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Accueil du site > Actualités > Economie > Baisse des taux de la BCE : causes et conséquences

Baisse des taux de la BCE : causes et conséquences

Finalement, la Banque Centrale Européenne a pris les marchés par surprise en baissant ses taux de 0,25 point et en maintenant un programme de refinancement des banques plus longtemps. Une décision pas mauvaise pour une zone euro menacée par la déflation mais qui pose des problèmes à long terme.

Le spectre de la déflation
 
La chute de l’inflation à 0,7% dans la zone euro a sans doute emporté la décision. Car sa baisse continue revient à une augmentation des taux réels (hors inflation) si les taux nominaux restent stables. Du coup, la décision de jeudi est un moyen de la compenser en partie. Et c’est important car au 2ème trimestre, la zone euro est sortie de la récession après 6 trimestres de baisse du PIB. Mais cette sortie reste menacée de toute part : entre un euro trop cher pour la grande majorité des économies, les coupes dans les budgets (même si elles se sont ralenties) et la menace de baisse des prix, une action de la BCE était psychologiquement importante. C’est ce qu’elle a fait, même si cela est tardif.
 
 
Car depuis le début, la politique monétaire de la BCE est une calamité. Le meilleur exemple, c’est de constater que le nombre de chômeurs dans l’UE hors zone euro est stable depuis 2010, alors qu’il a progressé de plus de 3 millions dans la zone euro, comme le rappelle Edgar sur son blog. Il faut dire que depuis le début, la BCE réagit à contre-temps. Elle a tardé et monté trop timidement ses taux en 2006. Puis, alors que la Fed les avait déjà baissé de plus de 3 points, elle les a monté en 2008 avant la crise, faisant exploser le cours de l’euro, à 1,6 dollars, et poussant la zone euro dans la récession avant les Etats-Unis ! Enfin, en 2011, elle avait aussi monté les taux à contre-temps
 
Alerte à la bulle financière ?

Même si je pense que nous n’avons pas d’autres choix aujourd’hui que d’avoir des politiques monétaires ultra-accomodantes, pour sortir de la récession et relancer la demande, tout le problème est que cela se fait avec une réglementation financière largement insuffisante. Les leçons de la crise n’ont pas été tirées et cela fait peser un gros risque sur l’économie. Il est difficile, en effet, de ne pas comprendre qu’une telle politique monétaire porte en elle des risques majeurs de bulles financières et de distorsions des marchés financiers à partir du moment où l’Etat laisse sa bride trop lâche sur les banques.

Cela fera bientôt 5 ans que la Fed maintient une politique ultra-souple, du jamais vu, au moins récemment. Certes, les prix à la consommation ne dérapent pas. C’est même, paradoxalement, le contraire. La faiblesse de la demande mondiale, la compression des salaires et la globalisation poussent les prix à la production vers le bas. Mais du coup, les torrents de liquidités émis par les banques centrales du monde entier finiront par avoir des conséquences. On les pointe déjà sur certains marchés immobiliers (Etats-Unis, Grande-Bretagne) mais aussi dans les marchés boursiers, Wall Street ayant battu un nouveau record cette semaine. Tout ceci revient à admettre que la timide reprise actuelle est très déséquilibrée.
 
Cette décision est positive pour l’économie européenne. Elle a permis de ramener l’euro à un niveau moins délirant pour notre économie, une nouvelle bienvenue alors que les plans sociaux se multiplient. Mais ce faisant, il est difficile de ne pas y distinguer les ferments de la prochaine crise financière.

 


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6 réactions à cet article    


  • Piotrek Piotrek 9 novembre 2013 12:29

    Car depuis le début, la politique monétaire de la BCE est une calamité.

    Le premier graphe est éloquent : la BCE n’a pas sa propre politique concernant les taux d’intérets, elle ne fait que suivre les décisions de la FED avec quelques mois de retard.

    entre un euro trop cher pour la grande majorité des économies

    Vrai et tant que l’Allemagne ne sera pas sérieusement touchée par la crise, l’Euro restera trop cher.

