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Accueil du site > Actualités > Economie > Assurances sur la vie : les « monstres du Loch Ness » enfin domptés (...)

Assurances sur la vie : les « monstres du Loch Ness » enfin domptés ?

Voici un travail parlementaire exemplaire : débat dépassionné, prise de conscience des enjeux, recherche de solutions, et vote consensuel. Le tout pour un sujet qui touche concrètement beaucoup de Français.

Le mardi 11 décembre 2007, les députés adoptaient définitivement la proposition de loi permettant la recherche des bénéficiaires des contrats d’assurance sur la vie non réclamés et garantissant les droits des assurés.

Définition

D’abord, définissons bien le sujet, et ce qu’est un contrat d’assurance sur la vie.

L’assurance sur la vie peut être l’assurance-vie classique, épargne défiscalisée, qui permet à l’assuré, au terme du contrat, de récupérer un capital ou une rente, ou à ses bénéficiaires s’il meurt entre-temps, l’assurance décès qui ne permet pas la récupération du capital ou de la rente par l’assuré lui-même (sauf en cas d’invalidité), mais qui permet ce versement à une ou plusieurs personnes désignées par l’assuré (contrat de prévoyance) et, enfin, un contrat qui mélange les deux.

Le problème

Depuis longtemps, il existe un véritable problème pour le versement du capital lors du décès de l’assuré lorsque la désignation du bénéficiaire n’est pas claire.

En effet, l’assuré n’est pas obligé de désigner le bénéficiaire de son contrat, mais, s’il le désigne, il n’est pas obligé non plus de l’avertir. Je dis ’le bénéficiaire’, mais ils peuvent être plusieurs (par exemple, les enfants).

La loi, jusqu’à maintenant, le décourageait d’ailleurs, car si le bénéficiaire, informé, envoyait à la compagnie d’assurance son acceptation, l’assuré n’aurait plus la faculté de modifier le bénéficiaire par la suite sans l’accord de ce dernier (la désignation devenant irrévocable).

Résultat, quand le bénéficiaire n’est pas désigné ni même informé, le capital à verser lors du décès de l’assuré est rarement réclamé.

L’autre souci, c’est que l’information du décès de l’assuré lui-même (ou du bénéficiaire) est rarement possédée par les compagnies d’assurance elles-mêmes.

Ce qui revient à la même situation que précédemment, à savoir que le contrat d’assurance sur la vie devient un ‘’monstre du Loch Ness’, selon l’expression de la sénatrice UMP du Val-de-Marne Catherine Procaccia lors de la séance du 4 octobre 2005 du Sénat.

Au bout de trente ans sans bénéficiaire, le capital est désormais (depuis la loi 2006-1640 du 21 décembre 2006 de le financement de la Sécurité sociale pour 2007, article 18) reversé au Fonds de réserve des retraites (avant, reversé sur les primes des autres clients).

Une volonté permanente d’améliorer la législation

Fort de ce problème, qui spolie finalement les assurés, les pouvoirs publics ont cherché à améliorer le dispositif.

Déjà, plusieurs lois (dont la loi 2003-706 du 1er août 2003 de sécurité financière, la loi 2005-1564 du 15 décembre 2005 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de l’assurance et la loi 2006-728 du 23 juin 2006 portant réforme des successions et libéralités) renforcent le dispositif de désignation et d’information du bénéficiaire, et la recherche du bénéficiaire.

Mais ces dispositifs n’ont pas eu les résultats escomptés, selon le Rapport annuel 2006 du médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, qui insiste même sévèrement : « à défaut d’entreprendre une réflexion constructive sur ce sujet, le nombre de bénéficiaires retrouvés restera très limité, et le sentiment d’être lésé ira croissant parmi les millions de bénéficiaires potentiels de contrats d’assurance-vie » (page 42).

Avant même la publication de ce rapport, le gouvernement de Dominique de Villepin avait déposé un texte au bureau de l’Assemblée nationale en novembre 2006, mais n’avait pas eu le temps d’être discuté. Il est donc repris par cette proposition de loi (donc d’origine parlementaire) déposée par deux députés UMP, Jean-Michel Fourgous (Yvelines) et Yves Censi (Aveyron).

Les faits

Selon un enquête de l’Insee de mai 2005, 22 millions de personnes détiennent un contrat d’assurance sur la vie, soit 41,5 % des ménages (plus que le plan épargne logement avec 33,6 % et moins que la résidence principale avec 55,7 %).

Cela correspond à un encours considérable, qui, selon l’organisation professionnelle des assureurs (FFSA), a plus que doublé en près de dix ans, passant de 456 milliards d’euros en fin 1997 à 1 074 milliards d’euros en janvier 2007.

