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Accueil du site > Actualités > Economie > Après l’adoption de la réforme, faut-il supprimer la retraite (...)

Après l’adoption de la réforme, faut-il supprimer la retraite ?

Oui ! A en croire Jean Louis Bourlanges, ex député européen, en fin de carrière à Sciences Po et à la Cour des Comptes. Après un séjour à l’Ena, ce citoyen distingué, n’écoutant que son propre intérêt, exprime des notions très personnelles d’économie et de politique. Elles lui valent d’être défini par ses anciens amis, comme l’homme au blouson réversible tant, selon eux, il serait opportuniste. L’opinion de ce gentleman, agrégé de lettres modernes, ignore les conclusions de la Cour des Comptes dont il est conseiller et la réforme des retraites qui, pour lui, est une création socialiste et donc ruineuse par principe. J’ignorais que Bismarck et Guillaume II quand ils fondèrent en 1889 la sécurité sociale et la retraite pour les travailleurs âgés de 70 ans étaient socialistes. Sans doute Marx et Engels étaient-ils nationalistes sans le savoir. Avec l’âge, les trous de mémoire sont bien excusables chez les vieillards. Alors qu’importe sa conviction, la retraite existe et Bourlanges, qui en bénéficie déjà et porte à merveille ses 64 ans, doit faire avec, quelle punition ! Punition d’autant plus grande que, cumulant les activités, depuis le 16 juillet 2008, il est Conseiller Maître à la Cour des Comptes et participe au délibéré du rapport 2010 de la Sécurité Sociale après avoir participé à celui de l’approbation des comptes 2009 de l’Etat. 
 
Son employeur la Cour des Comptes le démontre clairement : la réforme des retraites est une pure escroquerie. Le déficit de l’ensemble des régimes obligatoires est le résultat de la politique imaginée par les socialistes puis reprise et développée par les gouvernements successifs, n’importe leur couleur politique, depuis moins de 20 ans. Cette action est poursuivie à l’excès par des gouvernements sans conscience aidés par des parlementaires irresponsables depuis 2005. Sous prétexte de sauvegarder et développer l’emploi, cette politique stérile d’assistanat est une catastrophe pour le budget de l’Etat et pour les organismes sociaux.
 
En 2010, trois chiffres caractérisent les finances publiques :
- 172 milliards € de dispositifs dérogatoires fiscaux et sociaux applicables aux entreprises ;
- un déficit record prévu de 152 milliards. Il atteint 8% du PIB et constitue 9,5 % de la dette globale ;
67 milliards de perte de recettes pour la sécurité sociale causée par les 64 dispositifs d’exonérations mis en place.
 Ces informations sont respectivement issues de la synthèse du rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires, de l’ensemble des lois de finances adoptées au Parlement pour le budget 2010, enfin du rapport 2010 de la Cour des Comptes sur ceux de la Sécurité Sociale.
 
Cette dilapidation des finances publiques n’a pour seul effet que de ruiner l’Etat et la Sécurité Sociale au profit des secteurs économiques qui en bénéficient. Le Conseil des Prélèvements Obligatoires, une branche de la Cour des Comptes, constate l’échec sur le marché de l’emploi de ces dérogations et exonérations tous azimuts au bénéfice des entreprises. Son expertise le montre, la plupart des dispositifs appliqués ne sont d’aucune efficacité sur l’emploi et certains se révèlent totalement inutiles, le résultat de cette multiplication d’artifices est globalement négatif. Ainsi depuis janvier 2008, selon Eurostat (l’Insee de l’EU), le marché de l’emploi français a enregistré 500.000 chômeurs de catégorie 1 supplémentaires, malgré les centaines de milliards distribués.
 
A ce sujet, la Cour des Comptes, relève en 2008, que pour soutenir et créer 800.000 emplois dont les salaires ne devaient excéder 1,6 le smic et donc situés entre 15.360 et 24.576€ bruts annuels, le coût total de la mesure fut de 22,6 milliards soit 28.250 € annuels par emploi sauvegardé et non créés puisque le Pôle emploi enregistre une hausse de 35% des demandeurs, de janvier 2008 à juillet 2010. Cette mesure qui frise l’absurde, semble ridiculement bon marché comparée aux mesures ciblées appliquées sur certains secteurs. 
 
