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Accueil du site > Actualités > Economie > A propos de « Misère de la pensée économique » de Paul Jorion. Fayard, (...)

A propos de « Misère de la pensée économique » de Paul Jorion. Fayard, octobre 2012. Notes et commentaires

En 378 à Andrinople l’armée impériale romaine, conduite par Valens en personne, est défaite par une coalition de Goths et d’autres supplétifs en révolte. Cette bataille perdue est emblématique d’un déclin. Elle est ressentie comme telle par la société romaine et ses élites même si les discours officiels ne peuvent que la nier. Signe de la prise en compte du danger, toute déclaration publique devra dès lors se terminer par une éloge de la Rome éternelle et invincible. Cependant, comme aujourd’hui, la condamnation de ceux qui osent dire la vérité et qui dénoncent la logomachie impuissante, n’y pourra rien.

En faisant du christianisme la religion de l’Empire le dernier grand empereur, Théodose, n’hâte t-il pas ainsi la chute de la « Rome éternelle » ?

Paul Jorion a une approche sans doute différente de nombre de prétendus spécialistes. C’est sous plusieurs angles différents qu’il nous fait porter notre regard. Ne faut-il pas concentrer justement nos analyses sur certaines conséquences inattendues ? On l’imagine plutôt commencer son récit par « Vous n’avez pas eu la chance de connaître cette vieille branche de Tom ? C’était un type génial qui pêchait le poisson du côté de Laeken. Et quand vous lui demandiez etc… ». Le style que l’on retrouve souvent chez nombre de chroniqueurs anglo-saxons ou même simplement dans le National Geographic. Il y a là une approche apparemment éclectique qui peut choquer le lecteur français s’attendant à un style compassé, « sérieux », laborieux. 

Car le type vous semble à première vue un peu « léger ». Vous vous marrez. Et puis, paf, il vous assène, avec une petite tape sur l’épaule, au détour du chemin, une vérité et des arguments imparables. Ce style et cette forme font de Paul Jorion un pédagogue hors pair.

 A la vie, à la mort.

« Misère de la pensée économique » va donc évoquer, parfois à travers des expériences personnelles - notamment au sein de d’institutions financières nord-américaines - la vie et la mort, analyser nos comportements et pas seulement en matière économique. C’est à présent le septième livre (1) « best seller » de Jorion. Et il n’est pas inutile, bien qu’il fasse des rappels, d’avoir lu les ouvrages précédents pour mieux comprendre certains points forts de sa pensée.

L’acceptation de la mort reste difficilement acceptable. Bien qu’inéluctable nous acceptons mal la disparition d’un être cher. Mais quid de la mort d’une société toute entière ? Sommes-nous conscients de sa possible disparition ? Même si les Mayas ne sont pas morts physiquement, ils ont bien délaissé leur mode de vie et leur façon de vivre en société. La vie a continué sous une autre forme d’organisation sociale.

 Bien après 476, l’Empire romain était toujours vivant dans la tête des peuples d’Occident. Et ce d’autant plus qu’il allait se perpétuer pendant plusieurs siècles encore en Orient. Pourtant quelque chose était bel et bien mort et on le sentait plus ou moins consciemment.

De là à envisager la fin du capitalisme, il n’y a évidemment qu’un pas que Paul Jorion franchit avec prudence semblant prêt à retourner sur l’autre berge pour donner quelques ultimes conseils à ceux qui sont resté.

Des mécanismes financiers et une machine folle.

 Si vous avez vu et aimé « Margin Call » (2) vous apprécierez le récit encore plus véridique d’un type qui, travaillant dans des institutions financières américaine, se rend compte de dysfonctionnements « systémiques », de l’usage d’outils obsolètes et d’ analyses erronées .Il tente bien d’alerter et de remédier….mais il finit bien sûr par se faire lourder. C’est un morceau de la vie de Paul Jorion. C’est de l’intérieur qu’il a pu constater la vacuité des prétendus « spécialistes » toujours sans réponse quand on leur pose quelques questions. Celles qui les font vite reculer derrière leurs derniers retranchements dénués de tous fondements. Par là même ne doit-on pas poser la question : des correctifs et des outils mieux adaptés auraient-ils permis d’éviter la crise apparue en 2008 ?

