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Anatomo-pathologie de la Dette

Le service de la dette en France : 125 millions d’€uros par jour ! Des chiffres qui donnent le vertige et la mesure de la criminelle incurie de notre classe dirigeante. Mais la France est si riche que les équarrisseurs peinent à dépecer la bête agonisante. 

Selon les calculs d’A-J Holbecq[1] « les soldes primaires (sans intérêts) des budgets des Administrations publiques sont, en euros constants à la valeur de 2010, sensiblement en équilibre moyen sur la période 1980-2008. Or les déficits actuels des budgets des Administrations publiques sont dus aux intérêts qu’il a fallu payer et qui représentent maintenant en France le second poste budgétaire après l’enseignement. Fin 1979, la dette, déjà injustifiable, atteignait 243 Md€ (21% du Pib) ; décembre 2010, la dette s’établit à 1591 Md€ soit 82% du Pib ! Entre 1980 et 2010 la dette a donc augmenté de 1348 Md€. Et nous avons sur cette période payé 1 408 Md€ pour les seuls intérêts : 125 millions par jour en moyenne, 5 millions par heure ! Ces intérêts - que nous avons dû évidemment emprunter - ont, par effet boule de neige, démesurément grossi la dette. Or, si nous n’avions pas eu à payer ces intérêts la dette publique ne serait que de 194 Md€, à savoir 10% du Pib, autrement dit aussi faible en 2011 qu’en 1979 ! ». 

Autres chiffres illustratifs de l’état de déshérence de la France et de sa dépendance à l’égard des charognards du pillage agissant en bandes légalement organisées : le « service de la dette » inclut le remboursement du capital emprunté et représente pour l’État – il ne s’agit ici que d’un ordre de grandeur – un montant identique à la totalité de ses recettes fiscales directes, ou encore de ses rentrées liées la TVA, sachant que celles-ci se montaient en 2009 à 169,3 mds d'€ sur un total de recettes fiscales de 325,9 mds d'€ !

Ajoutons que la dette publique désigne l’ensemble des dettes contractées par l’Administration française auprès de prêteurs privés français ou non, mais qu’en réalité cette dette avouée masque les engagements hors bilan. De cette façon, l'application des normes comptables utilisées par les entreprises privées indique un surcroît de dette publique n’apparaissant pas à première vue d’environ 790 à 1 000 milliards d'€uros, soit une créance globale frisant les 3000 mds d’€… Précisons qu’en décembre 2008 la dette par habitant était déjà estimée à 20 600 € et d 47 400 par actif, le service de la dette publique étant à cette date de 850 € par tête de pip et 1950 par actif ! Chiffres à la fois éloquents et très équivalents à ceux qui justifient à présent de tirer à boulets rouges sur la Grèce en l’accablant de tous les mépris en raison de l’impéritie et du laxisme de ses gouvernements… Mais c’est ignorer délibérément la partie immergée de M. Iceberg.

Une dette irremboursable.

Nous sommes, il est vrai, passés d’une économie de l’épargne à une économie de l’endettement, autrement dit au règne sans partage des créanciers qui au prétexte de Crédit ont légalisé, banalisé et systématisé la pratique ignoble d’une usure qui ne dit pas son nom et qui pourtant a fait objet d’un bannissement millénaire de la part des trois grandes civilisations que sont l’Hindouisme (Lois de Manou), la Chrétienté et l’Islam.

Nous savons tous que les généreux crédits à la consommation se mutent trop souvent d’un coup de baguette magique en usure rapace exigeant chaque mois son dû de chair fraîche à la vilaine façon du Marchand de Venise de Shakespeare… L’attachement à la glèbe des anciens serfs n’étaient peut-être finalement pas plus odieux que le fil à la patte d’une dette perpétuelle (à croissance exponentielle et transmissible à ses héritiers) dont seule la mort ou la misère noire sont parfois susceptibles de vous délivrer… Songeons à ces pauvres gens qui, dans la libre Amérique, se sont laissés berner par des propositions mensongères et qui, ayant abandonné leur demeure continuent pourtant à en payer les mensualités !

Qui en effet parmi nous n’a fait, à titre personnel, l’expérience poisseuse de ces « crédits revolving » que des employés de banques, abusant d’une prétendue relation de confiance, avaient à charge de fourguer à leurs clients en mal de trésorerie ? Des prêts miraculeux qui s’avéraient très rapidement irremboursables aux maigres revenus. C’est le fascinant paradoxe purement arithmétique du grain de riz déposé initialement sur la premier carreau d’un échiquier et que l’on double chaque case suivante jusqu’à la 64e et dernière [1]… ainsi va la dette gonflant exponentiellement jusqu’à ce qu’elle - comme toute « bulle » - implose avec fracas. Or c’est d’abord cet effondrement que les dirigeants européens veulent éviter, ce n’est donc pas les économies en faillite qu’ils veulent prioritairement sauver, mais les banquiers et financiers qui n’ont pas su modérer leurs voraces appétits… Qu’on se le dise !

Or ce qui arrive aux individus advient également aux États : l’empilement des grains de riz de la dette en creusant des déficits abyssaux, édifie par contrecoup d’invraisemblables Himalaya de créances obligeant les pays à se vendre en pièces détachées dans le futile espoir d’un illusoire remboursement… Illusoire parce que les dettes de certains États sont à ce point colossales qu’elles sont à jamais irremboursables, et cela dans l’impunité absolue pour les trafiquants de l’ombre qui manipulent la Dette à leur gré et savent s’en servir pour faire plier dans le bon sens les hommes de paille placés aux postes de commande.

