La notion de propriété est-elle naturelle ? Pas si l’on en croit Henri Laborit. Dans son livre "Dieu ne joue pas au dés", bien loin des préoccupations économiques qui vont nous intéresser ici, il décrit notre monde à la lumière de nos connaissances scientifiques en terme de niveaux d’organisation imbriqués les uns dans les autres. Dans un passage sur les organisations sociales, voici comment il nous parle de la notion de propriété : "Il n’y a donc pas d’instinct de propriété. Il y a simplement l’apprentissage par un système nerveux de l’agrément qui peut résulter de l’emploi ou de l’indispensabilité de garder à sa disposition des objets et des êtres gratifiants. Il n’y a pas non plus d’instinct de défense du territoire, il y a simplement un espace dans lequel des individus trouvent et veulent conserver à leur disposition des êtres et des objets gratifiants." Autrement dit, la notion fondamentale ne serait pas la possession mais l’accessibilité, la nécessité de tenir à disposition ce dont nous avons besoin.
Rappelons que la notion de propriété privée est le principal fondement de notre système de droit, et par conséquent de notre économie tout entière. Je pense avoir montré récemment que ce principe n’allait pas sans poser certains problèmes. A la base du capitalisme, élément essentiel du consumérisme, participant donc à la destruction de l’environnement, on peut également lui attribuer l’origine de l’injustice sociale, par le principe suivant lequel plus je possède et plus je gagne d’argent, sans pour autant travailler ni le mériter. Le propriétaire est celui qui s’enrichit. Or si on en croit Henri Laborit, qui s’appuie dans ce livre sur des recherches scientifiques dans différents domaines, le principe de propriété n’aurait rien de naturel, il ne constituerait pas le moins du monde un instinct, la seule choses dont nous aurions besoin étant l’accessibilité des objets.
A titre personnel je suis tout a fait prêt à le croire, et la propriété peut se montrer parfois bien encombrante. J’ai par exemple dans ma cuisine une foule d’ustensiles que je n’utilise que très rarement. Je les prête volontiers à des voisins ou des connaissances et au fond peu m’importe de les posséder et de les céder le temps d’une soirée, tout ce dont j’ai besoin c’est de pouvoir y accéder au moment où j’en ai besoin, le reste du temps ils ne font qu’encombrer mes armoires. J’ai aussi une quantité innombrable de vieilles chaussures démodés dont je ne sais que faire, mais que je refuse de jeter parce qu’elles sont encore en bon état : je me passerais bien de les posséder... Ce qui est important n’est donc pas la propriété mais l’accessibilité. En poussant un peu on croirait presque que notre société actuelle, qui de l’avis de nombreuses personnes va droit dans le mur, serait fondée sur un simple malentendu. Et s’il en allait autrement ? Et si par exemple au lieu de payer pour posséder des objets, nous payions simplement pour les utiliser ? Et si le principe fondamentale de toute transaction économique n’était pas la cession du droit de propriété, mais plutôt la location d’un droit d’accès à un bien ou un service ? Et si nous abolissions la propriété ? C’est cette utopie, moins radicale qu’il n’y parait, que je vous propose de partager le temps de cet article.
Mise en oeuvre
Dans un monde où la propriété n’est pas cessible, un objet appartient irrévocablement à celui qui le crée, ou plutôt à l’entité abstraite responsable de sa création, l’entreprise. Cependant il est possible à chacun d’entre nous d’utiliser ces objets "en location" pendant la durée souhaitée. Chacun paie donc chaque mois ou chaque jour pour l’ensemble de ce qu’il "possède" et peut restituer à n’importe quel moment les objets dont il n’a plus besoin. Le taux de location est réajusté en permanence en fonction du marché, selon les lois de l’offre et de la demande. Il est également fonction de l’ancienneté de l’objet et de l’usure dont nous sommes responsable : utiliser un objet intensivement coûte plus cher que de bien le conserver. Enfin à chaque contrat de location peut s’ajouter un taux fixe correspondant au service de mise à disposition. Par convention nous pouvons considérer qu’un objet possède une valeur totale, équivalente de la valeur que nous lui attribuons aujourd’hui, qui correspondrait à la somme de ses locations sur une durée infinie (ce qui implique, pour les matheux, que cette somme converge, ce qui est le cas si on diminue à intervalle régulier le taux de location d’un même facteur - nous avons alors affaire à une série géométrique). Alors la location consiste finalement à imputer régulièrement à cet objet une partie de sa valeur totale, partie d’autant plus grande que nous avons "usé" le bien, et à rembourser cette partie au propriétaire de l’objet.
Dans la pratique il serait tout a fait fastidieux de payer chaque jour ou chaque mois pour l’utilisation du moindre objet, de l’ouvre bouteille à la paire de chaussette en passant par nos cuillères à café. Une facilité de paiement pour les objets ayant une valeur relativement faible consisterait à payer au départ pour l’intégralité de l’objet, et à récupérer au moment de la restitution sa valeur restante, en fonction de l’usure infligée. Alors tout se passerait exactement comme si nous avions simplement acheté puis revendu l’objet, et les choses ne changent pas beaucoup par rapport à notre système actuel, à ceci près que l’entreprise qui nous a fourni un bien est tenue de nous le "racheter", et, ce qui a son importance, qu’il est impossible par définition de "revendre" un bien plus cher qu’on l’a acheté, non pas parce que c’est interdit, mais simplement parce que ça n’a aucun sens d’avoir un tarif de location négatif. De même la sous-location ne peut apporter de bénéfice puisque les taux sont sans cesse réajustés. Le lecteur alerte comprendra aisément comment un tel système peut s’adapter aux biens "consommables". Un bien consommable est simplement un bien dont la valeur diminue jusqu’à devenir nulle au moment où il est consommé, si bien qu’il devient inutile de le restituer à son propriétaire. L’acheteur paie une fois pour toute sa valeur totale correspondant à sa location sur un temps infini. Il lui est toujours possible de restituer l’objet tant qu’il n’a pas été consommé (du moins s’il n’est pas périssable, en quel cas sa valeur diminue rapidement).
Voyons comment les choses se passent au niveau de l’entreprise. Produire, c’est transformer des matériaux en un produit fini à l’aide d’outils de production. Les matériaux constituent alors des biens consommables, les outils de production sont loués et le produit fini appartient à l’entreprise et peut être loué à son tour. Remarquons que la distribution ne peut en aucun cas être un achat et une revente : c’est donc un service rendu, facturé en tant que tel. Par ailleurs, puisque la propriété n’est accessible qu’aux entreprises, personne ne peut posséder une entreprise et l’actionnariat ne peut plus exister. Si on ne peut la posséder, peut-on la louer ? Puisqu’une entreprise, contrairement à un bien ordinaire, est amenée à prendre de la valeur avec le temps, la "louer" permet de gagner de l’argent. Tout comme la location d’un bien a pour contrepartie le fait de lui faire perdre de la valeur en l’usant, la location d’une entreprise a pour contrepartie de lui faire prendre de la valeur en y travaillant. Ce sont donc les travailleurs qui "louent" leur entreprise et touchent les bénéfices, non les actionnaires, bien que le fait de prêter de l’argent puisse être rémunéré à la "valeur locative" courante de l’argent. Enfin remontons maintenant la chaîne de production jusqu’aux matières premières. Les ressources naturelles aussi, en toute logiques, devraient se louer. Seulement elles n’ont aucun propriétaire. Il est donc nécessaire de mettre en place une entité dont les comptes sont rendus publics jouant le rôle de garant de ces ressources. L’extraction de minerais et l’exploitation des sols, tout comme la chasse, la pêche, l’utilisation de l’atmosphère et des eaux naturelles, en ce qu’ils peuvent constituer un appauvrissement des ressources, ont donc un coût locatif.
