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Accueil du site > Actualités > Economie > Auto-entrepreneurs : Un succès ... pas vraiment impressionnant (...)

Auto-entrepreneurs : Un succès ... pas vraiment impressionnant !

C’est le journal les Echos qui donne l’information : "Mis en place au début de l’année, le régime de l’auto-entrepreneur séduit les Français. Mais les premières déclarations de chiffre d’affaires font état d’une faible proportion d’auto-entrepreneurs ayant déclaré une activité réelle pour le deuxième trimestre "

Alors fin d’un mythe ou révélation d’un bluff ?

Souvenez-vous, c’était en en juillet 2009, c’est à dire hier. Christine Lagarde et Hervé Novelli étaient tout sourire :

" Selon les statistiques publiées par l’Insee, le nombre mensuel de créations d’entreprise a atteint en juin un record historique pour franchir le seuil symbolique des 50.000 et s’établir à 51.247. Pour Christine Lagarde, ministre de l’Économie, et Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du Commerce et des PME, ce succès reflète la vigueur du dispositif de l’auto-entrepreneur mis en place en janvier.

Ils font en effet remarquer dans un communiqué que "271.896 entreprises ont déjà été créées sur les six premiers mois de l’année 2009, soit 60 % de plus que sur la même période en 2008 et malgré un contexte économique beaucoup plus dégradé". Au 15 juillet, le nombre d’auto-entrepreneurs s’établissait à 182.000, dont 165.000 nouveaux créateurs d’entreprise et 17.000 micro-entrepreneurs qui ont opté pour l’auto-entreprise ... /... "

Au gouvernement, on exultait et on parlait d’un "succès impressionnant"

"Le dispositif de l’auto-entrepreneur est un succès impressionnant, bien au-delà de ce que nous avions escompté", se réjouissait Hervé Novelli.

" ... / ... Les secteurs comptant le plus grand nombre d’inscrits sont la construction (12%), les activités commerciales de détail (19%) et les "autres activités commerciales et de service" (21%) ; mais il faut aussi noter la présence des secteurs de l’enseignement (5%), des activités informatiques (6%), du secteur "design, photographie, traduction..." (6%), des arts et spectacles (5%) ... / ... " - Source La Tribune

Du côté de l’opposition et des organisations patronales de l’artisanat, on agitait la concurrence déloyale entre les artisans et ces nouveaux entrepreneurs

" ... / ... « Les auto-entrepreneurs étant par ailleurs salariés ou retraités, ils ne prendront qu’un faible risque et l’on verra ainsi apparaître des marchés sans référence de prix. » ... / ... « Comment un client pourra-t-il vérifier que celui à qui il va confier une prestation sera capable de la mener à terme ? Sans registre, comment pourra-t-il vérifier sa qualification ? » Des questions qui restent pour le moment sans réponse" - Source Création d’entreprise

Au point qu’Hervé Novelli a du faire marche arrière lors de la Journée des présidents des Unions professionnelles artisanales (UPA) à fin juin :

" .../ ... Tout d’abord, la qualification professionnelle va évoluer, car source d’« incohérence ». « Il n’est à aucun moment demandé au créateur d’entreprise d’attester qu’il possède (les) qualifications professionnelles (exigibles) avant de démarrer », a expliqué Hervé Novelli. Ainsi, il souhaite désormais « qu’avant toute création d’entreprise dans le domaine artisanal soumise à qualification professionnelle, le créateur atteste de sa qualification », comme l’obtention d’un diplôme, trois ans d’expérience professionnelle ou encore une validation des acquis d’expérience. Cette mesure s’appliquera selon le secrétaire d’Etat « à tous, auto-entrepreneurs comme artisans de droit commun "

De plus, Hervé Novelli souhaite que « les auto-entrepreneurs qui ont une activité artisanale à titre principal soient désormais tenus de s’inscrire au répertoire des métiers ». Cette immatriculation sera « gratuite et sans taxe pendant les trois premières années à compter de leur création d’activité », a-t-il ajouté ... / ... " - Source Le Figaro

Ce qui a réduit l’impact de la mesure qui était basée sur l’entière liberté d’entreprendre. Car, ne l’oublions pas, permettre à n’importe qui de cumuler un emploi avec une activité parallèle officielle est une simple extension du "travailler plus" et un moyen détourné pour expliquer au gens qu’on ne peut rien faire en termes d’augmentation de salaires et de pouvoir d’achat.

