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Accueil du site > Actualités > Economie > Année noire : épilogue

Année noire : épilogue

La crise est finie, la dépression commence. Y avait-il un responsable dans cette économie ?

Cette note achève la chronique d’une crise économique annoncée, chronique commencée en mars et avril 2007. La crise s’étalant maintenant partout dans la presse, et ayant même été confirmée par notre exécutif, cette chronique a achevé son rôle. Des temps difficiles viennent pour tous. J’adresse aux lecteurs mes vœux et prières pour qu’ils les surmontent au mieux.

Je remercie Agoravox d’avoir publié cette longue chronique, et les lecteurs de l’avoir suivie et utilement précisée et corrigée. Je rends hommage aux rédacteurs qui nous ont les premiers alertés sur la situation, comme Franck Biancheri, David Carayol et Gilles Caye. Le fait que de nombreuses opinions aient pu s’exprimer ici sur la probabilité, la gravité et les causes de cette crise avant qu’elle ne se manifeste publiquement est un témoignage de l’intérêt du “journalisme citoyen”. Elle n’a été à la même époque raisonnablement discutée dans aucun “grand” média, ce qui doit encore une fois nous interpeller sur la confiance que nous pouvons leur accorder.

Les difficultés de l’épargne

Au moment où ce dernier épisode est rédigé, l’Etat a déjà nationalisé Fannie Mae, Freddie Mac et AIG, acheté d’énormes volumes de dettes insolvables, par exemple à Bear Sterns, et est sur le point d’acheter pour encore 700 milliards de mauvaise dette. On assiste à un transfert massif de mauvaise dette du privé vers le public.

De telles subventions accordées à de mauvais gestionnaires éclairent cruellement le fait qu’il a manqué chaque année environ 9 milliards pour boucler le programme NCLB (“no child left behind”), lancé en fanfare en 2002 par l’administration actuelle, visant à résorber les déséquilibres de qualité de l’enseignement public (voir , ou ).

L’augmentation de la dette publique aura pour effet mécanique de diminuer la valeur de la monnaie et des dettes de l’Etat. L’épargne investie en dollars perdra ainsi une partie de sa valeur. Cela n’empêchera pas dans le même temps des dettes insolvables de disparaître. Il n’y a rien dans ce mécanisme de nationalisation des pertes qui puisse resolvabiliser les débiteurs des banques, au contraire. Ce n’est pas une crise de liquidités, c’est une crise de solvabilité. Or ces créances condamnées constituaient les actifs d’autres gens, qu’ils le sachent ou pas. Par inflation, déflation ou magie noire, nous allons voir disparaître une grande quantité d’épargne.

D’aucuns pourraient imaginer que cette épargne n’appartenait qu’à de riches financiers, et que ce n’est pas très grave qu’ils soient ruinés. Hélas, les mauvais gestionnaires jouaient avec l’argent des autres – ce qui n’incite d’ailleurs pas à une saine gestion. Les actifs qui disparaissent étaient des dépôts bancaires, des réserves d’assurances ou de caisses de retraites. Ce sont des épargnants qui vont souffrir, et en particulier ceux qui épargnaient pour leur retraite. Ce ne seront pas seulement des épargnants américains, dans la mesure où beaucoup d’établissements financiers sur la planète détiennent ce genre d’actifs, parfois sans le savoir.

Les systèmes de retraite privés

L’épargne retraite privée institutionnelle aux Etats-Unis représentait fin 2007 17 600 milliards (selon cette synthèse de ICI, Investment Company Institute). Elle était investie en quasi-totalité dans des établissements financiers ou en actions des employeurs. Il y en avait par exemple un quart dans des “mutual funds”, soit 4 600 milliards, et à peu près autant en actions des employeurs.

Les biens gérés par les mutual funds étaient estimés alors à 12 000 milliards (plus que 11 600 en juillet 2008), investis aux trois quarts aux Etats-Unis, répartis de la manière suivante :

  • actions : 6 500, dont trois quarts d’actions de sociétés américaines (5 700 en juillet 2008) ;

  • obligations à long terme : 1 700 (1 700) ;

  • dettes à court terme (“money markets”) 3 100 (3 500).