Conséquences économiques
La principale conséquence pour le consommateur est de pouvoir restituer ses objet quand bon lui semble. Quelqu’un peut par exemple décider de prendre une voiture différente chaque matin plutôt que de conserver la même. Il peut en louer une plus belle le temps d’une journée, ou prendre les transports en communs la plupart du temps. Il peut la restituer à un endroit différent et revenir à vélo si l’entreprise le permet. N’importe quel client possède le droit de changer d’avis après avoir fait l’acquisition d’un objet. Enfin la gestion des déchets est totalement différente puisqu’il n’est plus nécessaire de jeter un objet ou de trouver repreneur pour s’en débarrasser, il suffit de les rendre. Les emballages et les déchets alimentaires eux aussi peuvent être restitués. La valeur locative ne nombreux biens, comme les voitures serait sans doute plus faible qu’elle ne l’est maintenant si la location était généralisée. La location des appartements baisserait peut-être avec le temps et l’usure des immeubles. Il serait également possible d’accéder à un nombre beaucoup plus important d’objets plus anciens à bas prix. Il y a fort à parier que l’ensemble des prix baisserait fortement, étant donné la quantité beaucoup plus importante de marchandise disponible ne nécessitant pas de travail de production qu’aujourd’hui nous jetons plutôt que de la réutiliser. Il y aurait moins besoin de travailler, mais l’économie aboutirait néanmoins à un équilibre par le biais de l’offre et de la demande.
Au niveau économique, un tel fonctionnement sonnerait le glas de l’économie du "jetable", de la consommation et des phénomènes de mode produisant un renouvellement permanent des biens. Plus question pour une entreprise de fabriquer des lave-linge d’une durée de 2 ans en espérant en vendre plus. Au contraire : plus ses produits sont durables et plus elle pourra en tirer de bénéfice sur le long terme. Plus question non plus de produire des tonnes d’emballages jetables. Une entreprise est responsable de ses produits sur l’ensemble de leur durée de vie, de la production à la destruction. C’est elle qui gère ses déchets. L’agriculteur lui même doit pouvoir récupérer les déchets alimentaires et les réutiliser en compost. Une entreprise a donc tout intérêt à réparer, à recycler, à re-valoriser si elle ne veut pas avoir à gérer des tonnes de déchets, c’est à dire à appliquer l’optimisation des processus non seulement à la production mais à l’ensemble du cycle de vie des marchandises, et donc à être globalement plus responsables. Aujourd’hui nous rechignons tous à acheter de l’usagé mais gageons que les services marketing des grandes entreprises seraient prêts à nous faire oublier ce détail en nous garantissant la qualité à bas prix si c’était dans leur intérêt. Il s’ensuivrait des économies substantielles, non seulement au niveau des entreprises, mais surtout pour la société dans son ensemble, et une amélioration certaine de l’environnement
Ce serait également la fin de la spéculation. Il est inconcevable d’acheter quelque chose pour le revendre plus cher. La seule façon de tirer un bénéfice quelconque est de fournir un travail sur un bien. Le fait qu’il n’y ait plus d’actionnariat ne doit pas empêcher de nouvelles entreprises de se créer. En effet il n’est plus besoin de fournir un investissement de départ énorme pour monter une affaire dans un monde où tout se loue : pas question d’acheter des locaux, des machines, des infrastructures, mais simplement de les louer, et de les rendre si jamais nous rencontrons des problèmes économiques. Si l’affaire est rentable, elle peut l’être immédiatement par le simple produit d’un travail. La notion d’investissement elle même perd de son sens, on parlera plus volontiers de croissance de l’activité, sachant qu’il est tout aussi facile de croitre que de décroitre sans perdre d’argent, il suffit de cesser une location. Pas d’investissement ni d’actionnariat : le produit du travail est intégralement redistribué aux travailleurs. Ce serait donc aussi la fin du salariat, bien qu’on puisse imaginer un système de mutualisation assurant une rémunération stable. Si une entreprise souhaite externaliser le travail et le rémunérer comme un service pour plus de flexibilité, on imagine qu’il se formerait des sociétés de prestation de service, mais encore une fois les bénéfices de ces sociétés intermédiaires seraient intégralement reversées aux travailleurs. De cette manière il est impossible de revenir à système aboutissant à un enrichissement systématique des propriétaires tel que nous le connaissons actuellement. Seul le fait de prêter de l’argent peut encore "enrichir le riche", mais à des taux sans doute plus bas, puisque l’argent serait moins indispensable qu’il ne l’est aujourd’hui.
Conclusion
Un tel système basé non pas sur la propriété mais sur l’utilisation des biens serait donc exempt de nombreux défauts que nous connaissons au capitalisme, tout en conservant un certain nombre de ses avantages qu’il est difficile de nier, comme l’ajustement naturel des prix en fonction de l’offre et de la demande et le jeu de la concurrence aboutissant à l’optimisation des processus. Ceci ne signifie pas que ce système soit parfait, il faudrait sans doute lui adjoindre une sphère publique et communautaire et une redistribution des richesses, et il ne règle pas les questions de propriété intellectuelle mais c’est un début. Enfin revenons à la réalité : un tel système, tout de même assez complexe à gérer, est-il possible à mettre en place progressivement à partir du système actuel ? Il faudrait réformer le statut des entreprises et de l’actionnariat, au moins pour les nouvelles entreprises, puis leur imposer le recyclage systématique de leurs produits et les obliger à la récupération pour les préparer avant de réformer totalement le statut de l’économie, et enfin attendre que les anciennes possessions se dissipent au cours du temps. A chaque étape, quand bien même une volonté politique inébranlable existerait, des forces incommensurables, celles des grands propriétaires et actionnaires actuels, s’opposeraient à ces changements. Alors ne rêvons pas trop...
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Rafraîchissant voyage au pays d’utopie...
Il y aurait beaucoup à dire
Une remarque seulement :
Les modes d’appropriation sont évidemment culturels et historiques et dépendent des modes de production (eux-mêmes dépendants des forces productives à un moment donné)
C’est ainsi que les peuples chasseurs-cueilleurs n’ont aucun intérêt à développer la propriété (mis à part les objets et outils usuels). Au Moyen-Age , beaucoup de terres étaient communes,..
Le développement de l’accumulation primitive et des premières formes de capitalisme ont contribué à détruire ce qu’il restait de communautaire , considéré comme un frein aux affaires naissantes
Mais au 19° S, des expériences singulières ont tenté une restauration de formes communautaires de travail et de partage (les phalanstères , inspirés de Fourrier , les expériences de Godin, Owen,etc...)
Aujourd’hui , on peut retrouver des traces d’ organisations communautaires efficaces dans certaines entreprises autogérées, dans des associations paysannes ou le matériel est cogéré, etc...
Jusqu’où peut-on pousser ces formes d’organisation et de répartition.. ?.L’avenir le dira et je fais l’hypothèse que le capitalisme financier moribond,qui a poussé très loin la marchandisation de la vie jusqu’à la destruction de formes essentielles de solidarité, donnera naissance à des modes de vie collective que nous n’imaginons sans doute pas aujourd’hui...
Rafraîchissant voyage au pays d’utopie...
Il y aurait beaucoup à dire
Une remarque seulement :
Les modes d’appropriation sont évidemment culturels et historiques et dépendent des modes de production (eux-mêmes dépendants des forces productives à un moment donné)
C’est ainsi que les peuples chasseurs-cueilleurs n’ont aucun intérêt à développer la propriété (mis à part les objets et outils usuels). Au Moyen-Age , beaucoup de terres étaient communes,..
Le développement de l’accumulation primitive et des premières formes de capitalisme ont contribué à détruire ce qu’il restait de communautaire , considéré comme un frein aux affaires naissantes
Mais au 19° S, des expériences singulières ont tenté une restauration de formes communautaires de travail et de partage (les phalanstères , inspirés de Fourrier , les expériences de Godin, Owen,etc...)