D’ailleurs Hervé Novelli ne s’en cachait pas en Novembre 2008 dans le Figaro : "... / ... Fondamentalement, cela consiste à offrir à chacun la possibilité de bénéficier d’un gain de revenus supplémentaires, ce qui, en cette période de ralentissement économique, répond à un vrai besoin. Cela devient même une arme anticrise ... / .. "

A tel point que la restriction qui concernait les fonctionnaires a évolué, bien que le gouvernement se fasse discret sur le sujet. En effet, même si : "Eric Woerth, ministre du Budget et de la Fonction publique, et Matignon ont eu le souci de ne pas dégrader l’image des fonctionnaires dans l’opinion publique, avec des agents qui délaisseraient trop leur mission pour leur activité privée "

On peut lire sur La Gazette des Communes

" Les fonctionnaires qui souhaitent ouvrir une chambre d’hôtes ou faire du dépannage informatique devraient pouvoir en avoir bientôt le droit, selon un projet de décret en préparation, a-t-on indiqué de source gouvernementale, confirmant une information parue dans les Echos du 10 septembre.

"Il y a bien un projet de décret pour la fonction publique dans les tuyaux, pour tenir compte du nouveau statut d’auto-entrepreneur, mais tant qu’il n’est pas signé par le premier ministre, il ne s’agit que d’un projet" a-t-on indiqué dans l’entourage du ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth. Le projet envoyé au Conseil d’Etat va élargir les possibilités d’activités accessoires, dont "la mise en valeur d’un patrimoine personnel y compris la restauration et l’hébergement", a précisé la même source. Jusqu’à présent, il était impossible à un fonctionnaire d’ouvrir des chambres d’hôtes .../ ....

Le texte ajoute également à la liste des activités possibles la "vente de biens fabriqués personnellement par l’agent" (peinture, bijoux, poteries). "Il s’agit de changements plutôt à la marge" par rapport au décret du 2 mai 2007 (2007-158) relatif au cumul d’activité des fonctionnaires des agents non titulaires de droit public, et des ouvriers des établissements industriels de l’Etat", a précisé l’entourage d’Eric Woerth. Selon la même source, ce cumul est soumis à autorisation du chef de service, et "cela restera le cas". Néanmoins, : "Le statut général de la fonction publique pose le principe qu’un agent public doit consacrer l’intégralité de son activité professionnelle aux tâches qui lui sont confiées, mais "depuis toujours" ceux qui le souhaitent peuvent exercer, en sus de leur activité principale, des activités accessoires, grâce à des dérogations, avait alors expliqué le ministère." -

Voir aussi l’article publié sur le site auto-entrepreneur.com

Preuve s’il en est qu’il s’agit bien dans l’esprit des pouvoirs publics de privilégier une forme de paix sociale en passant des dérogations au cumul légal.

Oui, mais pour ceux qui ne sont ni retraité, ni titulaire d’un emploi dans le public ou le privé, le choix du statut d’auto entrepreneur est-il toujours volontaire ?

Tubbydev sur son blog nous donne quelques exemples "pervers" que le système pouvait générer et qui, nous en sommes témoins sont appliqués à ce jour dans l’informatique et les métiers du Web.

" .../ ... Il est en effet très facile et extrêmement tentant pour un patron de changer ses salariés en auto-entrepreneurs. Cela lui permet de passer ses charges fixes en charges variables et surtout de ne plus avoir à gérer l’incroyable paperasse que nécessite la gestion de salariés.

... / ... Le transfert des salariés en “entrepreneurs forcés” existe depuis longtemps ; de grosses entreprises y ont souvent eu recours notamment dans le domaine informatique.

