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Accueil du site > Actualités > Economie > Actionnariat salarié : pourquoi faire simple ?

Actionnariat salarié : pourquoi faire simple ?

Le projet de loi sur la participation comprendrait une mesure fiscale favorisant l’attribution d’actions gratuites au salarié via une déduction de l’impôt sur les sociétés... Voyons ici comment favoriser et simplifier semblent être parfaitement contraires dans l’esprit de nos gouvernants, du législateur et de l’administration fiscale.

Mais avant, une nouvelle fois, de décrier l’inégalable capacité de notre système juridique et fiscal à engendrer complexité et inefficacité, regardons d’abord la question de fond : est-il souhaitable qu’une grande proportion des salariés se voient attribuer des instruments financiers ouvrant l’accès au capital de leurs entreprises, et surtout l’opportunité de réaliser des plus-values, lorsque les actions sous-jacentes ont pris de la valeur (en langage investisseur, lorsqu’il y a eu "création de valeur") ?

Personnellement, je réponds sans hésitation "oui" à cette question. Ce "oui" est pourtant contre-balancé par deux inconvénients qu’il convient de rappeler.

1/ Lorsque les actionnaires décident de telles attributions, ils autorisent l’émission d’instruments abaissant mécaniquement le prix des actions qu’ils détiennent (phénomène de dilution). Ils espèrent, en faisant cela, que cette moins-value latente sera très vite comblée par l’effet positif induit sur les salariés motivés à la fois par un sentiment d’appropriation ("Je suis actionnaire de la boîte") et par l’appât du gain ("La boîte va aller [encore] mieux, je vais moi aussi en profiter financièrement"). Si de tels effets de motivation ne sont pas anticipables au sein de l’effectif concerné par ces attributions, alors mieux vaut ne rien faire !

2/ Dans les entreprises où de telles attributions assez généralisées sont décidées, des questions nouvelles circulent (surtout dans les PME) : combien en a mon chef ou mon collègue ? Combien le PDG a-t-il d’actions ? Combien vaut l’entreprise ? Voire, a-t-on la bonne stratégie de "création de valeur" ? Ces questions sont extrêmement saines mais très en décalage par rapport à nos tabous franco-catholico-trostkistes. Si l’organisation se sent incapable de lever le tabou, alors, encore une fois, mieux vaut aussi ne rien faire...

Je me souviens des stock-options que Cap Gemini m’avait attribuées fin 1992 (alors que le groupe n’allait pas bien), un nombre significatif d’options avec un prix d’exercice de 70 francs que j’ai pu exercer/revendre cinq ans plus tard plus de 70 euros. Une très bonne expérience... Un bon souvenir, car il avait été très exaltant de participer au retour à une très bonne situation du groupe et parce que, lors de mon exercice et de la cession desdites options, je me suis retrouvé pour la première fois, à 34 ans, en situation de "fonds propres positifs" (i.e. avec une épargne supérieure à mon endettement) ! Merci donc aux actionnaires de Cap Gemini, et notamment à Serge Kampf, qui pourrait faire figure de précurseur en la matière en ayant associé depuis fort longtemps, et de façon significative, les managers et middle-managers de son groupe à la "création de valeur".

Beaucoup plus récemment, j’ai soutenu l’attribution de tels instruments à l’intégralité de l’effectif d’une des sociétés, en l’occurrence www.priceminister.com, dont je suis administrateur. J’ai pu remarquer que certains de mes coadministrateurs étaient un peu sceptiques. J’ai ensuite entendu que certaines populations au sein de l’entreprise s’étaient elles-mêmes montrées dubitatives (du genre : "On m’a fait le coup en 2000, les stocks, c’est du pipeau" ou "Vos trucs, c’est pour dans trois ans, et on ne sait même pas combien ça vaut"). Je ne regrette rien, et même si nous avons donné un véritable instrument financier à des collaborateurs n’en ayant pas conscience, ceux-ci changeront vraisemblablement d’avis lors de la réalisation espérée de plus-values significatives : sans qu’ils le comprennent ou le sachent, nos intérêts d’actionnaires sont dorénavant totalement alignés...