    Même si je pense que nous n’avons pas d’autres choix aujourd’hui que d’avoir des politiques monétaires ultra-accomodantes

    Attention : c’est un détail très important, accomodantes pour qui ? les particuliers ? les entreprises ?
    Explication, le taux de la BCE est le taux auquel les banques « achètent » l’argent, elles le revendent ensuite avec une marge.

    La question est donc : les banques répercutent-ellescorrectement le prix d’achat sur le prix de vente du crédit ?

    Bien évidemment que non, prenons l’exemple tu taux immobilier pour les particuliers (le plus bas, celui censé être aidé)

    ETE 2008 :
    Taux directeur : 4,25
    Taux immobilier moyen constaté : 5,52
    Ecart : 1,27

    AUTOMNE 2013 :

    Taux directeur : 0,25
    Taux immobilier moyen constaté : 3,77
    Ecart : 3,52

    Et oui mesdames et messieurs le taux de crédit est historiquement bas, c’est le moment d’acheter, peut on lire de partout, par contre le fait que les banques aient augmenté leur marge, personne n’en parle.
    Pas de surprise donc lorsqu’on lit que les banques font des bénéfices. C’est c’est là le pôt-aux roses, l’ultra-accomodant ce n’est ni pour vous, ni pour moi, et même pas pour les PME, c’est toujours et encore le sauvetage des banques qui ont besoin de reconstruire leur marges pour revenir à l’eldorado d’avant la crise. Vous vous demendez encore pourquoi les banquiers ne sont pas en prison, pourquoi ils n’ont même pas étés virés, c’est tout simplement que rien a changé et qu’ils nous dirignent toujours avec la complicité des politiques.

    Sources Banque de France (si vous voulez vous-même découvrir les exemples du hold up, varier suivant les années ou voir les chiffres pour les entreprises)

    Taux directeurs

    Source pour le Taux moyen pratiqué 2013
    Historique pour le Taux moyen pratiqué 1993-2012
    PDF 2011 sur les crédits aux entreprises


    • Le taulier Le taulier 9 novembre 2013 12:56

      « Cette décision est positive pour l’économie européenne. Elle a permis de ramener l’euro à un niveau moins délirant pour notre économie, une nouvelle bienvenue alors que les plans sociaux se multiplient. . »

      C’est pas 0,25% en moins qui vont changer quoi que ce soit chez Fragor, Gandrange ou à Citroen Aulnay. Quand le poulet brésilen arrive au port du Havre au prix de 1 euro c’est cramé pour les producteurs bretons, Eco-tax ou pas.


      • paul 9 novembre 2013 18:04

        Pathétique,SuperMario : baisser les taux de prêt aux banques (11 fois en 5 ans) pour que celles ci prêtent aux entreprises, alors que tout le monde sait que les banques préfèrent miser dans l’économie-casino : actions et obligations souveraines . Quelle comédie !
        Remettre du carburant pour un moteur en panne ne le fera pas redémarrer .

        Les taux vont bientôt arriver à O mais SuperMario est supermalin : il prévoit de ne plus rémunérer les dépôts des banques à la BCE et de dégainer des LTRO « calibrés pour les établissements aidant vraiment les PME ». Ah bon,et que faisaient elles avant ces banques ?
        SuperMario et ses sbires nous prennent pour des cons, ça va se payer cher aux élections européennes en mai prochain : des candidats qui renversent la table ou une abstention massive .


        • Klisthène 2017 Kxyz 9 novembre 2013 22:42

          vous avez raison bale 3 impose au bank de se doter de fonds propre plus important louable décision en apparence conséquence elles ne prêtent moins à l ’ économie réelle..
          http://www.franceinter.fr/emission-3d-le-journal

          écoutez c ’ est édifiant..


        • Pyrathome Pyrathome 9 novembre 2013 18:34

          Et les taux négatifs, c’est pour quand ? qu’on rase définitivement les banksters....

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