Jugez plutôt ! La baisse de la TVA à 5,5% dans ceux de la restauration, de la fourniture de logement pour l’hôtellerie et le camping, ainsi que pour l’amélioration et l’entretien des logements, a couté 10 milliards de recettes à l’Etat, triste bilan en vérité ! Le coût brut de chaque emploi sauvegardé est compris entre 80.000 et 135.000 € annuels selon les secteurs concernés que leur nature préserve pourtant de toute délocalisation.
 
Avec une enveloppe de 6,5 milliards €, la palme du coût par emploi préservé revient au secteur des services à domicile où la prétendue sauvegarde de l’équivalent de 36.000 emplois travaillés à plein temps atteint 180.000 € euros annuels. Cette activité est pourtant par essence uniquement locale et ne risque pas de fuir à l’étranger.
 
Pour faire bonne mesure, celle des exonérations à l’embauche des travailleurs occasionnels dans le secteur agricole, prévue pour 500 millions en 2010, ne profite qu’a des salaires supérieurs à 1,6 smic et atteignant 2,5 fois celui-ci. Elle ne crée aucun emploi mais, se cumulant avec d’autres dispositions, permet aux rémunérations des exonérations représentant plus de 45% du salaire brut, en somme une autre manière de pratiquer, par la bande, un bouclier fiscal. Tout bénef pour qui ?
 
 Enfin, pour abréger l’énumération de cette gabegie, la Cour des Comptes observe : « Enfin et surtout, de nombreux dispositifs ne sont toujours pas chiffrés. C’est en particulier le cas pour les cotisations des fonctionnaires, dont l’incidence est estimée par la Cour, en 2007 comme en 2009, à plus de 6 Milliards. » précisant : « L’extension aux cotisations maladie et famille des dispositions qui limitent la cotisation vieillesse au seul traitement indiciaire doit être considéré comme un écart à la norme. Les taux restent également minorés par rapport au régime général. ». L’Etat employeur, lui-même, s’accorde des dérogations pesant sur l’ensemble des régimes obligatoires de retraite.
 
Pourtant, il faut le reconnaître de 2007 à 2010 la réduction des niches sociales sur certains secteurs a permis de récupérer 3 Milliards de recettes supplémentaires. Hélas ces suppressions ont été remplacées par la création de nouvelles mesures plus coûteuses. Ces nouveautés génèrent plus de 4 milliards de perte supplémentaire et aggravent le manque de 1 milliard sur ces secteurs. Elles accroissent ainsi de 33 % le manque à percevoir, sur ces secteurs, pour la Sécurité Sociale. 
 
C’est dire le gâchis et l’irresponsabilité des promoteurs d’une telle politique d’aides à l’emploi. Elle ne profite pas au marché du travail mais à l’employeur, elle est cependant financée par l’ensemble des contribuables et des assurés sociaux. Nous baignons dans l’absurde et l’escroquerie quand le Gouvernement tire pour conséquence de cette situation, dans laquelle il plonge lui-même le pays, une inexorable réforme des retraites et de l’assurance maladie. A croire que ceux qui proposent de telles dépenses et les députés qui les votent sans broncher, achètent une clientèle électorale avec les finances publiques. C’est le scandale de la mairie de Paris multiplié par 10, à l’échelle de la nation chaque année. 
 
Pire ! En 2010, 38,4 % de l’ensemble de ces mesures engagées pour un montant planifié de 172 milliards, soit 67 milliards, constituent une perte de recettes pour la Sécurité Sociale. La conséquence est estimée dans le rapport de la Cour des Comptes à une perte d’au moins 22,5% des recettes de la Sécurité Sociale en 2010.
 
Ces 67 milliards de manque de recettes montrent que l’argent qui serait destiné aux cotisations sociales finance pour 2/5ème une politique dont l’effet est l’augmentation du chômage, facteur qui participe, lui aussi, à l’augmentation de perte de recettes. L’effet boule de neige comme dit Madame Lagarde ! C’est dire que la poursuite des dispositifs dérogatoires inconsidérés ruine les finances de l’état et étouffe la sécurité sociale mais que chacun, au Gouvernement et au Parlement, s’en moque.
 
Cette politique a toutefois un effet positif sur le financement des délocalisations et sur le transfert de l’argent de la sécurité sociale aux actionnaires des entreprises. Sans parler que, en accroissant vertigineusement la dette, les intérêts que génèrent les emprunts profitent plus aux banques qu’aux détenteurs de livrets d’épargne dont le taux a baissé et aux détenteurs d’obligations ou de bons du Trésor qui financent, pour partie, le déficit public. L’affaire est tout de même juteuse pour certains.
 
