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Accueil du site > Actualités > Economie > Analyse libérale de Karl Marx

Analyse libérale de Karl Marx

L’économie de Marx a traversé les âges et constitue aujourd’hui, en cette période de crise et d’incertitude, un excellent angle d’analyse et un vecteur de solutions futures. A travers les thématiques aussi puissantes et d’actualités que la baisse tendancielle du taux de profit, de la crise du capitalisme, de la lutte des classes et de la révolution prolétarienne, le vocabulaire marxiste a traversé les âges et conserve une modernité à toute épreuve.

De nombreux intellectuels, militants, citoyens se sensibilisent aux thèses de Marx et en appellent à une application directe, à une relecture précise et scientifique, sans répéter les erreurs du passé qui ont pu conduire à des régimes totalitaires et fascistes. Il faut revenir à l’œuvre ancestrale de Karl Marx, sans préjugé, sans jugement de valeur et en respectant précisément ses injonctions.

Comme une économie keynésienne qui aurait fui les directives de John Maynard Keynes ou une économie libérale avec intervention publique, l’économie marxiste et néo-marxiste semblent rejeter les écrits de Karl Marx pour imposer une vision postmoderniste d’inspiration hétérodoxe sensiblement différente à ce que nous pouvons trouver dans l’œuvre du philosophe Allemand. Il convient de rétablir la vérité et de remettre à niveau la doxa marxiste : une économie d’inspiration libérale et classique, faisant du marché le meilleur moyen de rétablir l’équilibre à partir de l’ordre spontané, tout en luttant contre la hiérarchie sociale historique du bourgeois contre le prolétaire, vecteur d’inégalités et d’instabilités chroniques. Le meilleur moyen de mettre à mal cette structure est bien évidemment la révolution, que Marx appelle de toutes ses forces.

 

UNE ÉCONOMIE D’OBÉDIENCE CLASSIQUE

A l’origine, Karl Marx est philosophe et sociologue. Après avoir constaté la terrible misère sociale qui sévit en Europe au XIX° siècle, il en vient à s’intéresser à l’économie et plus précisément à l’économie politique d’Adam Smith et de David Ricardo, les représentants de l’école Classique. En rejetant les termes énoncés, contre le système capitaliste, contre le marché, Marx reste pourtant d’obédience classique, puisqu’il réutilise l’argumentaire et l’analyse de cette école. Alors que Keynes, en 1936, avait réalisé une révolution épistémologique en fondant une nouvelle forme d’étude économique, Marx réemploie les concepts classiques pour les critiquer. Cependant ces conclusions sont sensiblement les mêmes que Smith ou Ricardo.

Pour justifier les inégalités et la hausse de la pauvreté à son époque, Marx montre le caractère éhonté de l’exploitation, réalisé à travers le marché, à travers un mensonge pervers, faisant croire, par le statut de salarié, que le prolétaire jouît des fruits de son travail sans vol préétabli du bourgeois. En effet, dans la société capitaliste que Marx dénonce, le propriétaire des moyens de production profite de l’obligation de rémunération pour payer le travailleur moins de ce qu’il rapporte, il y a vol du travail.

En faisant confiance au marché pour déterminer le salaire d’équilibre, les prolétaires sont bafoués dans leur tâche puisqu’ils se retrouvent en concurrence face à un demandeur de travail en supériorité historique et symbolique. Comme le bourgeois possède les moyens de production, il peut décider d’embaucher ou non, donc de tirer les salaires vers le bas ou non, selon son bon vouloir. C’est ici que le bât blesse : l’ordre spontané du marché, un système capable de se réajuster automatiquement, n’a pas intégré la hiérarchie historique précédant le monde capitaliste.

La philosophie de Smith et de Ricardo, la pensée classique a fait du monde un univers où les Hommes sont égaux et échangent des biens et des services naturellement jusqu’à la mise en place d’un équilibre. « La main invisible » joue son rôle de droit et aboutit à un bien-être collectif total. Or, Marx aborde cette question sous l’angle du sociologue, rien n’a été fait pour mettre à mal la structure historique des bourgeois contre les prolétaires. Un marché ne peut s’équilibrer efficacement et tendre vers un équilibre plein, garantissant la meilleure redistribution possible et la meilleure rémunération possible si un des acteurs a une supériorité sur les autres, si la demande de travail qui émane des producteurs est supérieure à l’offre de travail, les prolétaires.

 

LE RÔLE DU MARCHÉ

Pour garantir l’efficience symbolique du marché, il faut ce qu’on appelle « l’atomicité des acteurs », aucun individu n’a un rôle particulier pour fixer délibérément un prix pour son propre bénéfice. Un marché parfait, sans interférence extérieur, devrait aboutir à un réajustement automatique. Pour Marx, le problème de la société capitaliste, du système marchand est cette perfide hiérarchie et il en appelle alors à la révolution sociale et prolétarienne. Il faut que les travailleurs puissent s’approprier les moyens de production et produire « chacun selon ses besoins ».

Dans le fond des choses, Karl Marx n’est pas un opposant au marché, il s’oppose aux défaillances historiques du capitalisme qui a rendu officiel l’exploitation des travailleurs et le vol de la création de richesse par le bourgeois. C’est par la remise à niveau de la structure que la société pourra se développer socialement, par une appropriation des moyens de production et une suppression de la société de castes. A terme, c’est une instauration de la société socialiste que prône Marx, caractérisé par la disparition de la production capitaliste, mais pas une disparition des mécanismes du marché.

La seule régulation possible entre les agents doit passer par un échange marchand. Dans sa citation « à chacun selon ses besoins », la décision de production ne peut pas passer par un ordre local provenant d’un individu désirant quelque chose en particulier. Marx n’en appelle pas à la suppression de la monnaie, il a même fondé une théorie de la valeur où le prix gravite autour de la valeur d’usage et la valeur d’échange. Le marché est capable de garantir un ordre spontané sans intervention supérieur, sans hiérarchie historique. Il n’appelle pas à la révolution prolétarienne pour inverser l’ordre entre le bourgeois et le prolétaire, il en appelle à la suppression des classes sociales pour que chacun puisse vivre dans une société marchande sans contrainte et sans inégalité.

 

IL FAUT RÉTABLIR LA VÉRITÉ

D’ailleurs, même les économistes classiques, dont Karl Marx fait partie, et néo-classique en appellent à une suppression des hiérarchies et à la mise en place d’une société sans ordre où règne la complète et totale liberté. Même Léon Walras soutenait la suppression de l’héritage pour éviter que se perpétue les inégalités et les classes hiérarchisés. Si les individus voulaient réussir, ils en avaient la liberté. Même un sociologue comme Pierre Bourdieu, sensiblement proche de Marx dans un analyse de la société française séparée entre les classes aisées et les classes populaires, considérait qu’en prenant les bonnes décisions publiques, on devait aboutir à une société sans clivage où chacun pourrait réussir sans contrainte héritée.

Ainsi Karl Marx n’est pas un opposant au marché, il s’oppose à la société capitaliste telle qu’elle est faite, telle qu’elle s’est bâtie. Il fait confiance à la capacité du marché à se réajuster seulement s’il respecte une stricte égalité entre les acteurs. Il convient donc de lutter contre la hiérarchie historique et s’opposer aux inégalités consubstantielles au capitalisme moderne. 

 

Pierre Rondeau


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98 réactions à cet article    


  • howahkan howahkan Hotah 21 février 2014 12:00

    un économiste est une personne qui ne travaille jamais..à partir de là qu’attendre donc de tels fainéants ???
    alors à marx et aux autres je dis ceci


    • chapoutier 21 février 2014 12:08

      ne vous en déplaise, Marx n’était pas un adepte de la redistribution des richesses, c’était un authentique combattant révolutionnaire qui a analysé le système capitaliste pour que les prolétaires puissent mieux le combattre. .
      Toutes les richesses produites sur ce globe tirent leurs origines dans l’exploitation du travail humain ( salarié & esclave ) alors il y a urgence à en finir avec un système qui ne survit que par l’extorsion de la plus value.


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 21 février 2014 14:15

        À l’auteur :

        Depuis plus de 160 ans, Karl Marx fourvoie le prolétariat, de manière criminelle, en le focalisant sur la lutte des classes (éradication de la bourgeoisie) et la possession prolétarienne des moyens de production.

        Aujourd’hui encore, la situation semble lui donner raison puisque le capital boursier mondial, d’environ 36.000 milliards d’Euros, est majoritairement détenu par une minorité de « nantis ».

        Toutefois, il est vain d’espérer une plus juste répartition des moyens de production par des nationalisations, voire des révolutions. Cela a déjà été fait avec les tristes résultats que chacun connaît...