Aujourd’hui , on peut retrouver des traces d’ organisations communautaires efficaces dans certaines entreprises autogérées, dans des associations paysannes ou le matériel est cogéré, etc...
Jusqu’où peut-on pousser ces formes d’organisation et de répartition.. ?.L’avenir le dira et je fais l’hypothèse que le capitalisme financier moribond,qui a poussé très loin la marchandisation de la vie jusqu’à la destruction de formes essentielles de solidarité, donnera naissance à des modes de vie collective que nous n’imaginons sans doute pas aujourd’hui...
Je pense qu’au contraire la notion de propriété est naturelle. Chaque animal considère son nid, son terrier comme étant le sien et ne se laissera pas déposséder de ce qu’il a "acquit". La proprièté est une notion vitale, sous peine de voir généraliser le système du coucou qui vire les autres oisillons du nid pour bénéficier de toute la nourriture et de toute la place.
Supprimer le droit de propriété est -t-il réellement possible ?
Comment gérer les vêtements que l’on porte, la nourriture que l’on acquière.
Ou alors chaque soir il faudra généraliser le nomadisme urbain. Car sans notion de propriété, chacun pourra choisir de dormir dans telle ou telle habitation, en changer autant de fois que de souhaits et jouer les chaises musicales.
Qui déterminera qui a droit de, pour combien de temps et combien ?
Je suis interessé par vos idées car je n’arrive pas à imaginer une société totalement dénué de notion de propriété.
(Je ne parle pas de système soviétocommuniste qui ne nie pas la notion de propriété mais qui se l’appoprie au nom de tous.)
s’il s’agit uniquement de la propriété foncière, oui nous pouvons tous être les locataires de l’Etat, mais je ne crois pas que ça changerait grand chose. Je crains même que cela n’exacerbe le phénomène décrié.
Un animal ne considère pas qu’il possède tous les terriers qu’il a occupé.
La location n’est que de la propriété temporaire. Ca n’a rien de radical ni d’anti-naturel.
"Un animal ne considère pas qu’il possède tous les terriers qu’il a occupé.
La location n’est que de la propriété temporaire. Ca n’a rien de radical ni d’anti-naturel."
L’instinct de propriété et le droit a la propriété (ou à la location) sont deux choses parfaitement différentes. Les animaux n’ont pas de système juridique, il ne donnent pas de portée éthique à leur instinct, ça n’invalide en rien le fait qu’ils aient cet instinct. Vouloir abolir le droit à la propriété est une chose idéologique dont on peut débattre, affirmer que l’instinct de propriété n’existe pas en est une autre, dont la fausseté est démontrée chaque jour quand un chien aboit derrière sa grille sur un passant.
La notion de propriété est certes naturelle, comme le dit Romain Desbois, mais pas celle de dynastie. Ce qu’il faut casser, ou du moins ramener à des proportions plus raisonnables, c’est la transmission de patrimoine ad vitam aeternam. Comme le dit le Pr Jacquard, un bien acquis ne devrait pas profiter à plus de deux générations après la constitution de ce bien, hors outil de travail.
"Et pour les femmes qu’est-ce qu’on fait ?"
=> Pensez-vous donc pouvoir être propriétaire d’une femme ? Dans quel pays au juste vivez-vous ?
Question subsidiaire : lorsque vous vous soulagez publiquement en postant de telles inepties, êtes-vous aussi autosatisfait que sur la photo ?
Dire qu’il faut abolir la propriété pour x ou y raisons idéologiques c’est une chose (et pourquoi pas, c’est une idée qui en vaut bien d’autres), dire que l’instinct de propriété n’existe pas, c’est juste n’importe quoi en terme de psychologie (et même de comportementalisme animalier).
"Enfin remontons maintenant la chaîne de production jusqu’aux matières premières. Les ressources naturelles aussi, en toute logiques, devraient se louer. Seulement elles n’ont aucun propriétaire. Il est donc nécessaire de mettre en place une entité dont les comptes sont rendus publics jouant le rôle de garant de ces ressources. L’extraction de minerais et l’exploitation des sols, tout comme la chasse, la pêche, l’utilisation de l’atmosphère et des eaux naturelles, en ce qu’ils peuvent constituer un appauvrissement des ressources, ont donc un coût locatif."
L’avenir est à l’économie sociale et au développement coopératif , sur les ruines d’un capitalisme à bout de souffle
De nombreux exemples en France , dans le monde, montre que c’est efficace et propre à entretenir la solidarité
"L’avenir est à l’économie sociale et au développement coopératif , sur les ruines d’un capitalisme à bout de souffle "
Le développement coopératif n’est pas la suppression du droit à la propriété, c’est son partage, voir même sa mutualisation, ce qui est extrèment différent (et à mon sens beaucoup plus raisonnable, mieux vaut arranger les failles d’un modèle qu’on connait, que réver d’en construire un tout neuf avec des "si") .
Concernant le règne animal et la propriété privée. Ces animaux se battent pour occuper un espace de subsistance et de vie. Une fois parti, ils ne leurs viendraient jamais à l’idée de revenir prélever une rente chez les nouveaux occupant des lieux. Il s’agit donc d’une approprition temporaire d’un espace de vie.
Quant à la comparaison avec des fauves de la savanes, j’imagine qu’il existe aussi de nombreux exemples de coopération dans la faune. Tous les goûts sont dans la nature non ?
La propriété privée s’est le vol, mais pour le momment la location s’est quarrement l’arnaque !
Il est indispensable de repenser ou d’abolir la propriété privée. Surtout quand 5% possèdent 30% du patrimoine et un tiers qu’y en sont totalement dépourvu.
"Quant à la comparaison avec des fauves de la savanes, j’imagine qu’il existe aussi de nombreux exemples de coopération dans la faune. Tous les goûts sont dans la nature non ?"
Ouais, ils y existent aussi de nombreuses luttes, souvent à mort, pour la défense d’un carré de chasse.
Afin de ne pas mal interpréter mes propos, je suis politiquement modéré, historiquement de droite, puis centriste, parfois de gauche, je ne sais plus trop, en tout cas humaniste, mais le débat n’est pas sur la représentativité de nos partis français, je cherche avant tout un sens et surtout un business model qui puisse nous ouvrir des perspectives durables.
Mon propos donc : pourquoi ne pas réhabiliter l’anarchie ? !!
Depuis bientôt deux siècles, nombre de penseurs respectables ont théorisé la notion de sociétés autogérées (mêmes s’ils sont décrédibilisés dans nos inconscients collectifs) ; les SCOP et autres modes de gestions et de financements coopératifs explosent ; la culture, l’aide aux plus démunis et les médias indépendants perdraient toute réalité sans le tissus associatif... la non-propriété existe ainsi de fait et fait vivre notre société.
A cela s’ajoute de manière indubitable la notion de monde fini et donc de développement durable. si l’homme n’est pas assez ’éclairé’ pour remettre en cause ses ’best practices’ industrielles alors c’est la nature qui s’en chargera via l’entropie, soit le chaos : la non-propriété est nécessaire.
Mais je ne suis pas philosophe, ni historien ou politologue : las de théories, bien que nécessaires, je veux des exemples et des faits : ce post pose la question du ’possible’ et ’en France’.
Alors monsieur quen_tin, même si j’adhère à vos propos ’en théorie’, ne pourrait-on pas en appeler aux juristes qui nous lisent, aux économistes, aux politiques ou à l’homme du peuple afin qu’ils nous disent quels sont les antécédents :
y-a-t-il une société autogérée en France qui fonctionne ?
est-même possible du point de vue du droit français ?
quel banquier suivra un projet pour lequel amasser du capital n’est pas un objectif premier ?
