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Accueil du site > Actualités > Economie > Avec l’Allemagne, point de salut ?

Avec l’Allemagne, point de salut ?

Au risque de paraître répétitif, l’Union Européenne - sous sa forme actuelle tout au moins - a vécu car certaines devises nationales comme la Drachme, la Peseta...ou le Deutschmark referont leur apparition ! Monnaies nationales dont la disparition devait, par delà l’introduction de l’Euro, symboliser un moteur Européen synonyme d’intégration politique et de prospérité économique. Car la réunification et l’harmonisation Européennes se feraient donc via - et grâce à - la monnaie unique : Objectif illusoire qui donna ainsi des ailes aux dirigeants de l’époque persuadés que c’est l’Euro - donc l’argent ! - qui motiverait et présiderait à des politiques communes ! Ne vous y trompez pas : les tensions épisodiques mais récurrentes du passé très récent et la crise d’aujourd’hui ne sont ni plus ni moins le produit de cette décision hâtive de réunifier l’Europe sur des bases purement capitalistiques où l’intérêt pécuniaire serait le seul fondement.

Pierre angulaire de cette construction, la Banque Centrale Européenne était ainsi dès sa création dotée d’un pouvoir autrement plus significatif que ses autres consoeurs Banques Centrales. En effet, outre sa mission traditionnelle en matière de politique monétaire, elle devait également parachever l’unité - matérialiste cela va de soi ! - de l’Union et ce aux dépens d’une transparence pourtant élémentaire. Qui sait que les minutes des réunions de la BCE sont tenues secrètes pendant 30 ans alors que celles de la Réserve Fédérale US sont systématiquement rendues publiques après trois semaines ? C’est pourtant ce modèle qui fut imposé par les Allemands, ceux-là même qui aujourd’hui n’hésitent pas à critiquer ouvertement cette même BCE, taxée de violer l’orthodoxie, ou - pour reprendre le langage subtil de Soros - qui a accusé il y a quelques jours l’Allemagne de considérer le Traité de Maastricht comme un "texte sacré"... 

En fait, le projet Européen est actuellement directement menacé par l’attitude Allemande désastreuse qui, pour sauver le rêve Européen, devrait sérieusement songer à se retirer de l’Euro ! Car la BCE se retrouve confrontée à un choix impossible, voire inhumain : Procéder à davantage d’acquisitions de dettes des pays menacés (Grèce, Espagne, Portugal...) sous la pression intense d’une Allemagne complètement terrifiée par ce qu’elle qualifie d’hérésie ou interrompre ces baisses de taux quantitatives avec, pour conséquence directe, la sortie hors de l’Union de ces nations périphériques. A sa décharge, l’Allemagne craint bien-sûr que le Fonds de Stabilisation Européen de 750 milliards d’Euros crée il y a peu de temps ne soit plus utilisé pour recapitaliser des établissements financiers Européens déstabilisés que pour soutenir des Etats de l’Union surendettés. Exactement comme le plan TARP (Trouble Asset Relief Programme) Américain qui, en son temps, avait été progressivement dévoyé car injecté dans les capitaux des Banques Américaines au lieu de racheter les actifs toxiques et illiquides qui avaient crée la crise des subprimes...

Aujourd’hui, la hantise fondamentale et existentielle de l’Allemagne est donc de devoir en finalité mobiliser, pour sauver l’Union et ses institutions en péril, non pas 750 milliards d’Euros mais 2’000 milliards d’Euros.


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6 réactions à cet article    


  • zadig 26 juin 2010 08:00

    Santi,

    Bonsoir Monsieur l’économiste (brillant ?)

    En ce moment votre casquette est de quel coté ? français ou suisse.
    En tout cas pour votre site « gestion suisse » le choix est fait.
    Finalement pour les financiers suisse les problèmes de l’Euro c’est une sacré bonne
    affaire. Je lis la presse suisse chaque jour.
    Mais attention au retour de bâton : inflation perte de compétitivité.