Au delà des deux obstacles cités plus haut - effet escompté ou non sur la motivation des salariés, et capacité de l’organisation à lever les tabous - d’autres obstacles juridiques, comptables et surtout fiscaux rendent difficiles la proposition, par un Conseil d’administration à l’Assemblée des actionnaires, de mise en place de plans de stock-options (ou équivalents) ou d’actions gratuites au profit d’un sous-ensemble important de l’effectif.

Passons-les en revue.

Obstacles juridiques

La loi oblige les sociétés ayant émis des instruments donnant accès au capital (i.e. permettnt de détenir des actions) à réunir au sein d’assemblées générales des titulaires de ces différentes "masses" d’instruments financiers, à les informer d’un certain nombre de résolutions, à leur faire désigner un représentant de ladite "masse" qui aura accès à l’assemblée des actionnaires mais ceci, sans pouvoir délibératif (sans droit de vote, puisqu’ils représentent des non-encore-actionnaires).

Je ne sais pas si ces dispositions existent en dehors de France. Ce que je peux dire, c’est qu’elles induisent une paperasserie importante, l’émission de quantité de convocations (lettres avec A/R), de gestion de pouvoirs et de quorum... Ce qui fait que chaque "masse" (chaque ensemble de personnes détenant des instruments de même nature) est, statutairement, une société "duale" de la société concernée et que, bien sûr, plus la population concernée est large, plus le dispositif est coûteux.

Cet obstacle n’est sûrement pas insurmontable, mais on aurait pu garder le mécanisme d’antan, par lequel seuls les actionnaires sont conviés à l’Assemblée générale des actionnaires, auquel on rajouterait un simple droit/devoir d’information des/aux différentes "masses" (soit sur demande, soit via une diffusion simple).

Obstacles comptables

Ce paragraphe ne concerne que les sociétés obligées d’adopter les normes IFRS (à savoir les sociétés cotées sur un marché réglementé ou souhaitant l’être à court terme). Pour une fois, Bercy n’y est pour rien, puisqu’il s’agit de normes internationales qui ont trouvé leurs causes de complexité dans des abus commis par des sociétés américaines ayant usé intensivement des stock-options durant la "bulle".

L’idée est que l’émission de stock-options (ou équivalents) engendrant pour chaque actionnaire une "dilution potentielle" (qui devient "réelle" lorsque l’option devient action) est "économiquement équivalente" à une charge pour la société.

On peut expliquer le raisonnement en prenant l’exemple d’une société qui paierait tout son personnel au SMIC (y compris ses cadres dirigeants) et qui adopterait les stock-options comme unique moyen de différenciation des rémunérations. Son compte de résultat serait vraisemblablement "alléchant" avec des charges de personnel très faibles, mais également "trompeur" pour l’actionnaire, puisque la transformation des très nombreuses stock-options (émises puis exercées) en actions serait fortement dilutive pour les actionnaires. Les normes IFRS demandent donc que cette potentielle émission d’actions trouve sa contrepartie dans la comptabilisation de charges dans les comptes de la société.

La difficulté est que cette charge est simplement potentielle, et non quantifiable par avance (quel sera le nombre d’options exercées, et quand ?). Cela fait bien sûr les choux gras des experts-comptables et autres commissaires aux comptes (donc des charges supplémentaires pour l’entreprise) mais peut, surtout, dans de nombreux cas, décourager les dirigeants d’"abîmer" leurs comptes de résultats par la mise en place de plans à grande échelle.

Obstacles fiscaux

Avant de plonger dans le détail des conditions associées aux stock-options, bons de souscriptions de parts de créateurs d’entreprise (BSPCE) et actions gratuites, une question "philosophique" mérite d’être posée : les éventuelles plus-values issues de tels instruments financiers doivent-elles être imposées comme du travail, ou comme du capital ?