La chasse aux banksters et à ceux qui les servent est ouverte !

Les chiffres qui ont été donnés en préambule nous aident à mieux comprendre qu’ainsi, aucun des trois États en faillite officieuse (Grèce, Irlande, Portugal) et structurellement « économiquement faibles  » ne pourront jamais sans sortir seuls du marasme où ils se trouvent plongés. Et cela quelques soient les plans d’austérité et les sacrifices consentis qui aujourd’hui mettent en outre en péril le branlant édifice de l’€uro. [2]

Car à partir de là les Européens sidérés, lorsqu’ils en seront réduits à la mendicité, et il deviendra aisé de leur présenter le Fonds monétaire international ou la Banque centrale européenne, toutes deux « filiales » de la Banque des règlements internationaux (cette tête de la pieuvre aux mille bras dont le repaire est à Bâle, (berceau des apocryphes Protocoles !) comme les sauveurs ultimes, quand bien même ils sont les institutions et représentants visibles de leurs créanciers [3]. Au bout de mécomptes, le levier de la dette servira à faire accepter et même désirer pour l’Europe une totale intégration fédérale, et au-delà, chemin conduisant à grands pas vers l’instauration d’une redoutable gouvernance mondiale.

Enfin, rappelons que si la création monétaire était entre les mains de l’état, si l’émission du crédit était administrée pour le bien collectif, l’inflation monétaire serait contrôlée et l’insupportable charge des intérêts n’existerait pas. L’homme de la rue ajoutera avec bon sens, que cette Dette qui gangrène la vie des Nations, est par essence une « dette détestable », laquelle n’a par conséquent pas vocation à être remboursée.

Par deux fois, les É-U ont refusé de payer une dette déclarée « détestable », à Cuba et en Irak. Les Islandais mis sur la paille par des gouvernants incapables, entendent faire de même. Le petit Équateur a pour sa part déclaré un moratoire unilatéral sur sa dette, la ramenant de trois mds de $ à 800 millions. À nous donc de refuser que des minorités financières s’enrichissent insolemment aux dépens des Nations, des individus et des peuples. Et plus encore, il s’agirait non seulement d’envoyer balader les Shylock qui prospèrent sur le terreau putride de l’idéologie ultralibérale (s’écroulera-t-elle comme le fit sa sœur jumelle marxiste-léniniste ?), mais en outre, il s’agirait de réclamer aux établissements bancaires le remboursement des intérêts indûment perçus. Et qu’ils crèvent, peu nous chaut, le monde ne s’arrêtera pas pour autant de tourner.

1 - A.J. Holbecq - http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque 

2 - L’€uro, la BCE ne possédant pas la capacité de création monétaire, est en réalité une monnaie dérivée du Dollar dans la mesure où la FED est le prêteur de dernier ressort pour les banques européennes. Donc quand on parle d'injections de liquidités par la BCE, il faut entendre que la FED a accordé des prêts aux banques européennes via la BCE, cela pour s’efforcer de sauver l'€uro !

3 - Les marchés ont cependant acté la restructuration de facto de la dette grecque acceptant volens nolens une dévaluation de leurs portefeuilles obligataires en raison de l’allongement des délais de remboursement.

[1] 264 – 1 = 18.446.744.073.709.551.615 grains, soit 4 millions de millions de T de riz, ou encore 80 années en utilisant la totalité des surfaces arables existant sur la planète.


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41 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 29 juin 2011 10:37

    Ben, oui, il faudrait ... la difficulté c’est que ceux qui décident, les élus, se fichent complètement des désirs des peuples. Il ne sont plus que les marionnettes des banksters.
    La dette semble bien effectivement un moyen d’exercer une mainmise sur les pays et d’imposer les changements qui profiteront aux seules « élites ». Sinon, pourquoi cette « fuite en avant » ?
    Tout le monde peut se rendre compte actuellement que ces dettes astronomiques ne seront jamais remboursées. Ce n’est plus possible.

     Juste un moyen de s’emparer des richesses du monde.

    Par conséquent, toute VRAIE réforme du système économique sera imposée par les peuples, ou ... ne sera pas.


    • Robert GIL ROBERT GIL 29 juin 2011 10:48

      Pour comprendre la dette, voir ce petit article , le phenomeme est tout simple, tellement simple que l’on a du mal a le croire :

      http://2ccr.unblog.fr/2010/10/16/la-dette-de-la-france/


      • Montagnais Montagnais 29 juin 2011 10:53

        Selon la source que vous indiquez, « La dette de La France est d’environ 1200milliards d’euro ».

        Faux, voyez ce que dit l’auteur, confirmé par bien d’autres sources.


      • Robert GIL ROBERT GIL 29 juin 2011 14:38

        l’article que je vous propose est de l’epoque ou la dette etait de 1200 milliards, mais qu’elle soit de 1500 ou 2000, le mecanisme de l’endettement est toujours le meme, les chiffres evoluent l’arnaque demeure.
        Voici plus generalement un article simplifie de Marx qui etudit parfaitement le phenomene dans sa globalité sans se focaliser sur des chiffres :

        http://2ccr.unblog.fr/2011/01/07/la-dette-publique-et-la-bancocratie/


      • Montagnais Montagnais 29 juin 2011 10:50

        Très beau papier, qui s’inscrit dans la ligne d’excellence de ceux que vous avez déjà publiés, tout à votre honneur et à celui d’Agoravox.

        Bien écrit, bien documenté, très-précis, très-imagé. Un vrai rapport pour la (nouvelle) direction du FMI, mais en habit de belles lettres.

