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Accueil du site > Actualités > Economie > Année noire, saison 2 épisode 5 : la nationalisation des pertes

Année noire, saison 2 épisode 5 : la nationalisation des pertes

Nous arrivons au point du développement de la crise où le libertarianisme jette le masque. La célèbre "nationalisation des pertes" s’affiche au grand jour.

La célèbre "torpeur de l’été propice aux krachs" tient pour l’instant toutes ses promesses.

Dans notre avant-dernier épisode, nous avons constaté le début de la nationalisation des pertes. Le gouvernement américain avait repris les créances douteuses de Bear Sterns pour permettre le rachat par JP Morgan. La Réserve fédérale avait accepté des banques des créances douteuses comme dépôts en échange de bons du Trésor. Et les ratios prudentiels des GSE avaient été abaissés, point sur lequel nous reviendrons.

Mais, avec la faillite possible des GSE, la nationalisation des pertes va maintenant débuter à une échelle encore jamais observée, car le gouvernement américain est aujourd’hui placé devant l’injonction de doubler sa propre dette en un seul jour.

Histoire et rôle des GSE

Après le choc boursier de 1929, la crise économique s’est en fait déroulée lentement, parsemée de faillites de banques. Le crédit a été étranglé progressivement. Les GSE immobilières (GSE pour « Government sponsored enterprises ») ont été créées en 1936, pour réinjecter des fonds publics dans le marché immobilier stagnant. Elles étaient l’outil d’un interventionnisme fort. L’idée était d’utiliser le crédit de l’Etat pour réinjecter des fonds dans le crédit immobilier qui ne trouvait plus preneur.

Les GSE ont été entièrement privatisées en 1968, à une époque où leur rôle initial se justifiait moins. Mais la croyance est restée quand même en ce qu’elles bénéficiaient d’une sorte de garantie d’Etat implicite, ce qui leur a permis de continuer à lever des fonds au même taux que l’Etat américain pour les réinjecter dans le marché immobilier. Elles sont restées depuis au cœur du financement immobilier.

Les deux plus grandes GSE sont la Federal National Mortgage Association, qu’on appelle maintenant Fannie Mae en dérivation de son sigle peu euphonique FNMA, et la Federal Home Mortgage Corporation, appelée Freddie Mac.

Les GSE ne font pas directement de prêts immobiliers. Elles agissent de deux manières :

- elles assurent le risque d’insolvabilité de crédits immobiliers, en général à un taux faible de 0,5 % ;

- elles achètent des dettes immobilières et les revendent par gros paquets sous des formes de placement diverses.

Le but affiché de cette activité est de créer un marché "secondaire" du prêt immobilier, de manière à obtenir la plus grande liquidité possible sur le marché "primaire", afin qu’un emprunteur trouve toujours un prêteur, même indirectement.

Les GSE ont ainsi acheté ou assuré la plupart des prêts immobiliers. Ce marché aurait beaucoup de mal à fonctionner sans elles.

Critique des GSE

Les GSE ont été critiquées pour des tas de raisons diverses et parfois contradictoires. Maintenant qu’elles sont au bord de la faillite, il est plus facile d’identifier leur problème principal, qui était la gestion des risques.

Comme nous l’avons signalé dans notre avant-dernier épisode, la cause de la crise immobilière est une différence entre les systèmes financiers "anglo-saxon" et "continental", le système anglo-saxon étant d’ailleurs celui que le FMI nous présentait comme le plus "productif" à long terme. Quand vous allez voir un banquier français pour un prêt immobilier, il vous demande quels sont vos revenus, de manière à évaluer votre solvabilité, calculer sa part de risque, puis vous la facturer. L’histoire montre que cette méthode est celle qui prédit le mieux le risque d’insolvabilité, et il est possible qu’elle devienne bientôt obligatoire aux Etats-Unis.

Les GSE ne se sont pas posé cette question. Comme expliqué dans ce document à la rubrique "gestion des risques", les GSE se sont donné comme seul ratio prudentiel le rapport entre le montant des prêts et le montant de l’achat. Elles considèrent ainsi que si la maison vaut plus que le prêt, il n’y a pas de risque puisque l’on peut toujours la revendre en cas d’insolvabilité du prêteur. Cela suppose bien sûr que la valeur des biens ne baisse pas. Nous retrouvons là le mécanisme fondamental de création d’une bulle : le montant du crédit est déterminé par une évaluation de la valeur des actifs qui peut être augmentée par le montant du crédit, cercle vicieux évident (qui fait que la notion de "fair value" est à mon avis impraticable dans le cas général).

Cela a même été pire, puisque le 16 mai 2008 les GSE, à la demande du gouvernement, ont accepté, entre autres mesures immobilières incitatives, d’abaisser leur ratio prudentiel de 80 % à 97 % comme rapport prêt/valeur maximal.

