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35 heures et heures sup’

Nicolas Sarkozy, les 35 heures, et les heures sup

Analyse du projet de défiscaliser et d’exonérer de charges les heures travaillées au delà de 35 par semaine.

Cette proposition de Nicolas Sarkozy promue sous le slogan "travailler plus pour gagner plus" trouverait selon lui, sa justification dans le fait qu’elle entraînerait un surcroît d’activité donc créerait des emplois.

Nous n’étudierons pas ici les différentes alternatives qui paraissent a priori plus légitimes et moins engagées, notamment l’abrogation de la loi des 35 heures ou l’autorisation de recourir selon des modalités classiques aux heures supplémentaires à partir de la 36ème.

Nous analyserons succinctement les conséquences de la proposition de l’UMP, du point de vue du salarié, de celui du profit et de celui de l’emploi, dans la seule hypothèse d’un recours généralisé à 5 heures supplémentaires. Bien entendu, seuls le raisonnement et l’ordre de grandeur des résultats sont à considérer.

Pour finir, nous comparerons avec une contre proposition.

Situation actuelle. Soit un salaire horaire net de 100 (1). L’heure normale est payée 80, les caisses de prévoyance et de solidarité reçoivent 60 qui représentent une rémunération potentielle et différée sous forme de retraite, assurance maladie, chômage, etc. Le coût du travail pour l’employeur est 140.

L’heure Sarkozy. De la 36ème à la 40ème (2), serait payée 80+10% soit 88 au salarié, et ne coûterait que 88 à l’employeur, vu que les caisses ne recevraient rien.

L’heure supplémentaire Sarkozy coûterait donc 37% de moins à l’employeur que l’heure normale.

Le salarié percevrait quant à lui, 8 de plus immédiatement en compensation de la perte de 60 au titre de sa rémunération différée. Mauvais calcul. "Travailler plus pour gagner plus" ? Ce slogan est une supercherie ! La baisse de rémunération effective est de ... 37% ! Si notre travailleur est prévoyant, il lui en coûtera beaucoup plus que les 8 unités supplémentaires net versées par heure auprès de caisses complémentaires pour compenser la perte des 60 unités acquises au titre de l’heure normale. "Travailler plus pour gagner moins" donc.

Mais les conséquences vont au delà de ce simple constat navrant.

Quel impact sur la croissance ? Quelles sont les entreprises qui créeraient des emplois grâce à cette mesure ? Pour commencer, remarquons tout de suite que 7 salariés travaillant 40 heures, font le même travail que 8 à 35 heures, et pour un coût inférieur de 5% (3).

De sorte que, si beaucoup de chefs d’entreprises verront dans cette mesure une aubaine, ce n’est pas pour autant qu’ils augmenteront leur productivité en rapport. Pour compenser une perte d’emplois de 15%, il faudrait 15% de croissance. Si l’on admet que ce recours aux heures supplémentaires permettrait à la moitié des entreprises, ce qui est optimiste, d’accroître leurs production c’est 30% de croissance qu’elles devraient faire, pour seulement éviter d’aggraver les difficultés sociales. Il y a fort à parier que cet objectif irréaliste ne sera pas atteint, et donc génèrera de nouveaux chômeurs, d’anciens cotisants. N. Sarkozy parle de courage ? Facile en faisant assumer les risques aux autres.Quid des cadres ? Les cadres on le sait, ne sont pas soumis au régime des heures supplémentaires. Il est à craindre que dans ce contexte, les entreprises préfèreraient recourir dans la mesure du possible à des non cadres - dont le travail au delà de 35 heures serait on l’a vu, assimilable à du travail au noir - qu’à des cadres dont le salaire est à 100% soumis à cotisations. La prochaine étape logique serait d’exonérer de prélèvements obligatoires une part de ce salaire avec l’accord des cadres puisqu’on leur permettra en échange de payer moins d’impôts sur ces revenus ! Amère ’victoire’ pour les cadres.

Comment justifier que certains contribuables auraient le droit de soustraire une part de leur salaire à leur déclaration de revenus, car c’est de cela qu’il s’agit ? Comment empêcher la généralisation d’un tel processus ? Ce qui vaut pour les cadres, vaut aussi pour les artisans, pour tous ceux qui ne sont pas payés à l’heure mais à la tâche, par contrat... La généralisation de cette mesure à tous les contribuables reviendrait à instaurer une ’progressivité négative’ de l’IR ! Un artifice aussi compliqué qu’inique, aboutissant à faire payer plein pot les revenus moyens voire faible et peu les revenus supérieurs.

Effet de seuil et motivation des RMIstes. Nicolas Sarkozy soutient que les minima sociaux sont si élevés qu’ils encouragent les profiteurs du système à ’feignasser’ (si je puis me permettre cet oxymoron marrant). Sa réforme dont il est question ici ne permettra pas d’augmenter les bas salaires, au contraire, de sorte que l’écart entre RMI et ’Smic 35 heures’ risque de se réduire encore. Ce n’est pas lui faire un procès d’intention que de dire qu’il est évident que, sur sa lancée et pour être logique avec lui-même, pour répondre à cette question il lui suffira de réduire les minima sociaux.

Ainsi, avec un simple slogan populaire (travailler plus pour gagner plus), Sarkozy s’il était élu pourrait anéantir notre modèle social en deux temps trois mouvements, avec la bénédiction de son électorat populaire. Cette proposition est une proposition de dupes, gagnant deux fois pour l’entreprise, perdant deux fois pour le salarié.