Ainsi, pour la conclusion de votre article, plutôt qu’un ’Alors ne rêvons pas trop... ’ qui annihile la nécessité même de saisir votre plume (ou clavier) pourquoi ne pas préférer un ’soyons réaliste, demandons l’impossible’ : le Ché est mort, comme mai 68, qu’est ce qu’il nous reste si ce n’est AgoraVox et les médias vraiment indépendants ?
c’est un sujet intéressant, mais votre article a le défaut de ne pas voir assez loin, de manquer d’horizon, et de s’imaginer que pour changer les choses, il suffirait d’inventer à partir de rien de nouvelles formules de consommations et, par exemple, de remplacer la propriété des objets par leur location.
Mais celà n’abolirait pas réellement la propriété, puisque les "loueurs" resteraient propriétaires des objets qu’ils loueraient, avec en plus le risque de développer encore plus les monopoles et la dépendance des consommateurs...
En réalité, la notion de propriété est partie de notre identité, et inséparable de l’image que nous nous faisons de nous-mêmes. Et on ne peut réellement comprendre le Monde d’aujourd’hui sans en remonter aux considérations existentielles.
L’homo occidentalus moderne, malgrès ce que voudrait nous faire croire une propagande médiatique omniprésente, est loin de représenter la norme et la nature de l’espèce humaine, ni son épanouissement d’ailleurs ; et l’identité humaine, cad la manière dont les gens se conçoivent eux-mêmes, et donc aussi les notions de propriété, ont été vécues d’une manière très différente dans les autres cultures.
Si le sujet nous intéresse, plutôt que de faire marcher notre imagination et essayer "d’inventer" des choses nouvelles et théoriques, utopiques en somme, nous ferions mieux d’aller explorer ce qui existe déjà ailleurs, ou a réellement existé dans le passé.
Je vous conseille, en particulier, la lecture de l’excellente "histoire de la bourgeoisie en France", de Régine Pernoud, qui explique très bien que les notions de "propriété privée" telle que nous les connaissons aujourd’hui et qui nous donnent en principe le droit "d’user et d’abuser" de l’objet dont nous sommes le propriétaire, voire même de le casser si c’est notre bon plaisir, sont issues du droit romain qui a été réintroduit vers la fin de l’époque féodale pour remplacer les anciennes lois coutumières.
Car dans la société Européenne d’avant la Renaissance, ce que l’on définit aujourd’hui comme la propriété était plutôt privilège d’usage, de bétails ou de terres par exemple, mais sujet à confiscation dans les cas extrêmes de mauvaises utilisations et non privatif d’autres droits.
Le bénéfice d’un verger, autre exemple, était justifié par le fruit du travail beaucoup plus que par la rente d’une propriété ; et dans le cas de vergers non récoltés, toute personne était fondée à venir en cueillir les fruits.
Le Monde féodal était un Monde non cloturé (même si les taxes de passages entre zones, ou à l’occasion de ponts, étaient fréquentes), dans lequel chacun avait des privilèges d’usages définis selon son état. Et en réalité personne, pas plus les seigneurs que les autres, n’était propriétaire terrien (à l’exception des cas assez rares de "franc alleu", cad de possessions qui remontaient à l’époque romaine).
Malgrès qu’il soient ceux de nos ancêtres,c’est un Monde et une mentalité qui nous sont aujourd’hui aussi étrangers que ceux de la Chine impériale ou des aborigènes d’Australie. Mais on ne peut comprendre les fondements de l’économie moderne, et en particulier ceux du libéralisme économique, ni l’histoire de ce que l’on a appelé "la révolution industrielle" si l’on ignore les conditions de transitions entre les deux époques et ce qu’ a représenté l’apparition des "enclosures" en Angleterre.
A ce sujet, le livre "La Grande Transformation", de Polianiyi (si ma mémoire est bonne...) est incontournable.
Les principes qui régissaient nos sociétés à l’époque féodale vont à l’encontre de toutes les règles économiques et sociales actuelles, et les réfutent absolument ; c’est sans doute la raison pour laquelle les tenants modernes des "lumières" ont tellement menti à leur sujet et les ont tellement caricaturé. Mais on doit pouvoir encore retrouver les traces de ces principes aujourd’hui, dans les dernières cultures traditionnelles que nous n’ayons pas réussi à faire disparaître...
> et de s’imaginer que pour changer les choses, il suffirait d’inventer à partir de rien de nouvelles formules de consommations et, par exemple, de remplacer la propriété des objets par leur location.
C’est volontaire. C’est une utopie.
> avec en plus le risque de développer encore plus les monopoles et la dépendance des consommateurs...
Pourquoi ? La seule différence est qu’on possède le droit de restituer une possession quand on le souhaite. C’est uniquement un droit supplémentaire pour le consommateur et un devoir supplémentaire pour l’entreprise, qui est de gérer ce qu’elle produit sur l’ensemble de la durée de vie. En quoi est-ce que ça risque de développer la dépendance des consommateurs ?
Au contraire ! Ca risque de développer l’indépendance des consommateurs et la responsabilité des entreprises.
Par ailleurs comment peut on imaginer développer un monopole sachant qu’une entreprise ne peut pas "acheter" une autre, puisqu’il n’y a pas d’action ?
Merci d’argumenter un peu avant de parler de "ne pas voir assez loin, de manquer d’horizon"
> Mais celà n’abolirait pas réellement la propriété, puisque les "loueurs" resteraient propriétaires des objets qu’ils loueraient, avec en plus le risque de développer encore plus les monopoles et la dépendance des consommateurs...
Oui, sauf qu’il ne peut pas "sous-louer" (ou alors au prix où lui le loue), ni revendre plus cher son bien qu’il ne l’a acheté. Ce changement n’a l’air de rien, mais c’est considérable : seul le travail peut rapporter, le fait de posséder ne peut que "coûter".
En ce sens c’est beaucoup plus naturel que la propriété.
> En réalité, la notion de propriété est partie de notre identité, et inséparable de l’image que nous nous faisons de nous-mêmes.
Je suis locataire de mon appartement, et ça n’égratine pas mon identité pour autant. A vrai dire j’y vis comme si c’était le mien.
Ce qui est anti-naturel, c’est que son propriétaire touche chaque mois mon loyer alors qu’il n’a pas le moins du monde fabriqué cet appartement lui même. Tout ce qu’il a eut à faire c’est de mettre une grosse somme au départ. Ca ça ne fait pas du tout partie de notre identité à mon avis, ni d’aucun instinct naturel. C’est la base de l’injustice social.
"Ce qui est anti-naturel, c’est que son propriétaire touche chaque mois mon loyer alors qu’il n’a pas le moins du monde fabriqué cet appartement lui même. Tout ce qu’il a eut à faire c’est de mettre une grosse somme au départ. Ca ça ne fait pas du tout partie de notre identité à mon avis, ni d’aucun instinct naturel. C’est la base de l’injustice social."
Cette grosse est elle autre chose que la répercution du cout de fabrication ? Et surtout, pour le locataire, louer auprès du fabricant, ou d’une personne ayant acheter le produit du fabricant, qu’est-ce que ça change en terme de justice sociale ?
Ca change que l’argent de la location ne peut revenir que aux travailleurs ayant fabriqué l’immeuble, par l’intermédiaire de l’entreprise de construction (car une entreprise appartient à ceux qui y travaillent).
"Ca change que l’argent de la location ne peut revenir que aux travailleurs ayant fabriqué l’immeuble, par l’intermédiaire de l’entreprise de construction (car une entreprise appartient à ceux qui y travaillent)."
Oui, bah ça change pas le loyer ça, ça chage juste son destinataire, et ça oblige les travailleurs ayant fabriqués l’immeuble a en assurer aussi la gestion, c’est donc une nouvelle formation pour eux, un deuxième métier. A moins qu’il ne délègue à des bailleurs, mais ça reviendrait au point de départ.