Le calcul est simple. Plutôt que d’avoir des salariés, vous pouvez passer par une SSII qui vous propose des gens en régie ... / ... mais c’est cher. C’est notamment très cher par rapport à ce que touche la personne qui travaille chez vous et qui s’en contente.

... / ... Par exemple, un développeur payé 300 euros ht la journée dans une SSII, vous coûte 6000 euros par mois en moyenne et en touche lui au maximum 3000.

Vous le payez 4000 euros par mois après qu’il ait monté sa société ou soit devenu auto-entrepreneur et vous économisez 2000 euros par mois avec en bonus la possibilité de rompre le contrat beaucoup plus facilement qu’un contrat de SSII.

par ailleurs, l’inspection du travail aura plus de difficultés à montrer que le contrat avec la SSII est une sorte d’embauche déguisée puisque les gens que vous louent ... / ... travaillent chez vous depuis 2 ans, tout le temps.

Autre idée : vous licenciez les gens qui travaillent chez vous en les changeant ensuite en auto-entrepreneurs. le statut est compatible avec le chômage ; résultat : l’ex employé touche le chômage + un petit qqch en continuant à travailler chez vous.

Dans quelques mois, y aura-t-il des statistiques sur les “nouveaux chômeurs” qui ont des contrats avec leur ancienne société en tant qu’auto-entrepreneurs ?... / ... " Intégralité de l’article sur le site de Tubbydev

Nota : Le rédacteur de cet article et plusieurs de ses amis se sont vus proposer les montages expliqué par Tubbydev. Sans oublier le faux stage qui remplace la période d’essai (payée par pôle emploi) pendant lequel le "stagiaire" effectue des prestations normales sans l’ombre d’une formation quelconque.

Au delà du traditionnel cirque médiatique auquel se sont livrés Hervé Novelli et Christine Lagarde, nous n’avons pas trouvé de "statistiques sur les nouveaux chômeurs qui ont des contrats avec leur ancienne société en tant qu’auto-entrepreneurs " mais, on en sait plus depuis ce matin sur le "succès impressionnant".

C’est le site du journal La Tribune qui donne les premiers éléments

" Mis en place au début de l’année, le régime de l’auto-entrepreneur séduit les Français. Mais les premières déclarations de chiffre d’affaires font état d’une faible proportion d’auto-entrepreneurs ayant déclaré une activité réelle pour le deuxième trimestre (seulement 4.400 recensés par l’Urssaf de Paris, qui recouvre un tiers des cotisations nationales).

La moyenne de chiffre d’affaires est de 4.700 euros par trimestre. Le secrétaire d’État au Commerce et aux PME, Hervé Novelli, à l’origine de ce statut, attend des statistiques complètes, que devrait lui fournir, prochainement l’Acoss, qui fédère les Urssaf "

Au fait, l’Acoss profitera t-elle de cette occasion puis lui transmettre ses derniers chiffres sur les pertes nettes d’emploi ?

" ... / ... l’Acoss (banque de la Sécu), qui fédère les Urssaf chargées de collecter les cotisations sociales des entreprises, a enregistré 207.000 pertes nettes d’emplois (- 1,2 %) au deuxième trimestre, autant qu’au premier trimestre, et 563.000 sur un an (- 3,1 %)" - Source Le Point

De même, notre ministre pourrait-il prendre connaissance des derniers chiffres des défaillances d’entreprises :

" ... / ... Le premier semestre 2009 a été marqué par une hausse de 17% des défaillances d’entreprises en France (33 200 jugements prononcés) et atteint le niveau semestriel le plus élevé depuis 1990, selon l’étude semestrielle d’Euler Hermes SFAC " - Source Les Echos

De quoi se réjouir ... modérément !

Décidément, Hervé Novelli continue sa "success story" commencée par le franc succès de la baisse de l’ensemble des prix de la restauration ....

