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Accueil du site > Actualités > Economie > 2009 : Ni Candide, ni Cassandre, quels électrochocs pour une croissance (...)

2009 : Ni Candide, ni Cassandre, quels électrochocs pour une croissance nouvelle ?

Crise, récessions, chômage, sont au menu de 2009… Et si nous regardions cette année à contre courant, avec vitalité, sans la naïveté de Candide, et loin de la négativité de Cassandre ? Pourquoi ne pas rêver que la conjugaison de l’élection d’un nouveau président américain, au mandat anticrise clair, avec la prise de conscience de l’ensemble des Pays occidentaux et la lucidité de l’opinion ? Comment croire à un vrai changement, et lequel ? Un New-Deal en 2009 ? Pour Picasso, toute création est d’abord une destruction. Il faut une certaine dose de culot pour cela, mais pourquoi pas ? Yes we can ? Voilà, à grands traits, une ébauche d’électrochocs, un scénario rose aussi réaliste qu’un scénario noir…

Dans « La division du travail social »(1893) le sociologue Emile Durkheim (1858-1917) affirme « la vie économique n’est pas née de la vie individuelle ; au contraire, la seconde est née de la première. Et si nous vivions l’inversion historique de ce concept ? Et si l’individualisme était en train de prendre la pas sur le capitalisme, favorisant l’émergence d’un nouveau sujet social, capable de calculer ses propres intérêts et d’agir en conséquence, il serait grave que la défiance qui se développe vis-à-vis des institutions publiques et du politique masque les enjeux. Si le retour de l’individu est une caractéristique de la société contemporaine, il ne doit pas occulter l’impérieuse nécessité des réformes globales qu’appelle la crise, de la part de la gouvernance mondiale. Celle-ci qui se cherche encore, mais, à la faveur des élections américaine et de la prise de conscience mondiale, 2009 peut- elle être une année clé ?

Surmonter la défiance

Les réponses nationales ne peuvent suffire. Pressé d’agir, l’Etat français s’est par exemple endetté pour un plan de relance national. Ce plan de 26 milliards d’Euros, est bienvenu pour les uns, et incertain pour les autres car il annoncerait surtout de nouveaux impôts pour demain. En réalité, comme l’Allemagne qui se prépare à annoncer un plan équivalent de 25 milliards d’Euro, nous n’avions pas le choix. Il est cependant vrai, comme le souligne l’Insee, (INSSEE, note de conjoncture, décembre 2008 « Récessions » )  L’incertitude est grande également quant à l’impact au niveau mondial des plans de relance à destination des ménages et des entreprises.(…) Leur efficacité est plus délicate encore à apprécier qu’à l’accoutumée : elle peut être affaiblie si les ménages et les entreprises conservent un comportement de dépense frileux ; elle peut être au contraire renforcée si ces plans de relance permettent une restauration de la confiance et ramènent ainsi ménages et entreprises à un comportement de dépense plus habituel. Justement, « Habituel » n’est-ce pas justement le mot à éviter désormais ? Car si la question clé est bien le retour de la confiance, celle-ci ne reprendra pas sur les même base, comme si la crise n’avait pas existé. Le temps n’est plus à faire de la « rupture » un simple changement de style, il faut revenir sur des fondamentaux.

Agir local et penser global

Tout d’abord, intégrer la dimension « locale – globale » dans tous les actes publiques. Car c’est bien au niveau des territoires, des régions et des villes, que l’impulsion viendra désormais. Non plus comme hier, de façon passive, à partir d ‘atouts géographiques énergétiques ou même de main d’œuvre, mais de manière active et volontariste, dans la capacité des acteurs locaux à inventer de nouvelles voies, de nouvelles infrastructures, de nouveaux projets de développement dans un partenariat créatif entre le privé et le public.

Mais comment être en croissance dans un monde qui vacille ? Car l’irrationnel qui a provoqué la faillite des banques d’affaires a consacré un mot poison « risque » qui tue dans l’œuf tout projet se situant dans une logique de libéralisme économique. Il ne peut être question de revenir sur la mondialisation des échanges, ni sur la liberté d’entreprendre, bien au contraire. Mais, pour reprendre la métaphore de Marx, » Quelle est la liberté du Renard dans le poulailler » ? Rien ne pourra se reconstruire sans la destruction des causes. Alors comment faire ?

