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Aux sources de l’inflation

L’impact de la hausse sans précédent des prix du pétrole sur la croissance économique mondiale ces dernières années a souvent été sous estimé, une progression supplémentaire de ces tarifs aujourd’hui serait à l’évidence génératrice d’inflation.

Le terreau n’est certes pas favorable à l’inflation actuellement tant il est vrai que commerçants, industries et services ne peuvent monter leurs prix dans une telle conjoncture économique encore anémique. Néanmoins, certains foyers d’inflation - localisés dans un premier temps mais susceptibles d’échapper à tout contrôle - ont tendance à s’allumer quasi spontanément dès lors qu’une économie souffre de déséquilibres structurels. Le scénario classique d’une inflation ne touchant traditionnellement pas une économie faible peut en effet être démenti dans un cadre plus général d’une économie inondée de liquidités excessives qui iront tout naturellement se loger dans des niches instables.

A l’instar d’un volcan dormant, cette niche ou ces niches subitement arrosées de liquidités seraient ainsi revitalisées et atteintes par un vertige inflationniste qui contaminerait alors l’ensemble des secteurs économiques. De plus, la seule anticipation d’une augmentation des prix dans un domaine ou dans une matière économiques importants suffirait à rallumer le foyer d’une inflation qui se répandrait alors sur l’ensemble du spectre.

La rétablissement spectaculaire des prix pétroliers ayant doublé ces derniers mois n’est donc pas nécessairement un signal fort de la reprise économique mondiale et ce d’autant que la demande mondiale de pétrole a décliné sur cette même période. L’excès phénoménal de liquidités au niveau global est la raison principale de la récente ascension des tarifs énergétiques et ce dans un contexte de marchés financiers aisément accessibles à tout investisseur et spéculateur qui réagit à toute menace inflationniste en faisant lui-même ses propres achats de pétrole à terme sur les marchés !

De plus, comme plus de 80% des réserves pétrolières sont aux mains d’Etats qui ne réagissent pas en produisant plus dès lors que les prix s’emballent et qui ne réduisent pas rapidement leur consommation en cas de flambée tarifaire, les prix pétroliers sont modérément corrélés à l’offre et à la demande. Ainsi, eu égard à sa sensibilité relative à la loi de l’offre et de la demande dans un environnement financier extrêmement développé et dans un univers où les Etats ne calquent pas leurs politiques de production, de consommation et de réserves en fonction des prix, le pétrole en devient dès lors une jauge d’inflation idéale qui absorbe les excès de liquidités d’investisseurs ayant trouvé un instrument fiable de mesure de l’inflation. 

Il est fort probable que ces prix pétroliers doublent encore à moyen terme, dopés par un environnement où les Banques Centrales ne sont pas prêtes à remonter leurs taux d’intérêts. En fait, la crainte (justifiée) des responsables économiques de casser les conditions d’une fragile reprise économique devrait favoriser directement une inflation qui progressera plus rapidement que les taux d’intérêts. 


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6 réactions à cet article    


  • perlseb 26 septembre 2009 18:10

    Avec le pic pétrolier (baisse de l’offre malgré une demande soutenue : Chine, Inde,...), on ne peut pas s’attendre à une baisse du prix du pétrole (même si on le payait avec autre chose qu’une monnaie de singes).

    La hausse du pétrole est la meilleure chose qui puisse nous arriver : les solutions alternatives seront forcément plus acceptable pour la planète (et pour nos oreilles) et il sera très difficile de centraliser les revenus liés à l’’énergie comme on l’a fait jusqu’à présent si le solaire devient finalement la plus rentable des sources (ce qui est fort probable, n’en déplaisent à ceux qui croient à l’énergie de fusion, projet ITER, par exemple).

    Le pétrole restera peut-être un des symboles du capitalisme : comment des ressources qui, au départ, n’appartiennent à personne, permettent à certains de vivre grassement sur le dos des autres.


    • Blackeagle 26 septembre 2009 19:37

      L’inflation n’est PAS génératrice de crise économique. Au contraire, l’inflation est généralement liés à une expension economique, même si cette loi n’est pas toujours vérifiée. Celà pour deux raisons :
      1. Une inflation forte est défavorable à l’épargne
      2. Une inflation forte est favorble à l’investissement « productif » car elle place l’emprunteur en position favorable
       
      Cependant, l’iinflation a été vecu comme un grand mal, lors des fortes inflations des années 70.
      Pour la majorité de la population, cette inflation n’était pourtant pas si mauvaise.
      Psychologiquement, l’inflation fut pourtant trés mal vécu car une hausse continue des prix, même si elle est accompagnée d’une hausse des salaires, est perçu comme un recul du pouvoir d’achat. De plus, la perte en valeur par les petit epargant de leur epargne est vecu comme une injustice difficilement soutenable.