Cette question est valide, puisque c’est avec son travail que l’on accède au capital, et que nous sommes donc ici dans un cas intermédiaire.

La réponse apportée par notre État "rapace" à cette question est avant tout dictée par la facilité : en effet, il est beaucoup plus difficile de "taxer" plus sévèrement le capital, par définition mobile et international, et qui fuirait notre pays (qui a bien besoin de lui) que de "taxer" le salarié qui réside en France, déclare ses revenus et dont le salaire subit déjà un niveau de prélèvement quasi inégalé dans le monde. Je ne suis pas en train de dire que la France devrait augmenter la fiscalité sur les revenus du capital (vous vous en doutez) mais simplement que le dindon de la farce est encore une fois le salarié (et assez souvent l’entreprise employeuse).

Les stock-options

Des dispositifs complexes et changés plusieurs fois ont donc été inventés pour les stock-options, avec trois types d’imposition que j’ai essayé de résumer et de simplifier ci-dessous :

- le "rabais" (différence entre la valeur d’exercice et la valeur de l’action au moment de l’attribution de l’option) est considéré comme salaire, imposé comme tel, et objet des habituelles charges sociales. Un rabais de 20% était admis sans de telles taxes ou cotisations il y a quinze ans, la tolérance est aujourd’hui de 5% maximum.

- la "plus-value d’acquisition" (différence entre le prix d’exercice et la valeur de l’action au moment de l’exercice) taxée à 41% (CSG/CRDS incluses) si la cession a lieu au moins quatre ans après l’attribution (période d’indisponibilité), et 27% (taux habituel des plus-values sur valeur mobilière) si la cession a lieu six ans après l’attribution. A cela se rajoute le cas de la cession avant la fin de la période d’indisponibilité (de quatre ans) décidée par le salarié (souvent en cas de départ volontaire) et qui implique une "requalification en salaire" et un paiement par l’entreprise des charges sociales correspondantes.

- la "plus-value de cession" (différence entre le prix au moment de l’exercice et le prix de cession) taxée au taux habituel de 27% (CSG/CRDS incluses).

Comme l’entreprise ne peut pas maîtriser les dates d’exercice et de cession des options et actions, elle est incapable de provisionner les éventuels coûts de "requalification en salaire", et ne peut donc que très difficilement attribuer des stock-options à une population large qui, par ailleurs, serait essentiellement taxée sur la plus-value d’acquisition, puisque cession et exercice sont en général simultanés, donc au taux le plus fort... Bref, les stock-options sont aujourd’hui quasiment réservées aux cadres dirigeants ou supérieurs (ou aux salariés résidant hors de France !) et ne peuvent pas, en l’état, répondre à la logique d’actionnariat salarié large.

On notera que la notion de "plus-value d’acquisition" est parfaitement dans la logique de "facilité rapace" décrite plus haut : en effet, autant il est normal de considérer le "rabais" ou éventuellement le "prix de l’option" (qui peut se calculer au moment de l’attribution comme une fraction assez infime du prix d’exercice) comme une forme de salaire, autant taxer la plus-value entre le prix d’exercice et le prix de l’action au moment de l’exercice plus qu’une plus-value traditionnelle n’est absolument pas justifié. Le salarié obtient, en effet, via son travail et sa fidélité à l’entreprise, une option, mais, comme tout petit actionnaire, achète l’action au moment de l’exercice.

Les bons de créateurs d’entreprises

D’ailleurs, cette notion de "plus-value d’acquisition" n’existe pas dans le cas des BSPCE (appelés aussi bons de créateurs d’entreprises) réservés aux salariés et dirigeants des jeunes entreprises (moins de quinze ans, détenus pour un certain pourcentage par des personnes physiques, non cotés ou alors sur un marché de croissance...). Ce dispositif, meilleur, ne taxe que la "plus-value de cession", et ceci à 27% si le salarié a plus de trois ans d’ancienneté dans l’entreprise, et bizarrement 41% s’il en a moins.

