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Accueil du site > Actualités > Economie > 2 ou 3 questions à François, Nicolas, Ségolène et aux autres

2 ou 3 questions à François, Nicolas, Ségolène et aux autres

La campagne électorale pour les élections du 22 avril prochain révèle bien des paradoxes. A travers quelques points importants, il est tenté de mettre en relief le flou, le manque d’information précise voire la superficialité du « discours grand public » des candidats. Les réflexions qui suivent se voudraient en réaction contre « l’américanisation » de cette campagne.

Nous vivons une époque paradoxale. D’une part, la gravité des problèmes posés au monde entier (conflits locaux non résolus comme au Moyen Orient, exacerbation des tensions entre riches et pauvres entraînant migration de populations, oppositions de civilisation, terrorisme, et plus globalement, mise en danger de la biosphère allant jusqu’à interrogation quant à la survie de l’humanité) fait contraste jusqu’au surréalisme avec le caractère franco-français de la campagne électorale pour les Présidentielles. D’autre part, cette campagne elle-même révèle une opposition étonnante entre l’intérêt qu’elle semble susciter et sa superficialité politique. L’art de la politique est de rendre aussi clair que possible les choix fondamentaux pour lesquels le citoyen délègue, à travers le bulletin mis dans l’urne, son pouvoir au politique qui s’efforce de concrétiser ces choix ; on est loin du compte quand dominent les propositions éclatées dont la multiplicité voisine avec le clientélisme, dont la générosité flirte avec la démagogie et dont l’inspiration tient plus souvent du populisme que du courage politique. C’est dans ce contexte que cette note voudrait mettre en avant quelques questions, peut-être naïves, mais dont on souhaiterait percevoir au moins un embryon de réponse dans les engagements des candidats susceptibles d’occuper l’Elysée en mai prochain.

1. la dette publique

Depuis le rapport Pébereau constatant une dette publique de 1100 milliards d’euros fin 2005, beaucoup de choses ont été dites et écrites. On en a fait un épouvantail : il est vrai que le seul paiement des intérêts de cette dette utilise 12.3% des dépenses dans le budget 2006 (à titre de comparaison, rappelons que dans ce même budget, l’impôt sur le revenu représente 20,3% des recettes : chaque citoyen peut consulter ses documents fiscaux pour trouver ces données). En outre, en ce domaine, la France est bien mal placée puisque qu’elle est le 85ème pays parmi les 114 classés suivant un rapport dette/PIB, croissant. Même si les économistes ne sont pas toujours d’accord sur la gravité réelle de cette dette (distinguo entre mauvaise dettes, celles utilisées pour assurer le fonctionnement de l’Etat et les bonnes, consacrées aux investissements renforçant l’avenir), il s’agit d’une question importante qui demande aux citoyens de bien évaluer ce que promettent les candidats en la matière. A cet égard, le débat entre les économistes Jean-Marc Daniel et Jean-Paul Fitoussi, dans l’Express du 13/09/2004, révèle trois périodes dans l’évolution cette dette : (a) elle passe de 40 % du PIB à 60% entre 1993 et 1998, (b) descend de 60% à 57% de 1998 à 2002 puis (c) remonte de 57% à 63% de 2002 à 2004. Faut-il rappeler que ces périodes coïncident sensiblement avec la présence à Matignon de, successivement, Balladur, Jospin et Raffarin ?

Pourquoi cet éclairage n’apparait-il pas dans la campagne électorale ?

