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Accueil du site > Actualités > Economie > Aux origines de la crise financière !

Aux origines de la crise financière !

Les raisons de la crise financière exceptionnelle que le monde traverse sont multiples. Dans un de leurs numéros favoris, les politiques tentent de nous raconter de belles histoires qui ont l’avantage de nous simplifier le monde.

Les réunions du G4 et de l’EuroGroup n’empêcheront pas les bourses de continuer de dévisser.

Alors qu’elle explose à la face du monde aujourd’hui, la crise financière date en fait de 2005-2006 et de l’inversion du prix de l’immobilier américain. La de maintien de taux d’intérêts artificiellement bas de la part de la Fed américaine a singulièrement contribué à renforcer la création de la bulle.

Formation, informatique et complexité

Présenté comme le nouvel eldorado, la finance a su drainer des jeunes extrêmement doués dans le domaine des mathématiques et soucieux de s’enrichir vite et bien. Alors que l’informatique a amené la mise en place d’automates de trading sur les marchés “liquides”, ces as de la finance, à l’imagination fertile, ont créé des produits d’une complexité rare au point où une fois le produit créé, personne n’était capable véritablement de le comprendre. La première vraie et bonne question à se poser est de savoir comment des banques ont pu vendre des produits dont elles ne comprenaient rien. La deuxième interrogation porte sur l’acheteur final : comment a-t-il pu être aussi crédule… pour ne pas dire plus ? Et dire que Xavier Darcos s’apprête à supprimer l’enseignement de l’histoire-géographie et les mathématiques du tronc commun de la première ! L’objectif du n’est-il pas d’avoir des veaux ?

Actifs toxiques : des rendements à deux chiffres

Face à la croissance des prix de l’immobilier, les financiers à l’imagination fertile ont titrisé les crédits hypothécaires en les transformant en actions au travers de sociétés tierces. Adossés à la valeur de l’immobilier - et aussi à la solvabilité des acheteurs - , les titres de ces sociétés ont présenté des rendements qui pouvaient aller jusqu’à 35 %, leur valeur étant adossée aux anticipations irrationnelles rationnelles quant à la valeur de l’immobilier américain. Avec l’inversion du marché de l’immobilier, ces titres, disséminés dans le portefeuille des banques et des compagnies d’assurance (la France n’est pas épargnée), viennent grever les résultats financiers de ces professionnels du boursicotage, les zinzins.

Une faillite renforcée par les credit default swaps et les crédits interbancaires

Les swaps sont des mécanismes utiles en ce sens où ils protègent la banque du risque d’insolvabilité de l’emprunteur. La banque demande d’assurer ses crédits risqués auprès d’un autre organisme financier moyennant une prime de risque à s’acquitter jusqu’à la fin du remboursement du crédit. En cas de défaillance de l’emprunteur, c’est à l’assureur qu’échoie la charge de la rupture du paiement. L’inscription des swaps se fait aujourd’hui hors bilan. Il n’y a aucun moyen de connaître les engagements de l’assureur et du montant des risques qu’il supporte. En temps normal, l’assureur reçoit des primes sans fournir le moindre service. C’est du tout cuit jusqu’au jour où il faut couvrir le risque !

En dehors du refinancement qu’assurent les banques centrales auprès des organismes financiers, les banques en surplus de liquidités prêtent à leurs consœurs sur le marché interbancaire. En cas de défaillances en cascades, toutes les banques sont touchées, les plus liquides n’ayant plus la possibilité de récupérer leurs créances sur celles qui ont failli.

Crédit revolving et économie réelle

Dans un premier temps, croyant à un orage passager, les banques américaines, encouragées par la Fed et un taux d’escompte artificiellement bas, ont favorisé le crédit revolving. Avaient-elles le choix ? Déjà surendettés, les ménages américains, sous l’impact de la hausse de l’énergie et des matières premières, n’auront pas tenu longtemps.