        Puisque le capital boursier mondial est en permanence disponible à la vente et à l’achat, pour que le prolétariat, les « démunis », puisse accéder à la possession des moyens de production, la solution la plus simple consisterait à produire un effort soutenu d’épargne et d’investissement à long terme afin d’acheter ce capital financier des entreprises, banques incluses, et parvenir à l’Acquisition collective et citoyenne du Pouvoir Économique.

        Alors, les citoyens-électeurs-contribuables deviendraient collectivement propriétaires du Pouvoir Économique qu’ils géreraient via une représentation démocratiquement élue et absolument indépendante de l’État.

        Par cette voie, les citoyens-électeurs-contribuables transformeraient le « capitalisme ordinaire » que nous connaissons en un authentique Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.

        En effet, de telles prises de participation (minorités de blocage ou majorités absolues) dans le capital des entreprises et des banques permettraient aux peuples d’orienter leur Recherche & Développement vers des voies bien plus écologiques et humanistes qu’aujourd’hui.

        Cette capitalisation progressive mais massive dans l’économie réelle marchande devrait permettre l’instauration d’un Dividende Universel qui résulterait des profits réalisés par ces capitaux accumulés durant et après la phase initiale d’épargne et d’acquisition du patrimoine boursier mondial.

        Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel par l’Épargne.

        Lire, SVP :
        Refondation du Capitalisme & Dividende Universel
        ou/et
        http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/40/ ... cerite.pdf

        Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

        Ce projet de « Refondation du Capitalisme et de création d’un Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

        Objectif Principal :
        Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique
        Par un effort préalable d’épargne soutenu, les « démunis » (par opposition aux « nantis ») acquerront collectivement des actions du capital des entreprises du secteur marchand, banques incluses.
        Cette participation au capital pourra être minoritaire (minorité de blocage) ou majoritaire.

        Objectifs Spécifiques :
        I)
        Transformer le « capitalisme ordinaire » en un véritable 
        Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
        Les représentants des « démunis », démocratiquement élus, géreront ce patrimoine financier de manière à infléchir Recherche, Développement, Production & Commercialisation des entreprises contrôlées : Refondation du Capitalisme.
        II)
        Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un 
        Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage ainsi que celui de la « lutte des classes ».
        II.1)
        À terme, les profits des entreprises sous contrôle des « démunis » seront partiellement distribués à l’ensemble des « démunis » sous forme de Dividende Universel.
        II.2)
        a) Ceux qui le souhaiteraient pourraient s’arrêter de travailler et se satisfaire du Dividende Universel.

        b) Ceux qui souhaiteraient gagner plus que le seul Dividende Universel pourraient travailler dans l’économie marchande et, éventuellement, y gagner des rémunérations faramineuses sans être accusés d’exploiter qui que ce soit.
        II.3)
        Si plus personne ne souhaitait travailler dans l’économie marchande, celle-ci s’effondrerait totalement et, avec elle, le patrimoine accumulé des « démunis » deviendrait stérile et interdirait le bénéfice du Dividende Universel.



        • Aristoto Aristoto 21 février 2014 14:41

          C qui ce barbu qui ressemble au père noel !

          Non aujourd’hui l’avenir, inéluctable je dis, de l’homme est le transhumanisme.

          Les agoravoxiens pacifistes et non interventionnistes sont des Nazis moderne, il pousseront a son ecroulement, la Civilization !!

          La darpa voilà une société qui se préoccupe des enjeux du monde FUTURE !


          • interlibre 21 février 2014 20:23

            Permettez moi de nuancer. L avenir de l homme ’riche’ est le transhumanisme. C est dans la continuité directe de l égoïsme et l individualisme qui domine la société occidentale et le libéralisme. Les 99% restant de la planète pourront crever. Si l avenir de ’l homme’ en general se trouve dans la technologie, cela ne sera surement pas dans la fuite en avant libérale et égoïste. Avec les mentalités actuelles , quelques transhumains dominants sur une planète dévastée, c est ce qui nous attends.


          • Aristoto Aristoto 21 février 2014 20:57

            blabla totalement crétin !! Si tu veux vivre au coté des arbes et te torcher de leur feuille ça te regarde mais je te previent quand on débarquera avec nos bulldozer pour récuperer du bois ta pas interet a etre sur notre chemin !!!


          • lsga lsga 22 février 2014 00:56

            aristoto : enfin, on l’enverra se torcher dans les feuilles des arbres sur une de nos stations orbitales écologiques smiley


          • Aristoto Aristoto 22 février 2014 01:50

            des arabes pourquoi faire ! C très laid un arbre !

