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8 questions pour bien comprendre le plan d’aide à Chypre et ses conséquences

(ProfesseurForex.com) – Lundi à l’aube, les ministres des finances de la zone euro ont finalement validé un accord sur un plan d’aide à Chypre, qui permet certes au pays d’éviter la faillite, mais qui n’a pas pour autant été salué par les marchés, loin de là puisque l’EUR/USD notamment chutait fortement sur le forex hier.

Le plan de sauvetage signé entre Chypre et l’Eurogroupe implique en effet des sacrifices importants de la part des banques de l’île et de leurs plus gros déposants, ce qui n’a pas plu au marché, qui y voie autant un manque de solidarité européenne qu’un risque désormais plus élevé pour les investissements du secteur privé, apparemment plus exposés que le secteur public aux aléas de l’économie, puisque dans le cas chypriote, les autorités publiques ne font qu’imposer au secteur privé de mettre la main au portefeuille, en échange d’un prêt de 10 milliards d’euros.

Au lendemain de la validation de ce plan d’aide controversé, il convient de faire un point détaillé sur son fonctionnement, ses conditions et ses spécificités.

Quels sont les différents points de ce plan d’aide ?

-Un prêt de 10 milliards d’euros de la part de la Troika

-La faillite de Laiki Bank

-La reprise des dépôts garantis de Laiki Bank par Cyprus Bank

-Une ponction sur les comptes de dépôts supérieurs à 100.000 euros

Comment vont être utilisés les 10 milliards d’euros prêtés par l’Europe et le FMI ?

Ici aussi, rien n’est véritablement clair. Ce qui est sûr, c’est que le communiqué de l’Eurogroupe précise explicitement que les 10 milliards d’euros ne serviront pas à recapitaliser la Laiki ou la Bank of Cyprus. Les premiers versements sont attendus au début du mois de mai, via le MES, et une partie de cette aide sera versée par le FMI. On peut toutefois souligner que lors d’estimations datant d’il y a quelques semaines, les besoin en financement de ­Chypre atteignaient 17 milliards d’euros, soit un an de son PIB, don 10 milliards pour ses banques et 7 milliards pour refinancer sa dette publique et faire face aux dépenses de l’État.

Quel va être le montant des pertes accusées par les épargnants nationaux ?

Selon l’Eurogroupe, les détenteurs de comptes bancaires inférieurs à 100.000 euros ne seront pas concernés. Il n’est d’ailleurs plus question de taxe sur les dépôts, mais de perte contrainte et forcée sur les comptes de plus de 100 000 euros. La ponction opérée sur ces « gros comptes » dans les deux principales banques du pays devrait permettre de lever 4,2 milliards d’euros.

Quel va être l’avenir de Laiki Bank, mise en faillite ?

Très durement touchée par la crise grecque, la seconde banque du pays, Laiki, a été mise en faillite dans le cadre du plan d’aide. Les comptes inférieurs à 100 000 euros et les prêts de la BCE (9 milliards d’euros) formeront la partie saine de la banque.

Cette « good bank » sera absorbée par la Bank of Cyprus, première du pays. Le reste des dépôts de Laiki seront transférés dans une « bad bank » dont les fonds seront utilisés pour éponger les dettes de Laiki.

Quel mécanisme permettra de sauver la Bank of Cyprus, première banque du pays ?

Les épargnant détenteurs de comptes de plus de 100.000 euros à la Bank of Cyprus seront ponctionnés pour financer la recapitalisation de la banque, risquant ainsi de perdre 30 à 40% de leurs dépôts.

Chypre va-t-elle devoir faire d’autres sacrifices ?

En tout cas, c’est ce que semblait sous entendre Olli Rehn, qui a promis au peuple chypriote « un avenir proche très difficile »… L’Eurogroupe exige en effet d’autres réformes en dehors du système bancaire, avec notamment des privatisations et la hausse de l’impôt sur les sociétés de 10 % à 12,5 %.

A quel moment les banques vont pouvoir rouvrir ?

