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Accueil du site > Actualités > Economie > Agences de notation : les derniers boucs émissaires

Agences de notation : les derniers boucs émissaires

Encore un article sur les agences de notation ! Pas de panique les amis, je ne vais pas vous assommer avec un énième papier sur les pas-beaux-méchants-de-financiers-qui-sont-seuls-responsables-de-tous-nos-malheurs.
Mon propos ici n'est pas de vouer aux gémonies ces "travailleurs de la finance" mais d'expliquer calmement le fonctionnement et les dysfonctionnements de ce métier ainsi que son utilité (j'imagine que certains d'entre vous sont déjà en train de tomber de l'armoire en lisant ces lignes !) dans le système capitaliste tel qu'il a évolué ces 20 dernières années et qui règne sur plus de 99% de l'humanité. En voiture Simone pour un grand tour sur une route pavée de vérités qui dérangent et où les fausses solutions n'ont pas leur place !

Qu'est-ce qu'une agence de notation ?

Le terme "agence de notation" reprit régulièrement par les média est un terme générique qui peut s'appliquer à de nombreux domaines avec des objectifs louables comme le développement durable (quelles sont les entreprises qui respect Dame nature) ou la responsabilité sociale (pour distinguer les fabricants de chaussures de sport qui ne font pas bosser des "petites n'enfants" indonésiens qui vont plus à l'école). Ici nous allons focaliser notre attention sur un type particulier d'agences - les agences de notations financières - que nos amis Anglo-saxons nomment avec justesse et précision ; "credit rating agency" car il s'agit de juger de la solvabilité (capacité à rembourser un emprunt) d'un agent économique. Trois agences détiennent un quasi monopole sur ce marché ; Moody's, Standard and Poor's et Fitchratings.
 
Bien connaitre la bête à partir d'une définition simple et acceptée par tous
 
La définition : L'agence de notation est un organisme indépendant qui vend un service : évaluer la capacité d'un emprunteur à honorer ses dettes.

"Agence" : Comme dans "agence de presse", car ces sociétés n’expriment ni des vérités absolues ni des Oukases seulement une opinion que chacun est libre de partager ou de ne pas partager et d'agir ou de ne pas agir en conséquence. Nul ne peut donc réclamer quelconque dédommagement en cas d'un préjudice subi consécutivement à une opinion émise de bonne foi.
 
"Notation" : Les opinions émises par les agences sont synthétisées sous forme de notes, un peu comme à l'école (AAA, AA, CC, D par exemple) qui correspondent à des degrés de risque allant de "risque quasi nul" à "trop tard ils sont mis la clé sous la porte". Cette méthode permet une exploitation scientifique de la gestion des emprunts par les investisseurs (ex. un conseil d'administration décide que telle SICAV n'aura en portefeuille que des titres notés au moins A). Petit inconvénient de cette méthode, il peut exister des disparités chez les émetteurs ayant reçu la même note, L'Allemagne et la France sont toutes les deux AAA mais il est évident que la première est considérée comme plus solvable que la seconde.

"Organisme indépendant" : L'agence peut exister sous différents statuts juridiques mais la plupart du temps c'est la forme commerciale qui est choisi plutôt que le statut d'ONG ou d'association à but non-lucratif (c'est pas le genre !). Indépendant doit être pris dans le sens de non contrôlé par des personnes ou des organismes qui serait directement concernés par les notes attribuées par l'agence. Par exemple une banque ne peut pas contrôler une agence de notation même si elle n'est pas notée par celle-ci, car l'agence note d'autres banques concurrentes, on aurait à faire à un conflit d'intérêts.

"Vend un service" : Toute peine mérite salaire. Les agences facturent leurs services. Aujourd'hui la source principale de leurs revenus (90%) provient des emprunteurs qui se font noter, cela n'a pas toujours été le cas, dans le passé c'était les préteurs qui payaient.
 
"Evaluer la capacité d'un emprunteur à honorer ses dettes" : Voila le gros morceau ! L'évaluation est la combinaison de la situation actuelle et des perspectives futures de l'emprunteur. Si juger la situation actuelle d'un emprunteur parait simple ; on analyse les derniers comptes sociaux pour en société ou les comptes publics pour un état...encore faut-il que ces comptes soient justes (cf. Enron ou la Grèce), prévoir le future est toujours un exercice aléatoire et c'est ici que réside tout l'intérêt ou la difficulté de ce job.
 
"Emprunteur" : En théorie n'importe qui et n'importe quoi peut-être noté par une agence. Dans la réalité, le coût d'une notation étant dissuasif (au moins 50.000 euros pour une émission obligataire), seules les grandes entreprises ou les sociétés financières qui font appel aux prêteurs sur le marché international sautent le pas. Il y a tout de même une exception et de taille puisque c'est celle-ci qui fait régulièrement polémique (seulement quand la note est mauvaise) ; les états qui sont notés sans qu'ils n'en n'aient fait la demande express et sans payer bien sûr. Pourquoi tant de générosité ? Noter un état est un bon produit d'appel, car les bons du trésor sont les actifs financiers qui générèrent le plus d'échange sur les marchés et les gros clients des agences sont souvent d'importants acheteurs de ces bons.
 
Comment est née la notation financière ?
 
La notation financière (ou de crédit) est passée par trois étapes historiques ; le marchand et le noteur sont une seule et même personne, puis la notation a été confiée à une personne relativement spécialisée enfin les agences de notation sont apparues.
 
Période pré-capitaliste : le prêteur et le noteur sont une seule et même personne.
A partir du moment où les Hommes ont commencé à se faire crédit (ex. je te livre du blé et tu me rembourses en farine) ils se sont mis à évaluer la capacité du débiteur à tenir sa promesse (est-ce que le meunier va vraiment me donner la farine promise). Évidemment cette analyse de crédit était informelle, sommaire et pas très scientifique (il a une bonne tête celui-là, je ne pense pas qu'il va me rouler dans la farine !), ceux qui la pratiquaient étaient des Messiers Jourdain qui ne savaient même pas qu'ils faisaient du rating.
 
Naissance du capitalisme : la notation est confiée à une personne plus ou moins spécialisée.
Avec l'essor du capitalisme, on fait commerce de plus en plus loin avec des gens qu'on connait de moins en moins mais surtout on travaille dans des structures qui rassemblent de plus en plus personnes. L'évaluation des partenaires commerciaux va être confié souvent à un seul homme ; le comptable.
 