Un électrochoc de la croissance mondiale

Il faudrait des actes, un « grenelle planétaire de la relance » plus fort et concret qu’un G8 ou un G 20… Un nouveau « New Deal » qui concernerait à la fois les pays en voie de développement, la sphère financière, l’industrie et le modèle social européen.

D’abord l’aide aux Pays les moins avancés. Si rien n’est fait, dans vingt-cinq ans le monde se heurtera non seulement à des pénuries d’eau et de vivres mais aussi à une concurrence violente en matière d’énergie. Si l’on ne veut pas que des populations meurent et que des émeutes de la faim n’embrasent le monde il faut sortir les denrées de base alimentaire, le riz et le blé, du marché libre de la spéculation financière. Un prix de référence s’impose à l’échelle mondiale. Selon Philippe Pinta, président de l’Association générale des producteurs de blé (France), la part de la spéculation dans le cours du blé, qui affole les milieux agricoles atteint 20 % (Le Monde, 24 avril 2008). Dans le même élan, les pays occidentaux doivent lancer un plan Marshal de l’Eau potable, à l’échelle mondiale. L’accès à l’eau, son traitement, sont des remparts contre les pandémies qui nous menacent tous, comme contre les « guerres de l’eau » qui se profilent, aiguisées par les variations climatiques. Aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes vivant dans les pays à revenu faible et intermédiaire n’ont pas accès à de l’eau salubre pour la boisson, l’hygiène personnelle et les usages domestiques. 50 millions d’habitants des pays à revenu élevé sont dans la même situation et 220 millions de citadins vivant dans les pays en développement ne disposent pas d’une source d’eau potable près de chez eux. L’éducation et la culture ne doivent pas être oubliés, et l’accès de tous à l’éducation (le taux d’accès à l’enseignement supérieur est de 67% dans les pays développés et de 17% dans les Pays en développement, source Unesco, 2006) L’informatique, avec notamment le projet d’ordinateur autonome à 100 dollars ou le projet indien d’ordinateur à 10 dollars ( Le Monde 19 mai 2007), offrent la possibilité de combattre à la fois l’illettrisme et "l’analphabétisme informatique. La science et la recherche doivent être davantage soutenues au service de la santé, de l’étude des populations et de l’impérieuse sauvegarde de la nature et de ses ressources.

Une moralisation de la sphère financière mondiale s’impose également avec force. Est-elle en état de l’empêcher aujourd’hui ? Bien sûr, il faut une meilleure information, un encadrement des paradis fiscaux, une transparence des fonds communs et des fonds d’investissements, alors que les fonds de pension anglo-saxons possèderaient déjà entre 30 % et 40 % du capital des grands groupes côtés en bourse à Paris. Mais il faut aussi aller plus loin, en créant des règles financières différentes, moins déconnectées de l’économie réelle, et complémentaire des marchés existants. Il s’agit bien d’imaginer une nouvelle économie de la régulation, par une redéfinition des frontières entre les différents modèles d’organisation de l’économie.

Le cas du secteur automobile illustre bien ce propos Pour Carlos Gohsn, l’année 2009 est l’année de tous les dangers pour l’industrie automobile "L’industrie automobile est très consommatrice de crédit. Deux voitures sur trois sont financées à crédit. Si les marchés financiers restent dans l’état où ils sont, vous allez voir les constructeurs tomber les uns après les autres",.déclare-t-il, (Le Monde 14 decembre 2008) alors que, après Renault, PSA a déjà annoncé la suppression de 3550 emplois.Il faut donc renforcer le soutien au crédit des particuliers, et le remplacement des véhicule, l’Etat l’a déjà annoncé. Mais cela ne suffira pas, et ce secteur va avoir besoin de financements pour lancer de nouveaux modèles économiques et écologiques. Si nous voulons relancer des entreprises, préserver et créer des emplois dans l’industrie, il faut sans doute un autre marché d’investissement, réservé à des valeurs réelles. Ses rendements attendus ne seront plus de plus dix pour cent mais plus cinq pour cent et l’horizon non plus trimestriel mais semestriel, avec des objectifs à court, moyen et long terme. Mais il sera sûr et pourrait être aidé sur le plan fiscal par exemple. Des exemples comme ceux de groupes industriels repris par des fonds d’investissements, puis démantelés pour ne préserver que le plus rentable, la téléphonie par exemple, sont à proscrire. De même, la crise ,ne doit pas être un prétexte facile pour « dégraisser » des effectifs. Une autre logique que celle des plans sociaux doit s’imposer en bourse.