        « ..des charognards du pillage agissant en bandes légalement organisées ». Parfaitement résumé. 

        Peu de chance pourtant, et désormais, que trois canonnières - fussent-elles du Yang-tsé - et trois régiments de parachutistes puissent venir à bout du Léviathan financier.

        Votre texte est truffé de fines allusions, de connotations pour initiés, de références historiques de circonstance (sa sœur jumelle marxiste-léniniste, le marchand de Venise..). Vous risquez par là de vous attirer les foudres de la police intellectuelle.


        • xa 29 juin 2011 10:51

          "selon les calculs d’A-J Holbecq[1] « les soldes primaires (sans intérêts) des budgets des Administrations publiques sont, en euros constants à la valeur de 2010, sensiblement en équilibre moyen sur la période 1980-2008."

          Je vous invite à réfléchir 30 secondes sur les données d’AJ Holbecq.

          1979 : dette de 82.8 milliards, intérêts de la dette 5.1. Normalement, l’année suivante, puisque la dette est exclusivement le résultat de la dette précédente + les intérêts, on devrait avoir une dette de 87.9 milliards.

          Hors en 80, la dette est de 92.2 milliards. 4.3 milliards de dettes non justifiables par les intérêts précédents.

          En 80, les intérêts de la dette sont de 6.2 milliards. La dette devrait donc passer à 98.4 milliards. Sauf qu’elle passe à 100.1 milliards, soit 11.7 milliards non justifiables par les intérêts.

          C’est très dommage que Holbecq n’ait pas inclus, dans son tableau, le déficit des années correspondantes. Ca permettrait de voir que depuis 1973, il n’y a eu que 3 années pour lesquels la charge d’intérêts est égale ou supérieure au déficit.


          • Jaime Horta Jaime Horta 29 juin 2011 11:48

            C’est parce qu’on fait pas de croissance.

            Les intérêts pour les mieux lotis c’est 4%, et nous faisons au tout de 1,5% de croissance, alors qu’il faudrait plus de 4% pour que ça baisse.

            D’autre part on ne fait pas de politique de désendettement, mais une politique qui soutient la dette. Un politique qui soutient l’endettement c’est de maintenir le pourcentage du déficit de l’état en dessous de ceux des taux d’intérêt.

            Ils espère qu’un jour à la faveur d’une découverte technologique avoir une forte croissance qui couvrira les intérêts et fera baisser la dette.

            En attendant ça augmente.


          • A-J Holbecq 4 juillet 2011 16:09

            @Xa

            Merci de considérer que j’ai pris la peine de transformer en « euros constants 2010 » toutes les données que vous vous citez en « euros courants » mais je dois dire que si l’INSEE avait la gentillesse de diffuser d’une part le montant des intérêts versés par les Administrations publiques dans le cadre de « la dette au sens de Maastricht » et d’autre part les soldes primaires des budgets toujours dans ce cadre, il y aurait sans doute moins de débats sur les chiffres.

            Les autres lecteurs pourront retrouver mes feuilles de calcul sur http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque


          • xa 8 juillet 2011 13:47

            AJ Holbecq

            Que vous soyez en courant ou en constant ne change rien. On devrait pouvoir retrouver vos données en partant du courant puis en transposant en constant.

            79-80 : si on retire les 5.1 milliards d’intérêts, la dette passe de 82.8 à 87.1 milliards. Elle progresse. On regarde les années suivantes, dans 90% des cas la dette continue à progresser, même si on passe les intérêts à 0%.

            On obtient in fine en 2010 une dette en euros courant non nulle, mais nulle en euros constants dans vos calculs !!!!!!!!!!

            Ca invalide votre postulat de départ : la dette n’est pas le résultat exclusif des intérêts.

            La dette est le résultat des déficits, qui sont votés donc choisis par le parlement. Les intérêts sont un poste budgétaire comme un autre, mais connu à l’avance. Mais ce sont les politiques qui décident de voter un budget avec plus de 100 milliards de déficits, alors que les intérêts sont de 50.

            Ce sont eux qui décident de défiscaliser les intérêts sur la RP en 2007. Ce sont eux qui subventionnent 60keuro un emploi sauvé dans la restauration, ce sont eux qui décident de ne pas bloquer dès le départ l’enveloppe budgétaire pour certains travaux, qui prennent du retard en conséquence, ce qui augmente les coûts, ce sont eux qui décident de brader les autoroutes pour l’équivalent de quelques maigres années de dividendes, etc ...

            Les déficits, c’est exclusivement recettes - dépenses.

            J’entends d’ici « mais on ne peut pas assumer équilibrer ». Les pays du nord en ont été capable, tout en vivant dans le même système financier que nous, et sans brader la couverture sociale qui est même meilleure que la notre sur certains domaines (regardez la prise en charge des chomeurs au Danemark et en Suède).

            ON NE VEUT PAS TRAITER CE PROBLEME.

            On affiche un semblant de traitement pour faire plaisir à une partie de son électorat (ex : suppression d’un poste sur 2), tout en essayant de faire en sorte de ne pas se mettre les fonctionnaires et les autres électeurs à dos (ex : on vote au parlement la réforme de la carte hospitalière, mais on refuse que cela touche l’hopital de sa commune, ou on supprime un poste sur deux par-ci par là, parce que c’est moins douloureux, alors qu’il faudrait surement conserver intégralement les postes à tel endroit (ex : écoles en difficulté), et supprimer 90% des postes à tel autre (ex :cartes grises ?)).