L’entreprise de construction ne pourra plus contenir que des personnes travaillant dans la construction, puisqu’elle devra assurer d’autres tâches. Mais en aucun cas il n’y aura de propriétaire.
"Ce qui est anti-naturel, c’est que son propriétaire touche chaque mois mon loyer alors qu’il n’a pas le moins du monde fabriqué cet appartement lui même".
La spécialisation des individus permet d’avoir une société capable de produire des personnes hautement qualifiées chacune dans un ou deux domaines particuliers. Les vides créés ainsi sont compensés par la vie en société qui permet de mettre les compétences des uns face aux manques des autres. Ton propriétaire n’est pas maçon, mais il est peut etre dentiste ou simple rentier. D’une façon ou d’une autre, tu lui verse un loyer afin qu’il vive de cette rente mais en échange, il entretien le batiment dans lequel tu vis. S’il ne pleut pas dans ton lit, c’est à une partie de l’argent que tu lui verse que tu le dois.
"L’entreprise de construction ne pourra plus contenir que des personnes travaillant dans la construction, puisqu’elle devra assurer d’autres tâches. Mais en aucun cas il n’y aura de propriétaire."
Ouais, et finalement, elle pourrait même déléguer cette tache à une autre entreprise, des gens dont la location serait le métier, un peu comme des bailleurs, qui, au lieu d’être bailleur propriétaire, seraient bailleur loueur.
Vous n’avez pas compris.
L’entreprise qui m’a fourni un bien est tenu de me le reprendre immédiatement. Pas besoin de trouver repreneur. L’entreprise productrice gère le bien sur toute sa durée de vie.
Ebay n’existerait donc plus.
Et si le bien n’a de valeur que locative, je loue une ferrari pour un jour (à l’entreprise ferrari, donc, si j’ai bien compris), je la plante dans un platane, j’ai rien à rembourser, puisque la valeur n’est que locative ? A ce tarif là, on peut faire des crash test tous les jours, non ?
C’est une chose qu’il faudrait développer... Ils seraient sans doute déterminés par le marché.
J’y avais un peu réflechi : si on connait la durée de vie approximative d’un objet et sa valeur actuelle, on peut se servir des suites géométriques pour déterminer un taux d’usure et un tarif de location.
Soit V la valeur totale, d la durée de vie, L le tarif de location initial et u le taux d’usure.
Posons par principe que la durée de vie correspond au moment où l’objet n’est loué que 10% de son tarif d’origine.
On peut déterminer u en fonction de d et vice versa :
u^d = 0,1
u = 0,1^(-d)
d = ln(0,1)/ln(u)
On peut aussi calculer la valeur totale de l’objet (location sur une durée infinie) en fonction du tarif de location initial, et vice versa :
V = somme(t=0 -> infini) L * u^t
V = L / (1-u)
L = V * (1 - u)
C’est théorique. En pratique on peut supposer que le taux d’usure s’adapterait à la durée de vie de l’objet. S’il est trop fort, le prix baisse trop vite, l’objet n’est plus rentable après un laps de temps. S’il est trop faible, personne n’en veut car l’objet usagé coute trop cher et l’objet n’est pas rentabilisé.
Pour ce qui est de mesurer l’utilisation qui est faite, on peut soit imaginer un taux d’usure fixe par unité de temps, soit trouver des moyens alternatifs de mesurer l’usure (pour les voitures : le kilométrage). On peut également imaginer d’encadrer contractuellement les débordements et abus par des taxes supplémentaires, sans pour autant dépasser la valeur totale de l’objet. Tout dépend de la façon dont les entreprises souhaitent faire.
Typiquement, le cas d’accident de ferrari devrait être encadré contractuellement : puisqu’on a totalement détruit l’objet on doit en théorie payer sa valeur complète (location sur une durée infinie). Cependant on peut imaginer qu’il y aurait une assurance pour ce genre de cas.
Si je paye en fonction de l’usure de l’objet, que le prix de location et basé sur un ratio entre la durée de vie potentielle de l’objet et son succès commercial, et si en cas d’abus, je dois payer son intégralité, en quoi est-ce que ça créé plus de justice sociale, une répartition des richesses différentes ? Enfin, ormis le fait que je me retrouve à louer des chaussures déjà portées par d’autres, et à devoir aller chercher un batteur électrique chez le loueur de batteurs électriques quand il me prend l’envie de faire des meringues tous les trois mois, puis ramener ce batteur électrique (ce qui doit légérement augmenter le temps de préparation) si je dois louer très cher ce qui vaut très cher au lieu d’acheter très cher, je vois pas trop ce que ça change en terme de justice sociale.
Ca ne change rien pour le consommateur, chacun peut acheter le batteur si c’est plus pratique pour lui.
Ca coute seulement moins cher de le louer si on ne s’en sert jamais c’est tout... J’imagine que les entreprises auraient intérêt à développer des emplacements de proximité ouverts en permanence pour limiter les contraintes. C’est dans leur intérêt de nous "relouer" des choses, donc...
Ok, même avec la proximité, ça augmente votre temps de préparation pour le batteur à oeuf. Par contre ainsi vous avez accès à une gamme beaucoup plus importante d’ustensils, sans pour autant avoir une cuisine énorme. Vous n’aviez pas de hacheur ? hop ! un petit tour au magasin.
Ca donne donc accès à un nombre très important d’objets en location, donc moins chers.
Pour la justice sociale à proprement parler, elle découle du fait qu’il n’est plus possible de posséder une entreprise, et que les bénéfices sont logiquement reversés aux travailleurs.
De manière générale elle découle du fait que seul un travail peut créer de l’argent. La possession (devenue location) en tant que tel ne peut pas rapporter en elle même. Donc fini les rentes des grands propriétaires.
"Ca coute seulement moins cher de le louer si on ne s’en sert jamais c’est tout... J’imagine que les entreprises auraient intérêt à développer des emplacements de proximité ouverts en permanence pour limiter les contraintes. C’est dans leur intérêt de nous "relouer" des choses, donc...
Ok, même avec la proximité, ça augmente votre temps de préparation pour le batteur à oeuf. Par contre ainsi vous avez accès à une gamme beaucoup plus importante d’ustensils, sans pour autant avoir une cuisine énorme. Vous n’aviez pas de hacheur ? hop ! un petit tour au magasin. Ca donne donc accès à un nombre très important d’objets en location, donc moins chers. "
Admettons pour le plaisir théorique, ça occasionne quand même des couts supplémentaires non négligeables. Si 1 darty avec 1 employé au rayon batteur doit devenir 10 points de proximité avec 10 vendeurs, ça va se ressentir sur le prix de location, surtout en zone faiblement peuplée. Sans même parler des coût de poses, de déposes, de transport de la location d’appareils plus volumineux (frigo, four, barbecue, etc.). Enfin, la théorie, oui, pourquoi pas, mais il me semble précipité d’annoncer d’avance que la pratique serait assurément économique.
"Pour la justice sociale à proprement parler, elle découle du fait qu’il n’est plus possible de posséder une entreprise, et que les bénéfices sont logiquement reversés aux travailleurs.
De manière générale elle découle du fait que seul un travail peut créer de l’argent. La possession (devenue location) en tant que tel ne peut pas rapporter en elle même. Donc fini les rentes des grands propriétaires."
Admettons pour le plaisir théorique (bis), s’il n’y a plus de propriétaire de l’entreprise, et qu’elle est gérée par tous ses locataires, qui décide de la redistribution des bénéfices ? Ceux qui travaillent plus, ou ceux qui louent le plus ? Auxquels cas, les rentes de grands propriétaires ne risquent elles pas d’être remplacé par des rentes de grands locataires ? Et sans financement actionnarial, comment faire pour financer les machines qui pourraient augmenter la rentabilité future de l’entreprise, mais dont le cout locatif est supérieur à la rentabilité actuelle ?
