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A qui profitent les investissements étrangers directs (IED) en Afrique ?

L’édition 2007 du Rapport annuel sur l’investissement dans le monde de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), publiée le 16 octobre dernier montre que les flux mondiaux d’investissement étranger direct (IED) ont atteint 1 306 milliards de dollars (921 milliards d’euros), soit une augmentation de 38 %. Les Etats-Unis restant la destination privilégiée avec 175,4 milliards de dollars alors que l’Afrique, a reçu 36 milliards de dollars de ces investissements étrangers directs (IED), soit le double de leur niveau de 2004. On peut s’attendre à une augmentation exponentielle de ce chiffre pour les années à venir.

Cela s’explique par l’attrait et la compétition pour l’accès aux matières premières que le sous-sol africain recèle : une quarantaine impressionnante de richesses naturelles : bauxite, platine, des diamants, de l’or, du cuivre, sans oublier bien sûr le pétrole avec la découverte de nombreux gisements dans plusieurs pays africains (Tchad, Guinée Bissau, Angola...)

Mais cet intérêt grandissant pour ces matières premières avec la hausse des IED en Afrique ne doit pas faire illusion. Il y a une répartition inégale des flux d’IED. Seuls 33 pays sur la cinquantaine de pays africains ont connu cette progression. Les dix premiers pays bénéficiaires concentrant 90 % des 36 milliards.

De plus, ces milliards issus des IED ne profitent pas aux populations. Ce qui a fait dire à Mme Anne Miroux, chef de l’Unité d’analyse des investissements à la Cnuced et responsable de l’équipe de rédaction du rapport précité, qui a vivement critiqué l’opacité des contrats miniers entre les Etats africains et les sociétés transnationales lors d’une conférence de presse tenue à Paris au lendemain de la publication du rapport précité, que "Ces contrats ne sont jamais rendus publics. Je ne suis pas sûre qu’ils tiennent compte d’abord des intérêts des peuples africains".

Ainsi dans certains pays africains producteurs de matières premières, la part des sociétés étrangères se situe entre 25 et 90 %, notamment en Guinée équatoriale (producteur de pétrole) où 90 % du capital des sociétés de production minières appartiennent aux multinationales.

Dans ces conditions, l’exploitation des mines ne profite pas aux économies africaines. Elle ne génère pas des recettes publiques substantielles (en raison des incitations fiscales alléchantes) pour relancer ces économies par la création d’emplois pour les jeunes.

Alors que la nationalisation des grands gisements de pétrole et de gaz s’est généralisée à peu près partout, il est déplorable que les multinationales exploitent abusivement des concessions accordées sous forme de licences de prospection et d’exploitation dans nos pays.

Dans nos pays où les populations n’ont pas leur mot à dire sauf à se contenter d’aller aux élections dont les résultats sont truqués, il est fort probable que cette situation perdure.

La Guinée Bissau, le Gabon à l’instar de beaucoup de pays africains producteurs de matières premières sont gouvernés par des gouvernements corrompus et népotistes et qui cherchent à s’éterniser au pouvoir par tous les moyens (y compris la dévolution successorale du pouvoir comme au Togo en 2005) pour profiter des retombées de l’exploitation de nos mines sans aucun « followship » (la capacité des peuples à suivre leurs dirigeants).

Aussi ces multinationales, pour assurer leurs investissements, sont obligées de soutenir ces régimes corrompus. Ce qui finit par déboucher sur les guerres civiles que certains pays africains ont connus ou risque de connaître.

Il importe donc de maintenir la pression sur les dirigeants africains pour, d’une part, réviser nos législations minières pour mettre fin aux contrats léonins miniers et, d’autre part, pour une gestion saine des retombées de l’exploitation de nos matières premières en vue de la création des emplois pour nos jeunes pour relancer nos économies sinistrées par de la mauvaise gouvernance.

Comme l’a dit l’ancien président du Burkina Faso, Thomas Sankara l’un des rares dirigeants africains intègres dont nous avons commémoré le 15 octobre dernier les vingt ans de son assassinat, « l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort », il faut donc que les jeunes africains s’insurgent contre les contrats léonins miniers consentis par nos dirigeants aux multinationales pour que les richesses dont regorgent le sous-sol de notre continent profitent aux populations africaines.

Komi Tsakadi


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2 réactions à cet article    


  • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 22 octobre 2007 12:38

    Bonjour Tsakadi

    Merci pour votre article, qui démontre avec un juste équilibre la part de responsabilité entre les groupes financiers des pays développés soucieux de rentabiliser au maximum leurs perspectives de profit et une certaine oligarchie africaine qui joue très largement le jeu... Par les temps qui courent où il fait bon d’avoir des opinions tranchées jusqu’à en friser la caricature (dans un sens comme dans l’autre), cette démarche intellectuelle est tout à votre honneur.

    Sur l’ampleur du phénomène de l’évasion fiscale en Afrique, je me permets de vous conseiller sur ce lien :

    http://www.paradisfj.info/spip.php?article991


    • chmoll chmoll 22 octobre 2007 13:29

      la zone via les caeucescu ont donnez du pognons aux africains, pour qu’ils se developpent

      et c’est les chinois et japonais qui font affairent avec eux

      possuble d’ètre con à s’point là ?? ben ouié ça existe

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