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2013, la Chine et la corruption

Depuis son accession en pouvoir, il y a environ 1 an, Xi Jinping, le président chinois et numéro un du parti communiste a décidé de s’attaquer à un des fléaux qui rongent la société chinoise : la corruption.

Cette année a vu de nombreuses entreprises occidentales faire l’objet de poursuites judiciaires de la part de Pékin. En septembre, Nutricia, une filiale de Danone spécialisée dans le lait infantile, a été accusée par le quotidien 21st Century Business Herald d’avoir versé environ 300 000 yuans de pots de vin à plus d’une dizaine de médecins dans deux hôpitaux. Sanofi, le géant du médicament, a été accusé par un dénonciateur anonyme d’avoir versé des pots de vin à plus de 500 médecins dans les villes de Pékin, Shanghai, Hangzhou et Guangzhou. Cet été, GlaxoSmithKline, un autre laboratoire pharmaceutique a fait les gros titres des journaux de Chine. Pékin accuse l’entreprise d’avoir versé des pots-de-vin à des fonctionnaires et médecins chinois à travers des agences de voyage.

Les accusations de corruption ne se limitent pas à la sphère des entreprises occidentales. L’administration chinoise est également la cible de la campagne de Xi Jinping. La population, excédée par la corruption endémique, participe à sa manière à cette campagne en utilisant les réseaux sociaux. Ainsi, Yang Dacai, ancien chef de l’administration du Shaanxi a attiré l’attention des internautes en s’affichant avec une montre de luxe au poignet sur le lieu d’un accident de bus. Les internautes ont publié la photo sur Weibo, le Twitter chinois. Le fonctionnaire a été condamné à 14 ans de prison. Dans une autre affaire, un internaute, Ni, a fait tomber 3 juges du Tribunal Populaire Supérieur de Shanghai après avoir diffusé une vidéo les montrant en compagnie de prostituées. En octobre, 8 fonctionnaires d’une compagnie de chemin de fer ont été sanctionnés pour des “frais d’accueil” s’’élevant à 100 millions d’euros en 2012. Cette somme était destinée à payer les nuits d’hôtels, les restaurants, les karaokés et les différents cadeaux, provenant très souvent de marque de luxe. Une des conséquences est la baisse des résultats des marques de luxe occidentales. Kering, anciennement PPR, a vu ses ventes progresser de seulement 6% au cours du premier trimestre 2013, contre 21,5% un an auparavant. Le cours de l’action de Moutai, un alcool de luxe chinois, a baissé de près de 35% avec l’annonce de la campagne anti-corruption. Même constat pour Pernod Ricard, qui avait annoncé cette année un ralentissement de ses ventes de cognac pour le nouvel an chinois.

Les hauts fonctionnaires sont également la cible de la politique anti-corruption de Pékin. En juillet, le ministre du rail a été condamné à la prison à perpétuité suite à des pots-de-vin d’un montant de plus de 64 millions de yuan, reçus entre 1986 et 2011. En août, le parti a exclu Liu Tienan, un des conseillers économiques de la nouvelle équipe en place. Ce haut fonctionnaire menait un train de vie qui n’était pas du goût de la nouvelle équipe. Il possédait plus d’une vingtaine de comptes en banque, des diamants et plusieurs kilos d’or. En août, le gouvernement change les règles du jeu en autorisant une enquête sur Zhou Yongkang, ancien membre du Comité Permanent. Les membres, anciens ou actuels, de cette institution ont toujours été à l’abri des enquêtes. Mais le procès le plus médiatique est sans doute celui de l’ancien numéro un de la ville de Chongqing, Bo Xilai. Le charismatique maire s’est vu condamner en septembre à la prison à vie pour avoir accepté plus de 3 millions de dollars de pots de vin, détourné 800 000 dollars et abusé de son pouvoir dans l’affaire Neil Heywood, homme d’affaire britannique assassiné par la femme de Bo Xilai. C’est l’arroseur arrosé puisqu’il a bâti sa réputation sur la lutte contre la corruption, en ayant recours à des méthodes brutales.

On peut toutefois voir derrière ces condamnations, la volonté de Xi Jinping de consolider son pouvoir. Bo Xilai était l’un des plus sérieux prétendants au pouvoir. Selon les journaux hong-kongais, il se serait allié avec Zhou Yongkang, autre haut fonctionnaire faisant l’objet d’une enquête, pour la conquête du pouvoir. Cette campagne anti-corruption comporte aussi son lot de dérapages. En septembre, un fonctionnaire soupçonné de corruption est décédé suite à un interrogatoire. Entre bavures et guerres intestines, seul l’avenir nous dira si cette campagne permettra d’endiguer véritablement la corruption ou s’il ne s’agissait que d’un simple jeu politique.


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2 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 20 novembre 2013 13:34

    Les « 7 » plus hauts dignitaires de ce pays sont corrompus (une mafia)...le reste de la Chine ne fait que suivre ml’exemple...Voir tous les scandales financiers et sanitaires... ?


    • alberto alberto 21 novembre 2013 09:47

      Bonjour l’auteur,

      Même si ton billet sent un peu la compile d’articles ramassés ça et là, j’y trouve intérêt dans la mesure où l’on voit les politiciens pris la main dans le pot de confiture passer par la case prison. (même si cela se passe souvent sur fond de règlements de comptes entre rivaux !)

      Mais contrairement à ce qui se passe chez nous (des dizaines d’années de procédures stériles pour blanchir les canards) eux, les corrompus chinois vont en prison !

      Voilà un exemple à suivre...

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