Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > 2012 et la Bourse chinoise

2012 et la Bourse chinoise

La plupart des investisseurs chinois seront pressés d’oublier l’année 2012. En effet, la bourse de Shanghai enregistre sa plus mauvaise année, descendant en dessous des 2000 points, son plus bas niveau depuis 12 ans. Depuis 2000, la Bourse chinoise n’a augmenté que de 50%, soit au même rythme que l’inflation, alors que le PIB a quintuplé en 10 ans. Petit tour d’horizon des problèmes et réformes du marché boursier chinois.

La Bourse chinoise est connue pour défier les fondamentaux de l’économie. Malgré les signes de reprise, comme l’indice PMI d’HSBC passant en novembre la barre fatidique des 50 points, les résultats restent moroses. Plusieurs raisons expliquent la faiblesse de cette année. Les profits des entreprises d’Etat ont chuté en moyenne de 10% en 2012. Certains secteurs ont été particulièrement touchés, comme celui de l’acier, qui voit ses entreprises enregistrer une baisse de 96% de leurs profits au cours du premier semestre. Conséquence de cette hécatombe, les investisseurs chinois se rabattent sur des valeurs plus sûres, à l’instar de l’or. En témoigne le nombre de « trading account » ouverts, qui passe à 100 000 par semaine au mois de mai, loin des 200 000 ouverts chaque semaine au cours des 3 dernières années. Le comportement des investisseurs est aussi mis en cause. Les fonds sont jugés sur leurs performances à court terme et utilisent la Bourse comme un casino, changeant fréquemment la composition de leur portefeuille d’actions. D’où un turnover de 300%, largement supérieur aux 100% de leurs homologues occidentaux. Les particuliers chinois ne sont pas en reste, avec un turnover frôlant les 700%. 

 Si la Chine veut renforcer ses marchés financiers, elle ne peut s’épargner des réformes de fond. Les premières réformes lancées par la China Securities Regulatory Commission - CSRC, ou Commission de régulation des opérations de Bourse chinoise - présidée par Guo Shuqing depuis octobre, vont dans le bon sens. Le marché s’ouvre ainsi aux investissements étrangers. Depuis juillet, les investisseurs étrangers sélectionnés par le programme QFII (Qualified Foreign Institutional Investor) pourront désormais détenir jusqu’à 30% d’une société chinoise cotée, contre 20% jusqu’à maintenant. De plus, le montant global des entreprises autorisées par le programme QFII passera de 30 milliards à 80 milliards. Pour pouvoir être introduite en Bourse, les entreprises doivent dorénavant expliquer comment elles évaluent leur capitalisation. Si celle-ci est supérieure de 25% à la moyenne de leur secteur, elles devront la réévaluer.

 La CSRC a également entrepris deux réformes pour supprimer les mauvaises entreprises de la Bourse. Elle s’engage à retirer de la côte les entreprises affichant un profit opérationnel de moins de 10 millions de yuan, soit un peu plus de 1,2 millions d’euros. De même, les entreprises qui enregistrent des pertes deux années d’affilés verront leurs actions affublées d’un « ST » - special treatment - devant leur nom. Le cours de ces actions ne pourra pas augmenter de plus d’1% par jour, forçant les entreprises continuellement dans le rouge à quitter la Bourse. Au niveau judiciaire, le nombre d’enquête pour délits d’initiés a explosé, passant à 180 l’année dernière, soit une augmentation de 70%.

 Ces réformes restent toutefois timides face à l’ampleur de la tâche. La part des investisseurs étrangers restent une goutte d’eau dans le marché financier chinois. L’Etat doit également arrêter d’imposer sa vision court-termiste aux investisseurs. Mais ces réformes vont dans le bon sens et laissent espérer une amélioration en 2013.


Moyenne des avis sur cet article :  4.2/5   (5 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès