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Accueil du site > Actualités > Economie > Ah, l’Allemagne ils sont quand même plus forts que nous (...)

Ah, l’Allemagne ils sont quand même plus forts que nous !

Depuis quelque temps, fleurissent articles et éditoriaux vantant la « renaissance allemande » en se basant sur différents sujets d’actualité. Cet article s’attachera à nuancer ces propos, et à en décrypter les messages colportés.

Le titre de l’éditorial du Monde daté du 23 aout 2007 est on ne peut plus clair : « Renaissance allemande ». Les premiers paragraphes, en schématisant à l’extrême, nous délivrent ceci : la balance commerciale est forte (alors que la nôtre est faible), ce qui prouve que l’Allemagne va bien (et nous pas), tout cela grâce aux réformes « libérales » Hartz (sous Schröder). Donc pour que la France aille mieux, appliquons les politiques allemandes. Différents quotidiens nous assènent le même message. Je vais essayer d’expliquer pourquoi je considère ce raisonnement comme un sophisme, quels effets on pourrait attendre des politiques allemandes appliquées en France, et pourquoi ce message nous est délivré. J’argumenterai du mieux possible (c’est-à-dire en faisant court) à l’aide de différents articles consultables sur internet. Je conseille le lecteur de se reporter à ces articles pour approfondir ce sujet.

La balance commerciale allemande est forte, donc l’Allemagne va bien

C’est vrai : la différence entre les exportations et les importations est au plus haut en 2007. Cela dit, cette balance commerciale va bien depuis un moment  : toujours positive depuis 15 ans[1] (ce qui n’est plus le cas en France depuis 2004), elle tourne autour de 5 % du PIB depuis 2002. L’Allemagne va-t-elle bien pour autant ? La croissance y est molle entre 2000 et 2005, c’est-à-dire que la croissance n’a jamais dépassé 1,3 % du PIB, pour être même négative en 2003 (c’est une récession), et le chômage augmente sur la même période. Il est vrai que depuis, ces tendances s’inversent. Autrement dit : le lien entre la balance commerciale et la « bonne santé » de l’Allemagne n’est pas aussi simple. Il peut être contradictoire.

La balance commerciale allemande est forte grâce aux réformes « libérales »

Les politiques tendant principalement à rendre plus flexible le travail et à en abaisser le coût décidées sous Schröder (dites Hartz I à IV) ont débuté fin 2002. Elles ont certainement eu un effet sur la compétitivité-prix puisqu’on observe à cette date une accélération de l’augmentation de la balance commerciale. Néanmoins, cela n’explique pas tout, comme le décrit à la page 20 cet article de l’INSEE : www.insee.fr/fr/indicateur/analys_conj/archives/juin2005_d1.pdf.

Un article intéressant nous donne quelques clés pour comprendre les différences de performances entre l’Allemagne et la France sur une période récente : http://www.cepii.fr/francgraph/publications/lettre/resumes/2005/let249.htm. On y trouvera notamment l’argument fort selon lequel les entreprises françaises bénéficient moins de la demande mondiale par leur positionnement géographique.

L’Allemagne va bien grâce aux réformes « libérales »

On peut se référer à l’évolution du PIB. Les réformes ont débuté en 2002. Or, la croissance n’est « bonne », c’est-à-dire supérieure à 2 %, qu’en 2006. Entre 2002 et 2005 elle a été très médiocre : de - 0,2 à 1,6 %. Si la croissance n’était imputable qu’à ces seules réformes, on peut dire qu’il y a eu un sacré retard à l’allumage !

Je citerai aussi un article du Monde décrivant les effets sur la population de ces réformes. On peut aussi parler du critère qui définit une personne pauvre lorsqu’elle dispose de moins de 60 % du revenu médian, qui est passé de 12 % de la population en 2003 à 13 % en 2006.

Pour que la France aille mieux, appliquons les politiques allemandes

Un très bon article de l’OFCE (http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue-textes/r98/1-98.pdf), quelque peu bavard mais riche, nous donne une analyse (page 30) des contributions à la croissance pour l’Allemagne et la France entre 1999 et 2005 : on y voit que sur cette période, en moyenne, le PIB a augmenté de 1,25 % en Allemagne avec une contribution de la balance commerciale très importante (+ 0,71 %) et une consommation nettement inférieure (+ 0,58 %). En ce qui concerne la France, le PIB augmente de 2,17 % avec une contribution de la balance commerciale négative (- 0,47 %) et de la consommation largement positive (+ 1,41 %). Comment prévoir dans ce contexte ce qui se passerait en France si l’on favorisait les exportations par une compétitivité-prix (baisse des coûts, donc entre autres, des salaires rapportés à la production) : la consommation baisserait, et la balance commerciale serait moins dégradée. Etant donnée l’importance qu’occupent structurellement la consommation et la balance commerciale en France, on peut facilement en déduire qu’une politique « à la Schröder » aurait un effet négatif sur la croissance française.

