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Accueil du site > Actualités > Economie > Abolissons la propriété !

Abolissons la propriété !

La notion de propriété est-elle naturelle ? Pas si l’on en croit Henri Laborit. Dans son livre "Dieu ne joue pas au dés", bien loin des préoccupations économiques qui vont nous intéresser ici, il décrit notre monde à la lumière de nos connaissances scientifiques en terme de niveaux d’organisation imbriqués les uns dans les autres. Dans un passage sur les organisations sociales, voici comment il nous parle de la notion de propriété : "Il n’y a donc pas d’instinct de propriété. Il y a simplement l’apprentissage par un système nerveux de l’agrément qui peut résulter de l’emploi ou de l’indispensabilité de garder à sa disposition des objets et des êtres gratifiants. Il n’y a pas non plus d’instinct de défense du territoire, il y a simplement un espace dans lequel des individus trouvent et veulent conserver à leur disposition des êtres et des objets gratifiants." Autrement dit, la notion fondamentale ne serait pas la possession mais l’accessibilité, la nécessité de tenir à disposition ce dont nous avons besoin.

Rappelons que la notion de propriété privée est le principal fondement de notre système de droit, et par conséquent de notre économie tout entière. Je pense avoir montré récemment que ce principe n’allait pas sans poser certains problèmes. A la base du capitalisme, élément essentiel du consumérisme, participant donc à la destruction de l’environnement, on peut également lui attribuer l’origine de l’injustice sociale, par le principe suivant lequel plus je possède et plus je gagne d’argent, sans pour autant travailler ni le mériter. Le propriétaire est celui qui s’enrichit. Or si on en croit Henri Laborit, qui s’appuie dans ce livre sur des recherches scientifiques dans différents domaines, le principe de propriété n’aurait rien de naturel, il ne constituerait pas le moins du monde un instinct, la seule choses dont nous aurions besoin étant l’accessibilité des objets.

A titre personnel je suis tout a fait prêt à le croire, et la propriété peut se montrer parfois bien encombrante. J’ai par exemple dans ma cuisine une foule d’ustensiles que je n’utilise que très rarement. Je les prête volontiers à des voisins ou des connaissances et au fond peu m’importe de les posséder et de les céder le temps d’une soirée, tout ce dont j’ai besoin c’est de pouvoir y accéder au moment où j’en ai besoin, le reste du temps ils ne font qu’encombrer mes armoires. J’ai aussi une quantité innombrable de vieilles chaussures démodés dont je ne sais que faire, mais que je refuse de jeter parce qu’elles sont encore en bon état : je me passerais bien de les posséder... Ce qui est important n’est donc pas la propriété mais l’accessibilité. En poussant un peu on croirait presque que notre société actuelle, qui de l’avis de nombreuses personnes va droit dans le mur, serait fondée sur un simple malentendu. Et s’il en allait autrement ? Et si par exemple au lieu de payer pour posséder des objets, nous payions simplement pour les utiliser ? Et si le principe fondamentale de toute transaction économique n’était pas la cession du droit de propriété, mais plutôt la location d’un droit d’accès à un bien ou un service ? Et si nous abolissions la propriété ? C’est cette utopie, moins radicale qu’il n’y parait, que je vous propose de partager le temps de cet article.

Mise en oeuvre

Dans un monde où la propriété n’est pas cessible, un objet appartient irrévocablement à celui qui le crée, ou plutôt à l’entité abstraite responsable de sa création, l’entreprise. Cependant il est possible à chacun d’entre nous d’utiliser ces objets "en location" pendant la durée souhaitée. Chacun paie donc chaque mois ou chaque jour pour l’ensemble de ce qu’il "possède" et peut restituer à n’importe quel moment les objets dont il n’a plus besoin. Le taux de location est réajusté en permanence en fonction du marché, selon les lois de l’offre et de la demande. Il est également fonction de l’ancienneté de l’objet et de l’usure dont nous sommes responsable : utiliser un objet intensivement coûte plus cher que de bien le conserver. Enfin à chaque contrat de location peut s’ajouter un taux fixe correspondant au service de mise à disposition. Par convention nous pouvons considérer qu’un objet possède une valeur totale, équivalente de la valeur que nous lui attribuons aujourd’hui, qui correspondrait à la somme de ses locations sur une durée infinie (ce qui implique, pour les matheux, que cette somme converge, ce qui est le cas si on diminue à intervalle régulier le taux de location d’un même facteur - nous avons alors affaire à une série géométrique). Alors la location consiste finalement à imputer régulièrement à cet objet une partie de sa valeur totale, partie d’autant plus grande que nous avons "usé" le bien, et à rembourser cette partie au propriétaire de l’objet.