Depuis la première proposition de pan d’aide qui envisageait une taxe sur les dépôts bancaires, les banques ont été fermées pour éviter les fuites de capitaux dans la panique, qui auraient aggravé nettement la situation. Le ministre des Finances a annoncé tard lundi soir que toutes les banques chypriotes seraient logées à la même enseigne et rouvriraient jeudi, après près de deux semaines de fermeture des guichets, de transactions bloquées et de retraits rationnés aux distributeurs.

Chypre va-t-elle faire l’objet d’une fuite massive des capitaux ?

Rien n’est vraiment clair au sujet des mesures exactes qui seront prises pour éviter le phénomène, mais le gouvernement de Chypre a annoncé avoir prévu un gel des transactions et un contrôle des changes pour éviter une fuite massive.

Si on résume, une première solution a donc été trouvée pour éviter la faillite à Chypre, mais les conditions qui lui sont imposées en échange d’une aide (ponctions sur les gros dépôts bancaire, hausse de l’impôt sur les sociétés, etc…) sape les fondements même de l’économie de Chypre, qui repose sur son statut de paradis fiscal.

On se demande donc bien comment l’économie chypriote va pouvoir s’en relever, à moins de radicalement changer la nature de son économie, ce que l’île a d’ailleurs déjà fait par le passé en devenant un paradis fiscal pour devenir moins dépendante du tourisme…

Copyright (c) 2013 ProfesseurForex.com. Tous droits réservés.


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8 réactions à cet article    


  • Les Bulles Les Bulles 27 mars 2013 16:37

    « ce qui n’a pas plu au marché, qui y voie autant un manque de solidarité européenne qu’un risque désormais plus élevé pour les investissements du secteur privé »

    Incroyable ! Les investisseurs privés redécouvrent qu’investir est risqué ... On croit rêver !

    Le monde de la finance s’est tellement habituée depuis quelques années à voir ses pertes épongées par des fonds publics qu’il tombe des nues quand tout d’un coup ça ne marche plus. L’exemple islandais aurait pourtant dû le mettre sur ses gardes ...


    • ecolittoral ecolittoral 27 mars 2013 19:05

      Que vont faire les Chypriotes ? Ils feront comme certains Français.

      Qu’ont fait les Français ? Depuis maintenant 2 ans, ils ont retiré plus de 10 milliards d’euros de leurs comptes et paient en cash pour éviter taxes et autres prélèvements.

      Par contre, les Chypriotes héritent d’une bad bank. 
      Quel joli mot pour parler d’une « charge contribuable »...qui va certainement encourager les habitants à éviter banques, carte bleue, facturier, caisse enregistreuse etc...
      Pour certains, la double peine. Ceux qui ont + 100 000 euros et qui paieront aussi la « charge contribuable ».
      Mais ! Promis juré ! Ça (ne) se reproduira (jamais) dans un autre pays !
      Parole de Troïka.
      C’est le monde à l’envers ! 
      Les « financiers » qui devraient encourager les dépôts liquides, en arrivent à faire fuir les épargnants.

      • colza 28 mars 2013 10:07

        Retirer son argent de la banque ne suffit pas.

        Vous oubliez que votre salaire d’employé, votre traitement de fonctionnaire, votre pension de retraité sont obligatoirement versés sur un compte bancaire (plus moyen de se faire payer autrement) donc une ponction sur votre compte est toujours possible, aussi peu de temps que passe votre argent sur votre compte.

      • BA 27 mars 2013 21:37

        Mercredi 27 mars 2013 :

         

        Ce qui se passe en Europe, c’est comme quand on joue au tiercé ou au quinté.

         

        Bon, ça y est, nous savons maintenant qui sera le sixième.

         

        Pour le moment, nous connaissions les cinq premiers.

         

        Mais là, c’est bon, il n’y a plus de suspens : nous venons d’apprendre qui sera le sixième.

         

        Lisez bien cet article :

         

        Slovénie : Moody’s abaisse la note de la deuxième banque du pays NKMB.

         

        L’agence d’évaluation financière américaine Moody’s a abaissé mardi la note de la deuxième banque slovène NKMB, en raison des craintes concernant l’économie du pays membre de la zone euro, qui pourrait être contraint de demander une aide européenne.

         

        La note à long-terme de la NKMB, détenue par l’Etat, a été abaissée de deux crans de B3 à Caa2 par Moody’s, la faisant passer au rang de valeur ultra-spéculative.