Il ne faut toutefois pas désespérer de l’homme puisqu’il a été capable de stopper un plan social :

" Après avoir enregistré de nouvelles commandes providentielles, l’entreprise va remettre à plat son plan social qui prévoyait 163 suppressions de postes. Mardi, les salariés de Plastivaloire ont ainsi été reçus par le directeur de cabinet du ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, lors de son déplacement à Châtellerault (Vienne). Tout porte à croire que le secrétaire d’État aux PME (et ancien député du Chinonais) Hervé Novelli s’est aussi fortement impliqué dans le dossier. L’intéressé a d’ailleurs annoncé qu’il devrait se rendre aujourd’hui à Langeais (siège du groupe) pour rencontrer le PDG de Plastivaloire, Patrick Findeling, en présence des responsables de la chambre de commerce et d’industrie. Il tiendra ensuite une réunion avec les représentants des salariés de l’entreprise. Hervé Novelli ne souhaitait pas en dire plus hier soir, se contentant d’indiquer que les informations qu’il apportera au personnel seront « positives ».

Il est vrai qu’Hervé Novelli connait un peu l’Indre et Loire puisqu’il a été : "Député d’Indre-et-Loire, de 1993 à 1997, de 2002 à 2007" et qu’il n’a jamais cessé de parcourir, depuis, son ancienne circonscription et surtout qu’il a été investit officiellement par l’UMP pour les régionales de 2010 dans la région centre.


C’est vraiment dommage pour les salariés des autres régions de France touchés par de plans sociaux ...


Crédit et copyright photo
Salon des micro entreprises

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30 réactions à cet article    


  • Montagnais Montagnais 11 septembre 2009 15:49

    L’auto-entrepreneur : le stade ultime de la précarité. Vraiment pas difficile à démontrer !

    « La moyenne de chiffre d’affaires est de 4.700 euros par trimestre. » Et encore, pour ceux qui ont décollé.

    Le réveil va être difficile. Le Méga-cirque médiatique de Zébulon est comme une montagne... qui accoucherait d’un ciron (ou artison, car il travaille beaucoup le petit.. Pour pas un radis, pas un rond).

    Tenez, je vous inflige mon « y’a qu’’à faut qu’on..) : aménager et promouvoir la Société en Participation aurait amené, entre autre, deux ou trois petites choses intéressante :

    #1 rupture de l’isolement dans lequel se trouve l’auto-entrepreneur
    #2 dispositif simple et tout prêt, gratuit, très-évolutif
    #3 charges et prélèvements obligatoires on ne peut plus réduits
    #4 régime reconnu par l’Europe ( »Trust"), possibilité d’ouvrir un compte au Luxembourg..
    ...

    ça se discute.. Merci l’auteur pour ce bon papier pas cire-pompes pour un sous.


    • monbula 11 septembre 2009 15:55

      Il y avait le statut de travailleur indépendant pour certaines circonstances...

      Qu"est-il devenu, avez-vous une réponse ?


      • Jean Claude BENARD Jean Claude BENARD 11 septembre 2009 17:27

        @Monbula

        La réponse de l’URSSAF pour les indépendants. Et un comparatif proposé par le site Créer sa boite vous permettront de voir que les deux statuts existent mais que le législateur a créé un nouveau statut « bâtard » qui empiète sur l’autre. Il faut néanmoins indiquer que le montant facturé par les auto-entrepreneurs est limité à 80 000 euros pour le commerce et 32 000 euros pour les services.


        • monbula 11 septembre 2009 19:29

          Merci pour la réponse.


        • Yohan Yohan 11 septembre 2009 19:06

          Trop tôt pour tirer des plans sur la comète. Attendons véritablement d’en savoir plus