La prétendue « science économique » a révélé alors son inadéquation avec une réalité elle-même inadmissible. Elle n’a été en fait que la répétition de croyances, d’analyses non prouvées. Déjà dans les prémisses de l’ouvrage, l’auteur avait évoqué cette propension que nous avions à nous raccrocher à ce qui existe et qui pour chacun est considéré comme éternel.

Déficit budgétaire et « règle d’or »

Paul Jorion nous explique aussi pourquoi la politique européenne budgétaire de combat des déficits est absurde. Le ralentissement de l’activité économique qui en découlera provoquera naturellement un blocage du notamment au manque de rentrées fiscales.

Les politiques menées visant à combler coûte que coûte le déficit budgétaire au nom de la prétendue nécessité absolue de retrouver un « équilibre », interrogent sur les intrêts qu’elles soutiennent. Qui est ainsi créancier et remboursé par les intérets de la Dette en Grèce ou ailleurs ? Pourquoi ne se déclarer en défaut de paiement, en faillite ? Plusieurs Etats l’ont fait ces dernières années, comme la Russie et le Brésil. En France on a surtout en mémoire la situation de faillite de 1795. Mais une telle faillite ruine non seulement les petits épargnants mais aujourd’hui aussi les gros, les institutions financières, qui, elles, ont tout intérêt à continuer à percevoir les intérêts de ladite Dette.

Et on en est donc toujours à une prétendue politique économique ne trouvant d’autre issue qu’alimenter la spéculation financière. Notons ainsi au passage que les contribuables de la zone euro ont déjà donné 4500 milliards d’euros d’octobre 2008 à octobre 2011. En vain pour ce qui est de conjurer réellement la « crise » (3)

Les solutions pour trouver une issue celle-ci paraissent donc à la fois dérisoire et dramatique. Ainsi les institutions financières en ont été réduites à créer des bad banks qui ont pour avantage de permettre une falsification légal de leur bilan ,(4)

On peut logiquement préfigurer que les récentes mesures d’allègement fiscal et de baisse du coût du travail des gouvernements vont prendre rapidement la voie à sens unique de ladite spéculation, jeu bien plus rentable que l’investissement dans le secteur productif comme tout le monde le sait.

Marx n’a pas de prix.

Vous avez compris que Paul Jorion parle de sujets, développe des analyses qui ne plaisent pas à tout le monde !…Il ne manque pas d’en rajouter une louche en évoquant Marx à qui il rend justice.

Rappelant ses conceptions de la monnaie et du Prix. c’est cependant sur ce dernier thème qu’il exprime un désaccord (5). Il évoque aussi la fameuse baisse tendancielle du taux de profit, conception marxienne qu’il avait auparavant critiquée. Sur ce dernier point Paul Jorion rejoint nombre d’analystes dont certains sont marxistes, comme Michel Husson. Objectons cependant que d’autres études récentes ont remis la question sur le tapis, montrant que cette baisse tendancielle du taux de profit était bien réelle ; il est capté en grande partie par la spéculation financière et le réinvestissement dans la production en est par conséquent limité (6)

Notre auteur de « Misère de la pensée économique » - titre, vous l’aviez compris, qui est un clin d’œil à l’ouvrage de Marx « Misère de la Philosophie », se voulant lui-même réponse à Proudhon – réhabilite certes Marx . Mais il en garde néanmoins une conception proche de celle de Keynes, c’est-à-dire l’image d’un partisan s’érigeant dès l’origine contre le capitalisme, pour le Prolétariat. Comme le prétend Keynes, qui n’avait jamais lu Marx dans le texte, il y aurait donc une partialité et un manque d’objectivité chez le penseur allemand puisqu’il chercherait à corroborer des thèses ainsi préétablies. Or c’est justement ce dont Marx, dernier penseur conséquent de l’économie politique, entend se démarquer. Son approche se veut scientifique et ce n’est que l’aboutissement de ses analyses qui lui font conclure au caractère messianique du prolétariat, et à une fin logique du système capitaliste

De Marx il reste aussi une méthode d’analyse, une dialectique qui tient compte des dynamiques et des conflits, des intérêts qui animent la société. C’est là un instrument incomparable qui peut comme tout instrument être mal utilisé. Et ce n’est évidemment pas le hasard si l’on a voulu tant de fois l’enterrer même si ses ennemis ont par ailleurs tenté de se servir de l’outil, ou plutôt d’une « Excalibur » qu’il faut savoir tirer de sa gangue…