La révolution industrielle et les grands travaux : Un terreau favorable à la naissance des agences de notation.
Jusqu'à la révolution industrielle, les commerçants et les artisans s'autofinançaient pour faire face à la croissance de leurs activités et si le projet était trop grand ils faisaient appel à leurs relations (amis ou famille) éventuellement à une banque d'affaire qui les finançaient en puisant dans ses fonds propres. sMais les projets sont devenus de plus en plus grands voir pharaoniques, les potes, les oncles et tantes ne pouvant fournir assez d'argent pour financer la construction du canal de Suez ou de Panama, d'une usine métallurgique ou d'une ligne de chemin de fer. C'est d'ailleurs de cette manière que nait, en 1909, la pionnière des agences de notation, Moody's, en présentant une étude intitulée "Analyses of Railroad Investments"(Ananlyse des investissements sur les chemins de fer). L'évaluation de la solvabilité des partenaires commerciaux ou des emprunteurs croissant et devenant de plus en plus complexe, elle devient une activité à part entière et autonome.
 
Comment les agences de notation ont-elles acquises une si grande importance ces 30 dernières années ?

Jusqu'aux années 1970, les agences de notation vont gérer leur petit business sans faire ni vagues ni l'ouverture du journal de 20 heure mais deux évènements majeurs vont changer leur destin ; les chocs pétroliers de 1973 et 1979 et la dérégulation financière mondiale impulsée à la fin des années 70.

L'augmentation spectaculaire du prix du brut va avoir de grandes conséquences sur les balances des paiements des états du monde. Les pays exportateurs de pétrole vont se retrouver à la tête de montagnes de cash tandis que les pays importateurs vont emprunter de plus en plus sur les marchés financiers internationaux. Les états occidentaux, en particulier, vont aussi faire face à un explosion des dépenses sociales consécutives à la crise économique. Plus il y d'emprunts, plus les montants en jeux sont importants et plus il faut de personnes pour surveiller les emprunteurs, CQFD.
 
Face à la crise économique du début des années 70 les vielles recettes keynésiennes ne marchent plus et avec l'arrivée au pouvoir aux USA et au Royaume-Uni d'ardents défenseurs du libéralisme (je sens que la petite photo de Reagan et Thatcher va en énerver plus d'un) un vent de déréglementation souffle sur la planète, il touche d'abord les transports publics, les services et surtout le monde de la finance. La gauche en France sera aussi de la partie, après le piteux échecs du programme commun, en abolissant le contrôle des changes, en ouvrant le marché de la dette publique à tous les intervenants et en créant un marché des produits dérivés, le MATIF. Plus il y a de capitaux qui s'échangent librement plus il y a de business pour les agences de notations.
 
La parole est à l'accusation !
 
Je vais essayer de répondre de façon argumenter aux principales accusations et critiques portées contre les agences de notations.
 
"Qu'elle est la légitimité pour l'attribution de notes de ces agences ?"
Concernant les émetteurs privés, la légitimité de l'action des agences de notation provient du mandat qu'elles ont reçu de leurs clients pour les noter.
Concernant les emprunteurs souverains (états en particuliers), l'opinion émise par les agences n'est pas moins illégitime que celle émise par un journaliste ou par un homme politique sur la politique suivi par un gouvernement. L'agence de notation qui émet des réserves concernant le manque de maitrise des déficits publics français est aussi libre que l'homme politique de gauche qui affirme que la bouclier fiscal mène le pays à la ruine.
Il est assez amusant de noter que les grandes agences bénéficient d'une sorte de légitimité venant de la part de ceux qui les critiquent (dirigeants européens en particulier) puisque la BCE n'accepte de prêter aux banques commerciales qu'en échange de titres ayant reçus une bonne note des agences (ce dispositif a été supprimé en 2010 pour pouvoir aider la Grèce). Le comité de Bâle qui traite de sujets relatifs à la supervision bancaire qui s'imposent auxquels participe la France mais aussi les principaux pays de l'UE, reconnait aux grandes agences un pouvoir de certification puisque les notations sont prises en compte dans le calcul de fonds propres des banques.
 
"Les agences de notation aggravent les crises avec leurs annonces irresponsables, en particulier par effet de prophétie auto-réalisatrice."
"C’est l’histoire d’un mec qui tombe d’un immeuble de cinquante étages au fur et à mesure de sa chute il se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien… mais l’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage." Les agences devraient-elles cacher la vérité ? François Fillon est-il responsable quand il déclare "être à la tête d'un état qui est en situation de faillite" ?
 
"Les agences n'ont pas vu les crises récentes (éclatement de la bulle internet, crises des subprimes, crise bancaire en Islande, crise de la dette des pays européens etc.)."
Le propre d'une crise n'est-il pas son imprévisibilité ? Les analystes financiers ne sont pas vaccinés contre les comportements moutonniers ou les excès d'euphorie quand tout va bien. Par ailleurs, à l'exception de Nouriel Roubini, quel économiste a vu venir la crise des subprimes par exemple ? Quand les agences de notation interviennent avant la crise, on leur reproche de ne pas l'avoir anticipé et quand elles le font avant on leur reproche de la provoquer. Cela manque un peu de cohérence.

"Depuis 2004, on savait que les autorités grecques trichaient. Les agences auraient pu se manifester plus précocement. Si elles avaient anticipé, peut-être que les autorités grecques auraient réagi plus tôt par rapport à leurs difficultés" selon Jean Arthuis, le président de la commission des Finances du Sénat.
Certe mais alors comment expliquer que même les partenaires de la Grèce, ceux qui partagent la monnaie commune, n'aient pas pipé mot ? Alors qu'ils sont les premiers concernés et que c'est à eux qu'incombera la charge de "renflouer" Athènes. C'est pas loin du crime pour haute trahison pour nos ministres des finances ?
 
"Il faut les interdire car elles sont nuisibles voir inutiles."
Supprimer le thermomètre fait-il disparaitre la maladie ?
Les agences émettent des opinions et comme les principales agences ont leurs sièges aux USA, pays dont le premier amendement de la constitution protège la liberté d'expression, toute interdiction est quasiment impossible. Par ailleurs, beaucoup d'agences ont des activités à Londres où elles emploient un nombre important de salariés bien payés et contribuent au rayonnement de la place financière anglaise, on imagine très mal David Cameron sciant la branche sur laquelle il est assis.
Par ailleurs la nature ayant horreur du vide, les investisseurs seraient bien obligés de créer des services maisons d'évaluation de la solvabilité des émetteurs. Le coût serait astronomique et le service rendu surement pas meilleur alors qu'aujourd'hui ils ont accès gratuitement à des analyses émises par des pros. 
 
"Les principales agences de notations étant américaines et anglaises, elles sont hostiles à l'Europe, à l'euro et ignorent les problème de sur-endettement des USA et du Royaume-Uni."
Si il est évident que les analystes des agences méconnaissent les subtilités des règles de fonctionnement de l'UE il est tout aussi évident que l'UE donne le bâton pour se faire battre en n'édictant pas de règles claires et respectées dans le cas de violation des critères de Maastricht. Quant à la prétendue complaisance des agences pour les pays Anglo-saxons au détriment des pays latin, les mésaventures de l'Islande et de l'Irlande nous montrent que c'est faux. Les agences de notations ne s'acharnent pas contre l'Europe c'est l'Europe qui a un problème de déficits publics.
 
