR."

      4) ...« Beaucoup de ces « concepts », comme ils disent, sont issus du langage des publicitaires... »


    • Joë (---.---.133.39) 5 décembre 2006 16:10

      Le « techno-gratin » dauphinois entend faire de Grenoble le coeur d’une Silicon Valley européenne, une continuité urbaine qui s’étendrait de Lyon à Genève.

      Mais qu’y-a-t-il de si merveilleux à habiter une Silicon Valley ? « C’est le paradis des millionnaires et de la croissance ! », proclament nos technarques.

      Et comment ! La vallée de Santa Clara, en Californie, compte 20 000 sans-abri, dont plus de 30 % pourtant sont salariés à plein temps. Les nappes phréatiques y sont empoisonnées. L’urbanisation y est sauvage. Les cancers du cerveau ne se comptent plus...

      Un paradis dont Grenoble connaît déjà les prémisses, avec l’augmentation des loyers accompagnant l’arrivée massive de cadres, chercheurs et ingénieurs. « Les pauvres laissent la place aux riches », c’est la « tyrannie de la réussite », explique Bernard Pecqueur, un conseiller municipal du PARTI SOCIALISTE de Grenoble (Le Dauphiné Libéré, 04/06/02).

      Depuis que des contestataires ont commencé à briser le consensus sur la question, élus et industriels réagissent. Ils tentent d’éviter le « scénario OGM » à coups de campagnes de communication, de « forums citoyens » et de « comités d’éthique ». Maintenant que tout est décidé, il s’agit de faire accepter ces choix aux Grenoblois en leur donnant l’illusion qu’ils y participent.

      ...L’enjeu est de taille. Le dossier des nanotechnologies est aussi explosif que celui des OGM ou du nucléaire : même mépris de la démocratie, même transfert d’argent public vers le privé, mêmes liens recherche-armée-industrie, même culte du secret, mêmes risques écologiques...


    • Tournais (---.---.82.109) 5 décembre 2006 17:20

      Oui mais ces fonds de pensions qui prospèrent tant, ne sont pas français, mais américains, anglais et australiens. En France on préfère faire vivre les pensionnés américains, au lieu des français. Quant aux riches français, à lire un journal belge, 270 000 français (pas les plus pauvres) se sont installés ces dernières années en Belgique le long de la frontière (dont toute la famille Mulliez de « Auchan »). En Belgique point d’ISF, pas de CSG, ni de RDS et pas d’impôts sur les plus-values boursières (27% en France avec la CSG et RDS), juste 16% sur les dividendes d’actions. C’est tout bénéfice pour les belges qui ne sont pas idiots (bien que sans notre fameuse « République »), car en plus ces français payent leurs impôts locaux là-bas (pour leurs villas) ils dépensent et placent leur argent en Belgique. En France on fait fuir les riches, et on accueille « les sans le sous » de partout. C’est grand, c’est généreux, mais alors il ne reste plus que les français moyens, rebaptisés « riches » pour payer. Même si ça nous choque, nous avons besoin de plus de riches et moins de pauvres, et pas du contraire.


    • gem gem 5 décembre 2006 17:53

      Le « reste du monde » a perçu 16,4 milliards des sociétés françaises de « dividendes », pendant qu’il versait 21,9 milliards. Solde net, sauf erreur : bénéfice pour les français de 5,5 Milliards ; c’est pas le Pérou, mais en tout état de cause on ne pourra pas dire que les trop célèbres « fonds de pension anglosaxons » nous égorgent !


    • Tournais (---.---.157.11) 5 décembre 2006 18:43

      Ne pas confondre dividendes (souvent autour de 3%) et plus values (+ 14,59% sur un an pour le CAC 40 aujourd’hui même en fin de séance)


    • robin (---.---.71.166) 6 décembre 2006 01:21

      EXCELLENT MAISTRO !!!!!! smiley smiley YA DES REAC ICI ?


    • at97434 (---.---.151.162) 24 mars 2007 14:09

      « ... aujourd’hui il y a une amélioration de la situation de l’emploi, il y a des tensions sur certains marchés du travail et on voit bien que même si les taux de chômage restent élévés (il le reconnaît, NDLR !), on peut se dire qu’HISTORIQUEMENT ON EST AU NIVEAU DES TAUX DE CHOMAGE D’EQUILIBRE (NAIRUs donc, NDLR !), VOIRE LEGEREMENT EN DESSOUS, et ça ça crée FORCEMENT un RISQUE ou une NERVOSITE du côté de la BCE... »

      FORCEMENT !!!!