Ces trois catégories d’actifs sont exposées à la crise, et seront grignotées soit par l’inflation soit par la déflation. La valeur des actions a déjà pas mal fondu, et c’est dramatique pour certains employés dont le plan de retraite était constitué d’actions d’un employeur en faillite. On voit que la partie investie en dette à court terme a augmenté en même temps que la valeur des actions baissait, mais ceci s’est arrêté en septembre 2008, quand plusieurs “money markets” ont fait faillite, suite à l’annulation de la dette court terme de Lehman Brothers.

Mais ceci ne représente qu’une partie du système de retraites.

Le système de retraite public

Il est en effet peu connu en France que le système de retraite aux Etats-Unis est sensiblement le même que le nôtre. C’est un système public obligatoire, fonctionnant surtout par répartition et incluant une forme de redistribution, appelé “social security”, et contenant un volet santé appelé “medicare”. La “social security” est financée par un impôt, de 4,3 % du PIB en 2007, et le medicare de 3,2 %.

Ce système a été créé dans le deuxième “new deal” de 1936, en partie pour faire face à la ruine des retraités causée par la disparition de l’épargne créée par la dépression. Son budget annuel pour les retraites est d’environ 550 milliards. Mais c’est bien sûr assez mal réparti. Selon l’ICI, 30 % des ménages n’ont pas d’épargne privée, et le système public représente :

  • 86 % des ressources pour la moitié des ménages ayant les revenus les plus faibles ;

  • 69 % pour la moitié des autres ménages ayant les revenus les plus faibles ;

  • 31 % pour le quart des ménages ayant les revenus les plus élevés.

On voit que le système privé concerne surtout les catégories aisées. Le rapprochement avec les chiffres du système privé donne une idée du niveau d’inégalités sous-jacent.

La social security est menacée pour trois raisons. La première est l’augmentation des coûts médicaux, qui fait que le déficit du medicare s’accroît beaucoup plus vite que la durée de vie des assurés. La deuxième est bien sûr la démographie et le début proche du “papy boom”. La troisième est la baisse des salaires qui tarit ses ressources.

La social security a dégagé dans le passé un certain nombre d’excédents. Ceux-ci devaient obligatoirement, contrairement par exemple aux mutual funds, être investis en obligations d’Etat. L’Etat est ainsi aujourd’hui débiteur d’environ 2 200 milliards à la social security. Les futurs retraités ne peuvent voir qu’avec appréhension leur Etat s’endetter massivement pour racheter les créances insolvables du système privé.

Le choix de l’inflation contre la déflation est de nature à favoriser les systèmes privés contre les systèmes publics, donc encore une fois les riches contre les pauvres.

Une crise annoncée

Cette crise est simple dans sa manifestation de surendettement massif. Les causes sont plus complexes, et seront discutées encore longtemps : démographie, mondialisation, progrès technique, épuisement des ressources naturelles, coût “colonial”... Il y a sans doute beaucoup de responsabilités. Mais un homme ne peut s’exonérer des siennes : celui qui était aux commandes. Le président Georges W. Bush quittera dans quelques mois ses fonctions en laissant l’économie en miettes, les relations internationales déchirées et les libertés pas vaillantes.

Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai admiré les Etats-Unis d’Amérique, ses institutions et son peuple, admiration due entre autres au fait que, pour mes parents, le débarquement de 1944 a été la meilleure nouvelle de leur existence. Un tel gâchis me fend le cœur.

Il y a presque huit ans, Georges W. Bush prenait ses fonctions, après une élection dans laquelle il avait remporté une minorité des suffrages, et après des semaines de contestation des résultats. Conscient de l’effet désastreux, il avait prononcé le 13 décembre 2000 un discours d’investiture de réconciliation à l’intention du Parti démocrate. Ce discours contenait des éléments de programme qu’on peut relire aujourd’hui avec amertume :

Ensemble, guidés par le bon sens, le respect et des objectifs communs, nous pourrons unir et inspirer le peuple américain.

Ensemble, nous obtiendrons l’excellence de notre enseignement public, pour tous les élèves, “so that no child is left behind”.

Ensemble, nous sauverons la “social security” et renouvellerons sa promesse d’une retraite sûre pour les générations à venir.