2. La croissance économique : solution ou fuite en avant ?

De tous bords, on présente la croissance comme solution aux problèmes économiques et sociaux. En même temps, tous les candidats se sont empressés de signer le pacte de Nicolas Hulot. Déjà la cohérence devient délicate. Mais, par ailleurs, la croissance s’avère maintenant notable dans les pays émergents : la Chine, l’Inde, le Brésil... Qui pourrait leur en faire le grief ? Pourtant, dans le cadre de la mondialisation, le modèle de société qui polarise cette croissance reste le modèle occidental marqué par son productivisme et son consumérisme. Alors, à qui peut-on faire croire que notre planète est capable d’assurer la réalisation de ce modèle à l’échelle de 6,5 milliards d’habitants aujourd’hui, 8 à 9 en 2030, alors que l’on reconnaît l’épuisement des sources d’énergie (fin annoncée du pétrole) et des matières premières dont les coûts flambent, la limitation de l’accès à l’eau qui devient une source potentielle de conflits, la dégradation environnementale et les menaces climatiques entraînées par ce type de développement ...

Alors pourquoi les candidats ne profitent-ils pas de la place qu’ils occupent en ce moment dans les media pour souligner les limites de la croissance et inviter les citoyens à une réflexion sur le concept de décroissance assumée et autant que possible maîtrisée, plutôt que subie dans les pires conditions dans un avenir qui pourrait être proche ? Il est vrai que ce type de question (naïve) n’a pas de réponse au niveau de notre seul pays, la France ; mais ne commence-t-elle pas à prendre sens à l’échelle de l’Europe ?

3. la mondialisation : exemple du textile

Puisque je viens d’évoquer la mondialisation au point précédent, sans vouloir m’étendre sur ce vaste sujet, je propose d’en considérer un aspect largement présenté il y a 2 ans mais qui conduit à une question restée ouverte à ce jour.

C’est en 2001 que la Chine entre dans l’OMC. Dans un premier temps, la France et l’Europe se devaient d’envisager une levée des quotas d’importation de textile et d’habillement dès le début 2005. Mais 6 mois plus tard, la déferlante des produits chinois entraînait une remise place de quotas (Précisons qu’en 2003, la filière « Textile et habillement » représentait, en Europe, 2,5 millions de salariés et 4% du PIB ; en France, 200 000 emplois sont concernés). Mais cette mesure de protection est difficilement tenable : en juin 2005, le ministre du commerce chinois, Bo Xilai et le Commissaire européen Mandelson signent l’accord de Shanghai limitant le nombre de produits et la durée de ces quotas. Pourtant, cela n’empêche pas l’accumulation de 87 millions de pièces d’habillement dans les ports européens et de nouvelles négociations sont nécessaires. On en arrive donc aux accords de Pékin (septembre 2005), dans le cadre du 8ème sommet annuel entre le Chine et l’Union Européenne dont la délégation était menée par T. Blair, alors Président de l’U.E. accompagné de E. Barroso, Président de la Commission et du Commissaire concerné, Mandelson. Cet accord prévoit le déblocage, cette même année, de la moitié des stocks accumulés dans les ports, l’autre moitié étant attachée aux quotas de l’année suivante ; mais le point essentiel se rapporte à la suppression de tout quota à partir de 2008 !

De là résulte la question : pourquoi l’actuelle campagne électorale ne laisse pas apparaitre cette perspective menaçant une partie des 170 000 emplois restant en France dans le domaine du textile et de l’habillement, perspective se situant dans la première année du mandat du (ou de la) futur(e) élu(e) à l’Elysée ?

Pour être complet, il faut ajouter que les accords de Pékin concernaient des aspects plus larges comprenant évidemment les importations en Chine de produits tels que les Airbus, les TGV, les centrales nucléaires... Ainsi comprend-on la remarque malicieuse du Ministre Bo Xilai « il faut 800 millions de chemisettes pour acheter un Airbus 380... ».

4. La PAC : son utilisation ou son maintien ?

En juin 2005, est discuté à Bruxelles, le budget européen pour la période 2007-2013. Cette discussion se fait dans un contexte marqué d’abord (et surtout) par le non au projet de constitution européenne, exprimé en France et aux Pays Bas. Parallèlement, la présidence de l’U.E. passe du Luxembourgeois J.C. Juncker, européen convaincu voulant terminer son mandat par un succès concernant l’établissement du budget, à l’anglais T. Blair dont l’attachement à l’idée européenne est, disons, plus « souple ». Un tel contexte conduit évidemment à l’échec : le budget n’est pas établi ; les égoïsmes nationaux l’ont emporté sur la cohésion européenne. Le point d’achoppement principal peut se résumer à l’opposition entre le retour à l’Angleterre d’une partie de sa contribution financière (retrour de 5,14 milliards d’euros en 2005) et le maintien d’une politique agricole commune (la P.A.C).