            On marche sur la tête dans beaucoup de domaines, mais on ne veut pas corriger le tir, parce que l’opinion le prendrait mal.

            C’est beaucoup plus facile d’accuser les méchantes banques (qui ne sont que peu impliquée dans la dette, puisque techniquement cette dette se retrouve pour l’essentiel dans les fonds dont les épargnants rafolent).

            C’est beaucoup plus facile de dire « si on empruntait 1 milliard à 0% avec possibilité de le rembourser dans 50 ans par 1 milliard qu’on réemprunterait toujours à 0%, on aurait pas de problème », en négligeant les impacts économiques annexes.

            C’est du même ordre que dire, comme l’autre crétine, que « s’il n’y avait pas d’immigrés, il n’y aurait pas de chômage », en regardant uniquement des chiffres et en supposant qu’on peut inverser les gens comme ça, alors qu’en réalité, c’est idiot : on n’intervertit pas deux personnes comme ça (Pierre, mon voisin, informaticien au chomage, ne peut pas prendre le poste de l’artisan qui est venu faire les travaux chez moi), tout comme on ne partage pas des heures de travail comme ça (dans une boite de 6 personnes, avec 4 personnels techniques, les 16h « qui ne sont pas travaillables » dans le cadre des 35h ne permettent pas de recruter un nouvel employé).

            Il faut être idiot pour penser de manière aussi simpliste.


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 29 juin 2011 11:17

            Il serait temps que le BCE autorise chaque Etat Européen à créer des Euros pour un montant équivalent à la recette de la TVA dudit Etat.

            On aurait un peu d’inflation mais rapidement plus de dettes.

            J’aurais dû postuler au FMI à la place de Lagarde !


            • Jaime Horta Jaime Horta 29 juin 2011 12:10

              On aurait un peu d’inflation mais rapidement plus de dettes.

              En théorie ça devrait faire de l’inflation, un peu ou voir même beaucoup.

              Or j’ai une bonne nouvelle, en pratique on constate depuis quelques décennies que la création monétaire même supérieure à la création de richesse n’a pas de conséquences notable sur l’inflation.

              D’ailleurs depuis quelque temps je trouvais assez curieux que le système américains puisse encore fonctionner dans ces conditions aussi exubérantes sans conséquences, mais je commence à croire que ça fait longtemps qu’ils ont compris comme ça se passe, et ils en usent et en abusent.

              Je vous donne là un petit scoop qui tord le coup à certaines conceptions, mais s’il n’est pas ébruité c’est que le crime profite bien à quelqu’un.


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 29 juin 2011 12:22

              Bonjour,

              " la pratique ignoble d’une usure qui ne dit pas son nom et qui pourtant a fait objet d’un bannissement millénaire de la part des trois grandes civilisations que sont l’Hindouisme (Lois de Manou), la Chrétienté et l’Islam. « on comprend tout de suite pourquoi ces trois religions sont tant attaquées sur tous les fronts locaux et quelle est cette religion bancaire et matérialiste qui ourdit ce complot, la religion juive ?

               » il s’agirait de réclamer aux établissements bancaires le remboursement des intérêts indûment perçus. Et qu’ils crèvent, peu nous chaut, le monde ne s’arrêtera pas pour autant de tourner. " vu qu’ils sont en train de rafler les bijoux de famille de l’État français ( 55ME ) et possèdent déjà la plupart des centre ville, ce ne va ps être difficile de les trouver...http://www.budget.gouv.fr/cessions/
              http://www.paris.notaires.fr/art.php?cID=188&nID=636 http://www.encheres-paris.com/pns/fr/achetez/a_liste.php4


              • Jaime Horta Jaime Horta 29 juin 2011 12:38

                Ça n’a rien à voir avec la religion.

                On a procédé depuis les années 60 à la dématérialisation de l’argent. C’est à dire que l’on fait de l’argent virtuel. Or les gens dont c’est le métier de prêter de l’argent ou de faire travailler notre argent, travaillent encore à l’ancienne c’est à dire en pratiquant des taux d’intérêts et c’est ce qui les fait vivre.

                Contrairement à ce qu’on nous fait croire sur la base des anciennes indexations monétaire, c’est que si l’on fait trop tourner la planche à billet, cela produit de l’inflation. Or on constate depuis quelque décénnies qu’en réalité il ne se passe rien du tout.

                Cela veut tout simplement dire que l’on a de l’argent en pagaille pour absolument tout ce qu’on veut.


              • gaijin gaijin 29 juin 2011 15:32

                « Ça n’a rien à voir avec la religion. »
                bien sur que si
                l’usure étant ( a juste titre ) interdite par les chrétiens les juifs sont de facto devenus les banquiers de l’europe..... avec l’argent des seigneurs chrétiens qui étaient trop contents de pouvoir placer de l’argent et en tirer un bon rendement .......
                petit péché dont ils devaient se libérer tranquillement a confesse, mon fils vous me ferez deux paters et trois avés et n’oubliez pas nos bonnes oeuvres au passage ......

                comme quoi la seule religion vraiment universelle est celle du pognon
                a oui et celle de l’hypocrisie aussi

                comment se fait il que personne ne parle des différentes méthodes légales qui permettent aux oligarches de placer leur argent dans des paradis fiscaux ?

                résoudre la crise = supprimer les paradis fiscaux
                a quand une décision de l’onu pour déclarer la guerre aux iles caïmans ?

                hein ? quoi ? mais non je l’ai pas dit


              • marcuz marcuz 29 juin 2011 22:40

                à Jaime

                Confusion totale...C’est vous qui ne comprenez pas les enjeux...