Des irresponsables et des coupables

Les hasards de la vie professionnelle m’ont amené à travailler dans une banque qui est, en plein cœur de la tourmente. Lors de nos discussions, j’ai pu mesurer toute l’ampleur du problème lorsque certains salariés m’ont dit qu’il n’y avait plus aucune différence entre les produits d’épargne et la gestion des comptes de dépôts quant à leur usage. Autrement dit, la nature de la ressource est aujourd’hui complètement déconnectée de la nature de son emploi dans les banques françaises. Les connaisseurs du “vieux” monde bancaire et de ses règles apprécieront.

Qui est le responsable de cette débâcle ? Autrement dit, nous est-il possible de reprocher aux financiers de chercher à s’enrichir en jouant au casino ? A chaque annonce du , les bourses du monde entier continuent de dévisser. C’est vrai qu’il y a de quoi rire - ou de quoi pleurer - à l’annonce d’une nationalisation ou de la garantie par un Etat des flux des marchés interbancaires lorsque l’échelle est devenue internationale. Que dire encore de cette Europe dotée d’une banque centrale impuissante à agir en dehors de l’injection de liquidités qui, comme aux Etats-Unis, vont alimenter une nouvelle bulle et un nouveau krach si les règles ne changent pas ?

La perméabilité idéologique des élites politiques françaises et mondiales de droite et de gauche à la dérégulation des marchés financiers est, de mon point de vue, la seule responsable de la crise. Toujours à la remorque de ce monde qu’ils ne comprennent même plus, certains continuent de nous raconter le vieux conte d’Adam Smith selon lequel le marché tend spontanément à l’équilibre sous l’action d’une main invisible et bienveillante. Le pire est que cette histoire est aujourd’hui relayée par la gauche de gouvernement.

Complètement perdus, les mondes et médiatique nous déversent un océan de sornettes. “Il faut éviter 1929 par la mise en place d’un nouveau Bretton Woods.” Pour rappel, la crise de 1929 était une crise de surproduction d’un système international régulé par des Etats-nations omnipotents. Elle est née de l’assèchement en liquidités. La crise qui nous concerne, c’est tout l’inverse. C’est l’excès de liquidités qui, sans emploi, a contribué à constituer des bulles spéculatives : internet en 2000-2003 et l’immobilier depuis 2006. Quant à Bretton Woods, il s’agissait de la mise en place du dollar - seule monnaie du monde étalonnée en or - en tant que référence au système des changes. En quoi le retour à un système étalon d’ordre monétaire serait-il en capacité de résoudre une crise financière ?

Et les dindons ?

La force de cette belle histoire, très largement relayée par des médias aux bottes des pouvoirs économiques et politiques, a amené certains à croire au miracle de la capitalisation et de l’intéressement adossés sur la valeur des actions cotées en bourse. J’espère qu’ils comprendront qu’ils n’ont été que les dindons de la farce.

Que faire ?

Cette semaine, nous avons eu droit au numéro des régulateurs du vide. “Il faut réguler”, nous disent-ils. Oui, mais comment ?

En premier lieu, il convient de segmenter les marchés financiers et l’activité bancaire ainsi que la conception de produits qui empruntent au monétaire (change), au bancaire (crédits), à l’obligataire et aux actions. Il faut des limites à l’expression de l’imagination délirante. Les règles de gestion d’une banque d’affaires dont le métier s’appuie sur le prêt aux entreprises n’a rien à voir avec l’activité de banques de dépôts dont l’objet est de prêter, pour l’essentiel, aux particuliers. Il faut aussi imposer des règles plus strictes et différenciées sur l’emploi des ressources bancaires afin de favoriser l’économie réelle, veiller au respect strict des ratios des encours de crédits par rapport aux encours de dépôts selon la nature de la ressource. Enfin, il convient d’assurer davantage de transparence et de publicité autour des engagements hors bilan. En fusionnant les banques selon l’idée que Big is beautiful, nous fournissons des raisons endogènes à l’émergence d’une nouvelle bulle et d’un nouveau krach. La qualité de décision du financement bancaire passe par la proximité avec le monde réel. En France et ailleurs, nous n’en prenons pas le chemin.