En résumé, les GSE ont assuré à faible prix le risque systémique de baisse générale de valeur des biens, ont pu emprunter à faible taux grâce à une croyance dans une garantie d’Etat, et ont redistribué une part de ce risque sur toute la planète en le rebaptisant "faillite des GSE". Elles ont ainsi permis aux banques prêteuses de faire des marges beaucoup plus importantes. Pour le reformuler plus brutalement, les banques se sont goinfrées en se disant qu’en cas de problème le contribuable paierait. Le tout sans aucun contrôle puisqu’il s’agissait, n’est-ce pas, d’entreprises privées, majeures et responsables. Bénéfices privés et risques publics.

Il est amusant de voir qu’un outil au départ interventionniste est devenu avec le temps un moyen pour le privé de tenter de piller la richesse publique.

Situation des GSE

Comme toutes les entreprises, les GSE publient leurs résultats avec un certain retard. Les derniers chiffres publiés concernent avril 2008.

A l’heure actuelle, les deux plus grandes GSE assurent ou possèdent 5 300 milliards US$ de prêts immobiliers, soit la moitié du total aux Etats-Unis, et cela représente à peine moins que la dette de l’Etat fédéral. La plus grande, Fannie Mae, a à elle seule un "book of business" de 2 200 milliards.

Selon cet article, les 5 premiers pays détenant de la dette de GSE seraient la Chine, le Japon, les îles Caïmans, le Luxembourg et la Belgique. Pour la Chine, il fallait bien qu’elle place ses dollars quelque part. Pour le Japon, il faut bien que le "carry trade" aille quelque part. Par contre, les trois suivants apporteraient une lumière assez crue sur la manière dont fonctionnent actuellement les circuits financiers pour échapper à tout contrôle et surtout à toute fiscalité.

La situation de Fannie Mae, telle qu’elle ressort de son propre site, n’est pas rassurante. Selon le rapport 2007, le capital était fin 2007 de 44 milliards US$, soit le vingtième de sa dette directe. Son résultat sur l’année a été de +4 milliards en 2006 et -2 milliards en 2007. Pour le premier trimestre 2008 seul, le résultat a été de -2,5 milliards. FNM a levé 7 milliards de capital en avril 2008 puis encore autant en mai 2008. (A noter que AXA est maintenant le troisième actionnaire de Fannie Mae avec 8 % des parts. Cela illustre aussi comment l’Europe est touchée par la crise financière, la finance étant dérégulée et internationalisée).

Les résultats sont donc en chute libre. Cela provient naturellement de la baisse de valeur des biens immobiliers, et du nombre croissant d’emprunteurs qui ne remboursent plus leurs emprunts. Selon ce document, dernier point de la situation émis par Fannie, le taux de "défaillance" est passé de 0,35 % en avril 2007 à 0,57 % en janvier 2008, puis à 0,66 % en avril 2008, le tout en augmentation régulière. Ça ne paraît pas énorme, mais 0,1 % de 2 000 milliards fait quand même 2 milliards. Il n’y a pas de raison que cette situation se retourne, car la baisse de valeur est elle-même un cercle vicieux. En effet, si un emprunteur constate qu’un bien vaut sur le marché beaucoup moins que ce qu’il doit à sa banque, il a tout intérêt à se déclarer en "faillite" ("foreclosure"). Sauf à ce que la conjoncture se retourne brutalement, et cela n’en prend pas du tout le chemin, Fannie Mae est probablement exposée bien au-delà de son capital, donc techniquement en faillite.

En tout cas, le marché anticipe clairement des soucis, puisque l’action Fannie Mae valait autour de 60$ en juillet 2007 et 10$ le 11 juillet 2008 à la clôture après être passée dans la journée sous les 7$. Ceci fait bien sûr suite à de simples rumeurs d’insolvabilité mais, pour des établissements financiers, de telles rumeurs sont mortelles. C’est à la suite d’une rumeur d’insolvabilité que la banque IndyMac, qui avait quand même 32 milliards d’actifs, soit plus que Bear Sterns, a déposé son bilan la semaine dernière, après un mouvement panique de retrait comme on n’en avait plus vu depuis longtemps. Les rumeurs ont bien sûr été démenties par les dirigeants des GSE, mais le président de Bear Sterns en avait fait autant une semaine avant la faillite. Les GSE ne risquent pas le retrait des dépôts, mais le fait de ne plus trouver de prêteurs pour refinancer leur dette. Les GSE doivent refinancer chaque jour 3 milliards de dette. Si elles ne trouvent pas preneur, leur activité s’arrête.

Alternative

Le 13 juillet 2008, M. Paulson a annoncé que les GSE auraient rapidement un crédit illimité ouvert à la Réserve fédérale, au taux de base consenti aux banques. Ça n’a pas amélioré la cote de leurs actions le 14, jour d’écriture de cet article. C’est tout juste susceptible d’éviter un dépôt de bilan immédiat, mais ne résout pas le problème de fond. Si le marché reste mauvais, les fonds propres des GSE vont devenir négatifs. Et si les GSE ne sont plus financées par le marché, cela signifie que l’Etat devient le seul acheteur de créances douteuses qui n’ont aucune chance d’être remboursées. Sauf miracle, il va vite falloir une solution plus drastique.

