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Accueil du site > Actualités > Economie > AA+ et ensuite quoi ? Weimar 2.0 ?

AA+ et ensuite quoi ? Weimar 2.0 ?

Picasso disait : « tout l’art est dans le commencement, après le commencement, c’est déjà la fin ». Nous savons tous que les processus en développement (comme les histoires d’amour ou, tout simplement, la vie humaine) portent en germe leur propre fin. Il y a des raisons de penser qu’avec le passage à la note AA+ pour la dette américaine, un processus de désescalade a commencé qui est déjà en route vers sa fin. Loin de toute futurologie, cet article interroge la dynamique de cette chute et notamment le devenir de ce qui nous relie tous fondamentalement : la confiance, le crédit, la dette et donc la monnaie. Sommes-nous en route vers l’hyperinflation ou la déflation ?

En économie comme en physique ou en biologie, certains équilibres sont métastables, c’est-à-dire, que la moindre déviation est suivie d’une déviation encore plus grande et le système s’effondre plus ou moins rapidement comme un œuf que vous auriez (miraculeusement) fait tenir en équilibre sur un autre œuf : le plus petit souffle, la plus petite vibration amènera fatalement la chute.
La dette souveraine des U.S.A. pourrait se trouver dans cette situation dès lors que les efforts de régulation (les restrictions budgétaires) contribuent à l’effondrement de l’économie et à la nécessité de recourir encore davantage à la dette et donc à encore davantage de restrictions budgétaires, et ainsi de suite…
 
Si nous sommes bien dans ce cas de figure, la question qui se pose est de savoir quand cette réalité sera reconnue comme telle ? C’est-à-dire, quand aura lieu l’effondrement, étant donné qu’un tel cercle vicieux ne manquera pas de susciter la panique chez les investisseurs qui tiendront alors les USA en complet « dis-crédit ».
 
La réponse est dans la question : la réalité de cette situation sera reconnue quand l’effondrement interviendra, c’est-à-dire, quand la foule des acteurs économiques ne formera plus qu’une masse paniquée.
Ce dont les bourses mondiales nous ont donné un petit avant-goût ces jours derniers.
Autrement dit, ne comptez pas sur la rationalité et la lucidité des experts économiques pour vous annoncer une réalité avant qu’elle ne se réalise. Ils sont comme moutons soumis aux intempéries économiques mais qui prétendent encore nous expliquer pourquoi il y a une tempête aujourd’hui sans daigner se rappeler que depuis des années et la veille encore ils annonçaient du beau temps.
 
Le point qui illustre le mieux cette incurie de la science économique que Ludwig von Mises fustigeait pour sa mathématisation non seulement stérile mais absurde me semble être la question apparemment indécidable de savoir si nous allons prochainement assister à un effondrement du dollar avec hyperinflation ou si, au contraire, c’est la déflation qui nous guette au travers d’un ralentissement économique.
 
Je voudrais simplement tenter de présenter ici cette question telle que peut se la poser le citoyen lambda que je suis car, je ne sais pas vous, mais pour ma part, j’aimerais bien avoir une bonne idée de la situation présente afin de savoir comment agir, comment me préparer à… ce qui vient. Je vais donc tenter d’esquisser le tableau le plus cohérent possible en comptant sur l’intelligence collective présente sur Agoravox pour lui donner forme et couleur.
 
 * * *
 
Pour commencer, revenons à notre constat initial : pour la première fois de leur histoire, les USA sont passés de la note AAA à la note AA+. Il aura fallu 70 ans pour cela.
La question qui se pose est de savoir quand et dans quel sens se fera le prochain changement.
 
Comme l’a laissé entendre le directeur de l’agence Standard & Poor en expliquant la décision d’abaissement de la note, la probabilité d’une prochaine dégradation est déjà de 1 chance sur 3.
 
Disons-le tranquillement, la probabilité d’un retour à AAA doit être proche de zéro, car il semble que personne n’en parle. Il est douteux que cela revienne de si tôt à l’ordre du jour vu la conjoncture, affreuse, sous le rapport de l’économie réelle, du chômage et des finances publiques.
 
Le récent accord intervenu in extremis pour le relèvement du plafond de la dette exige en effet que les coupes budgétaires soit supérieures aux dépassements autorisés. Ainsi, pour emprunter 900 milliards de dollars de plus, l’Etat zunien a planifié 917 milliards de coupes ici et là.
 
Certains experts disent que cette potion amère est une recette sûre pour passer de la récession à la dépression. L’économie étasunienne, déjà en lambeau sous le coup des délocalisations va, tel un toxicomane privé de sa drogue, s’effondrer si elle ne peut plus emprunter comme elle n’a cessé de le faire depuis 1835.
 
Comment la confiance — sans laquelle nul ne fait crédit, dès lors qu’il n’a pas foi en la capacité de l’emprunteur à rembourser sa dette — va-t-elle pouvoir refleurir dans un si misérable terreau ?
On peut craindre que la défiance ne l’emporte et la chute vertigineuse des bourses mondiales est un indice sûr de l’affolement actuel devant les risques encourus.
 
Mais l’économie est un système complexe, difficilement prédictible (par exemple : le dollar baisse devant le yen et le franc suisse mais monte face à l’euro) d’autant qu’avec des acteurs bancaires devenus surpuissants ces dernières années toutes sortes de manipulations des cours sont possibles et bien malin qui pourrait démontrer qu’à coup sûr les choses iront ici ou là.
 
Ce qui suit n’est donc même pas une conjecture, seulement une interrogation à laquelle il faut, je crois, se confronter, concernant la possibilité d’un effondrement du dollar par hyperinflation, c’est-à-dire, en somme, une hypothèse Weimar 2.0 (Zimbabwe 2.0 irait très bien aussi).
 
Le 2.0 n’est pas ici qu’une coquetterie d’auteur. Il pointe vers une dynamique en réseau social basée sur internet et qui fait que l’action des uns se synchronisant avec celle des autres, une synergie productrice d’effets majeurs est susceptible d’apparaître mécaniquement. Le lecteur aura compris que la finance correspond de plus en plus à cette image. Elle a même probablement été 2.0 avant tout le monde. La récente rumeur autour de la Société Générale a d’ailleurs connu une grande ampleur grâce aux réseaux sociaux, dont Twitter.
 