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21 réactions à cet article    


  • Céphale Céphale 15 octobre 2008 13:54

    @ L’auteur

    Permettez-moi de répéter le commentaire que j’ai mis hier sur un autre article :

    Quand le papier monnaie a été inventé par Law en 1716, il était gagé sur des terres. On pouvait l’échanger contre du solide, du moins en théorie. La fameuse banqueroute s’est produite quand les gens ont compris que c’était impossible parce qu’il y avait beaucoup trop de papier en circulation.

    Maintenant, le papier monnaie (dollar, euro, sterling etc.), ainsi que les obligations des Etats et les obligations des banques (monnaie au sens large) ne sont gagés sur rien. La monnaie est émise "ex nihilo". C’est pourquoi le système ne tient que si tout le monde a confiance dans cette gigantesque pyramide de dettes mystérieusement suspendue dans les airs.

    En janvier, Sarkozy déclarait que "les caisses sont vides". Maintenant, elles sont remplies de 360 milliards d’euros, et les spéculateurs se frottent les mains. Cherchez l’erreur.


    • Newtoon 15 octobre 2008 14:21

      C’est ce que j’explique dans un essai (assez long mais très complet) :

      http://www.sp-wiki.com/dotclear/ecrire/poster.php?post_id=202

      Le mot "pyramide" n’est pas de trop ...

      PS : j’ai envoyé un résumé à Agoravox : on verra si je suis publié.


    • Newtoon 15 octobre 2008 14:26

       PARDON !

      http://www.sp-wiki.com/dotclear/index.php?2008/10/14/202-essai-sur-la-crise

       Lien précédent incorrect ... désolé ! ;)









    • Traroth Traroth 15 octobre 2008 18:15

      Même problématique pour les assignats, qui étaient indexés sur les biens confisqués à l’Eglise.


    • HELIOS HELIOS 15 octobre 2008 15:02

      Sympathiquement présenté votre article... mais il pêche quand meme (de mon point de vue) par une attaque en règle des outils. Les credits, les junk ou quelque titrisation que ce soit ne sont pas en eux même "toxiques".

      On peut même penser que ce sont d’excellents outils, pas si mal maitrisé du tout, contrairement a ce que vous affirmez. Discutez vous avec votre garagiste des caracteristiques du calculateur d’allumage de votre voiture ? non bien sur, et ce n’est pas parce que le mecano de quartier ne comprend pas lui non plus, que cela en fait un mauvais instrument.

      Comme d’habitude, c’est l’usage qui en est fait qui est a denoncer. Il se trouve qu’aucune déontologie n’accompagne l’activité bancaire en général. La seule qui existe a ma connaissance, c’est l’application du blanchiment d’argent a l’echelle des "petits" clients (versement ou transfert superieur a 10 000$) car vous savez comme moi qu’a un autre niveau, le controle du blanchiement n’est pas pratiqué et l’opacité de Clearstream est la pour le prouver.

      Attribuer donc l’origine de la crise aux banques et a leurs outils, c’est hurler avec les loups. Les pratiques douteuses de certains banquiers, les risques pris ont entrainé la crise que nous connaissons MAIS, ces risques seraient passés inaperçus si quelque chose n’avait pas changé entre temps., puisque ces outils ne sont pas apparus hier.

      L’origine de la crise est essentiellement du a la RECESSION des economies occidentales. Cette recession est la consequence de deux phenomènes majeurs dans leurs consequences :

      1) la baisse du pouvoir d’achat des menages. Cette baisse est due a une contraction de l’activité et une baisse significative des salaires. Les entreprises ont voulu acquerir une competitivité incompatible avec les regles sociales. tant que la productivité a reussi a compenser, pas de problème. lorsque les salaires ont baissés, là l’economie a basculé, les clients nont plus eu assez d’argent pour acheter, donc decrochage de la production qui avait deja a affronter la concurrence exterieure... baisse de production, augmentation des coups et perte de competitivité, baisse des salaires et licenciement... la spirale infernale. ce qui me fait enchainere avec le point suivant.