      Nerveux qu’il est Monsieur TRICHET quand le chômage baisse un peu trop donc...

      « C’est bien cette accélération des salaires qui est mise en avant dans le discours de la BCE comme principal RISQUE de diffusion de l’inflation pour 2007 ».

      Clair non ? Peu auparavant, notre économiste avait souligné dans l’interview que le Dieu Trichet avec prononcé dans sa conférence de presse le mot « attentif » et que ce mot est considéré comme le CODE (il emploie ce terme) pour indiquer aux marchés (financiers) que la BCE prenait très au sérieux (elle est « attentive » !) les risques en question...

      Pour ceux qui ne seraient pas habitués à ce type de médias (Bloomberg), de tels propos et de telles explications sont loin d’être des cas isolés (ils sont entre eux, c’est une chaine d’initiés), et ce genre de raisonnement y est très courant.

      A tel point que maintenant j’anticipe assez bien quand ils RISQUENT de l’évoquer. Pour mieux les enregistrer...

      Et convaincre un monde incrédule que non le chômage n’est pas qu’un Fléau, mais aussi un outil de régulation et de contrôle social... Visitez aussi mes autres sites : http://lenairu.free.fr http://linflation.free.fr/


    • Bill Bill 5 décembre 2006 10:41

      Bravo ! Même si je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce que vous préconisez, au moins vous posez les bonnes questions ! Et vous connaissez surement l’économie mieux que moi ! Mais ne pensez vous pas qu’à plus long terme, notre niveau de vie actuel sera tiré vers le bas, dans ce libéralisme ambiant ? En effet nous voulons le beurre et l’argent du beurre, tout ne peut pas marcher comme ça...

      Bien à vous

      Bill


      • (---.---.23.177) 5 décembre 2006 14:10

        @Bill « Mais ne pensez vous pas qu’à plus long terme, notre niveau de vie actuel sera tiré vers le bas »

        C’est certainement ce qui se produira pour la prochaine generation qui aura a rembourser nos dettes, payer nos retraites, securite sociale et si elle le peut cotiser pour sa propre retraite, « libéralisme ambiant » ou pas.


      • Guilhem (---.---.91.97) 5 décembre 2006 12:19

        Article intéressant mais qui amène plusieurs réflexions, d’abord le titre qui nous rappel que encore une fois la croissance sera inférieure à celle annoncée (et donc budgétisée par le gouvernement) en début d’année.

        Cela fait environ vingt ans que tous les gouvernements gonflent leurs prévisions de croissance (souvent à contre courant de tous les analystes) et donc leurs prévisions de rentrées fiscale pour nous expliquer en fin d’année qu’il va encore falloir faire gonfler la dette.

        Cette même dette qui sert par la suite à nous expliquer qu’il va falloir faire des sacrifices et se serrer la ceinture. Soit ils sont idiots, soit ils sont incompétents soit ils le font exprès chaque année depuis si longtemps ...

        Pour revenir sur l’article dans le point 1) des solutions je trouve cette réflexion dangereuse et raciste. Nous expliquer que c’est la main d’œuvre à faible valeur ajouté qui part ailleurs est faux et dangereux. Que dire alors de l’inde et de sa silicon vallée indienne ou des chinois qui veulent imposer leur propre norme DVD au reste du monde ?

        Pour info de plus en plus de multinationales dont STmicroelectronics délocalisent le R&D en Asie et leur siège en Suisse (donc moins d’emplois et moins d’impôt en France).

        L’OMC milite depuis sa création pour le ‘libre échange’ et la circulation des capitaux mais ne fait rien pour empêcher le dumping social et la ‘constitution Européenne’ était également de la même veine.

        La situation dans laquelle nous sommes avec une bonne partie de l’Europe (et même de l’Amérique du Nord) qui se caractérise par une moins bonne distribution des revenus de la croissance et par une précarisation de l’ex classe moyenne n’est pas juste due au hasard. C’est voulu et minutieusement organisé par ces organisations non élues dont les directives (commission UE et OMC) sont transposées telle quelle dans le droit français à la faveur de traités internationaux.

        D’autre part le point 4) me fait également bondir, nos gouvernements ont financés et financent encore largement les départs en pré-retraite des salariés du babyboom (car ce sont bien eux le phénomène démographique cité) permettant ainsi grâce à l’argent publique aux entreprises (en particulier les grandes) de se séparer de leurs employés les plus coûteux (car qualifiés) à moindre coût financier et social.