Ce dernier point est en effet redondant avec le fait que les entreprises, lors de l’attribution de tels BSPCE, prévoient, en général, un "vesting" sur trois ans desdits bons, et que seul le cas des départs de recrues récentes avant la fin de la période relève de ce taux à 41% (alors que les salariés en question n’ont pu exercer qu’une partie des bons) : on les taxe donc plus, mais sur un montant plus faible... Pas très logique.

A noter un autre défaut de ces BSPCE, le fait qu’ils doivent être exercés avant cinq ans, ce qui, dans le cas de sociétés non cotées, oblige les salariés à décider d’exercer (ou de ne pas le faire), alors que la liquidité et la valeur associée peuvent être quasiment inconnues. Certains salariés fidèles et prudents préfèrent renoncer pour ne prendre aucun risque de moins-value (ce qui correspond à une bonne gestion) et pourraient le regretter amèrement quelques mois ou années après !

Le fait que les BSPCE ne génèrent pas de taxe sur la plus-value d’acquisition est dû au fait que la plupart des entreprises émettrices de tels bons sont non cotées, et que la valeur de l’action au moment de l’exercice du bon n’est très souvent pas connue. Ce point a, à nouveau, été oublié dans le cas nouveau des actions gratuites.

Les actions gratuites

Le principe de ce nouveau dispositif est apparemment attractif : un salarié se voit attribuer un certain nombre d’actions gratuitement, deux ans après il en devient effectivement propriétaire, et encore deux ans plus tard, il a le droit de les vendre. Malheureusement, nos fiscalistes de génie ont encore frappé :

-la plus-value d’acquisition est égale à la valeur de l’action au bout des deux ans et taxée à 41% (ou suivant l’impôt sur le revenu), ce qui présente deux défauts : dans le cas de société non cotée, cette valeur est parfois non connue et surtout la plus-value entre le prix au moment de l’attribution et le prix à la fin des deux ans devrait être taxée comme une plus-value traditionnelle à 27%.

-la plus-value de cession (plus-value entre l’acquisition et la cession durant la seconde période de deux ans) est taxée à 27%, ce qui est bien mais, s’il y a moins-value, elle ne peut être déduite de l’impôt que sur des revenus de même nature. Un salarié peut donc se voir attribuer des actions gratuites et finalement en être de sa poche (cas d’une forte baisse durant la seconde période de deux ans) ! Il paraît que Bercy va corriger cette "anomalie"...

En conséquence de tout ce maquis (sachant que j’ai sans doute simplifié dans les paragraphes ci-dessus), avocats, experts-comptables, consultants en ressources humaines et fiscalistes se régalent... et tout le monde hésite à généraliser de tels dispositifs.

Autre remarque, avant de proposer un schéma simple : aux États-Unis, la notion de "long term capital gain" renvoie à une période d’un an et la fidélité des salariés est gérée via les entreprises au travers des période de "vesting" (attribution progressive) et des conditions de départ. Nous sommes avec un référentiel de temps qui va de trois à six ans, soit au moins un cycle économique. Il me semble que tout ceci est un peu "chélonien" (terme qui désigne les tortues, comme batracien désigne les crapauds) ...

Ma recommandation

Je recommanderai, bien sûr, de simplifier tout cela :
-tout aligner sur trois ans
-taxer sur le revenu les éventuels "rabais" sur stock-options (ou bons de créateurs d’entreprises) ainsi que la valeur de l’action attribuée gratuitement (sur la base de sa valeur au moment de l’attribution)
-taxer sur les plus-values mobilières tout le reste et rendre les éventuelles moins-values déductibles du revenu
-supprimer toute notion de "requalification en salaire", de période d’exercice, d’ancienneté des salariés et autres subtilités créant des incertitudes inutiles.

On en est malheureusement assez loin.

Conclusion de tout cela ?

Beaucoup d’entrepreneurs et d’investisseurs pensent et promeuvent (exemple : l’association www.CroissancePlus.com auquel je rends ici hommage pour son information et ses actions en la matière) l’idée qu’un large actionnariat salarié est un moyen efficace et motivant de "partager les fruits de la création de valeur" mais...