Une contre proposition. Evidemment, il faut faire l’inverse : peu de charges sur les premières heures, et davantage sur les surplus. Pourquoi obliger l’employeur qui, dès qu’il crée un emploi doit aussi cotiser pour les Assedic ? N’est-ce pas déjà beau de soulager d’un RMI ce budget ? Qu’est-ce qui compte le plus pour un jeune ? D’abord ce qu’il gagne tout de suite, s’intégrer, acquérir l’expérience ; ensuite mais seulement ensuite, penser à ses vieux jours. Donc le seul slogan convenable c’est "travailler maintenant pour les besoins de maintenant, travailler plus pour assurer l’avenir". Un deal gagnant gagnant pour les trois parties : patrons, salariés, caisses de prévoyance.

Par exemple, peu ou pas de charges sur 35 premières heures compensées par une sur-taxation des suivantes aurait deux conséquences immédiates : une bouffée d’air pour les emplois à 35 heures d’une part, d’un coté, un coût en charge équivalent au système classique pour les emplois à 40 heures et plus de l’autre. Ainsi, les pertes d’emplois des uns liées aux recours aux heures supplémentaires des autres sans croissance à la clé, seraient automatiquement corrélées à une augmentation des recettes de la protection sociale.

Et bien sûr, il ne faut pas défiscaliser les heures supplémentaires, au contraire : une telle disposition serait à l’envers du bon sens. L’objectif de la proposition de l’UMP, de toute évidence, n’est pas la ’réparation’ de notre protection sociale, mais bien la casse de tout le droit du travail.

(1) On imagine un salaire brut horaire quelconque, au hasard 20 euros, payé donc 100x0.2 euros.

(2) Ou peut-être 10% jusqu’à 39, 20% ensuite.

’3) Et mieux même puisque, compte tenu des coûts fixes, 7 salariés même à masse salariale égale coûtent moins cher à l’entreprise : gestion, rendements, formations, infrastructures, etc.


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73 réactions à cet article    


  • (---.---.149.144) 1er mars 2007 12:07

    Et pendant ce temps la, les allemands portent l’âge de la retraite de 65 à 67 ans................ smiley


    • Jojo2 (---.---.158.64) 1er mars 2007 12:13

      Hors sujet. Ce qu’il faut c’est montrer la faille du raisonnement.


    • jujubinche (---.---.235.222) 1er mars 2007 15:10

      « Et pendant ce temps la, les allemands portent l’âge de la retraite de 65 à 67 ans »

      C’est vrai. D’ailleurs, on devrait faire travailler les enfants, parceque pendant ce temps là, les chinois le font.


    • Rocla (---.---.111.122) 1er mars 2007 12:09

      C ’est presque aussi compliqué que le fonctionnement d’ un hélicoptère .

      Rocla


      • (---.---.139.6) 1er mars 2007 12:23

        A propos des taxes douanières du FN (qui arrangeraient beaucoup de choses). Pour les curieux de nouveautés, ne serait-ce que pour les critiquer, allez voir de quoi il retourne exactement sur : http://www.veritesurlefn.org/m...


        • Leonard (---.---.36.15) 1er mars 2007 12:33

          Cette explication me fait penser a ce que j’apprenais a l’ecole concerant le travail des russes pendant le regime communiste : Les gents travaillaient leurs heures pour la communaute avec un salaire de misere et apres le boulot il travaillait pour eux. Donc ils travaillaient plus dans l’apres parce que ca leur rapportait directement.

          Ce systeme revient au meme : les 35h pour la communaute et le reste pour sa pomme. C’est pas une tres grande avancee a mon avis. Ca ouvre la porte a une plus grosse taxation pendant les 35h puisque les gents sont encourages a compenser en travaillant quelques heures de plus.

          Ca ne pousse pas aller bosser parce que ce sont des heures supplementaires a faire pour pas grand chose alors que sans travailler meme en gagnant un peu moins c’est moins fatiguant.

          Au point ou en est la fiscalite en france, ce n’est pas en posant des patchs de-ci de-la que le probleme sera resolut mais en reprennant tout depuis le debut. Et quant a refaire la fiscalite autant remettre le budget et les priorites de l’etat en place et tout le reste avec.


          • Stephane Klein (---.---.19.227) 1er mars 2007 12:40

            Enfin une critique constructive et argumentee.

            Oui, le programme de Sarko en la matiere est une vraie usine a gaz qui risque fort d’etre peu efficace et qui traduit bien le conformisme sous-jacent du heraut de la rupture.

            La contre-prosposition est tout autant conformiste : complexite donc cout en terme de fonctionnaires pour faire fonctionner le ’machin’ propose.

            Apres 30 ans de bureaucratie dont les couches s’accumulent les unes sur les autres, la meilleure de reformes est celle qui tend vers plus de simplicite : Abrogation des 35h (si, c’est possible legalement) et liberalisation-privatisation du secteur de l’assurance sante, veiellesse et chomage, on verra alors les gains en pouvoir d’achat qui en resulterons..


            • jujubinche (---.---.235.222) 1er mars 2007 15:14

              « liberalisation-privatisation du secteur de l’assurance sante, veiellesse et chomage, on verra alors les gains en pouvoir d’achat qui en resulterons. »

              Les « gains en pouvoir d’achat » ? Pour les personnes avec un bon job, un bon salaire et une bonne santé sûrement, pour les autres, qu’ils travaillent ces assistés.


            • Gnole (---.---.192.187) 1er mars 2007 20:02

              La libéralisation des systèmes de santé, vieillesse et chomage ne fonctionne pas aux USA et en angleterre, pourquoi ferions nous mieux qu’eux ???


            • Emmanuel (---.---.87.194) 1er mars 2007 14:04

              Très fine analyse de l’arnaque qui se prépare pour mettre à disposition des employeurs une force de travail la moins chère possible qu’ils n’auront donc de cesse de promouvoir et dont les conséquences seront :

              - appauvrissement de l’état (c’est à dire de tous) qui perdra le montant des cotisations non perçues sur ces heures travaillées.

              - aliénation de l’individu au travail. Cela se dégrade depuis presque une génération (maladie musculo-squelettiques, nerveuses, dépressions, ...)

              - destruction de lien social et familial. Le temps qu’on passe au travail on ne le passe pas ailleurs. Voir par exemple cette étude de l’UNICEF qui place l’angleterre 21ème sur 21 pays riches pour le bien être des enfants en l’expliquant que les adultes travaillent trop pour s’en occuper...

              Il est temps d’interroger le travail.

              Pourquoi et pour qui travaille-t-on.

              Actuellement on travaille :
              - à 45% pour ceux qui ne travaillent pas (les actionnaires)
              - pour payer la publicité destinée à nous faire acheter des choses dont nous n’avons pas besoin (1200€ par an et par foyer)
              - pour payer la voiture pour aller au travail
              - pour payer son logement à des prix prohibitifs liés à la spéculation (de ces mêmes actionnaires à qui on donne une partie de notre travail)
              - ...

              On pourrait continuer longtemps comme ça !

              Donc TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS = GROSSE GROSSE ARNAQUE d’autant que le gagner plus est lié historiquement à un rapport de force qui n’évolue pas actuellement dans le sens des salariés et que le gagner plus de demain sera sans aucun doute le gagner mois d’après demain.


              • (---.---.36.15) 1er mars 2007 15:17

                « TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS = GROSSE GROSSE ARNAQUE »

                C’est pas exactement ca. Travailler plus pour gagner plus est une evidence. L’aranque c’est le gain minimum qui en resulte avec la fiscalite francaise.

                Bien evidement cela ne peut s’appliquer a tous les metiers mais en general si par exemple je reste a mon boulot plus longtemps il est fini plus rapidement. Donc mon boulot est vendu plus rapidement et le suivant prendra le meme chemin. J’aurai donc travailler plus et aussi gagner plus ... avec une fiscalite qui ne m’aura pas ponctionne lourdement sur mon temps de travail « normal ».

                Un medecin qui veut gagner plus il ouvrira son cabinet plus. Un artisan qui en veut plus travaillera plus. Toujours a la meme condition que ce plus soit taxe en meme proportion que les horaires « normales ».


              • Emmanuel (---.---.87.194) 1er mars 2007 17:54

                J’en ai oublié 2/3 au passage :

                on travaille aussi :

                - pour se soigner des maladies occasionnées par le travail (stress, fatique, contact avec des substances nocives) ou en tout cas par le type de société que l’on a choisie (Voir le livre Ces maladies créées par l’homme du docteur Belpomme).

                - pour payer des personnes à effectuer un travail que l’on pourrait faire soi-même si l’on avait plus de temps : garde d’enfant, bricolage

                - pour acheter des choses que l’on pourrait faire soi-même si l’on avait plus de temps : cuisine, vêtements.

                - pour acheter de manière addictive des gadgets ou consommer des produits (voyage, relaxation, cosmétiques) destinés à compenser la dureté du travail.

                Bref tout cela pour dire que lorsqu’on entend parler d’une sorte de fatalité qu’il faudrait travailler plus (ce qui donne par exemple version journalistique dans « rue des entrepreneurs sur France inter » par Brigitte Jeanperrin : « tout le monde sait, qu’on le veuille ou non qu’il va falloir travailler plus et plus longtemps ») et bien on n’est pas dans le domaine de la rationnalité mais dans celui de la pensée unique et de l’idéologie.


              • (---.---.34.15) 8 mars 2007 15:45

                Tout votre raisonnement repose sur : « Pour commencer, remarquons tout de suite que 7 salariés travaillant 40 heures, font le même travail que 8 à 35 heures »

                Ce qui est naturellement faux. Ce n’est pas le même travail qui est effectué mais le même nombre d’heures. Il s’agit de deux choses différentes ... Cette méprise est d’ailleurs une des raisons principales de l’échec des 35 heures : les 4 heures perdues n’ont pas été compensées par des embauches (ou marginalement) mais par des gains de productivités dans l’industrie et des réaménagements dans les services. Par contre, les 35 heures ont entrainé un gel des salaires catastophique pour le pouvoir d’achat des francais.


              • JL François Marie 8 mars 2007 18:36

                Je vous l’accorde, j’aurais dû dire « font la même quantité de travail.. ».

                Non, tout mon raisonnement n’est pas fondé sur cette constatation (qui est à considérer d’un point de vue macroscopique).