Qui pourra payer ?

Les actionnaires ne le pourront pas, car ils l’ont déjà fait. Leur capital vaut sans doute déjà zéro techniquement, et plus grand-chose sur le marché. Qu’il y ait faillite ou pas, leur cause est à peu près entendue.

Les clients pourraient payer un peu plus et cela suffirait. Mais cela augmenterait de manière perceptible le coût du crédit immobilier, ce qui pourrait achever un marché moribond qui n’a certes pas besoin de cela. Il est probable qu’ils ne soient pas trop appelés à contribuer.

Il reste le contribuable ...

M. Paulson ne peut pas laisser les GSE cesser leur activité. Ce serait le cataclysme absolu, et pas seulement aux Etats-Unis. Leur activité suppose un financement à faible taux. Si elle perd la confiance des investisseurs, un moyen de la restaurer est d’apporter une garantie d’Etat sur tous leurs emprunts. Ça s’appelle une nationalisation. Et cela double presque la dette fédérale du jour au lendemain. L’impact sur le dollar serait dévastateur.

Un moyen un peu moins brutal de résoudre le problème serait que l’Etat ne reprenne pour l’instant qu’une partie de la dette des GSE, par exemple en reprenant les 200 ou 300 milliards d’actifs les plus "pourris". Cette somme serait déjà supérieure au plan de relance par réduction des impôts (environ 160 milliards), aurait un impact sur le cours du dollar, ne résoudrait pas le problème de manière définitive, et constituerait un aveu implicite de garantie de l’ensemble.

Finalement, quelles que soient les circonlocutions utilisées, une forme de nationalisation des GSE paraît aujourd’hui inéluctable à court ou moyen terme. Je ne vois pas quelle pourrait être la meilleure illustration de la nature réelle du "libertarianisme".

Notes et précautions oratoires

Ce paragraphe répond préventivement à deux critiques que m’adressent régulièrement les lecteurs : triomphalisme et anti-américanisme.

Il est effectivement malséant de paraître triompher sur des décombres en psalmodiant des "on l’avait bien dit", surtout vu l’ampleur des dégâts à venir. Je ne me réjouis pas du fait que la crise soit d’une telle ampleur. Mais il me semble important de relever le fait sans aucune ambiguïté qu’elle est une conséquence de ce que l’on appelle « ultralibéralisme », « libertarianisme » ou, pour certains, par raccourci impropre « libéralisme » tout court, en tout cas idéologie selon laquelle on a progressivement démantelé toute régulation du système financier. Quand, il y a moins de deux ans, nous écrivions sur Agoravox que le système financier avait besoin de régulation, nous étions traités d’altermondialistes marxisants, et nous entendions répondre que moins les Etats se mêlaient de questions économiques, mieux ça valait (ce n’est pas un "nous" de majesté, nous avons été nombreux à sonner le tocsin). Quant à l’impressionnante dette privée occidentale, et surtout américaine, ce n’était pas un problème car l’économie américaine était productive, dynamique, etc., et le seul "vrai sujet" était la dette publique, surtout française, leitmotiv de tous les candidats à la présidentielle 2007.

De même, répéter ici ad nauseam que la crise actuelle vient des Etats-Unis pourrait passer pour de "l’anti-américanisme primaire". Je préfère affirmer fortement que ce n’est pas le cas. Je connais assez la société américaine pour savoir qu’elle est encore plus diverse que la nôtre, et que les politiques y sont encore plus controversées qu’ici. Beaucoup de citoyens y sont sincèrement surpris de constater en quoi consistait vraiment le "miracle économique" de ces dernières années. Le peuple américain est responsable des politiques qui ont mené à cette crise comme le peuple français est responsable des politiques menées par Nicolas Sarkozy, ni moins ni plus. Je constate par contre que la presse américaine, bien que globalement plus libre, est encore moins indépendante que la presse française, et ce n’est pas peu dire. Par exemple, son financement par la publicité est significativement plus élevé qu’en France. J’y vois le procédé par lequel des politiques si défavorables aux contribuables peuvent se déployer à telle échelle : la presse n’en parle pas, et pour cause...


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133 réactions à cet article    


  • sisyphe sisyphe 15 juillet 2008 10:52

    Entièrement d’accord avec cette analyse.
    Même les défenseurs les plus acharnés d’un libéralisme pur et dur, reconnaissent aujourd’hui, l’absolue nécessité d’une régulation du marché global.


