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Accueil du site > Actualités > Economie > Alain Cotta flingue la monnaie unique

Alain Cotta flingue la monnaie unique

Il avait combattu l’euro, avec Rosa et Lafay dans les années 1990. Il y a un an, il avait sorti un petit livre savoureux et toujours d’actualité « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu ».

Les arguments des partisans de l’euro hachés menu

Comme Jean-Jacques Rosa après lui, l’économiste revient sur les nombreux arguments avancés par les partisans de l’unification monétaire européenne et depuis démentis par les faits. Il cite donc le fameux article du 28 octobre 1997 du Monde signé par tout ce que la pensée unique compte de partisans, de Pascal Lamy à Claude Bébéar. Le premier argument avancé était la protection contre les crises, prévision que les hoquets des bourses européennes depuis 18 mois infirment fortement.

Ensuite, l’euro devait apporter des prix stables : ceux des grandes marques de grande consommation ont fait l’exact inverse. Il devait ensuite assurer « une gestion saine des finances publiques ». C’est sans doute pour cela que nous sommes aujourd’hui en plein une crise des dettes souveraines… Enfin, l’euro devait nous apporter croissance et emploi. Manque de chance, la zone euro est, avec le Japon, la zone où la croissance est la plus faible depuis dix ans dans le monde entier.

Ensuite, l’euro devait nous donner « une position centrale dans le concert international ». En lieu et place, comme le dit Emmanuel Todd, « avec l’euro fou, l’Europe réussit le tour de force d’utiliser sa propre puissance économique pour se torturer ». Enfin, l’euro devait nous apporter une « cohésion interne » dont on discerne mal les contours en voyant certains Allemands demander aux Grecs de vendre leurs îles et certains grecs évoquer rien moins qu’un « 4ème Reich » !

Pourquoi l’euro ne marche pas

Alain Cotta développe des arguments repris par Patrick Artus et Jacques Sapir, à savoir que l’euro pousse à « contenir les salaires, accroître les impôts indirects pesant sur le consommateur et non sur les entreprises ». Il souligne que l’Allemagne s’y est adapté, accumulant 200 milliards d’excédent extérieur, correspondant à peu près aux déficits des autres pays. Pour lui, « la rente et les rentiers sont les grands bénéficiaires de l’euro », monnaie de la « gérontocratie européenne ».

Pour lui, les politiques qui ont construit l’euro sont « les pompiers zélés d’un incendie qu’ils auront allumé eux-mêmes ». Il note que la monnaie unique bénéficie de nombreux soutiens : tous les gouvernements en place, les rentiers, le système financier et les grands pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Chine inclus), ce qui risque de faire durer le supplice de l’euro encore un peu, « la force du statu quo ».

Mais pour lui, les plans d’austérité pourraient bien réveiller les peuples, comme le montre le mouvement des Indignados. Il ne croît pas à un mouvement fédéraliste qui « condamnerait les représentants du peuple à devenir (…) des décideurs de la localisation des pissotières ». Il souligne également que l’Allemagne ne sauvera pas l’euro « à n’importe quel prix » et trouve les réticences du peuple allemand « justifiées ». Il n’attaque pas des marchés qui ne font que refléter la réalité.

Vers une nouvelle Europe monétaire

Il souligne que ce sont les porteurs d’obligations de la Grèce qui ont profité du plan de soutien qui a permis de leur rembourser 100 milliards d’euros. Il préconise la transformation de l’euro en une monnaie commune accompagnée de monnaies nationales aux parités ajustables. Il souligne qu’Athènes ne retrouvera pas la croissance sans pouvoir dévaluer et souligne qu’il y a « des dévaluations réussies, d’autres qui échouent, certaines suivies d’inflations, et d’autres non ».

Il pense que l’Allemagne peut changer de modèle et pourrait bien « condamner la zone euro, dont elle détient les clés financières de la cohésion ». Comme Jacques Sapir, il évoque l’utilisation de l’article 16 et prévoit plus de croissance en cas de sortie de l’euro, préconisant aussi l’utilisation de la monétisation. Il croit fortement à l’avenir de notre pays, qui peut s’appuyer sur quatre atouts majeurs : le tourisme, notre système de santé, notre langue ainsi que notre épargne.

Avec ce petit livre mêlant économie et politique, Alain Cotta signe un essai facile à lire, aussi élégant que percutant qui synthétise remarquablement les enjeux autour de la monnaie unique européenne.

Source : Alain Cotta, « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu », Plon, collection Tribune Libre


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28 réactions à cet article    


  • Leviathan Leviathan 1er août 2011 12:13

    Alain Cotta est membre de la Commission Trilatérale, une des officines de de David Rockefeller (CFR, Commission Trilatérale, Groupe de Bilderberg) qui œuvre pour l’établissement d’un Gouvernement Mondial, d’une monnaie mondiale, d’une armée mondiale depuis 1973...

    Pour en savoir plus, lisez :
    - « Faits et chroniques interdits au public - Tome 2 : Les secrets de Bilderberg » de Pierre Faillant de Villemarest.
    - « Faits et chroniques interdits au public - Tome 3 : La Trilatérale » de Pierre Faillant de Villemarest.


    • victor latent 1er août 2011 13:25

      Vous faites référence à l’article 16 sans préciser le traité ou la constitution. De quel article s’agit-il ?

       

      Transformer l’euro de monnaie unique à monnaie commune :


      D’après votre lien :

      "En outre, le nouvel euro pourrait être un rival international du dollar comme monnaie de réserve. La France devrait proposer de reconstituer un Système Monétaire Européen, où les parités monétaires seraient fixes mais ajustables. De manière à respecter les souverainetés nationales, il conviendrait de laisser le dernier mot aux Etats pour dévaluer ou réévaluer leur monnaie, mais on pourrait imaginer un système de concertation de manière à favoriser la coopération entre les pays membres."


      Quelle est la différence entre une monnaie commune et des monnaies nationales dont la valeur est fixe par rapport à une monnaie dite « commune » ?

       

      "Pour les pays qui répondent à des critères objectifs (déficit commercial, monnaie surévaluée), la procédure de concertation serait accélérée. Pour les Etats dont la situation justifierait moins un changement de taux de change, la procédure de concertation pourrait être un peu plus contraignante, même s’il convient de laisser le dernier mot aux pays pour ne pas rentrer de nouveau dans les travers d’une construction supranationale."

       

      Vous proposez un système illogique :

      D’une part les Etats doivent suivre une procédure contraignante pour décider d’un nouveau taux de change de leur monnaie, et d’autre part ce système contraignant laisse le dernier mot à la souveraineté nationale  !!

      Alors, à quoi servirait cette monnaie commune ?


      • Peretz Peretz 1er août 2011 17:13

        Article 16 de la Constitution donne pendant un temps de crise tous pouvoirs au gouvernement pour agir sans avoir besoin du soutien du Parlement (par décrets). La monnaie commune est une façon de se prémunir contre des mouvements financiers intempestifs extérieurs, me semble-t-il : il n’y a pas de contradictions.


      • hgo04 hgo04 2 août 2011 07:43

        Quelle constitution ?? je croyais qu’elle avait été rejetée ??


      • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 1er août 2011 16:20

        @Leviathan : « Alain Cotta est membre de la Commission Trilatérale »


        Et alors, ça met fin au débat ? 



        • Leviathan Leviathan 1er août 2011 16:53

          Oui, car c’est un hypocrite qui est tout simplement en train de retourner sa veste...


        • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 1er août 2011 17:44

          Je n’ai pas ce talent qui vous permet de sonder les coeurs pour ranger définitivement des individus dans des catégories diaboliques. Donc, j’examine simplement les arguments. 


        • Leviathan Leviathan 1er août 2011 17:58

          Lisez les 2 livres dont j’ai parlé plus haut et vous comprendrez...

          Voir également :
          http://www.dailymotion.com/playlist/xubwe_jackyshow38_la-commission-trilaterale#videoId=xhrfd7

          Ce que dit Alain Cotta est intéressant mais c’est l’hôpital qui se moque de la charité...


        • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 1er août 2011 18:42
          Cela aussi est intéressant, à propos des clubs politiques « discrets ». 

          http://www.dailymotion.com/video/xc7sbr_pierre-de-villemarest-et-les-coulis_news

        • rastapopulo rastapopulo 1er août 2011 20:49

          Il est ouvertement pour l’élitisme ce qui, pour moi, le classe dans les personnes abjectes mais au moins il est sincère (et cohérent avec ses petits clubs élitistes qui veulent décider de tout). 


        • latortue latortue 1er août 2011 20:53

          seul les ânes ne change pas d’avis si Mr Cotta l’a fait c’est tout a son honneur ,de toute maniere c’est ou on sort de l’euro ou on crève point barre .


        • Antoine Diederick 1er août 2011 21:00

          disons que l’oligarchie ce n’est pas nouveau...je veux dire par là que les élites d’argent , de savoir ou même militaires ont souvent joué un rôle en Europe....tant qu’elles restent patriotes c’est à dire , tant qu’elles ont à coeur de maintenir les équilibres, c’est acceptable puisque cela se joue sur un territoire donné qui fait que les pairs de ces élites sont tout de même obligés de rendre des comptes à la Nation

          Mais quand tout devient insaisissable et lointain, qu’un mandarin tousse en Chine (par exemple ou aux USA ou encore ailleurs) et que cela provoque un stress chez nous (socio-économique entre autres) , cela se révèle inquiétant. Ce sont ces genres d’effets papillon dont je pense, nous passerions bien.


        • Antoine Diederick 1er août 2011 21:02

          ’nous nous’ correction.


        • Antoine Diederick 1er août 2011 21:06

          et imaginons nous maintenant que les USA fasse défaut et que l’Euro deviennent , par défaut, une monnaie réserve de change internationale (en supposant que l’écroulement étatsunien se produise et que nous n’en subissions pas les effets), à quoi serions nous exposé au vu de ce qui se passe maintenant ?


        • latortue latortue 1er août 2011 23:08

          Monsieur Antoine Diederick bonjour
          les US faire défaut même pas en rêve d’ailleurs si cela arrivait ce qui est totalement improbable il y aurait un tel caca qu’on ne parlerai même plus de réserve de change ,la confiance des marchés irait direct dans l’or et celui ci monterait dans des sommets jamais atteint . si la grèce fait défaut cela ne serait pas trop grave quelques milliards de perte pour les banques mais les US c’est des dizaines de milliers de milliards bonjour la cata moundial .


        • Antoine Diederick 1er août 2011 20:46

          Bonsoir Monsieur Pinsolle

          C’est le SME et cela fonctionnait très bien, la monnaie unique ECU...cela permettait de faire des ajustements ...C’est ce que propose Cotta....

          L’Ecu , le nom aurait du rester au moment du passage à la monnaie unique mais Euro était plus « biau que mes troupiaux » du coup c’était plus cosmétique ( c’est mon mot à la mode ce jour).


          • Antoine Diederick 1er août 2011 20:49

            La monnaie belge était plutôt arrimée au DM pour des raisons d’hinterland (hinterland du moment car il y a un autre hinterland , un ancien qui date de la révolution industrielle et qui passait de Londres / Lille / Meuse et Ardennes...disons jusqu’ à la Lorraine...)


          • Peretz Peretz 6 août 2011 20:11

            Parfaitement. L’écu en plus était un bouclier. Moralité il faut y revenir.Keynes reviens !


          • Antoine Diederick 1er août 2011 22:13

            Dans le Figaro Magazine du 10 juin de cette année une interview ; celle de Jean-Jacques Rosa

            (ai pas encore lu)

            Economiste , Bouquin « L’Euro : comment s’en débarrasser » chez Grasset....

            A titre de référence....(voici un autre qui pense aussi que l’Euro a été une erreur).

            En général, les journalistes essayent de tirer les vers du nez des hommes politiques et non pas apporter des éléments pour confirmer les thèses des hommes politique mais comme je ne suis plus journaliste.... smiley  smiley


            • Antoine Diederick 1er août 2011 22:19

              un remarque toutefois, si tous veulent sortir de l’Euro, encore faut-il en mesurer l’impact.