L’Europe, par la voie de l’Union Européenne, doit aussi s’affirmer en tant que telle et mettre en avant son modèle social en recherchant le mieux disant dans le domaine de la protection sociale, des droits des salariés et des salaires. Pour la conférération européenne des syndicats (CES) « Le modèle social européen consiste en une vision de la société qui allie une croissance économique durable et des conditions de vie et de travail sans cesse améliorées. Cette vision implique le plein emploi, des emplois de qualité, l’égalité des chances, une protection sociale pour tous, l’inclusion sociale et l’implication des citoyens dans les décisions qui les concernent. L’Union Européenne peut préserver et développer ce modèle « à géométrie variable » et l’imposer au monde en renforçant son marché intérieur, né de l’Acte unique de 1987 et de l’union monétaire de 1999 Seule une Europe forte pourra créer les conditions d’une croissance nouvelle d’égale à égale avec les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et la Russie. La dispersion des plans de relance démontre qu’il reste du chemin à faire dans cette voie.

« Yes we can » à l’épreuve des faits

Les regards se tournent désormais vers la Maison Blanche de Barack Obama. Chacun sait qu’aucun miracle ne se produira sans choix majeurs, et que ceux-ci ne peuvent être faits sans le soutien actif des Etats Unis. Alors que les guerres au Moyen Orient et en Afghanistan vont occuper les esprits, n’oublions pas de gagner la bataille économique. Il se peut aussi que Barack Obama n’ai pas de véritable volonté ou de soutien au Sénat américain, que rien ne change en 2009. Comme Nicolas Sarkozy, il se résoudrait alors à une certaine continuité après avoir voulu la « rupture ». Mais les temps sont suffisamment incertains et le crédit du nouveau président suffisamment fort pour autoriser un espoir ; Si l’individu a enterré Candide avec la fin des certitudes boursières, il lui reste à pouvoir dire, comme Voltaire, « J’ai fait un peu de bien, c’est mon meilleur ouvrage » Aujourd’hui, faire un peu de bien, c’est enterrer aussi Cassandre. C’est ne plus reporter ses achats pour un ménage, et ses investissements pour une entreprise. Même chose pour un Etat, faire du bien, c’est soutenir le développement de ses territoires, et pour la gouvernance mondiale, faire le bien, c’est aussi de redéfinir les règles pour retrouver la voie d’une croissance saine. Et si c’était ça, cette vitalité, le neuf de 2009 ?

Eric DONFU


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14 réactions à cet article    


  • aye 30 décembre 2008 13:31
    Pour réaliser tout cela sans bain de sang , il faudrait que au moins 20% des dirigeants de la planète adhèrent.
    Comme le dit leG.E.A.B. nous n’en sommes pas là.


    • c.d.g. 30 décembre 2008 13:46

      1)
      pourquoi une entreprise va investir alors qu elle n est pas sur d avoir des clients pour acheter ce qu elle produit ??
      pour faire "du bien" ???
      on n est pas dans le monde des bisounours !
      Raisonnement identique pour un particulier. Acheter de l immobilier alors que dans 2 ans ca sera 20 % moins cher (au moins ?). Acheter une voiture a credit alors que ses revenus vont surement baisser ? (part variable du salaire, chomage technique, heures sup .... et eventuellement ANPE)
      2)
      Le monde a vecu sur un ebulle de credit. le moment est venu de payer l addition. Ca va faire mal. On peut regretter que les principaux beneficiaires ne soit pas les payeurs mais c est pas nouveaux (cf la fontaine : les animaux malades de la peste)

      3) les rendement financiers exceptionnels beneficiaient quand meme au final a des personnes physiques. Va falloir se serrer (un peu) la ceinture chez les retraites de Floride ou de Cannes. A plus long terme, ca implique que le poids des retraites sur les revenus du travail va encore augmenter car on ne peut plus compter sur la magie de la finance pour generer de l argent tout seul




      • Zkyx 30 décembre 2008 14:35

        Et allez, encore un plaidoyer en faveur d’un retour du dieu croissance, ça faisait longtemps...

        Tout faire pour que les gens puissent continuer à s’endetter en achetant des voitures toujours plus chères en coûts associés (assurances, taxes, entretien et autres), et dont ils n’ont même pas besoin, est-ce vraiment raisonnable ? On nous gonfle avec le réchauffement climatique et en même temps on soutient une industrie hyper polluante (car une voiture, même avec 0km au compteur, ça représente énormément de pollution lors de sa fabrication), symbole de la sur-consommation de masse. A court terme c’est sur ça peut sauver des emplois, mais rien qu’à moyen terme c’est juste déplacer le problème en prenant les sous ailleurs (comme d’hab).

        Et cette fameuse croissance... c’est vrai quand y’en a pas on vire des gens, mais quand y’en a ... on vire aussi des gens pour réduire les coûts et avoir un meilleur chiffre l’année suivante. Sans compter que qd y’a 1% de croissance, les gens les mieux payés voient leur salaire augmenter de 10%, tandis que les autres font +0,1%...

        Bref, en 2009, rien de 9...


        • anny paule 30 décembre 2008 17:00

          Mon bon Monsieur, vous savez nous en conter des choses !
          Vous vous prévalez de Condorcet et de sa conception de l’éducation pour tous dans une République... Auriez-vous oublié que ce même Condorcet, voulait que "l’instruction publique" (pas l’éducation, notez bien !) soit faite de telle sorte qu’elle "forme des citoyens qui ne s’en laissent pas conter mais qui entendent, au contraire, qu’on leur rende des comptes" ?
          Rendre des comptes, en ce moment, c’est refuser la gabegie qui sévit à bien des étages de notre "gouvernance" globale... c’est donner à TOUS les moyens de vivre décemment (un toit, de quoi se nourrir, se vêtir, s’instruire, se chauffer sous certaines latitudes, s’éclairer ...), ce n’est certainement pas trouver les moyens de relancer la "sacro-sainte croissance" dont nous savons où elle nous mène...
          Rendre des comptes, en ce moment, c’est faire en sorte que tous les citoyens du monde soient dotés de cet esprit critique si cher à Condorcet et à ses pairs du siècle des Lumières... et ne se trouvent pas esclaves des réformes éducatives concoctées en haut lieu par l’OMC, l’OCDE, l’ERT... et ce, à l’échelle mondiale, et qui ne visent qu’à former de parfaits exécutants... d’odres qu’ils ne pourront ni comprendre, ni analyser, ni contester...
          Si "électrochoc" il doit y avoir, c’est certainement dans la vision du futur possible, de la place de l’économie au service des hommes et de la planète... Ce ne me semble pas être contenu dans votre propos... Excusez-moi du peu !!!
           


          • Forest Ent Forest Ent 30 décembre 2008 17:36

            Il faudrait... Il faudrait une réaction coordonnée mondiale... il faudrait une nouvelle gouvernance ... Il faudrait une moralisation financière...

            Que de voeux pieux ...

            C’est tout à fait impossible, puisque le principe même de la mondialisation a été de déréguler et de supprimer le pouvoir des états. Nous constatons la substance même du libertarianisme : il n’y a plus rien à faire. Il ne reste que la grande tentation du retour brutal à l’Etat et au protectionnisme. Nous y venons.


            • Gzorg 30 décembre 2008 17:50

              Article idiot du type qui a cru pendant des années aux fadaises du liberalisme et qui une fois qu’il a appris a quoi ressemblait la main invisible du marché ( oui celle qui viens de lui mettre un doigt dans l’anus ) se demande qu’est ce qu’il faudrait bien faire...

              Et que propose t-il refaire ?
              De la croissance bien sur !

              Alors je vais t’expliquer Mr l’auteur, comme ça tu pourras donner des cours "de projective" innovants dans tes seminaires sur l’etude de transformation des machin-chose...