                Dans votre commentaire on ressent de la rancoeur. Si vous lisez ce que j’ai écrit plus bas, vous verrez que je ne dis pas autre chose que vous : j’ai moi-même vu mon salaire gelé pour cause de 35 heures. smiley


              • Maxxi 9 mars 2007 00:25

                Bonjour,

                Même si je suis globalement en phase avec votre argumentaire et plus généralement avec le fait que cette mesure telle que présentée serait une aberration, j’avoue que le fait de comparer les 8 de rémunération supplémentaires à la perte des 60 de charges sociales salariales et patronales me chagrine un peu... C’est en effet considérer que les 60 perdus, comme vous le dites avant, sont une rémunération différée mais oublier qu’elle n’est que POTENTIELLE !
                - OK pour les cotisations retraites (même si dans le système francais comme vous l’expliquez les cotisations retraites ne paient pas notre propre retraite mais celles des actuels retraités.)
                - sur l’assurance maladie et l’assurance chomage : le fait de travailler une heure supplémentaire n’est sans doute pas ce qui va amener le travailleur à être plus malade (évidemment, on peut parler du stress, etc...), ni ce qui va augmenter sa probabilité d’être un jour au chômage... Faisant ainsi de ces cotisations des rémunérations différées TRES potentielles !

                Ainsi, si on se place du point de vue du travailleur, il y a fort à parier que cette heure supplémentaire, payée 10% de plus que la normale, représente tout de même une belle opportunité et soit très attrayante. Sans même considérer que la plupart des gens verront avant tout le gain de pouvoir d’achat immediat et n’auront pas le réflexe de penser au manque à gagner futur dû à la non cotisation à la retraite. On pourrait même aller plus loin dans le raisonnement, et dire qu’un travailleur particulièrement sain et prévoyant mettrait à profit cette rémunération supplémentaire pour en investir une partie à long terme en vue de sa retraite (les fameux fonds de pension...), dont il serait assuré de bénéficier LUI, alors qu’avec notre système actuel par répartition c’est beaucoup plus aléatoire...

                En tous cas, nous sommes d’accord pour dire que et les salariés et les employeurs verraient avant tout des avantages à cette mesure, ce qui aurait pour effet de concentrer encore plus la demande de travail sur un trop faible nombre de travailleurs...


              • François Marie (---.---.73.200) 9 mars 2007 09:25

                Maxxi, vous écrivez : «  »OK pour les cotisations retraites (même si dans le système français comme vous l’expliquez les cotisations retraites ne paient pas notre propre retraite mais celles des actuels retraités.) «  »

                Et plus loin : «  »On pourrait même … dire qu’un travailleur particulièrement sain et prévoyant mettrait à profit cette rémunération supplémentaire pour en investir une partie à long terme en vue de sa retraite (les fameux fonds de pension...), dont il serait assuré de bénéficier LUI, alors qu’avec notre système actuel par répartition c’est beaucoup plus aléatoire...«  »

                Peut-être ne percevez-vous pas très bien l’aspect positif de la retraite par répartition : les cotisations actuelles paient pour les retraités actuels qui ont eux-mêmes en leur temps, payé pour leurs anciens. En contrepartie, les retraites des futurs retraités seront payées par les futurs travailleurs. Notez que votre retraite sera proportionnelle à vos cotisations cumulées, comme je l’ai expliqué dans un autre post.

                Le discours libéral actuel, qui a pour objet de vous vendre des fonds de pensions en même temps que de faire baisser le coût du travail a entrepris de ’casser’ cette solidarité intergénérationnelle avec ce type d’arguments : « nous (sous entendu, les jeunes) ne voulons pas payer vos retraites ». Ils y arriveront peut-être. Ne croyez pas que ce sont les retraités actuels qui en souffriront : Nous avons cotisé, nos retraites seront honorées encore des années... Ce sont les travailleurs actuels, qui auront préféré investir 8 euros dans des fonds de pensions au lieu de 60 dans des caisses solidaires qui en pâtiront.

                Vous opposez l’intérêt individuel (LUI, POTENTIELLE) à l’intérêt collectif. Pour ce qui concerne l’assurance maladie, par exemple, lequel d’entre nous se plaindrait de payer plus qu’il n’en profite ? Nous préférons tous être en bonne santé. Et payer pour les autres, ceux qui sont malades. En ce qui concerne le chômage, c’est pareil.

                Pour ce qui concerne la retraite, une partie seulement des cotisants en bénéficiera au delà de sa cotisation, et une autre en deçà. La durée de vie est une inégalité contre laquelle les fonds de pensions ne pourront rien faire de plus que les caisses actuelles. Et ne croyez pas que ces fonds de pensions soient fiables dans la durée. De récents scandales nous le prouvent, avec ces dirigeants qui ont ruiné des millions de retraités qui leur avaient fait confiance.

                Qui sait de quoi demain sera fait ? Les dirigeants passent, les peuples demeurent. N’écoutez pas les sirènes, investissez dans la solidarité intergénérationnelle. Tous ceux qui ont des enfants, des petits enfants, et qui ne font pas partie de la minorité fortunée, les plus nombreux, comprennent cela.

                Un mot : je ne dénigre pas les fonds de pension, ce n’est pas le sujet des débats mais cela mérite un autre article qui j’espère verra le jour bientôt. Mais fonds de pensions ou pas, la baisse unilatérale du coût du travail est un hold up au détriment des salariés. La vraie question n’est pas de savoir s’il faut investir 8 euros dans des fonds de pension plutôt que 60 dans la solidarité, mais 60 dans des fonds de pension ou 60 dans la solidarité. Et ça change tout !


              • JL François Marie 9 mars 2007 09:28

                PS. je n’ai pas confirmé ’réponse de l’auteur’. Voici qui est réparé.