      2) l’ouverture des marchés et la délocalisation sauvage. Les tissus industriels de nos pays se sont délités et ont disparus. Par exemple en France, si vous voulez realisez un prototype de n’importe quoi electronique vous ne trouvez plus personne pour le faire. Plus industriel, cherchez une fonderie qui vous pratiquera un ou deux modèle qui vous permet de developper ensuite une gamme : impossible toujours. Le marché est alimenté par les importations (essentiellement asiatique) ... mais même a bas prix, ces importations coutent car il faut bien les payer dans un circuit financier exterieur ! Regardez depuis combien de temps nos chiffres du commerce exterieur sont mauvais !

      Ces deux causes, baisse du pouvoir d’achat, baisse des tissus economiques ont retirés aux banques leur marge de "predation" sur les circuits economiques. Si une banque vivait, avant, avec 3% de prelevement sur une economie de 1000 milliard d’euros (ou de dollars, peu importe) ce qui fait
      30 milliards quand même, avec la contraction economique les 1000 milliard s’etant transformés en 900 ou 800 ou 700 milliards leur predation n’atteindra "que" 24 milliards (cas 800 MM). ce "manque a gagner", combiné a d’autres conditions telles que l’augmentation des ambitions, le service des dettes etc ont plombé les liquidités qui nous font apprecier aujourd’hui les consequences.

      Et ce ne sont pas les annonces qui nous sont faites aujourd’hui, d’une indecences qui me font trouver les sifflets de la marseillaise comme une simple blague de gamins de 13 ans ! Si le soutiens de certains organismes financiers me semble de bon aloi, mais pas du tout imperatifs, ce sont deux points ESSENTIELS qui font que notre système economique va s’en sortir.

      D’abord une politique necessaire de controle des flux, financiers mais aussi materiels. Plus question de libre echanges sans régulation. Pas question de contrôler le Togo (quoi que) mais pas question de laisser circuler les produits chinois, vietnamiens etc sans en assumer la coherence avec nos propres marches, et en plus, cela fera du bien a la planete !

      ensuite, une politique forte, volontaire de reequilibrage du ratio Capital/Travail et generant une forte hausse des salaires, avec si necessaire une mesure de blocage des prix temporaire afin d’eviter les abus.

      Il faut comprendre que le resultat, même s’il passe par une augmentation de l’inflation est la seule qui permette a nos economies de repartir, tant pis pour la croissance chinoise, tant pis pour les rentiers. Quand aux parachutes... quand tout le monde vit bien, personne ne s’en preoccupe !

      Merci de m’avoir lu jusque là.


      • Céphale Céphale 15 octobre 2008 16:09

        @ Helios

        Désolé de vous contredire, mais certains outils financiers comme les junk bonds sont intrinsèquement toxiques. L’origine de la crise n’est pas un marasme économique mais une perte de confiance des acteurs du système financier.

        En écrivant "les tissus industriels de nos pays se sont délités et on disparus" vous caricaturez la situation. La France et l’Allemagne ont encore un tissu industriel solide. Ce n’est pas le cas de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis (dont le déficit du commerce extérieur est de 800 milliards de dollars). Il ne faut pas tout mélanger.



      • Denis Szalkowski Denis Szalkowski 15 octobre 2008 17:30

        @Helios

        Les CDS ne sont pas le mal absolu. En revanche, leur sur-utilisation, l’absence de réglementation en ont fait un marché attractif et incontrôlé dont on mesure les effets aujourd’hui. Je suis en désaccord avec vous sur la titrisation du fait qu’elle contribue au mélange des flux. Je crois que, sur le strict plan financier, il faut y voir l’origine du problème même si la bonne raison invoquée est effectivement la dilution du risque.

        C’est la bulle immobilière couplée à la hausse des matières 1ières, de l’énergie et des aliments et donc à la baisse du pouvoir d’achat qui a été le catalyseur. Mais mon article illustre les raisons structurelles sur le plan du fonctionnement du marché financier à la crise.

