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Accueil du site > Actualités > Economie > Adieu chères Sécu et Unedic

Adieu chères Sécu et Unedic

Depuis que je "surfe" dans la blogosphère, j’ai découvert qu’un certain nombre de combattants (cf section "Pour en savoir plus" ci-dessous) se battaient pour la fin du monopole de la Sécu, j’ai bien évidemment trouvé leur objectif intéressant et louable. J’ai pu suivre depuis (via RSS) leurs étonnants progrès...

Fin mai, le très sérieux Magazine Santé de France 5 diffusait un reportage (cf Extrait du magazine santé de France 5). Mi-juillet, l’un des combattants de la première heure, Claude Reichman, Président du Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale, était interviewé sur LCI et un article du Parisien faisait écho à un débat entamé sur le blog de Démagolène (*).

Bref, la fin du monopole de la Sécu semble avérée ou proche de l’être. Tout ceci pourrait avoir des conséquences lourdes (mais que j’anticipe favorablement) pour notre pays, son économie et ses citoyens.

Historique de la situation...

Le combat et le débat sont tout d’abord juridiques. En effet, deux directives Européennes de 1992 visant à organiser la concurrence entre les "assureurs" Européens furent traduites dès 1994 dans la loi Française mais en omettant volontairement le cas des "mutuelles". Un long combat s’en suivit incluant une condamnation de la France par la Cour de Justice des Communautés Européennes en 1999 et se terminant par une discrète mise en conformité via une ordonnance de Lionel Jospin le 19 avril 2001 (ordonnance n° 2001-350).

Depuis lors, la loi Française prévoit à la fois que certaines assurances sont obligatoires mais que la concurrence doit jouer : l’assurance maladie n’est pas différente, à ce titre, de l’assurance automobile. Ceci s’impose mécaniquement à 2 branches sur trois de la Sécu (Maladie et Vieillesse sachant qu’on ne peut pas parler d’"Assurance Famille" pour la troisième branche puisque bénéficiaires et cotisants sont totalement dé-corrélés) et également à l’UNEDIC (Assurance Chômage). Il y en a sans doute qui seraient capables d’apporter leur lot d’arguties juridiques à ce que je présente comme un fait accompli. En fait, peu m’importe car ce double principe d’assurance obligatoire mais pour lequel l’assureur peut être choisi librement par l’assuré ne me paraît pas contestable et en tout cas inéluctable dans son applicabilité.

Concernant l’assurance maladie,...

...les premiers milliers d’assurés sociaux à s’être engouffrés dans cette brèche sont des travailleurs non salariés non agricoles : des travailleurs indépendants ou de profession libérale (dont visiblement un nombre significatif de médecins qui connaissent bien le sujet) qui sont, d’une certaine façon, leurs propres employeurs et qui se sont assurés auprès d’assureurs Belge, Danois ou Britannique. Pour environ 40% du coût précédent, ils obtiennent un niveau de remboursement et un service équivalent voire supérieurs à ceux de la Sécu et de leur éventuelle assurance complémentaire réunies (appelée communément "la mutuelle").

Quelques retraités ont suivi qui ont permis, ce qui est très surprenant mais positif, de confirmer que la CSG/CRDS (qui sont des contributions donc assimilables à des impôts ou taxes) n’étaient pas exigibles sur leurs retraites dans la mesure où ils avaient souscrit une assurance maladie hors de France (non exigibilité confirmée par écrit par leurs Caisses d’Assurance Vieillesse !).

Enfin quelques salariés courageux ont fait la démarche auprès de leurs employeurs qui, à priori, ont dû leur reverser les 13,55% de cotisations assurance-maladie et les 8% de CSG/CRDS : une bien belle augmentation de salaire utilisée pour une faible partie à payer leur assurance maladie Anglaise ou Belge !

A notre connaissance, à l’exception de Buffalo Grill qui aurait essayé en 2004 de souscrire un contrat entreprise d’assurance-maladie et de le proposer à ses salariés en remplacement de celui de la Sécu (avec à la clé une forte augmentation de leurs salaires nets) et qui y aurait renoncé (pour une raison que je n’ai pas retrouvée), aucune entreprise de taille significative n’a franchi à ce jour ce pas décisif. Il faut dire que quelques incertitudes pèsent encore :

  • quel pourcentage de salariés opterait pour cette solution ?
  • la non exigibilité de la CSG/CRDS sera-t-elle confirmée ? et ce, seulement si l’assureur alternatif n’est pas en France ?
  • à qui reviennent naturellement les cotisations patronales ? 50/50 entre entreprise et salarié ?

L’assurance maladie n’étant pas plafonnée, les entreprises à fort salaire moyen sont bien évidemment les meilleures candidates (société de conseil, d’audit, de services informatiques, de services financiers...) et nul doute que les mois à venir verront les premières proposer à leurs jeunes cadres dynamiques d’opter pour cette solution fort économique.

Un petit calcul montre que sur une population ayant un salaire de 3000€ bruts mensuels, on arriverait facilement à près d’un mois de salaire supplémentaire pour les salariés, près d’un mois de salaire d’économie pour les entreprises et un manque à gagner annuel "net" (recettes moins dépenses) pour la CNAM d’environ 6000€ par tête. Imaginez que 2 millions de salariés optent pour un tel système, c’est tout simplement le doublement immédiat et récurrent du déficit déjà abyssal de notre chère Sécu ! Les cent mille premiers ne sont pas pour demain mais une fois ceux-ci "transformés", les millions suivants seront très rapides à les rejoindre... et la cessation de paiement de la CNAM déclarée entre temps...

D’un côté, le plan de redressement rendu absolument nécessaire de la Sécu ne sera pas alors la n-ième réformette pilotée par un ministre tenu en otage par des syndicats "irresponsabilisés" mais une complète restructuration obligeant cette organisation à abaisser drastiquement ses coûts de gestion et à aligner son offre "commerciale" et sa qualité de service sur ses nouveaux compétiteurs. Ces derniers ne manqueront pas d’innover au travers de franchises, forfaits ou options permettant (comme dans la téléphonie mobile) d’adapter, au delà la couverture obligatoire de base (maladies graves et hospitalisation), la couverture contractuelle aux besoins des assurés responsabilisés naturellement, de ce fait, dans leurs engagements de dépenses. Ces dépenses connaîtront d’ailleurs une tendance baissière ou, au pire, stabilisée (imaginez simplement une option permettant de baisser votre prime d’assurance et ne vous donnant droit qu’au médicament générique s’il existe...).