Il faut attendre la fin du mandat de T. Blair pour que, en décembre, ce budget européen soit adopté après de dures négociations. Certes, T. Blair a fait des concessions sur la « ristourne » anglaise mais en revanche il est décidé de réviser le fonctionnement du budget européen en 2008-2009, révision portant sur toutes les dépenses, notamment la PAC et le rabais britannique.

Il est donc pour le moins surprenant de constater que les futures élections présidentielles ne mentionnent la PAC que pour proposer une utilisation différente de la dotation européenne en la matière, dotation qui, précisons le, avait permis, en 2003, un différentiel entre contribution et aide reçue, de 1,7 milliards d’euros en faveur de la France. Par exemple, le Pacte N. Hulot signé par les candidats prévoit que « les subventions agricoles soit progressivement transférées vers l’agriculture de qualité, biologique, d’appellation d’origine contrôlée en lui ouvrant le marché de la restauration collective : cantines scolaires, restaurants d’entreprises, d’universités, d’hôpitaux, de maisons de retraite, associations caritatives ».

Mais que disent les candidats quant à l’existence même de la PAC au-delà de 2008-2009, existence qui dépend aussi de 26 autres partenaires ? Plus fondamentalement, peut-on concilier la PAC et l’aide aux pays où subsiste la malnutrition ?

5. l’Europe : mythe en perdition ou espoir encore vivant ?

A suivre cette campagne électorale, on pourrait croire que l’Europe n’intéresse plus personne. Même les défenseurs du « non » au référendum de 2005 semblent s’effacer et les candidats font tout pour éviter de parler du plombier polonais et de la constitution mort-née. Puisque l’on a considéré que le débat sur l’Europe ne concerne que les élites, on semble en déduire que la « masse des électeurs » n’est pas une cible sensible au thème de l’Europe : tout effort en la matière ne serait donc pas vu productif électoralement parlant.

Pourtant, on a bien vu ci-dessus, à travers les exemples du textile et de la PAC, que le « non » a rendu difficile la défense du point de vue français. Il est clair que 2 visions de l’Union Européenne se manifestent dans les 27 pays qui la constituent : limitation à l’organisation d’un marché favorisant le libre échange ou avancée vers une union politique. Les responsables politiques qui ont appelé à refuser le projet de Constitution au nom de l’Europe sociale et politique, n’admettent toujours pas qu’ils ont objectivement renforcé la 1ère vision : on l’a bien constaté durant les 6 mois de Présidence de l’U.E. de T. Blair ; les mêmes se sont d’ailleurs offusqués que les pays ayant accepté ce projet aient pu, récemment, se réunir à Madrid sans la France. On pouvait espérer que la présente campagne électorale serait une bonne occasion pour revivifier l’idée d’Europe d’autant plus qu’à Berlin, des efforts ont été faits pour célébrer le cinquantième anniversaire du traité de Rome.

Or, au moment de cet anniversaire, de quoi parle-t-on en France ? De ministère de l’immigration et de l’identité nationale ! De drapeaux français ! De « Marseillaise » !

Au moment de cet anniversaire, les 3 candidats mis en avant par les sondages tiennent bien un discours proeuropéen mais dont on retire difficilement une conviction forte ou une volonté de faire acte pédagogique invitant les citoyens à intégrer la dimension européenne dans les problèmes vécus au quotidien. En effet, malgré l’aspect contestable de la méthode consistant à extraire telle ou telle déclaration hors de son contexte, peut-on se satisfaire des affirmations : (a) Nous mettrons dans le débat un texte, simple, lisible, court, sans ambiguïté, qui donnera forme aux principes d’une Union européenne sortie de ses paralysies et de ses impasses (F. Bayrou)  ; (b) Il faut donc recourir à un « mini-traité » pour réaliser les réformes institutionnelles les plus urgentes (N. Sarkozy) ; (c) Il faut faire l’Europe par la preuve, c’est-à-dire répondre à l’attente des peuples (S. Royal) ?