La gauche, qui a peur que les gens comprennent que le capitalisme (au sens rémunération de l’actionnaire) est un système économiquement efficace, fait/fera tout pour que cela ne soit ni généralisé, ni compris.

La droite aime à faire des incantations pour un large actionnariat salarié, mais elle est immédiatement suspecte de clientélisme et incapable de prendre de vraies mesures simples et incitatives.

Quant aux technocrato-fiscalo-fonctionnaires de Bercy, adeptes du "On taxe tout ce qui bouge", ils ne changent pas, et continuent à dénaturer ce qui pourrait fonctionner. Faut dire que fonctionnaire voulant dire salarié de l’Etat, un fonctionnaire-actionnaire d’un État aux fonds propres négatifs (et pour longtemps, vu le niveau de dette et les déficits abyssaux de l’Etat français), on n’a pas grand chose à espérer du capitalisme !


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11 réactions à cet article    


  • Adolphos (---.---.59.170) 29 mai 2006 11:10

    Belle et bon article.

    Encore une fois, la France se distingue par la doctrine du « ni-ni », ni capitalisme ni socialisme, ni emploi, ni ...heu ? Rien.

    « La gauche, qui a peur que les gens comprennent que le capitalisme (au sens rémunération de l’actionnaire) est un système économiquement efficace, fait/fera tout pour que cela ne soit ni généralisé, ni compris. »

    Surtout, elle ne veut pas que cela soit l’amorce d’un début de retraite par capitalisation (réservé uniquement au fonctionnaires).


    • loxygene (---.---.197.144) 29 mai 2006 11:45

      Merci pour votre article clair et concis. C’est un plaisir de vous lire.


      • éric (---.---.166.26) 29 mai 2006 12:31

        Associer les salariés au capital est une façon de rapprocher des intérêts divergeants : ceux du propriétaire des moyens de production et ceux des « vendeurs » de leur force travail, les salariés. C’est un outil présenté comme étant de bonne gouvernance. Cependant, c’est aussi le mirroir aux alouettes pour beaucoup de salariés qui risquent par ce biais de vendre leur âme au diable. En effet, ces salariés vont se mettre à raisonner comme des propriétaires :

        - il faut baisser les coûts pour rester compétitifs, sous-entendu, licencions donc mon collègue.
        - ne faisons jamais grève, car toute revendication sera mauvaise pour le cours de l’action et l’image de l’entreprise. Le droit du travail deviendra moribon.

        etc...

        Puis le jour où l’entreprise déposera son bilan, cela peut arriver ! Les actions, titre de propriété de l’investisseurs-salarié ne vaudront plus rien. Le contrat de société prévoit que l’on bénéficie des gains, mais aussi que l’on contribue aux pertes. Le brave salarié moyen aura perdu et son emploi et son capital.

        Fabriquer des individus hybrides, mi-salariés, mi-propriétaires est un puissant outil de domination des « grands » propriétaires sur les « petits » que l’on fait rêver.Les salariés actionnaires n’auront jamais le pouvoir car des dispositifs de droits de vote majoré seront mis en place afin de protéger la situation des « vrais » possédants.


        • SIlenT BoB (---.---.73.178) 29 mai 2006 12:39

          La folie de notre Etat est qu’il doit absoluement glaner de l’argent, vous pensez bien, qu’a chaque tentative d’entreprises afin de mieux rémunérer leurs salariés sans que le fisc leur tomber dessus est immédiatement calculée par Bercy qui se fait uen joie de le taxer au plus haut niveau possible.

          Le problème est assez visible à la SNCF, une prime pourrait être accordé pour productivité, les syndicats sont contres, la gauche est contre, mais les employés ne serait pas contre 300e (je crois) en plus.

          Il est évident que l’absentéisme, la non implication de bon nombre de salariés s’explique par un total désinteressement quant à leur entreprise et cela a une bonne raison, ils n’ont aucun niteressement concret bien souvent, une prime annuelle si ça ou si cela etc...