Ensemble, nous renforcerons le “medicare”, et permettrons à toutes les personnes âgées de se soigner.

Ensemble, nous donnerons aux Américains la grande, juste, et fiscalement responsable réduction d’impôts qu’ils méritent.

Ensemble nous mènerons une politique étrangère conforme à nos valeurs, loyale envers nos alliés, et nous aurons une force militaire apte à tout défi et supérieure à tout adversaire.

Cette chronique a pendant dix-huit mois annoncé des lendemains qui déchantent. Il est temps de la conclure sur une note d’espoir. Avec l’effondrement des géants de la finance, nous avons assisté au crépuscule des dieux. L’aube des hommes lui succédera. Cette crise, comme les autres, sera surmontée, parce qu’il le faut et qu’il y a partout des gens moins avides prêts à reconstruire ce que détruisent des Cheney et Rumsfeld.

Mais au moment où il faut mobiliser toutes les énergies pour sortir de ce bourbier, je ne vois pas quelle excuse l’Histoire pourra trouver à Georges Walker Bush.


NDLR : Cet article clôt une chronique de Forest Ent débutée en mars 2007, qui annonçait très précocément la crise financière actuelle, et dont voici les différents épisodes :

2007, année grise ?
2007 année grise, deuxième épisode
2008, année noire
2008 année noire : ouverture
2008 année noire : le crépuscule des dieux
2008 année noire, saison 2, épisode 4 : le prix du pain
Année noire, saison 2, épisode 5 : la nationalisation des pertes
Année noire : épilogue


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261 réactions à cet article    


  • Imhotep Imhotep 29 septembre 2008 10:35

     Un correctif à faire. Les 700 milliards de financement ont pour objet de racheter des créances aujourd’hui à valeur pratiquement nulle. Or un Etat n’a pas d’âge. Si l’économie se redresse dans les cinq ans, et si l’Etat peut supporter cette charge de 700 milliards de dollars y compris les intérêts qui vont s’y ajouter, cela peut s’avérer avec le temps une bonne sinon une très bonne affaire. Ce fut le cas exact d’exécutive life. Une société d’assurance en faillite à case de junk bunds, le rachat par Altus finance. Ce marché s’est redressé de façon spectaculaire et les plus values ont été gigantesques. Donc aujourd’hui ces créances sont nulles, mais demain il y a trois possibilités : elles restent nulles, elles valent les 700 milliards qu’elles coûtent aujourd’hui, elles valent bien plus. On ne pourra juger de l’effet de ce financement que dans cinq ans et pas avant.


    • Forest Ent Forest Ent 29 septembre 2008 10:53

      l’état récupèrera les dettes les pires, c’est la vocation du plan, donc celles qui ont le moins de chances d’être remboursées

      l’augmentation de la dette de l’état est de nature à désolvabiliser les consommateurs, donc à retirer de la valeur à la mauvaise dette

      même si elle reprend la même valeur plus tard, ces sous auront manqué à un moment ; il faut donc actualiser cette somme, et au taux élevé de l’inflation qu’elle ne va pas manquer de contribuer à créer

      etc, etc ...


    • laurent 29 septembre 2008 11:21

      Au contraire, le rachat ne sera pas correctement évalué. La raison même pour laquelles ces fonds sont "illiquide" c’est qu’ils ne valent rien . Et ce n’est pas des alter mondialistes gaucho qui le disent, ou Marc Faber le contrarien ultra libéral, mais aussi Roubini, Jim Rogers sur Bloomberg, le Financial Times. et bien d’autres.



    • goc goc 29 septembre 2008 12:41

      et puis il faudrait un peu expliquer ce qu’on appel des creances "a risques", parceque j’ai un peu l’impression qu’on continue a se foutre de nous.

      si les creances a risques sont ces fumeux montages mathematico-financiers, il n’ya aura jamais rien a recuperer vu que ces "titres" disparaitront avec l’ecroulement attendu des edgfonts et autres officines a vocation speculatives.

      si ce sont les titrisations de prets octroyés par les banques a partir d’argent virtuels (les fameux 90% de prets non couverts) , ca disparaitra aussi avec l’explosion a venir des prets relais et autres revolvings.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 septembre 2008 14:48

      @ Imhotep : Ma grand-mere a ussi gardé longtemps quelques emprunts du trésor russe. dont vous savez certainement qu’on a récemment remboursé quelqus-uns. Peu. De toute facon, L’État américain a encore deux possibilité d’intervention qui vont déterminer ce que seront les USA dans 5 ans.