    • ASINUS 15 juillet 2008 10:53

      yep maintenant que certains s’en sont mis plein les poches c est la collectivité qui vas raquer


      la collectivité dans la bouche de certains thuriferaires liberaux "ils se reconnaitrons "
       de ce site c est un gros mot


      gageons qu ils vont lui decouvrir une nouvelle saveur et venir nous expliquer la nécéssité
      de partager leurs pertes


      • ZEN ZEN 15 juillet 2008 11:50

        Merci pour ce article

        Pas tout compris dans le fonctionnement de cette jungle financière

        J’ai apprécié tes mises au point finales qui vont clouer le bec à plus d’un

        Au sujet de l’état de conscience de l’opinion et de la presse US , deux constats accablants de journalistes américains eux-mêmes, après ceux de N.Borjesson (Blacklist) :


        « Une caste américaine, les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français »
        John R. MacArthur.
        "Dans « Une caste américaine, les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français » (Les Arènes),John R.MacArthur , directeur du « Harper’s magazine  », dépèce méthodiquement le cadavre de la démocratie américaine. L’auteur du livre explique en quoi la démocratie états-unienne est une illusion, soigneusement entretenue par les médias. Pour ceux qui en douteraient encore, aux États-Unis, illustre patrie des libertés, la souveraineté populaire sombre doucement dans les eaux troubles du néolibéralisme et de la grande consommation. Tel est le message qu’adresse MacArthur au lecteur effaré par la longue revue de détails d’une démocratie en perdition. Tout passe sous le scalpel de l’écrivain-journaliste averti : l’impasse concertée du duel démocrate-républicain, les tricheries électorales, l’argent puissant des lobbyistes, les amours vénales entre politiques et grands industriels, l’hyperconsommation, et la mollesse servile des médias. .." [ Propos du directeur du Chicago Tribune, James Warren : « Je ne suis pas le rédacteur en chef d’un journal ; je suis le patron d’une entreprise de contenu »]

        Livre : Une caste américaine. Les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français

        John R. MacArthur

        Rick Shenkman : "L’Amérique est une démocratie mal en point"


        • ronchonaire 15 juillet 2008 11:51

          Plus qu’une crise du libéralisme (ou du libertarianisme pour reprendre votre expression), il me semble qu’il s’agit surtout d’une crise du capitalisme.

          Je m’explique : une politique véritablement libérale n’aurait pas laissé de tels mastodontes se constituer, elle aurait cherché à introduire un minimum de concurrence de manière à ce que les risques (et les bénéfices) soient partagés dès le départ et de manière à ce que, si l’un des agents s’effondre, le système ne s’effondre pas avec lui. C’est à ce niveau, en amont, qu’une réglementation appropriée prend tout son sens.

          Or, nous sommes ici à l’opposé d’une telle situation : ces deux entreprises représentent, je crois, environ 40% du crédit hypothécaire aux Etats-Unis. Etant donné la dépendance de l’économie américaine vis-à-vis de ce type de crédit, il semble évident que si l’une des deux (voire les deux) se met à plonger, c’est toute l’économie qui plonge en même temps.

          D’un point de vue théorique (je sens que certains vont hurler), cette crise montre ce qui se produit lorsqu’on ne respecte pas l’un des axiomes de la concurrence : l’atomicité des agents. Contrairement à une idée largement répandue, les libéraux ont en fait horreur des grandes entreprises capitalistiques telles que celles-ci car elles se créent des activités de rente qui éloignent leur optimum privé de l’optimum social.

          Dans le cas précis du système financier, un problème supplémentaire se pose, qui est d’ailleurs aussi à l’origine de la crise : ce système a fini par fonctionner en vase clos alors qu’il est censé n’être là que pour financer l’économie réelle. Les sommes en jeu sont devenues sans communes mesures avec le réel ; par exemple, lors de l’affaire Kerviel, la SG a quand même liquidé l’équivalent du PIB annuel de la Corse en une nuit !

          Quand à la nationalisation, elle est, étant données les circonstances, inévitable : quels autres choix auraient pu avoir les autorités ? Espérons simplement que ça leur servira de leçons et que ce sera l’occasion de doter le système financier des règles qu’il mérite.


          • Forest Ent Forest Ent 15 juillet 2008 12:35

            Merci de vos remarques toujours posées.

            Non, il n’y a rien à attendre de nouvelles régulations, car elles seront abrogées avant la prochaine crise, quand l’avidité reprendra le dessus. Les GSE étaient justement issues de la crise de 1929.

            Non, ce n’est pas un problème de concurrence, c’est un problème d’ambigüité public-privé. Amha, une entreprise doit être 100% publique ou 100% privée. Le reste est pourri. Ce n’est pas le cas de GDF-Suez qui est encore un mélange pourri.

            Oui, c’est un problème de "too big to fail". C’était aussi le cas de Bear Sterns. Pour les autres banques, on a aussi un "too entwined to fail" qui a été créé par les marchés de dérivés directs entre banques sans chambre de compensation.


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 juillet 2008 16:30

            OUI, comme d’habitude,  à toute votre analyse. Je ne vous ai jamais trouvé d’autre faiblesse que de dire bien pudiquement les choses... Ce qui est peut-etre une sagesse, quand on prévoit aussi que l’on cherchera des Cassandres à pendre quand les Grec seront dans la ville.  