La perte du sens

A travers ses expériences et ses observations Paul Jorion constate une déficience de ce qu’il appelle la « rationalité ». C’est pourtant bien le rationalisme, la Raison, qui est le fondement de la société moderne, née de l’ascension d’une classe révolutionnaire, la bourgeoisie. Cette rationalité nécessaire a occupé une place de plus en plus importante dans l’organisation de toute la société. A mesure que l’Economie se développait elle se renforçait elle-même comme mode de pensée, éclipsant peu à peu la conception religieuse du monde. L’aboutissement politique de cette montée du rationalisme est illustré par la Révolution Française qui combat l’Eglise et la religion elle-même.

La force du libéralisme, idéologie politique de la bourgeoisie, réside notamment dans sa capacité à gérer les conflits, à surmonter les contradictions par les échanges, en intégrant les oppositions. A chaque fois, en se rénovant, le système acquérait ainsi une nouvelle force.

Comme le dit Jorion tout le XIXe siècle est une « ébullition » d’idées, un théâtre de conflits. Le regard lucide sur la société telle qu’elle est alors, se fait sans concession, même quand il est issu du « camp bourgeois ». Que l’on relise Tocqueville et ses considérations sur la société américaine ou encore sa description du rôle de l’Eglise en France sous l’Ancien Régime. On comprend mieux ainsi au passage l’attitude de la bourgeoisie à l’égard de ladite Eglise, gênante directrice de conscience, mais également détentrice de biens convoités..

Mais aujourd’hui où sont les Tocqueville du XXIe siècle ? Dans les catacombes, réduits au silence, ils n’ont droit au mieux qu’aux lazzi, à la déformation de leurs propos par de misérables perroquets de la pensée unique, ayant surtout à cœur de ne pas perdre leur job d’amuseurs publics patentés.

La marchandise, produit moderne du capitalisme est certes attaquée par la crise économique. Elle l’est aussi par conséquence sur le plan idéologique. Et, dans cet affaissement général, le capitalisme perd donc aussi sa capacité pragmatique de penser et l’espoir d’une régénérescence.

Dans ces conditions le discours de Toulon du 25 septembre 2008 par un Président qui aura surtout montré par la suite ses capacités de gesticulation, n’était qu’un leurre dans lequel Paul Jorion a cependant voulu croire un instant. Se référant à plusieurs reprise à ce discours, il semble espérer que ces arguments soient entendus par les plus hautes instances

Mais reste-t-il seulement une poussière de tous ces propos « présidentiels » !.

Le coût et la baisse du travail.

Ce n’est qu’à la fin de l’ouvrage que Paul Jorion mentionne cette notion de baisse du travail. On ne peut ramener le coût d’un produit à des effets d’aubaine plus ou moins fortuits. Le noyau de sa valeur vient du travail qui est entré dans sa composition. De tout temps l’entrepreneur, le possesseur du capital, ont donc cherché à économiser sur ce coût du travail. L’augmentation du capital fixe (machines, technologie…) permet une augmentation des profits. Mais il en résulte pour les salariés une perte de revenus constante se traduisant en premier lieu par le chômage. Le travail humain étant de moins en moins nécessaire pour obtenir la production recherchée. Cette baisse des revenus finit logiquement par gripper la machine capitaliste.

C’est là l’origine de toutes les crises typiques du capitalisme. Une surproduction apparait due à une demande non solvable.

La crise actuelle n’a pas débuté en 2008 et elle n’est pas d’origine financière. Dès 2006 on peut en effet constater une réduction et baisse importante des échanges commerciaux que traduit la chute du fret maritime dans certains grands ports internationaux (7).

Quelle est la limite à la baisse du coût du travail ? Quand les travailleurs pauvres des Etats-Unis, de plus en plus issus de la middle-class, sont obligés de vivre dans des bouches d’égout ou en sont réduit à vendre leur sang ou un organe pour payer leur loyer ou simplement de quoi se nourrir, on peut dire aucune. Ce sont les plus forts, ceux qui détiennent le capital, qui décident. La philea aristotélicienne décrite par Paul Jorion, ultime instinct de survie collective, trouve ici ses limites.