          • Annie 11 septembre 2009 20:14

            Je suis vraiment partagée à ce sujet. Le fait est que ce statut d’auto-entrepreneur a toujours été créé en période de crise pour éponger les taux de chômage. J’en parle d’autant plus savamment que je suis auto-entrepreneuse en Angleterre, et qu’effectivement lorsque j’ai commencé, il y a plus de 13 ans, je n’aurai pas pu vivre avec ce que je gagnais. D’un autre côté cela m’a permis à l’époque de supplémenter les revenus d’une famille dont seul le père travaillait (sans allocations familiales et sans aucune part fiscale pour mes deux enfants ou moi-même). La précarité, oui elle existe, et elle est même inhérente à ce statut, mais ce qui me gêne dans ce débat, c’est qu’il s’agit pratiquement d’une question de tout ou rien. Ce statut n’entame en rien les acquis des salariés mais il donne une chance à certains, en particulier ceux qui sont au chômage, de s’essayer à autre chose. Il conviendra à certains et pas à d’autres mais au bout du compte je me demande ce qu’ont à perdre ceux qui tentent l’aventure. Je précise qu’aujourd’hui je travaille à plein temps, et bien qu’il y ait un ralentissement du travail à cause de la crise, j’ai quand même conservé mes clients grâce à la qualité du service offert (enfin j’espère).


            • Grégoire Leclercq fedeae 12 septembre 2009 12:47

              Ne tirons pas trop vite sur ce statut, et appliquons en toutes circonstances méthode et rigueur.
              Un petit article de la Fédération des Auto-entrepreneurs qui remet en place quelques idées mal exprimées : http://www.federation-auto-entrepreneur.fr/actualites/statut/chiffre-daffaires-realise-par-les-auto-entrepreneurs-polemique-analyse


              • fopadéconé 2 avril 2012 23:19

                L’artisanat , c’est des millions d’électeurs et vous...avec votre million ! vous faites du chantage ?
                 « Nous sommes un million et nous votons , fait remarquer Grégoire Leclercq, président de la FEDAE.
                Le statut d’auto-entreprise est critiqué , parce qu’il n’est pas clair .
                La preuve , voir le nombre important d’inscrits qui exercent dans l’illégalité .
                Cela ne s’improvise pas de devenir un travailleur indépendant .


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 12 septembre 2009 14:36

                auto-entrepreneur , la plus géniale trouvaille depuis l’ invention de l’ ouvre-boîte .

                On a un projet , s’ inscrit , on se lance , c ’est dur , on se réalise , enfin on est libre .

                Plus de patron , plus de ceci de celà .

                Sauf qu’ il faut un savoir-faire et le faire-savoir .

                Ce qui n’ est pas à la portée du premier branleur veu .

                Voilà .


                • brieli67 12 septembre 2009 15:39

                  Par contre, je connais bon nombre de dames qui jeunes étaient très preneuses. Maintes franchises de bougeoises, peuvent être éstampillées « Belles de jour » à l’origine. 

                  Ah le capital des « Hôtesses de l’air » quand elles reviennent sur le plancher des vaches...

                  Gigolo et/ou « taxi »  à la Coupole ou dans les thés-dansants, un bon marche-pied !!

                • Paul Muad Dib 12 septembre 2009 18:37

                  est ce qu’un beauf se sent mieux après avoir méprisé . ??


                • rocla (haddock) rocla (haddock) 12 septembre 2009 14:58

                  C ’est r faire monter le scheumilblick cette question ?


                  • Paul Muad Dib 12 septembre 2009 16:33


                    salut ,ce statut existe dans les pays anglo-saxons depuis au moins 30 ans, ces pays sont dans la mouise-emploi ,malgré ce « bidule »génial....point barre..


                    • fredleborgne fredleborgne 12 septembre 2009 17:47

                      Le statut d’auto-entrepreneur est un peu « léger », néanmoins, il permet une certaine souplesse qui peut être à l’avantage temporaire de l’individu. très vite cependant, des dérives peuvent exister. De plus, les auto-entrepreneurs ne sont dispensés de certaines taxes et obligations que durant un laps de temps assez court. Il semblerait alors qu’au bout d’un moment, il vaut mieux « rentrer dans le rang » ou jeter l’éponge.
                      Plus grave, l’es créations d’auto-entreprise ont caché la fermeture d’entreprises classiques qui ont eu à subir gravement les effets de la crise (restrictions des consommateurs, désaffection systématique des banques...) mais c’est un autre débat.
                      Ce statut est pourtant intéressant, pour qu’un salarié ose enfin se lancer. Car la servitude du travail salarié (mal payé mais plus sûr que l’entreprise) est mise à mal par le chômage variable d’ajustement pour les gros bénéfices et par les délocalisations accélérées. Alors, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, même si, comme d’habitude, on ne peut pas faire confiance aux discours trompeurs du gouvernement


                      • ahmed 12 septembre 2009 18:31

                        Je pense qu’il faudrait tout de meme attendre un peu avant de faire un bilan.