                Nos problèmes de dette n’ont strictement rien à voir avec la dématérialisation monétaire.
                Les dettes des Etats se creusent car ils ont refinancé les pertes des banques qui ont spéculé avec nos dépôts : cela leur permet de mobiliser davantage de capital et donc de générer davantage de profits... lorsque les investissements fonctionnent.... mais avec l’arnaque des subprimes, elles ont tout perdu...et donc NOUS avons tout perdu...

                Voilà pourquoi les Etats n’avaient d’autre choix que de « socialiser » les dettes des banques comme on dit, sinon c’est tout le système qui s’effondrait...

                Aujourd’hui, il reste deux possibilités :

                - solution soft : rétablir la séparation entre les activités de dépôts et d’investissements des banques comme ce fut décidé par Roosevelt après la crise de 1929. Ainsi, si les banques veulent investir, elles le font avec leurs fonds propres, pas avec ceux de leurs clients.

                -solution hard : nationaliser les banques en les transformant en service public : cela revient à transformer l’argent en bien public et sortir l’activité bancaire (et donc la création monétaire) de la sphère marchande... L’argent ne deviendrait plus un bien marchand.. Cela revient donc bien à interdire l’usure... comme les religions l’interdisaient (mais pour d’autres raisons.... certainement la valeur travail...)

                PS : Dire que le crédit génère automatiquement de l’inflation est aussi une sottise...(l’inflation importée, ça existe !!). Mieux, l’inflation ne pose pas de problème si le niveau de vie augmente en proportion... mais pour cela, il faut augmenter les revenus en fonction de l’inflation. Mais là... je sent bien que je vais pas me faire des amis... haha


              • marcuz marcuz 29 juin 2011 22:45

                à Jaime n°2

                Oups... j’avais lu trop rapidement vos posts... Sorry


              • Quitterie Turlac-Roth 30 juin 2011 10:08

                Par Jaime Horta (xxx.xxx.xxx.219) 29 juin 12:38

                On a procédé depuis les années 60 à la dématérialisation de l’argent. C’est à dire que l’on fait de l’argent virtuel. Or les gens dont c’est le métier de prêter de l’argent ou de faire travailler notre argent, travaillent encore à l’ancienne

                ====

                Ah que vous avez raison ! Tenez, moi, l’autre jour, je faisais du lèche-vitrines place Vendôme. Qu’est-ce que je vois ? Un amour de rivière de diamants. J’entre, je demande le prix. Quatre-vingt millions. Je ne les avais pas sur moi.

                Je vais voir ma banque. Je leur dis : prêtez-moi 80.000.000 pour que je m’achète une rivière de diamants.

                Eh bien, croyez-moi si vous voulez, ils ont refusé !

                Pourtant tout le monde sait que depuis la dématérialisation de l’argent les banques en créent ex nihilo. Ma banque aurait donc très bien pu me prêter 80 millions. C’était même dans son intérêt, car elle m’aurait alors faite lui payer des intérêts. Et savez-vous bien à combien ça s’élève, les intérêts de 80 millions ? C’était donc une bonne affaire pour eux, une affaire en or. Et ils n’ont pas voulu.

                Et j’ajoute que, avec mes 1300€ par mois j’aurais été bien incapable de payer les intérêts. J’aurais donc dû emprunter. Ça leur aurait fait des intérêts en plus. Eh bien non, ils n’ont pas voulu. J’ai même l’impression qu’ils me prenaient pour une folle.

                Comme quoi vous avez bien raison, ils travaillent encore à l’ancienne.
                 


              • Le péripate Le péripate 29 juin 2011 13:56

                Il y a plus de monde dans les « charognards du pillage légalement organisé » que les seuls capitalistes, mais n’en parlons pas, c’est un sujet qui fâche.
                Les sociétés ont progressé dans la complexité, et un des éléments de cette complexité est la séparation des pouvoirs. De même qu’il a fallu séparer l’État et l’Église, le temporel et le spirituel, il faut maintenant séparer l’État du Capitalisme, le droit de l’économique.


                • kéké02360 29 juin 2011 14:11

                  à qui rapportent ces grains de riz !?????

                  http://www.infogm.org/spip.php?article4849 


                  • platon613 29 juin 2011 15:45

                    Rien à voir mais à voir absolument !

                    Flotille ou croisière ? Visite du bateau français pour Gaza (vidéo)

                    La flotille pour Gaza tourne-t-elle au ridicule ?... Le bateau français, à qui devrait être décerné la palme semble rejouer, face à l’effarement général, le fameux : « Dieu que la guerre est jolie ».

                    http://www.news-26.com/proche-orien...


                    • kalon 29 juin 2011 21:05

                      Il est manifeste que cette dette est créee artificiellement pour garder la population dans une certaine pauvreté relative.
                      Il est plus facile de contrôler un peuple préoccupé par ses besoins vitaux que de contôler un peuple instruit et disponible pour s’intérressé à la chose publique.
                      L’effacement de la dette souverraine signifierait, ni plus, ni moins, que la fin du pouvoir actuel.
                      Les enjeux sont beaucoup plus important que ces quelques milliards de fausse monnaie, il s’agit de la survie des pouvoirs absolus !


                      • Paolini Paolini 30 juin 2011 10:41

                        @Kalon

                        Absolument.

                        Autrement dit, il s’agit de notre propre survie (en tant qu’individu libre).

                        C’est eux ou nous.


                      • kalon 29 juin 2011 21:18

                        Il est, en outre, assez paradoxale de constater qu’alors que la France est pauvre, l’ensemble de ceux qui la dirigent sont, eux, trés riches !