        J’ai fait un article sur ce que je crois être les raisons de la panne de l’offre. J’espère qu’il sera publié rapidement. Je pense qu’il vous intéressera.

        @Philippe

        Merci. FFF ? ;+)


      • Peretz Peretz 15 octobre 2008 17:44

        C’est très exactement ce que j’ai dit ailleurs. Trop de crédit tue le crédit. Le crédit a fait tourner la machine depuis de lustres. Mais il était adossé sur deux locomotives : la reconstruction et la voiture. Ces deux industries qui ont tiré l’économie depuis l’après-guerre sont en perte de vitesse.Voir les abandons et les licenciements de Général Motor, Ford, les délocalisations, et les reprises in extremis de 40.000 logements en France, etc. Ces deux branches sont en cours de saturation. En toute logique, je suis d’accord là-dessus, il faudrait faire monter brutalement les bas salaires, ce qui redonnerait du pouvoir d’achat réel, non basé sur le crédit à tout va. Malheureusement il aurait fallu commencer bien avant la crise. Mais allez donc amputer les marges des grandes entreprises autrement que par force ! Le problème est que si on ne le fait pas maintenant, il faudra le faire plus tard : aller chercher l’argent là où il est (avec les dents) dans des conditions d’extrême urgence, ce qui risque de faire encore plus de dégâts (chômage exponentiel) www.citoyenreferent.fr


      • xa 16 octobre 2008 10:40

        "Désolé de vous contredire, mais certains outils financiers comme les junk bonds sont intrinsèquement toxiques."

        Les junk bonds ne sont pas un outil financier spécifique. C’est un terme qu’on colle sur des obligations pourries, c’est à dire des obigations dont la probabilité de remboursement est très faible, donc le risque de perte énorme. Une obligation créée par une entreprise pour se financer devient un junk lorsque la notation de l’entreprise s’effondre (ie : on pense que l’entreprise ne pourra pas rembourser ses dettes). Elle pert ce surnom lorsque l’entreprise se redresse et se retrouve dans une meilleure position pour honorer ses dettes.

        Les junk sont intrinsèquement des actifs pourris, puisque quasiment personne ne veut en acheter vu le risque, mais aussi des actifs extrèmement spéculatif puisque si la situation se renversent, ils prennent énormément de valeur. Mais ce ne sont pas un outil.


      • HELIOS HELIOS 15 octobre 2008 19:57

        Merci a vous, Cephale et l’auteur, en particulier, d’avoir pris le temps de lire et de répondre.

        Aller plus loin dans le débat nous entrainerai trop loin pour ce type de commentaires.

        Sur vos propos, je vous suis en parti.. seulement. Pour notre tissu économiques, nous ne faisons plus que "vendre" et nous ne produisons qu’un minimum. nous ne reparons même plus, nous changeons. Les quelques secteurs restants sont miserables, je vous encourage, mais vous le faites surement a examiner les détails de notre commerce exterieur, le notre mais également celui de l’europe toute entiere.

        Pour les produits bancaires, on peut toujours trouver un produit "douteux" en fait plus douteux qu’un autre. Je ne veux pas "blanchir" les banques et les etablissements financiers, je veux simplement faire remarquer que tout le buzz qui est fait sur la "Crise" actuelle est, me semble-t-il, abusif et stigmatisant alors que les conditions sont fondamentalement autres et plus profondes.

        Je peux prendre les paris sur la non-reprise des bourses dans les semaines qui viennent car, même si par la volonté dun bon genie la confiance revenait, ce ne ferait pas produire plus les entreprises qui n’arrivent pas a ecouler leur production.

        Exactement comme l’ouverture des magasins le dimanche ! quand on a un smic a dépenser en 25 jours, ce n’est pas en rajoutanyt 5 dimanches que cela changera quelque chose. nous nous retrouverons comme aux USA avec des supermarchés vides la semaine et plein le samedi et le dimanche, d’autant plus vide que les opportunités de divertissements, culturels ou non sont de plus en plus couteuses.