Dans la pratique il serait tout a fait fastidieux de payer chaque jour ou chaque mois pour l’utilisation du moindre objet, de l’ouvre bouteille à la paire de chaussette en passant par nos cuillères à café. Une facilité de paiement pour les objets ayant une valeur relativement faible consisterait à payer au départ pour l’intégralité de l’objet, et à récupérer au moment de la restitution sa valeur restante, en fonction de l’usure infligée. Alors tout se passerait exactement comme si nous avions simplement acheté puis revendu l’objet, et les choses ne changent pas beaucoup par rapport à notre système actuel, à ceci près que l’entreprise qui nous a fourni un bien est tenue de nous le "racheter", et, ce qui a son importance, qu’il est impossible par définition de "revendre" un bien plus cher qu’on l’a acheté, non pas parce que c’est interdit, mais simplement parce que ça n’a aucun sens d’avoir un tarif de location négatif. De même la sous-location ne peut apporter de bénéfice puisque les taux sont sans cesse réajustés. Le lecteur alerte comprendra aisément comment un tel système peut s’adapter aux biens "consommables". Un bien consommable est simplement un bien dont la valeur diminue jusqu’à devenir nulle au moment où il est consommé, si bien qu’il devient inutile de le restituer à son propriétaire. L’acheteur paie une fois pour toute sa valeur totale correspondant à sa location sur un temps infini. Il lui est toujours possible de restituer l’objet tant qu’il n’a pas été consommé (du moins s’il n’est pas périssable, en quel cas sa valeur diminue rapidement).

Voyons comment les choses se passent au niveau de l’entreprise. Produire, c’est transformer des matériaux en un produit fini à l’aide d’outils de production. Les matériaux constituent alors des biens consommables, les outils de production sont loués et le produit fini appartient à l’entreprise et peut être loué à son tour. Remarquons que la distribution ne peut en aucun cas être un achat et une revente : c’est donc un service rendu, facturé en tant que tel. Par ailleurs, puisque la propriété n’est accessible qu’aux entreprises, personne ne peut posséder une entreprise et l’actionnariat ne peut plus exister. Si on ne peut la posséder, peut-on la louer ? Puisqu’une entreprise, contrairement à un bien ordinaire, est amenée à prendre de la valeur avec le temps, la "louer" permet de gagner de l’argent. Tout comme la location d’un bien a pour contrepartie le fait de lui faire perdre de la valeur en l’usant, la location d’une entreprise a pour contrepartie de lui faire prendre de la valeur en y travaillant. Ce sont donc les travailleurs qui "louent" leur entreprise et touchent les bénéfices, non les actionnaires, bien que le fait de prêter de l’argent puisse être rémunéré à la "valeur locative" courante de l’argent. Enfin remontons maintenant la chaîne de production jusqu’aux matières premières. Les ressources naturelles aussi, en toute logiques, devraient se louer. Seulement elles n’ont aucun propriétaire. Il est donc nécessaire de mettre en place une entité dont les comptes sont rendus publics jouant le rôle de garant de ces ressources. L’extraction de minerais et l’exploitation des sols, tout comme la chasse, la pêche, l’utilisation de l’atmosphère et des eaux naturelles, en ce qu’ils peuvent constituer un appauvrissement des ressources, ont donc un coût locatif.

Conséquences économiques

La principale conséquence pour le consommateur est de pouvoir restituer ses objet quand bon lui semble. Quelqu’un peut par exemple décider de prendre une voiture différente chaque matin plutôt que de conserver la même. Il peut en louer une plus belle le temps d’une journée, ou prendre les transports en communs la plupart du temps. Il peut la restituer à un endroit différent et revenir à vélo si l’entreprise le permet. N’importe quel client possède le droit de changer d’avis après avoir fait l’acquisition d’un objet. Enfin la gestion des déchets est totalement différente puisqu’il n’est plus nécessaire de jeter un objet ou de trouver repreneur pour s’en débarrasser, il suffit de les rendre. Les emballages et les déchets alimentaires eux aussi peuvent être restitués. La valeur locative ne nombreux biens, comme les voitures serait sans doute plus faible qu’elle ne l’est maintenant si la location était généralisée. La location des appartements baisserait peut-être avec le temps et l’usure des immeubles. Il serait également possible d’accéder à un nombre beaucoup plus important d’objets plus anciens à bas prix. Il y a fort à parier que l’ensemble des prix baisserait fortement, étant donné la quantité beaucoup plus importante de marchandise disponible ne nécessitant pas de travail de production qu’aujourd’hui nous jetons plutôt que de la réutiliser. Il y aurait moins besoin de travailler, mais l’économie aboutirait néanmoins à un équilibre par le biais de l’offre et de la demande.