                        Pour moi en tant que professionnel de l’accompagnement des demandeurs d’emploi vers la creation d’entreprise ce statut a plus d’avantage que d’inconvénient
                        En effet, moi qui est dans l’accompagnement des créateurs d’entreprises depuis plus de 11 ans, ce statut offre un véritable tremplin pour permettre au entrepreneur de se lancer en douceur.

                        Concernant le point sur le Chiffre d’affaires, il faut savoir qu’une entreprise réalise tres peu ou pas de chiffre d’affaires du tout lors les premiers mois notamment car elle met en place ses outils de communication et qu’il faut un temps de prospection.

                        Concernant le point sur les risques de faire appel a des auto-entrepreneurs au lieu d’embaucher un salarié, ce risque a toujours existé meme avec une entreprise classique. j’ai notamment en tete les transporteurs de colis (inferieur à 3 T5) ; tout le monde disait qu’il n’ y aurait plus de livreur salarié" . ce qui n’est pas le cas .

                        cordialement


                        • pigripi pigripi 12 septembre 2009 18:49

                          Atttention, les plafonds de 80 000 pour es artisans et 32 000 pour les services concernent le chiffre d’affaire et non pas le bénéfice.

                          Donc, si vous devez acheter du matériel et vous équiper, ça diminue votre bénéfice, sachant que l’auto entrepreneur n’est pas assujetti à la TVA. Il doit acheter son matériel et ses outils plein pot.

                          J’ai gagné environ 3 500 euros au cours du trimestre et j’ai dû verser 780 euros à l’Urssaf. En effet, le pourcentage de prélèvements est fixe, que l’on gagne quelques centaines d’euros ou des milliers. Il n’y a pas de variation en fonction du CA. 780 euros sur 3 500, c’est énorme ...parce qu’il ne reste pas grand chose...

                          Sur les 2220 restants, je dois déduire mon équipement, les dépenses supplémentaires d’électricité et de chauffage puisque je travaille chez moi et mes consommables. Soit environ 500 euros. J’ai de la chance, je n’avais pas besoin de faire de gros investissements mais quid des autres ?

                          J’ai donc fait un bénef de 1720 euros, soit environ 550 euros/mois.
                          Et je n’ai pas compté mes heures ...

                          C’est donc un statut de gagne misère, qui ne peut être qu’un maigre complément de revenu .

                          De leur côté, les entreprises adorent les auto entrepreneurs qu’elles peuvent virer du jour au lendemain sans explication, qui sont motivés et travaillent comme des esclaves pour se faire une clientèle et la conserver. Elles n’ont pas à payer de charges salariales ni à respecter le droit du travail puisqu’elles n’ont aucune responsabilité vis à vis de ces gens qui travaillent à la tâche en effectuant des prestations ponctuelles.

                          Je pense donc que le statut d’auto entrepreneur est un cadeau fait aux employeurs qui pleurent toujours après leur trop plein de charges. C’est aussi un moyen de créer des emplois sans investir un radis et, éventuellement, faire baisser les chiffres du chômage.
                          C’est aussi un moyen de récupérer des taxes sur les petits boulots.

                          Une belle mesure spectaculaire qui ne coûte rien pour le gouvernement et les patrons.


                          • Bernard Conte Bernard Conte 12 septembre 2009 19:51

                            L’autoentreprise, comme déjà souligné, c’est pour précariser sous prétexte de responsabiliser les gens, sous prétexte de les « libérer ».
                            Cela va de pair avec le microcrédit qui, on le voit au Sud, permet une surexploitation des bénéficiaires... J’ai écrit tout cela.


