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Accueil du site > Actualités > Economie > 2008 année noire : le crépuscule des dieux

2008 année noire : le crépuscule des dieux

Depuis six mois, vous avez lu « ... a déclaré que les choses allaient s’arranger », « ... rebond deuxième trimestre... ». Et puis un jour le patron de Bear Sterns a dit que tout allait bien et une semaine plus tard cette banque à 30 milliards US$ avait disparu. Cette fois on y est ? On est tous d’accord ? La crise est bien là ?

Nous poursuivons ici notre chronique macro-économique d’une crise annoncée, commencée il y a un an, et les épisodes précédents de mars 2007, avril 2007, juillet 2007, octobre 2007 et janvier 2008. Ils étaient dans l’ensemble consacrés à l’annonce et aux symptômes de cette crise. Cette partie de la chronique est terminée, l’info étant maintenant parvenue dans la presse généraliste, à tel point qu’on va peut-être même finir par la voir dans Direct soir. Agoravox a ici fait honorablement son travail en diffusant à temps sur ce sujet des informations que l’on ne trouvait pas trop dans Le Monde ou La Tribune.

Le présent article sera consacré à caractériser cette crise.

Le stress ? Non, le cancer tout simplement.

Réfutons d’abord quelques interprétations positives.

Cette crise n’est pas une crise financière : l’impact sur l’économie est maintenant démontré.

Cette crise n’est pas une crise transitoire ou une crise de liquidités qui traduirait le fait que la monnaie est temporairement insuffisante pour accompagner une croissance vertueuse : les liquidités déversées depuis six mois à coup de kärcher n’ont eu aucun effet.

Cette crise n’est pas une crise immobilière : on la voit se propager rapidement à d’autres formes de titres.

Cette crise n’est pas une crise américaine : elle se propage déjà en UE et, malgré la fameuse « théorie du découplage » du FMI, on commence à sentir l’inquiétude gagner l’Asie.

En conclusion, c’est une crise économique mondiale. D’où vient-elle donc ?

Elle s’est manifestée au début par une augmentation des défaillances immobilières américaines. Le prix du logement avait beaucoup augmenté, mais la baisse des taux après 2002 avait permis aux ménages à la fois de s’endetter à taux apparemment faibles et même de continuer à consommer en gageant leurs logements. Cette baisse des taux vers 2002 tentait de relancer l’économie américaine après l’explosion de la bulle de 2001 qui portait sur les valeurs technologiques. Tout cela se résume à un excès de masse monétaire qui s’est porté d’abord sur les actions, puis la pierre, et résulte en un surendettement global.

Il apparaît ainsi que depuis l’époque Reagan les Américains s’endettent de plus en plus massivement pour maintenir leur train de vie. Pourtant, dans le même temps, on nous disait que leur « économie de la technologie et de la connaissance » était la plus performante et la plus productive de la planète. Pourquoi cette économie si performante ne leur a-t-elle pas suffi ? Pourquoi les ménages se sont-ils à ce point surendettés par rapport à leurs ressources (pour arriver au même résultat, il faudrait que les ménages français s’endettent de 750 milliards d’euros supplémentaires) ? Et pourquoi les actions puis les logements ont-ils été à ce point surévalués ?

Y=X*X

Commençons par une parabole.

Si vous inventez un métier à tisser automatique dans une ville où l’on fait la couture à la main, vous allez bien le vendre et gagner plein de sous. Et mettre plein de canuts au chômage. Vous allez bien placer vos sous, et pas tous les dépenser. Il va se vendre l’an d’après moins de pain. Si vous inventez maintenant l’électrophone, il n’y a plus personne à qui le vendre dans le coin. Ca sera par contre facilité si l’on augmente les salaires des gens qui font marcher les métiers automatiques. Il y en aura bien un ou deux pour acheter l’électrophone, et ça redonnera progressivement du travail aux anciens canuts.

En résumé, le mécanisme d’absorption du progrès technique par une société est un mécanisme lent, qui implique une redistribution progressive de la plus-value du capital vers le travail. A court terme, il est seulement générateur d’inégalités. C’est paradoxal parce que produire autant de richesses avec moins de main-d’oeuvre peut sembler un bienfait global. Mais ça ne fonctionne qu’avec des mécanismes d’adaptation et de redistribution, c’est-à-dire un certain équilibre social.

Pendant ce temps-là, avec vos gains vous avez acheté cher un beau logement dans un quartier d’inventeurs. Comme vous avez été plusieurs, ça a fait monter les prix. Du coup, un investisseur avisé a acheté un bout du quartier. Il a dû emprunter pour cela, mais ce n’est pas grave parce qu’il revendra plus tard plus cher. Tant qu’il y a de nouvelles inventions qui se vendent bien, ce n’est pas un problème. Il a emprunté cher, parce que la banque ne lui aurait sinon pas prêté, étant donné qu’elle gagne d’habitude 10 %/an en prêtant aux inventeurs à succès. Si jamais ce mécanisme s’arrête, l’investisseur est ruiné et la banque aussi. Il faut donc que les inventions continuent sinon tout le monde plonge.