            Moi j’aime les contour affiné et luisant du métal et du plastique ( 100% sans pétrole évidemment y a pas de place pour la Nature chez les Hommes évolué )

             Non j’opte plutôt pour le laisser sur terre se faire dévaster par robocop-rothschield et terminator-bill gate ! smiley


          • spartacus spartacus 21 février 2014 15:40

            une économie libérale avec « intervention publique »....sic...


            Un peu trop de savoir du Marx et aucun sur le libéralisme pour sortir cette ineptie !
            Confusion Keynésianisme et libéralisme ? Grave de la part de quelqu’un chargé de l’enseignement

            La preuve indubitable que l’éducation nationale est sous le joug de profs bolchéviques.
            C’est honteux cette mainmise des Marxistes sur l’enseignement de l’économie en France.

            Honteux, honteux, honteux que ces gens qui font de l’enseignement un prosélytisme Marsiste ou Keynésien. 
            Quelle déontologie de merde ! Quel état d’esprit malsain de la part d’un prof qui devrait avoir un recul qui ne soit pas doctrinaire !.
            On imagine sans grande peine qu’un élève de ce prof Marxiste oblige à 6 dissertations sur Marx dans son année et aucune sur Hayek. Et si un élève cite « la route de la servitude » il sera ré-éduqué.....

            Chacun doit comprendre que depuis 70 ans, les élèves de France reçoivent un lavage de cerveau prosélytique de ce genre de texte négationniste de lidéologie Malsaine du Marxisme et de profs qui font de la France l’un des dernier pays communistes de la planète..
            Idolaterie de l’état, apologie du Marxisme, du communisme, lutte des classes, caricature de l’exploitation des salariés, caricature de l’employeur, haine des patron etc.....
            Vos enfants apprennent l’économie avec eux ! C’est dramatique !

            Prof d’économie en France c’est être diplômé de Marxisme et socialo-communisme. 
            Même aux dernières élection une prof d’économie Marxiste c’est présentée....C’est dire le coté gangrené par l’éducation économique dans notre pays. 


            • Pierre Rondeau 21 février 2014 15:44

              Apprenez à comprendre le texte avant ces critiques sévères et peu éclairées. Lorsque je marle d’économie libérale avec intervention publique c’est bien pour montrer le caractère paradoxale de ces politiques. Les dirigeants prônent le libéralisme et ne cessent de participer aux activités du marché. Tout comme l’idéologie keynésienne qui a rejeté tous les injonctions de Keynes, tout comme l’économie marxiste qui ne respecte plus l’oeuvre de Marx. 

              Ne soyez pas si virulant, cela dessert votre jugement.

            • L'enfoiré L’enfoiré 21 février 2014 20:54

              «  Lorsque je marle d’économie libérale avec intervention publique c’est bien pour montrer le caractère paradoxale de ces politiques »


              Non, nous ne « marlez » pas d’économie libérale, vous écrivez.
              Verba volant, scripta manent

            • asterix asterix 21 février 2014 23:02

              Ouais, j’sais pas si Spartacus a raison, mais je suis sûr que le prof n’a pas fait un sans-fautes


            • 65beve 22 février 2014 10:48

              @l’enfoiré.
              Encore un marlou.

              cdlt


            • lsga lsga 21 février 2014 16:19

              un excellent article. Bravo à vous. 


              • lsga lsga 21 février 2014 17:46

                rha !pour une fois que je disais un truc sympa... j’avais lu en biais à la va vite.

                 
                Donc, oui, Marx est à placer à côté de Ricardo. Toutefois, Marx va plus loin que Ricardo en différenciant travail abstrait et concret. 
                 
                Marx était pour le développement du libre échange et du commerce, mais car ils accélèrent la venu de la Révolution :
                 

                Mais en général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l’extrême l’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C’est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange.

                Marx, Discours sur la question du libre-échange, 1848
                 
                Mais ceci dit, votre réflexe est le bon : il faut retourner aux sources mêmes. Et surtout, ne pas confondre Marx avec le moralisme chrétien et encore moins avec le Keynésianisme national. 

              • Hervé Hum Hervé Hum 21 février 2014 17:13

                Il n’appelle pas à la révolution prolétarienne pour inverser l’ordre entre le bourgeois et le prolétaire, il en appelle à la suppression des classes sociales pour que chacun puisse vivre dans une société marchande sans contrainte et sans inégalité.

                Là, je ne comprends pas, comment respecter l’ordre entre bourgeois et prolétaire, tout en supprimant les classes sociales ?


