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Auto entrepreneur

Quand le rêve devient un cauchemar pour ceux qui ont cru aux sirènes de la simplicité ! Méfiez vous de ce que la TV vous dit !

A sa sortie en janvier 2009, on a eu le sentiment que ce nouveau statut permettait à ceux qui voulaient se lancer de trouver enfin des solutions aux contraintes administratives de la création d’entreprise. Mais voilà, aujourd’hui le système est de plus en plus dévoyé !
 
Tout d’abord le mensonge : Je l’ai vu à la TV. "Je suis auto-entrepreneur, je paye 23 % de charges sociales quand je fais du CA et rien quand je ne facture pas. Cette solution est beaucoup plus souple !". A l’écouter, on paye 23 % de charges sociales. Bon, il est vrai qu’il existe un taux pour les prestataires de services (23 %) et un taux pour les commerçants (13 %). Mais l’on ne vous dit pas tout. Certains risquent de se laisser berner par les sirènes du taux faible alors qu’en fait il existe une subtilité : dans ce taux global, on vous a collé un taux d’imposition "optionnel" qui s’il n’est pas contesté permet à des personnes non imposables de payer de l’impôt. Démarche très citoyenne mais couteuse là ou cela ne devrait pas arriver. Je précise que ce taux global est à peine (moins de 2 %) inférieur au taux classique, ce qui signifie que l’économie réalisée est de l’ordre de 600 € pour l’année au mieux !
 
Ensuite, les charges sociales : Ce qu’il y a de merveilleux dans cette histoire est que l’on oublie que ces personnes qui sont heureuses d’être chef d’entreprise en ayant l’illusion de payer moins qu’ailleurs (j’y reviendrai ci dessous) ont cru que les variables de succès d’une entreprise ne tenaient qu’à ses charges sociales... que nenni ! au delà des charges sociales qui sont parfois importantes pour les entreprises, il faut bien comprendre que d’autres frais sont payés par toutes les entreprises. Que vous ayez ou pas de l’activité, vous devrez payer votre carburant, votre outillage, votre crédit, votre téléphone, votre démarche commerciale...
 
Et les autres frais ? il se trouve que parmi l’ensemble des charges et des frais de l’entreprise, ce qui coute le plus cher peut parfois se trouver ailleurs : les assurances par exemple. L’article 1452 du CC rend obligatoire l’assurance pour certaines activités. Et puis ce qu’il faut faire c’est calculer la marge. Le principe d’une entreprise est de réaliser de la valeur ajoutée et aussi de la marge ; Qui accepterait de travailler gratuitement ?
 
Que propose le statut ? Tout simplement de payer en fonction du CA qui est encaissé. Si vous encaissez du CA, vous déclarez et vous payez les charges sociales (+ votre impôt si vous n’y prêtez pas garde !) SANS ACOMPTE ET SANS REGULARISATION. En fin d’année vous regardez combien il vous reste. S’il vous reste quelque chose, tant mieux. Dans le cas contraire, tant pis ! C’est comme si en tant que salarié vous aviez un patron qui vous proposait de payer vos charges sociales tous les mois et de vous payer en fonction du résultat de l’entreprise en fin d’année. S’il reste du bénéfice, vous aurez un salaire, sinon, vous n’aurez rien. Accepteriez vous ? Non, bien évidemment... ou vous êtes un menteur ! L’auto-entreprise, c’est la même chose.
Vous me direz que l’absence de "salaire" est inhérente au statut de chef d’entreprise. C’est vrai, sauf que dans le cadre classique, dit de droit commun, vous pouvez revoir le montant de vos cotisations sociales. Pas en auto-entreprise. Ce qui est versé est sans acompte et sans régularisation. Pas de possibilité de récupérer le trop versé en cotisations !
 
Enfin, si je suis salarié et que je deviens auto-entrepreneur en plus, je le fais pour mettre du beurre dans les épinards. Les tarifs que je pratique me permettent d’avoir des compléments de revenu et peu importe comment pratiquent les autres "concurrents". Je vais donc casser les tarifs, en rognant sur mes marges. Si le marché est saturé, il va y avoir un ajustement automatique des tarifs de l’ensemble de la profession, vers le bas et une réduction de la marge. On vient de réinventer la PRESSION CONCURRENTIELLE. Ces auto-entrepreneurs travaillent donc beaucoup plus pour au mieux gagner à peine plus !
 
Par ailleurs, j’attire votre attention qu’aujourd’hui, nous trouvons des entreprises qui ont compris qu’il valait mieux embaucher des auto-entrepreneurs, corvéables à merci et qui ont le sentiment de travailler pour leur propre compte, plutôt que d’embaucher des salariés. Certaines proposent mêmes à leurs salariés de partir, créer avec les indemnités ASSEDIC et de leur sous traiter l’activité en tant qu’auto-entrepreneur. C’est purement une utilisation très personnelle et illégale du dispositif.
 
Je ne vous parlerai pas des aides à la création d’entreprise qui finalement avec ce nouveau statut réduise la charge, non pas sur les créateurs, mais bien sur l’Etat. Lorsque votre activité fonctionnera, vous devrez payer plein pot les cotisations alors que vous auriez pu bénéficier d’une économie en la préparant davantage.
 