Au niveau économique, un tel fonctionnement sonnerait le glas de l’économie du "jetable", de la consommation et des phénomènes de mode produisant un renouvellement permanent des biens. Plus question pour une entreprise de fabriquer des lave-linge d’une durée de 2 ans en espérant en vendre plus. Au contraire : plus ses produits sont durables et plus elle pourra en tirer de bénéfice sur le long terme. Plus question non plus de produire des tonnes d’emballages jetables. Une entreprise est responsable de ses produits sur l’ensemble de leur durée de vie, de la production à la destruction. C’est elle qui gère ses déchets. L’agriculteur lui même doit pouvoir récupérer les déchets alimentaires et les réutiliser en compost. Une entreprise a donc tout intérêt à réparer, à recycler, à re-valoriser si elle ne veut pas avoir à gérer des tonnes de déchets, c’est à dire à appliquer l’optimisation des processus non seulement à la production mais à l’ensemble du cycle de vie des marchandises, et donc à être globalement plus responsables. Aujourd’hui nous rechignons tous à acheter de l’usagé mais gageons que les services marketing des grandes entreprises seraient prêts à nous faire oublier ce détail en nous garantissant la qualité à bas prix si c’était dans leur intérêt. Il s’ensuivrait des économies substantielles, non seulement au niveau des entreprises, mais surtout pour la société dans son ensemble, et une amélioration certaine de l’environnement

Ce serait également la fin de la spéculation. Il est inconcevable d’acheter quelque chose pour le revendre plus cher. La seule façon de tirer un bénéfice quelconque est de fournir un travail sur un bien. Le fait qu’il n’y ait plus d’actionnariat ne doit pas empêcher de nouvelles entreprises de se créer. En effet il n’est plus besoin de fournir un investissement de départ énorme pour monter une affaire dans un monde où tout se loue : pas question d’acheter des locaux, des machines, des infrastructures, mais simplement de les louer, et de les rendre si jamais nous rencontrons des problèmes économiques. Si l’affaire est rentable, elle peut l’être immédiatement par le simple produit d’un travail. La notion d’investissement elle même perd de son sens, on parlera plus volontiers de croissance de l’activité, sachant qu’il est tout aussi facile de croitre que de décroitre sans perdre d’argent, il suffit de cesser une location. Pas d’investissement ni d’actionnariat : le produit du travail est intégralement redistribué aux travailleurs. Ce serait donc aussi la fin du salariat, bien qu’on puisse imaginer un système de mutualisation assurant une rémunération stable. Si une entreprise souhaite externaliser le travail et le rémunérer comme un service pour plus de flexibilité, on imagine qu’il se formerait des sociétés de prestation de service, mais encore une fois les bénéfices de ces sociétés intermédiaires seraient intégralement reversées aux travailleurs. De cette manière il est impossible de revenir à système aboutissant à un enrichissement systématique des propriétaires tel que nous le connaissons actuellement. Seul le fait de prêter de l’argent peut encore "enrichir le riche", mais à des taux sans doute plus bas, puisque l’argent serait moins indispensable qu’il ne l’est aujourd’hui.

Conclusion


Un tel système basé non pas sur la propriété mais sur l’utilisation des biens serait donc exempt de nombreux défauts que nous connaissons au capitalisme, tout en conservant un certain nombre de ses avantages qu’il est difficile de nier, comme l’ajustement naturel des prix en fonction de l’offre et de la demande et le jeu de la concurrence aboutissant à l’optimisation des processus. Ceci ne signifie pas que ce système soit parfait, il faudrait sans doute lui adjoindre une sphère publique et communautaire et une redistribution des richesses, et il ne règle pas les questions de propriété intellectuelle mais c’est un début. Enfin revenons à la réalité : un tel système, tout de même assez complexe à gérer, est-il possible à mettre en place progressivement à partir du système actuel ? Il faudrait réformer le statut des entreprises et de l’actionnariat, au moins pour les nouvelles entreprises, puis leur imposer le recyclage systématique de leurs produits et les obliger à la récupération pour les préparer avant de réformer totalement le statut de l’économie, et enfin attendre que les anciennes possessions se dissipent au cours du temps. A chaque étape, quand bien même une volonté politique inébranlable existerait, des forces incommensurables, celles des grands propriétaires et actionnaires actuels, s’opposeraient à ces changements. Alors ne rêvons pas trop...