      • finael finael 15 octobre 2008 17:38

        J’en ai marre des zexperts en "science" économique !

        Il n’y a pas plus d’experts que de science en économie.

        Vous pouvez nous expliquer tout ce que vous voudrez sur tels ou tels outils, et dénoncer les "politiques" qui, de toutes façons ne sont que des marionnettes aux mains des "grands argentiers".

         Il finira bien par exploser à la face du monde que tous ces discours ne sont que du vent - ou si vous préférez le "voile pudique des affaires".

         Poussés par "l’avidité des riches" (l’expression est quand même d’Adam Smith) nos sociétés se sont engagées dans des voies sans issues où la montée des inégalités, du chômage, de la pauvreté de la majorité de la population de la planète, du gaspillage de ses richesses ne peuvent mener qu’au désastre.

         En même temps on voit se multiplier les "services de sécurité", la surveillance des "classes dangereuses" - pardon, des citoyens lambda (le projet Edwige ne faisait qu’entériner ce qui se passe déjà), les murs et les guerres "préemptives".

         La crise n’est pas financière, elle est sociétale : Ce sont nos sociétés qui sont en crise (que l’on essaye d’atomiser en crises différentes - diviser pour mieux régner)

         Et tandis que vous, et d’autres ici, étalent leur "science", les gens voient leur monde s’effondrer.

         Si vous aviez un tant soit peu de mémoire et de culture historique, vous sauriez comment cela va se terminer. Et cela n’a rien de réjouissant !


        • verbre verbre 15 octobre 2008 22:32

          Moi aussi... Mon rêve c’est que tout le monde perde ce foutu pognon. Comme ça on va pouvoir discuter non pas d’outils auxquels même les spécialistes ne comprennent rien puisqu’ils ne sont pas d’accord entre eux, mais de LA SOCIETE, et mondiale s’il vous plait.
          C’est pas compliqué, on veut tous être heureux. Santé, amour, joie, à l’abri d’un toît et participer.
          C’est la fin messieurs les apprentis sorciers ! Ce qui va être dévoilé, c’est bien l’arnaque séculaire de votre monde.


        • philbrasov 15 octobre 2008 21:02

          faudra que tous nos "experts en économie nous explique pourquoi les USA remettent au bassinet que 1000 malheureux milliards de US$ et nos 5 plus grands pays européens 2400 milliards de euro.
          Ces 5 pays ne représentant pas au total le PIB US.

          Et auront nous un jour, les pertes énormes des pays émergents ?????? chine , russie Inde ????
          Et que dire aussi du MOYEN ORIENT.... Notamment l’IRAN, l4Arabie saoudite et les pays du golfe en général......
          JAMAIS....
          MAIS CONSIDERABLE....sans doute des milliers de milliards de US$.



          or les USA sont débiteurs vis a vis de ces pays..... Cette crise, affaiblie le créditeur au profit du débiteur.

          bizarre bizzare....
          Dans cette crise, que des perdants certe, mais qui perd le PLUS.....
          les USA OU LES RESTE DU MONDE ???

          Je suis enclin à penser, que les USA, ne pouvaient à terme maintenir leurs positions,et ont décidé, de ruiner leurs créanciers.......
          Tout en sachant que ;

          - l’Europe pourrait se maintenir car riche, tout en l’affaiblissant , par l’obligation d’augmenter leurs impôts donc les marges de leurs entreprises moins compétitives vis a vis des entreprises US.... car c’est un vaste mensonge de faire croire que les européens ne payeront pas les 2400 milliards de euro dégagés pour éviter que l’économie s’éffondre.
          ON PAYERA.... et cher.... dans les futures années et plus que les citoyens US....

          - le moyen orient pourra réagir car sa manne pétrolière est encore énorme, mais sera un petit plus enclin à être très très prudent vis à vis des USA..... LA capacité financière de nuire des USA est bien plus grande que les 200 000 GIS cantonnés dans leurs contrées...
          le moyen orient fera le gros dos et sera enclin a dialoguer avec les USA.....notamment l’Iran à bout de souffle...