                • politzer politzer 21 février 2014 17:16

                  bonjour

                   Jamais lu pareilles inepties sur l oeuvre de Marx .

                  Tout est faux dans ce salmigondis mais je veux quand même par respect pour les lecteurs qui ont fait l effort de lire ce texte abracadabrantesque faire quelques remarques . En réalité il faudrait reprendre chaque ligne mais bon, abrégeons.

                  1) Marx n est pas un philosophe pour la bonne raison que la philosophie d après les fondateurs du socialisme scientifique est arrivée à son terme avec Feuerbach. J aimerais bien que notre graphomane présente la « philosophie » de Marx . Sa thèse sur le matérialisme de l antiquité et ses notes critiques sur Hegel ne constituent pas SA philosophie mais ses interventions dans la philosophie .

                  2)"Justifier les inégalités " ! là c est complètement farfelu , on s en bat les côtes de rigolade ! Marx EXPLIQUE l origine des inégalités = la possession des moyens de production par des individus PRIVES.

                  3)"Il y a vol du travail" 

                  a- s il y avait vol ce serait non « du travail » mais du produit de ce travail ce qui n est pas du tout la même chose . Le propriétaire des moyens de production accapare une partie de ce produit et c est même le concept de plus value qui constitue la première grande découverte de Marx et qui le différencie de tous les autres « économistes »qui l ont précédé.

                  b-le vol est un concept juridique et dans le système capitaliste la plus value revient de DROIT au capitaliste , il n y a donc pas vol. Cette idée fausse et ancienne remontre à Proudhon ( la Propriété c est le vol) que Marx descend en flamme dans son livre fondamental « Misère de la philosophie » que tout le monde peut et doit lire pour comprendre l Histoire scientifique.

                  4) « Le demandeur de travail est en supériorité historique et symbolique » ! lol

                  Allez y comprend qq chose à ce charabia ! le patron est propriétaire des moyens du travail un point c est tout et c est bien réel et non symbolique !

                  5) « il peut décider d embaucher ou non donc de tirer les salaires vers le bas ou non » N importe quoi !

                  - le patron est dans une situation de concurrence avec d autres patrons . Il embauche quand il a des débouchés , s il n y a pas de demande il n embauche pas . Quant au salaire c est encore la concurrence qui règle son niveau : en période de « plein emploi « il atteint son maximum et en période de chômage son minimum. Les patrons ont donc intérêt au chômage et ce n est pas pour rien qu en ce moment historique la bourgeoisie française importe des millions d’immigrés = pour créer du chômage et accroître la concurrence entre les salariés. Le salaire étant de surcroît déterminé historiquement et géographiquement , les immigrés issus de société en retard sont habitués à être moins bien payés.

                  6)le socialisme ce n est pas produire « chacun selon ses besoins » c est produire suivant un plan concerté en fonction des besoins sociaux généraux . Rien à voir avec le but final du communisme « de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins » . Le socialisme , étape transitoire est moins gentil (lol) il régit la distribution en fonction du travail de chacun « à chacun selon ses mérites » !

                  7)Marx prônerait la suppression des « castes » ! absurde ! confusion avec la suppression des classes ce qui n est pas la même chose .

                  8) Marx serait un adepte du marché ! lol qu est ce qu on se marre ! je corrige : Marx lutte pour la suppression de l’esclavage salarié donc du marché aux esclaves ! Quant aux mécanismes du marché ( des marchandises) les marxistes les acceptent dominés et dans la phase de transition seulement ( NEP léniniste par exemple) comme rapports sociaux mineurs et sous la dépendance des grands moyens de production et d échange nationalisés et aux mains de la puissance populaire .

                  J ai essayé de résumer brièvement pour rétablir la vérité . 

                   


                  • lsga lsga 21 février 2014 17:43

                    je suis aussi d’accord avec cette critique ^^

                     
                    c’est vrai que l’approche de l’auteur est assez infantile, et concernant le marché, citons Engels :

                    « La contradiction entre production sociale et appropriation capitaliste se présente alors comme l’antagonisme entre l’organisation de la production dans la fabrique individuelle et l’anarchie de la production dans l’ensemble de la société. »
                     
                    « En traitant de la même façon les forces productives actuelles après avoir enfin reconnu leur nature, on voit l’anarchie sociale de la production remplacée par une mise en ordre systématique et sociale de la production, selon les besoins de la communauté comme de chaque individu. »
                     