En résumé, l’avidité est génératrice d’avidité. Si l’on s’habitue à une rentabilité élevée du capital, elle devient nécessaire par effet de « pyramide ».

You haul sixteen tons and what do you get ? You are one day older and deeper in debt.

Le surendettement des ménages s’explique par l’augmentation du prix de l’immobilier et surtout celle des inégalités. Le salaire médian en monnaie constante n’a pas varié aux Etats-Unis depuis trente ans. Un ouvrier américain a le même pouvoir d’achat qu’en 1978. Dans le même temps, le revenu moyen a augmenté de 3 %/an. Cela signifie que certains sont devenus riches pendant que la majorité stagnaient, et rétrogradaient en termes relatifs. Quant à l’augmentation des prix de l’immobilier, elle profitait bien sûr plus aux rentiers propriétaires de foncier qu’aux salariés endettés pour leur logement. Dans le même temps où le pouvoir d’achat stagnait, le prix du logement a triplé. Tout cela suffit à expliquer le surendettement d’une partie de la population, qui souhaitait maintenir son niveau de vie face à la charge de plus en plus lourde des rentes.

Cela explique aussi la bulle technologique : il fallait de nouvelles activités très rentables pour absorber la bulle de capitaux qui s’était formée. Mais elle a crevé parce qu’il n’y avait pas de salaires suffisants pour fournir les rendements élevés attendus. De manière anecdotique, regardons les secteurs les plus surinvestis en 2000 : IT et génétique. On imaginait sérieusement à l’époque que les gens allaient payer 1 $ pour voir une minute de film sur leur portable. Où auraient-ils trouvé le $ ? (Je me plais ainsi à penser que eMule a été le catalyseur de la crise actuelle.) Quant à la génétique, on en voyait des applications dans le domaine de la santé, mais qui aurait pu payer de nouveaux médicaments hors de prix dans le temps où les salaires stagnaient et le médical était progressivement démantelé ? Quant aux OGM, même s’ils avaient permis 10 % de gains de productivité de plus en agriculture, ça n’aurait jamais pu rentabiliser à ce point les investissements faits, et ça n’a même pas été le cas.

On spéculait sur une demande inexistante puisque la redistribution ne fonctionnait pas. Mais pourquoi ne fonctionnait-elle pas ?

Quelles étaient les sociétés qui gagnaient vraiment des sous avant le krach ? Bear Sterns et les autres banques, ce qui était logique puisque le capital était très rentable. Exxon et les autres pétroliers, ce qui est un cas particulier dont on n’aura pas la place de parler ici. Mais on notera surtout que Walmart gagnait bien des sous tandis que Ford et GM en perdaient, à tel point que GM ne pense pas pouvoir payer les retraites de ses employés. Quelle différence entre Walmart et GM ? Walmart importe de Chine alors que GM fabrique aux Etats-Unis. Cela explique pourquoi la redistribution n’a pas fonctionné  : grâce au jeu, qu’on ne peut décemment appeler qu’un jeu de cons, qu’a été la mondialisation telle qu’elle a été pratiquée.

Rappel des dogmes

Ce que vous disent tous les économistes officiels, tous les gens sérieux, toutes les institutions respectables, tous les partis politiques depuis vingt ans, RPR/UMP, PS et UDF/NC/MoDem inclus, c’est à peu près le truc suivant :

Les emplois peu qualifiés se barrent en Chine. C’est très bien. Ils nous vendront des chaussettes, gagneront ainsi un peu de sous et on leur vendra des Airbus. Il faut s’adapter ! Vive l’économie de la connaissance. Investissons dans la formation. Surtout laissons le marché fonctionner. Pas d’intervention ni de régulation. Le commerce international profite à tout le monde.

A long terme, ce n’est pas idiot, mais on a mis la charrue avant les boeufs en abandonnant des emplois avant d’en avoir d’autres pour les remplacer, et même une idée de mécanismes de solvabilité de la demande future. Dans quelques semaines, ces braves gens diront :

Ca a manqué un peu de régulation. Il faut une intervention pour empêcher l’absence de système financier d’asphyxier l’économie. Après, ça repartira comme avant.

Ces braves gens se sont foutus de votre gueule pendant vingt ans, consciemment pour ceux disposant d’un encéphale. La presse a relayé parce qu’elle était payée pour. Vous y avez cru parce que vous respectez l’autorité et pensez que vos gouvernants ont une certaine sagesse minimale. La crise de 2008 va mettre les masques à terre. On va maintenant vous demander de payer les pots cassés.

Le grand jeu de cons

En pratique, cela a été la mondialisation des riches contre les pauvres, des riches américains contre les pauvres américains, des riches français contre les pauvres français. Cela a été en pratique un moyen de bloquer les mécanismes de redistribution qui rendent le progrès technique supportable à moyen terme. Cela a permis de bloquer les salaires, multiplier et défiscaliser les revenus du capital, appauvrir les Etats et créer ainsi de nouvelles rentes capitalistiques.