De l’autre, nos gouvernants seront contraints d’introduire la C3SFAM (Contribution Sociale de Solidarité Suite à la Faillite de l’Assurance Maladie) dont l’assiette et le mode de calcul restent bien évidemment à déterminer et qui permettra de financer la couverture de base de ceux qui ne cotisent pas. Bien qu’il s’agisse d’un nouvel impôt, celui-ci étant créé dans le cadre d’une baisse générale et significative des prélèvements obligatoires et celui-ci permettant de séparer clairement ce qui relève d’une assurance personnelle et ce qui relève de la solidarité, l’accueil de la C3SFAM sera à la fois vigilant mais bienveillant de la part des contribuables...

Concernant l’assurance vieillesse,...

...le cadre juridique de fin de monopole de la Sécu est à priori le même mais la transition vers des systèmes alternatifs ne se fera sans doute qu’une fois cette transition considérée par tous comme inéluctable pour l’assurance maladie. Deux enjeux sont, en effet, à considérer concernant les retraites :

  • Le premier, qui semble derrière nous (jurisprudence concernant les salariés-résidents en France issus de pays étrangers et qui cotisent pour leur retraite dans leur pays d’origine), est celui de la non imposition sur le revenu des sommes qui ne seraient pas versées au système en place mais à un système alternatif ;
  • Le second, plus compliqué, est celui de la valorisation/transition des acquis auprès du système en place vers un système alternatif : autrement dit, après 20 ans de cotisations auprès du système actuel, comment je garde, cumule ou transfert les droits acquis durant ses 20 années après avoir "switché".

Concernant l’assurance chômage,...

...dont rappelons-le la gestion n’est pas du ressort de la Sécu mais d’un autre organisme géré lui aussi par les syndicats appelée l’UNEDIC, cadre juridique et facilité de transition sont les mêmes que pour l’assurance maladie. Même s’il est plus difficile à une DRH de vanter les mérites du contrat entreprise d’assurance-chômage que celui d’assurance-maladie, le "switch" devrait suivre de très peu celui de la Maladie. Il n’existe cependant pas à ce jour d’offre commerciale permettant de quantifier le gain pour les salariés et entreprises à effectuer au sein des 6,48% de cotisations actuelles. Ils seront d’évidence limités comparés à ceux issus de la Maladie mais seront une source d’optimisation supplémentaire incluse dans des "bundles" "Maladie + Chômage" comparables, d’une certaine façon, à nos "packs" "Internet + Téléphonie" dans un autre secteur...

Conclusion et petites remarques acerbes...

Ainsi que je crois vous l’avoir démontré, la fin du monopole de la Sécu paraît avérée, elle trouvera des solutions vertueuses et positives pour notre économie, nos entreprises et bien sûr les assurés-sociaux que nous sommes. Cette "réforlution" (néologisme de mon fait signifiant "réforme provoquée par une révolution paisible issue de la société civile"), déclenchée pour l’heure par des travailleurs indépendants ou des retraités, va être amplifiée et généralisée par des chefs d’entreprises supportés par leurs salariés (et non par nos élus et gouvernants dont malheureusement nous ne pouvons plus espérer grand chose).

Je dois avouer que ce concept de "réforlution" me plaît bien et semble bien convenir à la fois à notre histoire et notre situation actuelle...

Je finirai sur une remarque qui mérite d’être faite sur la "connivence" confirmée dans cette grande affaire entre le pouvoir politique qui tente désespérément de nier la situation juridique telle que présentée (les derniers "nieurs" en date étant notre star lourdaise Douste et son acolyte Bertrand), les médias qui, pour l’instant, restent fort discrets sur un sujet aussi important (hommage doit cependant être rendu à France 5 et aux journalistes de son magazine santé) et les assureurs et mutualistes Français qui docilement semblent ignorer une opportunité commerciale de plusieurs centaines de milliards d’euros par an.

En dehors de la fameuse "cosanguinité politiques/administrations/grandes entreprises du secteur", auraient-ils simplement peur de se faire tailler des croupières par leurs homologues Européens et de voir le business de la "complémentaire santé" suivi de celui très juteux de l’"assurance-vie" leur échapper ?

On peut faire confiance à leur couardise, ils ne déclencheront rien mais seront là pour réagir et prendre leur part du gâteau le jour venu.

Juste une question de quelques mois...

Vive la "Réforlution" !

Pour en savoir plus :

Blog Quitter la Sécu

Dossier Fin du Monopole de la Sécu

Collectif d’Actions pour la Liberté d’Assurance Sociale
SOS Action Santé et bien d’autres sites et blogs.


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109 réactions à cet article    


  • La Taverne des poètes 28 août 2006 12:29

    Il y a, vous avez raison de le souligner, une certaine lâcheté de la part du pouvoir, à laisser des directives européennes et des arrêts européens ainsi que de grandes entreprises se débattre pour tenter de régler dans les faits cette question dont la Nation devrait s’emparer. On se trouvera donc bientôt devant le fait accompli ?


    • Jean Lançon Jean Lançon 28 août 2006 12:31

      Cela fait plusieurs années que je suis l’évolution de cette « affaire ». Je déplore son manque d’application concret pour le moment. En tout cas bravo pour cet article.


      • Forest Ent Forest Ent 28 août 2006 12:49

        Décidément, l’auteur est cohérent. Il est agréable d’avoir un vrai libéral avec qui polémiquer.

        Les « frais de gestion » de la sécu sont très inférieurs à ceux d’une assurance privée. Il n’y a ici aucun enjeu de « productivité ».

        Le seul enjeu est social. La sécu est un mécanisme de répartition des coûts entre riches et pauvres. Assurer uniquement les riches permettrait donc d’abaisser significativement le prix nominal tout en augmentant à la fois les frais de gestion et les marges, au détriment du système global et donc des pauvres, au bénéfice des riches et des assureurs. C’est ce que Bush essaye de faire avec le « medicare ». C’est indubitablement cohérent comme vision antisociale, mais essayer de faire passer cela pour une amélioration est une grosse farce : c’est juste un changement de politique sociale, des plus structurant pour la société.


        • gem (---.---.117.249) 28 août 2006 14:52

          J’ai vu aussi quelque part que les « frais de gestion » de la sécu sont significativement inférieurs aux frais des assurances non obligatoire ça mériterait toutefois d’être corroborrés et sourcé...). Même si c’est vrai (?), on peut quant même faire remarquer que

          1) ce n’est pas le tout d’avoir des frais de gestion faible « très inférieur à ceux d’une assurence privée » (sic : rappellons quand même que la Sécu est un organisme privé...). Encore faut-il que ces frais servent à assurer un service et un fonctionnement de qualité comparable à ce à quoi on se compare. En l’occurence, on peut en douter ; et la Sécu, qui communique volontiers sur ses « faibles » coûts, se garde bien de communiquer sur ce à quoi servent ces fameux coûts ...