          Un employé qui veut rester pour un bon moment dans son entreprise sera plus enclun à faire du bon boulot si il a ds intérêts financiers dans son entreprise, mais il sait que de toute façon toute sa plus-value partira pour moitié dans les caisses de l’Etat qui l’utilisera en depis du bon sens comme d’habitude.

          Nous ne pouvons créer de richesse car l’Etat nous en empêche, il englouti la moitié de la richesse crée en France chaque année, et chaque année ce taux augmente. Au prochain forum socialiste qui devrait donner les bases de leur programme, un rapporchement CSG et impôt sur le revenu devrait en être question, ainsi que du SMIC à 1500 euros, on peut en déduire 2 choses :
          - les classes moyennes vont encore payer plus d’impôts
          - Le SMIC à 1500 euros va entraîner une vague de licenciements massifs car beaucoup de PME ne pourront pas suivre.

          Bien entendu, un SMIC plus haut devrait pousser la consommation, mais le premier reflexe est soit l’epargne, soit le remboursement des dettes, je ne vois pas en cela une consommation ! De plus si le SMIC augmente, les prix augmenteront légèrement, les commerçants devront reimpacter le prix en hausse de ce cout salarial sur les prix.

          Je pense que l’actionariat salarié devrait être totalement défiscalisé afin de permettre à beaucoup de gens de vraiment épargner de cette façon (même si on l’achete a titre personnel des actions d son entreprise) et de s’impliquer davantage dans leur entreprise. Mais je pense que cette idée ne plaira pas à beaucoup qui pensent déja que les grand patrons se régaleront, mais je préfère me régaler un peu que pas du tout ! Si d’autres profitent plus que moi grand bien leur fasse ! Mais sie je peux bénéficier de 300 or 400 euros en plus chaque année je ne suis pas contre !


          • alberto (---.---.25.9) 29 mai 2006 13:39

            Tout cela est très bien, mais un petit détail que cet (excellent) article oublie un peu facilement, c’est qu’en matière spéculative, car c’est se dont il s’agit ici, la sacro-sainte règle est : « on ne met pas tout ses oeufs dans le même panier ».

            Tout cela pour dire que les oeufs du modeste collaborateur d’une entreprise ne sont pas si nombreux et qu’il doit donc les gèrer sans risque.

            Car il arrive aussi que dans notre paradis de la libre entreprise il y en a (des entreprises) qui se cassent la gueule...

            Et donc, là, notre employé modèle y perdra et son boulot et ses actions !

            Laissons SVP la spéculation aux spéculateurs et n’entrainons pas les gagne-petits sur ce terrain plutôt que de leur faire partager les bénéficices de l’entreprise en temps réèl par des revalorisations régulières de leurs rénumérations.


            • Forest Ent Forest Ent 29 mai 2006 17:00

              « Est-il souhaitable qu’une grande proportion des salariés se voient attribuer des instruments financiers ouvrant l’accès au capital de leurs entreprises, et surtout l’opportunité de réaliser des plus-values, lorsque les actions sous-jacentes ont pris de la valeur ? »

              A mon avis, non.

              Tout d’abord, un système d’incitation n’est incitatif que quand le destinataire a une prise réelle sur les événements. Une « grande proportion de salariés » concernés par l’actionnariat est une utopie. Mais même si on limite la destination aux seuls vrais décideurs, ils travaillent dans un environnement macroéconomique qu’ils ne contrôlent pas. A la rigueur, il serait possible de « récompenser » la performance de l’entreprise relativement à la moyenne de son secteur. Ou mieux encore par rapport à des objectifs librement négociés entre parties prenantes. Cela existe déjà. Ca s’appelle un salaire « variable » en fonction d’objectifs individualisés. Ca ne pose aucun problème juridique. C’est modulable en fonction du rôle de chacun. Ce n’est pas la « faute de Bercy » si ce n’est pas beaucoup utilisé. Plutôt celle du management qui a souvent du mal à définir des objectifs clairs et mesurables.

