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Accueil du site > Actualités > Economie > Baisse possible du Livret A : Faire payer la crise par ceux qui n’en (...)

Baisse possible du Livret A : Faire payer la crise par ceux qui n’en sont pas la cause

Alors que les dirigeants du G20 envisagent de débloquer jusqu’à 1.000 milliards de dollars pour l’économie mondiale en utilisant les ressources et les moyens du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), une information a retenu notre attention : La possible nouvelle baisse de la rémunération du Livret A.

Etant donné les niveaux très bas des taux d’intérêts de la Banque centrale européenne (BCE) et de l’inflation, "la logique nous amènerait quelque part entre 1% et 2%, mais je ne sais pas encore quelle décision nous prendrons", a déclaré Mme Lagarde au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

Cette déclaration fait suite à celle du gouverneur de la Banque de France qui préconise de diminuer le taux du Livret A, actuellement fixé à 2,5 %, dès le 1er mai. Si l’on appliquait aujourd’hui la formule mécanique de calcul, le taux devrait être divisé par 2, à 1,25 %. Il pourrait même passer sous le seuil des 1 % si l’inflation reflue en mars, comme le prévoit l’Insee  : celui-ci table sur 0,3 % de progression des prix en glissement annuel en mars, contre 0,9 % en février, et anticipe même une inflation négative pour l’été ... / ...

En clair, on nous refait le coup des prévisions "foireuses" pour diminuer le rendement du seul placement sécurisé des français.

Ces annonces aussi sybilines qu’elles puissent paraître, risquent d’avoir, en cas d’application, un impact énorme. En effet, il existe aujourd’hui 46 millions de livrets A ouverts en France. L’an dernier, les Français ont massivement souscrit dans ce placement, ouvrant plus de 2 millions de nouveaux livrets, pour un total de 46 millions de livrets en circulation et 139,2 milliards d’euros d’encours. Et sur le seul mois de janvier 2009, la collecte a atteint un nouveau record, à 19 milliards d’euros. Selon la Banque de France, la collecte nette (liée au Livret A) a atteint 18,7 milliards d’euros en 2008. Fin décembre.

Le livret A a bénéficié d’un taux rémunérateur de 4% entre le 1er août 2008 et février 2009. Depuis, ce taux a été ramené à 2,5%. Une baisse aussi importante serait du jamais vu puisque le taux du Livret A n’est jamais descendu sous le seuil des 2 % depuis que les statistiques de la Banque de France existent (1966).

Nous aimerions rappeler que le livret A est depuis 2009 disponible dans tous les établissements bancaires. Les sommes qui leur ont été apportées sont assez considérables. Ainsi :

- Le Crédit agricole : quelque 2,6 millions de Livrets A ont été ouverts depuis le 1er janvier, pour une collecte supérieure à huit milliards d’euros, a-t-on appris auprès de la Fédération nationale du Crédit agricole, qui précise qu’il "faudra ajouter à cela un certain nombre de transferts".

- La Société générale : Plus d’un million de Livrets A ouverts fin janvier pour une collecte de 2,5 milliards d’euros.

- La BNP Paribas : un million de Livrets A ouverts pour un montant collecté de deux milliards d’euros.

- Banque populaire : 570.000 Livrets A ont été ouverts depuis début janvier pour un montant de dépôts atteignant 1,6 milliard d’euros. (chiffres communiqués par les établissements bancaires)

Vous noterez au passage que les établissements cités ci-dessus ont été exposés à des opérations ou placements "litigieux", des pertes colossales et ont tous reçu de l’argent des pouvoirs publics. Ce pur scandale est justifié de la façon suivante par Chritine Lagarde :

La décision "sera prise plus tard puisque je ne serai saisie que quatre jours ouvrés après le 15 avril", c’est-à-dire le 20 avril au plus tôt, a précisé la ministre. "J’attends d’être saisie par le gouverneur de la Banque de France. Je n’ai pas encore reçu de recommandation du gouverneur de la Banque de France. Je n’ai rien encore sur mon bureau." En tout état de cause, a souligné Mme Lagarde, la rémunération du livret A est toujours supérieure de 0,25% à l’inflation, donc "l’épargnant est toujours garanti contre l’inflation" et cela reste "un placement sûr et solide"

Dilemme politique. En effet, si le gouvernement reste arc-bouté sur son bouclier fiscal il va avoir du mal à justifier une baisse de la rémunération des livrets A qui représentent pour énormément de français le seul outil d’épargne, voire de trésorerie.