Comment peut-on espérer nourrir ainsi un idéal européen ? S’il faut subir les échanges sur la notion « d’identité », pourquoi le concept d’identité européenne est-il absent ?

6. Conclusion

Une convergence large se manifeste sur le diagnostic : la gravité des divers problèmes posés aux français aujourd’hui est patente ; là se situe l’intérêt porté aux élections présidentielles. Cette gravité est telle que l’on aurait pu attendre plutôt un appel, que des promesses. Pensons à W. Churchil en 1940 (« je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur ») ou à J.F. Kennedy en 1961 (« Ne demandez pas à votre pays ce qu’il peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays  »). Naturellement, ce type de discours peut d’autant plus être recevable par tous que ceux en situation socio-économique la moins difficile acceptent d’en assumer en première ligne, toutes les conséquences : lien social et solidarité en dépendent.

Hélas, nous sommes bien loin du « Penser juste et parler vrai  ». Ne pouvons nous plus échapper à une « américanisation » de la politique ? Comment éviter que démagogie et populisme soient les deux mamelles de cette Présidentielle ?


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21 réactions à cet article    


  • Fred (---.---.20.123) 30 mars 2007 13:23

    « Ne pouvons nous plus échapper à une « américanisation » de la politique ? »

    Ba si , faut voter Bové. Bové n’est ni atlantiste ni un politique

    « Comment éviter que démagogie et populisme soient les deux mamelles de cette Présidentielle ? »

    Il ne faut plus regarder TF1, et acheter plsu de journaux.

    Est-ce un article protectionniste ou frontiste ?


    • personne (---.---.42.18) 30 mars 2007 15:23

      Plus je lis et moins j’aime Bové. J’éspère que votre remarque était ironique. smiley


    • pari_démocratique (---.---.138.72) 31 mars 2007 12:18

      (à Fred)

      Article à l’évidence proeuropéen (donc surement pas frontiste) voulant renforcer l’idée qu’une Europe politiquement plus avancée, pourrait établir un meilleur rapport de force pour être dans dans la mondialisation tout en défendant les valeurs européennes et en se protégeant des échanges commerciaux déséquilibrés (cas où protectionnisme, dumping social ou non application des règles internationales environnementales existent chez les partenaires)


    • Voltaire Voltaire 30 mars 2007 14:14

      L’article est intéressant, mais je saisi mal les questions aux candidats. Il me semble d’ailleurs qu’au moins certains d’entre eux apportent des réponses à la quasi-totalité des problèmes soulevés (je ne prétends pas que ces réponses soient satisfaisantes ou juste, mais elles existent).

      Je vous recommande donc d’examiner plus en détail les positions de ces trois candiats-favoris, avant de venir nous proposer peut-être une série de questions plus précises sur lesquelles vous souhaitez une réponse.


      • pari_démocratique (---.---.138.72) 31 mars 2007 12:40

        à Voltaire

        Pas si sûr ! Je ne prétend avoir eu une connaissance exhaustive de tout ce qui s’est dit ou écrit par les uns ou les autres mais :

        - qui a mentionné pour le reconnaître ou le dénoncer (selon le point de vue) que le déficit a passé de 40 à 63% du PIB avec les deux gouvernements de droite Balladur (avec Sakozy Ministre du Budget !) et Raffarin avec, entre les deux, une légère baisse de 60 à 57% avec le Gouvernement de gauche Jospin ?

        - Qui parle de décroissance à part, de manière indirecte Voynet et Bové, candidats plutôt marginaux malgré la sympathie que devraient susciter bien de leurs idées ?