Du reste, lors de la récession de 1993 (la seule depuis 1975) la balance commerciale française fut largement positive : en effet la déprime de la consommation intérieure réduit les importations, et comme les exportations dépendent avant tout de la demande mondiale qui fléchit moins rapidement, la différence entre les deux est positive.

Pourquoi communiquer des idées fausses alors ?

Vous n’avez pas une petite idée ? Il y a quelques mois le sujet à la mode était la mondialisation où l’on nous expliquait qu’il fallait être compétitif par rapport aux Chinois, sans dire au passage que la différence de salaire entre un Français et un Chinois est de 1 à 100, voire de 1 à l’infini quand il s’agit d’esclaves chinois... Bref, sujets différents, mais conclusions identiques.

Conclusion

Cet article n’a pas d’autre ambition que de pousser le lecteur à avoir une analyse critique des opinions à l’emporte-pièce que l’on peut voir dans les journaux télé ou papier. Les références littéraires incluses ici peuvent l’y aider. Avis aux trolls...




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30 réactions à cet article    


  • jean-christophe 5 septembre 2007 13:10

    Bon, je ne suis pas convaincu par les arguments qui vous annoncez. Je crois même que votre raisonnement n’est pas bon.

    La croissance n’est pas l’élément fondamental de mesure. La croissance ne mesure pas les efforts de recherche publique pour trouver les débouchés de demain, elle ne mesure pas non plus les réorganisation pour chercher à moyen terme des gains de productivité. La croissance n’est qu’une mesure ponctuelle.

    Une politique de l’offre serait-elle catastrophique pour la France ? sommes-nous condamné à rester des consommateurs sans quoi nous risquerions de faire baisser notre croissance ? Cet argument est tout simplement stupide et court-termiste.

    Regardez ce à quoi en sont rendus les USA avec leurs société de consommateurs : des déficits dans tous les coins, des gens fragiles jetés à la rue par centaines de milliers. C’est ça que vous voulez pour nous ?

    Vous ne voyez pas à mon avis le véritable problème de l’Allemagne. Quelle est la signature de ses exportations ? tire-t-elle vraiment partie de la mondialisation ? L’Allemagne, comme la France, réalise environ 60% de ses exportations dans l’Union Européenne. Et c’est dans l’UE qu’elle a le plus gagné de parts de marchés. Il n’y a donc pas de réel miracle allemand !!!

    C’est parcequ’elle est parvenue à redevenir compétitive dans l’UE, dans les mêmes conditions sociales et monétaires que nous, qu’elle s’en sort bien aujourd’hui. Ce n’est donc en rien un miracle !!!

    Il n’y a donc pas d’autre solution pour nous, que d’appliquer des réformes (libérales ou pas) visant à améliorer la compétitivité dans l’europe.


    • Forest Ent Forest Ent 5 septembre 2007 13:21

      Si l’on divise les salaires français par 2, on inversera effectivement les balances commerciales françaises et allemandes. Mais où cela s’arrêtera-t-il ? Avons-nous les moyens d’une guerre des coûts de production, et que se passera-t-il quand il n’y aura plus du tout de consommation ?

      A long terme, le fait de privilégier systématiquement les revenus du capital par rapport à ceux du travail est destructeur de valeur, car il tue la demande. Comme il n’y a plus aucun cloisonnement international du capital, cela n’est pas non plus créateur d’investissements pour le futur. Constatons simplement qu’en dix ans la propriété du capital des grandes entreprises « françaises » est passée d’une grande majorité résidente à une petite majorité non résidente.

      La guerre des salaires entre l’Allemagne et la France sonnera au minimum la fin de l’UE.


    • Dan51 5 septembre 2007 13:57

      Le salarié français gagne déjà 20% de moins que le salarié allemand.