Néanmoins, ce que ne disent pas monsieur Noyer et madame Lagarde, c’est que si le taux directeur de la BCE est ramené de 1,5% à 1,25% (un nouveau plus-bas historique) ... / ...Pour autant, si la baisse des taux directeurs fluidifie le marché, elle n’a normalement pas de conséquences directes sur les crédits à taux fixes. La baisse consentie ce jour par la BCE ne devrait donc pas jouer significativement sur le coût des crédits immobiliers à taux fixe. "Nous n’attendons pas de baisses significatives des crédits immobiliers à taux fixes dans les prochains mois explique Frédéric Senan, directeur général délégué chez meilleurtaux.com.

Ce qui signifie que si les acheteurs souhaitent souscrire (dans la mesure ou leur banque l’acceptent) un crédit pour l’achat de leur habitat, ils devront plutôt se tourner vers des taux variables dont on sait qu’ils ont été à la source du krach des "subprimes". Une fois de plus, c’est au client de prendre les risques

On peut pourtant craindre le pire pour l’épargne populaire, puisque Claude Guéant a déclaré : "Le problème se posera à nouveau, comme il s’est posé il y a quelques semaines, puisque le taux du livret A évolue en fonction, d’une part, de l’inflation et, d’autre part, des taux d’intérêt qui sont pratiqués sur le marché. Il se trouve qu’il n’y a plus d’inflation actuellement, donc le problème se pose"

Plus d’inflation ? Mais, c’est vrai que monsieur Guéant habite à l’Elysée et ne partage pas au quotidienne la vie des français ... par contre, dopé par l’arrivée des 1000 milliards de dollar et la baisse sur taux directeur de la BCE, le CAC 40 a gagné 4,16 % et s’approche du seuil des 3 000 points.

Moralité : Ceux qui prétendaient que les décisions prises au G20 ne seraient pas visibles rapidement par les français avaient tort !!! Le gouvernement français n’a pas su faire payer les gros, madame Lagarde fera payer les petits. Après "travailler plus ..." et son piètre résultat, nous aurons "épargner plus pour recevoir ... moins"

De toute façon, comme l’expliquait hier Jacques Attali à l’émission Riposte : "soit ça redémarre et les banques en seront les bénéficiaires, soit ça dérape et ce seront les contribuables qui en feront les frais"

Alors .....


Sources et crédits

La Tribune
Yahoo Finances

Les Echos Patrimoine

Le Figaro Placement


Moyenne des avis sur cet article :  4.26/5   (27 votes)




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12 réactions à cet article    


  • vienzy 6 avril 2009 11:38

    Qu’on me cite, dans toute l’histoire de l’humanité, une seule fois où il n’en n’a pas été ainsi


      • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 6 avril 2009 12:21

        C’est un scandale, qu’est-ce qu’ils s’imaginent ces salauds de pauvres, quand le livret A était à 4% la racaille démunie se gavait sur le dos des banquiers et des honnêtes gens qui eux créent de la richesse, même s’ils ne la partagent pas en ne payant pas d’impôts grâce aux paradis fiscaux et en empochent des énormes plu values et autres stock-options. 

        Ils osent pleurer quand on leur donne 2% sur l’argent qu’ils détournent à l’état en économisant sur les prestations sociales et les indemnités de chômages. C’est même pas 0% qu’il faudrait leur donner mais -4% ou -5%, depuis quand a-t-on le droit de faire des bénéfices (même minimes) quand on prête de l’argent à l’état ? Même si le calcul du taux d’inflation est faux et qu’il est plutôt de 5% ou 6%, qu’est-ce que ça peut faire, la plèbe de toute façon ne sait que se plaindre et n’a que ce qu’elle méritent quand elle n’arrivent plus à joindre les 2 bouts...etc...etc...

        Tel est la pensée (si on peut appeler ça une pensée) sous jacente des Guéants et autres Lagardes et UMP de moindre acabit...

        Aux armes citoyens, formez vos bataillons...


        • patroc 6 avril 2009 13:48

           Que çà redémarre ou pas, les banquiers profiteront toujours des contribuables !.. C’est le mécanisme même du système...