Quoi qu’il en soit, ce qui importe ici c’est l’idée que par effet grégaire, par imitation, la dynamique financière puisse mécaniquement aller se jeter du haut de la falaise en entraînant avec elle l’économie entière.
Nous savons bien déjà qu’une part essentielle des flux financiers sur les bourses est contrôlée par des ordinateurs, c’est-à-dire, des programmes informatiques réagissant en temps réel, en une furtive fraction de seconde, faisant passer le meilleur opérateur humain pour, au mieux, un zombie hypnotisé par des feux d’artifice.
 
Quand l’action est mécanique, orientée vers la maximisation directe du profit, avec seulement des zombies déshumanisés aux commandes, le pire est à craindre. Or, avec l’informatisation et l’interconnexion des marchés qu’a amenées la mondialisation, la possibilité d’une contagion de la peur et de la ré-action mécanique n’a jamais été aussi grande.
Dès lors, ainsi que Marx disait que le capitalisme est perdu parce qu’il nous vendra la corde pour le pendre, il se pourrait bien que les grandes institutions financières n’en viennent, par simple quête mécanique du profit, à scier la branche sur laquelle elles sont assises.
 
Le problème, c’est que la branche, c’est nous. Nous le bon peuple avec son économie réelle, qui tel un grand corps social (malade), a besoin que ce sang qu’est l’argent constamment l’irrigue par sa circulation.
 
Or, quand vient l’horreur économique et financière, quand la confiance se perd, le sang se glace et plus rien ne circule, l’économie s’effondre et tombe en dépression. Ce risque pourrait sembler le plus sérieux. C’est celui dont même les journalistes encartés arrivent à parler à présent, après des années de désinformation servile sur l’air de « Tout va bien Madame la Marquise… »
 
Ainsi qu’un certain nombre de journalistes citoyens zuniens le rappellent [1], le « système bancaire parallèle » (auprès duquel les banques peuvent se financer en cas de besoin) ne cesse de plonger, c’est-à-dire, de se rétrécir depuis 2007. Dès lors, les banques insécurisées prêtent de moins en moins, elles cherchent à préserver leurs liquidités et, les pékins moyens comme les PME ne peuvent plus ni emprunter ni même récupérer aussi librement leurs valeurs qu’ils pouvaient le faire auparavant. Les obstacles aux retraits ne cessent de grandir avec des prétextes plus vains les uns que les autres (cf. le blog de Pierre Jovanovic qui recense ces abus de pouvoir de la part des banques françaises).
 
Si on prend en compte cet aspect, le risque le plus sérieux semblerait être celui d’une dépression (accompagnée d’une déflation ou d’une stagflation si certains produits (comme les denrées alimentaires) devaient connaître une inflation significative).
 
Toutefois, la complexité et donc le caractère « chaotique » de la finance actuelle étant ce qu’il est, il semble que nous ne puissions pour autant exclure l’hypothèse apparemment opposée d’une hyperinflation induite par une circulation excessive de l’argent.
 
En effet, ainsi que Ellen Brown le rappelle, Hjalmar Schacht, l’homme qui a restauré le mark dans les années 20, révélait dans son dernier livre que l’hyperinflation allemande lors de la république de Weimar n’avait pas, malgré les apparences, été la conséquence d’une création monétaire inconsidérée. Car contrairement à la propagande pro-banques privées que l’on nous assène depuis des lustres, la fameuse planche à billet est tout à fait saine et même indispensable dès lors qu’elle s’inscrit dans une économie vivante, en croissance, puisqu’elle fournit les liquidités indispensables à la circulation, c’est-à-dire, aux échanges comme à la croissance économique.
 
Selon Schacht, l’origine de l’effondrement du mark serait venu de ce que les spéculateurs d’alors pouvaient emprunter du mark à volonté et miser des sommes prodigieuses contre le mark lui-même par le mécanisme de vente à découvert qui consiste simplement à emprunter du mark pour le vendre aussitôt, (ce qui contribue à faire ainsi baisser les cours) et le restituer ensuite lorsqu’il a perdu de sa valeur ; et cela, avec des bénéfices proportionnés aux sommes empruntées et à l’importance de l’effondrement ainsi provoqué.
Ces investisseurs (étrangers ou non, ce n’est pas la question) auraient ainsi réalisé une prophétie auto-réalisatrice de l’effondrement du mark d’autant plus sûre que les sommes en jeux pouvaient être importante.
 
L’Histoire pourrait-elle se répéter ici ? Elle l’a toujours fait, on ne voit pas tout à coup pourquoi elle s’arrêterait dès lors que les agents économiques sont restés les mêmes depuis des siècles : moutonniers et avides. La mécanicité grandissante de leur action évoquée plus haut pourrait faire que l’argent se mette à circuler monstrueusement là où il y a… de l’argent à se faire même si cela doit tous nous précipiter en enfer.
 
De fait, comme le dit si clairement Max Kaiser, la perte du statut AAA est une occasion en or pour les banquiers d’augmenter leurs marges, c’est-à-dire, les taux de crédit, et donc, de maximiser les profits.
 
On pourrait ainsi imaginer pour les USA quelque chose d’équivalent à ce qui a eu lieu pour la Grèce, quand les banquiers de Goldman Sachs lui vendait (à titre très onéreux) une solution à base de CDS (Credit Default Swap) contre lesquels ces mêmes banquiers se sont empressés de parier afin de se faire encore plus d’argent, précipitant ainsi la perte des grecs (si j’ai bien tout compris :-)
 
Le parallèle qu’il est tentant de faire ici avec Weimar, c’est que les banques ont été submergées de liquidités par les plans de sauvetage et les quantitative easing successifs. Elles l’ont été grâce à la dette souveraine, donc à la population, à la nation, qui se trouve fragilisée d’autant et encore plus exposée à l’appétit insatiable d’un monstrueux système qui grandit en son sein depuis 1913 (la FED) et qui est d’autant plus dangereux qu’il semble se placer non seulement au-dessus de la gouvernance politique mais aussi au-dessus des lois.
Sous ce rapport, le Fond Européen de Stabilité Financière semble ni plus ni moins que le rejeton naturel de la FED.
 