         

        L’agence de notation a associé sa décision d’une perspective négative en raison des craintes d’un nouvel affaiblissement du porte-feuille de crédit de la banque.

         

        Moody’s avait déjà dégradé le 13 mars la note de la plus grande banque slovène Nova Ljubljanska Banka (NLB), de B2 à Caa2, également au rang de valeur ultra-spéculative.

         

        La NKMB, détenue par l’Etat, pourrait avoir besoin d’une nouvelle injection de capital pour remplir les exigences de l’Autorité européenne des banques (EBA).

         

        En raison des problèmes de son secteur bancaire acculé par une montagne de mauvaises créances (7 milliards d’euros selon un rapport du Fonds monétaire international), la Slovénie pourrait devenir le prochain pays de l’UE à demander une aide de l’Union européenne, après Chypre.

         

        http://www.romandie.com/news/n/_Slovenie_Moody_s_abaisse_la_note_de_la_deux ieme_banque_du_pays_NKMB16260320131540.asp

         

        Ensuite, tous les Etats européens qui ont un secteur bancaire hypertrophié vont subir le sort de Chypre.

         

        Dans quel ordre ?

         

        Jouons au petit jeu des pronostics :

         

        1- D’abord, il y a eu la Grèce.

        2- Ensuite, l’Irlande.

        3- Ensuite, le Portugal.

        4- Ensuite, l’Espagne.

        5- Ensuite, Chypre.

        6- Demain, ce sera le tour de la Slovénie.

        7- Après-demain, ce sera le tour de Malte.

        8- Après-après-demain, ce sera le tour du Luxembourg.

        9- Après-après-après-demain, ce sera le tour du Royaume-Uni.

        10- Après-après-après-après-demain, ce sera le tour de l’Italie.


        • BA 28 mars 2013 10:54

          Jeudi 28 mars 2013 :

           

          Voici les dernières nouvelles du sixième domino : la Slovénie.

           

          Slovénie : un conseiller du FMI pressenti pour diriger la Banque centrale.

           

          Un conseiller du Fonds monétaire international (FMI), Bostjan Jazbec, est pressenti par les autorités slovènes pour prendre la tête de la Banque centrale, alors que le secteur bancaire est au bord de l’implosion faisant ainsi de la Slovénie un pays candidat à une aide d’urgence de l’Union européenne.

           

          http://www.romandie.com/news/n/_Slovenie_un_conseiller_du_FMI_pressenti_pou r_diriger_la_Banque_centrale76280320130038.asp ?


          • ecolittoral ecolittoral 28 mars 2013 11:59

            colza, vous avez raison. Mais les « salaires » en espèces augmentent et ne passent plus par la banque.

            Les coffres forts de ,petites tailles se sont très bien vendus ces dernières années.
            Je pense qu’à Chypre...en Italie, en Espagne etc. les vendeurs de coffres vont faire de bonnes affaires...jusqu’au jour ou la troïka et les instances européennes vont surtaxer ces « bijoux de famille »...tout en identifiant et contrôlant les acquéreurs.
            Ce n’est pas de la paranoïa. Pas plus que d’imaginer qu’un jour, on irait faire un casse dans une banque.
            Parceque ce qui s’est passé à Chypre, c’est un casse avec prise d’otages et les voleurs ont toujours la clé !

            • ggo56 28 mars 2013 13:05

              Les fuites de capitaux russes (et non chypriotes) ont commencé la semaine dernière :
              http://www.mediapart.fr/journal/economie/260313/chypre-les-capitaux-russes-prennent-la-fuite
              La facture va être d’autant plus lourde pour les chypriotes !!!


              • ForexGumpp 28 mars 2013 15:42

                Cette crise n’en finira jamais ou sinon par l’éclatement de l’euro, on renfloue la dette avec de la dette, ici bien sur en volant (pardon ponctionnant les déposants). Le plus étonnant dans cette histoire c’est de voir à quel point notre argent nous appartient. Combien de temps l’euro va tenir ?

                Car il n’est pas exclus que l’ exceptionnalité devienne une généralité dans l’UE. Et nous tout petit nous subissons et payons les erreurs des décideurs.

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