Permier point : je suis d’accord, au niveau du bilan économique ça se discute...
Voici quelques arguments : le but du système est de responsabiliser les entreprises en ne refourgant plus de déchets à tout va, déchets qui sont jusqu’ici traités par la collectivité- à prendre en compte dans le bilan - et les particuliers ...
Jusqu’ici la production est optimisée par le marché. Une fois le produit vendu au consommateur final, c’est terminé, l’entreprise ne s’en occupe plus.
Si le marché optimise l’ensemble du cycle de vie des produits au lieu de ne s’occuper que de la production, le bilan global pour la société ne peut être que meilleur non ?
En tout cas le bilan environnemental est indéniable et la charge sur les collectivités est réduite.
Second point : j’entend par "locataire d’une entreprise" ceux qui y travaillent, pas les clients.
Au niveau organisationnel, il en revient à chaque entreprise d’adopter un fonctionnement (par exemple démocratique). Le taux de bénéfice serait négocié comme l’est le salaire actuellement ? Il faudrait réfléchir à la manière dont ça peut être encadré par la loi...
Pour ce qui est de l’investissement, d’une part l’investissement nécessaire est moins important, parceque locatif, et d’autre part il est possible d’obtenir des prêts d’argent. Mais en aucun cas le capital d’une entreprise n’est divisé en actionnaires touchant des dividendes : le prêt sera à terme remboursé avec intérêt. Donc fini les taux d’intérêts à 12%, un prêt est un prêt, point final.
> Admettons pour le plaisir théorique (bis)
Il s’agit bien de cela, c’est une utopie pour faire réfléchir, je n’ai pas la prétention de monter un partie politique...
Attention la location peut aussi couter plus cher. L’exemple de France Télécom qui pendant des années louaient les téléphones. Ils étaient les seuls et donc leur mmonopoles nous obligeait à les louer avec la ligne.
Maintenant vous achetez un téléphone , point. Si on comptait le cout de la location obligatoire de FT , combien de téléphone en or on aurait pu s’acheter.
Par contre la location est en général la meilleure façon de faire quand on n’utilise qu’occasionnellement une chose.
L’automobile est un bon exemple, la plupard du temps notre véhicule est à l’arrêt, encombrant les voies ou les trottoirs.
Mais c’est en train de changer.
Des associations ont depuis une dizaine d’années lancé un système sympa de voiture en copropriété "caisses communes". C’est un systèe où tout le monde est gagnant, y compris ceux qui ont leur propre bagnole(moins d’espaces occupés , c’est plus de facilité de circuler)
"Il s’agit bien de cela, c’est une utopie pour faire réfléchir, je n’ai pas la prétention de monter un partie politique... "
J’entends bien :)
"Permier point : je suis d’accord, au niveau du bilan économique ça se discute...
Voici quelques arguments : le but du système est de responsabiliser les entreprises en ne refourgant plus de déchets à tout va, déchets qui sont jusqu’ici traités par la collectivité- à prendre en compte dans le bilan - et les particuliers ...
Jusqu’ici la production est optimisée par le marché. Une fois le produit vendu au consommateur final, c’est terminé, l’entreprise ne s’en occupe plus.
Si le marché optimise l’ensemble du cycle de vie des produits au lieu de ne s’occuper que de la production, le bilan global pour la société ne peut être que meilleur non ?
En tout cas le bilan environnemental est indéniable et la charge sur les collectivités est réduite. "
Oui et non, en gestion de stock de vente, il suffit de produire une unité par besoin, à flux tendu pour éviter les pertes (ça allonge juste les délais d’obtention). Le fait d’être obligé d’acheter, c’est aussi une manière de responsabiliser (le consommateur). SI je roule toute la semaine dans une voiture bleu, il est peu probable que j’en achète une rose juste pour le week end, le cout juste pour le plaisir étant trop important, alors que si je ne fait que louer selon mes envies, je peux très bien demander une bleue pour la semaine, et une rose pour le week end. Pour satisfaire les envies au jour le jour, les constructeurs loueurs devront avoir des parcs locatif au moins aussi important que les parcs de vente, puisque qu’un parc de vente peut très bien être géré à flux tendu, alors qu’avec un parc locatif, c’est parfaitement impossible.
Qui plus est, il y a quelque chose qui m’étonne dans votre mode de pensée. Transmettre la responsabilité de la gestion de déchet au entreprise plutôt qu’au consommateur, c’est précisément juste une transmission, et le fait de centraliser tout les actions dans les mains des constructeurs n’assurent en rien des économies, puisque les frais de recyclage se retrouveront dans les tarifs locatifs, sans doute adossé aux coit d’usure, et que les constructeurs seront libres de les fixer comme bon leur semble selon les rémunérations octroyées aux centre de reclycage qui leur appartiennent (puisque personne d’autre n’a plus ni droit ni capacité à recycler). Tout centraliser par obligation législative, ça peut réduire les couts dans un monde ou tout le monde est de bonne foi, mais ça créé aussi des monopoles.
"Second point : j’entend par "locataire d’une entreprise" ceux qui y travaillent, pas les clients.
Au niveau organisationnel, il en revient à chaque entreprise d’adopter un fonctionnement (par exemple démocratique). Le taux de bénéfice serait négocié comme l’est le salaire actuellement ? Il faudrait réfléchir à la manière dont ça peut être encadré par la loi...
Pour ce qui est de l’investissement, d’une part l’investissement nécessaire est moins important, parceque locatif, et d’autre part il est possible d’obtenir des prêts d’argent. Mais en aucun cas le capital d’une entreprise n’est divisé en actionnaires touchant des dividendes : le prêt sera à terme remboursé avec intérêt. Donc fini les taux d’intérêts à 12%, un prêt est un prêt, point final. "
Actuellement, ce sont les propriétaires des parts de l’entreprise qui fixent les redistributions de bénéfices et orientent les futurs investissements, par définition ce ne pourrait donc pas être "comme l’est actuellement".
Et j’avoue que je suis surpris que vous envisagiez le prêt (et encore plus le prêt à moindre cout) dans un monde locatif. Le principal intéret de votre monde du tout locatif, c’est la flexibilité, comment faites vous pour calculer le terme d’un prêt sur un bien que vous ne faites que louer, sans engagement de durée, et en faisant baisser le taux d’intéret ? Mécaniquement, plus un prêt est court (ou imaginons à durée indéterminée sans visibilité d’avenir pour la banque) et sur une somme moindre, plus le taux est élévé.
Qui plus est, il me semble (je peux me tromper cela dit, c’est juste une interprétation) qu’il y a dans votre propos une idée d’un système meilleur, par opposition ou réaction à la crise du système actuel, or s’il y a bien un responsable de la crise actuel, c’est le système bancaire, pas les propriétaires d’entreprises ou les bailleurs fonciers.
La déresponsabilisation du consommateur est un réel problème, je l’admet. Les entreprises pourraient-elle s’en arranger par un système de bonus/malus par exemple ?
Pour ce qui est de la gestion des déchets, je suis persuadé que le mieux à même de recycler un produit est son constructeur.
Ca force le constructeur à produire moins de déchets et à produire des biens plus solide. Aujourd’hui la tendance est à construire du jetable pour vendre beaucoup et de produire beaucoup d’emballages inutiles. C’est un désastre écologique. Pourquoi ? parcrqu’il n’est pas dans l’intérêt du constructeur de produire moins de déchets et plus solide, car la responsabilité est déportée sur la collectivité.
Le système que je propose incite le constructeur à réparer ses produits (aujourd’hui le consommateur en est incapable, donc on jette).
Ca incite aussi le constructeur à recycler les matériaux de ce qu’il produit, ou les pièces détachées (aujourd’hui personne n’a l’expertise ni le besoin de ces pieces, donc on jette).