      1) Il ouvre un crédit aux petits propriétaires pour qu’ils puissent faire face à leurs obligations aux conditions initiales de leurs emprunts et garder leurs maisons ; il rembourse au tiers détenteur actuel de leur créance la différence entre ce montant et ce qu’elle vaut aujourd’hui, mais ouvre une enquete sur la chaine de passation du titre et pend ( figurativemnent) quelques amiraux pour encoutager les autres

      2) il vole au secours des institutions en leur permetant de prendre en bout de ligne possssion des propriétés elles-mêmes et de les revendre, ce qui va déprimer le marché immobilier et mener les USA à des troubles sociaux sérieux.

      Ca devrait se décider dans les jours qui suivent.

      Pierre JC Allard

      http://les7duquebec.wordpress.com/2008/09/29/la-crise-dans-le-miroir/



    • Rage Rage 30 septembre 2008 16:55

      Excellente analyse.

      Que dire d’autre ?
      Céder au pessimisme ? Je ne le pense pas.

      Cette crise financière est la résultante d’excès en chaines et plus encore la marque de l’échec du politique sur l’économique et le financier.

      Des règles du jeu auraient dû contrecarrer ces excès là. La crise de SOLVABILITE aurait pû être évité par des lois et leviers simples évitant le surendettement ou la prise de risque excessive. La vente à découvert aurait et doit être encadrée.

      Cette crise amène tout de même en plein des réalités bien sombre :

      - La dissimulation des dettes sous le tapis des banques

      - La nationalisation des pertes et la privatisation des bénéfices : dogme de la politique libérale EU-USA

      - L’utilisation de la naïveté des citoyens US pour leur permettre un endettement au delà de la raison

      - La faiblesse de la FED, et pire encore, du FMI : à quoi servent-ils s’ils ne détectent pas ce genre de crise ?

      - La faiblesse des politiques à règlementer les "jeux" internationaux

      La conséquence étant, in fine, que l’on demande aux populations de se serrer la ceinture afin que la grande finance mondiale puisse mieux dilapider le "trésor" dans le seul et unique objectif : le profit à court terme.

      700G€, investits aujourd’hui, là, maintenant, dans l’économie réelle notamment sur l’environnement ou la santé auraient une conséquence ultra positive sur la vie des gens et l’économie.
      Mobiliser cette somme colossale pour acheter le pire de la dette, c’est à dire l’insolvable, cela revient à demander à un insolvable d’assumer la charge de l’emprunt d’un chatelain.

      L’Etat US va crouler sous les dettes, et même s’il joue l’inflation pour se sauver, aller à la rescousse de la finance c’est se suicider une deuxième fois :

      - La première pour les avoir laissé faire

      - La seconde en leur laissant entendre qu’ils pourront à nouveau rejouer

      Qu’on ne vienne pas dire ensuite qu’il n’y a "plus d’argent dans les caisses" quand il s’agit de financer un réseau d’égouts ou une usine de traitement des eaux usés ou même encore de soutenir un système de retraite par répartition équilibré.



    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 5 octobre 2008 14:56

       @ Philippe Reneve. Vous aussi ?. On a coupé un de mes posts qui était très élogieux de Forest Ent. J’ai sans doute accessoirement dénoncé le système au-dela de ce que AGV autorise. 