Non content de disposer de l’argent des contribuables et des assurés sociaux en dilapidant les finances de l’état et de la Sécurité Sociale, à entendre les discours des acteurs de cette manipulation des fonds publics : les Français sont des profiteurs paresseux qui ne travaillent pas suffisamment. Ils méritent donc qu’on allonge la durée de cotisations et l’âge du départ à la retraite à taux plein puisque les Allemands l’ont fait ! N’est-ce pas Conseiller Bourlanges ?
Mais tous ceux qui ont dépassé la cinquantaine ont bien du mal à trouver un emploi qui n’existe plus. Bourlanges s’en fout, il cumule sa retraite de député européen à ses émoluments de prof et de Conseiller jobs obtenus, comme celui de Jean Sarkozy, pour ses grands mérites économiques et politiques.
 
Arguments imparables ! Pensez-donc mon bon Monsieur électeur, la pyramide des âges et l’espérance de vie contraignent moins de cotisants à payer toujours plus de jeunes retraités paresseux. Cela ne saurait durer l’éternité. Nous, responsables politiques, devons préserver l’intérêt de nos concitoyens à l’horizon 2050. Tu parles !
Voici un discours dont la logique apparente ne tient ni compte de la situation réelle de l’Assurance Vieillesse, ni des conditions du marché de l’emploi et surtout pas des prévisions de croissance ni de la réalité démographique en France. 
 
En France, la pyramide des âges présentée par l’Insee est d’une grande homogénéité. Elle ressemble plutôt à celle de Djoser. Pour les hommes comme pour les femmes la moyenne oscille à environ 400.000 naissances pour chaque sexe entre 1949 et 2009 avec un pic moyen de 440.000 hommes de 1964 à 1970 et de 450.000 pour les femmes de 1962 à 1972. Cette structure ne présente donc pas un aspect catastrophique tant s’en faut. Ceci n’est pas le cas de l’Allemagne, citée en exemple par nos imaginatifs bourreurs de crâne. La Pyramide des Allemands varie de 600.000 à 300.000 âmes, du simple au double, entre les années 1964 et 2009, tant pour les hommes que pour les femmes. Il n’y a donc pas de comparaison valable sur ce point précis avec nos voisins dont le déséquilibre à l’horizon 50 est, lui, très préoccupant. Les pyramides comparées l’illustrent. 
 
L’allongement de l’espérance de vie constaté ces cinquante dernières années est de 10 ans dans notre pays et non de 15 comme le prétendent certains, dont M.Sarkozy, dans leurs déclarations. A ce sujet, compte tenu de la pyramide d’âges française, il est inexact et prématuré de dramatiser à l’excès le rapport cotisants/retraités et de multiplier virtuellement le nombre des seconds en réduisant celui des premiers. Les statistiques de l’Insee montrent que, chez nous, la progression est quasi constante et de l’ordre de 2 mois par an sur un tel laps de temps. A ce rythme en 2050 l’espérance de vie moyenne aura progressé de 6,5 ans, tandis que le pic des retraités atteindra son apogée. Pour autant, la croissance moyenne prévue étant de 2% annuel, selon les proches de Madame Lagarde et les dires de X. Bertrand, le PIB de la nation sera passé de 1.950 milliards à 4.221 milliards. Cette conjoncture permettra largement, si la fiscalité reste constante de faire face au manque de recettes pour combler le déficit des cotisations pour la vieillesse. Pour autant que le Gouvernement cesse de dilapider les recettes de l’Etat et de la Sécurité sociale à l’aide de mesures dispendieuses, inefficaces et incontrôlées.  
 
Vous le constatez, avec une telle prospective, il est possible comme le fait Monsieur Bourlanges, de faire dire aux chiffres n’importe quoi ou plus exactement ce qui est voulu. Selon les analyses il est ou non possible de payer les retraites par répartition avec ou sans réforme. Il est donc irresponsable de prétendre, l’air grave, prévoir à 40 ou 50 ans l’avenir de nos petits enfants. Le concept est d’autant plus utopique, qu’un Gouvernement, comme le nôtre, rectifie, tous les 3 mois, les lois de finances. Evidence que, à une année près, il ne maîtrise aucune prévision.
 