En bref, il ne semble pas insensé de se demander à quel moment les banquiers jugeront qu’il y a des sommes monstrueuses à se faire en pariant contre le dollar. Car les prédateurs attaquent la bête qu’ils jugent malade et pour sûr, la situation n’est pas folichonne — même s’il y a de bonnes raisons de penser que le dollar pourrait longtemps continuer son bonhomme de chemin, c’est-à-dire, une lente démonétisation peu inquiétante vu qu’elle dure depuis des décennies.
 
Mon impression est que, si elle vient, l’attaque se fera dans un temps de panique, lorsque la confiance apparaîtra irrémédiablement perdue et que chacun pensera « prend l’oseille et tire-toi ».
Si, par exemple, la population étasunienne résistait à des coupes budgétaires insupportables et fragilisait encore davantage l’autorité politique d’un gouvernement qui apparaîtrait alors incapable de contrôler sa population, son budget et donc sa dette, les investisseurs pourraient être tentés d’attaquer le dollar simplement parce qu’ils anticiperaient sa dévaluation et qu’il est dans leur nature d’aller là où il y a de l’argent à se faire. Leurs attaques, si elles étaient couronnées de succès, leur donnerait raison a posteriori, quand bien même l’effondrement ne serait que le résultat d’une curée financière identique à celle qu’a connu Weimar ou plus récemment le Zimbabwe.
 
La chose paraît d’autant plus plausible qu’ Hélicoptère Ben, tout acquis à la cause du cartel de banques privées qui constituent la FED, serait peu désireux et, probablement aussi, incapable d’opposer une résistance telle que celle avec laquelle Schacht a fait plier les spéculateurs tant en 1923 qu’en 1924, lorsqu’ils tentèrent d’attaquer le nouveau mark (le Rentenmark) peu après qu’il ait réussi à l’instaurer.
 
Assurées de se financer à taux zéro auprès de la FED, les banques pourraient aussi facilement enfoncer le dollar qu’elles font monter la bourse au cric. Le plus fou à penser est qu’elles le feraient mécaniquement, parce qu’il y aurait de l’argent à se faire, et sans penser aux conséquences.
 
Car faut-il le rappeler l’hyperinflation est une punition pour les créditeurs, donc pour les banquiers. Contribuer à l’effondrement du dollar serait pour celles-ci comme se tirer une balle dans le pied. En effet, une dette est vite remboursée lorsqu’on paie en monnaie de singe. Un petit Weimar 2.0 et c’en serait fini de la dette.
 
Une solution moins dramatique pourrait aussi consister à user du pouvoir que détient encore le congrès de « battre monnaie » (seigneuriage) pour créer quelques pièces de 1 à 5 trillards de dollars qui pourraient être remises à la FED en guise de remboursement de la dette. Mais bien que, comme Ellen Brown, les défenseurs de cette solution s’en défendent, il se pourrait qu’elle soit la goutte d’eau qui ferait déborder le vase de l’inflation en suscitant le dis-crédit de la nation étasunienne.
Celle-ci perdrait alors le seigneuriage international que lui confère le statut de monnaie de réserve dont bénéficie encore le dollar, mais peut-être plus pour longtemps.
 
On peut imaginer que tout sera fait pour préserver ce statut comme le prouve la violence qu’a subi l’Irak et les menaces dont fait encore l’objet l’Iran, pays qui ont tous deux décidé d’abandonner le dollar pour le règlement des transactions pétrolières et qui en payent les conséquences.
Ainsi que le suggère ici Thierry Meyssan, il n’est pas interdit de penser que la faiblesse bien connue de DSK ait servi à le piéger au moment où il devait amener le FMI à concevoir une nouvelle monnaie de réserve internationale.
Enfin, il est probable que, si besoin était (et besoin est) l’euro sera fracassé sur l’autel de la survie du dollar. Après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, voici à présent l’Espagne et l’Italie en ligne de mire, avec la France en prochaine sur la liste des pays susceptibles de faire défaut. Ce qui est arrivé hier avec les rumeurs sur la Société Générale et sur la note souveraine de la France, n’est probablement qu’une mise en jambe, un échauffement.
Mais sans doute cela sera-t-il un mal pour un bien si l’on en croit François Asselineau qui nous donne ici dix bonnes raisons de quitter l’euro et l’Europe.
 
Disons pour conclure que le meilleur indice pour savoir si nous allons vers l’hyperinflation, c’est le prix de l’or. La relique barbare n’a jamais été démonétisée. Elle a toujours cours. Et si on la voit grimper, ce n’est que par effet de perspective. Car elle ne bouge pas. Ce sont les monnaies papier qui s’effondrent. Et ce qui se passe actuellement y ressemble furieusement.
 
JP Morgan annoncerait l’or à 2500 dollars l’once à la fin de l’année. Et ce ne serait qu’un début si l’on en croit la Chronique Agora qui, depuis des années évoque des niveaux largement supérieurs. Pour Egon von Greyerz, 6000 à 10.000 dollars l’once, c’est toujours bien trop bas. Il nous faut penser l’impensable dit-il. Mais pas d’affolement, pour l’hyperinflation, il y a encore de la marge. Car durant Weimar l’or a atteint les 100 trillions de mark. Nous en sommes loin.
 
Car, comme le montre leur histoire, il reste aux USA une solution de dernier recours pour reprendre la main sur l’économie et sur l’or ; une solution dont la jeune république de Weimar ne pouvait disposer : la guerre.
Pensez-vous que le complexe militaro-industriel US va se laisser couper les ailes pour de basses raisons comptables ?
Ce serait surprenant.
Donc voici mon quarté gagnant pour les prochaines années : la guerre ou l’hyperinflation, avec la dictature ET le plutonium. Choisis camarade…
 


[1] Suivez (en anglais) par exemple Mike Whitney sur Information Clearing House ou Ellen Brown sur Mondialisation.ca.

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49 réactions à cet article    


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 10:39

      Tout à fait d’accord avec le constat que vous opérez.

      Mais la question lancinante qui nous reste est celle de la (possible ?) voie de sortie de l’esclavage de la dette.

      Nous sommes pris dans une mécanique dont l’unité de mesure est le trilliard de dollars et il est clair que mon article laisse à penser que tout cela nous dépasse et nous emporte comme un maëlstrom.