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135 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 3 mars 2009 11:06

    Rafraîchissant voyage au pays d’utopie...
    Il y aurait beaucoup à dire
    Une remarque seulement :

    Les modes d’appropriation sont évidemment culturels et historiques et dépendent des modes de production (eux-mêmes dépendants des forces productives à un moment donné)
    C’est ainsi que les peuples chasseurs-cueilleurs n’ont aucun intérêt à développer la propriété (mis à part les objets et outils usuels). Au Moyen-Age , beaucoup de terres étaient communes,..
    Le développement de l’accumulation primitive et des premières formes de capitalisme ont contribué à détruire ce qu’il restait de communautaire , considéré comme un frein aux affaires naissantes
    Mais au 19° S, des expériences singulières ont tenté une restauration de formes communautaires de travail et de partage (les phalanstères , inspirés de Fourrier , les expériences de Godin, Owen,etc...)
    Aujourd’hui , on peut retrouver des traces d’ organisations communautaires efficaces dans certaines entreprises autogérées, dans des associations paysannes ou le matériel est cogéré, etc...

    Jusqu’où peut-on pousser ces formes d’organisation et de répartition.. ?.L’avenir le dira et je fais l’hypothèse que le capitalisme financier moribond,qui a poussé très loin la marchandisation de la vie jusqu’à la destruction de formes essentielles de solidarité, donnera naissance à des modes de vie collective que nous n’imaginons sans doute pas aujourd’hui...


    • Romain Desbois 3 mars 2009 19:59

      Je pense qu’au contraire la notion de propriété est naturelle. Chaque animal considère son nid, son terrier comme étant le sien et ne se laissera pas déposséder de ce qu’il a "acquit". La proprièté est une notion vitale, sous peine de voir généraliser le système du coucou qui vire les autres oisillons du nid pour bénéficier de toute la nourriture et de toute la place.

      Supprimer le droit de propriété est -t-il réellement possible ?
      Comment gérer les vêtements que l’on porte, la nourriture que l’on acquière.
      Ou alors chaque soir il faudra généraliser le nomadisme urbain. Car sans notion de propriété, chacun pourra choisir de dormir dans telle ou telle habitation, en changer autant de fois que de souhaits et jouer les chaises musicales.
      Qui déterminera qui a droit de, pour combien de temps et combien ?

      Je suis interessé par vos idées car je n’arrive pas à imaginer une société totalement dénué de notion de propriété.
      (Je ne parle pas de système soviétocommuniste qui ne nie pas la notion de propriété mais qui se l’appoprie au nom de tous.)
      s’il s’agit uniquement de la propriété foncière, oui nous pouvons tous être les locataires de l’Etat, mais je ne crois pas que ça changerait grand chose. Je crains même que cela n’exacerbe le phénomène décrié.


    • quen_tin 3 mars 2009 22:14

      Un animal ne considère pas qu’il possède tous les terriers qu’il a occupé.
      La location n’est que de la propriété temporaire. Ca n’a rien de radical ni d’anti-naturel.


    • Canine Canine 4 mars 2009 06:11

      "Un animal ne considère pas qu’il possède tous les terriers qu’il a occupé.
      La location n’est que de la propriété temporaire. Ca n’a rien de radical ni d’anti-naturel."

      L’instinct de propriété et le droit a la propriété (ou à la location) sont deux choses parfaitement différentes. Les animaux n’ont pas de système juridique, il ne donnent pas de portée éthique à leur instinct, ça n’invalide en rien le fait qu’ils aient cet instinct. Vouloir abolir le droit à la propriété est une chose idéologique dont on peut débattre, affirmer que l’instinct de propriété n’existe pas en est une autre, dont la fausseté est démontrée chaque jour quand un chien aboit derrière sa grille sur un passant.


    • Fergus fergus 4 mars 2009 09:28

      La notion de propriété est certes naturelle, comme le dit Romain Desbois, mais pas celle de dynastie. Ce qu’il faut casser, ou du moins ramener à des proportions plus raisonnables, c’est la transmission de patrimoine ad vitam aeternam. Comme le dit le Pr Jacquard, un bien acquis ne devrait pas profiter à plus de deux générations après la constitution de ce bien, hors outil de travail.


    • maxim maxim 3 mars 2009 11:13

      et pour les femmes qu’est ce qu’on fait ?


      • LE CHAT LE CHAT 3 mars 2009 11:48

        @maxim

        t’es mal barré mon pote , elles veulent toujours avoir le dernier mot ! smiley ça va être dur de partager ça !