          • Polemikvictor Polemikvictor 6 avril 2009 14:43

            Pour 1000 euros empruntés le livret A en produit 25 d’interet cela risque de baisser à 15 ! 
             C’est cela faire payer la crise plein pot ? ou c’est se moquer du monde ?
            Peut etre y a t’il d’autre probleme avec les banques : frais abusifs, taux des crédits révolving....


            • Neosysteme Neosysteme 7 avril 2009 00:47

              Voilà une façon mal déguisée (et pas élégante) d’encourager les Français à se séparer du livret pour les faire consommer...

              En période difficile, le gouvernement souhaite relancer la consommation...Pas l’épargne.


              • Marc Bruxman 7 avril 2009 01:46

                Cela n’a rien à voir. Si le livret A existe, ce n’est pas pour que l’argent du con-tribuable fasse des petits mais pour que l’état (pardon les organismes HLM) puissent emprunter du fric à pas cher. Les banques elles, empochent des frais de gestion. 

                Cela marche donc comme une obligation cotée en bourse, avec d’un coté un mec qui met du fric et de l’autre des gens qui empruntent ce fric et le rendent avec intérêt. Il faut que les deux parties y trouvent leur compte pour que cela marche. C’est un peu comme le sexe ;)

                Maintenant les taux d’intérêts sont bas et les obligations de gouvernements ou agences assimilées se tradent pour pas cher. (Avec un spread minimal). Donc aucun intérêt pour l’emprunter à emprunter au dela du prix du marché. (Il faudrait être con) et donc la rémunération du livret A doit baisser pour qu’il soit compétitif sur le marché. Sinon, l’office HLM emet une obligation sur les marchés et chope du fric à pas cher. En plus l’obligation pourra être longue et offrira une meilleure garantie financière alors que le livret A le prêteur (vous) peut retirer son fric à tout moment. Ce qui justifie un spread entre l’obligation et le taux d’emprunt du livret A. 

                Maintenant le jour ou les taux remontent, soit le livret A remonte ses taux, soit vous (le préteur) allez trouver d’autres gens qui vous proposeront de placer votre fric à meilleur taux. Si par exemple Epargne Orange vous propose du 3% alors que le livret A vous propose du 1.25% vous prendrez la premiére option. (Attention tout cela est ... IMPOSABLE !). 

                Enfin si vous avez du fric à placer, il vous reste d’autres placements genre Epargne Orange, des OPCVM ou autres. Cela dit en ce moment, le rendement du sans risque tend à se réduire pour plein de raisons la premiére étant que tout le monde veut placer son fric sans risque. Voici par exemple le cours d’une SICAV très peu risquée (indexée sur l’EONIA) :

                http://www.boursier.com/vals/opcvm/FR0000984064-cours-hsbc+tresorerie+euro.html

                Comme vous voyez sur la courbe, le rendement de cette SICAV est tout pourri depuis le début de 2009. Et pour ce produit somme toute très similaire au livret A (ici plutot utilisé pour des chefs d’entreprises qui veulent "placer" sans risques leurs excédents de trésorerie tout en le gardant sous le coude) aura même un rendement inférieur. 

                NB : Par très peu risquée, on entend que même si le placement n’offre pas strictement parlant de "garantie de capital", il faudrait un véritable cataclysme financier pour que le rendement de l’EONIA soit négatif. Et que si il devait devenir négatif, les pertes annuelles seront de toute façon très très faibles. Au dela, vous pouvez faire des réserves de pates en urgence et vous préparer pour la fin du monde ;)

                L’EONIA sert d’ailleurs souvent à évaluer les placements financiers. Un placement qui fait moins bien sera considéré comme "mauvais" ou inutile. Pour un placement qui fait mieux, c’est le spread entre ce placement et l’EONIA qui fournit le rendement à comparer avec le risque. Puisque l’investisseur peut sans se fatiguer faire au moins l’EONIA, le spread peut être assimilé à une prime de risques !





                • Marc Bruxman 7 avril 2009 02:12

                  Que çà redémarre ou pas, les banquiers profiteront toujours des contribuables !.. C’est le mécanisme même du système...

                  L’inculture en économie est grave. Les banquiers touchent des frais de gestion sur le livret A. Et rien de plus. En l’occurence ils ont intéret que le maximum de gens y placent leur fric pour toucher le maximum de frais de gestion. 