          2) Les enjeux de productivité existent, certains sont même parfaitement identifiés (les plus connus étant les milliers d’agents de saisie dont le travail a purement et simple disparu avec les feuilles de soins informatisées, et le système « SESAM-VITALE », utile mais dont on savait depuis le début qu’on pouvait faire aussi bien pour 100 fois moins cher) ... et ignorés. A partir du moment où de telles gabegies sont tolérées, il devient difficile de croire qu’il n’y en a pas d’autres...

          3) le système Sécu + mutuelle génère DEUX systèmes de frais. En pratique, donc, on peut faire l’écconomie des frais d’un des deux organismes, celui qui offre le moins : la Sécu. Rien d’utopique, c’est une réalité très actuelle, ça se fait, par exemple, avec les Mutuelles d’etudiants (notamment avec la MNEF, antre et suppot bien connu de l’ultra-néo-libéralisme-du-poulailler-de-la-jungle smiley) ). A ce sujet, on sait que la Sécu se fait du gras sur ces délégations (elle donne moins que ce qu’elle dépenserait si elle faisait elle-même) et pourtant les délégataires ne se plaignent pas non plus : concluez vous-même...

          4) En pratique et en réalité, la Sécu n’est pas un « mécanisme de répartition des coûts entre riches et pauvres ». C’est un mécanisme de répartition des coûts des pauvres qui meurent jeunes, vers les éduqué(e)s et riches qui vivent longtemps. Il n’y a pas besoin de Sécu pour subventionner les soins des plus démunis , et inversement pour ça ce n’est pas du tout un système de monopole avec affiliation générale comme la « Sécu » qui semble a priori le plus simple et le plus efficace... Plutôt une CMU, qui a justement été mise en place pour ceux qui n’avait pas la Sécu !

          5) Perso je suis scandalisé qu’on rembourse l’Homéopathie. D’autres sont scandalisés du contraire. Et je ne vois aucune raison de me mécontenter, ni de mécontenter les amateurs de Perlimpinpin , quand à la solution médiane (remboursement réduit) c’est bien la pire. Autre problème du même genre, sur le mode éthique : quid du remboursement de l’IVG, des euthanasies, des PMA ? Plus grave : comment la sécu gère-t-elle les nouveautés médicales ? La Sécu « une et indivisible » ne laisse aucune place à la diversité.

          Bien ai-je oublier quelque chose ? Reste-t-il le moindre élément en faveur de la « Sécu » sous sa forme monopolistique ? A part le mot-prétexte « antisocial », argument ultime quand on n’a pas de vrai raison, je ne vois pas...


        • Zenest (---.---.4.3) 28 août 2006 15:13

          Votre problème, Gem, c’est que vous faites une distinction stricte entre « riches » et « pauvres ». Déjà, il serait utile de préciser à partir de quel seuil on est « riche » et en-dessous duquel on est « pauvre », mais surtout, il ne faudrait pas oublier le panel le plus important : celui des « moyens » appelons-le ainsi.

          La sécu ne sert pas qu’à permettre aux « pauvres » de bénéficier de soins aux depends des « riches » qui cotisent (les pauvres smiley ) par le biais de la CMU, mais surtout à permettre à Monsieur ou Madame « moyen » d’accéder à des prestations de santé qu’ils n’auront aucune chance d’avoir avec un système de type anglo-saxon.

          Désolé Madame « moyen », mais votre assurance ne couvre pas ces prestations de longue durée, voyez ici le petit alinéa en bas de page. Par contre, si vous faites signer ce formulaire B12 à votre famille, vos enfants pourront s’endetter sur 3 génération pour vous permettre d’en bénéficier. Non ? Bon et bien bonne chance avec votre cancer Madame « moyen »...


        • gem (---.---.117.249) 28 août 2006 15:41

          Zenest, je ne sais pas qui est « moyen » pour vous. Mais vous conviendrez que les gens « moyens » bénéficient d’un service « Sécu » payé pour l’essentiel par d’autres « moyens » (même si une part provient des « pauvres » et des « riches », quelque soit votre définition de ses catégories). Pourquoi cette vaste mutuelle aurait-elle besoin pour fonctionner d’un monopole étrange (étrange, parce qu’il faut voir de quel maquis d’organismes, privés, il est constitué...) ?

          Et pourquoi voulez-vous que les « riches » se mettent eux-même à l’écart du système ? Et comment ? Difficile de faire une mutuelle des gens qui ne veulement pas s’assurer ...


        • Forest Ent Forest Ent 28 août 2006 15:58

          « les »frais de gestion« de la sécu sont significativement inférieurs aux frais des assurances non obligatoire ça mériterait toutefois d’être corroborrés et sourcé »

          Voir réponse au post de Stephane Klein

          « encore faut-il que ces frais servent à assurer un service et un fonctionnement de qualité comparable à ce à quoi on se compare. En l’occurence, on peut en douter »

          Cela mériterait d’être « corroboré et sourcé ».

          « Les enjeux de productivité existent, certains sont même parfaitement identifiés. »

          Certes, mais cela existe aussi dans les assurances privées. Comparons donc les résultats obtenus.

          « Il n’y a pas besoin de Sécu pour subventionner les soins des plus démunis. »

          Exact, mais vous cassez alors toute l’argumentation de cet article : l’intérêt pour les riches de se faire assurer ailleurs.

          « Comment la sécu gère-t-elle les nouveautés médicales ? »

          On peut effectivement s’interroger sur l’influence des labos pharmaceutiques. Une solution : nationaliser les molécules utiles. :)


        • Zenest (---.---.4.5) 28 août 2006 16:00

          Zenest, je ne sais pas qui est « moyen » pour vous.
          Admettons que les « moyens » soient ceux qui pourraient se payer une assurance santé mais la moins chère (donc la moins efficace, celle qui couvre le moins), et qui de ce fait ne bénéficieraient pas d’une assistance de type CMU. Le problème vient rarement des extrêmes, mais de ceux qui sont à la limite du seuil d’assistance. Ce qui inclue pas mal de monde en France.

          Pourquoi cette vaste mutuelle aurait-elle besoin pour fonctionner d’un monopole étrange (étrange, parce qu’il faut voir de quel maquis d’organismes, privés, il est constitué...) ?
          Tout simplement parce qu’elle ne fait pas de distinction en fonction de l’âge, du revenu et de la santé actuels de son adhérent. Ceci est valable pour la sécu. Pas pour les mutuelles qui complètent notre « tiers-payant », malheureusement. Ces organismes font déjà cette distinction, alors d’autres assurances privées la feront également.
          Pour être viable, la sécu se base sur la solidarité de ses adhérents. Si les principaux contributeurs migrent vers d’autres organismes pour satisfaire leur intérêt personnel, cette égalité disparaîtra en même temps que notre système de santé.