Le nombre de contrats qui sont à l’abandon est évalué entre 150 000 et 170 000 (soit moins d’1 % des contrats) par le Rapport Marini du 7 juin 2005, ce qui correspondrait à environ un à deux milliards d’euros de capitaux cumulés non réclamés.

C’est ce montant élevé qui a fait prendre conscience au législateur qu’il fallait réagir.

Débat en commission

L’examen de la proposition de loi s’est déroulé à la séance du 10 octobre 2007 de la Commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le député PS Alain Vidalies a fait remarquer que n’ont pas été pris en considération les intérêts des capitaux non réclamés et qui devraient être reversés après trente ans, comme les capitaux, dans le Fonds de réserve des retraites.

Le député UMP Claude Goasguen a, de son côté, voulu évoquer les comptes bancaires à l’abandon qui représenteraient des sommes bien plus élevées que ces capitaux non réclamés d’assurance sur la vie.

Ces deux remarques ont été considérées comme des éléments de prospective pour des lois futures, mais ne correspondaient pas à l’objet du présent texte.

De son côté, le député UMP François Goulard a insisté pour maintenir la possibilité de désigner dans la discrétion le bénéficiaire d’un contrat d’assurance sur la vie.

Au cours de la première lecture à l’Assemblée nationale et surtout de la (seule) lecture au Sénat, le 7 novembre 2007, le texte a été renforcé. Et ces modifications ont été également adoptées le 11 décembre 2007 au Palais-Bourbon.

Le texte n’attend donc plus que sa promulgation par le président de la République et sa publication au Journal officiel.

Les nouvelles dispositions, définitivement votées

Dans le texte définitivement (et unanimement) adopté, quatre dispositions ont été rédigées :

1. obligation pour les compagnies d’assurance de rechercher à leurs frais les bénéficiaires ou leurs héritiers (article 5 et 7) ;

2. cette obligation est accompagnée de l’autorisation de consulter les données figurant au répertoire national d’identification des personnes physiques et relatives au décès des personnes qui y sont inscrites dans le but de rechercher les assurés et les bénéficiaires décédés (article 3 et 6) ;

3. la procédure d’acceptation du bénéficiaire est mieux encadrée (article 8). Comme l’acceptation entraîne l’irrévocabilité de sa désignation, cette acception doit désormais se faire par la voie d’un avenant au contrat d’assurance sur la vie, signé non seulement par le bénéficiaire, mais désormais aussi par l’assuré. L’acceptation peut aussi se conclure entre le bénéficiaire et l’assuré hors de la compagnie d’assurance, par acte authentique ou sous seing privé, mais elle n’aura un effet que si la compagnie d’assurance est avertie par écrit d’un tel contrat ;

4. Le délai a été réduit à un mois après la notification des pièces justificatives pour verser le capital prévu (article 2 et 4). Au-delà de ce délai, des intérêts sont prévus qui augmentent en fonction du temps.

Les réactions

Luc Chatel, le secrétaire d’État à la Consommation, s’est réjoui de ce point de convergence politique et a ajouté : « Nous sommes sur le point de renforcer ensemble la confiance dans l’assurance-vie et de réparer une situation à bien des égards injuste pour des dizaines de milliers de Français ».

Yves Censi, l’un des deux initiateurs du texte, parle de « mettre fin à une situation par trop nébuleuse et apporter des réponses aux dysfonctionnements qui perduraient depuis trop longtemps ».

Sentiment partagé par les députés de l’opposition Alain Vadalies (PS) et Pierre Gosnat (PCF) malgré quelques réticences car le texte « répond en partie aux attentes des assurés et des associations de consommateurs ».

Ce que le citoyen peut retenir

1. Sur la forme, il est heureux d’observer que certains sujets n’ont pas été absorbés par les calculs politiques et sont traités de façon dépassionnée, rationnelle et constructive.

2. Par ailleurs, toujours sur la forme, pour ces seules modifications (très mineures), il faut remarquer que le texte est écrit avec un formalisme, certes habituel, mais toujours fort complexe, notamment parce qu’il doit faire des modifications dans deux Codes, celui des assurances et celui de la mutualité.

Je fais cette remarque pour faire la comparaison avec les critiques émises sur la complexité des textes européens, tels que le Traité de Maastricht, le défunt Traité constitutionnel européen ou le nouveau Traité de Lisbonne.

Dans des États de droit, la moindre modification d’une loi est tout de suite encadrée par un formalisme hermétique au langage abscons qui rend très difficile la compréhension du citoyen qui est peu habitué au droit. Mais c’est cette complexité nécessaire qui renforce notre droit : les choses interdites ou autorisées doivent être bien encadrées, sous peine d’arbitraire dans leurs applications.