                  Le gouvernement lui ou plus exactement les organismes HLM sont les réels à tirer un bénéfice ou un déficit de ce livret. C’est à dire que :

                  • Soit il y a plus de thune disponible (dépot des français) que de besoins, et la les intérêts sont une perte séche pour l’emprunteur forçé. Donc celui ci va vouloir réduire les taux. 
                  • Soit il y a autant de thune disponible que de besoins et le bénéfice de l’opération sera la différence entre le taux auquel aurait pu emprunter l’organisme sur les marchés et son taux d’emprunt en additionnant le taux légal du livret A + les frais de gestion de la banque + quelques pouillémes pour couvrir la prime de risque. 
                  • Si il n’y a pas assez de fric pour couvrir les besoins, l’emprunteur peut augmenter le taux pour attirer plus de monde. 
                  M’enfin à lire les commentaires on se dit que le gouvernement aurait du faire un truc beaucoup plus simple : Défiscaliser les 15 000 premiers euros d’épargne sans risque ( + 6K correspondant au LDD) ou qu’ils soient placés et laisser les banques proposer leur produit. Cela marche comme cela ailleurs. Et cela évite un psychodrame à chaque fois que les taux changent. 

                  Parce qu’ils changeront encore, parfois à la hausse ou à la baisse. C’est comme cela. C’est pareil des jours il fait beau d’autre il pleut !

                  Alors relaxez vous et si vous voulez d’autres produits financiers, cherchez ce n’est pas ca qui manquent. Il y en a pour tous les goûts, avec, sans risques, avec ou sans immobilisation du capital, etc, etc, ... 

                  • paul 12 avril 2009 10:45

                    « les banquiers touchent les frais de gestion sur le livret A. Et rien de plus ».
                    Ah bon ?et l’argent qu’ils nous prêtent, il vient d’où ,et à quel taux d’intéret ?


                  • finanmedia 7 avril 2009 10:21

                    Ce serait effectivement un nouveau coup dur pour les épargnants. Je ne vois qu’une seule solution : modifier à nouveau le mode de calcul du taux du livret A

                    www.le-livret-a.fr


                    • chmoll chmoll 12 avril 2009 09:21
                      Baisse possible du Livret A : Faire payer la crise par ceux qui n’en sont pas la causec’était ça les bonus et parachutes dorés, stocks options

                      lagarde (miss la ramasse) j’ai deviné c pour pousser les personnes a consommées et non a placé leur pognons
                      viv’ment le 19 mars 2010 pour réagir


                      • DarkMystery 12 avril 2009 12:27

                        Ayant des cours de monnaie et financement, je ne comprends pas l’intérêt de l’État à baisser le livret A. Je m’explique, si l’on baisse un livret qui permet une circulation plus grandes de la monnaie donc de faire fonctionner le marché actuel puisqu’il influence le pouvoir d’achat. On est d’accord que le livret A constituer un bon moyen de placer de l’argent et de le récupérer à tout moment. Ainsi avant le consommateur pouvait acheter à tout moment sont écran téléviser 16/9. Maintenant vu la chute des taux du livret A, le consommateur aura tendance à mettre son argent dans l’agrégat monétaire M3* et M4**. Donc cela a pour but de diminuer l’inflation d’après mon analyse car si les gens consomment moins et l’argent circule moins, les prix ne peuvent faire que baisser (c’est le système de l’offre et la demande). La politique de la BCE est de redonner confiance au personne à investir sur les marchés boursiers, où sur les obligations publique... Mais elle néglige le pouvoir d’achat comme toujours. On voit tout de suite que ceux qui ont de l’argent vont pouvoir faire fructifier leur argent. Politique monétaire oblige en c’est tant de crise mais si l’on consomme moins, c’est les entreprises qui vont en souffrir. On accentue la crise et donc le chômage mais ça elle s’en fout la BCE car c’est pas son objectif de faire baisser le chômage. (c’est pas comme en Amérique)

                        Que l’on corrige mon analyse, je l’ai fait grâce à mes cours. Je peux me tromper.

                        *dépôts de devises, placements à terme non négociables (comptes à terme, bons de caisse, bons d’épargne des banques, bons du Trésor sur formule), titres de créances négociables émis par des établissements de crédit, titres d’OPCVM court terme (FCP + SICAV). [placements à risques qui demeurent très liquides parce que très facilement et rapidement négociables sur un marché]
                        **bons du Trésor négociables, billets de trésorerie émis par les entreprises, PEL, autres comptes d’épargne, PEL, titres d’OPCVM garantis, bons de capitalisation)

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