        • diplo (---.---.15.45) 28 août 2006 17:59

          N’oubliez pas tous les « moyens » qui travaillent, mais n’ont pas les sous pour se payer de mutuelle, et sont trop « riches » pour bénéficier de la CMU. Ces personnes ont accès à moins de soins que les personnes qui ne travaillent pas.


        • gem (---.---.117.249) 28 août 2006 18:28

          @forrest ent

          Pour qu’un prestataire de service, quelqu’il soit, en fasse le maximum, il faut que ça soit son intérêt, il faut qu’il court le risque soit de disparaitre, soit d’être remplacé s’il foire. Admnistrativement parlant, ça suppose un appel d’offre et des candidatures libres (que les organismes soit public ou privé, ce n’est pas le problème : par exemple les Trésoreries Générales se sont fait tailler des croupières sur leur marché pourtant supposé captif des paiement administratifs ; par des Etablissements Publics).

          La Sécu avec des appels d’offre aurait déjà une autre gueule que ce qu’elle présente. On ne ferait probablement pas tout ce foin.

          A propos de vos chiffres, qu’est-ce que vous préférez : un organisme qui ne vous coute « que » 3,5%, mais qui en plus vous en fait perdre entre 1% et 1,5% (le déficit annuel), qui vous prend le chou en permanence, et dont le service vous incite à le compléter par un autre (avec des frais en sus) ? ou un organisme qui vous coute environ 5%, qui vous en rend environ 0,5%, et vous n’avez plus à vous occuper de rien ? Moi ça me semble vite vu...

          Il ne me semble pas que l’argumentation de l’article se résume à « l’intérêt pour les riches de se faire assurer ailleurs ». C’est votre lecture, via votre prisme et vos filtres personnels (y’a d’autres couleur que le rouge sang, vous savez ?).

          Moi je vois d’abord l’intérêt de diffuser une information assez mal connue. Qu’on approuve ou pas la-dite information.

          Et je vois, ensuite, l’intérêt de choisir entre différentes formules et différentes types de médecine, par exemple. Ou, sans rien changer à la prestation (légalement définie, pourquoi pas ?), la possibilité de choisir la caisse qui va gérer mon panier de soin, sans être un « assujeti social » (sic) balotté d’une caisse à une autre ou même viré comme un malpropre parce que j’aurai changé de région ou de situation professionnelle, et sans être non plus un « usager » captif, qui n’a qu’a aller se faire foutre s’il n’est pas content du service.

          Nationaliser les modlécules utiles... pourquoi se limiter aux molécules ? pourquoi pas la bouffe (encore plus indispensable, ça), les champs et les usines ? Ca, c’est la panacée. Et ça marche bien, on a testé avec succès en URSS, en Chine, un peu partout...

          @Zenest

          D’abord, il faut bien distinguer deux choses : les prestations et la gestion des prestations. L’idée du panier légal, ça vise justement à mettre la pression uniquement sur l’aspect « gestion » et « relation avec le client », sans toucher à la nature et la qualité des soins.

          Votre définition des « moyens » me semble assez misérabiliste. Mais bon, admettons.

          Personnellement, je ne trouverais pas normal de rester en-dehors du système tant que tout baigne, et puis de vouloir y rentrer quand la santé commence à foirer et les factures à l’aditionner. Ce n’est pas ma conception de la « solidarité ». Donc, il faut bien mettre en place des tarifs adaptés. On rachete bien les cotisations de retraites manquantes, il faut bien, d’une façon ou d’une autre, racheter les cotisations « maladie » qui manquerait (tarif dépendant de l’âge) et s’assurer de la motivation du client (contrôle de l’état de santé). La Cigale est aussi respectable que la Fourmi (d’ailleurs la Nature est peuplée des deux, ce qui prouve bien qu’il y a de la place pour tous !) , mais vouloir rentrer dans la fourmillière protectrice après avoir « chanter tout l’été », ça doit se payer. Et dans ces conditions, se faire refouler à l’entrée, ça n’est pas de « l’exclusion ».

          Je comprend votre argument « l’entrée est libre, donc l’entrée doit être obligatoire », d’une certaine façon il tient debout. Mais vous voyez le prix à payer ! Pourquoi ne pas mettre en place un système un poil plus souple ? il y a plein de formules possible ! Sauf que la Sécu semble incapable de le faire (elle a eu 60 ans pour ça !)


        • (---.---.4.62) 28 août 2006 20:00

          Même principe pour la fermeture de certains hopitaux : On crée une demande solvable pour de nouvelles cliniques privées.


        • Forest Ent Forest Ent 28 août 2006 20:15

          @gem

          « Pour qu’un prestataire de service, quelqu’il soit, en fasse le maximum, il faut que ça soit son intérêt, il faut qu’il court le risque soit de disparaitre, soit d’être remplacé s’il foire. »

          C’est une idéologie. Avec ce raisonnement, l’armée, la police, etc..., ne peuvent pas fonctionner. Je n’ai pourtant pas entendu les libéraux français sur ces sujets. Les américains, oui. :)

          « A propos de vos chiffres, qu’est-ce que vous préférez : un organisme qui ne vous coute »que« 3,5%, mais qui en plus vous en fait perdre entre 1% et 1,5% (le déficit annuel) »

          Attention, amalgame ! Le déficit n’est pas lié aux frais de gestion, mais à une politique de santé. Ce serait le même avec un assureur.

          « qui vous prend le chou en permanence... »

          Personnellement, j’ai eu beaucoup plus de démêlés avec des assureurs qu’avec la sécu.

          « Il ne me semble pas que l’argumentation de l’article se résume à »l’intérêt pour les riches de se faire assurer ailleurs« . C’est votre lecture, via votre prisme et vos filtres personnels »

          Il est normal que des opinions diverses s’expriment ici. C’est plutôt sain.

          « Je vois d’abord l’intérêt de diffuser une information assez mal connue. »

          Je ne peux qu’approuver.

          « Nationaliser les molécules utiles. Pourquoi se limiter aux molécules ? pourquoi pas la bouffe (encore plus indispensable, ça), les champs et les usines ? Ca, c’est la panacée. Et ça marche bien, on a testé avec succès en URSS, en Chine, un peu partout... »

          En fait, c’est déjà le cas sur toute la planète, puisque les molécules tombent assez rapidement dans le domaine public. « Curieusement », cette nationalisation est le meilleur moyen de faire baisser les prix, puisque la fabrication devient ensuite concurrentielle par le biais des génériques. Mais vous n’avez pas de « prisme et filtres personnels », n’est-ce pas ?