Il n’existe pas vraiment de méthode pour ’simplifier’ la rédaction à l’extrême de textes juridiques, sauf à vider de leur sens originel toutes les dispositions voulues, et à multiplier les besoins d’interprétations ultérieures ce qui, in fine, ne simplifierait guère.

3. Sur le fond, voici donc un meilleur encadrement pour permettre aux compagnies d’assurance de retrouver les bénéficiaires des contrats d’assurance sur la vie.

L’obligation d’informer l’assuré (par la nécessité de sa signature d’un avenant) de la procédure d’acceptation du bénéficiaire aura pour conséquence une meilleure transparence.

Deux autres pistes...

Cependant, deux pistes restent, à mon sens, encore à explorer pour renforcer l’efficacité de la recherche des bénéficiaires :

1. La possibilité de révoquer la désignation du bénéficiaire par l’assuré, même si celui-ci a accepté, qui pourrait s’accompagner de l’obligation systématique d’informer le bénéficiaire de l’existence d’un tel contrat d’assurance sur la vie.

2. La constitution d’un fichier national des assurances sur la vie, comme le propose le Rapport Huyghe du 8 février 2006 (pages 327 et 328), permettant aux notaires de rechercher l’existence de contrat d’assurance sur la vie des personnes décédées et aux compagnies d’assurance d’être informées des décès de leurs assurés ou de leurs bénéficiaires. Cette disposition avait été rejetée par le gouvernement de Dominique de Villepin sous prétexte que la disposition était trop lourde à mettre en œuvre.


Pour aller plus loin...

Vous pouvez approfondir le sujet par la lecture du Rapport Straumann du 10 octobre 2007 qui présente très synthétiquement les enjeux du texte adopté.

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison

Documents joints à cet article

Assurances sur la vie : les « monstres du Loch Ness » enfin domptés ?

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8 réactions à cet article    


  • Jason Jason 14 décembre 2007 14:09

    Vous vous trompez lorsque vous dites : « L’assurance sur la vie peut être l’assurance-vie classique, épargne défiscalisée, » l’assurance-vie a été soumise à l’impôt par M. Strauss-Kahn dans les années 90. Le pactole était trop beau pour l’état qui aime bien laminer les revenus des classes moyennes. Merci au PS. Je n’ai pas lu le reste de votre article qui est peut-être entaché d’erreurs semblables.

    Vérifiez vos sources et revenons-y.


    • Jason Jason 14 décembre 2007 14:42

      Pourquoi faire une usine à gaz quand on pourrait faire simple ? En Allemagne, il existe un fichier central des testaments, par région, déposé au « Familiengericht », lequel s’occupe de prévenir les héritiers. Chacun peut, bien sûr, faire le testament qui lui convient chez un notaire s’il le souhaite. Pour une assurance-vie, il suffit de mettre dans l’enveloppe confiée au « Familiengericht » une copie ou tout autre document faisant foi, de la police d’assurance, et le tour est joué. Ce système existe depuis presque un siècle et fonctionne très bien.

      Qu’on veuille réinventer le fil à couper le beurre en France, ne me surprend nullement.

      Coredialement


    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 14 décembre 2007 22:39

      À Jason,

      Malgré des mesures que vous évoquez qui sont moins avantageuses que précédemment, l’assurance-vie est tout de même défiscalisée, du moins partiellement et selon certaines conditions :

      « Les gains tirés d’un contrat d’assurance vie sont imposés uniquement en cas de rachat (retrait de fonds), total ou partiel. Ils sont calculés au prorata des sommes retirées : en rachetant 10% du total du contrat, l’imposition ne se fera que sur 10% des intérêts générés depuis son ouverture. »

      « L’abattement de 4600€ (sur la fraction du retrait correspondant aux gains, la fraction correspondant aux versements n’est pas taxée) est acquis quel que soit le choix d’imposition (IR ou Prélèvement libératoire) pour l’ensemble des contrats du contribuable. Pour éviter l’impôt, il est judicieux de faire un retrait annuel dont les intérêts ne dépassent pas le montant de l’abattement. S’ajoute à cette imposition des prélèvements sociaux (de 11% en 2006) prélevés soit annuellement sur un contrat en euros, soit au moment d’un rachat sur les contrats multisupports (ce qui est plus avantageux). »

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Assurance-vie#R.C3.A9gime_fiscal

      Le système allemand peut être en effet intéressant. Cependant, ce qui est nécessaire, c’est l’aspect systématique de la transmission de cette information aux notaires, et cela ne peut se faire que par obligation des compagnies d’assurance, l’assuré ou le souscripteur pouvant oublier, être négligent voire réfractaire à une telle mesure.