"Il faut nationaliser l'activité de notation et même créer un agence de notation européenne comme le préconise Jean-Claude Juncker."
Changer le thermomètre fait-il disparaitre la maladie ? 
Le problème avec Jean-Claude Juncker, c'est qu'on ne sait jamais si il parle en tant que Premier ministre du Luxembourg ou président de l'Eurogroupe. Il est bien évident qu'en cas de création d'une telle agence le siège choisit se trouve à Luxembourg, tout comme le serait une éventuelle agence européenne de la dette. Après tout comme disent les syndicalistes de la C.G.T. "chacun défend son bifteck".
 
L'idée saugrenue d'agence de notation européenne, défendue d'ailleurs par beaucoup de hauts responsables politiques dont Madame Lagarde et le président Sarkozy, est une illusion,. Soit l'agence est aux ordres des états européens, de son exécutif ou de la BCE, et elle accordera des notes flatteuses aux émetteurs du vieux continent, et dans ce cas personne n'accordera la moindre crédibilité à ses opinions, soit elle est réellement indépendante (un peu à la manière de la BCE tant décriée pour son autonomie) et dans ce cas il y a de forte chance qu'elle attribut les mêmes notes que ses concurrentes privées. D'autant plus que pour constituer ses équipes d'analystes la nouvelle agence sera bien obligée d'aller braconner chez les Moody's et Stantard & Poor pour le plus grand bonheur de ces employés qui feront monter les enchères salariales. Ceux qui sauteront le pas apporteront leur savoir et les mêmes méthodes appris auparavant, rien ne changera donc. Le constat est aussi valable pour la création d'une agence sous la responsabilité du FMI ou de la Banque mondiale, le gouvernement américain ayant un droit de véto sur ces institutions, on imagine mal cette agence dégrader les USA.

"Il faut plus de concurrence et briser cet oligopole."
Cette analyse part d'un postulat loin d'être vérifié que plus de concurrence stimule l'offre en matière de prix et de qualité du service. Malheureusement certains témoignages nous assure du contraire, la peur de perdre un client ou le désire d'en acquérir un poussent les analystes à être trop conciliant avec les entreprises notées. Plus de concurrence risque peut-être exacerber cette dérive. 
 
"Les agences devraient plus être rémunérées par les émetteurs mais par les investisseurs, ceci pour éviter tout conflit d'intérêt."
 Il 'est vrai que ce modèle économique est porteur de conflit d'intérêt car un émetteurs/client mécontent d'une note pourrait être tenté d'exercer un chantage en changeant de boutique. Et pourtant cette manière de faire est justifiée car il parait logique que l'initiative de noter une société vienne de la société elle-même et pas d'un investisseur inconnu à elle ou d'un concurrent. D'autre part les agences de notation seraient confronté à un problème de calcul de leur rémunération. Très grossièrement l'émetteur est facturé ainsi : Nombre d'heures consacré à son dossier X taux horaire. Mais comment calculer le prix à payer par un investisseur ? Celui qui investit 10 millions par an doit-il payer la même somme que celui qui investit 50 milliards ? Comment gérer les groupes aux multiples filiales ? Comment faire payer des investisseurs qui auront eu connaissance de leurs travaux mais n'étant pas abonnés à leurs services ne paieraient pas. On ne va pas appliquer HADOPI pour ce genre de piratage ! Par ailleurs de nombreux clients sont des deux côtés de la barrière, à la fois émetteurs et investisseurs. Cette idée poserait aussi un problème géo-politique, les émetteurs étant plutôt les pays riches et les investisseurs les pays pauvres, c'est paradoxale mais c'est la vérité, la Chine malgré des excédents financiers reste un pays pauvre et l'Europe ou les U.S.A. et leurs déficits abyssaux sont riches. Les pauvres paieraient donc à la place des riches !

"« Il y a des risques qu’il nous faut gérer de manière optimale », reconnaît Carol Sirou, en énumérant les moyens pour veiller à l’indépendance de cette activité : rotation régulière des analystes, vote collégial pour chaque note ou encore séparation totale entre les fonctions commerciale et analytique." (extrait du journal La Croix)
Sauf que généralement le conflit d'intérêt ne se situe pas entre l'analyste de "base" et l'entreprise cliente mais à un niveau plus élevé, entre la direction et ce client.

Pourquoi ne voit-on jamais les dirigeants des agences à la télé pour s'expliquer ?
La télévision est le média qui sert à communiquer avec le grand public. Le métier d'agence de notation c'est du B2B (business to business) et donc les dirigeants des agences communiquent avec les PDG, les directeurs financiers des grandes entreprises, les banquiers, les gestionnaires de fonds de pension, les ministres des finances des états voir les chef d'état eux-mêmes. Passer à la télé est donc inutile voir même dangereux dans le climat actuel de chasse aux sorcières. Le fait de ne pas passer à la télé est aussi une bonne chose, cela évite aux citoyens-électeurs ou aux politiques d'être confrontés à un contradicteur qui relèverait les incohérences de certaines politiques économiques voulues par le peuple et appliquer avec zèle par des politiques plus soucieux de plaire et de se faire ré-élire que de défendre l'intérêt public.

Conclusion : Pourquoi tant de haine ?

Les agences de notation ont surement commis des erreurs mais elles ne sont pas les seules. Pourquoi sont-elles devenues en si peu de temps et particulièrement dans les pays d'Europe du sud, les boucs émissaires de la société alors qu'il y à moins de trois ans le grand public connaissait à peine leur existence ?

Si les états européens veulent réellement réduire au maximum l'influence des agences de notation parce qu'ils les jugent néfastes, la première chose à faire et la plus simple est de supprimer la référence aux notations dans les normes réglementaires ou dans le fonctionnement des banques centrales (particulièrement la BCE) et de revenir à une évaluation de marché. Si ils ne le font pas c'est que les agences ne sont pas les réels causes de leurs problèmes et que le problème est ailleurs comme le sur-endettement mais dans ce cas ces agences ne sont en rien responsables des choix de politique économique des gouvernements.