      Certains de mes commentaires qui sont correctement rédigés et parfaitement courtois disparaissent. Sommes-nous entrés dans la phase de l’élimination des Cassandres ? J’apprécierais que ceux qui le constatent m’en avisent pjca@iname.com 

      Pierre JC Allard


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 septembre 2008 10:37

      Bonjour,

      La noirceur est décidément à la une de ce 29 septembre, l’ombre de l’archange saint Michel plane sur le système. C’est un bon billet que j’ai plussé mais une remarque, je n’irai pas à parler se dépression mais si vous le faites, c’est que vous tenez à votre 1929-2008

      Autre remarque, votre papier semble évoquer une causalité entre la crise financière et la récession qui se dessine. Attention, vous faites le jeux des puissants qui vont se dédouaner du chômage sur le dos des banques américaines. J’essaierai de proposer une autre interprétation, à lire prochainement


      • La Taverne des Poètes 29 septembre 2008 10:51

        C’est la crise du 29 quoi.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 septembre 2008 10:55

        Pour le prix d’un opéra de 4 sous, t’as même pas un cd de Carla, les temps sont durs


      • Forest Ent Forest Ent 29 septembre 2008 11:01

        J’ai donné mon interprétation des causes de cette crise dans un épisode début 2008, cité en référence, "le crépuscule des dieux". Mais je vous rassure : ce que nous écrivons n’empêchera pas notre président d’oublier "son choc de confiance" et sa grande amitié avec GW.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 septembre 2008 14:55

        @ Bernars Dugué : je lirai votre billet avec plaisir, comme d’habitude, mais pourquoi ne pas être beau jouer et admettre que Forest Ent a eu tout bon dans cette chronique ? D’autant plus que le silence assourdissant de la presse traditionnelle pendant cette priode où les lettres s’écrivainet sur le mur , est venu aussi corroboré sa factuelle et discrète description des liens entre la presse et le pouvoir financier, désormais indissociable du pouvoir politique

        Pierre JC Allard

        http://nouvellesociete.org/H.html
        http://nouvellesociete.wordpress.com


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 septembre 2008 17:39

        @ Pierre,

        Je ne mets pas en cause l’anticipation de la crise financière remarquablement exposée par Forest, c’est sur la suite que je ne suis pas d’accord. Je n’ai donc rien à reconnaître tant que le show n’est pas terminé

        Forest annonce une dépression entraînée par cette crise. Le mot dépression a un sens et je ne ferais pas injure à Forest de lui dire qu’il l’ignore. Car il prédit une dépression

        Quant à moi, je parle d’un ralentissement poussé de l’économie qui semble légèrement anticiper la crise financière et d’une probable récession qui suivra quelques trimestres. Wait and see, d’ici deux ans nous saurons qui a vu juste


      • La Taverne des Poètes 29 septembre 2008 18:30

        Je ne sais auquel des deux l’autopsie des cadavres donnera raison... Ce qui est sûr, c’est que nous subissons une vaste arnaque, mais... sans Paul Newman !


      • foufouille foufouille 29 septembre 2008 11:02

        http://www.liberation.fr/economie/0101119060-fortis-sauve-par-le-benelux

        un article de libe qui montre que ca continue pres de chez nous


        • Forest Ent Forest Ent 29 septembre 2008 11:09

          Il y aussi une autre banque anglaise qui doit être nationalisée aujourd’hui. Je ne vous conseille pas d’en tenir la liste sous Excel, ça ne tiendra pas.


        • Avérroès Avérroès 30 septembre 2008 00:57

          @Foufouille
           grace à de Gaulle, il restera l"usine marée mortice qui fut un modèle de développement intelligent et durable. Une réalisation unique que ni Bush, ni Sarko, ni le méprisant mangeur de frites ne peuvent se targuer d’avoir. Car l’espoir est dans l’homme et non dans la finance.


        • Yvance77 29 septembre 2008 11:17

          Et voila, encore un autre pessismiste sur AvoX. Puisqu’on vous dit que Pipole 1er va faire et gagner le bras de fer avec la crise, il faudrait commencer par le croire hein !

          Vous commencez déjà à énerver des buses type le lyon et après qui : lerna, calmos ou les fachos du gud et autres bruxman ... voyons c’est pas sérieux Monsieur l’arbre.

          Le plan de sauvetage s’organise aussi en Europe. Les états Belge et Néerlandais ne viennent ils pas de nationaliser en partie Fortis, c’est bien pour protéger les deniers de la finance non.

          Après si vous êtes né pauvre ... ben c’est pas d’bol comme dirait l’autre fallair choisir mieux vos parents. Regardez Pipole junior l’a tout d’un grand.