                        • kalon 29 juin 2011 21:32

                          Et puis, gardons en téte qu’a l’époque ou Goldman sachs a aidé la gréce a presenter de faux bilans pour son adhésion à l’euro, c’était Mario Dranghi qui était président de Goldman sachs pour l’Europe.
                          Aujourd’hui, pour le remercier de ses bons services, il a été nommé président de la BCE.
                          Il est manifeste que la faillite de l’état grec a été organisé par la commission européenne et ce, depuis le début de l’euro.
                          Il ne nous reste plus qu’a savoir pourquoi ! , probablement la fin programmée des démocraties parlementaires.


                          • marcuz marcuz 29 juin 2011 22:07

                            Draghi... pas Dranghi
                            Vice Président... pas Président

                            mais surtout... Goldman Sachs, après avoir falsifié les comptes publics, a spéculé contre la dette grecque en vendant massivement les CDS qu’elle possédait.

                            Comment mordre la main qui vous nourris..

                            Quelqu’un a-t-il entendu parlé d’éventuelles poursuites contre lui... ?


                          • kalon 30 juin 2011 09:43

                            Oui, le procureur Cirus Vance, le méme qui s’occupe de l’affaire DSK, instruit un dossier dans lequel il veut entendre les dirigeants de Goldman sachs en tant que témoin assisté ( premier palier d’une inculpation éventuelle ).
                            Pas vraiment un rigolo, ce procureur, réputation d’intégrité tel que son pére ;
                            A suivre dans les prochaines semaines, si la presse daigne en parler ! 


                          • marcuz marcuz 1er juillet 2011 11:40

                            ok, merci pour l’info...
                            ... mais vu que l’affaire DSK est en train de s’effondrer, cela va certainement décrédibiliser ce procureur pour le moins « léger »....

                            à suivre


                          • marcuz marcuz 29 juin 2011 22:00

                            Pour enfoncer le clou : 41% de la dette grecque est détenue par les banques françaises.
                            On comprend pourquoi les plans d’austérité sont « la seule solution » (Nicolas Sarkozy)...

                            Pour compléter et illustrer votre propos, à voir la vidéo Debtocracy

                            http://www.dailymotion.com/video/xik4kh_debtocracy-international-version_shortfilms#from=embediframe


                            • njama njama 29 juin 2011 23:49

                              ... la TVA, sachant que celles-ci se montaient en 2009 à 169,3 mds d’€ sur un total de recettes fiscales de 325,9 mds d’€ !

                              325,9 mds d’€ ?

                              Budget 2008 : Recettes 299,7 M / Dépenses 341,4 M ... déficit : 41,7 M
                               
                              Budget 2009 : Recettes 266,6 M / Dépenses 370,4 M ... déficit ; 103,8 M
                              Budget 2010 : Recettes 270,5 M / Dépenses : 419,5 M ... déficit : 149,2 M
                              Budget 2011 : Recettes 271,5 M / Dépenses : 363, 4 M) ... déficit : 91,6 M

                              (chiffres communiqués par Bercy, cf. imprimés en quadrichromie « A quoi servent nos impôts » joints aux formulaires de déclaration d’impôts)

                              Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi les recettes fiscales ont diminué de 33 M d’€ en 2009 ?????? le bouclier fiscal ?
                              Où est passé le grisbi ?
                              Compte-tenu en parallèle d’une très notable augmentation des Dépenses en 2009/2010/2011 on peut dire qu’aucun Gouvernement de la V°République n’a créé autant de Déficit en si peu de temps ! Le déficit les années précédentes étant d’environ 40 M d’€ par an (38,4 et 2007, 39 en 2006, 43,5 en 2005), on peut dire que la gouvernance Sarko/UMP a plombé les comptes de la nation de plus de 200 M d’€ en 3 ans.


                              • oj 30 juin 2011 02:11

                                pourtant , d’un point de vue, tout cela est très relatif, disons virtuel.

                                En effet aucune ligne comptable de quelques milliards ne permet de se nourrir.

                                La richesse qui permet aux hommes de vivre , au monde d’exister est le travail qu’ils effectuent chaque jour.

                                La complexité que nous créons nous aveugle ; il suffirait de reconsidérer les choses du point de vue du réel pour se le réaproprier mentalement puisque ce réel nous appartient vraiment ; nous le pétrissons et le développons chaque jour.


                                • Paolini Paolini 30 juin 2011 11:15

                                  @oj


                                  C’est certainement vrai qu’il nous faut être prêt à repartir de zéro, à reconstruir depuis les fondations et donc à « reconsidérer les choses du point de vue du réel »

                                  Très vrai et merci de nous le rappeler mais le problème c’est que, pour la plus part d’entre nous, ce travail dépend de l’énegie.

                                  Pour exemple de « réel », et si l’on veut se défaire de l’emprise de la mafia international qui entre autre controle le pétrole,il nous faut être prêt à ce que, par exemple, chasses d’eau ne fonctionnent plus par manque d’électricité, les stations d’épurations ne fonctionnant plus. 


                                • Perverseau 30 juin 2011 09:11

                                  Alors, à quant le grand lessivage ? Beaucoup de chose à dire mais toujours rien à faire ...


                                  • dom y loulou dom y loulou 30 juin 2011 12:22

                                    t’as reçu les révélations sur un plateau d’argent

                                    faut te donner la béquetée aussi ?