      • maxim maxim 3 mars 2009 12:28

        salut Le Chat....

        ou alors ,si l’échange est possible je passe cette annonce ..

        échangerai Femme de 60 ans contre deux de 30 !

        à 30 ans elle ne sont qu’à moitié emmerdantes ,et on peut moduler !


      • Walden Walden 3 mars 2009 13:59

        "Et pour les femmes qu’est-ce qu’on fait ?" smiley
        => Pensez-vous donc pouvoir être propriétaire d’une femme ? Dans quel pays au juste vivez-vous ?
        Question subsidiaire : lorsque vous vous soulagez publiquement en postant de telles inepties, êtes-vous aussi autosatisfait que sur la photo ?


      • K K 3 mars 2009 14:43

        @Capitaine :

         

        Et en plus vous payez des mensualites a vie... Si ca ce n est pas de la propriete ! smiley


      • maxim maxim 3 mars 2009 15:05

        c’est du deuxième degré Walden ......au cas ou vous ne l’auriez pas pigé :

        ,c’est -------du------deuxième ------degré -------

        du ---------------deuxième -----------------degré !!!!!!

        et si j’ai l’air si satisfait ,c’est que j’ai déjà fait l’échange ,et deux nanas de 30 piges ,ça change !

        bon là je vous quitte ,mes femmes m’appellent .....

        j’arrive mes chéries ,j’étais en train de répondre à quelqu’un qui trouve que j’ai l’air satisfait !

        désolé Walden il faut vraiment que je vous quitte !


      • Reinette Reinette 3 mars 2009 23:03

        casse toi pôv’con !


      • zelectron zelectron 3 mars 2009 11:30

        @l’auteur
        et la notion de territoire ? qu’en faites-vous ? même les animaux marquent le leur et se battent pour éloigner des intrus.....


        • LE CHAT LE CHAT 3 mars 2009 11:49

          les plantes également ! smiley


        • quen_tin 3 mars 2009 12:21

          On peut toujours louer un terrain.
          Il est toujours possible de "louer pour une durée infinie", ce qui équivaut à acheter.

          Voir le permier paragraphe : il est question de la notion de territoire dans la citation d’Henri Laborit.


        • faxtronic faxtronic 3 mars 2009 13:01

          louer ?? A qui ??


        • Canine Canine 3 mars 2009 13:57

          Dire qu’il faut abolir la propriété pour x ou y raisons idéologiques c’est une chose (et pourquoi pas, c’est une idée qui en vaut bien d’autres), dire que l’instinct de propriété n’existe pas, c’est juste n’importe quoi en terme de psychologie (et même de comportementalisme animalier).


        • quen_tin 3 mars 2009 14:56

          @faxtronic
          cf. l’article :

          "Enfin remontons maintenant la chaîne de production jusqu’aux matières premières. Les ressources naturelles aussi, en toute logiques, devraient se louer. Seulement elles n’ont aucun propriétaire. Il est donc nécessaire de mettre en place une entité dont les comptes sont rendus publics jouant le rôle de garant de ces ressources. L’extraction de minerais et l’exploitation des sols, tout comme la chasse, la pêche, l’utilisation de l’atmosphère et des eaux naturelles, en ce qu’ils peuvent constituer un appauvrissement des ressources, ont donc un coût locatif."


        • jakback jakback 3 mars 2009 11:56

          Va expliquer ça a mon chien lorsqu’il ronge son os !!


          • quen_tin 3 mars 2009 12:14

            Pas de problème, il est toujours possible de "louer pour une durée infinie", ce qui équivaut à acheter.


          • licorne 3 mars 2009 12:42

            marx y avait bien pensé... huxley aussi dans le meilleur des monde....


          • zelectron zelectron 11 novembre 2009 13:39

            Ton chien en plus il pisse aux 4 coins pour quoi faire ?


          • ZEN ZEN 3 mars 2009 12:22

            L’avenir est à l’économie sociale et au développement coopératif , sur les ruines d’un capitalisme à bout de souffle
            De nombreux exemples en France , dans le monde, montre que c’est efficace et propre à entretenir la solidarité


            • Canine Canine 4 mars 2009 09:59

              @ Zen

              "L’avenir est à l’économie sociale et au développement coopératif , sur les ruines d’un capitalisme à bout de souffle "

              Le développement coopératif n’est pas la suppression du droit à la propriété, c’est son partage, voir même sa mutualisation, ce qui est extrèment différent (et à mon sens beaucoup plus raisonnable, mieux vaut arranger les failles d’un modèle qu’on connait, que réver d’en construire un tout neuf avec des "si") .