              Dans C ds l’air, ce soir, certains imaginent déjà une intégration européenne plus poussée à l’occasion de la crise, les évènements créant l’occasion de nouvelles harmonisations européennes et qui trouveraient une justification alors : ce serait le remède (bref mini stratégie du choc, la solution c’est plus d’Europe).


              • moebius 1er août 2011 22:23

                Alain Cotta est membre de la secte maçonnique des histrions littéraoires a tentance économique qui font peur qui écrivent des livres à 9 euros 99 dans lesquelle il est dit qu’il l’avait bien dit et que c’est pourquoi il le redit encore car il a des traites sur sa machine a laver la vaiselle a payer qu’il paiera comme tout le monde avec des euros ... du moins on l’espére s’il en vends un peu


                • moebius 1er août 2011 22:31

                   Sortez donc de l’euro... Nous nous acheterons des euros allemands et Panzani qui fera parti de notre groupe vous vendra beaucoup de pate alimentaire..c’est bien bon les pate surtout quand elle sont bio


                  • Antoine Diederick 1er août 2011 22:54

                    je reviens parce que j’ai lu très rapidement le texte que vous avez écrit suite à la lecture de Todd...

                    Sur la lutte des classes....

                    Personnellement, je ne suis pas sûr de cela pour l’instant, aujourd’hui c’est une lutte entre les oligarchies et ce mondialement , elles cherchent à se contrôler ou à s’allier dans une zone « hors contrôle » , du contrôle traditionnel des Etats et la dérégulation en a été un bon déclencheur sinon l’occasion....

                    D’apparence cela prends dans les effets de cette lutte, une illusion de la lutte des classes....mais ce serait alors la lutte de la classe des ouvriers européens nantis (prestation sociale et retraite) contre la classe de l’ouvrier chinois (et ô paradoxe ds un pays qui se dit communiste).

                    Avec cette proposition audacieuse, je veux faire apparaître l’idée que les discours explicatifs ou d’analyse doivent s’affiner car c’est devenu très ou trop complexe.


                    • Antoine Diederick 1er août 2011 23:02

                      et ajout :

                      de la lutte de l’ouvrier chinois piquant le boulot de l’ouvrier européen....

                      note : je prends l’exemple chinois mais cela pourrait être avec un pays africains ou un autre....

                      le dumping social mondial pour résumer....

                      de toute façon, pour le moment bcp de nos certitudes sont mises à rude épreuve ( c’est ce que je ressens).

                      Bonne nuit.


                    • BA 1er août 2011 22:55

                      Ce qui s’est passé depuis le jeudi 21 juillet est très clair : les investisseurs internationaux n’ont pas du tout été rassurés par le sommet européen.

                       

                      En zone euro, les dominos vont continuer à tomber : l’Italie et l’Espagne sont les prochains dominos.

                       

                      La chute de l’Italie et de l’Espagne déclenchera l’explosion de la zone euro.

                       

                      Jeudi 21 juillet 2011  : réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européens.

                      Vendredi 22 juillet 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne repartent à la hausse.

                      Lundi 25 juillet 2011  : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.

                      Mardi 26 juillet 2011  : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.

                      Mercredi 27 juillet 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.

                      Jeudi 28 juillet 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.

                      Vendredi 29 juillet 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.

                      Lundi 1er août 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.

                       

                      Italie : taux des obligations à 2 ans : 4,479 %.

                      Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,004 %. Record historique battu.

                       

                      /www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND">http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

                       

                      Espagne : taux des obligations à 2 ans : 4,403 %.

                      Espagne : taux des obligations à 10 ans : 6,200 %.


                      • Antoine Diederick 1er août 2011 23:03

                        Chypre aura été le coup de grâce aujourd’hui pour les marché....

                        Je file, bonne nuit.


                        • legrind legrind 2 août 2011 10:56

                          Je l’ai connu chez Taddeï où il était invité avec Dupont-Aignan pour nous démontrer à quel point c’était l’€ qui nous flinguait, en face il y’avait une cruchette qui comparait les différents pays de la zone euro avec les régions françaises Pfff

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