      Ma seule question, pessimiste je le reconnais, est de savoir si l’on peut « deviner » la suite, c’est-à-dire repérer les signes que le trou noir de la dette va engloutir les USA et nous avec.

      La seule alternative que je vois à ce Charybde de la finance, c’est le Scylla de la guerre. Bref, peu de place pour la voie pseudo-démocratique que nous chérissons panurgiquement en Occident.

      Pour ce qui est des signes, je me demande si je ne me suis pas compliqué la vie et si la bascule (le « tipping point ») ne pourrait pas être que, contraints par le récent accord sur la dette, les USA se soit mis la corde au cou et, ne pouvant plus légalement emprunter, fasse défaut assez rapidement sur telle ou telle de leurs nombreuses obligations. Ils tomberaient alors de suite à C et ce serait le début de la fin.

      A moins que les tambours de la guerre ne soient alors déjà actifs et ne couvrent le bruit de cette chute ?


    • King Al Batar King Al Batar 12 août 2011 12:52

      BOnjour à l’auteur,

      Je crains effectivement qu’ils (les tambours de la guerre) ne soient déjà actifs...

      Qui est aujourd’hui le réel créancier de la dette ??? NE serait ce pas la Chine qui possede tout l’or qui appartenait jadis aux reserve de la FED.
      L’effondrement du dollar va d’ailleurs servir les interets de la Chine qui va pouvoir remettre en place l’etalon Or, voir en leur monnaie locale.

      SI jamais un pays ne veut plus payer sa dette (ca c’est déjà vu avec l’emprun Russe donc c’est une eventualtié). Ca risque de s’embraser très rapidement en guerre Mondiale.

      Et qu’est ce qu’on apprend récement, tiens donc, la Chine vient de finir de réabitilité un bateu de guerre Ukrainien pour disposer de son premier super mega porte avion de guerre. Il serait meme en train d’en construire un second.

      Et je ne vais pas m’etendre sur les marché des ressources energetiques (nottament petroliere ou d’uranium), mais nous sommes en train d’assiter au déclin du monde occidental, et d’un réequilibrement international des richesses... Quoi de plus juste aux yeux d’un non occidental, nous avons été trop riche pendant les 2 siècles passés, il est normal selon leur point de vue que cela change...
      Pour nous, ce n’est que le début, mais ca va être dur et long mais je suis que d’ici 15 ans le monde que l’on aura sous nos yeux ne ressemblera plus du tout à l’actuel.


    • LE CHAT LE CHAT 12 août 2011 10:25

      pour l’instant , ça ressemble à de la déflation , avec des prix en baisse de 0.4% en juillet selon l’INSEE , en particulier -2.6 % sur les produits manufacturés , avec croissance nulle au second trimestre .
      Mais ce n’est que le début de la chute finale ..............


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 10:52

        C’est vrai que ça y ressemble. C’est une sérieuse alternative à l’hyperinflation. Les coupes budgétaires ont un effet déflationniste qui n’a pas de raison de rester dans l’ombre.
        La chose intéressante est que nul ne peut dire si cela est appelé à se renforcer, à durer pour faire une récession ou même une dépression. Et surtout nul ne peut exclure que le dollar implose en hyperinflation à un moment ou un autre dès lors que la faiblesse de l’économie zunienne en fera une proie juteuse pour les charognards de la finance.
        Enfin, comme la dépression des années 30 a fait le lit de la 2e guerre mondiale qui est bien la seule chose qui a sorti les USA de ladite dépression, on peut dire qu’une orientation dépressive augure mal de l’avenir.
        Donc oui, si la récession est déclarée, je continuerais de penser que cela pourrait être le début de la fin.
        Pessimiste je suis, pessimiste je reste smiley


      • Paolini Paolini 12 août 2011 11:01

        Merci pour cet article qui m’a régalé car il expose d’une manière claire et concise les bases de la situation financière d’aujourd’hui.

        Il est certainement utile de préciser que linflation monétaire est une bonne chose tant qu’elle va de pair avec le développement de l’activité économique.

        On a en effet oculté le rôle de la spéculation durant Weimar probablement parce que les spéculateurs, qui seront, une décénnie plus tard, jugés responsables de la débacle économique, deviendront une des cibles « privilégiée »de la haine nazie.

        C’est (toujours) une bonne idée que de parler de François Asselineau.


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 14:14

          Merci pour le compliment, j’apprécie.


          Oui, la question des spéculateurs n’est pas anodine car Schacht désignait les spéculateurs « étrangers » ce qui a de quoi faire froncer les sourcils quand on sait le discours que les nazis ont pu tenir à cet égard.
          Mais la légitime prudence n’est pas une raison suffisante pour se refuser à prendre en compte l’hypothèse de la spéculation (étrangère et non étrangère) comme cause essentielle et première de l’effondrement du mark.
          La raison pour laquelle on en parle peu c’est plutôt je crois qu’elle est contraire à l’intérêt des banques qui veulent surtout promouvoir l’idée que la planche à billet ne doit pas être laissée aux gouvernements faibles et irresponsables car elle pourrait engendrer de l’hyperinflation « à la Weimar ».

          Oui, Asselineau mérite qu’on lui fasse toute la publicité possible. C’est rare les penseurs honnêtes (et donc indépendants) capables de dire les choses sans compromission avec tel ou tel bord.


        • PROBLEME...POUR NOS GOUVERNANTS ET LEURS AMIS TRES RICHES..et leurs banquiers..

          MEME EN GUERRE COMME 14.18 OU LA DERNIERE... C EST PAS FACILE...AVEC UN

          PORTE AVIONS...

          SINON QUELLE JOIE POUR EUX D ENVOYER LES CHOMEURS...LES CDD...LES IMMIGRES.......A LA GUERRE......ALLONS RAJOUTONS LES SYNDICALISTES
          ET LES JUGES REBELLES..........c bon le compte y est..


        • Pyrathome Pyrathome 12 août 2011 11:25

          Bonjour Luc, et merci de ce billet !

          j’aimerais bien avoir une bonne idée de la situation présente afin de savoir comment agir, comment me préparer à… ce qui vient

          Bien plus que de l’or ou de l’argent, une petite « maison dans la prairie », un puits ou une source et surtout un potager conséquent...