      D’où l’intérêt de créer un nouveau fichier consultable par les notaires sous contrôle évidemment de la CNIL (je ne vois pas où se trouve l’usine à gaz ni le fil à couper le beurre).

      Cordialement.


    • Jason Jason 15 décembre 2007 10:24

      Merci Sylvain, pour cette mise au point. Je voulais exprimer la déception que j’ai ressentie quand M. Strauss-Kahn a appliqué des mesures fiscales aux contrats d’assurance-vie dans les années 90. Les choses étaient bien plus simples avant sa décision. Le système en place permettait aux petits épargnants de se constituer un complément de retraite, la défiscalisation constituant un élément incitatif. Les intérêts reçus étant autour de 6%, on ne pouvait parler de spéculation effrénée. Mais le magot était trop beau, et l’état s’en appropria une partie. Les plus gros capitaux, eux, s’enfuirent à l’étranger, comme toujours dans pareilles circonstances.

      Quant à la procédure permettant de retrouver les héritiers d’un contrat d’A.-vie, il semblerait que les propositions que vous indiquez feraient l’affaire. Mais pourquoi a-t-on attendu si longtemps pour traiter ces contrats en déshérence ? Je me méfie des projets pilotés par un ministère quelconque en la matière. Cela revient le plus souvent à construire des modèles très lourds et peu efficaces. Et également, je vois pointer à l’horizon la tentation pour l’état d’exclure les contrats d’A-vie de l’avoir successoral.

      Cordialement


    • Jason Jason 15 décembre 2007 10:27

      Pardon, il fallait dire : inclure les contrats pour les soumettre au fisc, et non l’inverse. Lapsus.


    • JPC45 14 décembre 2007 16:38

      Je ne vois pas pourquoi ça spolie les assurés ou du moins cette expression est maladroite. Les contrats non réclamés vont à terme aux autres assurés sous la forme de participation aux bénéfices.

      Donner accès aux notairex : attention car je ne suis pas certain que le notaire est interet à connaitre l’existence d’un contrat d’assurance vie (pais des familles). et de plus, un contrat d’assurance est traité hors succession

      De plus, il y a un fantasme sur les montants attendus. On verra l’année prochaine combien ira au FRR...


      • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 14 décembre 2007 22:46

        À JPC45

        Spolier = « dépouiller quelqu’un de quelque chose par la force ou par la ruse » (Larousse).

        Tant que les compagnies d’assurance n’ont pas l’obligation de rechercher les bénéficiaires, les capitaux non réclamés ne vont plus aux destinataires désignés, ce qui va à l’encontre de la volonté des souscripteurs. Désormais, cette obligation de moyens va nettement réduire le nombre de contrats à l’abandon.

        Les professionnels des assurances ont évoqué il y a déjà une dizaine d’années au moins 950 millions d’euros le montant cumulé des capitaux non réclamés, et cette somme serait plus proche des deux milliards selon les spécialistes, ce qui reste considérable, avec une moyenne d’environ 13 000 euros par bénéficiaire non retrouvé.

        Comme je l’indique dans mon article, depuis le 1er janvier 2007, ces capitaux ‘perdus’ ne vont plus aux autres assurés mais au Fonds de réserve des retraites (art. 18 de la loi 2006-1640).

        http://www.legifrance.gouv.fr/imagesJOE/2006/1222/joe_20061222_0296_0001.pd f

        Par ailleurs, je ne vois pas le rapport entre l’accès aux notaires soumis au secret professionnel comme d’autres professions et l’intérêt des familles. Il n’y a aucune raison de divulguer à la famille d’un décédé que ce dernier avait souscrit un contrat d’assurance sur la vie en désignant comme bénéficiaires une ou plusieurs personnes étrangères à la famille.

        Par ailleurs, c’est bien lorsque le notaire s’occupe de la succession d’une personne qu’on peut aussi informer le décès de celle-ci. En consultant un tel fichier au moment du réglement de la succession, le notaire pourrait prévenir sans problème la compagnie d’assurance que l’un de ses assurés est décédé et commencer à faire les recherches pour trouver le ou les bénéficiaires. Sans forcément en informer les héritiers si ceux-ci ne sont pas bénéficiaires.

        Cordialement.


      • JPC45 15 décembre 2007 09:31

        Bonjour,

        Sur la ficalité, c’est un peu plus compliqué que ça en particulier si rachat avant 8 ans. et il faut en toute rigueur parler de la fiscalité en cas de décès pour être complet.

        Sur les capitaux non réclamés, il y a un peu du fantasme sur le sujet... et les spécialistes ont torts. et on verra ce qui sera versé au FRR.

        Je trouve qu’avant, le système était plus interressant pour la communuaté des assurés car ils bénéficiaient des capitaux non réclamés. Maintenant la communauté perd ce bénéfice.

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