                            • Annie 12 septembre 2009 21:13

                              @Bernard Conte,
                              Je crois vous avoir déjà croisé auparavant à propos du microcrédit.
                              L’autoentreprise, ce n’est pas pour précariser dans la mesure où les gens sont déjà dans une situation de précarité. Sinon vous ne décideriez pas de vous lancer dans l’autoentreprise. Que demandez-vous à la place ? Le plein-emploi avec en prime la sécurité de l’emploi ? Moi aussi. 
                              En attendant, je vis de mon travail, et je suis reconnaissante que ce statut m’en ait donné la possibilité. Je ne me sens pas exploitée et je suis aussi précarisée que mon mari dont l’entreprise est en cours de « restructuration ».


                            • Eusèbe 12 septembre 2009 22:03

                              Bof, dans la boutique de ma femme, le patron a décrété que tous les salariés devaient passer en auto entrepreneurs, sous la menace : « sinon je ferme boutique ».
                              Exactement l’abus décrit dans l’article.

                              Alors, ce statut peut être utile aux chômeurs, mais comment empêcher la généralisation aux autres et donc une explosion de la précarité et le remplacement de l’emploi salarié ?


                            • Annie 12 septembre 2009 22:33

                              Vous sous-estimez la réalité, qui est que certaines fonctions ont été totalement outsourcées. Excusez-moi d’utiliser le mot anglais, mais cela revient à dire que personne ne vous employera avec vos compétences dans la mesure où cela revient moins cher de faire appel à un service extérieur. On peut le regretter, mais cela ne change rien au fait que si vous voulez travailler dans votre secteur d’activités, l’autoentreprise, ou bien l’entreprise tout court est votre seul débouché.
                              J’ai du mal à comprendre comment l’autoentreprise peut plus précariser les emplois que les contrats à durée déterminée.


                            • Eusèbe 13 septembre 2009 10:37

                              Dans l’exemple que je vous ai donné, les CDI ont été remplacés par de l’auto entreprenariat.
                              L’emploi est flexibilisé au maximum : vous êtes embauché à la tâche comme autrefois certains étaient embauchés à la demie journée.
                              Évidemment, pas de 35h, plus d’heures sup, possibilité de se retrouver sans boulot du jour au lendemain sans indemnité de licenciement. Le patron en question a de plus vaguement blagué sur le fait que partir en vacances l’été, c’était peut être pas une « bonne idée ».
                              D’ici à ce que ça devienne « partir en vacances tout court » : après tout, il n’a plus de compte à rendre légalement, y compris à l’inspection du travail.

                              Expliquez moi maintenant ce qu’on pourrait faire de plus précaire/flexible ?

                              Il ya ensuite le risque que les fonctionnaires ou salariés installés qui cumulent les 2 statuts, « débordent » sur l’emploi existant. A l’instar des heures sup défiscalisées, ceux qui ont déjà auront encore plus, les autres, encore moins.
                              Cela instaure une pression accrue sur les salariés, avec une nouvelle concurrence.
                              La défiscalisation n’augure rien de bon non plus dans les déficits sociaux...

                              Et puis, le travail n’est pas créé par le statut...


                            • Annie 13 septembre 2009 17:28

                              Vous avez tout à fait raison : l’emploi n’est pas créé par le statut. Haddock n’avait pas tort lorsqu’il parlait du verre à demi-vide ou à demi-plein. D’un côté on peut considérer que ce statut avantage les patrons qui profitent de la flexibilité d’emploi des salariés et de ne plus avoir à en supporter les charges ou bien avantage les auto-entrepreneurs qui se seraient retrouver sinon au chômage.
                              L’autoentrepreunariat ne s’est imposé en Angleterre qu’en l’absence de tout autre débouché. Peut-être la France n’en est-elle pas là, et la meilleure façon de le prouver serait l’échec de l’autoentreprenariat. C’est tout ce que je vous souhaite.


                            • rocla (haddock) rocla (haddock) 12 septembre 2009 21:00

                              l’ éternel verre à moitié vide et à moitié plein , si t’ as un mental de gagnant tu gagnes , si t’ as un mental de perdant ,comme beaucoup ici , ben tu perds .