En conclusion, être auto-entrepreneur, pourquoi pas, à la condition d’avoir des marges de malade, très peu de frais, connaître ses coûts et surtout être bien conseillé au départ !!! (Consulaires, Caisses sociales, expert comptables....)
 
par Ronath (son site) vendredi 2 avril 2010 - 49 réactions
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  • Par Internaute (xxx.xxx.xxx.105) 2 avril 2010 18:16
    Internaute

    J’ai l’impression que vous mélangez le statut et le boulot d’entrepreneur. Quel que soit le statut, le boulot reste le même. Les contraintes de rentabilité et l’évaluation correcte des coûts reste une charge pour l’entrepreneur et c’est toujours vrai pour M. de Margerie PDG de Total.

    Il faut savoir que l’étape au-dessus de l’auto-entrepreneur est l’EURL. On doit passer par le régistre du commerce, publier aux annonces officielles, s’inscrire en payant aux impôts et s’inscrire en payant au RSI. Avant même d’avoir refourgué sa première facture on a déjà dépensé beaucoup d’argent. Le pire est que le RSI (la sécu-retraite) coûte trés vite des milliers d’euros payés d’avance même si on n’a pas vendu un seul article. Il faut ensuite faire les déclarations de TVA même à 0 si on n’a rien gagné mais le moindre retard vous vaut une relance et les menaces du fisc. Sans rien faire on a vite fait de dépenser 5.000 euros en 6 mois. Si on dit stop avant d’être ruiné parceque son filon s’avère ne pas être le bon il faut encore dépenser environ 1.000 euros pour faire le chemin inverse.

    Le principe de base de l’auto-entrepreneur est qu’on ne commence à payer des charges que lorsqu’on touche de l’argent et c’est un avantage fondamental pour quelqu’un qui démarre avec presque rien. Ensuite, si les affaires sont bonnes on peut s’apercevoir qu’il y a des status comme l’EURL ou la SARL qui seraient plus rentables et on pourra toujours changer. Quand le pognon est là, les problèmes se voient différemment. La vraie difficulté est d’être ponctionné par l’Etat comme une SA à 50 millions de capital uniquement parcequ’on a eu le malheur d’essayer de gagner honnêtement sa vie.

    Novelli a fait une trés bonne réforme. Il voit en fait beaucoup plus loin. Les députés sont entrain de nous précipiter dans le tiers-monde en mettant en faillite nos PME. Déjà j’aimerais bien qu’on m’explique de quoi vivent les 60 à 70% de 55-64 ans qui n’ont pas de travail. Bien plus vite qu’on ne le pense, une partie importante de la population va se retrouver dans ce qui s’appelle l’ « économie informelle » dans les pays du tiers-monde. Ceux qui ne l’ont pas vue ne savent pas ce que c’est. Le statut d’auto-entrepreneur est un minimum légal permettant d’encadrer cette économie naissante. 

    Dans une économie informelle, la société se divise irrémédiablement en deux. D’un côté il y a ceux qui ont pignon sur rue, font du commerce ou ont un travail dans des entreprises de l’économie formelle. De l’autre il y a une masse de gens qui ne payent jamais d’impôts, qui vivent complètement hors la loi en volant les services publics (électricité, eau, transports), ne payant pas de taxe foncière, qui roulent sans permis, ne payent jamais leurs contraventions, ne passent pas le contrôle technique, vendent ce qu’ils peuvent à la sauvette sans permis et sans payer de taxe et travaillent clandestinement quand ils en ont la possibilité. Les petits élevages pulullent sans normes sanitaires et les bêtes sont vendues sur le bord de la route à des prix mettant à mal les grandes surfaces. La répression ne marche plus. Il faudrait mettre en prison 20 millions de personnes.

    Cela est la France de demain préparée par l’UMPS et Novelli essaye d’y mettre un semblant d’ordre républicain.

  • Par Le chien qui danse (xxx.xxx.xxx.227) 2 avril 2010 18:41

    Article qui ne dit pas ce qu’il cherche, dissuader les gens de s’auto-entreprendre ou plus justement de s’auto-salarier.

    Faut pas prendre les gens pour des neuneux, c’est pas parcequ’ils sont chômeurs ou précaires qu’ils ne savent pas lire des textes de loi et calculer un taux de charges sur CA et de comprendre qu’ils ne peuvent déduire leur frais de leur CA.

    Après qu’il faille être un bon entrepreneur, ce n’est pas l’appanage des entrepreneurs ou artisans classiques.
    Vous voudriez que ces auto-entrepreneurs soit de sous-entrepreneurs afin que le client fasse la différence. Ou alors ça vous vexe !

    Bon ce statut à de l’intérèt pour tous et même pour l’état, pas de cotisation chomage doit pas de droit, donc pas de parachute en cas de déroute.

    Pour le reste, salaire net maxi environ 2000 euros par mois, après tout dépend des frais que l’on engage pour les gagner.

    Pour ce qui est des patrons exploiteurs de main d’oeuvre bon marché, si vous êtes bon dans ce que vous faites vous pourrez toujours travailler pour d’autres et refuser l’exploitation, je sais c’est facile à dire mais iln’empêche qu’à terme et si vous évoluez bien c’est possible

    De toute façon le salariat n’a rien de folichon, voire, est même contreproductif.

    De l’air enfin, même si y’a à redire sur l’esprit, mais ça risque de pas trop durer, hum les pouvoirs n’aiment pas trop ceux qui respirent à pleins poumons.

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