              • mcm (---.---.121.69) 1er mars 2007 14:23

                « L’heure supplémentaire Sarkozy coûterait donc 37% de moins à l’employeur que l’heure normale. »

                Cette seule constatation montre tout le danger intrinsèque et les dérives inhérentes d’une telle mesure !


                • jujubinche (---.---.235.222) 1er mars 2007 15:17

                  Et le but déclaré, c’est de baisser le chômage !

                  Ou sarkozy est complétement con, ou est il est sournois.


                • mcm (---.---.121.69) 1er mars 2007 16:38

                  Les 2 mon capitaine !


                • sweetsmoke (---.---.241.2) 1er mars 2007 14:56

                  Lumineux et brillant ! Si le peuple de france se creusait un peu plus la tête et se mettait à décortiquer chaque mots des politiques, il n’aurait qu’une envie, leur botter le cul !


                  • Albert (---.---.102.41) 1er mars 2007 15:20

                    Désolé, tout en notant que, je n’ai pas eu encore le temps d’approfondir les calculs qui me semblent arithmétiquement corrects de céder à la réaction immédiate ,devant cette affirmation : « travailler plus pour gagner plus »

                    Au moment où les gens de Saint-Nazaire , de Toulouse,de Maulne sont dans l’angoisse(salarié d’Airbus et sous-traitants ;environnement commercial proche ,je dose pas dire etc.)


                    • gem gem 1er mars 2007 15:42

                      laissez donc les économistes (dont ceux du PS) faire leur boulot (quitte à le vérifier si vous en êtes capable), au lieu de vous prendre pour l’un d’eux...

                      Je ne sais pas si le raisonnement de Sarkosy est juste, mais je sais que vos savants calculs ne tiennent aucun compte de l’effet (éventuel) sur la production et la compétitivité des entreprises, et que cela suffit à les rendre faux.

                      On dit aussi que R. Barre prédisait que les 35 h payées 40 se transformeraient en 40 h payées 35. On n’y est pas encore, mais on y va à grand pas. Sarkosy ou pas...

                      Petite erreur en passant : quand on passe de 8 x 35 h à 7 * 40 h, la baisse d’emploi n’est pas de 1/7 = 15 %, mais de 1/8 = 12,5 %.

                      Faut-il 15 % de croissance pour créer l’emploi nécessaire pour compenser ? Cela supposerait que dans l’économie française il n’y a que des salairés, et qu’ils sont tous au 35 h sans heures sup. supposition douteuse...


                      • mcm (---.---.121.69) 1er mars 2007 16:40

                        Mais Gem vous ne nous expliquez toujours pas l’étrange logique de payer des heures sup moins cher que des heures normales !!!!


                      • gem gem 1er mars 2007 17:39

                        @mcm

                        qui vous a dit que je voulais expliquer ça ? Au mieux je peux faire des suppositions. Par exemple que c’est une méthode pour faire baisser les charges (en moyenne sur la durée totale du travail) et supprimer de facto les 35 h, mais sans le dire...


                      • T’as-t’y vu l’trou d’ma sécu (---.---.193.13) 1er mars 2007 16:35

                        « il faut faire l’inverse : peu de charges sur les premières heures » Et comme il y aura bien plus d’heures de travaillées dans les 35 premières, ça fera autant de moins à verser au tonneau des Danaïdes, alias Trou de Sécu.

                        Ça n’est pas mieux que le projet de Sarko, lui-même aussi débile que le CPE de Villepin. Tout ça c’est cautère sur jambe de bois et rustine sur pneu pourri. A s’obstiner à rouler avec des pneus pourris, quelle qu’en soit la marque, on finit dans les décors.


                        • Gandalf_nouvelordi (---.---.241.144) 1er mars 2007 16:38

                          « travailler plus pour gagner plus »

                          quelle supercherie sociale ! ou comment encourager les employeurs à concentrer les heures de travail dont ils sont besoins dans un minimum d’emploi, et éliminer du marché du travail tous ceux qui ne veulent pas ou simplement ne peuvent pas se permettre de travailler plus que de raison. sarko n’a pas l’air de s’en rendre compte, mais avoir une famille, des enfants à éduquer, ca demande aussi qu’on y consacre du temps, et beaucoup de francais manquent dejà cruellement de temps à consacrer à cet aspect de leur vie.

                          Sarko dit « à quoi ca sert d’avoir du temps libre (35 heures) si on n’a pas d’argent pour en profiter ? » je lui répond : "à quoi ca sert de gagner plus si on n’a pas de temps pour en profiter, ou si les contraintes d’organisation familiales imposées par le surplus de travail engendrent de nouvelles dépenses (gardes d’enfants...) ?

                          travailer plus pour ne plus avoir le temps d’éduquer soi meme ses enfants et les laisser livrés à eux même ?

                          le travail ne se partage pas ? mais que propose Sarko ? prenons l’exemple d’un patron qui a besoin de 140 heures de travail pour une activité. Il a le choix entre enbaucher 4 personnes à 35 heures, ou 3 personnes faisant des heures sup (46 heures par semaines). sarko propose tout simplement de favoriser cette derniere solution. résultat : seuls ceux qui sont pret à sacrifier leur vie privée pour leur boulot trouveront un emploi... bel équilibre de vie... et ceux qui voudront simplement se partager raisonnablement entre leur vie profesionnelle et privée se retrouveront au chomage... à vivre aux frais du contribuable. et come ces heures sup ne financeront pas les systèmes sociaux, on voit mal comment le système s’équilibrera.