        - Qui a rappelé que les importations de textiles de Chine n’auraient plus de quotas dès 2008 posant ainsi des problèmes annoncés pour l’industrie textile et l’habillement en France (mais aussi dans d’autres pays européens) ?

        - Qui discute de la PAC autrement qu’en terme d’utilisation différente, c’est-à-dire en oubliant d’évoquer une éventuelle disparition de celle-ci s’il n’y a pas accord au niveau des 27 ?

        - Reste la question européenne qui a fait, effectivement, l’objet de bien des commentaires de la plupart des candidats. Mais, parmi ces derniers proeuropéens, qui a rélisé un réel effort pédagogique pour convaincre les citoyens qui se disaient pour l’Europe tout en en votant « non » en 2005 ?

        Je persiste donc et signe les questions de l’article.


      • personne (---.---.42.18) 30 mars 2007 15:20

        Les pays européens et américains ont eu quelques vingt années pour se préparer à la fin des quotas d’importation des textiles d’où qu’ils viennent. Pourquoi ne s’en est on pas préoccupé avant la fin de ces quotas ? Cela nous aurait permis de nous reconvertir ou de développer des productions à haut valeur ajoutée pour mieux resister à l’invasion, non ?

        Politiciens Français lâches et incapables !


        • pari_démocratique (---.---.138.72) 31 mars 2007 12:43

          à personne

          Mieux résister à l’invasion ne parait concevable qu’à l’échelle européenne.

          Les divers points de l’article se tiennent.


        • Citoyen (---.---.161.222) 30 mars 2007 19:57

          La candidature de Mme Royal et son comportement médiatique depuis le début de sa carrière professionnelle constituent une illustration de l’irruption grandissante du marketing politique dans le fonctionnement de la démocratie. Depuis plusieurs décennies, les consommateurs subissent un matraquage publicitaire sur les biens de consommation courante qui s’est érigé sinon en pseudo-science, du moins en technologie d’abêtissement et de harcèlement des individus. On peut deviner l’étonnement des archéologues du futur devant l’asservissement de notre société à ces techniques. Dans cette élection présidentielle, la France entre de plein pied dans le XXI ème siècle dans le domaine du marketing politique. Il suffit de consulter sur le web la description et les offres de service des officines spécialisées pour s’en convaincre. Après l’intéressant document disponible à l’adresse http://memoireonline.free.fr/12/05/m_memoire-communication-sarkozy1.html et prenant Sarkozy comme exemple , je vous conseille la consultation détaillée du site suivant qui se targue de diriger le marketing politique de Mme Royal : http://www.marketing-politique.com/mkpq/index.html On comprend mieux le personnage médiatique de Marie Ségolène Royal à la lecture de l’expérience de cette officine à l’international (exemple édifiant : le candidat Collor au Brésil des années 90). Alors pour quoi ne pas penser à “Segolita Peron ?”. Comme les divers modes d’emploi et techniques de construction d’une image et de stratégie de manipulation de l’électorat sont décrites abondamment sur le site, il suffit de se livrer à un exercice banal de rétro-ingénierie pour établir les faiblesses et les omissions de la candidate. Est-ce cela la démocratie ? Est-cela la république ?


          • pari_démocratique (---.---.138.72) 31 mars 2007 12:51

            à citoyen

            Tout à fait d’accord sur le rôle néfaste pour la démocratie du marketing politique mais je ne vois pas en quoi celui marquant la campagne de S.R. est plus néfaste que celui de N.S. ; j’aurais tendance à même penser le contraire compte tenu de la différence de maoyens financiers.