                    Avec la prise de possession des moyens de production par la société, la production marchande est éliminée, et par suite, la domination du produit sur le producteur. L’anarchie à l’intérieur de la production sociale est remplacée par l’organisation méthodique consciente

                    Engels, Socialisme Utopique et Socialisme Scientifique, 1880

                  • L'enfoiré L’enfoiré 22 février 2014 09:17

                    « J ai essayé de résumer brièvement pour rétablir la vérité »


                    Et vous le faites très bien. 
                    Il y a tant à dire sur le sujet.
                    Qui a lu « Le Capital » en trois volumes ?
                    C’est un peu cela le problème d’Avox. Devoir exposer en un article, une philosophie, une idéologie.
                    Cela ne se résume pas. Cela se construit au cours d’une vie de son auteur.
                    Et cela peut fortement changer entre le début et la fin des concepts. 

                  • lsga lsga 22 février 2014 11:52

                    seul le premier volume a été rédigé par Marx. 

                     
                    Je suis en train de relire le 2nd volume.


                  • Alpaco 21 février 2014 17:30

                    C’est toujours utile de revoir les bases pour les adapter aux réalités du présent.

                    « En effet, dans la société capitaliste que Marx dénonce, le propriétaire des moyens de production profite de l’obligation de rémunération pour payer le travailleur moins de ce qu’il rapporte, il y a vol du travail. »
                    C’est pour cela que Proudhon disait : « la propriété (individuelle des moyens de production, ) c’est le vol (de la propriété collective)).
                    Le libéral »pur« dit : le salaire du travailleur est la différence entre la plus-value réalisée par son travail et le risque (qu’il faut rémunérer) du propriétaire (chef d’entreprise) qui n’est pas sur de vendre le bien ou service produit. C’est en réalité un moyen de rémunérer son capital.

                    Et c’est là que ça part en vrille. Pourquoi produire plus que le nécessaire ? Pourquoi, à population constante, la croissance serait-elle nécessaire ? (Pour emprunter »moins cher« et permettre aux états de financer des budgets mal calculés ?)

                     »...si la demande de travail qui émane des producteurs est supérieure à l’offre de travail...« 
                    C’est actuellement l’inverse : la demande de travail des producteurs est inférieure à l’offre de travail, des chômeurs, dit-on en 2014.

                    Il manque toujours la moitié du raisonnement, tant chez Marx que Smith : le propriétaire, oui ; le travailleur, oui ; mais qu’en est-il du consommateur, celui qui achète toute cette production et qui fait »boucler la boucle économique«  ? Car il est tant bourgeois que prolétaire, même si ce dernier est majoritaire en nombre et quantité de consommation.

                    Quels que soient les besoins des uns et des autres, le prolétaire/travailleur (avec ou sans emploi) est le moteur de l’économie actuelle qui réalise 70 % du PIB de la consommation intérieure des pays riches.

                    Si le travailleur ne reçoit pas assez, il consomme moins, et c’est la crise. Sauf si l’état finance du travailleur-consommateur, producteur de plus-value ou pas, en empruntant, ce qui oblige à la croissance pour profiter non seulement de meilleurs taux mais aussi pour rembourser la dette supplémentaire.

                     »On est vraiment dans un système à la con" dirait un ami africain de qui vous savez.


                    • SALOMON2345 21 février 2014 17:31

                      Je suis inquiet des propositions vues ici ou là, souvent à mon sens un peu simplistes lesquelles, toujours situées en aval de la richesse née de la production, n’évoquent que la répartition ou le partage (légitime certes) alors que la question devrait être comment peut-on faire naître de la richesse, comment en créer, à partir de quoi et par qui, et avec quels moyens, en partant de zéro... ou presque ? 

                      En effet, dans une communauté sociale arrivant sur un terrain vague, sans rien (produits fabriqués, récoltes, services, etc), vide de toute chose hors les humains, qui va décider ici d’inventer le premier vélo - avant la future voiture - pour vendre le second dont la somme récoltée permettra un échange (hors troc), qui va semer le grain pour vendre la ensuite la farine et à qui, ensuite, si aucun n’a eu encore l’idée d’ouvrir un fournil et de cuire du pain ? et qui pourra le payer ce pain, avec quel salaire gagné, où et comment ? Qui sera l’instituteur et qui va le payer... ou le nourrir ?