      L’inflation est pourtant par ces mécanismes un phénomène redistributif puisqu’il place l’emprunteur en position favorable face au crediteur.


      • Blackeagle 26 septembre 2009 19:47

        J’ajouterai, que dans le situation actulle, une inflation Forte est plus que SOUHAITABLE. Tout du moins pour les pays occidentaux. En effet, l’inflation permetrai en quelque sorte d’annuller toute les dettes. Celà serai profitable pour
        1. La majorité de la population.
        2. Les états trés endettés.
        3. Les entreprises.
        En revanche, celà serai nuisible aux détenteurs de dette :
        1. Les Banques
        2. La Chine
        3. Les classes trés favorisés.

        Par conséquent, même si une politique d’expension monétaire sans précédent est suivie par les USA dans l’espoir probable de voir apparaitre une inflation forte, les banques, la chine et les classes favorisées font tout pour empécher l’apparition de cette inflation forte. Sauf qu’ils construisent un barrage et que si jamais ce barrage cède, ce qui est probable, ce sera alors de l’hyperinflation, Et là se sera nuisible à tous. Autrement dit, ces gens font comme d’habitude, ils prennent toute le population en otage au lieu d’adopter une attitude responsable. Ils l’ont déjà fait avec les Subprime et la « rançon » a été payée.

        J’ajoute qu’une inflation forte fragiliseai encore le statut de monnaie mondiale du dollar. Mais, les USA ont déjà prévu de changer de monnaie, alors ????


        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 septembre 2009 22:00

          Les classes très favorisées sont généralement propriétaires ( majoritaires ou minoritaires via leurs actions ) des entreprises, ce qui les met à l’abri de l’inflation : il reste donc les banques et les Chinois !

          Les banques faisant partie du groupe des entreprises, il ne reste donc que les Chinois - ou plus exactement, les « heureux  » détenteurs d’obligations ... que votre banquier essaie de vous refourger dans sa super-sicav-défensive-qui-vous-met-à-l’abri-des-incertitudes- de-la-bourse...

          Donc, ça concerne finalement essentiellement les personnes qui essaient de se constituer une pension complémentaire en faisant confiance à leur banquier ou les Etats qui sont assez stupides pour acheter des bons d’etat des autres pays au lieu d’investir chez eux ...

          C’est une situation Darwinienne !



        • Daniel Roux Daniel Roux 26 septembre 2009 19:54

          La guerre annoncée contre l’Iran devrait provoquer une envolée historique des cours d’ici à la fin de l’année, probablement au-dessus des 100 dollars le baril.

          Les conséquences vont être difficiles pour les consommateurs d’Europe et Amérique du nord, pénibles pour les Chinois et les habitants des autres pays émergents, désastreuses pour les habitants des pays pauvres.

          Les seuls à en profiter seront les riches actionnaires des méga entreprises de l’énergie et du complexe militaro média industriel comme d’habitude. Ce n’est pas un hasard s’ils sont à l’origine de la résurrection de Sarko « le looser » et de l’élection de Sarko « l’américain » devenu Sarko « le destructeur » puis Sarko « le vindicatif ». La fin de son mandat risque d’être encore plus catastrophique pour notre pays que son début.


          • lechoux 29 septembre 2009 10:55

            L’histoire se souviendra du début du millénaire comme une période insignifiante, sans épaisseur, sans but, faite d’apparences, de lâcheté et d’hypocrisie.
            Concernant la guerre avec l’Iran, les hégémonistes qui manipulent et instrumentalisent l’occident pour leur dessein d’un grand moyen orient, auraient dû se méfier des iraniens. Ces derniers ont joué les faibles jusque là, laissant croire à leurs ennemis qu’ils étaient les plus forts ( Sun Tsé : rassure ton ennemis, laisse-lui croire qu’il est le plus fort), viennent de donner une leçon à l’occident, chien docile des égémonistes.
            Tout pays est libre de se donner les moyens de sa survie, quelque soit la légitimité de son gouvernement.
            S’il y a une guerre, nous iront de surprises en surprises.
            L’histoire se souviendra du début du millénaire comme le début du déclin du docile chien occidental, de sa chute, de sa mise en esclavage et surtout de sa prétention, de sa servilité vis à vis des égémonistes qui, pour tout le millénaire, laisseront leurs enfants et leurs petits enfants leur embrasser l’anus pour les remercier d’avoir donné leur sang pour l’apogée de leur égémonie.

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