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Accueil du site > Actualités > Economie > Allemagne : les syndicats contre le Smic....

Allemagne : les syndicats contre le Smic....

Un autre exemple des différences de mentalité et d’organisation sociale entre des pays voisins : l’idée d’instituer un Smic ne semble pas attirer l’attention de la plupart des syndicats allemands !

Pour nous, qui sommes nés avec le Smic dans notre paysage social, il est sans doute difficile de comprendre qu’on puisse se passer d’un tel élément du dialogue social et politique. Et pourtant, l’Allemagne n’a pas de salaire minimum. Ce n’est d’ailleurs pas le seul pays européen à ne pas en avoir, puisque l’Autriche, Chypre, l’Italie, voire des pays réputés socialement avancés comme la Suède, le Danemark ou la Finlande, en sont aussi dépourvus.

Le nouveau ministre du Travail de la coalition SPD/CDU/CSU, Franz Müntefering, du SPD, veut donc instituer un Smic allemand sur la base, pleine de bon sens, que "celui qui fait son travail correctement doit recevoir suffisamment d’argent pour nourrir sa famille". En fait, il existe un, ou plutôt des Smic en Allemagne, qui sont définis par branche et par discussion entre employeurs et syndicats. De ce fait, le Smic varie suivant le métier que vous faites, il varie ainsi de 7,5 à 12,5 euros de l’heure. Le but du ministre est de lutter contre le fameux "plombier polonais" (ou électricien tchèque, ou maçon slovaque, etc.) qui touche sans aucun doute l’Allemagne beaucoup plus que nous, en instituant ce salaire minimum. Ceci suppose néanmoins que la directive Bolkestein soit finalement adoptée en reconnaissant le principe du droit du pays d’accueil. Et dans ce cas, la proposition de Franz Müntefering ressemblerait beaucoup a du protectionnisme déguisé...

Les syndicats allemands sont opposés à la fixation d’un tel salaire minimum qui verrait, comme en France justement, le politique se substituer au système de la négociation conventionnelle entre syndicats et patronat. Seul le Ver.Di, le syndicat de la fonction publique, y serait plutôt favorable. Il est vrai qu’il ne craint pas vraiment le plombier polonais...

Comme quoi on peut vivre aussi dans un système où l’économique se discute entre employeurs et employés, et dans lequel l’Etat ne se mêle pas de tout. Intéressant à savoir...


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5 réactions à cet article    


  • asmodede (---.---.155.30) 17 février 2006 16:10

    quel est le taux de syndiqués en allemagne ?

    quel est leur pouvoir ?

    en France il est tres bas (sauf chez les fonctionnaires) et le patronnat a vite fait de faire des syndicats « maison » qui ne seraient que des chambres d’enregisrement aux propositions patronales...

    je pense que le smic est un bon repere pour une majorité de francais qui y sont suspendus !!


    • marie (---.---.236.30) 18 février 2006 19:37

      Au Royaume Unis M. TATCHER avait supprimé le smic, ce qui avait permis une baisse considérable du chômage en créant une armée de salariés à plein temps vivant en dessous du seuil de pauvreté. BLAIR a recréé un smic pour limiter une trop grandepaupérisation de la population. l’interventionnisme d’état a permis un certain nombre de fois dans l’histoire de sortir de crises économiques graves (New deal entre autre). La négociation paritaire (patronat/salariés) ne fonctionne correctement qu’en l’absence de crise économiqe et en période de croissance. Dans le cadre de l’idéologie actuelle (libéralisme), le patronat considère la masse salariale comme une variable d’ajustement et d’une certaine manière, compte tenu de la concurrence grandissante entre les salariés, le système a créé les conditions pour que les salariés ne soient plus en mesure de négocier autre chose que leur survie. La mondialisation permet d’élargir la concurrence entre les personnes vivant de leur travail sur l’ensemble de la planête. Le salarié français, anglais, ... est incité à avoir peur du fameux « plombier polonais » ou du travailleur chinois. Qu’est il en mesure de négocier quand on le menace de délocaliser. Si dans ces conditions l’état (l’europe) ne fixe pas un minimum de règles, on se pointera bientôt à l’embauche pour négocier un salaire d’un € par jour en espérant avoir le droit de travailler 120heures par semaine.


      • caderange (---.---.74.251) 20 février 2006 13:46

        Reponse de CaDerange :

        Etant de culture étatique comme tout français, je n’ai rien personnellement contre le smic. Je constate simplement que dans d’autres pays européens qui ne marchent pas plus mal que le notre(voire mieux car malheureusement en ce moment nous sommes plutôt en queue de peloton) il existe d’autres manières que l’Etat régalien de fixer ce type de règle.

        L’important, par contre, c’est effectivement que ces règles existent.


      • éric (---.---.153.25) 21 février 2006 07:31

        Arrêtons les comparaisons absurdes entre les pays. Seules les choses identiques sont comparables. La situation économique d’un pays ne peut être traîtée sans savoir quelle est la situation démographique de ce pays, quelles sont ces ressources naturelles, sa culture... Arrêtons de réclamer l’égalitarisme. Mais en revanche permettons que chacun puisse réussir selon ses compétences et sa motivation. Le lien avec le smic c’est que pour qu’un accord soit légitime il faut que les négociateurs (employeurs et salariés ici) soient sur un pied d’égalité. Or, avec un taux de chômage maintenu élevé, il est facile de faire pression sur des salariés ou leurs représentants. L’accord signé n’est alors que la manifestation de la volonté du plus fort, donc ici de l’employeur. C’est pourquoi, le smic doit être fixé par la loi qui s’impose à tous. Et c’est aussi pour les raisons que je viens de vous exposer que les ultra libéraux souhaitent détruire le droit du travail ( ce qui se fait en ce moment de façon très intelligente (voir mon blog). La tendance actuelle est de tout remettre entre les mains du contrat et de dire ensuite que le contrat a été accepté. Avons-nous, avez-vous toujours le choix d’accepter un contrat ? De négocier le contenu ?


        • (---.---.115.51) 21 février 2006 08:55

          Le Vice-Chancellier Allemand, Franz Müntefering(SPD), essaye un redressement national avec un « arrangement d’embauche » dans le cadre de Habitation Loyer Metier [HLM] difficile a determiner(€/par jour). Le mechanisme du marche Münteferingien est dirige vers la main d’oeuvre Polonaise,ID EST, une economie magique.L’Allemagne est economiquement a maquiller.La sorcelerie du Notre Vice-Chancellier F. Müntefering clignote a tres brefs intervalles comme Alice au pays des merveilles pour l’OECD des echantillons statistiques admirables. QUOTE CaDerange le but du ministre est de lutter contre le fameux « plombier polonais » (ou électricien tchèque, ou maçon slovaque, etc.) UNQUOTE CaDerange

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