Cette seule issue en apparence logique, proposée et appliquée, de la baisse du coût du travail, grève tout espoir sérieux d’une quelconque reprise économique.

D’une façon générale, signe de notre époque, le travail humain est de moins en moins nécessaire. C’est visible dans la production de biens où pour une production donnée on utilise le moins possible d’employés et où l’on mécanise le plus que l’on peut. Paul Jorion mentionne à ce propos la conception du XIXe siècle des « socialistes » comme Sismondi qui avancent logiquement qu’un travailleur licencié pour cause de modernisation de l’appareil productif devrait pouvoir conserver son revenu puisque son départ est lié au maintien voire à une augmentation de la production. Il a provoqué en fin de compte une augmentation provisoire ou non des profits dont il devrait donc bénéficier en partie.

La fin du travail, si elle pourrait logiquement correspondre avec un mieux être, reste tout au contraire mortifère en société capitaliste. Elle accélère un délitement des liens sociaux.

Combien de divisions ?

Mais comment changer les choses ? Qui pourrait « redresser la barre » si l’on considère que le Capital – « les marchés » - a acquis une totale autonomie imposant partout sa loi ? Peut-on compter sur un sursaut des élites ? Et quel serait leur réel pouvoir d’intervention ? Doit-on à nouveau s’interroger sur la nature de l’Etat pour tenter d’y voir autre chose que la conjonction des intérêts des puissants ?

Après nous avoir décrit un monde en déclin, Paul Jorion propose donc quelques solutions. Disons-le : elles apparaissent à la fin du livre plutôt comme des rustines ou des incantations pour « donner le change ». Ainsi en est-il d’une politique d’augmentation des salaires doublée d’une mise en veilleuse de la politique du crédit. Mais comment, dans notre société telle qu’elle est, grace à une hausse des revenus, imaginer une reprise économique sans qu’il y ait usage du crédit ? Peut-on acheter sa bagnole ou sa maison comptant ?

En tant que salarié, syndicaliste, on ne peut cependant qu’être d’accord avec une telle politique de hausse des revenus même si le bénéfice qu’en retireront lesdits salariés ne pourra être que provisoire. Car le crédit, semblant inévitable, compte tenu de la baisse des revenus liée au chômage et à la baisse du travail lui-même on aboutira comme précédemment à des situations de faillite comme ce fut le cas aux Etats-Unis et en Espagne à travers la « crise de l’immobilier ». Les plus modestes qui croyaient accéder à la propriété se sont retrouvés progressivement sans emploi et donc condamnés à vivre sans toit.

« Ya ka l’imposer et pis c’est tout ! » nous dirait un militant du Front de Gauche. Autant dire que ces réformes, dans un système à l’agonie, où justement tout réformisme est inacceptable et reste résolument combattu par la Finance, équivalent à remettre en question directement l’ensemble de la société capitaliste. L’affrontement en vue. Et personne ne s’y trompe même si les médias font mine de croire eux aussi qu’une réforme est possible à l’intérieur du système (8).

Que ce soit pour imposer les solutions que propose Paul Jorion, ou plus simplement pour changer le système, il faudrait établir un rapport de force. Mais qu’en est-il ? Où sont les divisions ? On imagine difficilement qu’elles soient constituées aujourd’hui de financiers repentis, de ministres compatissants, d’élus ayant reçu la Révélation, comprenant qu’une philia doit être maintenue. Donc c’est au peuple, au prolétariat combattant qu’échoit bien une mission qui passe par une rupture sans concession.

Sur cette rupture et sur la façon de la provoquer Paul Jorion reste très vague. Mais, pour l’instant, s’il en a, , il aurait raison de ne pas dévoiler toutes ses batteries, de ne pas trop s’avancer sur un terrain politique.

Ses propositions ressemblent à de vieilles bouées trouées qu’ils lancent à ceux qui veulent rester dans le rafiot en train de couler. « Puisque vous insistez, ben je vous balance ce qui me reste et qui aurait pu vous être utile auparavant. S’il n’était déjà pas trop tard…Mille sabords »

Un coup de pompe ? Prenez un peu de Jorion….