          Pour maintenir leur système zombie en vie, ils n’ont que l’émission de papier, ce qu’ils font depuis 2008, ils vont continuer jusqu’à l’implosion totale, Weimar 2.0 sera la conséquence, une hyper-inflation comme un tsunami de papier en EU et aux US...et de manière exponentiel, ça va très vite, tout au plus un an.....

          Pendant que les matières premières vont s’envoler vers des sommets vertigineux, non pas qu’ils montent mais que la valeur du papier monnaie va tomber à zéro....le cercle vicieux est enclenché !..


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 14:23

            Pour la petite maison je cherche... smiley


            Concernant l’hyperinflation, j’ai longtemps été dans cette vue mais, précisément, le temps passait et il m’a semblé que l’inflation n’était pas proportionné à l’augmentation de la masse monétaire.

            J’ai donc prêté l’oreille au discours des défenseurs du retour à la souveraineté populaire en matière de création monétaire. Ils insistent tous sur le caractère non nécessairement inflationniste de la création monétaire par « seigneuriage ».


            Donc il fallait chercher une cause ailleurs. Et l’hypothèse des spéculateurs mise en avant par Ellen Brown me paraît satisfaisante.

            La question est donc quand vont-ils se croire en position de lancer la curée ? De plus en plus, je pense que la portée symbolique d’un défaut US sur une obligation (rendu possible par le dernier accord sur le relèvement de la dette) pourrait suffire à mettre le feu aux poudres.

            Pour moi, les conditions du cercle vicieux sont en place, la mèche est en place, et oui, sans doute, elle est déjà en feu. Mais quelle est sa longueur ? Telle est la question.

          • Lorelei Lorelei 12 août 2011 12:42

            L’economie n’est pas complexe c’est le systeme qui a tout embrouillé pour pouvoir imposer son hyper violence envers l’humanité pour l’a dépouiller pour le bienfait de quelques psychopathes..

            Ces mêmes fous viennent nous dire apres peuple vous savez c’est complexe difficile pour vous, et dès que l’on entend on devrait comprendre une chose simple c’est qu’il y a un mensonge et manipulation et c’est toujours le cas depuis l’aube des temps, dès qu’un quidam affirme la complexité d’une chose il est entrain de vous dire mensonge mensonge mensonge en lettre rouge.


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 14:43

              Selon vous, depuis l’aube des temps, le pouvoir fonde sa violence sur un discours (je suis d’accord) qui consiste à dire que les choses sont complexes.

              Je ne suis pas d’accord.
              Depuis la nuit des temps, c’est le contraire qui prévaut : la violence a toujours été fondée sur le maximum de simplicité dans l’explication par le pouvoir des réalités de ce monde : « tout ce qui va bien, c’est moi qui l’ait fait, tout ce qui va mal, c’est la faute de ces... monstres, brutes, barbares, malades, sorciers, conspirationnistes, terroristes, salauds, pervers, etc. barrez les mentions inutiles »

              La logique du bouc émissaire est celle qui domine le monde depuis la nuit des temps (cf. les travaux de René Girard).
              Cette simplicité de l’accusation fait violence à la complexité et l’enchevêtrement des causes dans le monde.
              Nier cette complexité c’est comme dire que la météorologie est un jeu d’enfant. Elle ne l’est pas.
              Au-delà de 3 ou 4 jours les prévisions sont très fragiles.

              Nous sommes des systèmes chaotiques dans un univers à la dynamique chaotique et c’est cela qui fait l’imprévisibilité de l’avenir. Cela ne nous empêche pas de savoir ce que nous voulons et de le réaliser.
              Je pense que c’est cela que vous vouliez mettre en avant.
              Et je suis d’accord.
              Il ne faut à aucun moment nous laisser raconter qu’on ne peut rien faire.
              N’accepter aucun syndicalisme de l’échec qui nous laisserait moutonner tranquillement plutôt que d’agir.
              Tout au contraire, il faut voir que tout est possible.
              Mais encore faut-il pour cela accepter le fait que les choses ne sont pas forcément simple de prime abord et qu’il nous appartient de les rendre telles (ce que j’essaie de faire).
              Il nous faut ouvrir les yeux sur la richesse et la complexité du monde afin de ne pas se prendre les pieds dans le tapis ou se heurter à tous les murs quand il existe des voies faciles mais subtiles qui s’offrent à nous.



            • Lorelei Lorelei 12 août 2011 20:23

              bjr

              je pense que le monde dans sa majorité peut parfaitement saisir l’économie dans son sens originel, et que pour mettre les gens hors du bateau on rendit complexe le sujet pour imposer un systeme inique et voleur

              et c’est pour ça que je suis pour reprendre en main tous les domaines et virer dehors tous les incompétents...je considére perso qu’un système efficace permet à 100 pour cent de l’humanité de gagner...la barre est haute mais je nivelle par le haut jamais par le bas


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 21:45

              Si vous virez les incompétents vous allez pas garder grand monde.
              Virons les malfaisants d’abord si vous voulez bien.
              Cad les manipulateurs, désinformateurs, extorqueurs etc.
              Mais le plus facile pour réaliser cela c’est encore de construire un système sain où ceux-ci n’auront pas leur place.
              Je pense à l’hypothèse simplissime dite « 100% monnaie » qui transforme les banques en officine sages comme des images.
              Suivre Marc Jutier sur Agoravox (je ne cherche pas le lien, mon navigateur patine)

              avec ça, tout le monde serait gagnant-gagnant


            • Lorelei Lorelei 13 août 2011 01:30

              virons déjà les oppresseurs en effet et ceux qui vont perdre l’humanité en détruisant l’environnement, l’éducation, la santé, l’économie etc...

              et faisons une e constitution je veux dire pourquoi n’avons pas plus de démocratie, ce n’est pas normal enfin vous me direz il y a un tas de choses pas normales mais la démocratie, est un fondement...

              bien à vous


            • perlseb 12 août 2011 13:44

              Je crois que le capitalisme est allé jusqu’au bout de lui-même une fois que la disparition du communisme ne le menaçait plus. Or, lorsque le monde est unipolaire, bizarrement, il est très instable. Quelque part la Chine a adopté le système capitaliste et les chinois raisonnent comme tous les occidentaux maintenant, en se soumettant au dieu argent.