                          Bref, sarko et l’économie, c’est tout le monde aux 50 heures ou creve... avec ca, on va aller loin !


                          • tvargentine.com michel lerma 1er mars 2007 21:34

                            Votre argumentation est assez navrante car dans le monde du travail ,oui,nous voulons travailler PLUS (+) pour GAGNER DE L’ARGENT.

                            Je suis moi même informaticien et la mise en place des 35h version Aubry est un enfer pour les employés et les responsables d’entreprise

                            Pour les employés qui travaillent en horaires décalés ,c’est le plafonnement des heures et des journées de travail (OUI C’EST L’ACTUELLE REALITE)et des plannings de travail digne d’EMILE ZOLA

                            Oui nous avons des RTT,mais nous voulons GAGNER DE L’ARGENT

                            Pour les employeurs c’est l’IMPOSSIBILITE de faire travailler ses collaborateurs qui veulent travailler (+) plus,et donc de permettre à ses salariés d’arrondir leur fin de mois.

                            Avant les 35h Aubry TOUS les informaticiens vous le dirons nous pouvions travailler pour de l’argent et nous avions la possibilité de vivre confortablement nos fins de mois.

                            Avec les 35 h,nos salaires ont été bloqués et nous sommes astreints à des horaires et des astreintes non payés et devant ses contraintes débiles,les sociétés industrialisent les emplois d’informaticiens,elles recherchent le moindre coût et délocalisent maintenant ses emplois qui été encore voici peu,des emplois à très forte valeure ajoutée,pour les entreprises,les salariés et l’économie du pays car l’argent retournait dans le circuit économique Français en achat de biens et d’équipements

                            En plus votre argumentation est vraiment REACTIONNAIRE car vous préférez que l’ETAT subventionne encore des emplois pour et uniquement « pour les jeunes » mais pas pour les autres qui disposent d’années d’expériences et qui aujourd’hui ne trouvent plus de travail bien payé car reservé maintenant à des « jeunes » mal payés et qui ne rapportent rien dans les caisses de retraites et qui coûtent énormement d’argent aux contribuables français,appauvrissant ainsi la société française dans son ensemble.

                            Oui,il faut supprimer les 35h version Aubry pour instaurer la durée de travail hebdomadaire à 35heures non annualisée

                            Oui il faut défiscaliser au delà des 35heures car cela évitera aux grosses SSII(sociétés de services informatiques) de délocaliser le centre de traitement informatique à l’étranger comme la slovaquie ou le Maroc et devenir plus compétitif au niveau européen et aux salariés de gagner (+) plus d’argent afin de dépenser plus (+) en achetant (+) plus de biens d’équipements et de services.

                            Vous êtes retraité informaticien dans les télécoms

                            Oui,nous avons compris ,vous êtes un fonctionnaire de France Télécom à la retraite !

                            Et bien j’espere que les fonctionnaires cotiseront prochainement 40 ans et qu’une taxe de solidarité nationale soit instaurée sur les anciens fontionnaires à la retraite,car votre retraite c’est nous qui vous la payons et nous en avons marre de voir des REACTIONNAIRES comme vous porter des jugements irresponsables sur ce que vous n’avez jamais connu : les fins de mois difficile.


                            • JL François Marie 2 mars 2007 11:03

                              « Il y a aujourd’hui un réformisme libéral, ou réformisme de droite. Cela peut paraître un peu curieux parce que, historiquement, le réformisme a été une position de gauche, modérée, qui voulait éviter la révolution, avec des politiques de type social-démocrate, tout en étant soucieuse d’affirmer le pouvoir de l’Etat social, de développer le droit du travail, la protection sociale, les services publics, contre le libéralisme. Précisément parce que ce réformisme de gauche n’avait pas si mal réussi, qu’il était parvenu à construire des régulations sociales assez fortes, il y a désormais la possibilité d’un réformisme de droite, dont l’objectif est de démanteler ces constructions. C’est l’orientation de ce qu’on appelle le néolibéralisme. […] Il y a un critère simple pour distinguer le réformisme de gauche du réformisme de droite. Le réformisme de droite s’attaque au droit, à l’Etat, soupçonnés d’être des entraves au libre développement des entreprises, à l’exigence d’être compétitif, concurrentiel à tout prix. C’est le discours dominant dans la politique actuelle. » (Robert Castel)

                              De sorte qu’il y a deux sortes de réactionnaires : ceux de droite et ceux de gauche. Dont acte.


                            • JPL 8 juin 2007 05:44

                              @ lerma

                              vous changez de travail et d’affiliation politique au gré de vos commentaires

                              dans le meilleur des cas vous êtes un affabulateur

                              dans le pire des cas un manipulateur en service commandé

                              sur le fond : on peut toujours chercher à gratter sur le coût du travail en Europe, au premier chef sur les salaires. Il y a un tel écart avec les pays en train de se développer que tous les emplois délocalisables le seront très vite s’il n’y a un minimum de régulation pour amortir le choc. Avec le salaire d’un ingénieur américain on fait travailler 11 indiens (dixit grands patrons de l’informatique aux US). Gratter même 20% sur le coût de l’heure de l’américain ne change pas le choix économique....


                            • philippe delcroix (---.---.100.188) 2 mars 2007 09:32

                              Il aurait peut-être plus judicieux de dire travailler mieux, pour gagner plus en s’adressant aux responsables et dirigeants d’entreprises de tout ordre qui ont laissé filer le déficit de notre balance commerciale faute de n’avoir pas pu ou su exporter, ou prendre à temps les mesures qui s’imposaient pour éviter des crises majeures (Airbus etc...)nom d’un chien, il y a pourtant assez de méthodes qualité ( Ishikawa, matrice Kepner-Tregoe etc...) pour éviter ça ! Qu’est-ce qu’on vous apprend dans vos « Grandes » écoles !