Les Agences ont le portrait idéal pour devenir de bons boucs émissaires, elles sont relativement faibles dans le sens où leur poids économique est négligeable en France (pas plus de 500 personnes ne doivent travailler pour elles en France). Elles sont étrangères à plus d'un titre, Anglo-saxones et protestantes.
Le bouc émissaire a pour mission d'endosser à titre personnel une responsabilité collective. Quelle est donc cette faute collective que quelqu'un doit expier ? Mensonge, fuite en avant et sur-endettement.
Le mensonge c'est de faire croire que la reprise et au coin de la rue et qu'elle suffira à diminuer la dette. C'est aussi comme la fait la Grèce de présenter des faux comptes publics.
La fuite en avant, c'est accumuler un montant de dettes colossal et de laisser aux générations suivantes la charge de les rembourser.
Le sur-endettement c'est de vivre au-dessus de ses moyens et d'utiliser la dette non pas pour investir, ce qui est sain, mais pour les dépenses courantes.
 

N.B : L'image religieuse détournée (extrait du retable de l'Agneau mystique par les frères Van Eyck) que j'ai utilisé pour illustrer mon propos a peut-être choquée des croyants et je m'en excuse auprès d'eux mais qu'ils sachent que je n'avais aucune intention blasphématoire. Mon but est de montrer que les agences de notation ne sont que des boucs émissaires.


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55 réactions à cet article    


  • Nanar M Nanar M 25 mars 2011 08:57

    Non, la faute n’est pas collective.
    La faute est au tenants du système financier libéral, et les agences de notation n’en sont qu’une émanation néfaste parmi tant d’autres.
    Ce système de merde mène le monde à sa fin mais les peuples se réveillent et même s’il est bien tard, les responsables devront payer.


    • spartacus1 spartacus1 25 mars 2011 09:55

      C’est vrai que les agences de notations sont totalement compétentes et, surtout, pas suspectes de compromission avec ceux qu’elles notent et qui peuvent les payer.

      Bon, elles n’avait strictement rien vu de la crise des subprimes, tout comme elle donnaient une excellente note à Lehman Brothers, juste quelques semaines avant la faillite, mais on ne peut pas leur jeter la pierre pour ces broutillles. MDR avant d’être obligé d’en pleurer.


    • Leo Le Sage 25 mars 2011 18:58

      « une excellente note à Lehman Brothers, juste quelques semaines avant la faillite »
      Euh.. non.
      Lehman Brothers a fait faillite parce que, Paulson un des patrons de la Goldman Sachs, ne voulait pas sauver un de ses concurrents...

      Tout le monde sait çà aux USA.


    • non666 non666 25 mars 2011 10:33

      Vous oubliez quelques critiques beaucoup plus techniques.

      1) Les 3 agences de notations sont sous controles d’interets financiers strictement anglo-saxons. Meme Fitch est desormais detenue a plus de 50 % par les etats unis.

      2) Ce controle n’est pas neutre, il impose des normes.
      Entre autre les IAS/IFRS qui representent une lecture comptable anglo-saxonne opposée à la comptabilité continentale europeenne. Cette comptabilité impose le « fair value » l’evaluation « au prix du marché » qui amplifie les crises au moment ou les marchés sont tous vendeurs...

      3) Ce controle est une arme terrible et permet des actions conjointes.
      On a bien vu que certaines banques US conseillaient les fraudeurs (grece) , bienpeculait contre eux avant de faire les revelations publiques qui leur permettaient de capitaliser leur speculation. Or derriere les agences de notations , l’importance des notes sur les taux de remboursement et fondamentale. Les possibilités d’action de concert entre agences de notation et banques qui les possedent est une meance pour les etats et toutes les entreprises...

      4) Ce controle implique non seulement la solvabilité des entreprises(et des ETATS !) mais le sort des peuples. Voir ce pouvoir hors de controle des peuples, entre les mains de financiers capables de tout n’est pas rassurant, meme si l’on est de droite...
       


      • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 14:46

        De la technique ? Ok :

        Fitch n’est pas « détenue a plus de 50 % par les Etats-Unis » mais par des investisseurs de nationalité américaine dont un grand nombre agissent pour le compte d’autres investisseurs d’autres nationalités – dire qu’une entreprise est détenue par les Etats-Unis peut à la rigueur signifier qu’elle est la propriété du gouvernement des Etats-Unis et encore…

        Les normes IAS/IFRS ne sont pas « opposées à la comptabilité continentale européenne », elles sont différentes, plus précises et évitent justement que les entreprises ne trichent en surévaluant leurs actifs. Elles sont une représentation plus fidèle de la réalité et n’amplifient absolument pas les crises.

        Si les notes des agences ont une telle importance aujourd’hui, ce n’est pas à cause de prétendues collusions occultes qui relèvent de la théorie du complot mais parce que les gouvernements – et plus précisément les banques centrales au travers de la règlementation bancaire – leur ont donné ce pouvoir dans les années 70.

        Votre « pouvoir hors de contrôle des peuples […] » n’a rigoureusement aucun sens. Les Etats ont voulu emprunter de l’argent, ils ont émis des obligations sur les marchés financiers et se trouvent aujourd’hui lourdement endettés. En quoi est-il illégitime que les créanciers des Etats s’inquiètent de la situation financière de leurs débiteurs ? Si vous ne vous ne voulez pas avoir de problèmes avec vos créanciers : n’empruntez pas – c’est aussi simple que ça. Accessoirement, si vous avez une assurance-vie, je me permets de vous rappeler que le créancier c’est vous ; les emprunts russes, ça vous rappelle quelque chose ? 


      • Le taulier Le taulier 25 mars 2011 17:04

        1/ Je ne crois pas que les anglo-saxons soient plus mauvais que les Latins ou les Africains.

        2/ La comptabilité Us et continentale se sont beaucoup rapprochés. Quand Leham fait faillite c’est qu’il n’y a plus de fric de la caisse même si on lui applique un comptabilité moldave

        3/ Il y a des risques d’actions de concert dans tous les domaines.

        4/ L’Allemagne des années 30 était aussi sous le contôle du peuple on voit ce que cela a donné.


      • Pyrathome Pire alien 25 mars 2011 18:29

        L’Allemagne des années 30 était aussi sous le contôle du peuple on voit ce que cela a donné.....

        FAUX !! l’Allemagne et toute l’europe était sous le contrôle des banksters, encore cette fois...on a vu ce dont ces cloportes étaient capables de faire et d’engendrer......


      • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 22:27

        Petit champignon,

        J’ai trouvé votre programme, le point 18 surtout.

      • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 10:59
        Le taulier,
        Bel article, je partage vos conclusion mais vous passez malheureusement à coté du point essentiel : la réglementation bancaire.

        • DG. DG. 25 mars 2011 11:39

          Que les agences de notation notent des entreprises, et bien soit !
          mais de quel droit devrait-elle noter des Etat, c’est a dire des contribuables, qui n’ont pas demander a être noté.
          contrairement a ce qu’a dit Raffarin, la France (et les autres Etats d’ailleurs) n’est pas un produit financier, car l’Etat n’a pas d’obligation de rentabilité pour exister.


          • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 14:28

            Il n’est pas question de <i>« rentabilité »</i> mais de solvabilité. Le métier des agences consiste (en principe) à noter la capacité de remboursement d’un créancier. Quand les agences notent l’Etat français (pas la France, l’Etat français… il y a une nuance de taille) Aaa, elles estiment que sa situation financière et son potentiel de ressources fiscales en font un emprunteur fiable. Ce ne sont pas les agences qui ont poussé l’Etat français à s’endetter en émettant des obligations (i.e. en empruntant de l’argent sur les marchés financiers), ce sont les français.


          • DG. DG. 25 mars 2011 16:37

            étant une personne juridique de droit privée, distinct, en droit, de l’Etat français, en quoi suis-je concerné par le remboursement de la dette. cela revient faire payer la dette d’une personne par une autre.

            "Ce ne sont pas les agences qui ont poussé l’Etat français à s’endetter en émettant des obligations (i.e. en empruntant de l’argent sur les marchés financiers), ce sont les français."

            le mandat impératif est nul, au regard du droit actuel.


          • sisyphe sisyphe 25 mars 2011 18:05

            On a supprimé mon message, pour un petit épithète ; ok ; je le remets sans ...


            Par Georges Kaplan (xxx.xxx.xxx.9) 25 mars 14:28

             Ce ne sont pas les agences qui ont poussé l’Etat français à s’endetter en émettant des obligations (i.e. en empruntant de l’argent sur les marchés financiers), ce sont les français.


            Réflexion d’un ahurissant culot ! 

            Ce sont les Français qui ont voté la loi de 1973, supprimant la possibilité aux états d’emprunter directement aux Banques Centrales, SANS INTÉRÊT, et l’OBLIGATION de passer par les banques privées, avec INTERETS, créant de but en blanc la dette des états, afin de mieux les « tenir », et les privatiser ? 

            Ce sont les Français qui ont donné aux banques privées le pouvoir de création monétaire ? 

            Qui ont créé l’’obligation d’emprunter aux « marchés financiers » ?? 

            Ce sont les Français qui ont décidé d’abandonner l’étalon-or, laissant la création de l’argent au bon vouloir des organismes financiers ? 

            Ce sont les Français qui ont inventé les marchés spéculatifs, permettant de transformer la valeur des objets, du travail, des marchandises, selon les intérêts des spéculateurs ? 

            Vous vous foutez de la gueule de qui, là ? 

            Comme quoi, il n’y a pas que les cons qui osent tout ; il y a, au dessus du panier (de crabes), les cyniques et les oppresseurs, qui, eux, peuvent le faire en toute impunité, parce que ce sont eux qui tiennent le bâton... 

            sans épithète. 

             smiley 



          • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 18:47

            Si la loi de 1973 a été supprimée, ma chère sisyphe, c’est parce qu’emprunter directement à une banque centrale qui se trouve avoir le monopole de l’émission monétaire ça s’appelle monétiser sa dette et, à chaque fois qu’un Etat a joué à ça, il a provoqué un Armageddon économique – et parfois pire encore dans le cas de république de Weimar.

            Les banques privées n’ont pas – mais absolument pas – le pouvoir de création monétaire ; le contrôle de l’activité de crédit des banques n’a jamais été autant dans les mains des banques centrales que depuis l’abandon de l’étalon-or. Si vous avez besoin d’un petit cours en la matière, c’est juste une de mes spécialités.

            Juste pour votre info, vous tapez là sur des sujets qui relèvent - comment dire - de ma formation et surtout de mon métier…

            Bisous, bisous


          • sisyphe sisyphe 25 mars 2011 19:41
            Par Georges Kaplan (xxx.xxx.xxx.57) 25 mars 18:47

            Si la loi de 1973 a été supprimée, ma chère sisyphe, c’est parce qu’emprunter directement à une banque centrale qui se trouve avoir le monopole de l’émission monétaire ça s’appelle monétiser sa dette et, à chaque fois qu’un Etat a joué à ça, il a provoqué un Armageddon économique – et parfois pire encore dans le cas de république de Weimar.

            Vous ne savez même pas ce que vous dites ; la loi de 1973 n’a pas été supprimée, elle a instauré, justement, l’obligation pour les états, d’emprunter aux banques privées. 

            Pendant les 30 ans qui ont précédé (les 30 glorieuses), où les états empruntaient directement aux banques centrales, il n’y a eu aucun problème pour les états ; c’est même la meilleure période que l’humanité récente ait vécu.

            Les problèmes ont surgi depuis cette loi scélérate de 1973 ; renseignez vous ; pour un pro, vos lacunes sont criantes... 

            Les banques privées n’ont pas – mais absolument pas – le pouvoir de création monétaire ; le contrôle de l’activité de crédit des banques n’a jamais été autant dans les mains des banques centrales que depuis l’abandon de l’étalon-or. Si vous avez besoin d’un petit cours en la matière, c’est juste une de mes spécialités.

            Ah oui ; un spécialiste ! smiley smiley 

            Eh bien, vous auriez besoin d’une sérieuse remise à niveau, parce qu’oser dire que les banques privées n’ont pas le pouvoir de création monétaire, c’est carrément un mensonge tellement énorme qu’il confine à la désinformation. 

            Pour votre stage de remise à niveau, je vous conseille « l’argent dette » de Paul Grignon, ou bien encore : 

            Chouard : Le pouvoir de la création monétaire
            et j’en ai d’autres, à votre disposition... quelques livres de Maurice Allais, par exemple, ou bien encore « La réforme monétaire » de Robertson , , etc... smiley 

            De deux solutions l’une ; soit vous êtes ignare, soit vous êtes un malhonnête ; comme vous êtes un professionnel, la réponse est dans la proposition.... 

            Serviteur 
             smiley 

             


          • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 22:47

            sisyphe,

            Si les 30 glorieuses se sont bien passée c’est principalement pour deux raisons : (i) la reconstruction d’après guerre l’abandon des politiques protectionnistes d’avant-guerre ont boosté la croissance et (ii) les budgets de l’Etat français étaient voté à l’équilibre ! Evidemment, quand un pays n’est quasi-pas endetté et fait preuve d’un minimum de discipline budgétaire, le problème du financement de la dette ne se pose pas. C’est toute la différence avec notre situation d’aujourd’hui qui est beaucoup plus proche de celle de la république de Weimar (juste pour votre information – puisque ça vous a échappé – nous n’avons plus voté un seul budget à l’équilibre depuis 1975). Financer la dépense publique par de la création monétaire ne peut avoir aucun autre effet que de l’hyperinflation et, si l’inflation est un impôt, l’hyperinflation est un hyper-impôt. Cette « loi scélérate » nous a vraisemblablement évité la ruine.