              Si le système ne donnait pas naissance à un nouveau système concurrent, alors nous devrions assister à une déflation généralisée (comme en 1929), car quand chacun cherche à rembourser ses dettes, l’argent disparait et l’économie se grippe.

              C’est sûrement lors du grippage complet du système (encore quelques années pour avoir 25 à 30% de chômeurs dans les pays occidentaux), qu’il se passera quelquechose, mais quoi ? Est-ce que les peuples vont encore se faire avoir par leurs prédateurs (organisation d’une guerre mondiale, lâché de virus dont on connait l’antidote à la « V pour Vendetta », mise en place de systèmes fascistes ultra-sécuritaires,...) où est-ce que le peuple se débarassera enfin des quelques familles qui nous manipulent depuis des siècles (Rotschild & Co) ?

              J’ai peur que l’histoire ne se répête inlassablement, la raison la plus évidente, c’est que la grande majorité du peuple n’a aucun malaise à avoir un travail immoral (obsolescence programmée pour l’industrie, agriculture et élevage qui nous empoisonnent pour le sectaire primaire, tertiaire aussi inutile qu’hypertrophié). Si le peuple est comme les prédateurs qui nous dirigent, comment pourrait-on espérer un quelconque changement ?

              Il faut croire que personne ne se satisfait d’une vie facile et sans histoire, telle que la technique bien utilisée pourrait nous y conduire. L’homme est violent dans le fond, il a besoin de la violence pour ne pas sombrer dans la décadence. C’est dommage mais c’est comme ça.


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 14:55

                Assez d’accord avec la première observation. Oui, un système profondément pervers s’autodétruira dès lors qu’il n’existe plus rien pour le limiter.


                Je note que vous pensez que le blocage viendra de la rue mais qu’il faudra attendre un plus haut niveau de « souffrance ». C’est très plausible.
                Je tends pourtant à priviligier l’hypothèse d’une rupture catastrophique liée à quelque évènement symbolique comme, par exemple, un défaut de paiement US induit par des règles d’austérité budgétaire insoutenables.

                Je suis d’accord pour le peuple en général : la conscience de tout un chacun est très accommodante puisqu’il nous suffit de penser que nous ne sommes pas le seul à faire ce que nous faisons et que de plus, c’est légal ou même obligatoire pour avoir la conscience tranquille. Les humains sont comme les marchés (à moins qu’il ne faille dire l’inverse) : moutonniers et avides.

                L’homme n’est pas tant violent par nature que moutonnier, mimétique. Comme Girard l’a si bien montré, il désire ce que l’autre possède (son âne, sa femme, sa terre, etc.) et dès lors sa convoitise l’amène au conflit, à la violence, qui sera toujours justifiée par quelque forme de violence qu’on lui aurait faite et qui légitime son action de « réparation ».

                Ainsi va le monde je crois...


              • Guilhem 12 août 2011 15:06

                « Le point qui illustre le mieux cette incurie de la science économique que Ludwig von Mises fustigeait pour sa mathématisation non seulement stérile mais absurde me semble être la question apparemment indécidable de savoir si nous allons prochainement assister à un effondrement du dollar avec hyperinflation ou si, au contraire, c’est la déflation qui nous guette au travers d’un ralentissement économique. »

                Pourquoi seulement Hyperinflation ou déflation ?

                Stagflation !!!


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 15:22

                  Oui, bien sûr.
                  Je simplifiais.
                  D’ailleurs, on pourrait penser que nous y sommes déjà dans la stagflation.

                  Mais ce qui m’intéresse, ce serait plutôt les conditions de l’hypothèse hyperinflation. Donc je ne m’attarde pas trop sur la stagflation, ne serait que parce qu’elle me paraît comme la situation présente encore insuffisamment propice à une réaction populaire. La stagflation à bas bruit, c’est comme l’eau qui chauffe doucement dans la casserole. Les grenouilles ne réagissent pas. 

                • Guilhem 12 août 2011 16:33

                  Soit changement monétaire (particulièrement le $) soit et hyperinflation (ou pas loin).

                  De toute façon il n’y a pas d’argent réel pour payer toutes ces dettes.
                  Les US vont continuer à imprimer pour payer la Chine, leur dire on ne rembourse pas leur ferait perde la face.
                  Jamais bon de faire perdre" la face à un asiatique, mais bon les US sont capables de le faire quand même.

                  En tout cas, ça ne sent pas bon.

                  Pour la France je serais partisan de mangez votre chapeau mais version light :

                  Un audit de notre dette rendu public, une position officielle bien faux cul  :
                  Nous refusons de financer les terroriste, les mafieux et autres exilés fiscaux.
                  Nous ne payerons plus aucun intérêts dans les paradis fiscaux jusqu’à nouvel ordre..
                  Là déjà t’as gagné au bas mot 500 milliards d’euros.

                  Ne pas oublier :

                  La dette publique, c’est de l’épargne garantie pour les très gros revenus ?? Lorsque Liliane Bettencourt reçoit un chèque de 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal, ce chèque est financé par de la dette que Liliane Bettencourt achète sous la forme d’emprunts d’État et, du coup, quand on la rembourse, on lui fait un nouveau cadeau.
                  Le bouclier fiscal est une opération de passe-passe qui permet d’accroître le patrimoine des gros revenus en le faisant financer par l’écrasante majorité des citoyens.  


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 18:43

                  Comme vous y aller ?!

                  Imprimer pour rassurer les Chinois ?
                  Imprimer oui, tant que ça sauve les apparences.
                  Mais viendra tôt ou tard le moment de la goutte d’eau qui fait déborder le vase immense de la masse dollars.
                  Si les chinois n’ont pas alors dépensés tous les leurs en achetant l’Afrique entre autres, ils en seront pour leur frais...
                  Mais quoi qu’il en soit, il y aura de la rancoeur de la part de tous les épargnants et rentiers.
                  Le peuple US et ses retraites ne seront sans doute pas épargnés non plus.

                • boris boris 12 août 2011 19:01

                  Excellent billet de Luc-Laurent qui intervient peu, hélas. Mais toujours bien.


                  Pour ma part malgré mon optimisme naturel, je suis trés pessimiste sur la finalité de notre société « économique » qui va à sa perdition avec un acharnement que je qualifierais de jouissif, tant les acteurs se sont glissés à merveille dans leurs habits mortifères.