        Et on vient m’expliquer à moi trentenaire que en plus de me serrer la ceinture pour payer la dette souscrite par les gouvernements successifs, il faut que je parte à la retraite pour aller directement en mouroir pour grabataire et au cimetière.

        Alors qu’actuellement la génération babyboom part ‘tranquille’ à la retraite ou en indemnisation chômage préretraite etc vers 55 ans. La plupart du temps ce n’est même pas volontaire mais aucune entreprise française n’embauche les plus de 50 (trop vieux trop chers)

        Posons nous plutôt la question de la place de l’homme dans la société, construisons une société pour les hommes et pas seulement pour l’hyperprofit !!!!


        • Mataf (---.---.95.66) 5 décembre 2006 12:35

          Il faudrait se rendre compte que le poids de l administration, du fisc , des syndicalistes, et autre empêcheurs , n encourage pas à entreprendre dans ce pays ! Quand j ai pris ma retraite , à 52 ans, j avais exercé des responsabilités pointues dans l aeronautique navale (services techniques...). J étais au mieux de ma forme, de la maîtrise de mon métier... Eh bien j ai été amené à signer un papelard par lequel je mengageais à ne pas travailler pendant 5 ans pour le compte des entreprises avec lesquelles javais ete en relation.... Resultat, je regarde la mer...


          • parkway (---.---.18.161) 5 décembre 2006 12:43

            guilhem,

            ta réflexion est bien meilleure que celle de l’auteur et de gem !

            je ne comprends pas, parce que ni l’auteur, ni gem ne sont des imbéciles !

            alors qu’est-ce qu’il leur bouche les yeux ?

            Surtout gem, qui est fonctionnaire, et qui se plaint du trop plein de fonctionnaires !

            C’est bien la critique de soi-même, à condition que cela soit constructif !

            j’ai du mal avec ce genre de personnage car j’en cotoie aussi au rectorat, hélas !


            • gem gem 5 décembre 2006 13:26

              Arrete avec cette rhétorique idiote sur le nombre de fonctionnaires. Le problème n’est pas là, mais plutôt dans la faible valeur ajoutée par la fonction publique, c’est à dire par le mauvais usage qu’elle fait des fonctionnaires, quelque soit leur nombre et leur qualité. Et si tu ne le vois pas en bossant dans un rectorat, ce n’est pas moi qui ai les yeux bouchés !

              Et non, ça n’est pas la peine de nous servir l’autre soupe idéologique classique, comme quoi les services publics ne peuvent pas être quantifiés : on peut toujours faire au moins des comparaisons internationales, et ça donne des résultats globalement humiliants.


            • www.jean-brice.fr (---.---.46.233) 5 décembre 2006 12:55

              Je ne pense pas que c’est avec des équations que l’on résoudra le problème : je ne dis pas qu’elles sont inutiles, mais le vrai problème est dans LE SYSTEME MONETAIRE INTERNATIONAL QUI A ETE DEVOYE D’ABORD PAR LES ANGLAIS EN 1922 ET REPRIS PAR LES AMERICAINS EN 1944. Quant à notre problème purement NATIONAL, il faudrait que les élites et en particulier la bourgeoisie savante redevienne mationale c’est-à-dire FRANCAIE et cesse de chercher ses modèles outre-atlantique !


              • Ben (---.---.45.165) 5 décembre 2006 13:06

                C’est pourtant ce qui marche actuellement en terme de croissance... mais pas forcément en terme de développement.


              • Droopy (---.---.162.39) 5 décembre 2006 13:10

                Parfait exemple du raisonnement actuel : on mets tout en équation et on croit que tout est mathématiquement gouverné. Sauf qu’il manque quelque chose dans ce raisonnement : l’être humain lui même. Mais c’est si facile de se croire gouverné par une économie mathématisée : ça évite d’avoir des scrupules, de penser que si les autres ont des problèmes (le voisin proche ou le chinois éloigné) c’est pas de ma faute mais celle de l’économie : « regardez : c’est mathématiquement prouvé : ce n’est pas moi mais l’évolution de la courbe du PIB par valeur ajoutée ». Sauf que comme toutes les théories économiques, quand on les pousse un peu plus loin en allant jusqu’au bout du raisonnement (en maths, il suffit de trouver un contre exemple pour détruire un raisonnement mais apparemment pas en économie), et bien on s’aperçoit que c’est du grand n’importe quoi. Alors on multiplie le résultat par l’âge du capitaine, on y rajoute de la poudre de perlimpinpin. Et finalement, on continue comme avant : les exploités sont exploités, les exploiteurs exploitent et si ils trouvent de la chair humaine moins cher à exploiter, on ne se gène pas.