La technocratie possède dans le domaine des prévisions de nombreux points communs avec le marc de café et la vie éternelle. Ses réalités sont d’autant plus hypothétiques, ici, qu’elles complètent une politique absurde et irresponsable au détriment de l’Etat et de la Sécurité Sociale. Une politique prétendue pour l’emploi qui se révèle sans résultat sur celui-ci. Une action entièrement au bénéfice des classes aisées, de banques dont la compétence de gestion des valeurs est lamentable, et, des entreprises qui ne songent qu’aux dividendes des actionnaires, sans oublier les salaires et parachutes de leurs dirigeants. A titre indicatif, EADS illustre cette affirmation que ne dément pas aujourd’hui l’affaire Molex.
 
Il est donc scandaleux et mensonger, à l’aide d’arguments pseudo-logiques qui, à l’examen, s’avèrent des sophismes, de réformer les retraites et de continuer à dépouiller les finances publiques et sociales au profit d’entreprises privées, assistées, dont les intérêts sont éloignés de la chose publique. Il y a là, malgré le vote parlementaire qui le légitime en dépit des recommandations répétées de la Cour des Comptes, un détournement de fonds publics délibéré qui s’apparente à un abus de biens nationaux voisin de l’escroquerie. Cette démarche est d’autant plus cynique et irresponsable que c’est mettre la charrue avant les bœufs que de détruire systématiquement les emplois qui permettent de financer le système par répartition.
 
Il serait, comme le recommande la Cour des Comptes, plus efficace de réduire la pléiade de dispositifs dérogatoires pour rétablir peu à peu l’équilibre budgétaire de l’Etat et rendre la plénitude des cotisations patronales à la Sécurité Sociale. En éliminant dans un premier temps, la moitié des 66 milliards d’exonérations sociales prévus en 2010, voire des 73 milliards constatés en 2009, la Sécurité Sociale retrouvera enfin la sérénité et les retraites leur financement légitime.
 

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33 réactions à cet article    


  • Eric Kaminski 28 octobre 2010 10:42

    Restons mobilisés sur les retraites, le projet peut encore ne pas être promulgué ; jetez un œil sur ce blog pour une vision plus large du problème et des contre propositions innovantes et réalistes : http://ekaminski.blog.lemonde.fr/


    • emile wolf 28 octobre 2010 10:43

      Bonjour à vous tous,

      Erratum

      Veuillez lire Bismarck et Guillaume II fondèrent la sécurité sociale et la retraite en 1889 et non 1899.

      Merci

      Emile Wolf 


      • emile wolf 28 octobre 2010 10:57

        PS re erratum

        L’auteur, victime d’un coup de fatigue, a relu son texte trop rapidement ou avec la mauvaise paire de lunettes.

        Au 4ème paragraphe veuillez lire en dernière phrase :
        Cette mesure semble ridiculement bon marché comparée...

        Merci et mille excuses


        • Pierre de Vienne Pierre de Vienne 28 octobre 2010 11:27

          Bonjour,

          Merci pour cet article, il me semblait bien aussi que l’inénarrable Bourlanges sous ces faux airs de sage fataliste qui sévit sur nos médias avait le don de mentir avec l’aplomb de nos technocrates en place. La confiscation prend ici sa forme la plus difficile à dénoncer en se parant des vertus de la bonne gestion et de la sagesse face à la « gabegie populaire ».
          Merci d’y répondre de manière aussi détaillée, et convaincante.

          • morice morice 28 octobre 2010 12:02

            faut supprimer du paysage politique les auteurs de la réforme d’abord. 


            • SylvainD 28 octobre 2010 12:33

              Jean Louis Bourlanges serait-il un visionnaire ? Ils sont tristes et lamentables tous ces politiques qui n’en sont plus (ils ne s’occupent plus du peuple depuis longtemps d’ailleurs), ce que l’article démontre bien. 


              • JL JL 28 octobre 2010 12:53

                Voilà un article à lire, faire lire et relire. Merci d’avoir pris le temps d’exposer aussi clairement ce que vous dénoncez comme, je cite « un détournement de fonds publics délibéré qui s’apparente à un abus de biens nationaux voisin de l’escroquerie ».

                Pour ma part, j’appelle ça un crime de haute trahison, puisqu’en définitive, cela aboutit à mettre notre pays à genoux devant la finance internationale.