Depuis quinze ans, la valeur des actions aux Etats-Unis a augmenté de plus de 10 %/an. Dans cette période, la croissance américaine et mondiale n’a jamais dépassé les 5 %/an. D’où est donc venue cette augmentation phénoménale des profits (nb. à P/E constant) ? D’une révolution technologique ? On la cherche encore, la bulle internet ayant crevé. Il ne reste qu’une hypothèse : elle provenait de la baisse des salaires. La stagnation des salaires occidentaux ne l’explique qu’en partie. Elle s’explique mieux par le recours à de la main d’oeuvre à bas prix. Ailleurs. En Chine. Ce qui avait par ailleurs l’avantage de maintenir la pression sur les salaires. L’utilisation progressive d’esclaves chinois limitait le salaire des ouvriers américains.

Il devenait impossible de taxer les revenus du capital. Cela aurait « fait fuir les investisseurs » vers des contrées plus accueillantes. En fait, ils résident dans une île de pirates, mais il faut bien qu’ils viennent collecter la soupe. Le fonds CCC qui vient de faire faillite était domicilié à Guernesey. Lazard et Microsoft sont domiciliés aux Bermudes. Halliburton à Dubai, etc. Les revenus du capital sont devenus intouchables.

Ne pouvant imposer les revenus du capital et imposant des salaires en baisse, les Etats s’appauvrissent. Ils vendent ainsi leurs bijoux de famille, comme ASF et GDF. C’est tout bénéfice pour les investisseurs, qui savent en tirer meilleur profit. La charge des rentes pèse ainsi de plus en plus lourdement sur le travail.

Le biais du système est que pour maintenir les profits élevés, il faut continuer à vendre au prix américain en fabriquant au prix de Shangai. Pour cela, il faut des acheteurs solvables. Il y en a eu de moins en moins. Il n’y en a aujourd’hui plus assez et la partie est terminée.

Comment en est-on arrivé là  ?

« Comment en est-on arrivé là ? », question que l’on voit maintenant tous les jours dans les journaux.

Vous souvenez-vous d’avoir un jour assisté à un débat à l’Assemblée où l’on discutait du pour et du contre du « libre-échange international » ? Vos représentants vous ont-ils souvent interpellé sur ce sujet ? Vous l’ont-ils présenté comme enjeu majeur, avec avantages, inconvénients ? Vous souvenez-vous comment nous y sommes venus ?

Ou bien vous souvenez-vous plutôt de tous ces gens qui vous disaient «  la mondialisation est un phénomène inéluctable auquel nous devons faire face en nous adaptant et en montrant que nous, Français, sommes aptes à remporter la compétition internationale  ; il n’y a pas de débat ; c’est une évidence ; circulez ».

La plupart des traités de libre-échange ont été négociés au GATT puis à l’OMC par un représentant de la commission de l’UE, rédigés en directives européennes et ratifiés par transposition. Il n’y a jamais eu de débat de fond. C’est l’UE qui voulait. L’UE, ce n’est personne. C’est une nécessité si l’on veut continuer à exporter, ce qui est vital, n’est-ce pas. « NAFTA, we hafta ».

Ces traités sont par définition supérieurs aux lois des pays. Vos Parlements discutent pour rien d’économie depuis vingt ans. Ils sont tellement ficelés dans tous les sens que l’on ne peut plus s’en sortir avec simplicité.

En route pour Verdun

Qui va payer la crise ? Les créanciers ou les salariés ? Il y aura une forte pression pour « nationaliser les pertes », c’est-à-dire sauver les créances des créanciers pour « empêcher l’asphyxie du système financier ». Même si vous râlez un peu, on vous en collera un paquet. C’est par exemple la nationalisation de Northern Rock, la garantie de Bear Sterns vis-à-vis de JP Morgan, la baisse des ratios prudentiels de « Freddie et Fannie », etc.

C’est ce à quoi appelle dans Le Monde du 20/3 un certain Jean-Hervé Lorenzi « professeur à Paris-Dauphine, président du Cercle des économistes, conseiller de la Compagnie financière Edmond de Rothschild, membre du Conseil d’analyse économique » :

Si l’on veut éviter le pire, c’est-à-dire une vraie phase de dépression économique aux Etats-Unis et en Europe, il faut employer les grands moyens. Cela consisterait à créer de grands instruments vraisemblablement publics qui récupéreraient une large partie de ces fameux actifs dépréciés et qui les cantonneraient en se donnant ainsi le temps et les moyens de mutualiser les pertes et de les étaler sur une longue période. Ce ne serait pas la première fois que l’on procéderait ainsi. Toute crise financière suppose à un moment de prendre en charge collectivement les pertes. Reste que plus l’on attend, plus cela coûte cher.

Si ce n’est pas un plaidoyer pro domo, ça... C’est le meilleur moyen d’engager la dépression. Ceci coûtera cher aux contribuables et abaissera encore leur pouvoir d’achat.

En tout cas, l’argent redevant rare, ce monde va être encore plus sans pitié. Les mécanismes de redistribution seront moins que jamais à l’ordre du jour, et cela va finir d’étrangler la machine. Y a-t-il une nouveauté dans tout cela ? Non, la situation est exactement la même qu’en 1880 et en 1925. S’il y a un Zola ou un Steinbeck parmi vous, qu’il affûte sa plume.