    Une remarque au passage votre cv est impressionnant,
    mais totalement invérifiable.

    Salutations


    • spartacus1 spartacus1 26 juin 2010 08:58

      Zadig, +1 !

      Il y a moins d’un an, notre « brillant » économiste nous prédisait les pires catastrophes à brève échéance pour la Suisse.

      Mais les faits sont têtus et ne respectent pas les prévisions de M. Santi. La Suisse est l’un des rares pays (si ce n’est le seul) du monde dont la plupart des collectivités publiques ont dégagé, en 2009, des excédents de recettes, c’est-à-dire, totalement l’opposé de la France qui s’enfonce de plus en plus dans la dette publique.

      Sans compter que l’économie Suisse se porte également bien, malgré que le franc suisse se soit apprécié de près de 20 % en une année.

      Alors les prévisions économiques de M. Santi ...


    • zadig 26 juin 2010 11:12

      a Spartacus.

      Une des explications du bon état des finances suisse
      Elémént 1
      Les frontalier (français, allemands, italiens, etc )

      .Travaillent en suisse à un salaire généralement inférieur à celui des suisses.
      .Payent les impôts sur le revenu en suisse (prélèvement direct sur le salaire)
       (une petite partie est reversée aux communes françaises)
      .Habitent en France et utilisent donc les services français ( école, allocations,etc)
      .Cotisent au chômage en suisse, mais en cas de chômage ne sont indemnisés
       par la suisse.
      .Ne sont pas très « appréciés » en suisse
      ( lire par exemple le courrier des lecteurs dans la TGD tribune de Genève)

      J’ai certainement oublié (ou j’ignore) des choses un frontalier pourra utilement
      compléter mon commentaire.

      Elément 2 Réceptacle de la fraude et de la corruption européenne
      Vaste sujet (qui représente des centaines de milliards)
      Rédaction ultérieure.

      Salutations


      • spartacus1 spartacus1 26 juin 2010 14:44

        Mon remarque n’avait pas pour but de faire le panégyrique de la Suisse, mais plutôt de montrer les insuffisances d’un auteur qui se prend pour un économiste.

        Mais enfin, si tu abordes ce domaine. Tout d’abord, une remarque générale, Les choses sont bien moins simplistes que ce que tu en dis.

        Le statut des frontaliers français en Suisse, je connais, et pour cause.

        Le salaire est en général le même, à compétence équivalente entre un frontalier et un résident.
        La connaissance effective d’une deuxième langue (anglais ou allemand, surtout l’allemand) te permets d’avoir un salaire de 10 à 20 % plus élevé, y compris pour un poste technique (ingénieur par exemple). Il faut bien constater à cet égard que les connaissances linguistiques des français sont plutôt faibles (pour ne pas dire inexistantes) comparativement à celle des suisses, cela fait déjà une différence de salaire uniquement due à une différence de compétence.
        Crois-tu que les travailleurs suisses se laisseraient faire si l’on engageait des frontaliers avec des salaires plus bas ?
        Pour les impôts, cela dépend du canton. À Genève, cas que je connais, les suisses doivent payer chaque mois une mensualité, alors que pour les frontaliers ils sont prélevés directement sur le salaire, je ne vois pas vraiment une différence autre que de forme. Genève restitue aux communes d’habitation des frontaliers environ 50 % des impôts encaissés. Le malheur, c’est que pour des raisons de conventions internationales, ces sommes sont versées au gouvernement français (et pas directement aux communes) et que les communes frontalières qui en ont vraiment besoin ne voient pas grand chose revenir de Paris.
        Un frontalier n’ont pas droit aux allocations françaises, pas plus qu’à la sécu, on doit s’assurer auprès d’une assurance maladie suisse, ce qui est tout sauf bon marché.
        Effectivement, pour le chômage, mais c’est une convention internationale, le frontalier cotise en Suisse et est indemnisé en France (l’inverse est vrai pour un frontalier suisse en France, il y en a, peu, mais il y en a). Mais crois-moi que le frontalier ayant le malheur de devenir chômeur aimerait cent fois mieux, compte tenu des montants en jeu, être indemnisé en Suisse.
        Les frontaliers pas très « appréciés » en Suisse ? Il n’y a aucune raison que la Suisse ait moins de beaufs que la France. Alors, parmi ceux-ci il y en a effectivement qui ... En tout cas, pour ce que j’en connais, les contacts entre collègues frontaliers et suisses sont, la plupart du temps, cordiaux.
        Et après tout, pour un beauf français, se faire accrocher par un beauf suisse lui permet-il de comprendre ce que peut ressentir, par exemple, un antillais (pourtant bien français) face à certaines remarques en France.
        Je ne voudrais pas que l’on pense que je m’apitoie sur le sort des frontaliers. Pas du tout, si l’on choisit d’être frontalier, c’est que l’on y trouve un avantage, quel qu’il soit.