            • quen_tin 4 mars 2009 10:42

              > ’est son partage, voir même sa mutualisation, ce qui est extrèment différent

              et beaucoup plus radical


            • Ivanov 3 mars 2009 12:30

              Concernant le règne animal et la propriété privée. Ces animaux se battent pour occuper un espace de subsistance et de vie. Une fois parti, ils ne leurs viendraient jamais à l’idée de revenir prélever une rente chez les nouveaux occupant des lieux. Il s’agit donc d’une approprition temporaire d’un espace de vie.

              Quant à la comparaison avec des fauves de la savanes, j’imagine qu’il existe aussi de nombreux exemples de coopération dans la faune. Tous les goûts sont dans la nature non ?

              La propriété privée s’est le vol, mais pour le momment la location s’est quarrement l’arnaque ! 
              Il est indispensable de repenser ou d’abolir la propriété privée. Surtout quand 5% possèdent 30% du patrimoine et un tiers qu’y en sont totalement dépourvu.


              • Canine Canine 3 mars 2009 13:45

                "Quant à la comparaison avec des fauves de la savanes, j’imagine qu’il existe aussi de nombreux exemples de coopération dans la faune. Tous les goûts sont dans la nature non ?"

                Ouais, ils y existent aussi de nombreuses luttes, souvent à mort, pour la défense d’un carré de chasse.


              • uman 3 mars 2009 12:50

                Afin de ne pas mal interpréter mes propos, je suis politiquement modéré, historiquement de droite, puis centriste, parfois de gauche, je ne sais plus trop, en tout cas humaniste, mais le débat n’est pas sur la représentativité de nos partis français, je cherche avant tout un sens et surtout un business model qui puisse nous ouvrir des perspectives durables.

                Mon propos donc : pourquoi ne pas réhabiliter l’anarchie ? !!
                Depuis bientôt deux siècles, nombre de penseurs respectables ont théorisé la notion de sociétés autogérées (mêmes s’ils sont décrédibilisés dans nos inconscients collectifs) ; les SCOP et autres modes de gestions et de financements coopératifs explosent ; la culture, l’aide aux plus démunis et les médias indépendants perdraient toute réalité sans le tissus associatif... la non-propriété existe ainsi de fait et fait vivre notre société.

                A cela s’ajoute de manière indubitable la notion de monde fini et donc de développement durable. si l’homme n’est pas assez ’éclairé’ pour remettre en cause ses ’best practices’ industrielles alors c’est la nature qui s’en chargera via l’entropie, soit le chaos : la non-propriété est nécessaire.

                Mais je ne suis pas philosophe, ni historien ou politologue : las de théories, bien que nécessaires, je veux des exemples et des faits : ce post pose la question du ’possible’ et ’en France’.

                Alors monsieur quen_tin, même si j’adhère à vos propos ’en théorie’, ne pourrait-on pas en appeler aux juristes qui nous lisent, aux économistes, aux politiques ou à l’homme du peuple afin qu’ils nous disent quels sont les antécédents :
                y-a-t-il une société autogérée en France qui fonctionne ?
                est-même possible du point de vue du droit français ?
                quel banquier suivra un projet pour lequel amasser du capital n’est pas un objectif premier ?

                Ainsi, pour la conclusion de votre article, plutôt qu’un ’Alors ne rêvons pas trop... ’ qui annihile la nécessité même de saisir votre plume (ou clavier) pourquoi ne pas préférer un ’soyons réaliste, demandons l’impossible’ : le Ché est mort, comme mai 68, qu’est ce qu’il nous reste si ce n’est AgoraVox et les médias vraiment indépendants ?


                • aquad69 3 mars 2009 13:33

                  Bonjour Quen_tin,

                  c’est un sujet intéressant, mais votre article a le défaut de ne pas voir assez loin, de manquer d’horizon, et de s’imaginer que pour changer les choses, il suffirait d’inventer à partir de rien de nouvelles formules de consommations et, par exemple, de remplacer la propriété des objets par leur location.

                  Mais celà n’abolirait pas réellement la propriété, puisque les "loueurs" resteraient propriétaires des objets qu’ils loueraient, avec en plus le risque de développer encore plus les monopoles et la dépendance des consommateurs...

                  En réalité, la notion de propriété est partie de notre identité, et inséparable de l’image que nous nous faisons de nous-mêmes. Et on ne peut réellement comprendre le Monde d’aujourd’hui sans en remonter aux considérations existentielles. 