          - enfin la chine.....pour qui cette crise est un véritable désastre......... probablement le pays le touché par cette "crise"...

          pour conclure, dans ce jeu de dupes, ou tous les joueurs ont été perdants. ; certains ont perdu plus que les autres .......... 

          Et sur un champ de bataille, même si les morts se rammasent à la pelle, le vainqueur est celui qu a eu le moins de pertes.........
          le capitalisme d’adam smith est bien loin de ce que nous venons de vivre.......
          Une véritable guerre avec des morts, mais des économiquement morts........




          • millesime 15 octobre 2008 21:25

            il reste à savoir si la Chine, et le Japon notamment, qui détiennent des montagnes de dollars sous forme de bon du Trésor US, vont accepter d’être "bernés" sans réagir.
            Les chinois vont peut-être attendre les élections US .avant de larguer le dollar...les manipulations en cours leur permettront de se débarrasser de ce dernier aux meilleures conditions et ce au frais de toutes les banques centrales qui soutiennent artificiellement le rebond du $ à grand frais...(après ou juste avant les élections américaines ???)


          • Serge Serge 15 octobre 2008 21:42

            Dans le discours de Fillon pour faire entériner le sauvetge des Banques par des fonds publics il y a cet engagement : "il n’est pas concevable que les banques se lancent avec ces fonds dans des stratégies d’expansion prédatrices" ; que la chose est bien dite et j’approuve.Sauf que c’est de la poudre aux yeux pour tromper le citoyen lambda et le rassurer quand à l’utilisation de son argent.Pourquoi ? La BNP-Paribas a racheté la banque Fortis pour 15 milliards d’euros sans que le gouvernement ne trouve rien à redire !!!


            • finael finael 15 octobre 2008 22:46

               Aux origines de la crise - qui dépasse de loin la finance il y a cette notion folle : que l’argent puisse "faire des petits". S’auto-reproduire.

               Personne n’a jamais trouvé "d’arbre à billets".

               L’argent n’est qu’un moyen d’échanger des richesses et ces richesses ne proviennent que de deux sources : la nature et le travail.

               Tout le reste n’est que poudre aux yeux et beaux discours destinés à faire croire que les riches doivent, par le fait qu’ils le sont, devenir encore plus riches ; et que les autres doivent être soumis à ceux-ci par des lois qui ne sont plus divines, mais "naturelles", et rester pauvres ou le devenir !


              • Danjou 16 octobre 2008 09:22

                Article excellent. Bravo pour la qualité de votre analyse. Je partage votre point de vue quand vous dites que ce sont les politiques qui sont responsables de cette catastrophe car c’est bien eux qui auraient du définir des règles(finance, commerce, échanges etc...) éfficientes et les faire appliquer. Dans l’intérêt des peuples et non pour quelques uns...L’idéologie de Chicago a fait des ravages dans les têtes.


                • logan 16 octobre 2008 09:35

                  Bonjour, vous vous trompez sur la crise de 1929, elle est exactement de même nature

                  L’assèchement du crédit dont vous parlez n’est que l’ultime conséquence de la crise, la crise actuelle risque à tout moment de basculer dans un tel dénouement, il suffit que les épargnants paniquent et retirent leurs économies des banques.

                  En réalité la crise de 1929 et la crise actuelle sont dues toutes les deux à l’éclatement d’une bulle spéculative. La seule différence c’est qu’en 1929 cette bulle était le fruit de pratiques peu scrupuleuses des banquiers de l’époque, pratiques qui ont été interdites depuis. Aujourd’hui c’est l’éclatement de la bulle immobilière qui a provoqué les mêmes effets.


                  • Icare 16 octobre 2008 11:04

                    @ Denis

                    Je ne partage pas complètement votre point de vue concernant Bretton Woods.

                    Je pense au contraire qu’il faut un nouveau BRETTON WOODS, mais il ne doit pas être dirigé par les mêmes personnes responsables de la crise actuelle.

                    Cela risque d’être dur mais on peut toujours y croire ...