Nota bene

Il peut être surprenant dans un article sur cette crise de n’avoir parlé ni du pétrole ni de l’Irak ni du dollar en tant que monnaie d’échange, qui ont tous bien évidemment un rôle important. C’est uniquement pour obtenir un article de taille raisonnable. Et puis il faut bien préserver la suite de cette chronique, ainsi que les nombreuses publications universitaires qu’il y aura pendant quelques décennies sur la crise de 2008.


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207 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 mars 2008 10:03

    Bonjour,

    J’ai en attente un billet qui dit à peu près le contraire et minimise largement ce spectre de 1929-2008, espérons qu’il sera accueilli pour un débat contradictoire

    bonne journée, avant la marée noire du crash economique


    • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 10:22

      Ah non. On n’est pas tous d’accord. smiley

      Jetez quand même un oeil là :

      http://finance.yahoo.com/q/bc?s=000001.SS&t=2y

      (en enlevant l’espace avant le ? qu’ajoute l’éditeur HTML de AV)

      et bonne journée aussi. smiley


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 mars 2008 10:30

      Je vois et je suis au courant, la bourse de Shangai est largement surévaluée, les Chinois ont joué à la bourse comme les Américains en 29, c’est ce que j’explique dans mon billet (pas encore en ligne) mais le réajustement se fera sans une grosse incidence économique, au détriment des classes moyennes chinoises. Espérons qu’il ne vont pas lutter à mort contre la bourse, une fois qu’il auront perdu leurs sous


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 23 mars 2008 01:42

       @ Forest Ent : je suis tellement d’accord que je n’ai rien a ajouter... sauf ma prévision d’une solution politique qui rendra la situation encore bien pire... pour ceux qui veulent toutes les péripéties de la longue saga qui a mené à cette fin du monde, je vous invite à  45 petits textes sur le sujet... que vous resumez impeccablement ici en quelques pages. 

      Pierre JC Allard

       


    • Ceri Ceri 24 mars 2008 10:43

      on peut faire beaucoup de parallèles entre aujourd’hui et les années 20-30. Par exemple la baisse des salaires demandée par le patronat, l’augmentation continue du chomage et du sous emploi (et donc le rapport de forcer avec les entreprises qui se retourne au détriment des travailleurs), le refus des entreprises de participer aux cotisations sociales, le poids de la Banque de France dans les politiques menées (aujourd’hui c’est la BCE). Ils n’ont pas fait sauter Blum (et d’autres ) pour rien. On ajoute à ça un bon degré d’affairisme (affaire Stavisky notamment), des relents anti parlementaires et l’ambiance est similaire.

      Il y a aussi les médias qui étaient tenus par le patronat, comme- Le Temps, ancêtre du Monde interdit après la guerre pour collaborationnisme, ou Le Figaro (qui cesse de paraitre en 42, quand mm), où on pouvait lire, en plus des idées fascisantes, l’ensemble des arguments du patronat contre les progrès sociaux.

      Et quand, début des années 30, le Front Populaire pointe son nez, on prépare un coup d’Etat fasciste avec les Ligues, financées aussi par le patronat. On n’en est pas là, je m’égare.

      Mais les revendications sociales sont aussi fortes aujourd’hui, la propagande contre ces avancées sociales est également très forte, et il semble que la population n’ait pas plus son mot à dire au sujet des politiques économiques et sociales, toujours décidées entre 4 murs par des technocrates.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 mars 2008 15:45

       @ hihihi. Si vous n’avez pas de temps pour le "pourquoi" vous pouvez prendre le pouls du désastre en cours en lisant uniquement cet article.  Si vous préférez rester dans la bonne nouvelle, lisez plutôt celui ci.

      PJCA 


    • Rage Rage 24 mars 2008 23:12

      Bonsoir (nous sommes lundi soir),

      Comme d’habitude, un article d’une extrême lucidité, je dirais même d’une grande clairvoyance.

      Mondialisation, capitalisation, rentabilité/profit à 15% l’an : il faut bien pressuriser tout le système pour que sommet de la pyramide puisse jouer avec des valeurs qui lui semblent "acceptables".

      Le problème de ce jeu mondial, c’est que l’on en touche les limites. Il n’est plus possible de dégager de la plus-value à gogo sur le clampin de base car celui-ci est endetté, pouvoir d’achat menotté et salarialement plafonné.

      La redistribution du "pactole" est le seul régulateur de l’économie mondial : si l’on ne redistribue pas, à terme le jeu veut que soit concentré dans un nombre extrêmement limité de main l’essentiel de la finance mondial. Problème : quand le rapport de force tourne à l’incapacité de la masse à pouvoir alimenter la machine à plus-value, il faut trouver des solutions.

      Depuis 2001 et les crises successives, des facteurs convergents ont "assêché" les miettes, pillés les plus vulnérables et concentré plus que de raison la masse financière monétaire.

      Des empires colossaux détiennent plus de "cash" que bon nombre d’états du monde.

