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Accueil du site > Actualités > Economie > 80% de taux de réussite en franchise : mythe ou réalité ?

80% de taux de réussite en franchise : mythe ou réalité ?

L’affirmation selon laquelle il est beaucoup moins risqué de se lancer en franchise que de créer un commerce indépendant a été reconnue comme étant « potentiellement trompeuse » aux Etats-Unis.

Le 2 mai 2005, le président de l’IFA(*), Matthew Shay, a adressé une lettre à tous les franchiseurs adhérents de l’association leur demandant d’arrêter de diffuser l’idée selon laquelle le taux de réussite des franchisés était beaucoup plus élevé que celui des commerçants indépendants.

Dans sa lettre (accessible sur le site de l’IFA), Monsieur Shay, écrit que ce taux de réussite, vrai en 1987, était sans fondement aujourd’hui, voire « potentiellement trompeur ».

En conséquence de quoi, le président de l’IFA s’adressait en ces termes aux franchiseurs :
« Nous vous recommandons vivement de retirer tout argument marketing fondé sur ces informations de vos sites web et de vos brochures. L’utilisation de ces données, en l’absence de recherches plus contemporaines, pourrait induire en erreur les futurs franchisés qui tentent de mener des enquêtes sérieuses.  »

Et en France, que pense-t-on du taux de réussite des entreprises franchisées ?

En France, de nombreux sites faisant la promotion des franchiseurs affirment que le taux de réussite des franchisés est supérieur à 80% alors que le taux de réussite des commerces indépendants est de 50%. Pour en avoir confirmation, il suffit de taper « taux+réussite+franchise » ou « taux+faillite+franchise » dans google. Quand ces statistiques ont-elles été établies ? Sont-elle encore d’actualité aujourd’hui ?
Y a-t-il des raisons de penser que ce qui est vrai aux Etats-Unis ne le serait pas en France ?

Pour notre part, nous pensons que ce taux de 80% est très nettement surévalué et qu’il contribue, avec d’autres éléments, à donner une fausse image de la franchise et à tromper la confiance des futurs franchisés. En fait, cette affirmation crée plusieurs fausses impressions.

La première fausse impression

La première fausse impression est qu’un taux présenté comme valable pour l’ensemble du secteur de la franchise est valable pour chaque réseau pris individuellement.. Il existe de bons réseaux de franchise dans lesquels ce taux de réussite de 80% est une réalité, mais pour de nombreux réseaux , ce taux de réussite est très nettement inférieur.

La seconde fausse impression

La seconde fausse impression est la conviction qu’en créant votre entreprise en franchise, vous ne pouvez pas échouer. Toute création d’entreprise comporte des risques. Avant de rejoindre un réseau de franchise, vous devez acquérir la certitude que le franchiseur qui vous intéresse à la capacité de vous aider à réduire ces risques et de vous procurer des atouts qui vous permettront de réussir plus sûrement que si vous créez un commerce indépendant. Par ailleurs, cette confiance, à priori irraisonnée, dans la capacité du système de la franchise à vous faire réussir, annihile votre peur de l’échec, peur qui constitue une de vos plus fortes motivations.

La troisième fausse impression

La troisième fausse impression est que le système de la franchise conditionne votre réussite. C’est votre capacité à mettre en œuvre le système qui fera que vous échouerez ou que vous réussirez.

Tous les franchiseurs ne se valent pas : les franchiseurs sérieux sont rares

La franchise, avec un franchiseur sérieux, respectueux des fondamentaux de la franchise, et ayant un concept qui vous correspond, est la solution la plus sûre pour créer son entreprise. Mais souvenez vous d’être méfiant, car tous les franchiseurs ne se valent pas, et ne perdez jamais de vue que votre réussite ne dépend que de vous, et de vous seul. Un franchiseur sérieux fournit un modèle et des outils de qualité, mais c’est vous qui construisez l’entreprise.
 
 
(*) L’IFA, l’International Franchise Association, est une association américaine à but non lucratif réunissant des franchiseurs, des franchisés et des prestataires. Elle a été créée en 1960 et a son siège à Washington, D.C. C’est la plus ancienne et la plus importante association internationale représentant la franchise. Sa mission est de défendre, de valoriser et de promouvoir la franchise. Matthew Shay a été président de l’IFA de 2004 à 2010.