Dans untel système le constructeur intelligent s’adaptera entièrement pour que ses produits soient réparables et recyclables plus facilement. Aujourd’hui ce n’est pas dans son intérêt puisque cette étape se passe hors de son entreprise. C’est ce que j’entends par optimisation sur tout le cycle.
Ce n’est donc pas qu’un simple report de responsabilité.
Pour le prêt : dans mon système, le prêt, c’est simplement de la location d’argent, et les intérêts sont le tarif de location.
Pour ce qui est de la gestion des déchets, je suis persuadé que le mieux à même de recycler un produit est son constructeur.
Ca force le constructeur à produire moins de déchets et à produire des biens plus solide. Aujourd’hui la tendance est à construire du jetable pour vendre beaucoup et de produire beaucoup d’emballages inutiles. C’est un désastre écologique. Pourquoi ? parcrqu’il n’est pas dans l’intérêt du constructeur de produire moins de déchets et plus solide, car la responsabilité est déportée sur la collectivité.
Le système que je propose incite le constructeur à réparer ses produits (aujourd’hui le consommateur en est incapable, donc on jette).
Ca incite aussi le constructeur à recycler les matériaux de ce qu’il produit, ou les pièces détachées (aujourd’hui personne n’a l’expertise ni le besoin de ces pieces, donc on jette).
Dans untel système le constructeur intelligent s’adaptera entièrement pour que ses produits soient réparables et recyclables plus facilement. Aujourd’hui ce n’est pas dans son intérêt puisque cette étape se passe hors de son entreprise. C’est ce que j’entends par optimisation sur tout le cycle.
Ce n’est donc pas qu’un simple report de responsabilité.
Je vois pas trop pourquoi les entreprises, qui n’ont de but que lucratif, seraient plus à même de recycler que les collectivités, enfin, vous avez une vision extrèmement vertueuse des entreprises dans votre système, mais admettons, pour la théorie. Qu’est-ce qui empèche, au jour d’aujourd’hui, de déléguer le système de recyclage aux entreprises productrices ? On pourrait très bien interdire au gens de jeter leur télé (etc..), aux encombrant, et obliger Darty à les reprendre et à les traiter (ou Sony, puisque ce n’est pas Darty qui produit, mais bref). Vous liez ça à l’abolissions de la propriété, c’est parfaitement détachable.
"Pour le prêt : dans mon système, le prêt, c’est simplement de la location d’argent, et les intérêts sont le tarif de location."
Mais, payer un taux d’intéret à son banquier, ou un tarif de location, ça change quoi en terme de cout ? Vous pourriez donner un exemple chiffré ?
Elles ont intérêt à recycler et à réparer parce que si elles jettent c’est une pure perte. Il n’y a aucune vertue la dedans. Une collectivité ne vend pas de voitures, elle n’a aucun intérêt à réparer des voitures et n’a pas les compétences nécessaires.
Je suis d’accord on peut très bien détacher ça de la propriété.
Pour le prêt : ça ne change rien. Par contre l’actionnariat est impossible.
Je regrette mon titre un peu provocateur, car il ne s’agit pas vraiment d’abolir la propriété.
Il s’"agit de modifier les modalités de paiement : on ne paie plus pour acquérir, mais pour posséder.
D’où : speculation impossible, droit de restitution, entreprise appartenant aux travailleurs, moins de crédit, ...
Ca m est arrive... J en loue souvent et j’ai remarque une fois que le paiement par carte bancaire n’avait pas ete debite. Bon, j’ai du repayer la fois d’apres. Apparament ils ont eu un soucis informatique au moment de mon paiement.
Encore un article du professeur Nimbus. Sur la propriété cette fois.
En attendant celui qui nous pend encore au nez sur "la main invisible" et qui ne sera que le cinq centième article paru sur Avox, pour nous expliquer que ce serait bien mieux si on abolissait le "capitalisme", ou le "libéralisme", enfin.........un truc comme ça.
Ces articles ont le mérite d’ouvrir des espaces de réflexions sur les fondements de nos sociétés.
Maintenant que le capitalisme soit le moins pire des systèmes ou qu’il doit impérativement être dépassé ?
En tout cas le débat passionne et alimente la vie démocratique.
Avez vous pensé aux locaux qu’il faudrait pour gérer tous les contrats de bails en circulation, les reçus mensuels des locations, les récepissés de reprise des objets etc etc...
Les bibliothéques de votre "société idéale" "de location " seraient d’une incommensurable tristesse, gardées par des comptables jaunâtres en complets gris.
Sur les ressources naturelles exploitables (minerais et autres ressouces fossiles), comment fixerez vous le prix de location, puisque vous ne pouvez pas juger de la valeur du stock complet à un moment donné. ? de plus, dans ce cas là il y a un propriétaire, même si vous excluez la propriété privée : c’est au minimum l’Etat souverain sue le territoire duquel existe le gisement fossile.
Ca c’est le problème des entreprises. La seule contrainte qu’elles ont est d’être obligé de reprendre ce qu’elles nous refourguent. Après libre à elles de contrôler strictement ou non la reprise, de facturer le tout au début, à la fin, chaque mois, etc.
Pour ce qui est de la valeur des resources naturelles, c’est une bonne remarque. J’avais pensé dans un premier temps qu’elles pourraient être gratuites, mais je me suis dit que pour des raisons écologiques, il serait judicieux qu’un organisme public se charge de les facturer. Il me semble qu’alors le prix ne peut être que plus ou moins arbitraire, basé sur des considérations écologiques (biodiversité, etc.), avec un système de déclaration / contrôle. J’avoue que ce point reste à approfondir, alors si vous avez des idées...
Remarquez, c’est le modele economique utilise par la compagnie qui construits les robots dans les livres d’Asimov. Elle ne vend pas ses modeles mais les loue pour pouvoir les changer quand elle le decide.
Sur les ressources naturelles exploitables (minerais et autres ressouces fossiles), comment fixerez vous le prix de location, puisque vous ne pouvez pas juger de la valeur du stock complet à un moment donné, et qu’il n’y a pas de reprise possible
"Quelqu’un peut par exemple décider de prendre une voiture différente chaque matin plutôt que de conserver la même. Il peut en louer une plus belle le temps d’une journée, ou prendre les transports en communs la plupart du temps"
Si les constructeurs étaient obligé de gérer les voitures sur l’ensemble de leur durée de vie,
n’importe quelle voiture neuve quelle quel soit devrait être proposée en location immédiatement si le client le souhaite. Il y aurait donc un choix de modèle beaucoup plus important.
les prix de location ne pourraient pas être aussi élevés, puisqu’il doit être impossible de dépasser la valeur totale de la voiture en la louant indéfiniment (location infinie=valeur totale). Ca ne devrait pas coûter beaucoup plus cher d’en louer une différente chaque jour que le prix que ça coute de posséder une voiture à l’année actuellement (décôte comprise).
étant donné les avantages, il y aurait énormément plus de gens pratiquant la location, donc énormément plus de voitures destinées à ce marché, donc un choix encore plus important de modèles et des prix encore plus intéressants
les entreprises s’adapteraient à ce marché et il y aurait plus de facilités (rapidité, proximité, flexibilité, etc.)
Autre avantage : plus besoin de réparer soi même sa voiture. On la rend et on en prend une autre. Le constructeur s’occupe des réparations si la voiture est toujours viable... A moindre coup puisqu’il possède un stocke de pièce important, car il gère également les déchets. Qui est le plus à même de recycler son produit que le constructeur ? Optimisation à tous les niveaux !