                • JL JL 28 octobre 2010 12:56

                  « Le capital, dont Marx rappelait qu’il était incapable de résister à l’appel de « ses intérêts les plus bornés et les plus malpropres », s’est donné avec Sarkozy le fondé de pouvoir le plus visible, le plus caricatural et le plus détestable – quand le choix de nos amènes socialistes étaient d’une bien meilleure rationalité stratégique de long terme : ceux-là n’ont-ils pas fait avancer la cause du capital dans une parfaite tranquillité au seul prix d’avoir à trémoler régulièrement « justice sociale » et « égalité » entre deux trains de déréglementation (et ne s’offrent-ils pas d’ailleurs à reprendre du service sur le même mode exactement) ? Mais voilà où mène l’hubris des possédants : à tout vouloir ils risquent aussi de tout perdre. La volonté de puissance déboutonnée par trois décennies leur a donné à croire qu’ils n’avaient plus à admettre de borne à leur désir d’accaparement et que Sarkozy était bien l’homme de cette situation-là. Mais la retraite est peut-être leur « pont trop loin », où se mêlent tout à la fois le refus d’une réforme inique, le rejet d’un pouvoir politique insupportable, mais aussi le dégoût absolu du spectacle de la finance, la contestation frontale sinon du capitalisme lui-même du moins de sa forme présente, et pour finir la défense d’une certaine forme de vie. On pouvait difficilement faire plus magistrale erreur de tir. Tragique erreur dans le choix des mots, dont Gérard Mordillat qui signe la préface d’une réédition du Capital [16]) donne a contrario l’exacte formule : « La France n’a pas besoin de réformes, elle a besoin d’une révolution ». (Frédéric Lordon, Le point de fusion des retraites, 23/10/10)


                • Tristan Valmour 28 octobre 2010 13:02

                  Bien sûr qu’il faut supprimer les retraites et toutes les cotisations sociales. Dans le cas contraire, il est impossible de concurrencer les Birmans qui travaillent pour rien. La France ira droit dans le mur si elle continue à ponctionner les entreprises de la sorte. La compétitivité prime, c’est une vérité absolue qui ne souffre aucune contestation. Toute autre pensée résulte d’un conformisme abscons. Bon sang, vous êtes nés pour travailler dans la pauvreté et mourir de la même manière… assez jeunes si possible. Ce sont vos parents qui ont fait tout le boulot ; maintenant, on peut automatiser les tâches. Vous serez de plus en plus inutiles, juste des bouches à nourrir.

                  Nous sommes trop nombreux sur Terre, vous êtes à peine nécessaires. Déjà qu’on vous tolère, ça n’est pas si mal. Le grand projet du gouvernement n’est-il pas d’éradiquer la pauvreté ? Quoi de mieux, pour y parvenir, que d’éradiquer les pauvres ? Sans cotisation ni prestation, vous allez disparaître plus vite, vous replier aux confins de l’hexagone. 

                  De toutes les façons, la vie est faite pour les riches, les vrais, pas les petits millionnaires que l’on dépouillera plus tard comme les autres. Pour le moment, on les laisse s’amuser, mais le temps viendra où on s’appropriera leurs biens par des taxes et impôts dont ils ne pourront échapper. On compte sur la loi pour cela ; plus il y a de lois, plus on vous contrôle. Et puis, on les rédige dans une langue que vous ne comprenez pas. Nous les riches, nous vivons entre nous, dans des quartiers isolés et nous nous approprions les voies publiques d’où vous êtes exclus. Inutile de venir dans certaines rues à Neuilly, on ne vous acceptera pas. La police demandera vos papiers et vous invitera poliment à quitter ce territoire de la République qui appartient à notre bande. Idem pour cette petite île au large de la Corse où pullulent nos villas. Des gardiens patrouillent et vous empêchent d’accoster sur le littoral. D’après la loi vous y avez le droit, mais la véritable loi, c’est nous ! Cela fait 20 ans que deux femmes corses se battent pour changer cela et elles ont beau être passés à Ushuaïa il y a quelques années, rien n’a changé. Haha. Quant aux autonomistes corses, hihi, ils ne s’attaquent qu’aux villas des continentaux cadres sup ou petits chefs d’entreprises. Pas fous les mecs. La vraie maffia, ils connaissent.

                  Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que tout nous appartient parce que nous sommes meilleurs que vous. Et d’ailleurs, on vous montre l’exemple. Vous parlez de solidarité ? Laissez-nous rire. Vous vous battez pour des miettes. Au contraire, nous sommes solidaires…entre nous. Nous donnons tel travail au fils d’untel, tel conseil à la fille de l’autre, etc. Nous fonctionnons en réseau. Et vous êtes seuls. On vous balance des trucs pour vous amuser, comme le racisme, l’islam, les fainéants, etc. De nombreux petits os à ronger sur lesquels vous vous jetez comme des morts de faim. Et c’est alors que vous allez traiter votre voisin de connard parce qu’il ne regarde pas la même chaîne que vous. Et pendant ce temps, on s’occupe de l’essentiel. C’est pour ça qu’on est les meilleurs.