              TOI Y EN AVOIR PAS LE CHOIX, TOI A COURS DE RESSOURCES
              TOI Y EN AVOIR UNE IDEE DE LA SOCIETE QUI EST TOUT POURRIS.
              TOI IMAGINER UN MONDE DE MERDE QUE PLUS PERSONNE IL EN VEUX.
              ET TOI ET LES TIENS ETRE GRAVE EN TETE DE LISTE QUAND LES CHOSES SERIEUSES VONT COMMENCER.

              TOI Y EN A COMPRENDRE ?

              Mais t’inquiettes camarade, tu peux toujours rever il dois bien te rester 6 mois avant que tout tes "joujoux de references" (C.GOHNS, B.OBAMA, maison Blanche, G8, G20, moralisation financiere etc...) aient definitivement sombrés.
              Apres on va rentrer en periode de tres hautes turbulences, et franchement j’attend ca avec un vif interret , dans la mesure ou contrairement à toi je n’ai aucun titre et rien à perdre.



              • Alexandre Partick 30 décembre 2008 19:11

                 Un article extraordinaire ! Félicitations à l’auteur pour tant de clarté et de concision sur des questions majeures et complexes. Oui, de l’optimisme, et des idées, des projets et des preuves en plus. Suffisamment rare pour être salué. Bravo et merci M. Eric Donfu


                • moebius 30 décembre 2008 21:40

                  on va pas trop avoir le temps de réver .... non ?


                  • Blé 31 décembre 2008 08:13

                    Il faut de la croissance mais qui a produit cette croissance jusqu’à présent en France ? Les actionnaires où ceux et celles qui travaillent dans les entreprises, dans les services publics ?

                    L’A G C S, vous connaissez ? L’O M C vous connaissez ? L’Europe continue à mettre les peuples au pas du néo-libéralisme et de l’économie de marché. Les projets de l’aristocratie mondiale de l’économie ne vont pas dans le sens d’une amélioration de bien être général mais justement le contraire. Le modèle social qui se généralise en Europe est le modèle social chinois. Les paysans ont de plus en plus de mal pour vivre de leurs productions, les salariés sont virés par charettes des industries, les services publics sont en voie de disparition pour laisser la place à la privatisation.

                    Dans le même temps, Sarko propose que la sécurité (des villes et des biens) soit privatisée, la gendarmerie mis au même rang que la police, transforme chaque citoyen en délincant ou terroriste potentiel.

                    La guerre des classes a été gagnée par les riches, vous croyez tout de même pas un instant que ces derniers vont permettre à qui que ce soit de toucher de près ou de loin leurs intérêts.



                    • Eric Donfu Eric Donfu 31 décembre 2008 08:34

                      Et bien, il fait un peu froid ce matin..

                      Une prime aux Cassandre ? Affaire de météo aussi. Car le jour ou cet article a été publié, les mauvais chiffres du chômage ont rappelé l’urgence d’une "autre politique". Selon l’AFP, et d’après les statistiques mensuelles de l’Insee rendues publiques ce mardi, les chiffres de novembre sont encore plus mauvais que ceux d’octobre. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE en catégorie 1 fait un bond de 3,2 % (+ 64.000 personnes) en novembre 2008 par rapport à octobre et de 8,5 % sur un an, pour s’établir à 2.068.500. Il s’agit de la septième hausse mensuelle consécutive depuis mai dernier.

                      La hausse du mois de novembre est liée à une forte progression des inscriptions à l’ANPE pour fin de mission d’intérim (+ 18,2 %) et pour licenciement économique (+ 13,1 %). Ces évolutions sont calculées sur les trois derniers mois, par rapport aux trois mois précédents. Pour la première fois, le nombre d’inscrits est supérieur à ce qu’il était lorsque Nicolas Sarkozy a été élu président de la République en mai 2007. En avril 2007, l’ANPE avait ainsi comptabilisé 2.011.300 chômeurs.

                      Le constat est d’autant plus inquiétant que nombre de plans sociaux annoncés récemment ne sont pas encore pris en compte. Avec la crise économique, la tendance a désormais peu de chances de s’inverser dans les tout prochains mois. Car, si la France a bien échappé de peu à la récession au troisième trimestre 2008, avec une croissance de tout juste 0,1 % selon l’Insee, elle ne devrait pas, en dépit du plan de relance, être en mesure de l’éviter très longtemps. L’Insee s’attend à ce que la France bascule dans la récession au début de l’année prochaine pour la première fois depuis 1993 : elle prévoit un effondrement de son PIB de 0,8 % au dernier trimestre 2008, suivi d’un nouveau recul de 0,4 % au premier trimestre 2009. Voilà les faits, et il ne s’agit pas de négativité.