            Cela dit, je constate que vous faites ici passer la nationalisation des grands ré-assureurs, de la colonne des risques à celle des menaces, en route vers celle des fatalités.  Il reste à accepter - comme je le remarquais en commentaire à l’un de vos premiers articles - lla prise de controle complète du systeme financier, le dollar non-convertible et donc l’Amérique en cessation de paiements, la réglementation à la soviétique de l’économie - "for the duration, of course -  et le gouvernement autoritaire qui viendra imposer tout ça... 

            J’attends donc vos quatre prochains articles.  Espérons que ceux qui suivront ne seront pas censurés. Ce qui me fait vraiment peur, c’est ce qui servira de prétexte à l’instauration de ce gouvernement autoritaire.

            Je me demande parfois quand il aurait fallu intervenir aux USApour empècher tout ça.  Ne pas faire le virage a droite de Reagan ? Et en France, y eut-il un moment où l’on aurait pu faire quoi que ce soit ?


            Pierre JC Allard

            http://nouvellesociete.org


          • Forest Ent Forest Ent 15 juillet 2008 17:25

            Pour les US, je ne sais pas. Pour la France, il me semble que l’essentiel s’est joué en 1983, quand Mitterrand a choisi l’UE contre sa politique affichée.


          • Johan Johan 16 juillet 2008 00:44

            Ou sous Pompidou, lorsqu’il a fait passer en fin de mandat une loi interdisant à la Banque Centrale de prêter à l’Etat.

            Aujourd’hui, c’est interdit par les statuts de la BCE.

            Renoncer à la création monétaire est suicidaire. Car les banques et organismes de crédits n’hésitent pas, et la monnaie est aujourd’hui étirée et prête à lâcher au premier coup dur (ce qui oblige plus ou moins à nationaliser les pertes sinon tout s’effondrerait en un instant).


          • wesson wesson 15 juillet 2008 12:35

            Bonjour Forest,
            Merci pour cet article clair que je me permettrai de résumer de la sorte.

            Ce qui va réguler l’économie, c’est la main invisible du marché ... dans la poche du contribuable Américain.

            Vous avez bien compris que ni vu ni connu, le trésor va s’enquiller 5000 milliards de dettes privées, qui vont donc se rajouter au déficit budgétaire américain déjà abyssal. M’est avis que le dollars va pas valloir grand chose bientôt ...

            Indymac lessivé en une semaine, Freddie Mac et Fannie Mae au tapis, espérons que cela va changer fondamentalement le climat politique et que de tout ceci, il en ressortira une régulation efficace de la finance internationale. Enfin, on peut toujours rêver !


            • Forest Ent Forest Ent 15 juillet 2008 12:39

              Non, c’est trop tard. La "finance internationale" est un Titanic. Le contribuable va payer. C’est tout. Il n’en sortira rien de bon.

              Bien sûr, ils vont tous jurer que cépamafote, plujamaiça, et plein de nouvelles lois qui vont servir à prévenir des manoeuvres que plus personne ne tente désormais, lois qui seront abrogées avant la prochaine fois.


            • SciFi SciFi 15 juillet 2008 13:17

              C’est toujours un plaisir de vous lire. Je constate que vos articles sont de plus en plus clairs.
              Après autant de mauvaises nouvelles en peu de temps (IndyMac et la reprise des dettes des deux principaux fonds par l’état) je me demande comment Bernanke va s’y prendre pour soutenir le dollar.


              • Forest Ent Forest Ent 15 juillet 2008 13:32

                Merci.

                Bernanke va atermoyer, mais l’histoire n’est plus dans ses mains. On est dans l’économie réelle, maintenant. Pour l’instant, c’est Paulson qui tient les cartes, mais il les a presque épuisées.

                Une nouvelle baisse significative du dollar est inévitable à assez court terme. Pour l’instant, il semble que l’on puisse jouer sans risque 1/1,65€ à 3 mois, et 1/1,7 à 6 mois en plus hasardeux.


              • Gzorg 15 juillet 2008 16:23

                Bonjour Ent , merci pour votre article.

                Concernant la parité Euro Dollar, cet apres midi on en est déjà à :

                "l’euro s’est propulsé mardi à un nouveau record historique face au billet vert, à 1,6038 dollar"
                (selon l’AFP)

                Donc 1.65 a 3 mois cela semble un scenariot réaliste...et même disons le franchement optimiste, c’est le scenario du "si il n’y a pas de panique"... et Octobre c’est dans tres tres longtemps.... !




              • Gzorg 15 juillet 2008 16:25

                Petite question :

                Imaginons une grosse panique sur le dollar, une montée en flêche de l’Euro face au dollar , est ce que cela allegera la dette de la France ?

                Celle ci est elle libellée en Dollar ou en Euro ?


              • Forest Ent Forest Ent 15 juillet 2008 17:20

                @ Gzorg

                C’est vrai, 1,65 à 3 mois, ce n’est pas pousse-au-crime. On peut légitimement viser plus. Mais je ne veux pas le conseiller, car je ne suis pas payeur.

                Je n’ai pas de chiffres sur moi, mais il me semble que la dette des collectivités est à une écrasante majorité libellée en euros. Elles n’ont pas pour vocation de gérer des risques de change.