    • jean-christophe 5 septembre 2007 14:18

      La pensée qui consiste à dire qu’il ne faut pas améliorer la compétitivité (offre de formation pour les chomeurs, baisse du coût du travail par la réduction des charges, ...) parceque sinon les autres pays vont en faire de même et que ça n’en finira pas, c’est un peu limite limite...

      C’est quoi la définition de la compétition selon vous ?

      Certes, on pourra toujours dire que les cause principales de guerre du XX° siècle on été les dévaluations compétitives qui ont conduit le monde à la ruine économique.

      Mais on ne peut pas vivre coupé du monde. Même dans l’UE, nous sommes dans un environnement de compétition économique. Il faut donc une politique de la compétitivité !

      Ce qui démoralise les gens aujourd’hui n’est pas la perte de pouvoir d’achat, mais l’absence de perspective positive parceque nous vivons dans une société immature qui refuse la compétition et dont ses « acquis » s’érodent de jours en jours.

      Même du temps des socialistes, nous étions plus compétitifs, c’est pour dire ! (avant les 35 heures et tout le toutim)

      Enfin, puisque vous critiquez la politique du capital, on ne pourra que critiquer en retour les semblants de politique keynesienne.

      Toutes ont été un échec en temps de paix : personne n’a jamais réussi à relancer une économie sur des bases solides en privilégiant la demande, et ce pour une raison très simple : stimuler la demande aujourd’hui, c’est privilégier les importations et donc creuser un plus notre tombe.

      Bref, je ne crois pas que notre problème économique se réglera en allant voir les allemands pour leur demander d’augmenter les charges sociales sur le travail.


    • Forest Ent Forest Ent 5 septembre 2007 14:27

      Voui, mais vous partez de l’a priori que les frontières sont naturellement ouvertes. Elles ne devraient l’être qu’entre pays ayant souscrit un accord sur les conditions de la concurrence. Il est aberrant d’avoir avec l’Allemagne et le reste de l’UE un marché commun et une monnaie commune, et de n’avoir rien en commun en ce qui concerne la fiscalité et le droit du travail.

      Aujourd’hui, nous avons besoin d’un certain protectionnisme. Quand ce système économique absurde qu’est la mondialisation financière se sera écroulé, la réaction sera le repli sur soi. A ce moment-là, je suppose que je plaiderai pour le libre-échange. Ca me fera drôle.


    • chrizl chrizl 5 septembre 2007 14:29

      « Bon, je ne suis pas convaincu par les arguments qui vous annoncez. »

      Vous avez le droit. On est encore en démocratie.

      « La croissance n’est pas l’élément fondamental de mesure. »

      Tout à fait d’accord. Mais ce n’est pas ce que répète à l’envie les médias. Et cet article porte sur le mesage véhiculé par les médias.

      « Une politique de l’offre serait-elle catastrophique pour la France ? »

      Détaillez votre « politique de l’offre ». Donnez moi des exemples et des arguments.

      « Regardez ce à quoi en sont rendus les USA avec leurs société de consommateurs : des déficits dans tous les coins, des gens fragiles jetés à la rue par centaines de milliers. C’est ça que vous voulez pour nous ? »

      Heu...je ne veux rien en particulier moi... Maintenant, quand je ferai un papier sur les USA, on en reparlera...

      « Vous ne voyez pas à mon avis le véritable problème de l’Allemagne. Quelle est la signature de ses exportations ? tire-t-elle vraiment partie de la mondialisation ? L’Allemagne, comme la France, réalise environ 60% de ses exportations dans l’Union Européenne. Et c’est dans l’UE qu’elle a le plus gagné de parts de marchés. »

      L’Allemagne tire profit de sa position en Europe de l’est (qui ne faisait pas partie de l’UE jusqu’à il y a peu). En ce qui concerne le reste du monde, pour voir si elle tire profit de la mondialisation, il faut voir la progression nominale et pas en % de parts de marché.

      « Il n’y a donc pas de réel miracle allemand !!! »

      Là dessus, on peut être d’accord !

      "C’est parcequ’elle est parvenue à redevenir compétitive dans l’UE, dans les mêmes conditions sociales et monétaires que nous, qu’elle s’en sort bien aujourd’hui. Ce n’est donc en rien un miracle !!! Il n’y a donc pas d’autre solution pour nous, que d’appliquer des réformes (libérales ou pas) visant à améliorer la compétitivité dans l’europe."

      Oui, bon alors là on mélange un peu tout : effectivement qu’il faut faire quelque chose. Mais si on est pas d’accord sur le constat, ça va être dur de se mettre d’accord sur ce qu’il faut faire.