        • Zenest (---.---.4.5) 29 août 2006 10:16

          Le problème quand on fait montre de souplesse, c’est que ça donne des régimes corporatistes particuliers à l’arrivée : SNCF, fonctionnaires.
          La Sécu ne prend pas les décisions. Ce n’est qu’un outil. Notre politique de santé coûte cher : la CMU grève les comptes. Mais pas uniquement. Les prescriptions farfelues aussi. Des consignes ont déjà été passées à l’ordre sacro-saint des toubibs. Elles ne sont pas respectées. Conséquence : la sécu commence à moins rembourser certains médicaments. On vous rattache à un médecin traitant... On vous impose de plus en plus de contraintes, mais vous ne vous plaignez pas aux bonnes personnes.
          Vous ne voulez plus du déficit ? Arrêtez d’aller chez le médecin pour la moindre fièvre (la plupart du temps, votre mal est déjà combattu ET vaincu par vos propres défenses immunitaires), et surtout, surtout, demandez-lui de ne PAS vous prescrire quoi que ce soit si vous n’en avez pas besoin. Soyez adultes et ça marchera.
          Alors, je n’accuse personne en particulier, mais je vois bien comment ça se passe maintenant : on va chez le médecin pour repartir avec sa petite prescription, et attention la grosse colère si on a même pas un tube homéopathique à aller chercher à la pharmacie !!


        • Jesrad (---.---.20.126) 30 août 2006 14:30

          C’est une idéologie. Avec ce raisonnement, l’armée, la police, etc..., ne peuvent pas fonctionner.

          Je ne sais pas où vous habitez, mais je constate qu’ici en banlieue parisienne (Yvelines), la Police, l’Armée et les Tribunaux français en font le minimum, quand ils le font. Donc ça irait plutôt confirmer ce que dit Gem.

          Quand à « nationaliser » les molécules, il s’agit plutôt de rendre à tous ce qui appartient déjà à tous. Les brevets ont fait leur temps.


        • Forest Ent Forest Ent 1er septembre 2006 03:38

          « L’armée en fait le minimum quand elle le fait » ??? Dur jugement. Neuf soldats français sont morts en Afghanistan en faisant leur boulot. Pourquoi le faisaient-ils ?

          « Pour qu’un prestataire de service, quelqu’il soit, en fasse le maximum, il faut que ça soit son intérêt, il faut qu’il court le risque soit de disparaitre, soit d’être remplacé s’il foire. »

          Effectivement, ils risquaient de disparaitre et d’être remplacés s’ils foiraient. Mais je ne pense pas que c’était leur intérêt personnel d’en faire le maximum.

          Désolé. L’argent n’est pas la seule valeur dans la vie, et une société ne repose pas avant tout sur la maximisation du profit individuel.


        • Qwyzyx (---.---.52.206) 2 septembre 2006 19:12

          Ce que vous dîtes sur les frais de gestion de la sécrurité sociale reste à prouver.

          Elle a un personnel pléthorique, elle souffre souvent de retard dans le traitement des dossiers (manque de rendement), elle ne gère pas ni ne poursuit efficacement la fraude (plusieurs diaines de milliards par an), etc.

          Il est donc difficile d’évoquer pour la sécu un enjeu de productivité dans ces conditions. Il faut aussi s’interoger sur la sincérité et la réalité du discours solidaire quand il aboutit à ce qu’il faut quand même bien qualifier de gaspillage de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an. Surtout quand ceux qui défendent la solidarité d’un tel système s’entendent toujours en fin de compte à que l’on accuse le cotisant d’en être responsable.

          Le problème qui se pose est de savoir à qui profite vraiment cette impéritie et pourquoi n’y est-il jamais mis un terme ?

          Le véritable débat ne porte donc pas sur la suppresion de la sécu. Celle-ci ne sera en fait que la conséquence de l’absence de débat sur les vrais problèmes de la sécu.

          NB : Les conseils d’admiistration des caisses nationales de la sécurité sociale sont dirigées par les condédérations syndicales (CGT, FO, CFDT, CGC) qui ont donné leur accord à la réforme de la sécurité sociale (ordonnace Jospin). C’est dans le JO.

          "Le texte de l’ordonnance du 19 avril sur le site du Journal officiel

          Rapport au Président de la République relatif à l’ordonnance no 2001-350 du 19 avril 2001 relative au code de la mutualité et transposant les directives 92/49/CEE et 92/96/CEE du Conseil des 18 juin et 10 novembre 1992

          NOR : MESX0100030R "

          la suite sur :

          http://www.istravail.com/article49.html?var_recherche=securite+sociale


        • (---.---.227.7) 2 septembre 2006 20:24

          Certaine personne tiennent à la SS et à la retraite pas répartition. Normal, car dans le systéme actuel, ce sont les pauvres qui payent pour les riches (les fonctionnnaires), les salariés du privé redistribuent vers les glandeur du public, l’ouvrier vers le cadre, qui en plus vont vivre 20 ou 25 ans de plus, et la gauche caviard, qui met ses enfants dans des écoles privés (Ecole Alsacienne) avant de les envoyer à Harvard ou Yale, trouve cela trés Bien, trés Citoyens, trés Egalitaire (Ah Ah Ah ! Comme ils ont raison, franchement).

          Par contre, il y a des crétins qui sont pauvres, se font enculer profond, et en redemandent. Ca doit être pour cela qu’ils sont pauvres et sont destiné à le rester. Pauvres, votre argent nous interresse ! Car n’oubliez pas avant de crever : la dette, c’est vous et personne d’autres qui allez la rembourser.

          Gloire au Socialisme !


        • Forest Ent Forest Ent 28 août 2006 13:00

          Allez, tant que j’y suis, une petite citation qui m’a toujours fait rire :

          « si l’Union Européenne et les Etats Membres n’agissent pas rapidement et ne changent pas les priorités, ils condamnent des millions d’européens à la pauvreté pour la période de leur retraite et détruisent le modèle social construit avec soin et dont l’Europe est aujourd’hui si fière ». (...) La Commission Européenne plaide en faveur de davantage d’épargne retraite privée. Pour favoriser cela, les politiques européens doivent mettre en oeuvre un marché unique des retraites qui élargira le choix des consommateurs, réduira le coût, encouragera le développement de l’épargne privée et permettra de parer au désastre des retraites auquel l’Europe fait face"

          C’est clair : seul un système privé peut gérer efficacement les retraites. Cette déclaration du 26/6/2002 est du président de l’EPR, association européenne des banques et assurances (la consulter sur leur site).