                • Jimmy (---.---.178.30) 5 décembre 2006 13:13

                  Tu t’es trompé JDCh !

                  à la place de ton article tu as mis le cahier de revendications du MEDEF

                  tu t’apprêtais sûrement à nous parler de décroissance et d’une société qui fonctionne autrement, c’est ce que laissait penser le début de ton article, et puis voilà, la distraction...


                  • maxim maxim 5 décembre 2006 13:26

                    pour créer un peu de croissance,pourquoi ne pas mieux favoriser l’initiative individuelle ? bon nombre de gens seraient capables si on pouvait leur en donner les moyens,ceer un organisme de mise à disposition de capitaux à risque ,comme cela se patique dans certains pays.

                    evidemmment,il faudrait que l’administration fiscale joue le jeu....

                    cela pourrait se faire sur présentation d’un projet soumis à une commission qui trancherait....

                    il faut voir actuellement,les obstacles que l’on vous met dans les pattes lorsque vous voulez créer votre entreprise ;

                    j’en parle en connaissance de cause,j’ai pris maintenant ma retraite,mais j’avais fondé mon entreprise secteur BTP,suite à une premiere charrette ,fin des années 70,dans une grande entreprise internationale,qui licenciait parce qu elle avait perdu des marchés....

                    je ne suis pas devenu millionnaire pour autant ,mais j’étais libre...mon principal souci etait d’assurer les salaires des gens que j’employais...et l’administration et les banques vous guettent toujours au tournant.....

                    c’est pour cela qu’il faudrait que toutes nos instances jouent le jeu,pour permettre à ceux qui voudraient,de s’en sortir.

                    c’est une affaire de respect de la dignité de l’individu que de mettre tout en oeuvre pour qu’ils réussissent à s’en sortir.


                    • Anthony Meilland Anthony Meilland 5 décembre 2006 13:35

                      Article un peu trop peu subjectif.

                      Vous proposez une équation pour le calcul du PIB total :

                      PIB= Nb_Travailleurs * valeur_ajoutée_moyenne_par_travailleur

                      Et vous concluez « naïvement » que pour augmenter le PIB il faut augmenter l’un des deux (ou les deux) paramètres de l’équation.

                      Tout cela est bien joli, mais ces paramètres sont liés. Ainsi, si on augmente artificiellement le nombre de travailleurs sans augmenter la demande, le PIB risque bien de rester constant, et c’est la VA/travailleur qui va diminuer.

                      On pourrait aussi écrire :

                      PIB= Nbs_heures_travaillées * Productivité_horaire_moyenne

                      Comme vous le dite si bien, les 35 heures ont induit une augmentation importante de la productivité horaire pour compenser en partie la diminution du nombre d’heures travaillées. Le reste a été compensé par la création non-négligeable de nouveaux emplois.

                      Si l’augmentation de la productivité n’a eu que peu de rôle sur la croissance, la création de nouveaux emplois, a eu très certainement un aspect positif en boostant la consommation (un actif consomme plus qu’un chômeur en moyenne)

                      Dans votre exemple du boulanger, il n’est pas sur que la demande augmente proportionnellement à l’augmentation du nombre d’heure d’ouverture. L’aspect positif viendrait plutôt de la création d’un nouvel emploi, et donc d’un nouveau « consommateur plus actif ».

                      Le « problème » actuel de la France (bien moins grave que ce qu’on veut nous faire croire) réside plus en la faiblesse de la consommation qu’en la faiblesse de la production. Il s’agit en partie d’un problème de pouvoir d’achat, mais surtout d’un problème de confiance, mise à mal par nos élites politiques et financières, et leur politique de la peur. Dernier exemple : le livre de Philippe Jaffré « Le jour où la France a fait faillite ».

                      Si on omet les chômeurs, les français ne travaillent pas trop peu. D’ailleurs, la faiblesse de l’utilisation des heures supplémentaires confirme bien cette théorie. Ce n’est certainement pas les quelques pourcents de majoration des heures sup qui poussent les patrons à ne pas les utiliser. C’est avant tout la faiblesse de la demande.

                      Il existe aussi un problème d’inadaptation de l’offre. Les français ne peuvent pas s’opposer aux délocalisations des emplois peu qualifiés. Il faut donc se tourner vers les hautes technologies et augmenter le budget de la recherche.