    • jean-christophe 5 septembre 2007 15:45

      L’Union Européenne, c’est exactement la démarche contre la mondialisation. Ce n’est pas du protectionnisme, c’est du régionalisme au sens des discussions à l’OMC : se développer dans un espace de référence donné. Toutes les régions du monde sont en train de se régionaliser : UE, ALENA, ASEAN, bientôt dans le golf persique, peut-être un jour en Afrique, ...

      Si nous ne parvenons pas à être compétitif, même au sein de notre espace de référence, faudra-t-il fermer les frontières ? je ne suis pas assez fort donc je ne joue plus ? Ce n’est pas fair play.

      Le protectionnisme et le repli sur soi, c’est ce qui a provoqué les guerres du passé. C’est l’ouverture, l’avenir.

      Maintenant, nos PME sont elles trop fragiles faces aux allemandes ?

      Jusqu’à encore récemment, les PME allemandes tiraient la langue et ce, malgré une capitalisation de type familiale ou bancaire. Dans les années 97, 98, c’était vraiment critique.

      Ce n’est qu’avec leur réforme visant à améliorer leur compétitivité qu’elles reviennent sur le devant de la scène.

      Je le répète, il n’y a pas de miracle.


    • Forest Ent Forest Ent 5 septembre 2007 16:09

      « L’Union Européenne, c’est exactement la démarche contre la mondialisation. »

      Ah ? Moi, j’aurais dit « pour ». smiley

      « Le protectionnisme et le repli sur soi, c’est ce qui a provoqué les guerres du passé. »

      Ben non c’est le contraire. C’est ce que j’ai essayé de dire ci-dessus. Ce qui a provoqué les guerres du passé, c’est une réaction de protectionnisme excessif suite à krach suite à ouverture des frontières excessives. Un protectionnisme tempéré AVANT 1929 aurait évité la crise. Après, il l’a aggravée. C’est pareil aujourd’hui.

      « Je le répète, il n’y a pas de miracle. »

      Oui, moi aussi. smiley

      Un espace mondial de libre-échange non régulé, c’est la ruine assurée pour tous.


    • imarek imarek 5 septembre 2007 13:15

      Article intéressant. Vous avez oublié à mon avis un fait important. Il s’agit des sommes faramineuses injectées dans l’ex Allemagne de l’Est pour les remettre à niveau (près de 800 Milliards d’euros depuis presque 20 ans). C’est dire le fardeau qu’ils ont eu à supporter. Et ils en ont encore pour une dizaine d’années parait-il. Donc effectivement les allemands sont très performants économiquement parlant. Concernant les salaires des chinois, juste pour information, les ingénieurs gagnent l’équivalent de 600 euros par mois et à Pékin, le salaire de base est autour de 200 à 300 euros. Et 10% à 15% de plus chaque année...avec le cout de la vie qui va avec bien sur. Bonne journée.


      • Dan51 5 septembre 2007 13:55

        Bien entendu que si la France avait dû supporter 16 millions d’habitants supplémentaires provenant d’un système communiste qui venait de s’effondrer - la RDA - elle aurait eu bien plus de problèmes... Tout était à reconstruire, ce qui a coûté des centaines de milliards depuis. Et cependant l’Allemagne est toujours aussi forte, j’y vis depuis plus de 30 ans et peux vous assurer que le niveau de vie et les capitaux propres des PME allemandes qui sont autrement plus solides que les françaises sont bien supérieurs à ce dont la France se vante.

        La situation des PME en France est catastrophique. Elles n’ont pas la capacité humaine et en capitaux propres à se projeter sur les marchés internationaux. Et cela va encore empirer car l’Etat a totalement brimé tout ces pans de l’économie - plus de 90 % de toutes les entreprises françaises - depuis plus de 20 ans au profit des quelques grandes entreprises françaises qui font la une des journaux.

        Et un tel retard ne se rattrapera pas de si tôt.


      • jean-jacques rousseau 11 septembre 2007 11:17

        Dan51 disait : "La situation des PME en France est catastrophique. Elles n’ont pas la capacité humaine et en capitaux propres à se projeter sur les marchés internationaux. Et cela va encore empirer car l’Etat a totalement brimé tout ces pans de l’économie - plus de 90 % de toutes les entreprises françaises - depuis plus de 20 ans au profit des quelques grandes entreprises françaises qui font la une des journaux.

