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Après la crise...

La crise du crédit se terminera bien un jour ou l’autre, c’est une certitude. Pour autant, le monde de la finance et même de l’économie ne seront en rien semblables à l’environnement ayant prévalu préalablement à cette crise. Après deux décennies d’inflation négligeable, voire de désinflation, le monde de demain ne bénéficiera plus de capitaux à outrance susceptibles de s’investir dans tous types de secteurs, y compris les plus risqués.

De fait, attendons-nous à une diminution du crédit de l’ordre de 7 % à l’échelle mondiale et ce dans un contexte où l’économie globale emprunte entre 4 et 5 dollars pour chaque progression d’1 dollar de son PIB.

Pourtant, l’impact de cette raréfaction du crédit - dont l’économie réelle commence seulement à ressentir les ondes de choc se traduisant par un fort ralentissement dans certains pays et par une récession dans d’autres - , ne durera que le temps qu’il faudra au secteur financier pour rétablir réserves monétaires et confiance. Au-delà même de cet impact regrettable certes, mais néanmoins ponctuel de cette crise du crédit sur les économies, les banques ne disposeront plus jamais de la latitude de titriser des prêts consentis par elles leur permettant de sortir ces créances de leur bilan afin de pouvoir à nouveau en consentir d’autres ! Par ailleurs, le marché monétaire - condamné à multiplier les mesures disciplinaires - forcera ces établissements de crédit à revenir à des méthodes de refinancement plus traditionnelles, comme la prise en compte de leurs dépôts... Conséquence immédiate : le marché du crédit ne connaîtra plus jamais une croissance supérieure de 5 fois au PIB global.

Les conséquences sur l’économie mondiale et réelle seront également lourdes de portée.

Le crédit étant moins abondant, il sera plus onéreux et sera donc placé de manière plus efficace. Du coup, eu égard à des crédits qui ne seront pas dus qu’à des effets de levier, les profits générés seront fatalement moindres, mais ils seront toutefois plus en phase avec l’économie réelle. La victime collatérale en sera naturellement toute l’activité anciennement florissante des fusions et acquisitions dont les profits gigantesques étaient à la mesure des leviers générés sur les crédits obtenus. Lesquels profits, soit dit en passant, n’apportaient aucune valeur ajoutée à l’économie réelle...

Par ailleurs, les très importants déséquilibres commerciaux caractérisant les Etats-Unis en particulier, mais plus généralement les pays anglo-saxons habitués à vivre au-dessus de leurs moyens du fait d’un endettement excessif, auront tendance à se résorber. Il va de soi que les pays émergents dont la dépendance à l’exportation est critique en seront fortement sinistrés, mais le billet vert pourrait également se rétablir car une amélioration des déficits américains signifie également moins de dollars en circulation pour combler ces déficits !

En fait, c’est l’ensemble de ce long cycle de désinflation qui touche à sa fin car cet océan de liquidités et cette hyper générosité en termes de crédit avaient précisément engendré une inflation de type structurel dans ces mêmes pays émergents qui n’exporteront plus jamais une inflation basse vers des pays occidentaux tout heureux à leur tour de voir leurs propres prix domestiques comprimés par ceux des pays émergents...

Le retour à l’épargne devrait également assainir des économies, comme l’économie américaine, ayant dépensé sans compter des décennies durant grâce à ce bon vieil effet de levier. D’une manière générale, c’est le modèle capitalistique économique et financier anglo-saxon vecteur de libertés à outrance, mais également source de multiples bulles spéculatives qui s’effacera au profit d’un modèle typiquement européen dont les priorités sont travail et valeurs sociales. Attendons-nous enfin à un relèvement généralisé de la taxation des privés et des entreprises...

Comme la réglementation se fera plus stricte, les Etats-Unis perdront peu à peu leur rôle de leader - ou de mauvais élève - du monde capitaliste et leur déclin géopolitique s’amorcera en toute logique. Ils resteront une puissance dominante, mais l’unilatéralisme aura vécu car émergera alors une communauté de nations dites moyennes, facteur de stabilité et d’harmonie dans le monde de demain.


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8 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 29 août 2008 13:17

    C’est le scénario "positif". Il y a aussi des scénarios "négatifs".

    Après le choc de 1929, la croissance n’a vraiment redémarré aux US qu’avec la guerre 1941-1945. L’occident va affronter un double choc, tout à fait dans l’idée des cycles longs de Kondratiev. Sa finance et sa démographie se cassent la gueule en même temps, sans doute pour la même raison.

    le modèle capitalistique économique et financier anglo-saxon s’effacera au profit d’un modèle typiquement Européen dont les priorités sont travail et valeurs sociales.

    Ce n’est pas non plus ce qui s’est passé à l’époque, au contraire, sauf l’exception très peu durable du Front Populaire. Cf. entre autres Steinbeck.