                      La faiblesse relative de la croissance française (relative car proche de la moyenne de l’EU et pas si éloigné de celle de l’OCDE), provient plus du climat malsain d’autodénigrement et de flagellation que d’un réel problème économique.


                      • gem gem 5 décembre 2006 14:50

                        Parler de faiblesse de la demande, c’est absurde, vu le déficit commercial qui se creuse de plus en plus. La demande est là, (et même peut-être trop), si les producteurs français ne la couvre pas c’est qu’ils ont bel et bien un problème.

                        Ceci date un peu mais ça reste pertinent : http://www.lexpansion.com/art/4056.140048.0.html


                      • parkway (---.---.18.161) 5 décembre 2006 13:42

                        à l’auteur,

                        on ne peut pas dire que votre article pue l’humanisme !

                        Vous qui nous critiquez comme penseurs uniques, on n’en a autant à votre service !

                        il y a d’autres voies à suivre et ellles sont plus haumaines que les vôtres.Elles seront moins rentables, c’est sûr, mais qu’est-ce qu’on en a à faire de travailler pour des financiers ?

                        Les finances sont internationales, les entreprises côtées appartiennent et sont dirigées internationalement.Qu’est-ce que les peuples en ont à faire, alors ?

                        Le but des gens comme vous c’est de tout privatiser et de soi-disant tout rentabiliser, y compris les services publics qui sont par essence improductifs mais qui servent au bien-être de la population.

                        faire du fric avec tout ! je ne suis pas gauchiste, je suis philosophe et humaniste, et je dis que les gens comme vous sont dangereux pour l’humanité !

                        Vous aurez remarqué que les pays d’Amérique du Sud ont commencé à dire merde à vos copains de l’OMC, vous devriez réfléchir un peu à votre avenir de capitaliste à tout crin...

                        Bon courage, mec !


                        • Dominique (---.---.30.99) 5 décembre 2006 13:55

                          merci à Parkway pour son commentaire hilarant. C’est bon de lire un manifeste rouge écrit par quelqu’un qui dit qu’il n’est pas gauchiste, grandiose !

                          @ l’auteur : finalement vous vous en sortez mieux qu’on aurait pu le croire, près de 50% de votes article intéressant, bravo.

                          @ Gem : j’imprime illico votre premier commentaire pour donner des billes à mes filles souvent confrontées à des profs ultra-marxistes dans leur lycée bourgeois smiley


                        • Marsupilami Marsupilami 5 décembre 2006 13:48

                          « Vous l’avez compris, moi je vote PIB. Vive le PIB ! ».

                          Comment peut-on écrire de telles conneries ?


                          • Bill Bill 5 décembre 2006 13:51

                            @ Parkway

                            Mais enfin mon ami, du calme ! il s’agit juste de constater que le reste du monde vit une très forte croissance et nous rien, nous stagnons ! Un peu de libéralisme pourrait libérer notre marché du travail et accroitre la croissance, tout simplement. Par contre je ne suis pas entièrement libéral, je trouve dangereux de nous mettre en compétition avec les chinois ou les roumains ! Je préfère avoir ma paye plutot qu’un bol de riz. Mais la Chine ne joue pas le jeux non plus et garde sa monnaie très basse par stratégie sans doute... !

                            Quoi qu’il en soit, ces questions sont les bonnes questions, je le crois.

                            Bien à toi Parkway !

                            Bill


                            • ZEN zen 5 décembre 2006 13:55

                              « Ne pas s’acharner à résister aux délocalisations qui s’imposent économiquement »

                              JDCh fait toujours plus fort ! Même le Medef n’aurait pas osé...

                              Je vis dans un secteur où le chômage touche près de 40% de personnes dont on a délocalisé les entreprises parce que pas assez rentables pour les actionnaires anglo-saxons ou les hedges founds....Je sais que Saint-Cloud n’est pas Charleville -Mézières ni Condé-sur-Escaut.

                              A propos, vos fins de mois, pas trop difficiles ?..


                              • Marsupilami Marsupilami 5 décembre 2006 14:06

                                @ Zen

                                JdCH ne doit pas avoir écouté Les patrons contre la finance...


                              • Sam (---.---.195.193) 5 décembre 2006 14:21

                                Zen

                                Tu vas pas me dire qd même que tu as signé la pétition pour le maintien à 17h ? smiley


                              • Yann Riché Yann Riché 5 décembre 2006 14:01

                                Bravo pour votre article Bravo à ceux qui déjà ont laché quelques salves anti OMC etc, montrant encore une fois l’incompétence économique en France. Le souci d’une entreprise tient dans sa rentabilité, (ce qui permet d’investir par exemple).