                                    on t’a donné bien des possibilités de bifurquer et de changer toi-même la donne ,
                                    en empruntant des chemins qui ne soient PAS ceux de la machine à massacres

                                    jusqu’à maintenant tu as préféré râler et pester et haïr et pourchasser les tenants des fraudes

                                    au lieu de prendre des chemins paralelles comme on l’a toujours fait quand il s’agissait de remettre la civlisation à l’ordre du jour

                                    non, tu consommes aujourd’hui jusqu’à l’esprit de vérité dont tu déformes les propos en les diabolisant

                                    ou même tu t’acharnais sur le bouc émissaire que le système te présentait comme sa plaie maximale quand il ne faisait que t’expliquer où tu es et qu’il te transmettait les outils qui te permettraient de sortir de l’esclavage, tu lui a vomis dessus en le traitant d’être la source des fléaux qu’il te décrivait quand il a dû encaisser et vivre de grandes souffrances pour te tenir debout et t’exposer les fonds du système qui nous fait vivre dans la superficie complète de l’esprit, la mise en lumière du système ne s’est pas faite facilement, tu en bénéficies et tu aimes oublier la résistance colossale qu’il a fallu pour que tout cela ait lieu

                                    et tu n’en fais rien, tu continues à mendier au système et à surfer sur la nuque de l’esprit en le décrivant comme un idiot parce que le système ne t’a rien appri d’autre que de saccager tes frères dans le jugement permanent et la recherche de gloires égotiques

                                    et tu as rigolé dix ans ne croyant pas ce qu’il te disait l’esprit de vérité et laissant aux charognards le soin de pourrir le monde quand tu ne leur prêtais pas main forte

                                    ... simple constat, même pas un jugement, mais

                                    les chemins constructifs ne se marcheront pas seuls sans tes jambes ni ne se construiront sans tes mains

                                    il est toujours temps de bien faire


                                  • Quitterie Turlac-Roth 30 juin 2011 09:17

                                    C’est scandaleux ! C’est comme moi, tenez, pour acheter mon premier gourbi j’ai dû emprunter. Et vous savez ce qu’ils m’ont fait, les salauds qui m’ont prêté le pognon ? Ils m’ont compté des intérêts !

                                    Non, mais, vous vous rendez compte ? S’ils ne m’avaient pas compté d’intérêts j’aurais pu me loger gratos. Ah, les fumiers !

                                    Bon, j’ai fini par rembourser parce que je dépensais moins que je ne gagnais. Mais c’est quand même dégueulasse.

                                    Les présidentielles approchent. Je me présenterai. Mon programme ? Interdiction totale, absolue, de réclamer des intérêts sur les prêts consentis. Ça vous intéresse, hein ? Votez Quitterie.

                                    D’aucuns pisse-vinaigre (merci Charlot) objecteront : vous ne trouverez plus personne pour vous prêter. Ha ha ! Obligation de prêter 20% de ses revenus. Et hop !

                                    Voilà qui renforcera la solidarité.

                                    En 2012 votez Quitterie !


                                    • Paolini Paolini 30 juin 2011 11:17

                                      Il nous faut « l’An 01 » ; « on arrête tout et on réfléchi » 

                                      Décidons que le solstice d’été 2012 sera le premier jour de l’ AN 01. 

                                      Cela fera alors 40 ans que le film est sorti. Il est grand’ temps non ?


                                      • Quitterie Turlac-Roth 30 juin 2011 11:29

                                        Féodal ! J’en touche un mot à mon bon ami Pol Pot et c’est parti. Et avec lui, ça va pas traîner.


                                      • yvesduc 30 juin 2011 21:12
                                        J’ai justement lu les 2 Holbecq cet hiver, ainsi que Plihon et Duboin, sur cette question de la création monétaire et il me semble que plusieurs pièces manquent à leur raisonnement (excepté Plihon qui ne dénonce rien et à qui on ne peut donc pas reprocher de ne pas prouver qu’il y a quelque chose à dénoncer ; je parle de son livre « La monnaie et ses mécanismes »). Parmi les questions :

                                        – Que faisait la Banque de France des intérêts qu’elle percevait du temps où l’État empruntait auprès d’elle ? (avant 1973 si j’ai bien compris)

                                        – Quelles mesures ont été prises pour que l’État ait les moyens de payer les intérêts au privé, depuis 1973, si tant est qu’une telle mesure ait été nécessaire (voir question précédente) ?

                                        Je cherche à savoir si, réellement, une énorme manne d’argent a été « soudainement » redirigée du public vers le privé au moment de la privatisation de la création monétaire, ou pas. Il ne suffit pas pour cela de dire, comme le dit Holbecq et comme vous le reprenez dans l’article, que le montant de la dette actuelle est à peu près égale aux intérêts cumulés de cette même dette depuis l’année de la privatisation de la création monétaire, même si cela est en effet troublant. Encore faut-il comparer structurellement avec la situation antérieure et se demander quelles mesures étaient, en théorie, prévues pour que l’État équilibre ses comptes. Aucun des livres lus cet hiver ne pose ces simples questions...

                                        Ceci me donne l’impression que la création monétaire est le sujet le plus tabou qui soit. Même le 11 septembre 2001, sujet polémique s’il en est, et toujours interdit de médias, donne lieu à une multitudes de sites internet et de livres tous plus fouillés les uns que les autres. Sur la création monétaire, même les informations basiques sont difficiles à trouver. Alors si quelqu’un connaît un livre complet sur la création monétaire, je suis preneur !