                      Prétendre - symboliquement - pouvoir organiser puis partager une récolte future sans savoir ni comment, ni qui va semer le blé, me semble hasardeux car comment construire la chaîne « industrielle » de la cité mondiale laquelle assurera à tous une réponse humaine, sociale et matérielle satisfaisante ? Et comment sera d’ailleurs défini ce qui est ou non « satisfaisant » ? Qui aura droit à une Ferrari ? Qui n’aura droit qu’à la Deudeuche (formidable d’ailleurs) ? Qui en décidera ?

                      Que fera-t-on d’un artiste (quelle est son utilité ?), qui décidera de qui sera médecin, qui va tenter d’inventer quoi que ce soit sans la garantie de pouvoir se nourrir du fruit de son labeur, intellectuel ou manuel ?... 

                      J’avoue que tout ce « mécano » que représente la Cité merveilleuse à reconstruire me passionne mais hélas (et bien qu’altruiste à 100%), je reste, contrairement au boniment de toute obédience, sans réponse pertinente, univoque ou universelle ! Trop de réponses, pas assez de questions face à ce grand et douloureux problème du monde, humanité jamais soulagée par l’abondance de slogans jamais vérifiés ni même simplement posés sur la table pour examen par la raison (la science), chargée en passion, souvent mauvaise conseillère... 

                      Vous avez dit simple... moi j’ai dit simple ? Oui vous avez dit simple !
                      Comme c’est compliqué !!!

                      • lsga lsga 21 février 2014 17:54

                        t bien salomon, ce que tu dis, c’est assez proche de ce que dit Marx.

                         
                        Marx ne demande pas à ce qu’on redistribue l’argent virtuel de la bourgeoisie, mais à ce qu’on organise scientifiquement la production de richesses, c’est à dire qu’on remplace les banquiers par des ingénieurs. 

                        • L'enfoiré L’enfoiré 21 février 2014 19:05

                          And what are they representing ?



                        • lsga lsga 21 février 2014 19:09

                          L’essentiel :

                           
                          Une lutte politique, internationale, ne visant pas d’objectif économique, mais un seul et unique objectif politique : le renversement de la bourgeoisie. 
                           


                        • L'enfoiré L’enfoiré 21 février 2014 20:45

                          « Une lutte politique, internationale, ne visant pas d’objectif économique, mais un seul et unique objectif politique : le renversement de la bourgeoisie. »


                          And where are they coming from ?
                           

                        • lsga lsga 22 février 2014 00:53

                          du prolétariat


                        • L'enfoiré L’enfoiré 22 février 2014 09:08

                          Yes, indeed. 

                          Look at what’s happening in a wolf pack.
                          We are not so different than animals. smiley

                        • L'enfoiré L’enfoiré 21 février 2014 18:31
                          La vérité sur Karl Marx ?
                          Karl Marx était un admirateur et adversaire du capitalisme. Impressionné par les problèmes sociaux engendrés par l’industrialisation. Il mettait la théorie au service de la transformation sociale. Détenteur d’un doctorat en philosophie, donc pas économiste.
                          Décrié et détesté par les uns et adulé et encensé par les autres.
                          Au besoin par l’hagiographie. Rencontre avec Proudhon, Bakounine en 1836 qui le fait devenir communiste. Sans son ami fidèle, Friedrich Engels, il aurait frôlé la misère avec une santé précaire. Il entretient des relation d’amour-haine avec Friedrich Hegel.
                          Anarchiste, les autres il les appellent des utopistes.
                          Un ’sacré’ bonhomme, avec un tête bien faite, mais aussi têtue.

                          • L'enfoiré L’enfoiré 21 février 2014 19:32

                            De Hegel, décédé en 1831, il retient la dialectique en rejetant l’idéalisme. Dès lors, ce n’est plus les idées et leurs évolutions qui définissent l’histoire du monde, mais un « matérialisme historique » qui dit que le mode de production domine en géral le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle qui a rendu compte du passage de l’esclavagisme au féodalisme et enfin au capitalisme.

                            Seul le 1er des trois volumes du « Le Capital » est paru du vivant de Marx.
                            C’est Engels qui terminera les deux autres.

                            Je ne sais si l’auteur de cet article a eu ces faits dans son rétroviseur. 

                          • Alpaco 21 février 2014 23:19

                            Salut l’enfoiré,

                            alors, au delà du bref résumé de la biographie de Karl Marx, quel est ton avis sur l’article, notamment la remise en question, l’actualisation des idées de Marx, Engels, Smith, Keynes et Ricardo ?