          • alexia (---.---.64.167) 30 mars 2007 20:07

            Cet article très intéressant appelle le commentaire suivant de ma part : je trouve étonnant que l’auteur s’exprime de façon générale quant à l’absence d’évocations par les candidats de tel ou tel aspect développé dans l’article ; en effet, certains candidats proposent leur vision et leurs pistes de solution ; même s’il ne s’agit pas de promesses (mais nous en sommes maintenant gavés !!!), nous trouvons au moins chez l’un d’entre eux (François Bayrou) une volonté d’aborder concrètement les problèmes, une approche directe non démagogique mais opérationnelle et globale (et non partielle pour pallier l’urgence ! et différer la vraie solution !!!) Alors que cette campagne se présente sous des auspices différents, je déplore encore cependant cette orchestration de mauvaise foi à laquelle se livrent les médias (focalisant sur un aspect pour perpétuer la pré-désignation du vainqueur souhaité) ; que doivent faire les français pour obtenir que les médias deviennent un moyen à leur disposition et non pas l’inverse ? sommes-nous complices à notre insu de notre plein gré, ou frustrés mais silencieux ? quel moyen d’ampleur nationale pouvons-nous utiliser pour obtenir que les candidats nous parlent sur un cahier des charges établi par nous qui soit (la France demain dans son environnement international à travers N aspects ou volets -entreprise, emploi, etc...) ou plutôt quand disposerons-nous d’un tel moyen ? ou bien alors, je suis seule à déplorer cet état de fait et.... je rentre discrètement et silencieusement dans ma coquille !!!


            • pari_démocratique (---.---.93.114) 31 mars 2007 16:03

              à Alexia

              Votre commentaire présente deux aspects :

              - à propos des propositions des candidats voire ma réponse au commentaire de Voltaire.

              - Je partage par contre le 2ème aspect de votre commentaire : l’insatisfaction relative que l’on peut ressentir au suivi de cette campagne dépend bien aussi des citoyens que nous sommes et peut-être avons nous la compagne que nous méritons. Je rejoins donc vos interrogations à cet égard.


            • ZEN zen 31 mars 2007 17:56

              Bonne synthèse, malgré l’abondance des problèmes traités. Mais tout se tient. Sur la dette publique, voilà un point de vue qui m’a intéressé :

              http://dsedh.free.fr/transcriptions/husson%20129.htm


              • Nono Nono 31 mars 2007 18:49

                Je te salue, Zen, au passage, et merci pour ton lien.

                Bien à toi,

                Nono


              • Nono Nono 31 mars 2007 18:34

                @ L’auteur,

                Bel article. Synthèse saine et constructive. Bravo !

                Comme tu conclues : Hélas, a démagogie et le populisme sont là...Exact, ils ont toujours été là pour occulter les vraies questions de fond et aujourd’hui plus que jamais.

                Nos politiques, à coups de sondages et d’études socio et de psy de masse, nous disent ce que nous voulons entendre !

                Tu as évoqué certains courageux qui avaient osé dire à leur peuple ce qu’il pensaient (la phrase, toujours attribuée à Kennedy est en réalité de Jibran Khalil Jibran, poète libanais smiley - ), il me semble, je peux me tromper aussi, qu’il n’y a plus de tels hommes, nulle part, et tous ceux que nous avons, de quelque bord qu’ils soient, ne sont plus que des marionnettes que les « principaux acteur » de la mondialisation forcenée agitent au gré de leurs intérêts entrecroisés.

                Le peuple n’est plus souverain, il a juste l’impression de l’être...

                Bien à vous,

                Noah Norman


                • Nono Nono 31 mars 2007 18:47

                  Si je peux me permettre de rajouter cette remarque :

                  Je suis toujours étonné de voir qu’il y a encore des gens qui croient à ce que blablatent nos politiciens, prétendants au pouvoir suprême, dans leur programme, pacte et je ne sais quoi d’autre.

                  En foi de quoi pouvons -nous être sûrs qu’ils puissent honorer ce qu’ils nous promettent à foison et encore faut-il qu’ils promettent des propositions sensées et cohérentes !?

                  Qu’avons-nous comme moyens pour les y contraindre, une fois qu’ils sont élus ?

                  « On ne ment jamais autant qu’avant les élections et après la chasse... ! » smiley

                  Soyons lucides, ne fut-ce qu’un petit tantinet, quand même !