          Ce président était Pehr Gyllenhammar, administrateur de Lagardère SCA, vice-président de NM Rothschild & sons Ltd, ancien président de Reuters, ancien « senior advisor » de Lazard, ancien président de Volvo.

          Il y en a qui ont de gros sabots.


          • ZEN zen 28 août 2006 14:24

            @Forest

            Tes remarques sont tout à fait judicieuses et méritent d’être trois fois soulignées, car tu penses les choses socialement (solidairement) et à long terme, en regardant ce qui se passe dans les pays anglo-saxons pour les moins favorisés. Je peux fournir là-dessus tout un dossier.

            Mr Bébéar , entre autres, doit se réjouir des propos de notre rédacteur....


          • DG. damien G 28 août 2006 13:08

            article intéressant, mais je suis perplexe...Il y a quelque chose de bizarre la dedans et j’ai plusieurs remarque.

            Avant toute chose, je dois dire que je suis contre forme d’assurance obligatoire, y compris celles existantes. En effet, il n’est pas cohérent de dire « assurer-vous, c’est obligatoire : vous pouvez quand meme choisir votre assureur ». je suis contre les obligations de contracter.

            Si une chose est obligatoire (dans cette hypothèse), c’est a l’Etat de l’assumer, il n’a pas a en déléguer la jouissance. mais ce faisant, l’Etat ne fait qu’instaurer une forme de copinage, de corporatisme, entre institutions dont les objectifs sont, théoriquement, différent. Bien sur, libre a ceux qui veulent cotiser près le privée de le faire, en supplément.

            Ce qui m’amene a poser cette question. Si la fin du monopole est appliqué, pourra-t-on cotiser au pres de l’Etat, et seulement au pres de l’Etat, en ce qui concerne ces prestations, c’est a dire peut-on cotiser plus que la loi ne l’exige, afin de béneficier de meilleurs prestation ?

            je pose cette question, car, il n’ya aucune sécurité a cotiser au pres, ou via,un oganisme privé, car celui-ci peut faire faillite, et vous voila avec de l’argent perdu, qui aurait alors mieux servi à être employé ailleurs !!! (voire ce qui se passe dans les pays de langue english, a propos des retraites)

            on pourra me répondre qu’il y a des garanties d’Etat, ou l’Etat sera repreneur ! Oui, mais, alors cela signifie, que en dernier recours, c’est l’Etat qui paira ! En claire, ces sociétés d’assurrances n’assument aucun risque tant qu’elles seront bénéficiaires, mais si elles encours la faillite, et qu’elles n’assument plus leurs obligations contractuelles, ce n’est pas l’actionnaire qui paira de ses deniers personnels : le beurre et l’argent du beurre. La charge sera alors transféré à la collectivité.

            Que l’on cotise volontairement auprès le privé, sans obligation, d’accord ! mais que les parties contractantes assument pleinement leur engagements, sans venir pleurer aupres de l’Etat. Si ce n’est pas ainsi, alors c’est bien du copinage, du corporatisme !!


            • djynn (---.---.140.42) 28 août 2006 13:47

              La france a choisi son systeme social. Le renier maintenant c’est plomber l’etat pour trés longtemps : ceux qui sont pour un systeme calqué sur les pays 100% liberaux devrai le savoir... A l’heure du papy boom ; ça aura de trés graves concequences...

              C’est tellement evident. A proner ce genre systeme parcequ’on veu pas payer pour les autres c’est fair ses valises pour un autre pays en se disant apré moi le deluge.


              • djynn (---.---.140.42) 28 août 2006 13:58

                Quant parmis les pays develloppé si peux de pays proposent l’alternative, meme incomplete, même imparfaite, à un systeme dont on sait les inegalité croissante dans les chances, et dans la vie des gens qu’il induit ; c’est être particulierement faux cul, se mentir à soi même. C’est toujours mieux chez les autres, même si on voit pas les rats de l’exterieur. Et c’est triste de voir des gens qui croit que la somme des interêts personels d’une classe aisée de la population n’est pas la meurtriere de l’interêt general a moins que cet interêt general ne pensse pas d’abors à leurs petit cul douillet.


              • Rocou (---.---.239.249) 28 août 2006 13:51

                Félicitations pour votre courageux article !


                • ZEN zen 28 août 2006 14:30

                  @ Rocou

                  « courageux article » ??

                  C’est dans l’air du temps...

                  Le courage n’est-il pas de résister aux forces dissolvantes du tout-marché, encourageant l’hyperindivualisme à tous les niveaux, aux dogmes néolibéraux qui laminent toute pensée critique ?


                • Rocou (---.---.239.249) 28 août 2006 16:20

                  « Courageux article » en effet puisque tout ceux qui tentent de quitter la Sécu sont immédiatement menés au tribunal. « Courageux article » car beaucoup de juges plus soucieux de leur carrière que du Droit bafouent la Loi en condamnant ceux qui tentent d’échapper au sinistre Moloch.

                  « Le courage n’est-il pas de résister aux forces dissolvantes du tout-marché, encourageant l’hyperindivualisme à tous les niveaux, aux dogmes néolibéraux qui laminent toute pensée critique ? »

                  Cette phrase ne veut strictement rien dire.

                  - Rien ne vous empêche de sortir du marché : constituez avec des volontaires votre communauté autonome mais cessez d’entraîner autrui dans vos délires totalitaires.

                  - Le « marché » n’est pas une entité constituée pour vous emmerder. Le marché, c’est l’ensemble des échanges entre humains. Vous voulez juguler les échanges et vous avez le toupet de parler « d’hyperindividualisme » pour ceux qui cherchent à les libérer ?

                  - « Néolibéralisme », c’est quoi ? Pourquoi ne pas utiliser le terme « libéralisme », tout simplement ?

                  - Qui apporte justement une pensée critique sur le système en place sinon les libéraux ?

                  Dernières précisions :

                  1) les libéraux aimeraient qu’on leur foutent la paix, rien de plus. Libre à vous d’organiser votre « Sécu » comme vous l’entendez.


                • ZEN zen 28 août 2006 18:00

                  @ Rocou

                  Je m’attendais à votre incompréhension...Là il vous manque des instruments d’analyse économique qui vous permettrait de comprendre de qui je parle...


                • Rocou (---.---.10.116) 29 août 2006 08:49

                  Ben voyons. Vous bottez en touche et vous m’envoyez un « manque de culture économique » en pleine figure smiley


                • apami (---.---.78.114) 28 août 2006 14:04

                  Triste avenir que cette naissance d’une assurance maladie privée... J’imagine facilement les primes dues par un malade du sida ou un parent d’enfant handicapé. L’assurance maladie à tarif fixe, inacessible aux pauvres... Ca me glace !