                              • JL François Marie 2 mars 2007 10:35

                                Merci à ceux qui ont fait l’effort de lire attentivement ce texte que j’ai essayé de faire court et clair. Merci à Agoravox d’avoir accepté de publier ce point de vue polémique.

                                Et je remercie particulièrement ceux qui ont exprimé ici parfois avec enthousiasme (Léonard, Stépahne Klein, Emmanuel, mcm, sweetsmoke, Gandalf-nouvelordi, pardon si j’en oublie) leur solidarité avec ce point de vue. Je voudrais leur demander pourquoi il n’y a pas de débat public sur un sujet aussi important à mon sens, qu’était la directive Bolkestein en son temps.

                                à Gem, je vous accorde que 7/8 c’est 12.5% de moins, reconnaissez que 8/7 c’est 15% de plus…

                                à Michel Ierma : je n’ai pas bien compris vos explications. En particulier quand vous dites : « Oui, il faut supprimer les 35h version Aubry pour instaurer la durée de travail hebdomadaire à 35heures non annualisée ». Ps. J’ai cotisé 40 ans, ne vous déplaise.

                                à Philippe Delcroix : je pense que ce commentaire ne m’est pas adressé ? Cela irait mieux en le disant. Merci.

                                Sur les critiques concernant la ’contre proposition’. Je n’ai suggéré cette proposition que pour souligner l’absurdité de celle de Sarkozy. Vous voudrez bien noter que j’ai préconisé l’abandon de la loi des 35 heures, ou ce qui est un peu différent, l’autorisation de recourir aux heures supplémentaires selon les modalités classiques. Au sujet de cette loi des 35 heures, il ne faut pas oublier que les salariés y ont laissé des plumes. Je peux en témoigner.

                                Au sujet du pourquoi de la proposition Sarkozy, je renvoie les lecteurs à l’excellent petit ouvrage que vient de faire paraître Jacques Généreux, qui explique que « la nouvelle droite se fiche du bien commun et accomplit un projet destructeur : abolir le modèle de société solidaire élaboré depuis l’après guerre… ».

                                Bonne lecture à tous. smiley


                                • JL François Marie 2 mars 2007 10:36

                                  Sur la retraite, j’aimerais ajouter une petite explication très simple (je ne suis pas spécialiste) que je crois utile pour certains.

                                  En gros il existe en France, outre les régimes spéciaux, la sécurité sociale et les caisses complémentaires. Quelles différences ? Les cotisations pour la retraite reversée par la sécurité sociale sont obligatoires, les cotisations pour les caisses complémentaires sont facultatives et le plus souvent négociées par les conventions collectives.

                                  Les cotisations versées pour la retraite de la sécu sont soumises à un plafond, et la retraite correspondante reversée au cotisant est limitée à un maximum : ceci veut dire que, tant que le salaire n’atteint pas ce plafond, il paie au prorata de son salaire, mais pour les salaires qui dépassent ce plafond la part au delà du plafond n’est pas soumise à ces cotisations.

                                  Les caisses complémentaires, comme leur nom l’indique, permettent de se constituer une retraite complémentaire. Ces caisses fonctionnent également par répartition : le salarié acquiert des points au prorata de ses cotisations, et sa retraite le jour venu sera proportionnelle aux points acquis. En général les conventions collectives prévoient de verser en complémentaire les cotisations relatives à la part au delà du plafond de la sécu de sorte que, en gros, les cotisations restent proportionnelles à la totalité du salaire.

                                  Les conditions de départ à la retraite sont fixées par des règles que je n’évoquerai pas ici. Disons simplement que le salarié ’peut’ prendre sa retraite à 60 ans mais il peut aussi continuer à travailler, donc aussi à cotiser. L’employeur peut mettre d’office son salarié à la retraite à seulement 65 ans, pas avant.

                                  Ceci a pour conséquence que celui qui a peu cotisé et qui ’part’ à 60 ans aura bien entendu une plus maigre retraite que celui qui aura beaucoup cotisé ou qui ’part’ à 65 ans.

                                  Un travailleur imprévoyant ou peu averti, pourrait se réjouir de cet état de fait et ’profiter’ pleinement d’un salaire non amputé de ces cotisations complémentaires. Il risque à l’âge de la retraite de le regretter amèrement.

                                  Un mot, mais c’est le plus important, sur le mécanisme de répartition, base du système de retraite. Les comptes des caisses de retraites sont, en principe équilibrés quand les cotisations perçues pendant une période considérée permettent d’assurer le paiement des retraites versées pendant la même période. Vu du coté du salarié, cela signifie qu’il paie pour les anciens quand il est actif, et plus tard, les nouveaux travailleurs paieront pour lui. C’est d’un simplicité biblique. On appelle cela la dette intergénérationnelle.

                                  Or il se trouve que le discours dominant aujourd’hui, il y a même des ouvrages en librairie sur ce sujet, consiste à dire « nous les jeunes, ne voulons pas payer vos retraites ». Reprenons cet exemple de ’l’heure Sarkozy’ qui coûte à l’employeur 37% de moins que l’heure normale. Ces 37% retirés à la protection sociale, le travailleur n’en verra pas la couleur. Ce sont les actionnaires qui en bénéficieront. Autrement dit, ce sont les actionnaires qui ne veulent plus payer les cotisations sociales, et qui exacerbent par des slogans trompeurs (divisant pour régner) la concurrence intergénérationnelle.