                  Cordialement,

                  Nono


                • toto1701 (---.---.156.175) 31 mars 2007 21:42

                  La gauche de gouvernement ayant, ces deux dernières décennies, déserté avec constance son rôle politique historique, et démontré son incapacité à se reconstruire en dépit même des gifles électorales les plus retentissantes (22 avril 2002, 29 mai 2005), force est de constater que son maintien dans l’existence est maintenant le principal obstacle à la reconstitution d’une vraie gauche. Ce que la reconduction d’un président « socialiste » rend tout à fait impossible, l’élection d’un président Bayrou pourrait le faire avec d’assez bonnes chances de succès : tuer le PS - en fait déjà cérébralement mort - et créer les conditions d’une re-création de la gauche. Résumons nous : Bayrou tue Ségo au premier tour, Sarko au deuxième, le PS au troisième, et lui-même au quatrième... Pour un centriste réputé mollasson, on avouera qu’il ne manque pas d’abattage. ;; ;c’est extrait d’un article sur le site mouvement.... c’est plus que décidé je vote bayrou !


                  • Jason Nicolas 1er avril 2007 10:34

                    Excellent article qui pose clairement certains enjeux et quelques non dits de cette campagne.

                    On s’interroge. De quoi peut-on parler, et de quoi ne doit-on pas parler ? Rien, dans cette campagne ne parle de la sclérose des institutions françaises (dizaines de milliers de lois à l’utilité contestable, procédures et réglementations tâtillonnes exprimées dans une pléthore de codes, justice en panne, règne sans partge de la puissance financière et de son nomadisme galopant, droit des entreprises à faire tout et n’importe quoi) à part l’évocation d’une VIème république... on verra plus tard.

                    La grande supercherie, c’est de faire croire au public que tout peut être résolu en France, par la seule décision des français. Le discours électoral fait penser que, pendant les élections, les frontières économiques et diplomatiques du pays sont fermées. Silence, on vote !

                    La dette sert surtout d’épouvantail. Elle ne sera résorbée que sur le long terme, et comme chacun sait, le long terme commence après les élections. Personne, ou presque n’a analysé sa nature en détail à part les deux catégories : fonctionnement de l’Etat et investissement. Il y a là un effet de clientélisme. Toucher à certains budgets, c’est ouvrir une boîte de pandore et s’aliéner des électeurs. Donc, on n’en parle pas.

                    Autre mystification, la croissance. La croissance dans notre cher petit hexagone ? La croissance dans quels secteurs ? Là aussi l’étude de fond et la réflexion manquent. C’est le recours au « y a qu’à ».

                    La perte des emplois européens et français dans le secteur du textile s’accélère en raison des récents accords avec la Chine. La commission européenne répond que les industriels ont été prévenus en temps utile et qu’ils n’ont rien fait (commentaire sur ce sujet sur ce site). Mais quelle est la solutioln pour les entreprises textiles qui voient le marché envahi par des produits coûtant 20 fois moins que ce qu’ils peuvent produire ? Fermer leur entreprise, et aller faire autre chose ailleurs s’il leur reste de l’argent à investir. Et c’est tout. Les seuls qui vont s’enrichir dans ces opérations d’importation, ce sont les intermédiaires du commerce. Et comme les chaînes de distribution existent déjà, il n’y a que des pertes d’emplois nette.

                    Autre sujet dont on ne parle pas du tout : les subventions à l’exporttion du sucre européen. La France subventione à hauteur d’environ 2 milliards d’€ ses ventes de sucre à l’étranger. On estime (mais je n’ai pas pu trouver de chiffres précis là-dessus) le nombre d’emplois dans cette branche à 100.000, en France seulement. Lorsque les susbventions seront supprimées dans quelques années, combien d’emplois restera-t-il ? Que feront les nouveaux chômeurs ? Pourquoi ne parle-t-on pas de cette question ?