      Parallèlement les états se sont affaiblis, endettés, aveuglés : nos gouvernants n’ont soit rien voulu comprendre soit rien voulu entendre. Quoiqu’il advienne, un ministre de l’économie ne peut RIEN aujourd’hui : cela se joue ailleurs et surtout à un autre niveau.

      On ne décrète pas la croissance : on ne peut qu’installer les conditions de celle-ci. On ne peut pas en même temps laisser croire à un chômage à 5%, à un croissance à +de 3% avec une société qui ne produit plus rien dans ses usines, qui construit peu -c’est moins le cas...jusqu’à maintenant-, innove peu, dépense beaucoup, importe énormément et vend ses forces.

      Nous avons vendu les brevets, vendu les savoirs-faire, vendu l’intelligence en croyant que les autres étaient trop bêtes pour faire de même. Nous avons profité des niches du marché pour refourguer notre cam’ sans comprendre que nous avions en face des calculateurs.

      En générant de la croissance la Chine et l’Inde sont, avec leur population, en passe de changer les rapports de force mondiaux.

      En se sabordant par la guerre en Irak, une politique économique castatrophique et une politique ultra-néoconservatrice, les Etats-Unis vont emmener dans leur sillage ceux qui auront cru bon de les aider.

      2008 sera l’année d’un changement historique de rapport de force mondial.

      La Chine sera aussi forte que les USA s’affaibliront, que l’UE stagnera et que la communauté dite internationale s’avèrera incapable d’agir face aux décisions du "plus fort " (cf Tibet).

      Il faut nous préparer à ne plus être maître de nos destins car plus en position de force : voilà pourquoi nous allons payer cher le fait d’avoir élu des incompétents à la tête de notre pays... comme aux USA.


    • aye 21 mars 2008 10:13

      Je ne pense pas que cette fois-ci on s’en remettra ou alors dans 100 ou mille ans.

      cette fois la partie est finie.


      • Talion Talion 21 mars 2008 10:27

        Un excellent article Forest, comme d’habitude. IL expose simplement et vulgarise avec efficacité la situation.

         

        J’ai bien aimé aussi le petit clin d’oeil au P2P qui a certainement été le révélateur d’un malaise et le premier moyen pour le citoyen de base de placer un "NON" sans appel à un système qui devenait de plus en plus kafkaien.


        • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:06

          Salut, cher ami.

          Il y a deux décisions politiques qui ont semblé sur le moment totalement illogiques et incompréhensibles (au moins pour moi) : le DMCA (EUCD/DADVSI) et l’invasion de l’Irak. Elles sont par contre explicables si l’on admet que leurs initiateurs raisonnaient de la manière présentée ici.


        • jako jako 21 mars 2008 10:29

          Très convaincant merci à l’Arbre , avec sa permission je vais le conserver .

          C’est exactement ce que je pense , on a juste oublié la consomation.


          • Aspiral Aspiral 21 mars 2008 10:33

            Mesurer à longueur de temps les dimensions de sa prison ne permettra jamais d’en sortir. tant que chacun a pu en "profiter", on n’a pas voulu savoir que le capitalisme est une maison construite sur le sable de la confiance. Dès que cela n’a plus été si bien, le mensonge est venu saper les fondation d’un système qui n’est pas autre chose que l’emballage pseuso-scientifique de la même chose que toujours : l’individualisation des profits et la socialisation des pertes. Eternel humain ! les débats d’ex-pères sur l’avenir ne changera rien à cet avenir quel qu’il soit, mauvais de toute façon, partout. On n’a pas tiré comme il l’aurait fallu les leçons des années quarantes, trop focalisés sans doute sur l’horreur des camps (le doigt) pour voir le vrai problème (la lune) c’est-à-dire le scientisme qui a généré tout cela. La civilisation entère est devenue un camp, au plus grand profit des mafieux qui ont fait de la loi un terrain de jeu.


            • Aspiral Aspiral 24 mars 2008 04:12

              Vous n’aurez pas compris
              Vous n’aurez pas compris, lorsque viendra mon heure,
              Vous n’aurez pas compris grand chose à ma chanson,
              Vous n’aurez pas compris, mais il faut que je meure,
              Pour qu’à votre folie soit donné le pardon.
              Vous n’aurez pas compris, vous fermerez vos portes,
              Vous fermerez vos c˛urs au soleil de l’amour,
              Et vous vous en irez, lamentable cohorte,
              Vers d’autres horizons qui reculent toujours.
              Oh ! Gethsémani ! la lune danse dans les arbres,
              Oh ! Gethsémani ! le vieux pressoir est plein de fruits.
              Vous n’avez pas compris la beauté du message
              Que je vous apportais en frémissant de joie,
              Vous n’avez pas compris, vous croirez être sages
              En clouant la sagesse au gibet de la croix.
              Et vous profanerez toute la paix du monde
              En faisant retentir les cris de votre orgueil.
              Et vous vous en irez pour conquérir le monde
              Mais nous n’y sèmerez que la ruine et le deuil !
              John Littleton
               

              Bonne fête de Päques à ceux qui y croient encore, à l’amour et à la vie !


            • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2008 10:34

              @forest

               

              bravo pour cet article ! la vie est dure mais pas pour tout le monde et notre président qui fréquente plus les patrons du cac40 qui ont multiplié exponentiellement leurs revenus depuis vingt ans que le monde ouvrier dont le salaire suit à peine l’inflation dont le vrai taux est caché par le pouvoir ne peut pas mesurer le désarroi de la population ! il a d’ailleurs triplé le sien l’an passé

               

              c’est vrai que parler du cours du brut aurait rallongé l’article , mais ce sont les moins aisés qui en souffrent le plus , alors que cette hausse est complétement artificielle et ne profite qu’à une poignée des spéculateurs qu’on devrait jeter dans ces barils et recouvrir de plumes !


              • petite baffe petite baffe 24 mars 2008 20:35

                C’est sur qu’on peut compter sur L’Oréal, Total ou LVMH pour faire progresser l’humanité.

                Les véritables innovations techniques qui auront une influence sur notre vie ne viendront pas des entreprises du CAC 40. D’ailleurs ces gros groupes préfèrent augmenter aujourd’hui les dividendes versées à leurs actionnaires au détriment de la R&D.

                 


              • Rosemarie Fanfan1204 21 mars 2008 10:40

                Forest, très bel article, très clair comme toutes vos explications. Quel est votre point de vue personnel pour

                sortir de cette crise ?


                • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 10:53

                  Il faudra longtemps pour apurer la situation financière, mais l’exemple du Japon montre que plus on le fait vite mieux ça vaut. Ne sauvons pas les banques ! Ce que nous pouvons faire de moins pire est de continuer à importer un peu pour éviter le chaos en Chine.


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 mars 2008 10:54

                  Fanfan, il y a un point de vue personnel pour sortir de cette crise, c’est qu’en fait il n’y a pas de crise économique comme en 1929 mais une crise financière qui produira un ou deux point de croissance en moins et tout va repartir


                • Philou017 Philou017 21 mars 2008 11:11

                  @Dugué

                  Que faites-vous du déficit abyssal des Etats-unis qui croit d’année en année. Les E-U vivent à crédit sur le reste du monde. Avec le dollar qui plonge, ça ne saurait durer. Et on n’a pas fini de découvrir des banqueroutes financieres. Sans compter le pétrole qui grimpe, sans qu’on voie une raison pour que cela s’inverse.

                  La crise actuelle me parait une crise de fond, pas une crise conjoncturelle.


                • Rosemarie Fanfan1204 21 mars 2008 13:45

                  Léon, nationalisations ? avec quel argent ? qu’est-ce que cela apporterait à l’économie française ?


                • Bulgroz 21 mars 2008 10:40

                  On le voit avec les contradictions entre Forest et Dugue que le monde est partagé en deux : les Zoptimistes et les Bezimistes.

                  Les zoptimistes pensent que dans quelques années, il n’y aura plus que de la merde à manger.

                  Les Bezimistes pensent qu’il n’y en aura pas pour tout le monde ;

                   

                  Ps : Désolé de son contretemps C’était en attendant de me forger une opinion sur votre article.


                  • Fouinos 21 mars 2008 10:43

                    Merci à Sylvebarbe pour cet article clair qui me permet de comprendre un peu ce qui se passe.

                    Je ne sais pas si vous avez raison sur tout, mais en tous cas, c’est pas dénué de sens. Et comme j’ai tendance à penser la même chose : j’applaudit !

                    J’attends la suite avec impatiente.

                    Au passage, je suis étonne de pas avoir encore lu pallas venir dire que de toute façons, les pauvres n’ont que ce qu’ils méritent...

                     

                     

                     


                    • Rosemarie Fanfan1204 21 mars 2008 11:10

                      Forest, Bernard, merci de vos posts.

                      L’appauvrissement et la précarisation d’une partie pauvre de la population me semble le point d’achopemement de cette crise. A mon humble avis, il faut recentrer sur l’humain, le travail avec plus d’emplois de services à la personne (crèches, activités para scolaires, gériatrie), aide à la création des TPE, des artisans, agriculteurs. Réhumaniser les "quartiers" en y réintroduisant commerces, vie sociale et municipale.

                      La spirale infernale de toujours plus d’inventions pour créer de nouveaux besoins et permettre de verser qq bas salaires, a montré ses limites (outre l’aspect poluttion et destructions d’énergies premières).

                      Au fai t orest, sur votre site je n’ai pas vu le Canard, c’est ma vue qui baisse ou un oubli ?


                      • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:03

                        Je n’avais pas la prétention d’énumérer tous les titres. Le "canard", qui est le seul journal où je trouve des infos et que je lis régulièrement, est 100% indépendant.


                      • Eloi Eloi 21 mars 2008 15:45

                        Fanfan,

                        Selon moi, le propos de l’article n’était pas de disqualifier la technique, mais de pointer du doigt le problème de la non-redistribution des richesses (et plus généralement les musures sociales) sensée accompagner le développement technique.

                        Problème donc plus politique que technique !

                        Cibler un faux-problème n’apporte rien ! Il faut viser fort et juste !