              Pourquoi faire simple quand on peut faire idéologique ?


              • Liberal (---.---.46.64) 26 juillet 2006 03:15

                « Tout d’abord, un système d’incitation n’est incitatif que quand le destinataire a une prise réelle sur les événements. »

                Prise reelle sur les evenements : le libre-choix des salaries : vendre/acheter.

                « Une »grande proportion de salariés« concernés par l’actionnariat est une utopie. »

                18% des salaries americains. 53% des entreprises y proposent des stock-options. 9% de la capitalisation des entreprises américaines.

                « Mais même si on limite la destination aux seuls vrais décideurs, ils travaillent dans un environnement macroéconomique qu’ils ne contrôlent pas »

                Ce serait absurde/arbitraire et contraire au principe d’egalite en droit. Avec un tel principe, personne ne pourrait acquerir un bien immobilier puisque personne ne maitrise la valorisation de ces biens.

                « A la rigueur, il serait possible de »récompenser« la performance de l’entreprise relativement à la moyenne de son secteur. »

                Les entreprises n’ont pas besoin d’un nonos d’Etat. Le simple jeu de la concurrence permet de recompenser les meilleurs, nul besoin d’artifices interventionnistes.

                « Ou mieux encore par rapport à des objectifs librement négociés entre parties prenantes. Cela existe déjà. Ca s’appelle un salaire »variable« en fonction d’objectifs individualisés. »

                Ca s’appele aussi salaire a la gueule du client, un moyen efficace de developper la corruption, le traffic d’influence, et la megalomanie des petits chefs.

                « Ca ne pose aucun problème juridique. »

                Celui du contrat. Employeurs et employes sont lies par des contrats qui definissent les termes et engagements de chacunes des parties. Rendre variable les salaires, c’est rendre variable les engagements, et ouvrir grande la porte a tous les abus.

                « C’est modulable en fonction du rôle de chacun. Ce n’est pas la »faute de Bercy« si ce n’est pas beaucoup utilisé. Plutôt celle du management qui a souvent du mal à définir des objectifs clairs et mesurables. »

                C’est a mon avis mal connaitre le fonctionnement de l’entreprise dont les objectifs sont commerciaux et non individualises.

                « Pourquoi faire simple quand on peut faire idéologique ? »

                Merci pour cette demonstration.


              • zen (---.---.237.39) 29 mai 2006 20:26

                Monsieur JDCH Pourquoi signaler, comme en s’excusant,que l’on n’est pas fonctionnaire ? Est-ce une tare ?

                Pour ma part, je le suis, j’en suis fier et je me sens utile. Tant pis si je passe pour ringard. Enseigner, c’est moins valorisant que la « Silicon Valley », c’est vrai.


                • JDCh (---.---.192.157) 29 mai 2006 22:07

                  Remarque a Alberto : les mécanismes d’actionnariat salarié à part quelques cas identifiés dans mon « post » (départ d’un salarié, faorte baisse dans la seconde période de 2 ans pour les actions gratuites) sont des mécanismes conçus pour que le salarié ne puisse rien perdre : il a l’option de gagner ou de ne rien perdre.

                  Réponse à Zen : si j’écris que je suis Polytechnicien sans jamais avoir été fonctionnaire, c’est pour montrer que le système éducatif que j’ai suivi me pré-destinait à la même trajectoire que beaucoup de Francais. Les choses en ont été autrement et je témoigne pour cette raison : une vision différente issue du cotoiement de l’économie de la Silicon Valley et du monde du capital-investissement.


                  • alberto (---.---.30.72) 30 mai 2006 10:57

                    Bien reçu. Alberto.


                  • marie (---.---.250.2) 31 mai 2006 23:54

                    Jamais entendu parler des SCOOP : sociétés dans lesquelles les associés (actionnaires)sont aussi salariés et la gestion aussi démocratique que possible (une personne = une voix) ?

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