                  Il ne reste plus que la préparation à ce choc qui sera redoutable.




                  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 19:55

                    Merci pour ce compliment qui me va droit au coeur !

                    Bien d’accord sur la difficulté de conserver un optimisme sous le rapport de la société de marchands, de rentiers et de banquiers qui est la nôtre. Ses acteurs sont en effet criants de vérité dans leurs pulsions morbides. Mais le plus troublant, c’est de penser que la plupart d’entre nous agirions probablement de la même manière si nous étions nés dans ces milieux. C’est la situation qui fait l’homme. Il faut la changer. Et l’homme fera bien ce qu’il voudra après, mais il y a des chances qu’il se révèle alors meileur qu’il ne semble actuellement.

                    Oui, se préparer, se mettre en ordre, en éveil, et veiller... ça ne saurait tarder


                  • sparte sparte 12 août 2011 19:31


                    Bonjour L L Salvador

                    Après Weimar il y eut le docteur SCHACHT qui fit un miracle :
                    Que pensez vous d’une sortie non pas de l’Euro par la France
                    mais du système monétaire (monté par l’empire) par l’Euro , à la façon de SCHACHT, ou même en rétablissant l’Euro sur l’or des états européens  ?

                    Sortir du système : refuser d’honorer les obligations échues présentées par les banquiers
                    cela serait possible, pas simple certes,
                    mais vaudrait mieux que de :

                    payer éternellement des intérêts, de plus en plus élevés au fur et à mesure que se dégradera notre note,

                    ruiner nos banques nationales ( qui elles vont devoir s’asseoir sur leurs bons )

                    faire racheter de la « dette publique » par la BCE ( s’il avait un chapeau JCTrichet l’aurait déjà mangé ... )

                    surtout : infliger au peuple le remède de cheval qui est en train d’être préparé  ?

                    A mon avis ce serait jouable car les EUA sont eux aussi dans une sale passe étant donné que les banquiers de la FED lors ont joué le même tour qu’à nous ...



                    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 20:05

                      Bonjour Sparte,

                      Oui, bien sûr qu’il faut songer à quelque chose de cet ordre là.
                      Je ne l’ai sans doute pas dit suffisamment explicitement, mais c’est bien à ça que je songeais en évoquant la piste du seigneuriage, cad, l’idée zunienne de faire battre par le congrès quelques pièces de 1 ou 5 trilliards de dollars.
                      Si le parlement européen devait durer, il faudrait pareillement lui donner pouvoir de battre monnaie, pour donner à la BCE et à toutes les banques privées la monnaie de leur pièce.
                      Ce serait bien sûr terrible pour nombre de rentiers et d’épargnants mais la liberté à un prix.
                      Et pour une fois, ce serait avant tout les riches qui y seraient de leur poche.
                      J’aimerais bien que ce ne soit pas qu’un rêve.

                      PS : voir aussi sur Agoravox les très bons papiers de Marc Jutier sur l’hypothèse 100% monnaie qui réduirait les banques au statut de boutiques intermédiaires entre le peuple et la banque centrale du peuple qui elle seule créerait l’argent. (100 % monnaie veut dire pas de réserve fractionnaire pour les banques, donc pas de création de monnaie ex nihilo avec intérêts en sus)


                    • sparte sparte 12 août 2011 20:31

                      L L Salvador

                      Continuons

                      quand vous écrivez « 100 % ... » il s’agit de 100 % or ?

                      comme ces banques - canadiennes je crois - qui émettent de sortes de cartes de crédit en poid d’or équivalent à celui que vous leur avez déposé ; l’échange d’or se fait lorsque vous faites un achat ou une vente : il faut et il suffit que votre partenaire ait aussi un compte en or

                      vous devriez trouvez cela sur le blog de georges lane

                      mais cela ne résoud pas le préalable nécessaire c’est çà dire la fin des déficits de l’état et de la sécu ?

                      je ne vois pas comment s’en sortir s’en changer de système social ; un monopole pour la santé et les retraites n’a plus de sens au 21ème siècle , c’est un peu comme si l’état avait le monopole des assurances automobiles ... bonjour les dégâts pour se choisir une police et ensuite pour se faire rembourser .

                      et surtout la cata c’est l’ hôpital qu’on ne sait plus comment gérer ! ! ! le trou de la sécu est là et les conséquences financières sont dramatiques et humaines aussi ( pour ne citer que les 8 à 9.000 morts d’infections nosocomiales ) 

                      Les suisses par exemple ont plus de 100 caisses d’assurances santé et ça marche très bien : le budget de leur état n’est pas plombé par de la dette publique ; chez nous elle est en croissance exponentielle donc ça va péter !

                      or personne n’en parle alors que c’est le 1er sujet
                       : pourquoi ce tabou que tôt ou tard il va falloir briser ... mieux vaudrait que ce soit à froid et no à chaud lors d’une cessation de paiement du Trésor



                    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 21:49

                      100% monnaie veut dire pas de réserve fractionnaire pour les banques qui ne prêteront donc que ce qu’elles auront reçu de la Banque Centrale seule habilitée à créer de la monnaie (et pas de l’or malheureusement smiley

                      Pas du tout d’accord avec la question SS et hôpital. Le déficit vient de ceux qui doivent payer ne payent pas et au premier rang l’Etat qui a des impayés monstrueux auprès de la SS si j’en crois mes sources.

                      La sécurité sociale c’est le pied. Ce sont mes amis étasuniens vivant en France qui le disent le mieux !


                    • sparte sparte 12 août 2011 23:22

                      Saprte :
                      Luc-Laurent Salvador
                      vous avez dit a dit 12 août 21:49
                      100% monnaie veut dire pas de réserve fractionnaire pour les banques qui ne prêteront donc que ce qu’elles auront reçu de la Banque Centrale seule habilitée à créer de la monnaie (et pas de l’or malheureusement  OK et d’accord bien sûr

                      Pas du tout d’accord avec la question SS et hôpital. Le déficit vient de ceux qui doivent payer ne payent pas et au premier rang l’Etat qui a des impayés monstrueux auprès de la SS si j’en crois mes sources. 