                  L’obsession mercantile de la commission européenne pour la « conccurence » en tant que seule régulation va signer la fin de notre contrat social. Pourtant j’aurais beaucoup a gagner, vu mon statut et mon état de santé actuel, à une assurance maladie privée. Mais je préfère pouvoir me raser en regardant un mec honnête dans mon miroir.

                  Belle perspective que de trépasser faute de moyens pour renouveler son assurance maladie (malussée), trépasser donc d’une maladie grave, longue, dopuloureuse et d’un traitement excessivement cher, apres avoir ruiné l’ensemble de sa famille en vertu de l’obligation d’assistance entre ascendants, descendants et conjoints... (le code civil en France oblige aider ses parents, beaux parents, ses enfants, son conjoint en proportion des moyens de celui qui aide et des besoins de celui qui est aidé, cette obligation n’est absolument pas évitable) ?

                  Apami


                  • Zenest (---.---.4.4) 28 août 2006 14:50

                    Oui en effet, curieux que certains se réjouissent de mettre à bas la sécu. C’est incroyable d’avoir de telles oeillères ! Souhaitons leur n’avoir jamais que des grippes ou des gastro à se faire rembourser...

                    Fraternité, quand tu nous tiens.


                  • gem (---.---.117.249) 28 août 2006 15:03

                    C’est vous qui avez des oeillères. « Privé » ça inclut les mutuelles, y compris bien sur les plus politiquement miliantes, subventionant ouvertement des partis de gauche.

                    Le métier d’une assurance c’est de couvrir un maximum de risque, (même si c’est pour pour faire tourner un maximum de primes et ainsi faire un maximum de bénéf ! ). Pas d’exclure les risques « SIDA » ou « enfant handicapé », ou que sais-je (en plus, bonjour la pub, genre « payez et ne soyez pas couvert en cas de pépin imprévu » : de quoi attirer le client, c’est sûr...)


                  • Poypoye (---.---.165.39) 28 août 2006 17:21

                    « Tout à fait madame Bidochon, nous vous couvrons pour votre cancer, la franchise est de 10% soit 2800 €. Merci de faire le chèque à l’ordre de... »

                    « Bonjour madame Bidochon, alors, cette année, combien vous cotez à l’argus » ?

                    « Ah désolé madame Bidochon, pour rembourser votre traumatisme crânien dû à un grêlon, il faut que la préfecture déclare votre lieu d’habitation comme étant sinistré. »  smiley


                  • chantecler (---.---.4.250) 2 septembre 2006 19:52

                    « le métier d’une assurance c’est de couvrir un maximum de risques » : dis- donc tu nous prends pour des cons ? C’est de se faire un maximum de fric :ça s’appelle le profit et ça rapporte aux actionnaires. Et si ça merde comme il a été écrit plus haut,c’est à l’Etat,avec nos impots d’éponger. Enron, le Crédit Lyonnais,etc t’as oublié ? Y’a pas de doute si ces projets sont dans les tuyaux à Bruxelles,il y a de quoi se faire des soucis ! Chacun pour soi et si mamy ,ou le voisin sont malades et mal assurés, qu’ils crèvent !Vive la modernité.


                  • (---.---.227.7) 2 septembre 2006 20:29

                    Puisse que les mecs de gauche veulent être solidaire, qu’ils continuent donc à payer pour « les pauvres » et laissent les autres se désolidariser. Comme ca, tout les monde est content.


                  • Stephane Klein (---.---.101.8) 28 août 2006 14:11

                    Excellent article et tres etaye. Je savais que l’assurance chomage etait facultative (ou plutot privee) pour les liberaux, independant, DG mais je n’en savais rien de l’assurance maladie.

                    Question : comment se calcule alors la base de l’assiette de l’IS ?

                    @damien : vous pronez la responsabilite individuelle totale : ’tu es responsable de tes actes’. Je serai en total accord avec vous si nous vivions dans le meilleur des mondes, helas ca n’est pas le cas et il existerait certain de nos compatriotes pour ne pas se couvrir contre les coups du sort et se precipiter et precipiter leurs proches dans le desespoir. L’assurance maladie et vieillesse doivent rester obligatoire. L’assurance chomage elle, peut par contre etre facultative, d’ailleurs elle l’est deja pour les professions liberales, independants gerants et DG.

                    @Forest : ’Les « frais de gestion » de la sécu sont très inférieurs à ceux d’une assurance privée’ : j’aurais aime que vous etayiez votre affirmation. Il me semble a moi un fait avere : des employers ne voyant pas leur travail recompense par une promotion autre qu’a l’anciennete ni ne subissant de sanction en cas de faute ont une productivite plus faible que ceux subissant une sanction positive ou negative, mais je peux me tromper.

                    Pour elargir le sujet, il est vrai qu’il faut separer les versements qui tiennent de la couverture personnelle et parfois obligatoire et celle qui tient de la solidarite nationale. Or l’actuelle reforme ne prend pas en compte ce dernier parametre, c’est un risque de rejet et de taxation d’« ultraliberalisme » par les premiers tribuns de pacotille venus.


                    • Forest Ent Forest Ent 28 août 2006 15:03

                      Et pourquoi serait-ce à moi de produire des chiffres, et pas à l’auteur qui appelle à « une complète restructuration obligeant cette organisation à abaisser drastiquement ses coûts de gestion et à aligner son offre »commerciale« et sa qualité de service sur ses nouveaux compétiteurs » sans mentionner aucunement en quoi consistent actuellement les coûts de gestion publics et privés ?????

                      C’est trop facile. Il suffit aux libéraux de dire que l’« état c’est mauvais » et « la sécu c’est pourri » sans avoir jamais à l’argumenter ???

                      C’était pareil dans nos articles respectifs précédents sur l’énergie. La concurrence, c’est génial, mais ça a abouti en pratique à doubler les prix.

                      A titre indicatif, les frais de gestion sont d’environ 3,5% pour la sécu et 5% pour les assureurs privés.

                      Sur votre argument, il est vrai qu’une entreprise pas managée est moins productive. D’un autre côté, un établissement public ne fait pas de bénéfices, et la sécu bénéficie aussi de rendements d’échelle, qui ne seraient atteignables par le privé qu’avec une très grande concentration dont on peut imaginer les effets oligopolistiques.

                      Enfin, le « trou de la sécu » n’a rien à voir avec les frais de gestion qui sont assez stables. Ils sont la conséquence d’une politique de la santé, pour laquelle on peut s’interroger en particulier sur les barêmes de certaines spécialités et surtout l’influence des labos pharmaceutiques : j’ai déjà payé un générique 1 centime de moins que le produit de marque.