          Après pour echapper à la crise faut simplement se former à la poésie libérale et lire à voix haute : parachute doré, stock option, dividendes, cac40, yacht à Malte, plus value ... et vous verrez ca passe tout seul.

          A peluche


          • Internaute Internaute 29 septembre 2008 11:23

            Vous vous avancez un peu en parlant de crépuscule des dieux. Ils on l’air de s’en sortir plutôt bien, nos demi-dieux de l’olympe financière. Le texte proposé par Paulson au Congrès contient une clause exorbitante. Il s’agit tout d’abord de laisser Paulson gérer tout seul les 700 milliards et pire encore de lui donner l’immunité juridique pour ses décisions. Ainsi, juge et partie et à l’abri de toute poursuite, il va allègrement racheter au prix fort des créances pourries afin de donner le maximum d’argent à ses amis banquiers. 

            Une arnaque de cette taille n’arrive qu’une fois tous les mille ans. Nous avons le triste privilège d’y assister.


            • Forest Ent Forest Ent 29 septembre 2008 11:58

              Vous avez raison : les responsables vont individuellement très bien s’en tirer, bien que leur empire coule. J’ai juste voulu dire que s’il n’y en avait qu’un à choper dans le tas, il s’appelle GW.


            • laurent 29 septembre 2008 12:24

              +1


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 septembre 2008 15:09

              @ internaute : Il y a aura l’oeil de l’ouragan, aprés que sera consommée l’arnaque, puis les rafales politiques... Ca devrait rappeler 1789. Reservez vos billets pour le remake de 1793...
               
              Je me demande parfois à partir de quel point de vue je verrai ces événements :- (

               Pierre JC Allard

              http://les7duquebec.wordpress.com



            • Avérroès Avérroès 30 septembre 2008 01:03

              Dick Cheney n’est pas mal non plus avec sa tete de derrick surmonté d’une pompe d’où coule à flots le pétrole. Tous pourris, tous complices ! GW n’étant que la partie imbécile et immergée du système !


            • vieuxcon vieuxcon 29 septembre 2008 11:24

              Mesdames et Messieurs, il va être temps de vous montrer solidaire.
              Vous savez ces braves gens qui tout en s’enrichissant laissaient tomber quelques miettes, et qui , quand leurs chiens avaient fini de lècher l’assiette, vous autorisaient gentiment à rammasser les restes, et bien aujourd’hui ces braves gens sont dans la muise. A votre bon coeur messieurs dames. Vous n’allez tout de même pas les obliger à fréquenter les resto du coeur ?


              • chmoll chmoll 29 septembre 2008 11:25

                y a pas ,faut agir teut d’suite !!

                Armée du Salut - - la Croix-Rouge Française - Emmaüs France - le Secours Catholique - le Secours Populaire Français

                purée j’aurais put ètre ministre d’ l’économie, finances et tout l’bazard

                s’couez vous quand mème c bétot l’hivers


                • Thierry LEITZ 29 septembre 2008 11:26

                  @ Forest Ent

                  Excellent billet comme à l’accoutumée, a la fois renseigné et lucide. Jusqu’ici, les faits vous donnent raison. Votre analyse de la suite est dans la même veine. Désolé pour les libéroptimistes admirateurs inconditionnels de l’Amérique.

                  Les mauvaises dettes pour devenir "bonnes" impliqueraient une solvalbilité sûre des débiteurs : c’est loin d’être "sûr", vu la récession qui se profile, avec son chômage, ses restrictions çà et là. Donc, en plus des dettes certifiées (maisons soldées à la hâte en-deçà du montant financé à crédit, plus celles invendables avant travaux suite aux dégradations causées par des spoliés à la rue) il y aura d’autres dettes qui basculeront dans la catégorie mauvaise. Si j’ai bien compris...

                  Et je vois mal ce qui pourrait, d’un coup leur redonner de la qualité vu qu’aucune remise en cause profonde du fonctionnement de l’Etat US et des moeurs US n’est vraiment étudiée. Ainsi, pas de réduction de l’activisme guerrier en vue... pas de taxation des carburants non plus, pas de retour au réel en matière de consommation apparemment...

