On s’y attendait, c’est décidé : le conseil d’administration d’Arcelor a rejeté hier à l’unanimité l’offre d’achat hostile lancée vendredi par son concurrent, le numéro un mondial Mittal Steel. Le conseil d’administration d’Arcelor « rejette à l’unanimité la proposition non sollicitée de Mittal Steel, qu’il considère comme hostile » et « recommande aux actionnaires d’Arcelor de ne pas apporter leurs titres à l’offre proposée par Mittal, si elle se confirmait », selon le communiqué du groupe. Le CA d’Arcelor a « considéré qu’Arcelor et Mittal Steel ne partageaient ni la même vision stratégique, ni le même modèle de développement, ni les mêmes valeurs ». Les représentants du personnel partagent ce point de vue. Selon Reuters, les trois représentants des salariés au conseil d’administration du sidérurgiste Arcelor se sont prononcés pour le rejet de l’offre d’achat hostile du groupe indien Mittal. Le conseil d’administration d’Arcelor comprend 18 membres, dont trois représentants des salariés : Michel Marti pour la France, John Castegnaro pour le Luxembourg et Manuel Fernandez Lopez, pour l’Espagne. Arcelor est née de la fusion, il y a quatre ans, des sidérurgistes français Usinor, luxembourgeois Arbed et espagnol Aceralia. Selon Michel Marti, les relations avec la direction d’Arcelor sont satisfaisantes. Il a dit douter que le même niveau de coopération puisse exister avec Mittal. Le groupe indien est contrôlé à 88% par Laskhmi Mittal, troisième fortune mondiale. « La politique sociale (de Mittal) est à l’opposé de ce que nous voulons », a déclaré Marti. Les analystes considèrent l’offre de Mittal comme une réponse aux surcapacités dans le secteur sidérurgique et comme le coup d’envoi à un mouvement de concentration dans un secteur encore très morcelé, précise l’agence Reuters.
Mittal, dont le siège est à Rotterdam, aux Pays-Bas, a indiqué qu’en cas de réussite de l’offre, le nouveau groupe Mittal élargi afficherait une capacité de production de 100 millions de tonnes, et un chiffre d’affaires de quelque 69 milliards de dollars. Mittal a annoncé dès vendredi qu’il prévoyait de céder le canadien Dofasco à l’allemand ThyssenKrupp. Au terme d’une âpre bataille boursière entre Arcelor et Thyssen pour le contrôle de Dofasco, Arcelor avait finalement annoncé mardi avoir remporté la bataille, trois jours avant l’annonce surprise du raid de Mittal.
Daniel Riot est journaliste

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