                    • DG. Damien G. 28 août 2006 15:33

                      je suis favorable au système de répartition, et à la solidarité en ce qui concerne les question de santé.

                      je voulais seulement pointé du doigt l’incohérence qui consiste a vouloir faire appel au privé de manière principal (dans ce domaine là), puis lorsque çà va mal, appeler l’Etat au secours.

                      Ce qui montre la non efficacité du syteme, car le risque financier ne serait probablement pas supporter, en ultime recours, par les entreprises et les actionnaires.

                      on oblige a contracter des polices d’assurrances, alors que par exemple, on s’empresse de proclamer l’Etat de catastrophe naturelle, lorsque les assurances sont incapable de répondre à leur engegament(ou même durant la crise des banlieux, on accorde une eveloppe spécifique), idem pour les assurances professionnelles des médecins (qui rencherie le cout des actes).

                      cela ne fait que montrer que, d’une manière générale, beaucoup des choses couvertes par les assurances privés relèvent en réalité de la solidarité collective, puisqu’une non indemnisation n’est pas envisageable même quand l’assureur est défaillant ou risque la faillite s’il payait.

                      le fait de transférer la « cotisation » au pres d’organisme privé, est alors une forme de copinage, et/ou répond uniquement a des dogmes idéologiques, contraire à une réalité économque, car certaine dépense et indemnisation ne peuvent etre légitimenet évité.


                    • gem (---.---.117.249) 28 août 2006 16:06

                      @Damien

                      Ce qui vous semble incohérent ne l’est pas tant que ça. Il existent toutes sorte d’assurance depuis très longtemps, et pratiquement depuis le départ le Prince sait qu’il lui faudra supporter les conséquences d’une défaillance de l’assureur en premier ressort. Alors que fait le Prince ? Il s’assure que les assurances sont riches (par exemple, en les obligeant à détenir beaucoup d’actifs réputés, par exemple des immeubles ou des ... emprunts d’état : tout bénéf pour lui ! ). Ainsi, de temps en temps le Prince passe à la caisse (et, tant qu’à faire, il évite la faillite de l’assureur défaillant : ça lui coute moins cher que le scandale et la perte de confiance) mais globalement il y gagne. Mieux : le prince souvent met en place une ré-assurance obligatoire pour alimenter un fond qui payera (exemple typique : les calamités agricole, généreusement distribuées, sont financer par une taxe spécifique sur les produits agricole, ni vu ni connu...)

                      En somme, entre pouvoir faire appel à l’état en cas de besoin et faire appel à l’état dès le départ, il y a la même différence qu’entre avoir un parapluie dans son sac et se balader tout le temps sous un parapluie, quel que soit le temps...

                      Il ne s’agit pas plus de supprimer l’état qu’il ne s’agit de supprimer le parapluie : faut juste le remettre à sa place (dans le sac, en cas de besoin)


                    • JDCh JDCh 28 août 2006 14:24

                      Quelques remarques aux différents commentateurs :

                      1/ Je ne prône pas une disparition de la CNAM mais la possibilité pour les salariés, qui opteraient pour, de souscrire une assurance auprès d’un assureur alternatif dans le cadre d’un contrat-entreprise souscrit par leur employeur. Les autres pourraient rester affiliés à leur chère Sécu.

                      2/ Je ne nie pas la nécessité d’une gestion solidaire : cf paragraphe sur la C3SFAM que j’accueille avec bienveillance (mais vigilance). Je ne suis pas de ceux qui croient que les plus démunis sont les profiteurs du système.

                      3/ Vous parlez d’égalité : je m’interroge sur la raison pour laquelle les salariés de la SNCF (env. 7%), les fonctionnaires (env. 11%) paient moins que les salariés du privé (env 13% de cotisations).

                      4/ La productivité de la Sécu n’a pas progressé alors que les tâches ont été massivement informatisées. Cet article éclairera les curieux L’efficacité vue par la CNAM

                      Si envisager le moindre changement ou prôner plus d’efficacité, c’est être « ultra-libéral », alors je le suis peut-être !


                      • djynn (---.---.140.42) 28 août 2006 14:41

                        1/ Les gens font tous passer, sur le moyen terme, leur interêt personnel avant l’interêt general. C’est comme ça, comme toute les lois qui arrange certains et moins d’autres. Un systeme comme la CNAM beneficie à tous, plus à certaine personnes qui en ont plus besoins c’est sur ; mais pour cette seule raison l’egalité devant le malheur de nous tous ne devrai pas être discutable. Comme un chateau de carte ou on dit aux carte du dessous « chacun pour soi ».

                        /2 Des profiteurs du syteme il y en as. Mais quant chaque personne à plus ou moins à proteger que sont prochain ; qui peut croire que la morale seule, sans garde fous peut suffir à maintenir aux revenus les plus divers l’aide de ceux qui peuvent se tirer quant ça les arranges ? Les mecanisme d’accumulation de cette aide collective ne peuvent rien y faire.

                        /3 Moi aussi... Peut-etre est-ce à ce genre de situations que les changements devrait être pronés ? /4 bis


                      • Zenest (---.---.4.3) 28 août 2006 15:42

                        1/ Mais c’est tout comme ! Vous l’avez si bien décrit dans votre article ! Si plusieurs centaines de milliers quittent le système, il s’effondrera. La sécu est basée sur la solidarité. Si ceux qui peuvent cotiser se font la malle, ça ne durera pas bien longtemps...

                        2/ C’est que vous ne travaillez pas à l’accueil de la sécu. Un membre de ma famille oui. Les plus démunis bénéficient bien du système.

                        3/ La sécu n’est pas responsable des dérives corporatistes SNCF et fonctionnaires. Personnellement, je suis assez pour tous les mettre au régime général.

                        4/ Oui c’est vrai, il fallait mettre instantannément 10 000 (ou plus) employés au chômage. Les réductions de postes viendront avec les départs en retraite (je peux vous certifier que le personnel de la sécu n’est plus si jeune).

                        La vraie question, à mon sens, n’est pas de déterminer si nous allons supprimer le monopole, mais bien quelle politique de santé nous souhaitons avoir. Plus ou moins de CMU, en fait. Car en ce moment celle-ci pèse bien lourdement sur le déficit. N’oublions pas les prescriptions de nos chers médecins, lesquels devraient être incités également à un peu plus de rigueur. Mais... qui irait imputer la faute ou une partie, à cet ordre vénérable qui compte de si nombreux membres dans les rangs de nos députés ? Ah, et puis j’oubliais l’industrie pharmaceutique... Mais bon, c’est vrai, les économies se font d’abord et avant tout sur le personnel n’est-ce pas ?

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