Comme nous l’avons déjà dit, Jorion dérange car sa critique et ses analyses se développent sous plusieurs angles et l’approche parait donc déconcertante. N’ayant pas un mode d’emploi tout prêt pour rétablir la machine capitaliste il passe sans nul doute aux yeux des prétendus « économistes » ou « spécialistes » désarmés, pour un bavard. Or justement il dit l’essentiel. Car la science économique n’existe pas, n’a jamais existé. Mais seuls les perspicaces décèlent la Lettre Ecarlate.

C’est par l’observation des interactions sociales, sans qu’il y ait prédestination, que des issues peuvent être perçues. Paul Jorion nous offre plusieurs grilles d’analyses, oriente notre regard vers des phénomènes et des rapports sociaux que nous avions négligés. Il relance les débats et nous redonne espoir dans un monde en déclin qui voudrait nous imposer une pensée unique et la confiance aveugle en nos dirigeants.

Face à la crise qui va encore s’aggraver de façon inéluctable, c’est le Travail qui doit être mis en avant et non plus le Capital. A savoir une nouvelle organisation de celui-ci et de la production pour satisfaire les besoins et non plus dans l’optique du Profit. La riposte par l’exemple, dans l’action, est plus que jamais nécessaire et urgente.

Socrate était mal vu de son entourage mais il savait donner du peps à ceux qui voulait bien l’écouter… Ne forçons pas Jorion à boire de la cigüe mais, au contraire, l’enquête résolue, partageons plutôt avec lui une bonne bière de sa Belgique natale – d’une brasserie autogérée ? -, en souhaitant à tous de nouvelles aventures avec une offensive contre le capitalisme à l’agonie et tous les réactionnaires. Mille sabords…

 

1.  Au départ Paul Jorion est un anthropologue et il mentionne dans « Misère de la pensée économique » des extraits de son premier ouvrage « Les Pêcheurs d’Houat » (1983). Il écrit ensuite deux ouvrages méthodologiques : « Les transmissions des savoirs », avec Geneviève Delbos (1984), et « Principes des systèmes intelligents »(1990). Mais c’est avec « vers la crise du capitalisme américain ? » (2003), prédisant ce qui allait se passer quelques années plus tard, et « La crise du capitalisme américain » (2009) qu’il met les pieds dans le plat de l’Economie. Suivent « L’implosion. La finance contre l’économie » (2008), « La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire »(2008), « L’argent, mode d’emploi » (2009). »Comment la vérité et la réalité furent inventées » « Le prix » (2010). « Le capitalisme à l’agonie » (2011). « Laguerre civile numérique » (2011)

2.  « Margin Call » de J.-Chandor (2012) est un film décrivant l’amoralité et le désarroi de traders face au krach – ici c’est en fait la faillite d’une grosse institution financière - qu’ils ne peuvent concevoir mais qui se produit cependant. Très drôle. Mais avec Jorion la réalité dépasse la fiction…

3. Communiqué de Michel Barnier, rapporteur de la Commission européenne, du 06/06/2012. 

4.  « Les plus grandes banques systémiques du monde en faillite technique en 2012 : Deutsche Bank, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale… » Rénovez maintenant 67, article du Cimbre du 03/11/2012.

5.  « Or la lutte des classes ne caractérise que le capitalisme ; donc, pour lui (Marx), la lutte des classes et les rapports de forces en général n’ont rien à faire dans une théorie de la formation des prix. Au contraire, pour moi (comme déjà pour Aristote), le rapport de forces est « moeur » dans la formation de tous les prix. » p.184

6.  « La baisse tendancielle du taux de profit des sociétés non financières et la crise (1980-2010) » par Onubre Einz. Journal « Le Monde » 12/05/2012

7. Parmi les signes montrant une baisse de l’activité économique réelle, l’indice Baltic Dry – analyse du fret maritime - pour 2006.

8. Paul Jorion est invité par la presse, en l’occurrence la Libre Belgique pour parler des rustines…euh, des solutions qu’il propose.(blog de Paul Jorion du 07/07/12 – « Des réformes à mettre en œuvre immédiatement »).


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16 réactions à cet article    


  • BA 12 novembre 2012 14:40

    Lundi 12 novembre 2012 :

     

    L’Equateur veut rapatrier son or : Quito a demandé que l’or soit ramené sur le territoire équatorien.