        Et un tel retard ne se rattrapera pas de si tôt."

        Je souscris entièrement à cette analyse.

        J’ajouterai 3 choses :

        1. les PME sont désavantagées de plusieurs manières. En dehors des chambres consulaires départementales elles non pas d’interlocuteurs pertinents sur le plan d’une politique de développement économique régional, ni national. C’est purement une question d’organisation du pouvoir et in fine de démocratie. Si les régions avaient des compétences législatives étendues à l’image des « Lander » allemands, il en irait autrement. En bénéficiant d’un suivi plus attentif des autorités, les PME auraient notamment un accès équitable a des services régionaux plus efficaces d’aide à l’exportation ; aux ressources universitaires en R&D ; aux appels d’offres publiques ou privées ; etc.

        2. Par l’effet d’une centralisation politique des questions économique - aujourd’hui les plans de développement régionaux sont contrôlés par le gouvernement et les dossiers importants sont toujours gérés par le Ministre « à-tout-faire » des Finances. Les attributions du personnage sont devenues rocambolesques et ressemble à un titre de noblesse de l’ancien Régime : « Sa structure actuelle est définie par le décret[2] du 31 mai 2007 relatif à ses attributions. Le décret prévoit que »le ministre de l’économie, des finances et de l’emploi prépare et met en œuvre la politique du Gouvernement en matière économique, financière, d’emploi, de formation professionnelle, de consommation et de répression des fraudes, de commerce extérieur, d’industrie, de postes et communications électroniques et de tourisme« . Il met en œuvre également la politique du gouvernement concernant les petites et moyennes entreprises, le commerce, l’artisanat et les professions libérales. » ouf !

        3. Evidemment personne ne peut s’occuper utilement de tant de sujets à la fois. La résultante est que la priorité sera donnée à quelques dossiers prioritaires en fonction de la pression de lobbies ou au coup par coup en fonction de l’actualité médiatique. Il en résulte que c’est l’optique et la stratégie des grands groupes industriels qui sera adopté et à l’ordre du jour et on (sur)valorisera le rôle de « champion industriel national » de tel groupe qui aura ses entrées dans le cabinet ministériel, pour reléguer les PME à un rôle de « sous-traitants », écartés des appels d’offre publics, suspendus au bon vouloir de leur principal client si ce n’est relégué au statut rédhibitoire « d’atelier artisanal du folklore local ». C’est ainsi ignorer le fait que toutes les grandes entreprises modernes ont fait leurs débuts dans un petit atelier artisanal et mépriser les débuts c’est interdire la prospérité future.

        Le succès des PME c’est l’effet d’un cadre institutionnel politique favorable à la démocratie locale et régionale pleinement compétente dans le domaine du développement économique. Aucun ministre ou aucun président omnipotent ne pourra décréter arbitrairement ce succès.


      • judel.66 5 septembre 2007 15:08

        — -ForestEnt—vous ecrivez :«  »la propriété du capital des entreprises Françaises est passée d’une majorité résidente a une majorité non résidente «  »c’est vrai ! ! ! moi je dis«  »la France est a vendre«  » c’est finalement la meme chose ... ! ! !

        tout le monde le sait maintenant ; 70%des entreprises Françaises cotées en bourse sont a majorité etrangère et 40% dela totalité des entreprises Françaises....l’actionnaire etranger rapatrie ses dividendes sans payer sur ceux ci le moindre impot en France ...le souci essentiel de l’actionnaire etranger c’est d’amortir son capital au plus vite d’où , pas d’amélioration de l’outil de travail et perte de compétitivité de celui ci.... où allons nous ? ? .....

        en allemagne , il n’y a pas les épouvantails aubry , hollande «  »moi j’aime pas les riches «  » ,ISF inquisition, et les entreprises sont a capitaux allemands ...il faut en tirer des conclusions ! ! .la France se saigne et n’est plus qu’une colonie de la finance mondiale.....


        • Forest Ent Forest Ent 5 septembre 2007 19:27

          Aubry, Hollande, ouais ... Ca fait 5 ans et demi que l’UMP est au pouvoir et ça empire. Si vous comptez sur l’UMP pour arranger quoi que ce soit, vous n’avez à mon avis pas fini d’être ... déçu.