                  L’homo occidentalus moderne, malgrès ce que voudrait nous faire croire une propagande médiatique omniprésente, est loin de représenter la norme et la nature de l’espèce humaine, ni son épanouissement d’ailleurs ; et l’identité humaine, cad la manière dont les gens se conçoivent eux-mêmes, et donc aussi les notions de propriété, ont été vécues d’une manière très différente dans les autres cultures.

                  Si le sujet nous intéresse, plutôt que de faire marcher notre imagination et essayer "d’inventer" des choses nouvelles et théoriques, utopiques en somme, nous ferions mieux d’aller explorer ce qui existe déjà ailleurs, ou a réellement existé dans le passé.

                  Je vous conseille, en particulier, la lecture de l’excellente "histoire de la bourgeoisie en France", de Régine Pernoud, qui explique très bien que les notions de "propriété privée" telle que nous les connaissons aujourd’hui et qui nous donnent en principe le droit "d’user et d’abuser" de l’objet dont nous sommes le propriétaire, voire même de le casser si c’est notre bon plaisir, sont issues du droit romain qui a été réintroduit vers la fin de l’époque féodale pour remplacer les anciennes lois coutumières.

                  Car dans la société Européenne d’avant la Renaissance, ce que l’on définit aujourd’hui comme la propriété était plutôt privilège d’usage, de bétails ou de terres par exemple, mais sujet à confiscation dans les cas extrêmes de mauvaises utilisations et non privatif d’autres droits.

                  Le bénéfice d’un verger, autre exemple, était justifié par le fruit du travail beaucoup plus que par la rente d’une propriété ; et dans le cas de vergers non récoltés, toute personne était fondée à venir en cueillir les fruits.

                  Le Monde féodal était un Monde non cloturé (même si les taxes de passages entre zones, ou à l’occasion de ponts, étaient fréquentes), dans lequel chacun avait des privilèges d’usages définis selon son état. Et en réalité personne, pas plus les seigneurs que les autres, n’était propriétaire terrien (à l’exception des cas assez rares de "franc alleu", cad de possessions qui remontaient à l’époque romaine).

                  Malgrès qu’il soient ceux de nos ancêtres,c’est un Monde et une mentalité qui nous sont aujourd’hui aussi étrangers que ceux de la Chine impériale ou des aborigènes d’Australie. Mais on ne peut comprendre les fondements de l’économie moderne, et en particulier ceux du libéralisme économique, ni l’histoire de ce que l’on a appelé "la révolution industrielle" si l’on ignore les conditions de transitions entre les deux époques et ce qu’ a représenté l’apparition des "enclosures" en Angleterre.

                  A ce sujet, le livre "La Grande Transformation", de Polianiyi (si ma mémoire est bonne...) est incontournable.

                  Les principes qui régissaient nos sociétés à l’époque féodale vont à l’encontre de toutes les règles économiques et sociales actuelles, et les réfutent absolument ; c’est sans doute la raison pour laquelle les tenants modernes des "lumières" ont tellement menti à leur sujet et les ont tellement caricaturé. Mais on doit pouvoir encore retrouver les traces de ces principes aujourd’hui, dans les dernières cultures traditionnelles que nous n’ayons pas réussi à faire disparaître...

                  Cordialement Thierry


                  • quen_tin 3 mars 2009 15:20

                     > et de s’imaginer que pour changer les choses, il suffirait d’inventer à partir de rien de nouvelles formules de consommations et, par exemple, de remplacer la propriété des objets par leur location.

                    C’est volontaire. C’est une utopie.


                    avec en plus le risque de développer encore plus les monopoles et la dépendance des consommateurs...

                    Pourquoi ? La seule différence est qu’on possède le droit de restituer une possession quand on le souhaite. C’est uniquement un droit supplémentaire pour le consommateur et un devoir supplémentaire pour l’entreprise, qui est de gérer ce qu’elle produit sur l’ensemble de la durée de vie. En quoi est-ce que ça risque de développer la dépendance des consommateurs ?

                    Au contraire ! Ca risque de développer l’indépendance des consommateurs et la responsabilité des entreprises.

                    Par ailleurs comment peut on imaginer développer un monopole sachant qu’une entreprise ne peut pas "acheter" une autre, puisqu’il n’y a pas d’action ?

                    Merci d’argumenter un peu avant de parler de "
                    ne pas voir assez loin, de manquer d’horizon"


                  • quen_tin 3 mars 2009 15:24

                     > Mais celà n’abolirait pas réellement la propriété, puisque les "loueurs" resteraient propriétaires des objets qu’ils loueraient, avec en plus le risque de développer encore plus les monopoles et la dépendance des consommateurs...