                    Vous parlez d’une campagne électorale à l’américaine. Oui et non. Oui, par la médiatisation et les slogans qui changent au jour le jour au gré des surenchères dans une atmosphère de bourse électorale. Mais, heureusement, il n’ya pas d’invocations religieuses comme c’est le cas outre Atlantique, ni de polémique sur les théories de Darwin. Il ne manquerait plus que ça !!

                    Post Scriptum. Je regrette que pour un article si éclairant il n’y ait que 41 votes et seulement 19 réactions.


                    • Blablabla (---.---.241.165) 3 avril 2007 07:50

                      Il y en a qui votent plusieurs fois le même sujet...


                    • Blablabla (---.---.241.165) 3 avril 2007 07:49

                      L’auteur affirme d’emblée : « cette campagne elle-même révèle une opposition étonnante entre l’intérêt qu’elle semble susciter et sa superficialité politique ».

                      FB se pose lui aussi des questions :

                      « Est-ce que nous avons vocation à faire de l’Union européenne une simple organisation internationale gérant des procédures de régulations économiques, ou avons-nous vocation à en faire un véritable acteur politique capable de faire des choix et de peser sur l’avenir du monde ? »

                      Plus loin cependant, on trouve : « Ce dont il s’agit aujourd’hui, c’est de rassurer, de clarifier et de simplifier...Nous allons avoir en France un débat autour de ce sujet »(extrait du discours du 8 mars à Bruxelles).

                      Réponse N°1 : « harmonisation budgétaire, harmonisation fiscale »

                      Réponse N°2 : « changement climatique et le réchauffement de la planète...une loyauté de stratégie internationale, ça ne peut se bâtir efficacement que dans le cadre européen ».

                      Réponse N°3 : « politique énergétique...Je ne vais pas insister beaucoup sur ce sujet ».

                      Réponse N°4 : « politique de recherche, civilisation du savoir...Cela ne peut être qu’une stratégie européenne ».

                      Réponse N°5 : « politique de l’immigration et du co-développement...c’est une stratégie de développement de ces pays pauvres et singulièrement du continent africain. Cela ne peut pas se faire dans le cadre des États nationaux ».

                      Réponse N°6 : « capacité diplomatique et volonté de sécurité et de défense et construction d’une défense européenne. Le chaos dans lequel est plongé le Proche et le Moyen-Orient, les menaces de prolifération nucléaire que vous avez présentes à l’esprit exigent que nous prenions une détermination nouvelle dans la construction d’un appareil de défense européen ».

                      Non Monsieur l’auteur, les candidats parlent et énoncent leurs stratégies.

                      L’exemple de FB montre que le président français qu’il désire incarner est un président d’une France qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, une France à l’ombre de l’Europe par laquelle tout doit d’abord passer, une France révoltée qui ne trouvera son repentir du « non » qu’en cédant sur ses prérogatives nationales car la France est pieds et poings liés au devenir du monde, et que même un président français ne saurait sauver.


                      • NicolasB nbleven 8 avril 2007 11:43

                        Pourquoi doit-on échaper à une politique « américaine » ? Je ne comprends pas ; les Etats Unis sont la première puissance mondiale, et ceci est en grande partie grâce à leur économie. Voyons, ils ne sont qu’à 4,8% de chômage (en France, plus de 8%), ils sont le leader dans le business (les grandes compagnies y sont basées). Il est donc au contraire nécessaire d’une politique « Américaine ».

                        Ceci me fait penser à José Bové — comme certains qui l’ont énoncé plusieurs fois. Il veut réduire la dette, mais il a un plan de gauche... Ce n’est pas un système ça ! Il faut donc un système libéral qui, comme on le sait, est le moyen le plus efficace pour redresser l’économie.


                        • pari_democratique (---.---.44.47) 10 avril 2007 15:20

                          à NBLEVEN

                          Parlons-en de l’économie américaine : une dette qui n’aurait été acceptée pour aucun autre pays, une bulle immobiliaire susceptible d’exploser... Et l’« américanisation » de la politique qui a conduit à l’élection de Bush, artisant du désastre irakien.

                          Non, merci pour la France et l’Europe !

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