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3 réactions à cet article    


  • iris 16 juin 2010 17:16

    Par ailleurs, cette confiance, à priori irraisonnée, dans la capacité du système de la franchise à vous faire réussir, annihile votre peur de l’échec, peur qui constitue une de vos plus fortes motivations.
    et pourtant une fois franchisé vous etes souvent poings et pieds liés-
    les conseilleurs ne sont pas les payeurs très souvent


    • Franchise Franchise 21 août 2010 17:24

      Réalité, il semble que ces statistiques soient globalement équivalentes en France. Les éléments d’échec sont divers : peu de réflexions menées par les candidats à l’entreprenariat, pas d’adéquation avec le profil nécessaire, croire qu’en intégrant un réseau ca va être « facile », mauvais concept, pas de test ou de pilote par l’enseigne, etc...
      Il est donc IMPERATIF de se renseigner et de de prendre le temps d’une vraie réflexion. Un lien pour vous aider : devenir franchisé : les 10 étapes clés !


      • Dans le « il semble » du message posté par Franchise le 21 août dernier se trouve contenu ce qu’il y a de plus critiquable dans la communication des franchiseurs et des média qui font leur promotion. EN FRANCE, AUCUNE ÉTUDE SÉRIEUSE N’A JAMAIS ÉTABLI QUE LE TAUX DE RÉUSSITE DES FRANCHISÉS ÉTAIT SUPÉRIEUR AU TAUX DE RÉUSSITE DES ENTREPRENEURS INDÉPENDANTS ET ENCORE MOINS QU’IL ÉTAIT DE 80%, C’EST UN MYTHE qui sert à attirer l’attention des entrepreneurs et à endormir leur méfiance ! Cette idée, maintes fois reprises sans aucune vérification ni précaution par les franchiseurs, les journalistes et les publicitaires fait partie de ces nombreuses fausses idées qui n’ont d’autre but que d’inciter les futurs franchisés à penser que la franchise est le paradis du commerce. Que certains réseaux soient sérieux et performants, ne fait aucun doute. Mais il serait faux de croire que c’est le cas général.

        Concernant les causes d’échec des franchisés. Il faut bien avoir à l’esprit que certains franchiseurs sont passés maître dans l’art de tromper les candidats et/ou de spolier les franchisés en cours ou en fin d’exploitation. Ceci leur est d’autant plus facile que les (futurs) franchisés sont généralement inexpérimentés, qu’il n’existe pas de régulation des relations franchiseur/franchisés et que la régulation de l’information précontractuelle est très peu contraignante car elle est muette sur les fondamentaux de la franchise.

        A ce sujet, j’invite les lecteurs à se pencher sur une étude publiée en 2004 dans une revue juridique américaine qui fait référence au sein de la communauté juridique : la Penn State Law Review. Cette étude s’intitule « Beguiling Heresy : Regulating the Franchise Relationship » soit en français, « Réguler les relations franchiseur/franchisés : une hérésie séduisante ». Je vous livre les premières lignes de cet ouvrage (I. Introduction, page 106) :
        « La franchise se développe partout dans le monde et l’opportunisme des franchiseurs se développe avec elle. Les franchiseurs et les autorités chargées de le réguler la franchise maintiennent qu’il n’y a aucun problème systémique. Ils affirment que tous les problèmes ont été résolus il y a trente ans, par l’instauration d’obligations de divulgation. Le présent ouvrage met en lumière toute une variété de pratiques abusives perpétrées par des franchiseurs et ayant données lieu à des centaines de procès partout sur la planète. La majorité des affaires citées dans cet ouvrage sont récentes. Pratiquement toutes traitent de comportements abusifs intervenant après la signature du contrat de franchise. De fait, ces abus ne contreviennent pas aux obligations de divulgation précontractuelles. Les franchiseurs utilisent des clauses compromissoires et des clauses attributives de juridiction pour minimiser les revendications des franchisés et font le nécessaire pour que ces revendications ne laissent aucune trace qui puisse être rendue publique.
        Face à ces abus, les autorités de régulation restent passives et les tribunaux subissent des pressions qui les empêchent de corriger des comportements abusifs mais autorisés par les contrats d’adhésion que sont les contrats de franchise. L’emprise réglementaire des franchiseurs sur les autorités de régulation et les limites de l’intervention judiciaire quand elle survient à posteriori empêchent de réduire les abus des franchiseurs. Les États-Unis doivent trouver une solution à ce problème résolu dans certains pays étrangers qui ont légiféré sur les relations franchiseur/franchisés. »

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