    L’effondrement du crédit va entraîner une grande concentration, par exemple du système bancaire. La même "consolidation" peut avoir lieu dans tous les secteurs. Cela peut renforcer le pouvoir des "corporations" ( "conglomérats", "trusts", ...). Ils peuvent utiliser ce pouvoir pour augmenter encore leur influence politique, et s’opposer à un mouvement de "socialisation". Dans un premier temps, au nom du libéralisme, ils peuvent demander à la place des investissements publics, par exemple dans les infrastructures, dont ils seraient les premiers bénéficiaires. C’est ce que viennent de faire les constructeurs automobiles US. Ils peuvent aussi promouvoir des investissements dans l’armement...


    • FYI FYI 29 août 2008 14:56

      "Dans un premier temps, au nom du libéralisme, ils peuvent demander à la place des investissements publics, par exemple dans les infrastructures, dont ils seraient les premiers bénéficiaires. C’est ce que viennent de faire les constructeurs automobiles US"

      Et la Californie via son terminator local "shwarzie" avec la complicité de Bloomberg.


    • Jimd Jimd 29 août 2008 16:46

      Je ne crois pas a un effondremement type annees 30.

      Apres 29 les faillites dans le secteurs financiers ont engendrees la depression.

      Aujourd’hui la situation est differente car les derives de certains etablissements financiers sont payees par l’intervention etatique…Oui c’est un paradoxe souvent decrie et discute. Bien sur c’est un comble ! prise de rsique a peu de cout car si on gagne on se remplit les poches et si on perd l’etat intervient. C’est le principe du hasard moral…l’alternative n’est tout simplement pas possible.

      Pour le futur certains comparent la situation US au Japon des annees 90, le meme phenomene sur les prix immobilier et les taux semble se produire.

      Pour le probleme du hasard moral…je en sais pas quelles regulations ou encadrement sont a faire pour eviter ce genres de situation.


    • Forest Ent Forest Ent 29 août 2008 20:38

      Loin de moi l’idée de vous gâcher la soirée, mais savez-vous de combien la FDIC dispose en tout ?


    • Céphale Céphale 29 août 2008 19:22

      Espérons que c’est la fin du règne des illusionistes.


      • L'enfoiré L’enfoiré 29 août 2008 19:34

        @L’auteur,

         Bravo pour l’optimisme. Un peu d’inflation. Tout, mais pas la stagflation.


        • MAIKEULKEUL 30 août 2008 00:56

          "L’auteur" est en train de faire un virage sur l’aile, et de retourner sa veste (on a l’habitude, c’est tellement commun)

          Il y a peu encore, il nous bassinait avec le dollar "roi" et les valeurs us, qui, croix de bois, croix de fer, était la "lumière" du monde, et dont la puissance et les valeurs étaient inextinguibles.

          Et maintenant, on a droit "au travail et aux valeurs sociales" de nos sociétés européennes, mais plus le travail à la néocon.

          C’EST UN MIRACLE SUISSE.



          • laurentsj 30 août 2008 15:36

            “ Comme la réglementation se fera plus stricte, les États-Unis perdront peu à peu leur rôle de leader “
            Ne pas seulement regarder les USA, mais les pays du GERM "global exchange rate mechanism" pro-OTAN qui ont centralisé leur intérêt et stratégies financières et politiques. Interventions synchronisées des banques centrales, consensus géopolitique, etc.
            GERM = USDollar + Yen + Euro + UKpound + AUDollar.

            La variation du “ le billet vert “ et de son US index a peu d’importance ; le système de Planification Centralisée Capitalo-Communiste du GERM le contrôle

            “Never say Never”

            Forest Ent note :
            “ L’occident va affronter un double choc, tout à fait dans l’idée des cycles longs de Kondratiev. Sa finance et sa démographie se cassent la gueule en même temps, “

            Et peut-être même un triple choc ?

            Composante unique à la synthèse : Finance + Labeur = Profit Capital, ne pas oublier Énergie ? Une énergie bon marché et abondante a permis 60 ans de prospérité et relatif confort pour le Laboureur. Pour maintenir ses marges quand l’énergie disparaît et devient cher, Capital doit économiser en Labeur, en imposant la Taxe Invisible : l’Inflation, et détruisant toute opposition sociale : Destruction de la compétition grâce à la globalisation.

            Dans tous les pays du GERM, l’absence de cette résistance sociale va facilité la phase finale d’extermination de la couche “moyenne”, devenue superflue et onéreuse.
            C’est un des objectifs des bulles immobilière - envoyer à la ruine - le “GERM moyen”.


            La faillite de grands nombres de sociétés financières est parfaitement contrôlée, Une centralisation du pouvoir vers une poignée de “mains puissantes” est prévue.

            D’ici “Après la Crise” comptons sur plus de guerres : ( 60 % des entreprises US travaillent avec l’armement, ressources se raréfiant ), moins de pouvoir d’achat, moins d’ouverture ver la création d’entreprise pour le petit gars, mais heureusement, encore plus de Reality TV !





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