                          • L'enfoiré L’enfoiré 22 février 2014 08:37

                            Alpaco,

                             Mon avis ?
                             Mitigé.
                             En fait, tout le monde à raison et tout le monde à tort en même temps.
                             Productivisme et collectivisme arrivent au même point par des chemins opposés.
                             C’est à dire les abus et les extrémismes. 
                             Un billet sur « La matrice libérale. » 

                          • L'enfoiré L’enfoiré 22 février 2014 08:47

                            Shumpeter était un économiste inclassable. Je ne suis pas économiste, mais je suis inclassable. smiley

                             

                          • lsga lsga 22 février 2014 11:53

                            très classable : Schumpeter est un libéral qui se rend compte que Marx a raison, et que ce qui compte, ce sont les structures économiques matérielles et leurs révolutions, pas les abstractions pseudo-scientifiques de la Finance. 


                          • L'enfoiré L’enfoiré 23 février 2014 12:27

                            Et, non, cher ami.

                            Très complexe et contradictoire, Shumpeter.
                            Conservateur élitiste. Des amis marxistes et ministre des Finances d’un gouvernement social-démocrate. Banquier avec une dette qu’il traina pendant sa vie entière. Hostile à l’interventionisme keynésien et a New Deal de Roosevelt
                            Il aimait le luxe. Provocateur. Sujet à des périodes de dépression profonde 
                            Il a lis le rôle de l’entrepreneur en évidence, mais considérait que le capitalisme était condamné.
                            Vous avez dit classable ? Comme c’est étrange. smiley

                          • Zip_N Zip_N 21 février 2014 23:22

                            Il y a pas qu’une manière, il y en a plusieurs. je pense pas que Marx a la seule et unique solution.

                            La bourse c’est quoi ? vous par exemple quoi que vous faites comme travail si
                            demain vous dites maintenant vous allez me payer 10 fois plus (vous cotez
                            l’individu en bourse) c’est comme de dire à son employeur, vous croyez en moi,
                            je suis le bon ?, alors maintenant il faut m’utiliser en bourse, me payer 10 fois plus, et ensuite c’est vous qui payez votre patron pour qu’il engage des gens avec votre talent. Et au cas ou vous perdez de l’argent votre patron est viré et vous en choisissez un autre.

                            La bonne hierarchie monétaire c’est que tout le monde devrait s’enrichir petit à petit autant que possible, et c’est la que ça bug.

                            La mauvaise économie c’est l’économie de la finance, c’est à dire une sorte de spéculation perte/gain qui génère l’inflation/déflation et l’impossibilité de s’enrichir pour 1 prolétaire (10€ dans 80 ans vaudra 1€), en 2 mots la spéculation c’est des billets qui peuvent finir à la corbeille. Ils réalisent une bulle de destruction monétaire légale, éliminant le circuit de redistribution.

                            En sachant que les 100 particuliers les plus enrichit de la planète possèdent à eux le capital monétaire, excédent, inutilisé et résiduel de la moitié de la planète.
                            En résolvant le problème de cette manière, il faudrait que l’argent de ces 100 plus
                            riches puissent circuler à 90% ailleurs avant qu’ils fondent comme neige au soleil et que presque tout soit perdu.


                            • G.L. Geoffroy Laville 22 février 2014 00:07

                              L’auteur est un excellent prof pour lever en toute simplicité le voile de la confusion et de la caricature de la pensée Marxienne.

                              Je soutiens cette ligne de conduite s’agissant de réformer, de révolutionner la « hiérarchie sociale historique » afin de réformer ce vieux capitalisme pour ériger un « Néo-Capitalisme » où chacun serait propriétaire de sa vie, détenteur d’un Capital qui ne se limitera pas à la seule mesure financière.

                              Ce n’est pas supprimer le droit à la propriété la solution mais que chacun jouisse de ce droit. Le Néo-libéralisme où Capitalisme concentrationnaire est devenu un vrai cancer de toute l’économie libre. Démocratisons la Capitalisme, libérons-le. Car nous savons historiquement que chercher à le détruire où en faire un système entièrement sous contrôle de l’Etat est pire encore.

                              Un marché doit rester libre, qu’il soit sous le contrôle d’une petite oligarchie, d’une classe sociale ou de l’Etat et cela créera de l’inégalité. C’est la liberté qui crée l’égalité, pas l’inverse.

                              Cette société où nul ne peut subordonner et nul ne peut être subordonné est défendu par beaucoup de libéraux « classiques » et démocrates comme moi même.

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