        Sur un plan plus général, ce n’est pas les quelques 200.000 frontaliers (français, allemands, ...) qui représentent un grand poids sur l’économie d’un pays de 7 millions d’habitants.

        De même, l’évasion fiscale, c’est vraiment le cliché type utilisé par un Sarko et ses sbires pour expliquer leurs propres insuffisances.
        De toute façon, le secteur bancaire en Suisse n’est absolument pas le premier secteur économique, il ne représente moins de 11 % de l’économie.

        La chimie fine et les labos bien plus importants. À cet égard, R. Bachelot a tout fait pour conforter l’économie suisse et plomber encore plus les comptes français : Hoffman La Roche est le fournisseur mondial exclusif du Tamiflu et Novartis est l’un des principaux fournisseurs de vaccins mondial.

        Et puis, il y a peut-être deux autres choses :

        1) Pour moi, qui suis en rapport aussi bien avec l’administration française que suisse, il n’y a pas photo : l’administration suisse est efficace, peu couteuse (quoiqu’en disent les Suisses, ils feraient bien mieux de voir comment cela se passe en France avant de critiquer leur administration) alors que l’administration française... Attention, ce n’est en rien une critique des fonctionnaires français qui font ce qu’ils peuvent avec les moyens et la formation qu’on leur donne.

        2) Le personnel politique suisse ne vit absolument pas sur le train princier qui est l’apanage, malheureusement du personnel politique français.

        Ces deux choses n’ont sans doute pas une importance économique énorme (encore que) à l’échelle d’un pays, mais de l’ordre du symbolique, elles expliquent peut-être passablement de choses.


      • zadig 26 juin 2010 17:22

        A spartacus,

        Merci de ces précisions et correctifs.

        C’est certain, parler des frontaliers en se basant sur des articles de journaux est un
        exercice difficile, même si ces journaux sont Suisses.
        Je connais trés peu le Suisse de l’intérieur, quelques brèves visites.
        Pour les beaufs d’accord, ils sont universels. La TGD doit compter le même
        pourcentage de beaufs que le Parisien par exemple.
        Une autre difficulté pour des comparaisons est le système Suisse ou les
        cantons peuvent avoir des règles différentes.
        (en matière d’imposition par exemple)

        Encore merci pour cette réponse argumentée.
        Je réserve l’évasion fiscale pour un autre jour .

        Cordialement


        • fifilafiloche fifilafiloche 26 juin 2010 22:58

          Trichet n’a fait que suivre l’exemple américain du lavage des actifs toxiques dans la lessiveuse de la banque centrale. Il a juste oublié un détail, l’Euro n’est pas une monnaie mondiale et ne bénéficie pas des mêmes privilèges que le Dollar.


          La baisse de l’Euro de 25% au premier semestre va provoquer une inflation importée qu’il faudra bien répercuter sur les taux d’intérêts, et donc sur le montant des intérêts que nos Etats surendettés vont devoir payer, et en conséquence le niveau des taxes qu’il faudra lever pour payer ces intérêts.

          Les Allemands ont raison d’être inquiets.

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