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Acheter son logement principal : bilan des pertes depuis deux ans !

L’immobilier rapporte à long terme… uniquement en valeur faciale. C’est de manière confirmée un excellent produit de protection contre l’inflation dans la mesure où il a démontré depuis un siècle une aptitude à conserver en l’état votre capital investi.



Comme le montre le graphique ci-dessus, depuis 130 ans, l’immobilier américain n’a jamais créé de valeur hors inflation, à part entre 2000 et 2005. A noter que cette création de valeur est violemment en cours de correction actuellement… et que tout va rentrer dans l’ordre en 2011 par rapport aux normes historiques.

En France, l’immobilier est régi par la même mécanique, en dehors du fait que la seconde guerre mondiale a plus fortement impacté les prix et qu’un rattrapage à la hausse a été nécessaire à partir des années 50.

Mais bon, tout le monde s’accorde à dire que l’immobilier ne fait que monter à long terme.

En attendant, du fait que je suis provocateur dans l’âme, je vous propose de chiffrer les pertes de ceux qui ont acheté un logement principal de la catégorie qui monte tout le temps à long terme…

Prenons un appartement dans une grande ville de province à 160.000 euros. Acheté en 2008.

Il faut compter une dépense chez le notaire et l’agent immobilier en moyenne de 16.000 euros, frais incompressibles dans le cadre d’une transaction classique.

Ensuite, vient la chute des prix des m². Disons 20.000 euros pour une vente rapide qui permettrait de retrouver sa mise. Oui, je connais le discours de mes détracteurs : tant qu’on n’a pas vendu, on n’a pas perdu. Sauf qu’on n’a pas vécu non plus un an en Thaïlande ou ailleurs avec le même argent qui a disparu…)

Ajoutons les deux taxes foncières de 900 euros, soit 1800 euros de frais.

Plus subtil, analysons les frais bancaires de remboursement d’emprunt (nous partons du principe que 100% a été financé par la banque, car dans le cas contraire, le locataire devrait bénéficier d’un capital placé pour assurer une comparaison équitable). 176.000 euros empruntés exigent assurance décès incluse, autour de 1150 euros de remboursement, à 4,65% de taux.

A surface identique, dans des villes comme Rennes, Toulouse…, on trouve des biens équivalents pour 600 ou 700 euros de loyer mensuel. Nous avons donc là une dépense supplémentaire de 500 euros, à multiplier par 24 mois. Nous obtenons un surcoût de 12.000 euros, duquel il faut retirer la prime sarko qui permet de déduire les intérêts.

En face, en tant que locataire, vous avez une dépense de loyer de 15.000 euros environ pour deux ans. Il s’agit du fameux argent jeté par la fenêtre… dans la poche de votre propriétaire.

15.000 euros d’un côté en tant qu’andouille de locataire contre 47.000 euros en tant que nouveau propriétaire avisé d’un bien qui ne fait que monter à long terme…

Techniquement, comme annoncé dans de nombreux éditos depuis 2008, les personnes qui ont choisi la location peuvent se permettre de partir vivre un an au soleil sans travailler, compte tenu de l’économie réalisée. En revenant, ils pourront acheter à leur tour un logement principal et se retrouver au même niveau financier que les propriétaires, heureux si j’ose dire, de 2008. C’était le cas en 2008. C’était le cas en 2009. 2010 ?

La décennie 2010 – 2020 va modifier considérablement les règles du jeu patrimonial en place depuis les années 60. Attention à ne pas vous faire avoir comme la génération japonaise des années 80 dont tous les actifs sont partis en fumée. Même si vous considérez que la France et le Japon sont des situations différentes, les chiffres sont formels : il faut détenir un bien pendant au moins dix ans, dans un marché immobilier qui monte chaque année de 3 ou 4% pour compenser le surcoût des frais financiers, des frais de notaires et d’agence immobilière. Toute vente prématurée coûte de l’argent et surtout, toute année où les prix ne montent pas, se révèlent désastreuses au niveau de l’aspect financier d’un achat de logement principal.

Charles Dereeper

Article extrait de la lettre « VOTRE ARGENT : gagnez +10% par an »
 
par Charles DEREEPER (son site) mardi 16 mars 2010 - 73 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par jondegre (xxx.xxx.xxx.29) 16 mars 2010 11:33
    jondegre

    en complément de l’article au demeurant fort intéressant , une petite visite sur bulle immo s’impose pour comprendre l’arnaque immobilière actuelle, des prix qui ont plus que doublé en dix ans pour des salaires flat et une précarité du travail qui s’étend, mais comme ya bcp de monde qui en croque, chut...

  • Par yoananda (xxx.xxx.xxx.10) 16 mars 2010 11:26

    Bravo, il faut tordre le coup a cette idée reçu de "je loue, je jette mon argent par les fenêtres" ... bien ancrée dans les psychisme des classes moyennes et supérieures.
    Ils oublient vite que pour la plupart, au lieu de louer un appart, ils louent une somme d’argent (qui a servi a acheter le logement à crédit), et donc au final, c’est effectivement l’augmentation de la valeur du bien qui joue. Augmentation toute virtuelle en période de bulle.

    D’autre part, a cause du nouvel environnement énergétique (pic oil) et donc, de la fin de la croissance, il n’est plus possible de tabler sur une hausse de l’immobilier tel qu’on en a connu ces dernières années.

    Les taux sont artificiellement bas en ce moment, ce qui fausse la donne a cause d’un effet loupe temporaire. Mais, comme la France est sur la sellette et que la note de ses bons aux trésors risque d’être dévaluée bientôt, les taux vont remonter, et a ce moment la, ça va faire mal !

  • Par fifilafiloche (xxx.xxx.xxx.81) 16 mars 2010 16:46
    fifilafiloche

    Je suis toujours étonné lorsqu’on aborde le sujet du logement comme véhicule "d’investissement". Il s’agit avant tout d’un besoin primaire. 


    Comme précisé par l’auteur, avec ses frais d’entrée et de sortie exhorbitants, sa nature dégradable, sa liquidité minimale, son manque de diversité, un logement ne peut être qu’un investissement de pauvre qualité par rapport à l option de capitaliser ses excédents de trésorerie sur des supports liquides, aux frais nuls, détaxés, diversifiés comme l assurance vie par exemple, tout en payant un loyer.

    L ’investissement pierre se raisonne de manière différente, comme la nutrition. Il s’agit d’un investissement sur le long terme en santé et bien être. Et là aussi, l’option de la location, de par la flexibilité qu’elle autorise, semble la meilleure option. Un changement de vie professionnelle, un départ à la retraite, un enfant en plus ? La location laisse une liberté totale au locataire de s’adapter à ses cycles de vie, alors que la propriété rend la mobilité coûteuse et stressante.

    Vous l’aurez compris, je suis un locataire heureux ;o)
  • Par Asp Explorer (xxx.xxx.xxx.249) 16 mars 2010 22:34
    Asp Explorer

    Moyennant quoi deux millions de francs, c’est cher payer la joie de pouvoir faire des trous dans les murs de votre trois-pièces parisien.

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