                              C ’est pas plus compliqué que ça .


                              • jacques jacques 12 septembre 2009 23:14

                                Putain ,un filosofe sur ce forum.


                              • Takuan Takuan 13 septembre 2009 00:26

                                faire passer l’auto expoitation pour de l’auto entreprenariat,ça reste quand même une des plus belles arnaques de ces dernières années vis-à-vis du statut du travailleur,alors forcément,comme c’est encore une usine à gaz vouée au désastre,il vaut mieux embrouiller tout le monde sur les chiffres....ça occupe le populo à défaut d’autre chose.


                                • Paul Muad Dib 14 septembre 2009 12:37

                                  salut , visionnaire ce propos..salutations..


                                • rocla (haddock) rocla (haddock) 14 septembre 2009 12:50

                                  On en arrive à avoir une société où les gens préfèrent se suicider plutôt que de se prende en main ...

                                  L’ avenir est en marche ..


                                  • fopadéconé 2 mars 2012 23:54

                                    Le millionième auto-entrepreneur : c’est fait le Lundi 6 Février 2012 à 10:51
                                    Créé en 2009, le statut d’auto-entrepreneur a séduit un million de personnes en trois ans. La formule s’essouffle et devient un peu plus complexe qu’à son origine. Portrait d’un statut à succès, mais parfois controversé, avec son créateur François Hurel.

                                    François Hurel est le président de l’union des auto-entrepreneurs. C’est lui qui avait posé les bases de ce statut, en remettant un rapport en 2009, à Hervé Novelli, qui était à l’époque ministre des PME.
                                    Il en dresse les qualités et les limites.

                                    Commentaire par fopadéconé le 10 février 2012 @ 22:24
                                    Parlons concurrence : En Micro-entreprise et Auto-entrepreneur ,il est INTERDIT de faire de la location de matériels… !
                                    Voir sur les sites internet … le nombres de loueurs dans l’illégalité .
                                    Des prix défiants toute concurrence avec du matériels de bricoleur .
                                    Sans TVA et charges c’est facile de louer à bas prix .
                                    Le statut n’est pas respecté et PAS CLAIR .
                                    Dans beaucoup de métiers : il faut « diplôme » , « formation » , « décennal  » , « capacité de transport » .
                                    INTERDIT de faire du transport en auto-entrepreneur ! il est temps de vérifier les A-E dans l’illégalité !
                                    J’ai fermé mon entreprise de  » Location  » en juin 2011 après 16 années d’activité avec toutes les annonces qui me font concurrence .Aujourd’hui,je ne gagne plus rien et chaque jour qui passe me coûtent de l’argent sur mon entreprise .Tout le matériels est à l’abandon ! j’attends des explications sur cette anarchie .Pas sûre que les responsables réagissent sur ce sujet !
                                    Le statut A-E est intéressant pour un complément de salaire , mais pas pour un chômeur , vous perdez le bénéfice de vos droits si vous arrêter .


                                    • Yohan Yohan 3 mars 2012 00:05

                                      Il y a des dérives c’est clair (on peut aussi facilement sévir), mais pour un pays qui n’avait pas de réelle culture de création d’entreprise, on ne va pas encore une fois faire la fine bouche sur l’engouement. Moi ce qui m’intéresserait de savoir, c’est la proportion d’auto entrepreneurs qui ont basculé en statut classique, embauché et développé leur chiffre d’affaire à partir d’une idée, d’un projet personnel.

                                      Râler sur les côtés négatifs du statut, à quoi bon. Je préfère regarder le positif. Mais je vois que certains continuent de tout attendre de l’Etat providence.

                                      • fopadéconé 9 avril 2012 23:00

                                        Concurrence déloyale.
                                        Le statut n’est pas respecté
                                        Oui , il y a une concurrence déloyale.
                                        INTERDIT de faire de la location en auto-entrepreneur.
                                        Beaucoup sont dans l’illégalité.

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