                                Il est nécessaire d’adapter notre économie, évidemment rien ne peut bouger tant que nous n’aurons pas un tissu de PME plus important, ce qui nécessite de débloquer des contraintes qui sont citées dans l’exemple.


                                • Ouebman (---.---.30.88) 5 décembre 2006 15:55

                                  @ Yann Riché

                                  Bonjour,

                                  Bin, tiens...

                                  Débloque, débloque.

                                  On connait le résultat de ces déblocages, dérégulations, globalisations et patati et patata...

                                  Franchement, faut arrêter.

                                  La dérégulation n’est pas une solution, c’est juste un moyen au service d’une minorité. Le marché ne s’autorégule pas, il accélère à fond pour maximiser les profits au delà de toutes raisons et au détriment du plus grand nombre. Ce modèle de développement n’en est pas un (ni modèle, ni développement). C’est une fuite en avant à l’issue de laquelle il n’y aura pas de gagnants, ou si peu...le temps que les autres leurs fassent la peau.

                                  Quant une substantielle part des ressources naturelles aura été consommées (on y vient), quand les 4/5eme de la population mondiale auront été paupérisées (dans les pays développés) et réduits a une existence vouée au néant (dans les pays « pauvres »), que se passera t-il ?

                                  Encore Bravo pour vos poncifs de la pensée unique économique.

                                  Adaptons-nous, certes, mais a quoi ?

                                  A ce bourbier nauséabonds qu’est devenus l’économie de marché planétaire, à ce casino mondiale de la finance ou n’importe quel cadre dirigeant un tant soit peu international peut réduire à néant le travail de toute une vie de plusieurs milliers d’employés, a ces systèmes de compensations interbancaires dévoyées, à ces faiseurs de richesses colossales construites au détriment des règles élémentaires du respect de la personne ?

                                  Vous voulez que vos enfants vivent là dedans ?

                                  Pas moi, si je peux l’éviter.

                                  Cordialement,

                                  O


                                • Yann Riché Yann Riché 5 décembre 2006 16:32

                                  C’est bien ce que je reproche l’amalgame fait entre les dérives, le laisser faire qui contribue à vous battre contre l’économie de marché et surtout à éviter toute adaptation.

                                  La réalité n’est ni dans le paradis ultra libéral ni dans le repli social ou national.

                                  Cependant votre objectif 1er est vous le dites de protéger vos enfants, de les proteger.

                                  Pour ma part je préfère une autre voie, celle qui concilie engagement et apprentissage, entre aide et indépendance. Je veux qu’ils soient libres et la pauvreté ne libère pas elle emprissonne. Comment voulez vous qu’il y ait de la croissance si il n’y a pas de production s’il n’y a pas de rentabilité ?

                                  Vous avez tout et finalement nous n’avons plus rien que vaudront vos points retraites dans 10 ans dans l’Etat d’endettement actuel de la France ? Que vaudra votre carte vitale ?

                                  Restez aux 35 heures, laissez les entrepreneurs partir à cause d’une rentabalité insuffisante (en grande partie du fait du cout du travail !) Est ce un choix qui ouvre les portes pour vos enfants ?


                                • Ouebman (---.---.30.88) 5 décembre 2006 16:40

                                  @ Riché.

                                  Ce que je veux pour mes enfants ne se trouve plus en France. Ni maintenant, ni demain, ni jamais plus. je me prepare gentiement a quitter ce pays. J’espere simplement pouvoir le faire assez rapidement, mais ce n’est pas certain. Je ne crois plus en la capacite de ce pays a s’adapter a quoi que ce soit, ni a reformer structurellement ce qui pourrait l’etre, sans forcement basculer dans l’ultraliberalisme destructeur, aussi destructeur que la paralysie ambiante. Il est temps de changer d’air. Dont acte.

                                  Cordialement,

                                  O


                                • seb59 (---.---.180.194) 5 décembre 2006 14:05

                                  Votre analyse est pertinente, mais pour reprendre l’exemple de l’entreprise « seb » (tiens, comme moi...), combien y a t’il d’ouvriers pour un ingenieur ?

                                  Nous avons des industries, des usines qui emploient nombre de personnes à des postes « manuels ». Que deviendrons ses gens (et leurs familles, donc leur pouvoir d’achat, etc...) si nous delocalisons toutes les productions ?