              • Gzorg 15 juillet 2008 18:39

                Merci Ent pour votre réponse. :)


              • Guilhem 15 juillet 2008 21:14

                Merci pour vos articles toujours interessants, pour ce qui est du dollar certains vont même plus loin : 1,75€.
                Si c’est une nouvelle source pour vous, j’en suis content (elle est bonne ils se trompent rarement) :

                http://www.europe2020.org/spip.php?article552&lang=fr



              • Franck804 15 juillet 2008 13:28

                Bonjour,

                Merci Forest Ent, pour cet article plutôt difficile à suivre jusqu’au bout pour moi.
                @ ronchonaire : je n’ai pas l’impression qu’il existe une politique vraiment libérale, ceux qui pronent le libéralisme sont les premiers à venir demander l’aide de l’Etat en cas de problème, et le système en place dans notre pays, par exemple, a plutôt tendance à limiter la concurrence dans un domaine à un minimum d’acteurs qui ne sont pas les derniers à s’entendre pour maintenir les prix au plus haut (exemple la téléphonie mobile).
                Je pense que le système est perverti et que son seul but est de faire la fortune d’une minorité, l’idéal, d’après moi, étant de nationaliser les activités essentielles au fonctionnement du pays (transports, service de l’eau, énergie, couverture de santé et j’en oublie) de façon à protéger la population des revirements de situations des spéculateurs. Problème : nous avons à la tête du pays un homme qui se veut le président du pouvoir d’achat ... de ses amis industriels, et qui, petit à petit, fait tout pour qu’il s’améliore.

                Franck


                • ronchonaire 15 juillet 2008 15:32

                  Franck084,

                  Je ne nie pas qu’un nombre incommensurable d’inepties soient dites ou faites au nom du libéralisme ; en ce sens, la mise en pratique du libéralisme n’est d’ailleurs pas très éloignée de celle du communisme. C’est le problème lorsque un idéal, quel qu’il soit, se mue en dogme absolu. Et je persiste à penser que le problème vient de l’association beaucoup trop systématique (y compris dans la tête de nos dirigeants) du libéralisme et du capitalisme, alors que ces deux concepts n’ont rien à voir.

                  De fait, les politiques menées sous couvert de libéralisme n’ont en fait rien de libérales, ce sont des politiques visant à favoriser l’accumulation de capital. Votre exemple de la téléphonie mobile est très bon : remplacer un monopole public (donc encadré et réglementé) par un cartel privé, ce n’est pas ce qu’on peut appeler une politique libérale ; nous en sommes même très loin. En revanche, c’est le rêve de tout capitaliste que d’être sur un marché organisé de la sorte. Idem pour le marché du crédit, comme le rappelle Forest dans ses différents articles.


                • Forest Ent Forest Ent 16 juillet 2008 02:11

                  A propos des cartels et oligopoles, voir là :

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=14840


                • foufouille foufouille 15 juillet 2008 13:44

                  la solution serait la fin du film fight club : les immeubles des serveurs dynamite.......


                  • Cascabel Cascabel 16 juillet 2008 02:16

                    Ca me rappelle vaguement le 11 septembre votre histoire de tours.


                  • herve33 15 juillet 2008 14:15

                    Bravo pour cet article , cela peut paraitre compliqué mais si on voulait résumer c’est :

                    "les banquiers ont fait les cons en prenant des risques démesurés , maintenant c’est au contribuable américain et nous dans une moindre mesure qui allons trinquer "


                    Conséquence prochaine de tout cela : chute du dollar , effondrement de l’immobilier même en France qui se croit toujours épargné , panique dans les fonds de pension , difficulté les entreprises et les particuliers d’ obtenir des crédits , d’où baisse de l’activité , chomage etc ...

                    Quant au pétrole et aux matières premières , une très forte hausse est probable dans un premier temps , mais la récession provoquera sans doute une baisse importante ensuite .





                    • Forest Ent Forest Ent 15 juillet 2008 14:49

                      c’est le contribuable américain et nous dans une moindre mesure qui allons trinquer

                      Oui. Américain, anglais, espagnol, irlandais, australien, etc ... directement et nous aussi indirectement.

                      chute du dollar

                      Inévitablement.

                      effondrement de l’immobilier même en France

                      Oui, mais il ne sera pas de même nature qu’aux US. Il ne sera pas créé par surendettement mais par effet général de déflation des actifs.

                      panique dans les fonds de pension

                      C’est déjà le cas. Je ne vois pas trop comment les retraites US seront financées.

                      difficulté les entreprises et les particuliers d’ obtenir des crédits


                      Oui. C’est déjà le cas.

                      baisse de l’activité , chomage etc ...

                      Oui. Inévitablement.

                      la récession provoquera sans doute une baisse importante ensuite .


                      Oui. Il y aura des cycles hausse de prix - baisse de la demande - baisse de prix - spéculation jusqu’à stabilisation.