                        (il ne semble pas possible aujourd’hui de nier ce que la science a pu apporter ; et ca ne vaut pas dire non plus nier ses désagréments : soyons objectifs, pas idéologiques)

                        Cordialement


                      • Mr Mimose Mr Mimose 21 mars 2008 11:14

                        On privatise les profits et on socialise les pertes apparamment.

                        Il y aura peut -etre de grands bouleversements (surtout pour les plus pauvres), mais les plus puissants vont profiter de cette crise, en rachetant tout à bas prix, concentrant encore leurs pouvoirs.

                        Il ne restera bientot plus que "the big company", controlant tout.

                        C’est triste on n’y peut rien, le capital à gagné, les masses ne se révolteront pas car trop soumises et abreuvées de propagande.

                        Des millions d’américains se retrouvent à la rue, ils acceptent docilement leur sort, sans rien dire.

                        On a tondu le mouton, et maintenant on va l’envoyer à l’abbatoir le regard vide et désemparé.

                        On va envoyer tout ces moutons mourrir sur les champs de batailles aux cris de "Vive la patrie, Vive la liberté, Vive la démocratie"

                        Mais je n’irai pas me sacrifier pour monsieur le banquier, il ira sans moi la faire sa guerre.

                        Je suis un pauvre mouton tondu qui refuse de mourrir pour engraisser le banquier !


                        • herve33 21 mars 2008 11:23

                          Excellent article , qui montre qu’on est véritablement à un tournant de civilisation , la crise économique qui se profile va avoir des conséquences sur la vie de tout le monde , et on peut dire que si tout cela se passe sans guerre , on aura échapper au pire .

                          Cette crise va nous faire prendre conscience que la machine économique telle qu’on nous l’a vendue ( mondialisation , délocalisations ... ) n’est qu’une machine à broyer l’humain . Tous nos concitoyens s’apercevront qu’ils ont été largement trompés , et vont demander des comptes , et sincèrement j’aimerais pas etre à la place de ces patrons du CAC40 ou des grandes banques ou des politiques en place actuellement .

                          Mais cette crise sera peut etre une chance de remettre les choses en place , dévisser les lobbies qui dirigent ce monde , créer une société au service de l’Homme et non du Capital .

                           

                           

                           


                          • Eloi Eloi 21 mars 2008 15:49

                            Actuellement, dans les écoles, on n’apprend pas que :

                            "l’entreprise est là pour subvenir aux besoins"

                            mais que :

                            "l’entreprise est là pour générer du profit"

                            Comment s’étonner ? Comment s’étonner que nos besoins ne soient pas satisfaits ? Comment une telle redéfinition de l’économie a-t-elle pu s’implanter (à notre insu ?) ?


                          • Aspiral Aspiral 23 mars 2008 08:45

                            Insensiblement, comme la grenouille qui meurt de chaud dans le bocal qu’on chauffe tout doucement. par non prise en compte des changements au niveau des structures d’espace et de temps que la technologie a permis, les investisseurs, des gens courageux, ont été progressiement remplacés par des joueurs. On a inversé le sens de la pyramide sociale -elle repose actuellement sur la pointe On a aussi inversé le sens du temps : on ne s’intéresse plus qu’au passé et à ses acquis au lieu d’aller de l’avant en assumant de vrais "risques".


                          • ZEN ZEN 21 mars 2008 11:26

                            "..Le surendettement des ménages s’explique par l’augmentation du prix de l’immobilier et surtout celle des inégalités. Le salaire médian en monnaie constante n’a pas varié aux Etats-Unis depuis trente ans. Un ouvrier américain a le même pouvoir d’achat qu’en 1978.."

                            Je crois que Forest a pointé dans ce passage un des noeuds principaux du problème. Comme le Canada dry, cette crise ressemble à une crise financière, mais elle a des racines socio-économiques plus profondes, excellemment soulignées par Forest...elle est la conséquence presque prévisible d’un changement de nature du capitalisme depuis les années 70.


                            • cumulus 21 mars 2008 11:39

                              Cet article n’est pas du tout convaincant.

                              Pour construire un jugement, il faut évaluer les bénéfices du système.

                              Par exemple, sur BFM ce matin, ils disaient que depuis 10 ans 25 % de la croissance mondiale est générée par la finance moderne .

                              LA croissance du PIB mondial est de l’ordre de $4000 milliards par an.

                              Le monde a donc gagné $40 000 milliars de PIB en 10 ans dont 10 000 milliards grace aux nouveaux outils financiers.

                               

                              Ces gains sont à comparer aux pertes de la crise actuelle qui sont évaluées à 600 milliards.

                              C’est vrai c’est une grosse somme mais ce n’est que 6% des gains de l’économie (donc de tout le monde)

                              Le plus gros problème c’est que personne ne sait qui a perdu ou perdra tout cet argent.

                               

                               


                              • Fouinos 21 mars 2008 11:57

                                " personne ne sait qui a perdu ou perdra tout cet argent. "

                                La réponse est dans le texte : "privation des banques" et donc partage entre tous des pertes !

                                Le seul soucis, c’est que les plus faibles qui vont en souffrir. Mais si ca ne vous dérange pas...