                  En tout cas, ce n’est pas ce que veut l’élite de milliardaires qui est aux commandes. Alors on réendette massivement les générations futures, via le déficit public. Avec des garanties de remboursement vacillantes pour les épargnants mondiaux en tête Japon et Chine.

                  In fine, cette crise aura le mérite d’une "cure de vérité" ramenant peut-être une majorité d’Etatsuinens à réviser les normes de "l’american way of life", et soyons fous, les dresser une bonne fois contre leur lobby militaro-industriel et ses errements géostratégiques dont les coûts deviennent insupportables pour eux-mêmes et la planète entière...

                  Il faudra bien remettre les pieds sur terre... Atterrissage "dur" comme on dit en aviation... Bon courage à tous ! Et "il faut cultiver votre jardin" dixit Voltaire !


                  • Gilles Gilles 29 septembre 2008 12:02

                    Pour suivre leitz

                    Il me semble que les démocrates ont votés le plan Paulson car entre autre il a accepté que soit gelées les expulsions d’américains insolvables. Donc ça va être dur de vendre leur bicoque pour le moment mais peut être que par la suite, si le marché remonte ou si leurs revenus remontent certains s’en tireront et rembourseront

                    Autre chose aussi : beaucoup d’américians expulsés de leur maison, ne sont pas juste à la rue, mais criblés de dettes. Car si la maison ne se vend pas, ou comme ça a été souvent le cas, moins chère que ce qui restait à rembourser (+ les intérêt à taux variables..), les ménages expulsés doivent combler ce déficit.

                    J’ai lu des exemples de gars désespérés à qui il restait des dizaines de milliers de dollars de dette avec des taux hallucinants alors qu’ils venaient de tout perdre. Ce qu’il avait payé plus ce qu’il devait dépassait largement le prix de leur barraque... d’où un profond sentiment d’injustice et de haine envers le système et une grand epeur de l’avenir

                    Le prochain gouvernement ne pourra pas constamment harceler ces millions de ménages, déjà trés appauvris et qui mettraient des décennis à rembourser sans trop d’espoir alors de sortir de leur misère. Et donc à un moment il faudra faire une croix sur une partie de ces dettes ... perte sèches. Sinon galère permanent pour de smillions de gens, risque de "révolution", dynamisme miné


                  • Avérroès Avérroès 30 septembre 2008 01:13

                    C’était bien la peine de s’attaquer à la Russie - par Georgiens interposés-, alors que sans le soutien de la Russie et de la Chine, foin d’espoir, c’est toute la finance mondiale qui s’écroule. Mais que fait  le DSK national, pardon !international ! L’ami et le protégé de Sarko ?

                    Pourquoi ce silence du FMI et de la BM, plus prompts à imposer leur recettes aux pays en voie de sous développement avéré !

                    Que n’appliquent-ils pas leurs géniales trouvailles à Wall Street et à ses vampires ?

                     


                  • alberto alberto 29 septembre 2008 11:29

                    Bravo, Forest pour cette série d’articles dont la plupart des prévisions ont pu être vérifié, hélas !
                    Mais, ainsi que vous le faite remarquer, l’histoire n’est pas fini et la suite reste à écrire...
                    Le soleil se lève à l’est et dès maintenant serait-il interessant de regarder ce qui va se passer de ce côté ?
                    Bien à vous.


                    • Forest Ent Forest Ent 29 septembre 2008 12:08

                      La crise va frapper très fort en Chine, et c’est là que se jouera l’essentiel de sa dimension géopolitique.


                    • millesime 29 septembre 2008 11:32

                      en fait les néolibéraux anglo-saxons n’ont jamais rien voulu entendre en matière de régulation, et ce depuis des années, bien que cela a été formulé par notamment les allemands au G7 en 2007 (voir mon blog)
                      j’ai souvenir d’un exposé de Jean Peyrelevade qui disait que rien de remplace l’économie de marché, mais que croire que le marché peut s’autoréguler est une "vue de l’esprit"
                      il soulignait alors que le moteur économique mondial présentait des dysfonctionnements .. (qui risquaient de nous entrainer dans le mur..nous y sommes) et donc qu’il fallait des réglages à ce moteur...mais les anglo-saxons n’en ont jamais voulu.. ;et voila le résultat... !
                      lire mon blog


                      • zelectron zelectron 29 septembre 2008 11:34

                        Article supputatif et bien en deça des vols (viols), escrocqueries, malfaisances, trahisons...