                      • Internaute Internaute 15 juillet 2008 14:57

                        Merci pour l’explication de ces noms de bandes dessinées "Fanny Mae" et "Freddy Mac".

                        Je ne vous suis pas du tout sur la critique de l’ultralibéralisme. En l’occurence ce sont les interventions socialistes de l’Etat qui ont créé des distorsions sur le marché immobilier. Sans les FM et en laissant les banques prendre leurs risques on n’en serait pas là.

                        Les serviteurs de l’Etat, en favorisant l’endettement, ont mis les USA dans une situation de faillite dont is ne peuvent plus sortir. La seule solution est de comptabiliser les pertes tout de suite en laissant couler les banques. Ils font le choix, politiquement beaucoup plus facile, de créer de la monnaie. La conséquence inéluctable est une chute du dollar et une inflation qui mettra de toute manière les ménages en trés grande difficulté. Les pays étrangers vont refuser de financer la faillite américaine. Il n’y a aucune raison pour que les chinois s’entassent à 5 dans une pièce afin de permettre aux américains de vivre dans de grandes maisons achetées 4 fois leurs prix.


                        • Forest Ent Forest Ent 15 juillet 2008 15:09

                          ce sont les interventions socialistes de l’Etat qui ont créé des distorsions sur le marché immobilier

                          Quelles interventions ? Les GSE étaient privées et libres de tout contrôle...


                        • ASINUS 15 juillet 2008 15:21

                          yep

                          il faut immediatement que les etats cessent leurs interventions" socialistes "qui renflouent
                          les banques privées l ideal serait que les gangsters liberaux qui se sont goinfrés passent par la fenetres
                          de leurs immeubles comme en 1929 ou soit livrés vif au retraités americains qui vont finir
                          homeless , deja quand ils s en mettent plein les poches ils sont a vomir mais la z ont foutus le bordel
                          ce noient et ont le culot d envoyer le sauveteur au tribunal
                           comme dis le dicton
                          .je ne sais s il fallait beaucoup chercher autrefois
                          quand on voulait cracher a la gueule d un gars qu on meprisait
                          aujourd hui on as que l embarras du choix


                        • Philou017 Philou017 15 juillet 2008 22:32

                          Internaute :"Les serviteurs de l’Etat, en favorisant l’endettement, ont mis les USA dans une situation de faillite dont is ne peuvent plus sortir."
                          Sauf que l’etat et les hommes politiques sont les premiers servireurs de la finance, aux USA comme ici. Les politiques sont le bras agissant de la finance. Sarkosy en est un excellent et évident exemple. L’ignorer, c’est manifester une profonde méconnaissance du monde tel qu’il fonctionne.
                          Le libéralisme a été et reste une formidable machine à enrichir les élites financieres au dépens des autres, tout le montre. Les arguments des défenseurs de ce systeme font rire ou pleurer, au choix. Il n’y a de pire sourd que celui....


                        • TG 15 juillet 2008 14:59

                          Une analyse pertinente qui situe bien les ordres de grandeur.

                          L’exemple de 1929 laisse penser qu’il serait difficile d’arrêter une crise de cette ampleur. Ben Bernanke, qui est un universitaire spécialiste de cette crise, partage sans doute le même sentiment. Il va sans doute falloir qu’une bonne partie de l’économie mondiale, et en particulier le système financier qui a accumulé un personnel surnuméraire et consenti des rémunérations aberrantes, soit à plat pour qu’on puisse commencer autre chose, c’est à dire des grands investissements public haussmanniens.

                          D’ici là, on peut nourrir la crainte que les Etats-Unis, aveuglés par leur idéologie ultra-libérale, essaie de sauver le système en provoquant, directement ou non, un conflit pour alimenter une relance par les dépenses militaires. La date vraisemblable serait septembre, pour peser sur le résultat des élections américaines. D’ici là, remplissez vos cuves de mazout..


                          • Forest Ent Forest Ent 15 juillet 2008 15:12

                            Si l’on prend 1880 et 1929 comme référence, on voit que les grandes guerres ont lieu longtemps après les crises économiques. Mais elles sont précédées d’une montée des tensions, hostilités, xénophobies, aventures coloniales, ...


                          • Emmanuel W 15 juillet 2008 15:02

                            Merci pour cet article hautement explicatif, comme d’hab de votre part.

                            "Il est amusant de voir qu’un outil au départ interventionniste est devenu avec le temps un moyen pour le privé de tenter de piller la richesse publique."

                            C’est une constante depuis le putch économique organisé par les chicago boys sur le FMI, la banque mondiale...et le monde.


                              • Tristan Valmour 15 juillet 2008 15:58

                                Salut vieille branche.

                                Encore un bel article de ta part, clair et instructif. Pourquoi n’es-tu pas ministre de l’Economie ? Je sais : trop intègre !

                                Pour ma part, je crois qu’ il faudrait mettre sous les verrous tous ceux qui ont une responsabilité dans ce chaos, après avoir saisi leurs biens. Parce que les responsabilités sont davantage celles de personnes que celles d’un système. Tout système économique (communiste, socialiste, capitaliste, libéral…) connaît ses déviances, qui sont représentées par des personnes physiques. Donc, au trou les voleurs ! J’en ai assez de payer pour des flambeurs incapables qui se pavanent quand tout va bien et n’assument pas leurs responsabilités quand ça va mal.