            Sur la création monétaire, je ne vous ferais pas l’affront de citer les sources qui affirment le contraire – à commencer par celle qui émanent des banques centrales elles-mêmes : mon avis est celui de 98% des économistes – y compris de ceux qui pensent que c’est très bien comme Krugman pour citer un des plus célèbres. Mais en cherchant un peu vous trouverez sur Bellaciao d’autres « auteurs » qui soutiendront votre thèse… Factuellement, une banque centrale à le monopole légal de l’émission de monnaie centrale (les billets de banques et les réserves des banques auprès de la BC) et impose, via les réserves obligatoires, la quantité de crédit – i.e. de monnaie – que peuvent créer les banques commerciales à partir de la base monétaire. C’est-à-dire qu’une banque centrale contrôle la masse monétaire. Si ces dernières ont décidé de remplacer le targeting des aggregats monétaires par celui du taux du marché interbancaire c’est tout simplement parce qu’elles se sont rendues compte que la première option impliquait de telles variations de taux que ça mettait un bronx phénoménal dans l’économie. Je vous laisse aller jeter un coup d’oeuil sur le site de la Fed – par exemple – qui explique ces petits principes très clairement.


          • sisyphe sisyphe 26 mars 2011 14:28
            Par Georges Kaplan (xxx.xxx.xxx.57) 25 mars 22:47

            sisyphe,

            Si les 30 glorieuses se sont bien passée c’est principalement pour deux raisons : (i) la reconstruction d’après guerre l’abandon des politiques protectionnistes d’avant-guerre ont boosté la croissance et (ii) les budgets de l’Etat français étaient voté à l’équilibre ! Evidemment, quand un pays n’est quasi-pas endetté et fait preuve d’un minimum de discipline budgétaire, le problème du financement de la dette ne se pose pas. 

            A ce niveau de « raisonnement », une question se pose ; est-ce que vous nous prenez pour des cons, ou bien est-ce vous qui l’êtes vraiment ? 

            Si les états avaient, avant la loi scélérate de 1973 (précédée par l’abandon de l’étalon-or en 1971, et suivie par les Accords de la Jamaique, en 1976, avant le Traité de Maastricht, etc...) la possibilité de créer des « budgets à l’équilibre » (et encore, ce n’est même pas vrai), c’est qu’ils n’avaient pas, sur le dos, justement, le poids de la dette ; et encore, même pas de la dette ;, mais de ses seuls intérêts. 

            C’est ce qui, depuis 1974, plombe le budget des états, et les empêche d’être « à l’équilibre ». 

            Par ailleurs, un état n’a pas forcément à avoir un budget à l’équilibre ; un état doit pouvoir emprunter pour des financements qui s’avèreront productifs à moyen et long terme : recherche, éducation, infrastructures, équipements, etc... Un état n’est pas une société privée. 

            Tant que les états ont pu emprunter SANS INTERET, aux banques centrales, effectivement ils ont toujours pu rembourser leurs emprunts, et être à l’équilibre ; jusqu’en 1973. . 

            Le déséquilibre n’est survenu, précisément, qu’en 1974, qu’après ces lois scélérates, qui ont imposé des emprunts avec intérêts auprès de bailleurs privés ; ce qui a entraîné les dettes, plombant les budgets des états au bénéfice des banques. 

            D’autant que cet argent, récupéré par les banques, n’est jamais investi dans la production, mais sert essentiellement à la spéculation, aux actifs pourris, à créer d’énormes bulles financières, qui, quand elles explosent, sont à payer par les citoyens, qui n’y sont pour rien. 

            Il s’agit là de la plus grande escroquerie jamais réalisée à l’échelle internationale, avec l’aval de dirigeants politiques, qui ont bradé les intérêts des états qu’ils étaient censés protéger, à la solde des banques. 

            Annulation des dettes envers les banksters, et basta. 

            L’Argentine l’a montré en 2002 ; en annulant la plus grosse partie de sa dette, en renonçant à la parité avec le dollar (c’est à dire, en envoyant paître le FMI), et ne s’est jamais si bien portée depuis. 

            Halte au racket mafieux des banksters ; les états doivent annuler leurs dettes vis à vis de tous les organismes privés, et entreprendre la réforme monétaire que tous les bons économistes appellent de leurs voeux. 

            Pour vous, mon vieux, vous faites partie de cette bande d’ignares et d’incompétents qui n’ont jamais rien vu venir, qui ont contribué à provoquer des crises de plus en plus catastrophiques, et qui continuent, avec leur incompétence crasse, leur morgue hautaine, leur soif de profit, et leur système mafieux, à mener le monde droit dans le mur, avec la tranquille certitude de s’en sortir sans mal, quand ce sont les citoyens qui morfleront. 

            Vous êtes un être nuisible, menteur, manipulateur, à mettre hors d’état de nuire. 

            Sur Grignon, Jorion, Robertson, Allais ; aucune réponse ; ils ne sont pourtant pas dans Bellaciao ; mais c’est vrai qu’en étant limité au FIgaro, et à Valeurs actuelles, vous ne risquez pas d’en entendre parler. Si vous n’en parlez pas ; c’est ; soit que vous ne les connaissez pas, et, dans ce cas, professionnellement, vous êtes une truffe, *

            soit que vous les passez volontairement sous silence, parce qu’ils gênent votre théoricisme manipulateur. 

            Dans les deux cas, vous êtes un être nuisible. 


          • pingveno 25 mars 2011 13:49

            AAA, très drôle.

            Évaluer un emprunteur indépendamment de la somme qu’il désire éventuellement emprunter est une absurdité.
            Si je devais personnellement être noté, j’obtiendrais probablement le AAA puisque j’ai déjà honoré sans problème 2 emprunts immobiliers, le troisième en cours se passant aussi sans problème.
            Il n’en demeure pas moins que si demain j’empruntais un million d’euros, j’aurais du mal à le rembourser et ma note serait rapidement abaissée.

            Donc : il ne faut pas s’étonner si les organismes bien notés, quels qu’ils soient, finissent forcément par laisser filer leur dette (puisqu’on les laisse toujours emprunter plus), ni même de la crise des surprimes, qui est largement due au fait que la note de ces crédits n’a jamais été baissée ce qui ouvrait la voie à en faire toujours plus.

            A part ça :
            Cette analyse part d’un postulat loin d’être vérifié que plus de concurrence stimule l’offre en matière de prix et de qualité du service.
            Celle là, vraiment je l’adore. ça fait je ne sais combien de temps que les politiques ne cessent de nous vendre la concurrence libre et non faussée, qui s’est payé le luxe de faire baisser le prix de certains services initialement gratuits (par exemple les renseignements téléphoniques...)
            C’est bien la première fois que j’entends un ultra-libéral se prononcer contre la concurrence. C’est un bon début...


            • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 14:34

              Les renseignements téléphoniques étaient gratuits ? C’est de la naïveté ou de l’aveuglement volontaire ?

              Pingveno, au risque de vous faire beaucoup de peine, ni la sécu, ni l’Education Nationale, les routes départementales ne sont gratuites : vous les payez au travers de vos impôts et c’est très loin d’être « gratuit ».


            • pingveno 25 mars 2011 14:46

              Le 12 que je sache a toujours été gratuit jusqu’à une certaine limite (3 renseignements par appel si je me souviens bien). Vous pouvez chipoter en disant qu’ils se payaient grâce à la mise en relation (ou plus exactement, en facturant tout à fait normalement l’appel après la mise en relation) mais on n’était pas obligé de l’accepter après tout donc ça pouvait parfaitement être gratuit.
              Mais au fond ce qui m’a gêné dans cette histoire, c’est l’obstination de l’Europe à vouloir à tout prix mettre en concurrence un système dont plus personne ne voulait à l’heure où il est bien plus facile de se procurer les mêmes renseignements sur internet. Et ce malgré l’échec retentissant de cette ouverture en Angleterre (où 80% des nouveaux entrants n’ont pas tenu plus de 6 mois). Puis d’être envahis de pub pour les 118 à la télé parce qu’il fallait bien faire connaître ce « nouveau » service.

              Quant à votre exemple des autoroutes, je ne vois pas le rapport, mais soit, allons au bout de votre logique. Comparez le nombre d’euros par habitant pour la construction d’une autoroute avec ce que vous coûte le fait de prendre tous les jours cette même autoroute pour aller au travail après qu’elle ait été vendue à une société privée (parce que personnellement je n’ai jamais vu une société privée se lancer dans la construction d’une autoroute pour son propre compte...)


            • Pyrathome Pire alien 25 mars 2011 13:57

              Défendre le plus mauvais, le plus cynique, le plus criminel, le plus absurde, le plus mortifère des systèmes demande une sacrée dose de mauvaise foi et de mensonge, cher taulier.....mais vous le valez bien !! vous avez les même qualités que ceux que vous venez soutenir régulièrement ici....
              Bientôt, vous serez une pièce du musée de l’obscène...


              • Le péripate Le péripate 25 mars 2011 15:09

                Dans l’Histoire de l’État, qui s’écrira un jour au passé je l’espère, on retiendra la délicieuse perversité des États. Ne pas faire confiance au marché, créer réglementairement des Régulateurs, pour ensuite les vouer aux gémonies lorsque l’échec est patent. Histoire si souvent recommencée.

                Mais surtout les États sont d’énormes producteurs de boucs émissaires. C’est dans la génétique étatique. La puissance politique est toujours un déplacement de la violence des sujets qui reconnaissent cette puissance vers des cibles acceptables. Le mécanisme victimaire est un mimétisme. De ce point de vue là les démocraties sont plus encore poussées par la concurrence politique à inventer du bouc émissaire pour tous les goûts, opinions, sectes, etc...

                Dis-moi quels sont tes boucs émissaires, je te dirais qui tu es politiquement.


                • sisyphe sisyphe 25 mars 2011 16:34

                  Par Le péripate (xxx.xxx.xxx.66) 25 mars 15:09

                  Dans l’Histoire de l’État, qui s’écrira un jour au passé je l’espère


                  Aaahhh... la nostalgie de la jungle, de la loi du plus fort, du chacun-sa-gueule, du renard dans le poulailler ; c’est beau l’humanisme libertarien... 


                • sisyphe sisyphe 25 mars 2011 16:39

                  . Le mécanisme victimaire est un mimétisme. De ce point de vue là les démocraties sont plus encore poussées par la concurrence politique à inventer du bouc émissaire pour tous les goûts, opinions, sectes, etc...


                  Bah ouais.... 
                  Rien de tel qu’une bonne dictature, pour éviter les boucs émissaires, pas vrai ? 
                   smiley smiley 
                  Péripate, tu es un vrai pince-sans-rire ; à quand sur scène ? 


                • Le péripate Le péripate 25 mars 2011 17:17

                  Oh pas besoin de dictature pour commettre les pires horreurs : les Grecs votaient très démocratiquement l’extermination ethnique de leurs adversaires.

                  Mais, jusqu’à preuve du contraire, le contraire du pouvoir démocratique ou non n’est pas la dictature, mais l’anarchie.

                  Alors, espèce de crétin congénital de mes deux, tu vas stopper de mentir sur mes positions. Je suis pour l’anarchie ou, à défaut, l’état minimal. Et je me fous comme de l’an 40 si cet état minimal est une royauté, une démocratie, ou dirigé par tirage au sort.

                  Compris !

                  Merde alors.


                • sisyphe sisyphe 25 mars 2011 17:55

                  Ah, mais pour l’anarchie, je suis totalement d’accord. 

                  Sauf que la véritable anarchie implique l’autogestion, l’égalité entre individus, la fédération ; et que ce système, livré aux prédateurs des « marchés » aurait tôt fait d’être entièrement récupéré, et privatisé............ au bénéfice de quelques uns... 

                  Dans un système anarchiste, plus de patrons, plus de banques privées, plus d’organismes financiers (si ce n’est autogérés par les citoyens eux-mêmes) ; le contraire du capitalisme néolibéral, où les pouvoirs sont concentrés dans les mains ; non pas des états (les pauvres), réduits à la portion congrue, mais aux prédateurs du privé, sans loi autre que celle du plus fort, et de la privatisation du vivant. 

                  Donc, en la situation actuelle, en attendant un véritable système anarchiste...... on n’a pas trouvé mieux que les états, pour fédérer et protéger les citoyens ; quand ces états ne sont pas dévoyés, dépecés, et mis à la disposition de la finance internationale, comme on le voit dans le système des « agences de notation ». 

                  L’anarchie, d’accord, mais . en remettant tout à plat, en dotant chacun du même pouvoir au départ, et par la collectivisation et l’autogestion des moyens de production. 
                  Sinon, les états et les citoyens, ne sont que des proies ; et ce n’est pas l’état le prédateur, mais bien les organismes financiers. 

                • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 18:03

                  Il n’y a qu’un système totalitaire qui puisse s’approcher de « l’égalité entre individus ».


                • sisyphe sisyphe 25 mars 2011 18:14

                  Par Georges Kaplan (xxx.xxx.xxx.9) 25 mars 18:03

                  Il n’y a qu’un système totalitaire qui puisse s’approcher de « l’égalité entre individus ».


                  Aucun système totalitaire ne s’est jamais approché de « l’égalité entre individus » ; c’est exactement le contraire. 