                                  La france ne peut pas devenir un pays uniquement de service, de restauration (bof),ou de tourisme (re-bof). Pour l’innovation et la haute technologie, nous sommes deja battus par des pays emergeants comme l’inde ou la chine.

                                  Il n’est donc pas possible de tout baser sur le « high-tech » et la R&D. Il faudra bien garder des industries. Mais face aux faibles couts de production du tiers monde, comment les proteger sans taxes et protectionnisme ?


                                  • Anto (---.---.178.10) 5 décembre 2006 14:14

                                    Votre définition du PIB est disqualifiante à bien des égards.

                                    PIB = nombre de travailleurs x valeur ajoutée économique moyenne/travailleur

                                    PIB = valeur ajouté économique. et c’est archi faux car les charges et impots interviennent positivement en sus dans le calcul du PIB.

                                    Par ailleurs en supposant que cette définition soit juste, elle me gène car le fait que vous parliez de valeur ajoutée économique moyenne/travailleur comme un facteur alors qu’au contraire on s’en sert d’indicateur me donne l’impression que vous inversez le problème.

                                    Comme vous le dites, les 35h on montré que l’augmentation artificielle du nombre de travailleur diminue la VA moyenne. C’est donc la VA globale qui est fixe.

                                    Comment l’augmenter ? en créant des richesses, en favorisant la croissance interne des entreprises sur le sol français.

                                    Comme vous le dites il faut relancer le dynamisme des entreprises. Mais les délocalisations dont vous parlez, les fusions et autres restructurations, s’ils elles enrichissent les entreprises, n’auront aucun impact positif sur la croissance car elles ne produisent pas de richesses, et rien ne dit que cela se répercutera sur le PIB à terme car il faut qu’elles investissent leur bénéfices en France. A l’heure où c’est le rendement d’une entreprise qui compte, rien n’est moins sur.

                                    C’est pour cela qu’une solution serait de diminuer les charges pour encourager l’investissement sans subventions.

                                    Conséquences simultanée (si tout se passe bien) : augmentation du PIB et création d’emploi. Je dis « si tout se passe bien » car la France ne sera jamais competitive avec les pays qui pratiquent le dumping social.

                                    Conclusion : Ce n’est pas l’emploi qui agit sur le PIB, c’est l’investissement. Vous avancez l’argument de l’emploi dans une démarche populiste pour justifier la diminutions des aides et l’augmentation du temps de travail mais si vos conclusions semblent exactes, le raisonnement est complètement faux et ce dès le départ.

                                    Votre reflexion sur le coiffeur montre qu’il faut que vous revoyiez vos modes calculs du PIB. Vous verrez qu’il y a plusieurs façon de le calculer en dehors de la somme des valeurs ajoutées. On peut aussi calculer les dépenses avec le total des emplois de biens et services de manière équivalente.


                                    • Wells 5 décembre 2006 15:05

                                      Et le pire c’est que certains essayent à tout prit de nous faire croire que la France est pauvre. (Voir la réponse à mon premier post en haut de la page)

                                      Selon certaine personnes qui se bernes toutes seules, il n’y a plus d’argent en France, les actionnaires et les entreprises sont ruinés. Ben tient. Y a donc plus rien à faire dans ce cas la puisqu’on a plus d’argent et qu’on ne sais pas en produire...

                                      Seulement personne ne se pose la question. Il est ou l’argent ? Si ce n’est pas les salariés qui l’ont, ni les actionnaires, ni l’état ?

                                      Allez arrêter de dire n’importe quoi. Le problème est le même que durant les 5 siècles précédents : une minorité possède la majorité du patrimoine (que se soit sous forme d’argent, immobilier ou autre).

                                      Et tant que ça durera, tant que tu bossera à macdo pour 900 malheureux euros par mois, le problème continura.


                                      • Rage Rage 5 décembre 2006 15:24

                                        Bonjour JCDH,

                                        Je vais me lancer dans l’arène économique un peu tiens.

                                        Je trouve votre vision des choses une nouvelle fois très partiale et édulcorée, néanmoins tout n’est pas inaudible.

                                        Il y a tout d’abord des choses inéluctables puisque les tendances lourdes sont DEJA lancées :
                                        - La retraite à 60 ans, voir au délà, pour tous, c’est une nécessité démographique. Faut-il encore que les dispositifs de retraites soient équitables et qui plus est favorables à une compensation pour les plus bas revenus. Des dérogations sont possibles pour les métiers pénibles, mais vraiment pénibles, type BTP-manutention. Le reste, non. Pour moi les premiers à flinguer niveau retraite chapeau et coût, ce sont les agents de l’armée. Retraite à 35 ans quand on n’est jamais allé au front, cela me paraît quand même de la gabegie non ? Donc sur ce point 100%OK SI les règles du jeu sont viables et ne font pas de la cotisation type BDF à 1€ versés, 4€ perçus.