     

    http://www.zerohedge.com/news/2012-10-31/it-begins-ecuador-demands-repatriation-one-third-its-gold-holdings

     

    La Roumanie veut rapatrier son or : 93,4 tonnes d’or roumain sont stockées en Russie.

     

    https://wealthcycles.com/blog/2012/10/23/romania-wants-return-of-934-tons-as-gold-repatriation-ratchets-up

     

    Et l’Allemagne aussi rapatrie son or …

     

    Ça semble être l’opération à la mode en ce moment. Une sorte d’effet domino qui pousse les pays du monde, les uns après les autres, à rapatrier leur or afin de le garder précieusement sur leurs propres territoires.

     

    Après la France, le Venezuela et la Suisse, c’est au tour de l’Allemagne de réclamer son or à la FED. Sous la pression populaire et politique interne très médiatisée, la Bundesbank a décidé de rapatrier, depuis les sous-sols de la réserve fédérale américaine, un total de 150 tonnes de son or, et ce sur une durée de trois années, afin d’en évaluer la teneur et l’authenticité.

     

    La Bundesbank a surtout « cédé » sous cette pression, puisque la banque centrale allemande refusait initialement d’effectuer un audit qui représenterait, selon elle, une grande première dans l’historique de rapports de confiance établis avec son homologue américain.

     

    Il est en effet à noter que jamais aucun contrôle n’avait été fait, ni par la Bundesbank elle-même, ni par l’intermédiaire d’autres organismes mandatés dans ce but. La Bundesbank s’est toujours simplement contentée des rapports écrits que lui fournissait régulièrement la FED.

     

    Ce temps est désormais révolu. Il y a quelques semaines, la Cour des Comptes allemande avait publié un rapport exigeant un audit en bonne et due forme sur les quantités réelles d’or allemand confiées à la FED. Depuis, la question a fait ravage dans l’opinion tant publique que politique en Allemagne. Et à juste titre, d’ailleurs.

     

    Rappelons en effet que la banque centrale allemande arrive deuxième (après la FED) dans le classement des réserves d’or mondiales, avec plus de 3 400 tonnes.

     

    En ces temps de crise et d’incertitude, il s’agit là d’un beau pactole de valeur refuge qui mérite que les allemands se passionnent autant dans leur besoin de le protéger.

     

    http://www.gold.fr/news/2012/11/09/et-lallemagne-aussi-rapatrie-son-or/9792/


    • nemo3637 nemo3637 12 novembre 2012 22:50

      Voilà de pertinentes remarques. Car les mouvements autour de l’or démontrent l’incapacité de pouvoir investir. C’est donc évidemment la marque d’une perte de la confiance.


    • bigglop bigglop 13 novembre 2012 03:49

      Pourquoi rapatrier l’or de la FED ?

      Il y a aussi l’explication des « lingots fourrés » (il ne s’agit pas de pâtisserie), mais d’une arnaque mondiale dont pratiquement personne n’a parlé.


    • nemo3637 nemo3637 13 novembre 2012 16:46

      C’est fourré au tungstène, non ?


    • bigglop bigglop 13 novembre 2012 17:16

      Absolument, le tungstène a la même densité que l’or


    • Dwaabala Dwaabala 12 novembre 2012 16:09

      Oui, on ne va pas rétorquer à P. Jorion par une « Pensée économique de la misère » ! Il a pris ses précautions.

      Quand une entreprise n’est pas du CAC 40, c’est-à-dire n’est pas inextricablement imbriquée dans la Finance, elle dépend entièrement de la Finance ( sous la forme des Banques) pour ce qui concerne ses investissements, et encore de la Finance (sous la figure de ces grandes entreprises, précisément) en aval car dans la plupart des cas cette entreprise est sous-traitante.
       
      Un exemple : une exploitation agricole est confrontée en amont au bloc financier de banques et à d’énormes monopoles de production des engrais, des pesticides et des OGM dont Monsanto est l’exemple le plus frappant.
      Et, en aval, elle est face aux chaînes de distribution et grandes surfaces. Par ce double contrôle, son autonomie et ses revenus se réduisent toujours plus.

      Le contrôle assure à ces monopoles une rente prélevée sur le bénéfice total du capital obtenu par l’exploitation de travail.