                    Pour finir, je ne saurais que trop vous conseiller de lire les liens suivants :

                    Solidarité et progrès vu par Lyndon Larouche et Jacques Cheminade

                    Arrêtons l’inondation monétariste

                    Extrait :

                    1. Mettre en banqueroute organisée les prédateurs financiers, en conservant les créances légitimes liées au fonctionnement de l’économie réelle et en éliminant ou en soumettant à un moratoire celles qui sont associées à des paris. Si l’on veut rétablir un ordre juste, il faut d’abord assainir le terrain sur lequel on opère.

                    2. Interdire les montages spéculatifs, c’est-à-dire ceux des hedge funds et tous les produits dérivés autres que ceux établis à des fins d’assurance correspondant à des opérations sur biens réels, et fermer les paradis fiscaux à partir desquels ces montages sont organisés.

                    3. Passer d’un système monétariste - l’actuel, dans lequel l’émission de monnaie est de fait aux mains des banques et des sociétés d’assurance, qui sont les instruments d’une oligarchie mondialiste installée principalement à Londres - à un système de crédit productif public, dans lequel les Etats émettent du crédit-monnaie pour l’équipement de l’homme et de la nature. Ce système est par définition anti-inflationniste, car il est anticipateur de production de richesse physique accrue par tête, par unité de surface et par ménage.

                    4. Donner pour valeur réelle à l’accord l’équipement du monde, sur la base du travail humain, c’est-à-dire d’un programme de grands travaux convenu entre l’alliance d’Etats-nations souverains participant à l’entreprise.

                    5. Etablir des taux de change fixes entre devises et régler le solde des échanges commerciaux et financiers sur la base d’une valeur de référence au prix convenu entre Etats, or ou panier de produits correspondant aux dépenses indispensables aux êtres humains, dites aujourd’hui « contraintes » ( alimentation, habillement, transport, logement).

                    Et pour ceux qui préfèrent les vidéos :

                    la monnaie comme dette (indispensable pour bien comprendre la crise actuelle)


                    • moebius 16 octobre 2008 13:55

                      les origines de la crise ne sont ni financières ni économiques elles sont avant tout sociales. Pour le moment nous en sommes encore très loin ; à la fin de la crise financière et au tout début de la crise économique. Résoudre ce problème intellectuellement n’a aucun sens pas plus que de chercher son origine. Agir sur l’origine ou les origines n’épuise pas la crise. La crise n’a ni commencement ni fin seulement des moment d’ intensité variable . Cette intensité est fonction de l’urgence des décisions qui sont à prendre sur des plan divers. Plan financier, plan économique, plan des rapports sociaux. C’est le dernier qui hiérarchiquement est le premier parce qu’il détermine tout les autres. La question que l’on est en droit de se poser est peu apporter une réponse a un probléme qui n’est pas posé en terme théorique. S’il y a encore une vague théorie économique (je ne parle méme pas ici de technique financiére) il n’y a plus et c’est inquiétant, de théorie politique valide


                      • @politique @politique 17 octobre 2008 18:53

                        crise...
                         crise des costumes caravates, crise du pouvoir, crise des branleurs de services...
                        J’emmerde la crise, juste du papier, du vent, de l’arogance abstraite.
                        La crise est un outil, tout comme la lutte des classes. Pour enrichir, il faut tjrs passer par des héros anonymes, qui se sacrifieront et se sont sacrifiés depuis tellement longtemps par bonté d’âme pour l’humanité et l’espoir qu’ils placent en elle, en leurs frères succésseurs...
                        Certains n’ont jamais pris conscience de l’importance de ce communautarisme à l’echelle planétaire. Ces gens là pour moi ne vallent rien de bon pour l’humanité, mais je ne leur en veut pas , ils sont ainsi ...Ils la sabotent à petit feux, savourant l’instant present et effémère de leur simple existence. Ils se moquent épèrduement d’être une entrave à l’épanouissement, au bien être de notre espèce dans son cadre naturel.
                        Point.

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