                  Donc, pour en revenir à notre affaire, les retraites n’est que le début d’un plan plus vaste. Parce que vous ne pensez quand même pas que cette réforme va changer fondamentalement l’avenir économique de notre pays, hein ? Si ? Mais alors, c’est pire que ce que nous pensions. Eh Nico, tu peux continuer, ils sont prêts les gars.

                  Ceci était un message des hyperfortunes.


                  • HEJIRA HEJIRA 28 octobre 2010 13:20

                    Rien à redire !

                    Même boycotter leurs produits ne servirait à rien parce qu’ils sont LE système.
                    Une guerre civile ? inutile ! car il reviendraient sous d’autres formes pour nous refaire la même chose !


                  • leypanou 28 octobre 2010 14:54

                    "On vous balance des trucs pour vous amuser, comme le racisme, l’islam, les fainéants, etc. De nombreux petits os à ronger sur lesquels vous vous jetez comme des morts de faim. Et c’est alors que vous allez traiter votre voisin de connard parce qu’il ne regarde pas la même chaîne que vous" : bien vu. Mais avec TF1 et compagnie, on va avoir du mal mais il faut s’accrocher. Déjà, sur ce site, régulièrement, des auteurs publient justement sur ces pseudo-problèmes, surtout l’islam et tout ce qui tourne autour -minaret, niquab, voile et autres débilités-.


                  • perlseb 28 octobre 2010 22:23

                    Tu as totalement raison, hyperfortuné Tristan. Diviser pour régner, imposer la dictature de la mafia des friqués en faisant croire aux misérables qu’ils sont en démocratie par un vote parfaitement inutile, ou qu’ils pourront un jour faire partie de la mafia des hyperfriqués en travaillant beaucoup (alors que les hyperfortunés font tout pour augmenter leurs privilèges et la transmission héréditaire, comme au bon vieux temps des rois et des seigneurs...).

                    Mais, être hyperfortuné n’est pas être un dominant, c’est juste être un pauvre d’esprit qui a réussi. Et le problème est vraiment là : les pauvres paraissent respectueux uniquement parce qu’ils sont pauvres. Mais aucun pauvre ne rejetterait l’idée de faire partie de la caste des hyperfortunés, puis de défendre avec encore plus de ferveur sa nouvelle caste.

                    J’ai la chance de ne pas courir après l’argent et d’avoir des centres d’intérêts réels qui n’ont aucun rapport avec l’argent. Aussi, j’ai autant pitié pour les hyperfortunés, profondément malades et à côté de la plaque, que pour les pauvres qui courent après l’hyperfortune.

                    L’égalité, une abberration pas motivante ? Alors, vive les misèrables et les hyperfortunés, ça c’est vraiment motivant, excitant. Un vrai bon projet de société qui marche depuis fort longtemps et qui marchera tant que l’homme restera au niveau de l’animal, non civilisé, voulant se nourrir des difficultés de son prochain et l’enfoncer encore plus pour s’en nourrir encore plus facilement.

                    Dans un monde de prostitution et de larbinisme généralisés, les hyperfortunés ont de beaux jours devant eux puisqu’ils sont partout, au moins en volonté.


                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 29 octobre 2010 01:01

                    Après les retraites et la sécurité sociale (en cours), les congés payés. Vous croyez qu’ils ne savent pas où ils vont ?


                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 29 octobre 2010 01:03

                    Les cerveaux disponibles ont oublié la lutte des classes. Pas les néolibéraux, pas la droite activiste, pas Sarkozy.


                  • Denidid Denidid 28 octobre 2010 13:58

                    Il reste l’humour, toujours utile pour surmonter les situations où il faudrait pleurer. Je pense à Swift qui proposait de manger les pauvres pour résoudre le problème de la pauvreté.


                    Sinon, bravo pour cet article ! La comparaison des deux pyramides est d’une grande pertinence. Tout cela est rigoureusement documenté et ne peut être que convaincant. Cela nous change des billets de bile et d’humeur, truffés d’à-priori et d’à-peu-près, qui réflètent plus la suffisance de leurs auteurs que la nécessaire humilité pour décortiquer les chiffres et les faits.
                     