                  Tous les systèmes totalitaires (dont l’actuel capitalisme totalement dérégulé) ont, toujours, au contraire, produit des castes d’oppresseurs, d’exploiteurs, de profiteurs au détriment de la très grande majorité des citoyens. 


                • Pyrathome Pire alien 25 mars 2011 18:16

                  Il n’y a qu’un système totalitaire qui puisse s’approcher de « l’égalité entre individus ».....

                  LIBERTÉ,ÉGALITÉ,FRATERNITÉ n’est donc qu’un slogan totalitaire ?

                  Donc, pour ce monsieur, une société opaque et inégalitaire est donc une démocratie...euh pardon, une démoncrassie....
                  merci de venir confirmer ce dont vous venez faire ici, de la propagande à deux balles.....


                • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 18:17

                  A 16:34, vous lui reprochez d’être libertarien ; à 16:39, vous l’accusez de prôner le totalitarisme.

                  C’est soit un syndrome du poisson rouge, soit que vous n’avez absolument rien compris de ce que le péripate dit…


                • Pyrathome Pire alien 25 mars 2011 18:24

                  C’est ça affreux Jojo, aller donc rédiger votre prochain torchon de propagande.....
                  http://www.jovanovic.com/blog.htm...quelques idées pour votre inspiration....ah ah ah ah !


                • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 18:36

                  Petit champigon,

                  Ça c’est parce que vous n’avez toujours pas pigé que l’égalité dont il est question est l’égalité de droit, l’égalité devant la loi et pas l’égalité de fait.


                • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 18:39

                  sisyphe,

                  Comment comment comment ? Vous êtes en train de m’expliquer que le socialisme est inégalitaire ?


                • sisyphe sisyphe 25 mars 2011 19:27

                  Le socialisme n’est pas un système totalitaire ; il en est le contraire. 


                  Le vrai système totalitaire, c’est celui que vous défendez ; le système mafieux bancaire, qui impose sa dictature à l’ensemble du monde ; c’est, de loin, le plus inégalitaire que le monde ait connu. 



                • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 20:00

                  Non ! bien sûr !

                  L’URSS, la Corée du Nord, l’Allemagne nazie, Cuba, le régime Khmer rouge (…) n’étaient pas du tout totalitaire…


                • Le péripate Le péripate 25 mars 2011 20:48

                  J’aime beaucoup le commentateur qui s’en tire en accusant la publication libre d’opinion comme de la propagande subventionnée.

                  C’est qu’il s’y connait en subvention le socialo...

                  Gouvernez votre femme, vos enfants, vos proches s’ils l’acceptent.

                  Mais ne nous faites pas chier.

                  Un travailleur libre.


                • sisyphe sisyphe 25 mars 2011 20:57

                  Par Georges Kaplan (xxx.xxx.xxx.57) 25 mars 20:00

                  Non ! bien sûr !

                  L’URSS, la Corée du Nord, l’Allemagne nazie, Cuba, le régime Khmer rouge (…) n’étaient pas du tout totalitaire…


                  Un superbe point pavlov doublé d’un point godwin, pour le spécialiste........ qui confond doctrine socialiste avec régimes nazi ou communistes...

                  Sérieux, vous êtes vraiment à court d’argument....

                • Pyrathome Pire alien 25 mars 2011 21:03

                  Et il s’y connait en socialo, le péripate ! il l’était encore en 2007 avant d’être très à droite aujourd’hui smiley.....comme Besson....ah ah ah ah !...


                • Georges Kaplan Georges Kaplan 25 mars 2011 22:05

                  Sisyphe,

                  Je confonds dites-vous ? Mmmh alors laissez moi vous expliquer deux ou trois petites choses puisqu’à l’ignorance économique vous ajoutez l’obscurantisme des idées.

                  Le communisme, ma très chère sisyphe n’a rien à faire là dedans. L’ex-URSS n’était pas communiste ni le régime de Pol Pot et la Corée du nord actuelle pas plus que les deux précédents. Si vous aviez lu Marx vous sauriez que le communisme est un projet de société en réalité assez proche de l’anarchisme – c’est-à-dire débarrassé de la tutelle des Etats – à cette différence très importante près que le communisme nécessite des hommes nouveaux, parfaitement égaux de fait.

                  Le socialisme – contrairement à ce que vous pensez probablement – est une idée très antérieure à Marx. On en trouve par exemple une forme parfaitement pure dans le « Code de la Nature » par Morelly (publié en 1755) : « la communauté de biens, le droit au travail, l’égalité absolue, l’uniformité en toutes choses, la régularité mécanique dans tous les mouvements des individus, la tyrannie réglementaire et l’absorption complète de la personnalité des citoyens dans le corps social » (je cite Tocqueville). Le projet marxiste était d’utiliser le socialisme comme une phase de transition vers le socialisme… transition qui n’eut – bien évidemment – jamais lieu et n’abouti qu’à quelques un des régimes les plus meurtriers et liberticides de l’histoire de l’humanité. Marx, lui-même, a dit au moins par deux fois qu’il n’était pas marxiste.

                  Les nazis – enfin – étaient biens des socialistes. Nazi, est une abréviation de « national-socialiste ». Ca a le mérite d’être parfaitement explicite : c’est du socialisme et du nationalisme (exactement comme le FN actuel). Vous pouvez vous reporter, par exemple, au « programme en 25 points » (vous trouverez ça sur Wikipédia) dans lequel les nazis exposent leurs exigences ou au discours de Goebbels que seul son antisémitisme maladif empêchait d’être marxiste. Jetez par la même occasion un coup d’œil aux CVs des cadres du parti ; ils étaient presque tous des anciens du PC allemand ou à ceux de grand collabos de Vichy (comme Laval ou Déat) qui étaient des anciens de la SFIO (d’où la retraite par répartition d’Etat, d’ailleurs, qui n’est pas une invention du CNR comme vous aimez sans doute le croire mais une réalisation de l’Etat Français de Vichy).

                  Et puis il y a nous, enfin, les gens qui – comme Voltaire, Turgot, Tocqueville, Bastiat, Aron, Mises, Hayek (etc…) – refusent ces régimes liberticides qui n’ont jamais créé autre chose, comme disait Karl Popper, que des enfers.


                • Le péripate Le péripate 25 mars 2011 23:16

                  Amusant. Signant « travailleur » libre, j’emprunte évidemment un mot de « gauche ». Pourtant c’est l’occasion d’un magnifique point Godwin sur le travail qui rend libre (ce qui n’est pas la même chose qu’un travailleur libre ie « qui échange librement son travail »).
                  Je suis pourtant simplement un travailleur qui échange librement son travail et ceci ne mérite aucune comparaison avec Hitler.

                  Sauf si il y a une parenté entre le langage d’Hitler et le langage de « gauche ». Je vous laisse seul juge, Wald.

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