                                A quand les générations de dirigeants qui oeuvreront pour l’intérêt général ? A quand un nouveau de Gaulle ?


                                • Jimd Jimd 15 juillet 2008 16:34

                                  <<Pour ma part, je crois qu’ il faudrait mettre sous les verrous tous ceux qui ont une responsabilité dans ce chaos, après avoir saisi leurs biens. Parce que les responsabilités sont davantage celles de personnes que celles d’un système. Tout système économique (communiste, socialiste, capitaliste, libéral…) connaît ses déviances, qui sont représentées par des personnes physiques.>>

                                  non, ce ne sont pas forcement des personnes qui sont en causes.
                                  il n’y a pas de centralisation, il n’y a pas intention globale de nuire et de detourner.
                                  il y a un appat du gain au niveau des credits immobiliers adosses aux valeurs des biens et il y a repartion du risque dans le systeme par titrisation.


                                • Philou017 Philou017 15 juillet 2008 22:36

                                  Jimd : " non, ce ne sont pas forcement des personnes qui sont en causes.
                                  il n’y a pas de centralisation, il n’y a pas intention globale de nuire et de detourner."

                                  Petit naïf.


                                • Jimd Jimd 16 juillet 2008 09:11

                                  niaf peut etre... mais pas petit ! smiley

                                  pourquoi donc alors ?


                                • Jimd Jimd 15 juillet 2008 16:26

                                  Merci pour l’article.

                                  je partage votre point de vue sur la limite du systeme qui ne peut se purger sans une intervention, une nationalisation des pertes.
                                  je reste un peu dubitatif ou indecis sur le role et la

                                  le probleme vient de deux points :

                                  - un laxisme dans l’atrtibution de credit immobilier

                                  - une innovation financiere mal maitrisee. la titrisation.
                                  la combinaison des deux amene la crise actuelle.

                                  La regulation pour moi devrait impacter le premier point.
                                  par contre je ne pense pas que la titrisation soit en elle meme mauvaise. c’est un instrument qui sera probablement utilise dans le futur, et avec plus de retenue.

                                  je sais que beaucoup ici vouent aux enfers tout produit derive ou meme la finance elle meme.... bon ca reduit le champ du debat.
                                  je vais de ce pas vendre des dollars... a terme bien sur smiley !!


                                  • Forest Ent Forest Ent 15 juillet 2008 17:15

                                    Les produits dérivés sont bien un problème. On n’arrive déjà pas à faire respecter les ratios prudentiels sur les produits classiques. On n’a pas encore inventé de ratios prudentiels sur les dérivés. Or ils représentent déjà au moins 100 fois les premiers. On n’a encore tout vu dans cette crise. La "crise du sac de noeuds" est encore devant nous.

                                    Et pour vous dire honnêtement le fond de ma pensée, je pense que les financiers sont un problème. Ca fait 15 ans que je les vois propulser à la tête de nos entreprises, avec la seule compétence d’actualiser un flux, avec leurs rituels en costumes trois-pièces, avec comme seule source de pouvoirs la planche à billets du contribuable. La situation est fort grave, mais si j’en vois passer un paquet par les fenêtres de Wall Sreet, je hurlerai de rire.


                                  • Jimd Jimd 15 juillet 2008 18:51

                                     ..oui bon tous ne sont pas en costumes trois pieces attention a la caricature ... mais certains se la joue et particulierement a un haut niveau et attendent des rendements qui ne sont plus d’actualite.

                                    pour ce qui est des produits derives, la comptabilite peut etre une porte de sortie. pendant longtemps ces produits et les encours etaient dissimules tout a fait legalement.
                                    depuis plusieurs annees les normes comptables n’ont de cesse d’essayer de forcer a delclarer les positions derivees dans les bilans afin d’avoir une vision plus claire. c’est un tavail enorme et bien sur les cabinets comptables y trouvent un gagne pain aise, mais c’est un pas dans la bonne direction.



                                  • Jimd Jimd 15 juillet 2008 19:26

                                     une note sur les produits derive et les ratios prudentiels.

                                    Soit ils sont utilises pour couvrir un risque, comme couverture. dans ce cas je ne comprend pas le probleme que vous puissiez avoir. le risque sous jacent est couvert par le risque du derive.
                                    c’est une utilisation tres courante.

                                    soit ils sont utilises comme instrument de speculation pour tirer profit de l’effet de levier.
                                    la...oui c’est un peu plus complique... on a vu la societe generale, LTCM, bearings...

                                    la transparence a longtemps ete a peu pres nulle. les choses changent...doucement mais elles changent comme les nouvelles loies sur la comptabilite des credit default swap (CDS) qui se developpent enormement. c’est encore imparfait.. mais c’est un pas vers plus de transparence.

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