                    Accessoirement, je m’interroge sur les projections démographiques de l’INSEE « opportunément » publiées il y a deux jours.« En 2060, 1/3 de la population devrait avoir plus de 60 ans et on pourrait compter
                    200 000 centenaires » Sauve-qui-peut ! La réforme des retraites n’est pas assez sévère !
                    On peut aussi imaginer ce qu’aurait dit un démographe qui aurait tenu le même raisonnement (prolonger les courbes des années antérieures sur 50 ans) en 1910, en 1930 ou en 1950. A chaque fois, il se serait lourdement trompé.


                    • Gérard Luçon Gerard Lucon 28 octobre 2010 15:13

                      mon épouse a trouvé la solution, vu que je suis dans la charette des condamnés au sursis éternel, son commentaire : « pourquoi tu ne sotises pas directement aux pompes funèbres ? »


                      • Gérard Luçon Gerard Lucon 28 octobre 2010 15:21

                        sorry ; « pourquoi tu ne cotises pas » ..... ça m’apprendra à relire mes textes


                        • Voltaire Voltaire 28 octobre 2010 15:49

                          On eut aimé un lien vers les déclarations et prises de positions de JL Bourlanges, pour avoir une vision objective du sujet, cet article semblant quand même un peu carricatural, même si bien sûr le problème des niches fiscales et des détournements de financements sociaux est bien réel.


                          • iris 28 octobre 2010 16:24

                            boycott des émissions débats télévisés avec politques et journalistes orientés -changez de poste -zapper-écoutez des cd-lisez-embrassez vous-
                            organisons des journées sans achat -des retrouvailles sur les places des communes -veillées dans les cafés avec theme musicales et jeux de sociétés et échanges de cd de livres échanges de services etcc avec points de rencontre non à la nouvelel loi sur les retraites-


                            • Pyrathome pyralene 28 octobre 2010 16:44

                              Un grand ménage s’impose au vu de tous ces porcs qui viennent donner des leçons......


                              • jefunet 28 octobre 2010 17:23

                                Merci à tous. 

                                Pour ma part, j’ai du mal avec « l’espérance de vie ». Je regarde les courbes et je déduis que mon « espé. » à ma naissance est d’environ 62 ans et qu’il m’en reste donc à peu près 4, toute hérédité mise à part. Ais-je mal compris ? Eclairez-moi s’il vous plaît.  smiley

                                • Denidid Denidid 28 octobre 2010 19:30

                                  L’espérance de vie « à la naissance » pour une année donnée, ce n’est rien d’autre que la moyenne des âges des décès cette année là. Considérant qu’il y a en France un peu plus de 500 000 décès par an, il suffit de diviser le total des âges des décès par ce chiffre.

                                  Il est évident que plus la mortalité est forte chez les enfants (ex en Afrique), plus l’espérance de vie est faible.
                                  C’est donc une moyenne qui donne une idée du niveau sanitaire d’une population. Bien que ce soit plus compliqué : la structure par âge (pyramide) a aussi son importance.
                                  Si vous avez atteint 58 ans, votre espérance de vie n’est pas celle calculée pour l’année de votre naissance, mais elle se calcule à partir des quotients de mortalité par âge, c’est-à-dire des probabilité de décéder dans l’année pour des personnes qui atteignent un âge donné. Là, çà devient un peu coton pour un nul en maths comme moi. Je vous donne le lien d’un brillant statisticien qui explique les choses clairement. J’ai retenu que l’’espérance de vie à 60 ans était de 22,2 ans pour les hommes et de 27 ans pour les femmes.
                                  le lien explique essentiellement le gain annuel d’espérance de vie, en ce qui vous concerne vous regardez votre âge sur le graphique aux courbes rouge et bleue (et vous multipliez par votre âge)
                                  Désolé, mais j’ai pas trouvé mieux



                                • epapel epapel 28 octobre 2010 20:11

                                  « L’espérance de vie »à la naissance" pour une année donnée, ce n’est rien d’autre que la moyenne des âges des décès cette année là. Considérant qu’il y a en France un peu plus de 500 000 décès par an, il suffit de diviser le total des âges des décès par ce chiffre."

                                  C’est inexact, en fait c’est la moyenne des âges des décès pour une population normalisée.


                                • jefunet 28 octobre 2010 20:20

                                  ce qui veut dire, en un français que je peux comprendre ?