                        En outre, je ne suis pas d’accord avec l’auteur sur un point particulier :

                        En France par le hasard (?) d’une gestion du système de retraite, de santé et autres, au fur et à mesure que les cotisations l’alimentent, les versements "creusent" le trou. C’est pourquoi nous n’avons eu, n’avons et n’aurons aucunes "chances" d’alimenter quelques fonds de pension spéculatif que se soit. C’est pourquoi notre tonneau des Danaïdes à nous reste le moins mauvais des systèmes.


                        • geko 29 septembre 2008 11:37

                          Merci Forest clair et concis

                          je partage votre sentiment sur la Grande Amérique !
                          Puisse la raison succéder à la folie des bush&Cie ! Comme dirait bayrou à propos des paradis ficaux : "Ca fait un an maintenant que Dominique Strauss-Kahn est en situation de responsabilité, je trouverais bien que l’on passe des paroles aux actes".






                          • geko 29 septembre 2008 11:42

                            Sinon je voudrais clarifier un point : Pourquoi parle-t-on de nationalisation puisque la FED est privée ? Ca ressemble à une escroquerie mondiale !


                          • Forest Ent Forest Ent 29 septembre 2008 11:53

                            Ce n’est pas la fed qui a acheté fnm, fre, aig, ni qui va donner 700g, c’est bien le contribuable directement.


                          • geko 29 septembre 2008 12:02

                            American International Group, le numéro un américain de l’assurance, a annoncé avoir signé auprès de la Réserve fédérale américaine un accord définitif portant sur le prêt de 85 milliards de dollars par la Fed. Le deal prévoit, en échange, une prise de participation de 79,9% de l’Etat américain au capital de l’assureur.

                            C’est la FED qui fixe les règles du jeu et L’Etat aligne l’oseille !


                          • Bulgroz 29 septembre 2008 11:45

                            Ce matin sur France Inter, Michel Rocard a annoncé sans fausse modestie, qu’il a été le premier à annoncer la crise financière que nous connaissons aujourd’hui et que personne, à l’époque, ne l’avait cru.

                            http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/

                            « J’avais publié un papier, il y a un an et demi ou deux dans le Nouvel Obs, il se trouve que je suis le seul à avoir eu raison, enfin largement seul » (3ième minute, 40ième seconde).

                            Qui de Michel ou de Forest a été le « largement seul » ?

                            Entre Emmanueli, Bayrou, Hollande, Ségo, Besancenot, Mamère, Buffet, la bataille est rude entre les prétendants aux oscars de la prophétie cartomancielle.

                            Mais, je vais tous les départager, c’est Ézéchiel (environ vie siècle av. J.-C.) qui est le premier a parlé « d’un ébranlement mondial ou l’argent serait jeté par les fenêtres » (Révélation 6:12)

                            (Ézéchiel 7:19-21) 19 " ’ Ils jetteront leur argent dans les rues, et leur or deviendra une chose dégoûtante. Ni leur argent ni leur or ne pourront les délivrer au jour de la fureur de Jéhovah. Ils ne rassasieront pas leurs âmes, ils ne rempliront pas leurs intestins, car cela est devenu un obstacle qui fait trébucher, cause de leur faute. 20 Et la parure de son ornement - on l’a mise comme un motif d’orgueil ; et leurs images détestables, leurs choses immondes, ils les ont faites avec cela. Oui, c’est pourquoi je ferai de cela - pour eux - une chose dégoûtante. 21 Oui, je livrerai cela en la main des étrangers, en pillage, et aux méchants de la terre, comme butin ; à coup sûr ils le profaneront.

                            Mais pour ne pas mécontenter tout le monde je veux bien donner à Forest Ent, la sucette en sucre d’orge de la prophétie financière.

                            Il la mérite bien cette sucette.


                            • Forest Ent Forest Ent 29 septembre 2008 11:54

                              J’aime bien les sucettes. smiley

                              Je n’ai pas prétendu avoir été le premier sur AV, puisque j’ai même cité en intro 3 auteurs qui en ont parlé avant moi.

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