      La maximalisation de cette rente concentre les revenus et les fortunes dans les mains d’une petite élite au détriment des salaires, mais aussi des bénéfices du capital non monopolistique.

      D’où cette constatation : il y a Capitalisme et capitalisme. Les servants du second ne pouvant guère se targuer que d’être en quelque sorte les fermiers de l’autre.

      Le grand capital est devenu usuraire, ce qui se constate aussi sur la question des dettes souveraines, qui est un autre moyen confortable pour lui de s’assurer la rente.

      La France a le double lacet passé autour du cou, et les Gouvernements, qu’il fût brutal ou qu’il soit lénifiant, sont les bourreaux qui le serrent.

      Allez demander avec cela à son peuple d’être révolutionnaire, quand il ne peut plus respirer qu’à peine !  

       


      • nemo3637 nemo3637 12 novembre 2012 22:57

        Mon opinion est qu’il n’y a qu’un capitalisme, celui qui domine effectivement toute la planète. Mais il n’est pas anonyme. Des acteurs tentent de le maintenir en vie quitte à aggraver toujours plus la souffrance des peuples. Si nous regardons par exemple les ministres qui font partie du gouvernement Ayrault, nombre d’entre eux font depuis longtemps partie de clubs ou de coteries plus ou moins formelles comme le groupe de Bilderberg. Regardons également l’origine de maints gouvernants et ministres européens directement issus de la Finance, venant par exemple de Lehman Brothers.


      • Louna 12 novembre 2012 18:57

        Merci pour cette excellente analyse !


        • wesson wesson 12 novembre 2012 22:45

          Bonjour l’auteur, 


          désolé de le dire aussi abruptement, Jorion est une baderne qui a eu la chance de se trouver au bon moment et à l’endroit où la crise de 2008 s’est jouée (il était employé par une banque, Wells Fargo, dans les services qui s’occupaient de la titrisation). Depuis lors, il me semble bien qu’il a ouvert une guérite de Madame soleil à la foire du trône, à moins que ce soit sur Internet. Mais comme chez son auguste collègue, lorsque on en ressort on n’en sait en gros pas plus que lorsque on y est rentré, mais avec quelques piécettes en moins.

          Et là quand même, il faut être aveugle et doté d’une sacré dose de foi pour ne pas avoir vu que ces quelques derniers mois son blog s’est transformé en une auto-promotion se résumant à énumérer les apparitions publiques du grand homme, entrecoupées de considérations déjà mille fois énoncée. Et maintenant,on a droit à la tournée des popotes médiatiques pour vendre son indispensable bouquin ... non, non, non !

          Bref Jorion sa pensée n’est pas totalement inintéressante, mais tourne quand même assez vite dans le vide. On est quand même assez loin d’un Todd, même si ce dernier est aussi en train de dévisser pas mal du ciboulot ces derniers temps (je me rappelle encore de son « Hollandisme révolutionnaire » dont nous pouvons aujourd’hui entrevoir la pleine mesure ...)

          En tout cas, et pour en revenir à Jorion, tout ça ne donne pas vraiment envie d’acheter son bouquin.

          • wesson wesson 12 novembre 2012 22:56

            je précise également que depuis l’ouverture de sa guérite jusqu’à très récemment, Jorion a reçu des dons d’une remarquable régularité. Il demande 2000 € et pof, il les obtient. Il invite un pote et maintenant c’est 3000, et vlà qu’il les a ! Connaissant le caractère foutraque d’internet et surtout l’usage de la gratuité en ce qui concerne l’opinion, j’ai vraiment eu du mal à encaisser qu’il ne s’agit pas là en fait d’un salaire déguisé de ses anciens employeurs, ou autre qui ont envie de le voir barboter en ronds encore longtemps.


            Et là tout récemment, se rendant compte qu’il se faisait payer des conférences comme le premier sarkozy venu et qu’il est clairement en promo, il décide de ne plus en appeler au don pour lui même mais que pour son poto et 300 € pour le site. Et devinez quoi ? Hop, il obtient les 1300 demandé. Elle est pas belle la vie !