                       C’est bien ce que je dit ... il y a un problême ET C’EST le 1er PROBLEME financier de l’état bien avant le déficit du budget ( je suis étonné que vous l’évacuiez si vite : craignez vous les modérateurs ? - joke - ) On ne peut passez à côté d’un budget de 450 MDS EUR qui n’est financé que par 170 MDS de cotisations par les « assujettis » ( obligés ) soit un déficit structurels de 280 MDS d’EUR ...

                       faites le calcul par habitant : 60 millions = 50.000 euro par habitant.
                       et par personne du secteur productif ( privé )  : 16 millions ) 190.000 euros par tête

                       donc impossible à rembourser sans s’attaquer gravement aux patrimoines, etc même vendre les biens de l’état n’y suffiraient pas ( 400 milliards y compris les barrages hydro électriques ) 

                       Là est l’origine de la crise de la dette publique des états concernés, y compris celle des EUA. Tant qu’on ne mettra pas l’ URSSAF en concurrence comme le prévoyait la directive européenne de 1992, on sera dans le rouge et les banquiers internationalistes se feront des choux gras .

                       J’ajoute que le déclassement d’un tripe AAA n’a d’autres effet que d’enrichir encore plus lesdites oligarchies mondialistes, puisque les taux et les assurances grimpent alors. S. 

                      G LANE analyse l’URSSAF et donne des solutions je sais pas si vous le connaissez ( voir son blog )


                    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 15 août 2011 11:48

                      Je crois que vous pointez une fragilité dans ma réprésentation de la situation sous ce rapport.
                      J’avoue être très ignorant en la matière.

                      Disons que pour le moment je ne peux pas croire une seconde que ce soit la sécurité sociale qui pose problème en tant que telle mais bien davantage les cadeaux fiscaux fait aux entreprises qui se chiffrent aussi en sommes colossales.

                      Je le reconnais, et j’en suis désolé, mais c’est juste une impression a priori.

                      Mais je retiens la leçon, et je vais me renseigner en allant voir notamment ce G Lane dont vous parlez...


                    • sparte sparte 16 août 2011 00:48

                      outre son blog ( de Georges LANE ) lire : http://www.editions-du-trident.fr/georgeslane.htm
                      et ses excellentes émissions radio sur LUMIERE101 où il tient une chronique d’une qualité remarquable exceptionnelle : http://lumiere101.com/2011/08/15/le-coup-detat-monetaire-mondial-du-15-aout-1971/ souvent avec son compère F Guillaumat

                      Lane prône le retour à l’étalon or, comme J Garello http://www.libres.org/

                      vous avez là 2 excellents économistes universitaires, pas des experts médiatiques mais de vrqis libéraux ( pas " extrêêêêêêê^mes )

                      lire aussi les chroniques de l’ excellent J G Malliarakis : http://www.insolent.fr/


                      S


                    • jef88 jef88 12 août 2011 19:31

                      Schacht a « oublié » un phénomène :
                      Suite à la défaite de 1918 l’Allemagne devait de dommages de guerre très très importants......
                      (pas de chance c’est Bismarck qui avait inventé le truc en 1871...)
                      Ces dommages étaient libellès en Mark !
                      Avec l’hyperinflation de 1923 la dette (par ex en valeur franc) a littéralement fondu !

                      Cherchez à qui profite le crime .


                      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 15 août 2011 11:50

                        Je crois qu’il y a ici une erreur.

                        Si j’ai bien tout compris, la dette de guerre était libellée en mark-or et dès lors ne s’est pas trouvée « bouffée » par la dévaluation du mark. Au contraire


                      • Winston Smith 12 août 2011 20:01

                        Encore un type qui tape contre les « spéculateurs » et pas contre les vrais coupable, les électeurs qui ont exigé un paquet de fric de l’Etat pour se goinffrer comme des Porcs... et qui continuent, en plus, les glands !


                        Hilarant. 

                        • JL JL 12 août 2011 20:05

                          smith,

                          « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a ’trahi la confiance du régime’ et ’devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités’. Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? Bertold Brecht

                          Smith, vous êtes désopilant !

                           smiley  smiley  smiley


                        • JL JL 12 août 2011 20:09

                          Ceci dit, pour les gens comme vous, le tarif c’est le goudron, les plumes, et un grand coup de pied dans le cul !


                        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 20:14

                          C’est amusant, au moment où je me disais « tiens, j’ai pas encore vu de trolls », vous voilà !

                          Quel plaisir !

                          Ce que vous écrivez est vraiment très intéressant M. Smith


                        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 août 2011 20:16

                          @ JL

                          Oui, c’est vrai, le goudron et les plumes, c’est pas mal, ça me fait penser à Averell Dalton.


                        • Oxide Oxide 15 août 2011 09:48

                          Bonjour a tous,

                           

                          Merci a l’auteur de cet article pour son exposé sans concessions.

                           

                          Revenons un moment si vous le voulez au concept de monnaie, largement débattu sur AV.

                          Depuis la fin des accords de Bretton-Woods, le dollar n’est plus convertible en or à un cours fixe (mais quoté comme une matière première ou une action avec ses fluctuations).

                          L’idée d’alors était que la contrepartie d’une monnaie était en fait représentée par les actifs du pays qui l’émettait.

                          L’économie d’alors dans une phase de croissance soutenue, nécessitait une croissance encore supérieure de masse monétaire. La solution de se découpler de l’or était habile voire nécessaire.

                          30 ans plus tard la masse monétaire en circulation dans le monde entier est :

                          · 70 % en Dollars US

                          · 24 % en Euros

                          · 6 % pour toutes les autres devises.

                           

                          Cela revient à dire que les actifs US représentent 70% des actifs mondiaux.

                          Or cette affirmation est manifestement fausse. En effet le PIB US représente environ 23% du PIB Mondial ( voir Lien).

                          La conclusion logique est donc que le dollar est surévalué d’un facteur 3.

                          Les faits étant miraculeusement têtus, cette prévision va se réaliser et le dollar s’effondrer…

                          Malheureusement, personne ne sais à quelle date.

                           

                           


                          • Oxide Oxide 15 août 2011 09:57

                            En suivant le même raisonnement pour l’Euros, le PIB de l’Europe représente 26% du PIB mondial.


                            Le taux de change logique Euro-dollar devrait donc être de 5 USD pour un Euro.

                            Ca va sûrement un peu tanguer dans les années qui viennent.

                             smiley

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