        • Dalziel 5 septembre 2007 15:27

          La toute première erreur, et la plus grossière, c’est de croire que les Français sont des Allemands à béret basque, baguette de pain, camembert et kil’ de rouge, et que, par conséquent, ce qui donne de bons résultats avec des Allemands donnera les mêmes bons résultats avec des Français.

          C’est le genre d’aberrations qu’on professe, lorsqu’on néglige, par ignorance ou par choix idéologique, l’existence des identités culturelles.


          • donegale 5 septembre 2007 16:06

            Si j’ai un produit à acheter, même « second hand », je favorise le « made in Germany ». voilà le miracle économique Allemande.................


            • Barbathoustra Barbathoustra 5 septembre 2007 16:59

              « Le protectionnisme et le repli sur soi, c’est ce qui a provoqué les guerres du passé. »

              — >

              Cette théorie de la suspission que je reconnais bien ; comme quoi il serait préférable de canaliser les instincts grègaires de la plebe vers une guerre économique ouverte plutot que vers une guerre tout court est juste ridicule. Nous ne sommes plus dans une logique de soulèvement prolétaire à la bolchévique ou dans le cadre propisse à une revanche nationaliste d’un peuple humilié par la défaite. Faut arreter de raconter ce genre d’anneries.


              • jean-christophe 6 septembre 2007 09:25

                « Nous ne sommes plus dans une logique de soulèvement prolétaire à la bolchévique ou dans le cadre propisse à une revanche nationaliste d’un peuple humilié par la défaite »

                RIEN A VOIR.

                Rappelons-nous que nous sommes aujourd’hui à l’ère de la mondialisation financière !!!

                Le repli provoque un retrait et une contraction des échanges internationaux de capitaux. Pour un pays ouvert au monde comme le notre, ou comme les USA, ou comme la Grande-Bretagne, cela représenterait une catastrophe économique majeure (en fait tous les pays ayant besoin des IDE pour vivre).

                L’allemagne comme le Japon dans les années 1930, ont été exposé à ce problème de repli des capitaux.

                Les cocos ou le nationalisme n’ont été que des causes maladroites de déclenchement du repli, générant alors une crise financière bien plus grave que la crise initiale.


              • judel.66 5 septembre 2007 20:23

                — -ForestEnt—bien sur il y a 5 ans que l’ump est au pouvoir et qui vous dit que je ne suis pas déçu ; et meme tres déçu....

                cela dit ; les délocalisations , la fuite des capitaux , la France a vendre ; ça remonte a plus de 5 ans et ça continue ..

                j’espérais StrausKhann...je suis désespéré....


                • Dan51 5 septembre 2007 21:33

                  Il y a mieux que SK, il y a le Mouvement Démocrate... attendez de voir le punch qu’il a, les médias ne s’en sont pas encore aperçu.

                  Au congrès de Seignosse du 13 au 16 septembre, ils prévoyaient 1.500 personnes, 2.000 se sont inscrites et les 3 villages de vacances sont pleins, ceux qui veulent encore participer doivent se loger par leurs propres moyens...

                  Et il y a des échanges de haut niveau entre des groupes d’étude sur le net qui préparent ce Forum...

                  Il faudra désormais compter avec cette alternative Démocrate, qui sera le seul contrepouvoir face à l’UMP qui dérive vers la démagogie et le PS qui se délabre par pans entiers...


                • moebius 5 septembre 2007 22:13

                  L’économie allemande est basé sur la demande extérieur, la francaise sur la demande intérieur. En privilégiant la premiere le MEDEF et notre président nous installerait de plein pied dans une situation de concurence avec l’Allemagne. Nous sommes si peu pret à affronter ce conflit et a en payer en le prix qu’il serait peut etre plus juste de considerer le discours du patronat sous l’angle d’un pur reflexe pavlovien et démagogique du « désir d’entreprendre » qui sera sans conséquence définitive, on l’apprendra plus tard, sur notre économie. 1,8% de croissance à notre horizon et guére mieux l’année prochaine et des investissement dans la production qui reste dérisoire pour etre décisif. Mais faisons des réformes et acceptons cette politique de rigueur qui ne dit pas encore son nom et nous deviendrons sans doute compétitifs. C’est sur plus on se sert la ceinture...Plus aussi on desert une économie une économie qui fait la part belle a la demande ?


                  • jean-christophe 6 septembre 2007 09:35

                    Quel défaitisme !

                    C’est vraiment ignorer les situations et les histoires économiques de nos voisins européens.