          • nemo3637 nemo3637 12 novembre 2012 23:14

            Il y a du vrai dans ce que vous dites. C’est toujours intéressant d’être employé dans la finance au moment d’une crise naissante. Mais il y a aussi les arguments qu’il développe, ses analyses des mécanismes financiers. Mais sur ce thème son comparse François Leclerc est aussi, au jour le jour, assez pointu . Jorion un penseur bourgeois bien sûr, qui précise bien qu’il n’est pas marxiste.Il a ses marottes et est aujourd’hui prof dans une grande université belge.
            Et puis il y a l’homme, son caractère, ses goûts. Je n’ai fait que le croiser un jour et on s’est bien marré. Pas suffisant pour acquiéser à tout ce qu’il dit bien sûr. Quand je l’ai rencontré il donnait une conférence gratuitement, sans aucune contre partie financière.
            Je ne me fais aucune illusion sur ce qu’il pourrait représenter. On me dit qu’il serait soutenu par certains parlementaires européens. Mon billet sur « Marx et Keynes »de P.Mattick publié sur AgoraVox avait été plutôt mal vu par Julien - le censeur du blog - qui m’avait demandé de le revoir. J’avais hésité et finalement refusé.
            Vous avez sans doute remarqué que mes commentaires prennent support sur ce que dit Jorion pour développer finalement une pensée qui m’est personnelle.


          • plancherDesVaches 13 novembre 2012 12:57

            Wesson, en dehors des aspects que tu cites, il semblerait qu’il soit un Attali qui ne s’ignore pas.
            Vu le lien sur son blog que je suis allé voir.
            Soit : tout changer pour ne rien changer.


          • flesh flesh 13 novembre 2012 14:33

            D’accord avec Wesson, comme d’hab. Pour enfoncer le clou on se rappellera de ce court texte complètement inutile, hors de propos, tombé comme un cheveu sur la soupe dans lequel il tenait à se démarquer des « complotistes », affirmant (de mémoire) que « la version officielle des attentats du 11 septembre lui convenait parfaitement », ce que l’on pourrait sans doute traduire par « désolé, mais pour le 11/9 je dois éteindre mon cerveau, sponsors oblige.. bisous ! »


          • BA 13 novembre 2012 10:59
            Lors de sa conférence de presse, François Hollande devra donner le chiffre exact de la facture grecque pour les contribuables français.

            Lors de sa conférence de presse, François Hollande devra dire aux Français combien de dizaines de milliards d’euros ils vont devoir payer pour le deuxième défaut de paiement de la Grèce.

            Mardi 7 août 2012 :

            France : le Parlement s’inquiète de l’accumulation des engagements pris pour soutenir la Grèce.

            Dans son rapport, le député Christian Paul (PS) chiffre à 50,8 milliards d’euros les prêts à la Grèce devant être garantis par la France dans le cadre du Fonds européen de stabilité financière.


            Vendredi 2 novembre 2012 :

            Or le niveau de la dette grecque n’est pas viable et l’hypothèse d’arriver à un taux d’endettement de 120 % du PIB en 2020 ne semble pas atteignable. Dans son projet de budget, le gouvernement estime le niveau de la dette à 189 % pour 2013 et à 220,4 % pour 2016.


            Dette publique de la Grèce :

            2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé 107 milliards d’euros de dettes.

            2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

            2015 : dette publique de 207,7 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

            2016 : dette publique de 220,4 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

            • simplesanstete 13 novembre 2012 12:01

              Grand séducteur le gugus Jorion avec son supermarché des sciences sociales auquel il manque un gros département RELIGION, c’est un falsificateur assez pointu, il approche des sujets chauds pour mieux les étouffer, c’est comme Attali çà n’en finit jamais. Jeu vais tous les jours sur son blog pour voir l’avancement de cette gentille moisissure et ses commentateurs assidus.
              Grand psycho rigide qui n’apprécie pas d’être trahie, n’est ce pas Némo, votre sous marin a été suspecté, la porte n’est plus très loin, encore un effort.
              BA et ses statistiques mitraillettes n’apparaissent plus sur son blog, c’est l’usure dans tous les sens.


              • nemo3637 nemo3637 13 novembre 2012 16:52

                Oui, il n’a pas l’air d’apprécier la contradiction. Mon sous-marin risque bien d’être coulé. Bien qu’il me reste néanmoins quelques torpilles qui pourraient encore faire de la peine à Paul et à ses thuriféraires.
                Bien vu.

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