                                 


                              • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:02

                                La croissance mondiale, je ne sais pas, mais celle de BFM certainement. smiley

                                Malheureusement, tous ces chiffres de nature quasi religieuse ventilés à fond depuis si longtemps par l’OCDE n’ont aucune réalité économique.

                                Notez simplement que si la "croissance du PIB mondial" en $ a été de 5%an, la baisse relative du $ de 25% depuis un an vient d’annuler 5 ans de "croissance".


                              • Bulgroz 21 mars 2008 12:11

                                Tous les économistes s’accordent pour dire que dès cet été, la crise sera en voie de résorption.

                                Stabilisation de l’USD à un niveau un peu plus haut qu’aujourd’hui dès que la BCE aura annoncé une légère baisse de son taux directeur. Reprise de l’activité aux US et de l’épargne permettant la baisse du déficit Américain.

                                On parle de pertes financières de l’ordre de 600 Milliards d’USD. Combien de ces 600 Milliards sont dues à la surévaluation des actifs ? J’ai acheté un truc pour 100 à quelqu’un qui l’avait payé 80, je l’ai réévalué à 150 car c’est ainsi que je l’ai évalueé au prix du marché et maintenant je sais que cela vaut 90. Soit une perte financière de 60 inscrite dans les comptes mais j’ai perdu 10 de pognon en réalité.

                                La solution pour éviter ce genre de problème serait de revenir à la bonne règle comptable de l’inscription de la valeur d’un actif à sa valeur d’acquisition, basta.

                                Et ça le monde politique est en mesure de l’imposer.

                                Alors, je repose cette question : de ces pertes annoncées ; combien sont uniquement dues à des surévaluations fictives (pertes fictives suite à gains fictifs). ?

                                Ne me dites pas zéro, j’ai connu ça.

                                 


                              • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:22

                                C’est la même question que celle de M Verhille, et elle n’a pas de bonne réponse. Il n’y a pas de valeur objective d’un actif.

                                Par exemple, Google avait il y 3 mois un P/E de 40, qui a baissé un peu depuis. D’après vous, combien vaut Google ? La valeur de ses immobilisations matérielles ? Ce n’est presque rien. Ses bénéfices ? Prenez alors un P/E standard de 14. Sa croissance des dernières années ? Qu’est-ce qui vous prouve qu’elle va se poursuivre ?

                                La question de la valeur objective des actifs n’a pas de sens dans un marché : la valeur d’un actif est le prix de la transaction, et il n’y en a aucune autre.


                              • anomail 21 mars 2008 12:48

                                >25 % de la croissance mondiale est générée par la finance moderne .

                                Excusez ma naïveté, mais comment crée-t’on des richesses juste avec un système financier, sans que personne ne fabriques rien ?


                              • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 12:52

                                On fabrique des billets. smiley


                              • herve33 21 mars 2008 12:53

                                "Le monde a donc gagné $40 000 milliars de PIB en 10 ans dont 10 000 milliards grace aux nouveaux outils financiers."

                                Quel Monde ? certainement celui du citoyen lamba qui n’a vu progressé son pouvoir d’achat que de quelques pour cent , peut-etre les pays émergents mais là aussi , le peuple n’en a récolté que des miettes , sans parler de la campagne chinoise qui elle vit toujours comme il y a 50 ans , voire pire . 

                                Tous ces bénéfices vont alimentées des comptes , ou fond de pension qui exigent des rendements en dehors de toute réalité physique , sans aucune création de richesse . Tous cela ne sont que des instruments financiers visant à drainer le peu de richesse des pauvres vers une minorité de personnes ultra - riches qui elles ne consomment pas , donc ne font pas tourner l’économie .

                                Quant à croire que cette crise n’est que passagère , même les médias traditiionnels commencent à parler de crise , c’est vous dire si la situation est grave .

                                Même si la crise , c’est un peu leur fond de commerce , bravo , à Europe2020.org qui depuis Mars 2006 parlait de crise systémique globale alors que tous les soit-disant experts en riaient . Force est de constater qu’ils se sont pas trompés et leurs prévisions pour fin 2008 sont loin d’etre optimistes ( www.europe2020.org )

                                 

                                 

                                 

                                 

                                 

                                 


                              • herve33 21 mars 2008 13:14

                                Pour ce qui croient encore que la crise est mineure .

                                http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?&news=5292980

                                ET cela n’est que le début ....

                                 


                              • Bulgroz 21 mars 2008 13:18

                                Forest,

                                Vous balayez d’un revers de manche l’argument de l’incription comptable d’une valeur comme si les transactions financières se faisaient dans l’ignorance des documents comptables.

                                Si c’était vrai, comment la Société Générale qui avec des pertes de 2,x milliards au titre des Subprimes (je ne parle des pertes Kerviel) peut se payer 50% de la Rosbank (CEI) pour 1,2 milliard d’euros sans attendre le résultat de l’augmentation de capital ?

                                Quant à Google (société à actifs virtuels), sa valeur devrait se calculer sur la base des Cash flows passés et non futurs.

                                 

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