                                • (---.---.140.77) 3 mars 2007 01:03

                                  Et après travailler plus cela sera travailler plus VITE bande de fainéants !!!

                                  De qui se moque t’on !!!!


                                • PetitChat (---.---.208.77) 5 mars 2007 16:48

                                  Bonjour,

                                  je ne sais pas si votre contre-proposition est la bonne solution, mais je sais que celle de NS est effectivement très mauvaise. Car encore une fois ce seront les actionnaires et entreprises qui vont être avantagés au detriment des employés. J’ai l’impression d’entendre une meute de petits chefs qui ne pensent qu’au chiffre inscrit sur leur fiche de paye a la fin du mois. Mais j’espere que tout le monde verra un peu plus loin que le bout de son nez, que ce n’est pas parce que soi-meme on va gagner plus sur le moment qu’au final on va y gagner. Il faut penser a regarder la globalité des choses, et ca a plutot tendance a faire défaut dans la société d’aujourd’hui. Bien sur un salaire décent est important, mais il ne doit pas résulter d’heures supplementaires.

                                  Je suis aussi informaticienne et si dans ma boite les plannings sont des plannings de fous ce n’est pas parce que nous ne voulons pas bosser, mais parce que les patrons et actionnaires refusent d’embaucher des personnes avec un salaire décent et préférent se reposer sur les quelques qui n’hesitent pas a faire pres de 15 heures supp par semaine et pour pas grand-chose ... quelle aubaine pour eux la reforme des heurres supp de NS !! Mais pour ceux qui ont une famille, qui payent pour faire garder leurs enfants, qui ont envie de profiter de leurs enfants .... je pars le matin a 7h30 et je rentre le soir a 18h30, je refuse de faire des heures supp pour pouvoir boucler le mois alors je suis mal vue dans ma boite ... en plus je suis une des rares femmes et la seule a avoir un enfant.

                                  Pour moi ce slogan c’est vraiment quelque chose de sournois, histoire de vraiment bien faire passer la pilule aupres de ceux qui se rendront compte trop tard qu’ils se sont fait avoir.


                                  • JL François Marie 5 mars 2007 18:50

                                    Bonjour, votre commentaire justifie à lui seul mon article. Je pense que cette mesure prévue par NS est aussi dangereuse que la directive Bolkestein il y a deux ans. Curieusement personne n’en parle.

                                    L’objectif réel de cette mesure est bien évidemment de faire baisser le coût du travail. L’aggravation du taux de chômage, non seulement n’inquiète pas les néo-libéraux, mais fait partie de leur plan de casser la société solidaire construite entre l’après guerre et le début des années 80.

                                    Vous trouverez dans le petit ouvrage de Jacques Généreux « Pourquoi la droite est dangereuse » une explication claire et argumentée de cette affirmation. Un autre ouvrage lumineux : « Comment les riches détruisent la planète » d’Hervé Kempf.

                                    L’informatique est un domaine où les gains de productivité ont été les plus spectaculaires. De la même façon, dans le domaine de la pêche hauturière, les progrès techniques ont été considérables. Il en est ainsi dans beaucoup de secteurs d’activité. Pourtant, dans tous ces secteurs, on observe une aggravation des conditions de travail et une diminution des rémunérations.

                                    PS : Ma contre proposition c’était juste pour souligner, par comparaison, l’iniquité de celle de NS.

                                    Re PS : Si cette réforme était adoptée, je suppose qu’il serait encore plus difficile de refuser des heures supplémentaires. Dans cette perspective, il faudrait penser plus que jamais aux prud’hommes, et l’argumentation que j’ai produite ici ne serait peut-être pas inutile.

                                    Cordialement.


                                  • Yakumbo 30 mai 2007 21:19

                                    Faisons simple : Les heures supp ce que je peux en faire : j’ai 10 employés dans ma PME , j’en vire 2 et je paye les 8 autres qui restent en heures supp pour remplacer les deux que j’ai virés . Les 8 sont contents , et moi je paye moins d’impots . Non ??


                                    • JL JL 31 mai 2007 09:03

                                      Oui, c’est tout à fait ça. De plus, ils ne paieront pas d’impôts sur ces revenus là.

                                      La question devra être posée, concernant le chef d’entreprise lui-même, qui peut comme vous le savez, être salarié de sa propre entreprise. Jusqu’où pourra-t-il utiliser ce dispositif pour son propre compte ? Pour celui de son conjoint, de ses proches ?

                                      On le voit, cette mesure est un cheval de Troie dangereux pour notre dispositif fiscal.


                                    • JL JL 31 mai 2007 09:53

                                      Par exemple un patron de TPE qui gagnant entre 5 et 10000 euros mensuels, déclarant la moitié en heures supplémentaires verrait ses impôts divisés par 3 ou davantage !


                                    • titi 4 mai 2011 09:21

                                      Exemple complètement faux...

                                      1. Le patron de TPE est considéré comme « cadre dirigeant » et donc les heures supplémentaires ne s’appliquent pas. Un cadre dirigeant n’a pas d’horaire légale.

                                      2. Por ceux pour lesquelles les heures supplémentaires s’appliquent, elles sont contingentées : 24 heures sur 12 semaines.

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