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Accueil du site > Actualités > Economie > 10’053 emplois perdus en 15 mois en Haute-Savoie

10’053 emplois perdus en 15 mois en Haute-Savoie

La crise de fin 2008 est d’ordre financière. Les traders ayant joué avec des instruments financiers ayant mis à mal les banques occidentales. Ces banques ont donc dû très rapidement reconstituer leurs réserves quelques fois avec l’aide des états, mais aussi en coupant les robinets des crédits. Certes les entreprises les plus fragiles et celles dont les fonds propres étaient faibles ont souffert et souffrent encore. Mais n’oublions pas que la croissance mondiale en 2009 est certes négative, mais pas autant que cela, de plus les prévisions de la Banque Mondiale pour 2010 et 2011 sont optimistes avec des taux de progression du PIB mondial respectivement de 2.7 et 3.2 % pour chacune de ces années.

Selon un article du Dauphiné Libéré du 9 avril qui fait suite à la publication des statistiques mensuelles de Pôle Emploi, l’industrie haut-savoyarde au perdu en 15 mois 4’494 emplois, presque autant qu’entre 2000 et 2007 (5487 emplois). Le journaliste se livre ensuite à une prospective en considérant qu’il faudrait attendre 2018 pour retrouver le niveau d’avant la récession. Je ne partage pas cette vision, car c’est oublier que depuis une décennie les emplois industriels ne cessent de se détruire. Entre 2005 et 2006 la perte était de 3.5 %, en 2007 donc avant « la crise » ce taux montait à 3.8 % pour atteindre 53’116 emplois et maintenant 46’295. En fait, « la crise » n’est qu’un cheval de Troie au sein duquel se cache une forte tendance de délocalisation des emplois industriels qui ne reviendront pas. Tout au plus, la crise a donné un coup d’accélérateur permettant aux entreprises de justifier les mesures d’économie en s’approvisionnant ailleurs. Cette tendance n’étant pas limitée aux activités du décolletage.

Si vous êtes à la tête d’une entreprise, et que vous avez la possibilité de produire en Asie ou en Roumanie pour le dixième du coût local, vos considérations sociales et politiques[1] qu’évoque Carlos Ghosn - PDG de Renault - dans une interview des Echos aujourd’hui, ne tiennent pas devant la perspective d’une cessation d’activité.

Nous pouvons tout au plus espérer maintenir le nombre actuel d’emplois industriels, mais sans l’arrivée d’un gros employeur il est vain d’espérer pouvoir retrouver les emplois de 1990 (58’921).

Cela dit, nous ne devons pas baisser les bras pour autant. Des alternatives aux emplois industriels existent et surtout la lecture de ces chiffres doit être un facteur de motivation pour tous ceux qui ont la légitimité de développer l’économie dans notre région. Quitte à me répéter, je considère que notre environnement naturel se prête bien au développement des activités tertiaires. En ce domaine, nous pourrions faire beaucoup plus en particulier en créant les conditions fiscales et techniques pour accueillir des sociétés holdings animatrices (sièges sociaux de groupes internationaux) comme le font nos amis suisses avec des niveaux de salaires bien plus élevés. Les emplois induits directement et indirectement par les TIC ont aussi un réservoir de possibilités qui méritent une attention plus marquée.


[1] « Si sur le papier une décision de délocalisation est peut-être économiquement la meilleure, elle n’a pas de sens si elle n’est pas politiquement et socialement acceptable. » http://www.lesechos.fr/management/carre-vip/020465284013---ce-que-cette-crise-m-a-appris—.htm


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4 réactions à cet article    


  • iris 14 avril 2010 12:16

    tous de futurs auto entrepreneur ?? ce statut si bien selon certains sur une autre discussion ??
    les patrons actuels ont du souci à se faire-la concurrence va etre rude-


    • Cogno2 14 avril 2010 15:16

      Avouez qu’un système ou chacun est son propre patron est formidable, plus de CDI, vous êtes employé à la journée, et on peut vous virer du jour au lendemain sans avoir à s’expliquer.
      Alors, elle est pas belle la vie ?


    • Marc Bruxman 14 avril 2010 20:40

      L’industrie a un seul problème : Elle ne peut pas dégager des rendements de 10% l’an ou autres.

      Or les riches ont le choix de leurs investissement. Pour investir dans l’industrie le ticket est très important (des dizaines de millions pour avoir une usine décente voir des centaines) et le rendement promis est de 3 à 4% au plus, sauf recours à des flibusteries (rachat par LBO, etc, ...). Pourquoi ? Parce que sauf dans du très high-tech, produire est simple. Donc le rendement d’une usine tend à converger vers le rendement de l’épargne monétaire avec un très petit bonus.

      De l’autre coté, pour certaines activités d’ingénierie pure ou de commerce l’investissement initial est moins élevé et le rendement moyen sur un panier d’activité avoisinne souvent les 15% voir plus. Le caractère est certe plus spéculatif mais au final le choix est vite fait.

      Enfin il y a de plus en plus possibilité de découplage, à savoir séparer la conception du produit et sa fabrication. C’est ce que fait Apple et ce que font en réalité la plupart des sociétés occidentales. De cette façon, ce qui fait la valeur ajoutée est conservé ici et ce qui ne rapporte que des miettes est envoyé pour être produit ailleurs.

      Savez vous que sur un produit courant la marge du producteur chinois que vous conspuez est inférieure à 1% du prix de vente final ? Que l’essentiel du profit est fait sur les licences des brevets qui reviennent ici ? Regardez l’étude de cas sur une souris optique. Que touche Logitech / que touche le chinois qui produit ou se fait l’argent et la valeur. Ou sur une paire de Nike.

      A moyen terme, l’industrie va faire comme l’agriculture, devenir essentielle à la vie mais invisible dans nos sociétés.


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 21 avril 2010 18:20

        vous avez ecrit L’industrie a un seul problème : Elle ne peut pas dégager des rendements de 10% l’an ou autres.


        - qu’appelez vous industrie ?

        - et comment definissez vous la notion de rendement ?

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