                      Dans ce contexte, je comprends le septicisme des Internautes, mais je confirme le sens de ce papier : Ce n’est pas en attendant des jours meilleurs derrière une porte blindée qu’on les fera venir. Il y a crise, oui. Raison de plus pour deciller ses yeux, ouvrir les portes et les fenêtres. Du neuf en 2009, ce n’est pas un voeux, c’est du bon sens. Je suis d’accord sur bon nombre de considérations d’opinion, mais l’objet de ce texte était l’action, dans le monde tel qu’il est, mais avec un volontarisme politique qui, selon moi fait défaut dans le débat public.

                      Merci en tous cas, au quelques soutiens, en en particulier à Patrick .

                      Et tous mes voeux à toutes et à tous, passez une excellente soirée de réveillon.

                      Bien cordialement,

                      ED


                      • Gandalf Tzecoatl 31 décembre 2008 18:33

                        L’immense majorité des citoyens américains, européens, asiatiques a adhéré à ces fadaises de croissance pour la croissance. Il s’agissait en fait d’un minimum de confort, voire de superflu motivé par la jalousie et la compétition entre egos.

                        Ceci acquis, les croissantistes sont mal sentis, car ce n’est pas l’argument qui enrichira le quidam, dès que c’est le cas, la moquette se dérobe sous ses pieds (délocalisation, restructuration, etc). Et derrière le croissantisme brodé sur votre plastron, ce n’est que plus-value, casse sociale, valeur ajoutée pour l’actionnaaaiiiiiiiiire.

                        Le croissantisme n’était qu’une tyrannie. Il n’est crédible qu’avec de réels besoins, autour de révolutions technologiques.

                        Concernant les chiffres du chômage, ils sont bien calculés, le taux de chômage français sans inflation étant de 7%, on s’en approchait trop sérieusement. La machine à fabriquer la peur du chomage (taux élevés de la BCE afin de casser la croissance) a joué une fois de plus parfaitement son rôle, afin de rémunérer correctement des bacs + 5 au smic. On va pouvoir continuer à faire peur au petit salarié au coin du feu du JT, afin qu’il continue à se tuer à la tache.

                        Le meilleur des mondes étatico-financier.





                        • libreetclair 2 janvier 2009 10:23

                          Même avec une dose d’utopie, c’est un très bon papier, exceptionnel peut-être. Ce n’est pas etonnant qu’il ne soit pas compris par ceux qui réflechissent au lieu d’agir, hurlent avant de comprendre. C’est le cas de toute parole vraie.


                          • ProPeace 4 janvier 2009 15:11

                            Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire... Une honte, cet article, comme certains commentaires.
                            C’est d’ailleurs récurrent sur Agoravox. Triste.

                            "Même avec une dose d’utopie, c’est un très bon papier, exceptionnel peut-être."
                             
                            Exceptionnel, oui, mais pas par son utopie, mais bien par sa bêtise, voir sa malhonnêteté... Du coup, pas si exceptionnel que ça, vu que nous sommes déjà gavés de cette propagande idéologique. Recommencez à vous endetter, petits consommateurs, les riches ne gagnent plus de + en +, ça craint... J’ai l’impression d’être devant une pub pour une banque, en pleine crise économique.

                            La preuve que c’est une bêtise, c’est que si relancer l’économie est une utopie, alors c’est bien la première fois que les "puissants" se décideraient à en promouvoir une, d’utopie.

                            L’utopie n’est en aucun cas de relancer l’économie, qui ne reviendrait qu’à relancer la machine d’auto-destruction. C’est le pire scénario envisageable, sachant que le seul scénario qui soit optimiste, est lui bel et bien utopique : l’utopie, la vrai, ce serait la refonte d’un nouveau système économique, pour le bénéfice de tous les hommes, pas pour les bénéfices des nantis.