                    Il y a 20 ans, qui aurait pu croire que le PIB du Nord de l’Italie deviendrai plus élevé que le PIB moyen français ? et pourtout c’est ce qui est arrivé. Les italiens du nord ont appliqué des réformes drastiques et sont parvenus à re-développer un tissu économique de PME.

                    Il y a 20 ans, qui aurait pu croire que le PIB de l’Irlande serait supérieur au PIB français ?

                    Il y a 20 ans, qui aurait pu croire que l’économie française, alors très compétitive en europe, avec des exportations honorables, se retrouverait lanterne rouge.

                    Rien n’est gravé dans le marbre.


                  • chrizl chrizl 6 septembre 2007 10:19

                    A jean christophe :

                    1/ Le nord de l’Italie a toujours été la locomotive du pays et pas que depuis 20 ans et a toujours été plus riche que pas mal de régions françaises. Et alors ? Quelle conclusions en tirer ?

                    2/ Le PIB de l’Irlande surpérieur au PIB Français ? Alors là, vous m’en apprenez une bonne !

                    3/ Les exportations françaises : cf. mon article et quelques messages postés très intéressants, notamment sur la situation des PME allemandes par rapport aux françaises.

                    4/ Rien n’est gravé dans le marbre effectivement. Encore faut il analyser correctement les choses pour les changer...


                    • jean-christophe 6 septembre 2007 11:28

                      PIB par habitant, tout le monde aura compris...


                    • Emile Red Emile Red 6 septembre 2007 10:35

                      Je trouve un peu incongru de comparer deux économie se reposant sur une base industrielle complètement différente.

                      L’allemagne depuis 97 devient performante en terme d’exportation parcequ’elle produit ce qui permet aux économies émergentes de produire : l’outillage.

                      La France est beaucoup plus sujette aux variations économiques mondiales ses exportations sont dominées par le luxe et l’agricole.

                      Il n’y a commercialement parlant quasi aucune concurrence entre les deux pays, hormis certains secteurs automobiles ou ferroviaires, et les avions nous les produisons ensembles majoritairement.

                      Si on étudiait profondément les marchés extra nationaux on s’apercevrait même que nous sommes fortement complémentaires, de là à penser que plus fort que l’UE une fusion entre les deux pays dans une vaste fédération aurait eu toute chance d’aboutir à une puissance économique bien supérieure à ce que représente aujourd’hui l’UE entière, avec l’avantage de diviser par trois les dépenses directes de l’état.


                      • chrizl chrizl 6 septembre 2007 10:46

                        « Je trouve un peu incongru de comparer deux économie se reposant sur une base industrielle complètement différente. »

                        Oui...enfin, c’est quand même toujours intéressant de comparer les performances des pays et les expliquer... sinon, on fait plus grand chose. Mais je suis d’accord avec vous : il faut tout prendre en compte.

                        « L’allemagne depuis 97 devient performante en terme d’exportation parcequ’elle produit ce qui permet aux économies émergentes de produire : l’outillage.La France est beaucoup plus sujette aux variations économiques mondiales ses exportations sont dominées par le luxe et l’agricole. »

                        Entre autres, oui, c’est tout à fait juste.

                        « Si on étudiait profondément les marchés extra nationaux on s’apercevrait même que nous sommes fortement complémentaires, de là à penser que plus fort que l’UE une fusion entre les deux pays dans une vaste fédération aurait eu toute chance d’aboutir à une puissance économique bien supérieure à ce que représente aujourd’hui l’UE entière, avec l’avantage de diviser par trois les dépenses directes de l’état. »

                        Oui, mais cela relève de la fiction : que faites vous de l’histoire ? de la langue ? de la culture ? des comportements ? des lois... bref, tout ce qui fait qu’une nation est nation et se distingue d’une autre...


                      • chmoll chmoll 6 septembre 2007 11:58

                        Pour que la France aille mieux, appliquons les politiques allemandes

                        ben faudrait déjà supprimer vos ministères à rustines et c’est pas d’main la veille


                        • judel.66 6 septembre 2007 12:28

                          — -Emile Red—votre commentaire est remarquable de clarté et je partage entièrement votre point de vue...sauf en voitures , nous sommes complementaires avec l’allemagne et meme en voitures nous ne jouons pas dans le meme registre...