                                        - Les délocalisations sont en effet inéluctables. Faut-il encore que celles-ci soient justifiées par la non rentabilité des activités : impossibilité de virer des gens dans une entreprise qui dégage du bénéfice, même si c’est moins que 15% (loi). Nécessité de former les individus dans leur tâche à d’autres métiers pour que, le jour venu, ils ne soient pas coincés et cloitrés à pointer à l’ANPE. Nécessité pour les entreprises de se doter de R&D pour proposer du mieux, du qualitatif, de l’innovant. Au lieu de donner full thunes aux pôles de compétitivités, on ferait mieux de donner de l’argent au pôles en tension pour s’adapter à la mondialisation.

                                        Du point de vu PIB, il ne faut pas raconter n’importe quoi. Le PIB est dépassé, on ne peut pas se contenter de mesurer une activité à la « production ». Je ne suis pas de ceux qui pronent la décroissance, mais de ceux qui pensent que produire de la merde en masse ce n’est pas forcément mieux que de produire moins, mais mieux. Cela se traduit dans les faits par des optimisations à réaliser dans le public sur l’organisation globale de l’état, sur la synergies des entreprises du privé, sur les relations gagnants-gagnants, la lisibilité des interlocuteurs, la transparence des comptes, la répartition des richesses via plafonnement des hauts salaires suivant une règle valorisant l’emploi sur le sol français, la maîtrise des dépenses et l’optimisation des investissements.

                                        Tout cela ce n’est pas du PIB, c’est de la stratégie.

                                        Aujourd’hui, l’économie française manque de vision à long terme, de management digne de ce nom, de notion de service public rationnel et plus encore de STRATEGIE d’ensemble.

                                        Cette stratégie d’ensemble passe par l’écoute des acteurs économiques mais aussi par un état régulateur et fort qui défini les règles du jeu et dispense les aides suivant des hiérarchies de priorités dont l’élement essentiel est la préservation d’un taux de chômage faible combiné à un pouvoir d’achat fort.

                                        Pourquoi sans cesse distribuer de l’argent sans même réfléchir à comment il sera utilisé, optimisé, réinjecté dans le système économique ?
                                        - Je suis favorable à la création de 2 emplois sans charges patronales par petites entreprises SI et seulement si le patron s’engage à ne pas se verser plus de 2 fois revenu (global) du plus bas revenu salarié.
                                        - Je suis favorable à la création d’un CE artisanat-restauration-commerces pour lisser les appels d’airs des grandes entreprises.
                                        - Je suis favorable à l’aide des « moyennes entreprises » pour grossir et développer leurs potentiels via diversification des activités et R&D.
                                        - Je suis favorable à la retraite par répartition à 62-65 ans fondé sur un dispositif rationnel et de redistribution calculé pour tous de la même façon (ration moyen sur les 25 dernières années).
                                        - Je suis favorable à l’usage d’un impôt sur le revenu qui taxe les revenus du patrimoine, qui supprime la condition « enfant » et les parts dont la formule favorise les plus aisés, qui soit calculé en prélèvement « exponentiel » pour arriver à une répartition logarithmique des salaires (donc lissage des écarts tout en conservant des écarts).
                                        - Je suis pour une refonte des institutions et pour une réduction drastique de la dette, des dépenses et des gabegies publiques.
                                        - Je suis pour une valorisation des forces de la France, son tourisme, sa démographie, sa pluralité, son agriculture, ses industries de pointe, ses savoirs faire.

                                        Je suis pour une société qui cesse de regarder en arrière et se tourne enfin vers son avenir. Le PIB n’est pas un indicateur suffisant, aujourd’hui il faut développer un indicateur de qualité de vie et de construction d’une société durable qui mette en valeur les talents (éducation-emploi) et optimise les ressources de notre environnement : ce que j’appelle l’économie de l’environnement.

                                        Faudra t’il encore attendre que ma génération arrive enfin à se faire entendre pour que les choses changent ?

                                        Voilà une excellente question à poser à nos candidats omniscients et imbus d’eux-mêmes dont la portée de fond est aussi riche qu’un RMISTE en fin de mois...

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