                                • epapel epapel 28 octobre 2010 20:30

                                  Sinon allez sur ce lien : http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/mortalite_causes_deces/esperance_ vie/

                                  Puis téléchargez le tableau détaillé espérance de vie sous format excel.

                                  Pour connaître l’espérance de vie qui vous reste : positionnez-vous sur la ligne correspondant à votre âge et la colonne correspondant à votre sexe puis lisez directement le temps théorique moyen qui vous reste à vivre.

                                  Si avez 60 ans et que :
                                  - vous êtes en bonne santé
                                  - vous ne fumez pas et vous n’êtes pas alcoolique
                                  - vous n’êtes pas obèse ni diabétique
                                  - vous n’avez pas de cholestérol
                                  - vous n’avez pas d’antécédent familiaux
                                  - vous n’avez pas été exposé à un risque professionnel
                                  - vous faites de l’exercice
                                  Alors vous pouvez vous ajouter 10 ans de plus minimum.


                                • jefunet 28 octobre 2010 20:37

                                  merci du tuyau,

                                  d’après le graph, je suis à 64. On est loin des octantes. Juste pour demander : au final, tout ce binz, c’est pour les retraites à qui ?

                                • Denidid Denidid 28 octobre 2010 21:11

                                   « normalisé » ça veut dire qui tient compte de la structure par âge, je suppose

                                  et merci pour cette mise au point

                                • epapel epapel 28 octobre 2010 22:16

                                  Oui, c’est tout à fait ça.


                                • Denidid Denidid 28 octobre 2010 23:44

                                  Va falloir améliorer votre hygiène de vie !

                                  Les cotisations des actifs, c’est pour les survivants. Je suppose que vous avez déjà enterré quelques camarades de votre classe d’âge ; ceux qui meurent peu avant ou peu après l’âge de la retraite permettent d’équilibrer les comptes. 
                                  Ce sont les courtisans de Sarkozy qui veulent nous faire croire qu’on va tous finir centenaires.
                                  Bon, j’espère ne pas vous saper le moral.

                                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 29 octobre 2010 00:51

                                    Je suis d’accord avec l’auteur, mais le problème c’est que l’UMP, les deux Chambres, Sarkozy et ses journalistes influents - ceux de TF1, France 2, etc - sont d’un avis contraire. Si seulement nous vivions en démocratie...


                                    • oj 29 octobre 2010 02:21

                                      si vraiment vous avez raison et si vous etes en majorité a avoir raison alors je ne vois pas de probleme :

                                      - la seule richesse réelle est le travail et le savoir-faire fourni chaque jour par la grande partie des citoyens.

                                      - demain matin, vous pouvez faire sauter les banques, il suffit de redefinir un systeme d’echange comptable pour que l’agriculteur continue de fournir du blé, et le boulanger de faire du pain.

                                      - les 60 milliards de M. Buffet peuvent s’effacer d’un coup d’electro-aimant sur les disques durs d’un systeme informatique bancaire.. et tout le reste d’ailleurs.

                                      - quand la majorité des citoyens aura compris que la virtualisation financiere sert actuellement à depouiller les seuls detenteurs de la vraie richesse peut-etre un matin decideront-ils de se rapproprier leurs biens, leurs infrastructures, leurs outils de travail et le profit de leur travail c’est à dire leur NATION.


                                      • xray 29 octobre 2010 14:10


                                        La réforme des Retraites
                                        Pourrir la vie du plus grand nombre 

                                        Pour s’opposer à cette réforme, les arguments étaient nombreux. 
                                        Oui, mais voilà ! Il fallait dénoncer les affirmations dogmatiques mensongères imposées par le pouvoir. 
                                        Dénoncer les grandes impostures :  « Le vieillissement de la population, la confusion entre la moyenne de vie et l’espérance de vie, le calcul du PIB, la farce de la croissance, le capital de la Dette publique, etc. »  Tout cela va beaucoup plus loin que le simple problème de l’âge de la retraite. 

                                        Il va de soit que les politiques, les syndicats (sans oublier les associations profiteuses du système)  sont aux ordres du pouvoir. Tous ces profiteurs n’allaient pas scier la branche sur laquelle ils sont assis. 
                                        C’est la décomposition généralisée du système qui les fait vivre. 

                                        Retraite, le bilan de la réforme. 

                                        http://mondehypocrite.midiblogs.com/archive/2009/06/21/retraite-le-bilan-de-la-reforme.html 


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