                    Oui, sauf qu’il ne peut pas "sous-louer" (ou alors au prix où lui le loue), ni revendre plus cher son bien qu’il ne l’a acheté. Ce changement n’a l’air de rien, mais c’est considérable : seul le travail peut rapporter, le fait de posséder ne peut que "coûter".

                    En ce sens c’est beaucoup plus naturel que la propriété.


                  • quen_tin 3 mars 2009 15:33

                    > En réalité, la notion de propriété est partie de notre identité, et inséparable de l’image que nous nous faisons de nous-mêmes.

                    Je suis locataire de mon appartement, et ça n’égratine pas mon identité pour autant. A vrai dire j’y vis comme si c’était le mien.

                    Ce qui est anti-naturel, c’est que son propriétaire touche chaque mois mon loyer alors qu’il n’a pas le moins du monde fabriqué cet appartement lui même. Tout ce qu’il a eut à faire c’est de mettre une grosse somme au départ. Ca ça ne fait pas du tout partie de notre identité à mon avis, ni d’aucun instinct naturel. C’est la base de l’injustice social.



                  • Canine Canine 3 mars 2009 15:43

                    @ l’auteur

                    "Ce qui est anti-naturel, c’est que son propriétaire touche chaque mois mon loyer alors qu’il n’a pas le moins du monde fabriqué cet appartement lui même. Tout ce qu’il a eut à faire c’est de mettre une grosse somme au départ. Ca ça ne fait pas du tout partie de notre identité à mon avis, ni d’aucun instinct naturel. C’est la base de l’injustice social."

                    Cette grosse est elle autre chose que la répercution du cout de fabrication ? Et surtout, pour le locataire, louer auprès du fabricant, ou d’une personne ayant acheter le produit du fabricant, qu’est-ce que ça change en terme de justice sociale ?


                  • Canine Canine 3 mars 2009 15:46

                    + somme


                  • quen_tin 3 mars 2009 17:11

                    Ca change que l’argent de la location ne peut revenir que aux travailleurs ayant fabriqué l’immeuble, par l’intermédiaire de l’entreprise de construction (car une entreprise appartient à ceux qui y travaillent).


                  • Canine Canine 3 mars 2009 19:29

                    "Ca change que l’argent de la location ne peut revenir que aux travailleurs ayant fabriqué l’immeuble, par l’intermédiaire de l’entreprise de construction (car une entreprise appartient à ceux qui y travaillent)."

                    Oui, bah ça change pas le loyer ça, ça chage juste son destinataire, et ça oblige les travailleurs ayant fabriqués l’immeuble a en assurer aussi la gestion, c’est donc une nouvelle formation pour eux, un deuxième métier. A moins qu’il ne délègue à des bailleurs, mais ça reviendrait au point de départ.


                  • quen_tin 3 mars 2009 22:16

                    L’entreprise de construction ne pourra plus contenir que des personnes travaillant dans la construction, puisqu’elle devra assurer d’autres tâches. Mais en aucun cas il n’y aura de propriétaire.


                  • Mmarvinbear mmarvin 3 mars 2009 23:38

                    "Ce qui est anti-naturel, c’est que son propriétaire touche chaque mois mon loyer alors qu’il n’a pas le moins du monde fabriqué cet appartement lui même".

                    La spécialisation des individus permet d’avoir une société capable de produire des personnes hautement qualifiées chacune dans un ou deux domaines particuliers. Les vides créés ainsi sont compensés par la vie en société qui permet de mettre les compétences des uns face aux manques des autres. Ton propriétaire n’est pas maçon, mais il est peut etre dentiste ou simple rentier. D’une façon ou d’une autre, tu lui verse un loyer afin qu’il vive de cette rente mais en échange, il entretien le batiment dans lequel tu vis. S’il ne pleut pas dans ton lit, c’est à une partie de l’argent que tu lui verse que tu le dois.




                  • Canine Canine 4 mars 2009 03:50

                    "L’entreprise de construction ne pourra plus contenir que des personnes travaillant dans la construction, puisqu’elle devra assurer d’autres tâches. Mais en aucun cas il n’y aura de propriétaire."

                    Ouais, et finalement, elle pourrait même déléguer cette tache à une autre entreprise, des gens dont la location serait le métier, un peu comme des bailleurs, qui, au lieu d’être bailleur propriétaire, seraient bailleur loueur.


                  • quen_tin 4 mars 2009 10:44

                    @Canine : tout a fait.
                    Et les bénéfices de cet entreprise de bailleurs reviendraient également à ses travailleurs.

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