                                        • A-J Holbecq 4 juillet 2011 16:31

                                          @Yvesduc

                                          Merci d’avoir lu ces livres .. il faut reconnaitre qu’il est difficile d’être exhaustif lorsque l’on veut quand même faire des livres de vulgarisation à petit prix.

                                          Sur la première question : n’oubliez pas que la Banque de France est, depuis la Libération, une structure qui appartient à 100% à l’État. Ainsi, tous intérêts versés par l’État à la BdF revient à l’État sous forme soit de dividendes, soit d’impôts sur les bénéfices (hors réserves que la BdF est en droit de constituer)

                                          Sur la seconde question, ce n’est pas facile de répondre...
                                          Un État a le choix :
                                          - soit il diminue les dépenses ou augmente les recettes : mais dans ce cas ce sont les entreprises et les individus qui doivent s’endetter (toute la monnaie EST dette)
                                          - soit il emprunte ... à lui même (sans intérêts) ou aux « zinzins » (dont les assurances vies et fonds de pension sont alimentés par de la monnaie épargnée, mais toujours émise par les banques)

                                          Il faut bien comprendre que depuis 1979 (nous n’avons pas les statistiques précises avant cette période), globalement, l’État n’a pas réellement payé les intérêts : ces intérêts font parti des besoins de financements annuels (« le déficit ») et sont donc empruntés à d’anciens ou nouveaux investisseurs, simultanément aux obligations arrivant à échéance et qu’il faut renouveler.
                                          Tout ce passe comme si les nouveaux prêteurs remboursaient les anciens, intérêts compris.
                                          Tout cela augmente évidemment « la dette » chaque année... mais pas de panique, Camus (que je félicite ici) peut dormir tranquille .. aucun pays ne remboursera jamais sa dette si ce n’est à la marge ; le jour où les prêteurs ne voudront plus prêter (ou si « nous » considérons que les taux d’intérêt sont trop élevés) nous reviendrons sur cet article 123 de Lisbonne et cette obligation que nous nous sommes - bêtement - imposés depuis 1973.

                                          Le livre le plus complet (et accessible) sur la création monétaire me semble être « Économie monétaire et financière » de Bailly, etc, coll Grand Amphi ... mais vous ne trouverez sans doute pas la réponse à toutes vos questions  ;)


                                        • njama njama 3 juillet 2011 20:30

                                          Que faisait la Banque de France des intérêts qu’elle percevait du temps où l’État empruntait auprès d’elle ? (avant 1973 si j’ai bien compris)

                                          « la Banque de France est un club de banques privées ... »

                                          « Banque de France » ne veut pas dire « Banque de la France » !
                                           La Banque de France n’a jamais fait partie du patrimoine national ... contrairement à ce que laisse supposer son enseigne trompeuse.

                                          J’ai retranscrit ci-dessous une partie de la conférence d’Annie Lacroix-Riz intitulée « La Banque de France » (à partir de 4:51) qui explicite ce point très clairement :

                                          • Pour la quasi-totalité de la population, et je dois dire l’historien inclus évidemment, avant qu’il ne découvre les dossiers, un gouvernement … ça se prépare dans des conditions diverses, mais enfin un gouvernement ça n’existe que, en régime parlementaire, parce qu’un parlement lui donne son acceptation, l’agrée, procède à son installation.
                                          •  Eh bien ça ne se passe pas du tout comme ça !
                                          •  Depuis Bonaparte, qui a fait à la France des institutions qui consacraient bien la victoire de la bourgeoisie, depuis Bonaparte et la création de la Banque de France, c’est donc une assez vieille affaire, eh bien la Banque de France a reçu le moyen de gouverner les gouvernements de façon très simple. Chaque gouvernement dépend des avances de la Banque de France, qui est un club de banques privées, de la Grande Banque, de ce que l’on appelle la Grande Banque, et donc, lorsque un gouvernement est pressenti, dans des conditions qu’éclairent aussi les archives, eh bien avant de se présenter devant le Parlement, il se présente devant ce que l’on appelle le gouvernement de la Banque, c’est-à-dire le petit noyau des plus grands banquiers, les régents de la banque de France parmi lesquels on comptait dans la période qui nous occupe, xxxx qui était un des maîtres des industries sidérurgiques de la France, […]
                                          • Et donc, tout premier ministre pressenti, accompagné de son ministre des finances, … et donc le gouvernement qui dépendait des bontés de la banque de France qui lui accordait ou ne lui n’accordait pas ses avances, le gouvernement venait promettre au gouvernement de la Banque de France, au futur gouvernement, de faire un bon usage bien économe des deniers, puisqu’un État c’est bien connu, c’est toujours impécunieux, et que cela a toujours tendance à laisser filer les salaires et autres , et il promettait donc d’appliquer l’assainissement financier qui était la clef de l’octroi des dites avances. J’insiste sur le fait qu’ils promettaient, et que, Herriot en 1924 et Léon Blum en 1936 ont promis …
                                          • […]
                                          • J’insiste beaucoup sur le fait que, … je sais bien que cela choquera beaucoup, mais au vu des archives que je produis ce sera difficile de contester, j’insiste beaucoup sur le fait que le gouvernement de la France ne gouvernait rien, mais que la Banque de France gouvernait le gouvernement, et que, en France, il ne date aucunement d’aujourd’hui que les banquiers et les industriels gouvernent le gouvernement.  C’est-à-dire que le terme fort à la mode depuis un certain nombre d’années, selon lequel on ne peut rien faire parce qu’autrefois les gouvernants gouvernaient, alors qu’aujourd’hui ce sont les banquiers internationaux qui gouvernent est un thème qui correspond à une réalité absolument pas neuve.

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