                            Mais j’ai comme l’impression que c’est une utopie que les "puissants" ne veulent pas voir, pas plus que l’auteur de cet article, ou que certains commentateurs.

                            On se retrouvera donc chacun de son côté des barricades, dommage...
                            Quoique non, les "utopistes économiques" (ou les comiques, les égoïstes, les faux-culs, les criminels, au choix) ne seront pas derrière les barricades, ils seront au chaud chez eux, à siroter leur champagne, pendant que leurs CRS taperont sur les vrais victimes.

                            Il est à espérer que les CRS gagneront, sinon il risque d’y avoir pénurie de pics. Encore une crise en perspective... Achetez des actions dans les pics révolutionnaires, c’est le moment, les cours vont bientôt grimper en flèche.

                            Bien sûr, la France sera bonne dernière à réagir, mais elle y sera bien contrainte, comme tous les pays.
                            Je dis la France, car c’est nous, le petit peuple, la France. Les criminels économiques, les boursicoteurs, eux, n’ont rien de citoyens, ni de leur pays, ni du monde.

                            "Ce n’est pas etonnant qu’il ne soit pas compris par ceux qui réflechissent au lieu d’agir, hurlent avant de comprendre. C’est le cas de toute parole vraie."

                            Le problème est parfaitement compris par ceux qui en bavent depuis trop longtemps, crois moi. Et parce que concernés, nous y avons réfléchi, et avons donc compris que la solution n’est en aucun cas de faire perdurer ce système, ce qui ne reviendrait qu’à faire perdurer le problème, au détriment de nos enfants, du vivant, et de notre planète.

                            La génération Kleenex (dont je suis, 34 ans) et celle sans espoir, ont bien compris qu’il n’était pas dans leur intérêt d’être aussi crédules et/ou égoïstes que les générations précédentes, seules à avoir bénéficié de ce système mafieux, au détriment des plus faibles.

                            Ceux qui se complaisent à promouvoir une relance du système, sont simplement ceux qui en profitent, de ce système. Ceux là réfléchissent, oui, mais pas pour le bien de tous, juste pour le bien de leur compte en banque.

                            Agir ? Tu veux de l’action ? Libreetclair... ?
                            Attends un peu... Juste un peu... Pas très longtemps...

                            Tu vas en avoir de l’action, sauf qu’elle n’aura rien à voir avec tes actions en bourse.

                            Et c’est bien dommage, ce qui va se passer (je n’y participerai d’ailleurs pas), car le résultat sera négatif, pour tout le monde, sauf pour les plus nantis.
                            Dommage, car si les personnes comme toi avaient répondu à ton propre appel à la réflexion, nous aurions pu tous ensemble décider d’un monde meilleur pour tous, sans effusion de sang.

                            Réfléchir, ne signifie en aucun cas ne penser qu’à soi... Désolé, la propagande n’a jamais été une vérité.


                            • Eric Donfu Eric Donfu 6 janvier 2009 18:31

                               Selon le quotidien le Monde(06.12.08) l’Allemagne préparerait un plan de relance de 50 milliards d’Euros, soit le double du plan Français "Après cinq heures d’âpres négociations, les représentants des unions CDU-CSU (conservateurs) et du SPD (sociaux-démocrates) ont annoncé un montant : jusqu’à 50 milliards d’euros, qui seront injectés dans l’économie en 2009 et 2010, soit un point de PIB par an. C’est le double de ce qui était annoncé jusque-là.

                              Reste à déterminer la structure du nouveau plan. Tout le monde s’accorde sur l’objectif :"Préserver les emplois et encourager les investissements", a souligné Mme Merkel. Mais hormis le principe d’une hausse des dépenses consacrées à des projets d’infrastructures (rénovation d’écoles, construction de routes), ni la CDU-CSU, ni le SPD n’ont été capables de livrer le détail des mesures lundi soir. Des désaccords persistent, qui mettent en lumière les handicaps de cette grande coalition, composée de deux partis concurrents. Les yeux rivés sur l’échéance des législatives de septembre prochain, chacun tente d’aiguiser son profil."
                              ttp ://www.lemonde.fr/europe/article/2009/01/06/berlin-prepare-un-plan-de-relance-de-50-milliards-d-euros_1138386_3214.html#xtor=EPR-32280155&ens_id=628857

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