" les prix de location ne pourraient pas être aussi élevés, puisqu’il doit être impossible de dépasser la valeur totale de la voiture en la louant indéfiniment (location infinie=valeur totale). Ca ne devrait pas coûter beaucoup plus cher d’en louer une différente chaque jour que le prix que ça coute de posséder une voiture à l’année actuellement (décôte comprise). "
La somme des locations ne doit donc pas dépasser la somme total du cout de la voiture, mais par principe, ou législativement ? Parce qu’il est tout à fait possible que la voiture tienne mieux que ce qui avait été prévu initialement.
"Autre avantage : plus besoin de réparer soi même sa voiture. On la rend et on en prend une autre. Le constructeur s’occupe des réparations si la voiture est toujours viable... A moindre coup puisqu’il possède un stocke de pièce important, car il gère également les déchets. Qui est le plus à même de recycler son produit que le constructeur ? Optimisation à tous les niveaux !"
Certes, mais le cout de la réparation devrait se répercuter sur le tarif de la location, ils vont pas bosser pour rien les mécanos.
J’achete une voiture neuve et comme j’aime bien les voitures qui marchent bien, dont les moteurs ne consomment pas d’huile, qui sont pas trop sales, etc .. je m’en occupe avec soin et notamment je les rode bien que le constructeur prétende que ce soit inutile. A 200 000 km elle fonctionne très bien, ne consomme toujours pas d’huile, ressemble encore à une voiture ...
Mon fils habite Lille à 950 km de chez moi. Il a une voiture de fonction, son employeur loue tout le parc de vehicules de sa grosse l’entreprise. Il a l’usage personnel de son véhicule de fonction. Il reçoit une voiture entièrement neuve 0 km le jour ou il devait venir chez moi pour quelques jours de vacances... Il bourre comme un ane sur 950 km d’autoroutes... Quand il repart qqs jours plus tard, la voiture avec 1500 km au compteur fume bleu. Il s’en fout, si elle tombe en panne on la lui changera.
Une entreprise de camionage dans ma région a affecté un camion à chaque chauffeur, toujours le même, pour réduire très efficacement les frais d’entretien.
La propriété ou affectation privative assimilable a parfois du bon.
Exemple nul, sorry.
Vous confondez, Archie, propriété et responsabilisation, dont votre anecdote est par contre un excellent exemple.
Excusez l’intrusion.
"Alors ne changeons rien, puisque ça ne marche pas."
Qu’est-ce qui ne marche pas ? Le système actuel ou l’industrie locative automobile ?
SI vous parlez du système actuel, ma foi, entre ne rien changer, et interdire la propriété pour obliger tout le monde à tout louer, il y a une nuance.
Si vous parlez de l’industrie locative automobile, les gens qui n’ont pas le besoin ou le souhait d’avoir leur propre automobile ont déjà des solutions, qu’on peut encore augmenter.
"> La somme des locations ne doit donc pas dépasser la somme total du cout de la voiture, mais par principe, ou législativement ?
De fait."
Comment ça de fait ?
Admettons une voiture qui couterait 100 000 à la production, et dont on estimerait la durée de vie à 5 ans, soit une valeur locative mensuelle de 1666. Si la voiture marche finalement pendant 7 ans, qu’est-ce qui empèche le constructeur loueur, ou l’entreprise de location à qui il a délégué de la louer pendant deux ans de plus ? Une loi ?
responsabiliser sans qu’il y ait aucune conséquence, aucune différence entre le négligent et le soigneux ? voyez comme les Kolkhozes ont bien marché ! les tomates poussaient mieux dans les 10 m2 que le paysan possédait à son usage exclusif !
Arrêter de dire qu’on "oblige tout le monde à louer"... On peut très bien louer sur une durée infinie, donc ça ne donne que plus de droits au consommateurs !
Le système locatif ne marche pas actuellement parce qu’il n’est pas intéressant, ni pour les entreprise ni pour les consommateurs, sauf la location ponctuelle. Dans mon système il le deviendrait et se développerait naturellement. Le système basé sur la propriété incite à la production incessante et à la consommation de neuf et au jetable. Voilà pourquoi la location "ça ne marche pas" actuellement.
Pour votre deuxième question : la durée de vie d’un appareil n’est jamais de 5 ou 7 ans, elle est infinie, donc le problème ne se pose pas dans ces termes.
"Pour votre deuxième question : la durée de vie d’un appareil n’est jamais de 5 ou 7 ans, elle est infinie, donc le problème ne se pose pas dans ces termes."
Comment ça la durée de vie des objets est infinie ? Rien n’est infini, et surtout pas les objets. Ils s’usent avec le temps, les moteurs se fatiguent, ils tombent en panne, essayez donc de roulez avec une voiture ayant 800 000 kilomètres au compteur, vous comprendrez vite. Qui plus est, l’amortissement d’un produit fini doit pouvoir se calculer afin de pouvoir calculer son budget de production, même dans le cas d’un objet infini, son amortissement doit lui être fini, la question reste donc valable, même dans votre hypothèse très très très théorique pour le coup.
"Arrêter de dire qu’on "oblige tout le monde à louer"... On peut très bien louer sur une durée infinie, donc ça ne donne que plus de droits au consommateurs !"
Le fait d’interdire la propriété au consommateur ne lui donne absolument pas plus de droit, ça donnerait le droit à la restitution, mais d’un autre coté, ça interdit la revente privée, ça empécherait tous les collectionneurs du monde (de timbre, de figurine de manga, etc...) de revendre, de quoter, ce qui ne constitue en rien un privilège. Arrétez de ne pensez qu’à vous et à votre façon de consommer, il en existe d’autre.
D’ailleurs, c’est paradoxal, à part le droit à la restitution, qu’est-ce qui différencie l’achat de propriété actuel, et le droit à la location infinie ?
On peut imaginer d’autoriser la vente privée, ça revient à changer de locataire. Il faut juste que le deuxième sache ou il a le droit de restituer son bien s’il le souhaite. Il faut faire un transfert de contrat de location.
Que la part de l’instinctuel dans le comportement humain soit très réduit, ce n’est pas vraiment une découverte.
Il n’y a très certainement pas d’instinct de la liberté, ni de l’égalité non plus. Ca nous fait une belle jambe.
Par contre, il y a un petit tour de passe-passe pas très honnête dans le raisonnement : dire que hors de l’instinct, nous sortons du "naturel". Oui, bien sûr, c’est valable dans le cadre d’une opposition nature/ culture, dont on pourrait discuter de la validité, mais ce serait s’égarer trop loin du sujet.
Ce que vise l’auteur, qui a quelque vernis de philosophie, c’est de détruire la notion de droit naturel, droit naturel qui comprend, comme par hasard, le droit de propriété. Or, le sens du mot "naturel" dans ce contexte n’a rien à voir avec l’opposition nature/culture, pas plus que l’ensemble des entiers dit naturels par exemple ont à voir avec la Nature.
Le droit naturel est dit ainsi parce que il se découvre par l’usage de la raison, par essais et erreurs.
Alors que reste-t-il de la démonstration, sa prémisse démontée ?
Bon, d’accord.... Après tout, je n’ai rien contre le fait que vous rêviez, ni même contre par exemple un essai grandeur nature de cette sympathique utopie, avec des gens volontaires, sur un bout de territoire quelque part.
Mais s’appuyer sur Laborit, et son constat banal que la propriété, pas plus que l’égalité ou la liberté, pour dire que la propriété n’est pas un droit naturel était une erreur de raisonnement. La propriété n’est que la conséquence naturelle de la liberté qui s’arrête là ou commence la liberté des autres, et de l’égalité de tous devant le droit naturel. Cette découverte du droit naturel est déjà ancienne, le Décalogue et ses préceptes de vie ne sont un exemple parmi d’autres. Vous voulez refaire les raisonnements de millions d’êtres humains depuis des millénaires. Bien, c’est ambitieux. Mais prêtez un peu attention aux trésors de sagesse de l’humanité d’avant vous. Et, surtout, aux erreurs.