                          — -chrizl---l’histoire c’est du passé. avec l’allemagne ce n’est plus un fossé..la langue oui ! le vrai fossé c’est ForestEnt qui le donne en soulignant que nous n’avons ni unifié les fiscalités , ni le droit du travail...en allemagne les entreprises sont a majorité allemande et la France est a vendre ! ! ! ...

                          — -Jean Cristophe ...en italie , en irlande ,il n’y a pas eu giscard et ses plus values pour arreter net nos 30 glorieuses et surtout il n’y a pas l’epouvantail inquisition ISF qui a fait fuir tous les capitaux Français susceptibles de s’investir en France ..prenez un imprimé I S F etmettez vous a la place d’un bailleur , inscrivez :domicile + locations + comptes en banquede toute la famille + toutes les assurances vie de la famille +tous les PEA + les caisses d’épargne , et vous allez placer votre argent en suisse où il ne fera pas travailler l’ouvrier français et ne construira pas du locatif en France....ne croyez pas au bouclier il ne joue que pour les tres grosses fortunes(voir bouclier fiscal sur internet )....


                          • chrizl chrizl 6 septembre 2007 13:51

                            « - -chrizl---l’histoire c’est du passé. avec l’allemagne ce n’est plus un fossé.. »

                            Si vous voulez dire que l’histoire n’est plus un fossé pour créer une fédération avec l’Allemagne, excusez moi, mais je trouve cela un peu court... Le concept de nation nous échappe peut être au jour le jour, mais je pense que toute notre société et même nos vies sont construites là dessus (je sais ,j’y vais un peu fort smiley ) . Donc dire qu’il suffit d’avoir les mêmes impôts pour fusionner 2 nations, bof...


                          • judel.66 6 septembre 2007 14:12

                            — -chrizl---moi , je me serais contenté de l’empire de Charlemagne ; ou si vous préférez du saint empire Romain Germanique...nous avons tous les memes valeurs et nous pouvons oublier les querelles de famille....

                            cela dit ...je fais partie de ceux qui ont voté non a la giscarderie qui instituait la grande zone de libre echange en europe , la concurence entre etats par le moyen des fiscalités , et la concurence entre ouvriers par le moyen des divers droits du travail européens.......


                            • soliman.de 12 septembre 2007 11:35

                              je suis d’accord avec l’auteur que cette rengaine sur la « renaissance allemande » est assez pénible sur tout quand on y vit depuis 4 ans. Les auteurs de ces laudatios oublient en général les faits suivant :

                              - l’augmentation du nombres de Working-poor due à l’absence de salaire minimum ( en débat depuis longtemps)
                              - les conséquences du papy boom qui explique la baisse du chomage avec en proportion un turn around plus fort qu’en france à cause d’un ration retraité/jeune different. Une natalité atone depuis trente ans « produit » moins d’arrivant sur le marché du travail.
                              - le chomage baisse à l’est. c’est vrai, mais depuis 1990, la population y a fondue entre 10 et 15%, la natalité y est encore plus faible et les jeunes en partent à la fin des études ( ce théme est un poncif de la presse d’outre rhin) pas étonnant que le chomage baisse dans ce cas là.
                              - certes les chiffres de l’export sont bons mais ils l’ont toujours été car l’industrie allemande tire profit de sa spécialisation, de la montée en gamme de ces produits, et de sa réputation entretenue de qualitée. Le role des PME n’est pas à negliger, celles ci étant plus fortes qu’en france.
                              - la baisse du chomage peut s’expliquer par l’absence des effets cycliques à cause d’un hiver trés doux. ainsi le batiment a pu fonctionner tout l’hiver. Cela à un effet sur le chiffre final.
                              - Si le moral des allemands remonte, il faut y voir aussi un effet « coupe du monde » mais cela ne passera pas l’hiver.
                              - On nous rabat les oreillles avec la "culture de compromis allemand. C#est oublier que la sncf allemande a connu 4 mois de perturbations à cause des salaires, que la conditions des hopitaux et médécins est telle que cela fait des années que des gréves emmaillent ce secteur. Les syndicats ont pu renégocier à la hausse les conventions collectives aprés de lourds sacrifices, cela á permi de calmer une grogne constante

                              voila pour ma vision des choses outre-rhin, en plus de ces contributions précédentes. la méthode allemande n’est pas vraiment applicable en france où il faudrait encourager les PME plutôt que les grands groupes, essayer de tirer meilleurs profits de notre tourisme, encourager l’investissement pour monter en gamme et en modernisation de nos produits pour eviter qu’ils partent en asie...

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